Une histoire illustrée de nexon
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  • Création de la Société pour le développement de L’Instruction Primaire dans la Haute-Vienne

Le 14 décembre 1865, M. Boby de La Chapelle, Préfet de la Haute-Vienne adresse à tous les maires du département « un exemplaire des statuts d’une société qui vient de se constituer à Limoges, sous le patronage de son Exc. Le Ministre de l’instruction publique, pour le développement de l’instruction primaire. »

Il ajoute « Aux termes de ces statuts, vous êtes appelé à faire partie de la commission cantonale ; je vous prie d’accepter ces fonctions…

Je vous prie d’user de toute votre influence pour provoquer de nombreuses adhésions, soit à titre de donateurs, de fondateurs ou de membres associés. Toutes les personnes notables du département doivent tenir à honneur de figurer sur nos listes ».

 

  • La mise en place de la Société dans le canton de Nexon

Les statuts de la Société ont été adoptés le 2 décembre 1865 à la Préfecture de Limoges.

Le 22 décembre le Sous-Préfet de Saint Yrieix écrivait au Maire de Nexon en insistant sur la nécessité de « provoquer les souscriptions des fondateurs ou associés ». Le Sous-Préfet précise qu’il se fera « un devoir de présider le plus souvent possible les réunions trimestrielles des commissions cantonales et joindre mes efforts personnels aux vôtres. »

 

La commission du canton de Nexon est ainsi composée : Monsieur le maire de Nexon ; MM. le baron de Nexon, conseiller général ; de Luret de Feix, conseiller d’arrondissement ; Bessoule notaire, conseiller, maire de la Meyze ; le curé doyen ; le juge de paix, Muret de Bort, propriétaire, délégué cantonal ; l’instituteur public.

  • Bilan de l’année 1865-1866

La Commission départementale se réunit le 2 janvier 1866 sous la présidence de M. le Préfet. On note la présence du baron de Nexon en sa qualité de membre du Conseil général. Le préfet se félicite du nombre d’adultes qui fréquentent l’école le soir. Parfois le nombre d’adultes au cours du soir dépasse le nombre des enfants pendant la journée. On attribue ce résultat à la difficulté pour les agriculteurs de se priver de leurs enfants pendant le jour pour les travaux de la campagne.

le Préfet propose d’établir un concours dans chaque canton entre les meilleurs élèves de chaque école de garçons, au mois de juillet ; les vainqueurs se retrouveraient pour le prix d’arrondissement puis les primés de chaque arrondissement concourraient pour le prix départemental. Pour les cours d’adulte, M. le Préfet propose de décider qu’une somme de 50 fr. sera donnée, à titre d’encouragement, à l’instituteur le plus méritant de chaque canton et ayant le plus grand nombre d’élèves ;

Il est intéressant de noter qu’un membre demande que le nombre des élèves ne soit pas considéré comme le principal titre d’un instituteur aux yeux de la Commission; il fait remarquer qu’il arrive souvent qu’un instituteur, malgré tout son zèle, ne peut réunir qu’un petit nombre d’élèves, soit que les villages de la commune soient plus rapprochés d’une autre école, soit pour toute autre raison indépendante de lui; que le mérite d’un instituteur est, avant tout, de faire de bons élèves , de s`occuper activement des enfants qui fréquentent son école, et de mériter la confiance des parents et l’estime de ceux qui l’entourent. C’est une remarque judicieuse pour nous rappeler que la politique du nombre n’est toujours la meilleure !

La commission arrête la somme de 50 francs par canton pour récompenser l’instituteur qui aura obtenu les meilleurs résultats pour les cours d’adultes et que des médailles d’argent et de bronze seront distribuées aux instituteurs dont les cours d’adulte se seront distingués par des résultats exceptionnels.

Le 9 janvier 1866, le Vicomte Marc de La Guéronnière, secrétaire général de la Société, informe le Président de la commission cantonale de ces décisions et demande que les propositions lui soient adressées dans le courant du mois de mars.

La commission communale adopte les propositions suivantes :

  • La somme de 50 francs à M. Besse, instituteur à Nexon
  • Une médaille d’argent pour M. Roche de saint Priest
  • Une médaille de bronze pour M. Fournier de Meilhac
  • Une médaille de bronze pour M. Colin de La Meyze
  • Une médaille de bronze pour M. Florentin de Nexon
  • Une médaille de bronze pour M. Laporte de Laroche.

Le tableau suivant avait été établi pour obtenir ce classement :

Nexon……………….. : 2445 habitants – M. Besse 58 adultes

– Ecole religieuse 48 adultes

Laroche………………. : 1384 habitants – 17 adultes

La Meyze ……………. : 1262 habitants  – 22 adultes

Saint Priest Ligoure : 1236 habitants – 16 adultes

Saint Hilaire …………. : 919 habitants – 9 adultes

Janailhac……………… : 916 habitants 23 adultes

Meilhac ………………… : 680 habitants – 52 adultes

Rilhac……………………….  Absent

 

 

« Le 30 août 1866, a eu lieu, à Limoges, la séance annuelle de la Société pour le développement de l’instruction primaire dans la Haute-Vienne. On y remarquait M. le vicomte de la Guéronnière, sénateur, président d’honneur ; M. le préfet de la Haute-Vienne, président ; MM. Calley de Saint-Paul et Noualhier, députés du département, vice-présidents ; M. Bonnin, inspecteur d’académie à Limoges ; plusieurs membres du Conseil général, M. Malevergne, président de chambre, etc. etc.

  1. le vicomte de la Guéronnière, après avoir rappelé qu’aux termes des statuts, le secrétaire général et le trésorier doivent présenter, dans cette séance annuelle, un rapport et un compte rendu des opérations de la société, a donné la parole à M. Guille¬ mot, secrétaire adjoint, chargé du rapport.
  2. de la Guéronnière a prononcé ensuite l’allocution suivante :

« Messieurs, je crois être votre interprète à tous en remerciant M. le secrétaire général adjoint du rapport remarquable qu’il vient de présenter, et dans lequel les idées les plus justes, les renseignements les plus intéressants sont rehaussés par toutes les délicatesses du goût littéraire le plus pur. Cette lecture laissera dans vos esprits une impression complète de satisfaction et de confiance pour l’avenir de l’institution fondée par M. le préfet de la Haute-Vienne, avec le précieux concours de M. Eugène Rendu et la haute approbation de l’éminent Ministre de l’instruction publique.

« En effet, Messieurs, une œuvre qui répond à de si vrais intérêts ; qui, dès son début, a obtenu l’adhésion des hommes les plus considérables du pays ; qui compte à sa tête les deux honorables députés du département, les représentants les plus élevés de l’administration, de la magistrature, du clergé, de l’Université, le Conseil général tout entier, une telle œuvre ne pouvait que réussir. Son but seul garantissait son succès.

« M. le rapporteur vient de vous le dire, un auguste patronage qui ne fait jamais défaut à aucun intérêt légitime est venu consacrer nos efforts. L’Empereur a voulu être l’un des fondateurs de notre société pour le développement de l’instruction du peuple, et c’est avec bonheur que j’ai transmis à M. le trésorier l’importante souscription qu’il avait daigné m’adresser.

L’Empereur, Messieurs, est avec tous ceux qui luttent contre la misère et l’ignorance, et qui travaillent au progrès moral et matériel de nos populations. C’est pourquoi il est avec nous.

« Poursuivons notre tâche : elle est noble et sainte. Il y a beaucoup à faire dans ce pays, plus que dans tout autre, et c’est avec une réelle tristesse que je constatais hier, dans une délibération du Conseil général, que le tiers des enfants de notre département ne reçoivent aucune instruction. C’est le capital de l’intelligence et de la moralité qui se trouve diminué d’un tiers !

« L’Administration, les députés, le Conseil général, tous les pouvoirs publics, tous les hommes dévoués rivaliseront pour améliorer cet état de choses. Quant à notre Société, créée pour donner l’élan du bien et pour relier tous ces généreux efforts, elle remplira sa mission, et elle peut compter sur l’appui du Gouvernement comme sur la reconnaissance du pays. »

 

Enfin, M. Petiniaud-Dubost, trésorier, a présenté le compte rendu des opérations et a constaté l’état florissant des finances de la Société.

Ses recettes se sont élevées à 7 744 fr. 40c

Et ses dépenses à …………………5 692 fr. 00c

Restent donc en caisse …………2 0552 F 40C, auxquels il convient d’ajouter 1,200 fr. environ, représentant des souscriptions dont le versement n’est pas encore effectué. »

Lors de la séance départementale du 16 avril 1867 il n’est pas référence à la commission du canton de Nexon. Lors de cette réunion la commission adopte un vœu relatif au rétablissement d’une Ecole normale dans la Haute-Vienne. Il est également décidé que le prix de 50 francs sera réduit à 40 francs en argent, plus une médaille d’environ 10 francs au motif que l’argent est dépensé tandis que la médaille reste. Nous sommes loin de la société de consommation !

  • Bilan 1866 -1867

Le 9 aout 1867 le Préfet adresse aux maires un courrier dans lequel il écrit : « Je désire que ces diverses récompenses soient remises à ceux qui les ont obtenues, le 15 aout courant, jour de la fête de l’Empereur, en présence des élèves des écoles de votre commune…Les discours prononcés devront m’être adressés et pourront être reproduits dans le journal du département… »

  • Bilan 1867-1868

La société a décidé d’organiser un concours entre les élèves des écoles de chaque canton. Chaque instituteur public fera concourir ses meilleurs élèves qu’il désignera lui-même dans la proportion d’un sur dix ;

Les compositions eurent lieu le lundi 3 aout dans la salle de l’école publique de Nexon de neuf heures à midi réunissant les élèves des communes de Nexon, Meilhac, Rilhac Lastours et Saint Hilaire Lastours. Les élèves ont été surveillés par MM. Le Curé et le Juge de Paix de Nexon.

« Madame Markoff était née Céline Léonide Lucienne Lelong le 4 décembre 1909 à Nexon. De ces trois prénoms Lucienne a été utilisé comme prénom d’usage.

Dernière représentante d’une vieille famille limousine, très attachée à sa terre natale Nexon, elle tenait sa fortune de son père, le Docteur Lelong. Médecin expérimenté, compétent, dévoué et qui a sauvé de nombreuses vies, alors même que la médecine disposait de peu de thérapeutiques efficaces. Félix était le prénom d’usage du docteur Lelong. Né le 31 juillet 1870 à Nexon on père, Léonard Lelong, lui donne comme prénoms François Philibert. Il portera comme prénom d’usage celui de Félix, prénom sous lequel il est connu à Nexon. Il était le dernier d’une famille de cinq enfants : Françoise, née en 1855 ; Catherine née en 1857 ; François né en 1861 et maire de Nexon de 1904 à 1919 ; Lucien né en 1866, mort en 1868.

Le docteur Lelong avait soutenu sa thèse de doctorat en médecine à Paris en 1899. Le 20 août 1908, à Limoges, il a épousé Catherine Céline Gabrielle BORDE (1879-1935). Ils auront une fille, Lucienne. Il décède à Nexon le 11 novembre 1955 à l’âge de 85 ans.

Lucienne épouse le 8 juillet 1939, à Limoges, Boris Markoff, vétérinaire à Nexon. Son mari, d’origine Bulgare, est né le 22 avril 1897 à Rebro, une petite ville située à 50 km à l’ouest de Sofia. Le docteur Marcoff exerce son métier de vétérinaire avec compétence, métier qui ne ressemble plus guère à celui pratiqué aujourd’hui. En effet le vétérinaire est rarement à son cabinet, il parcourt la campagne pour soigner le gros bétail, rarement les chats et les chiens. Il aime cette campagne nexonnaise qui lui rappelle sa Bulgarie natale. Il aime accompagner son beau-père dans les fermes que celui-ci possède. On le voit sur la photo suivante, au côté de son épouse et du docteur Lelong, dans une des fermes de ce dernier.

Le docteur Lelong avec sa fille et son gendre a sa ferme de la Joussonie.

Sur la photo suivante le docteur Lelong est plus âgé. Fatigué, il est assis entouré de sa fille et de son gendre, toujours habillé de la même manière. A gauche, madame Borde, tante de Lucienne Lelong.

A la mort de son père, en 1955, Lucienne Lelong-Marcoff hérite de sa fortune.  Quand son mari décède en 1969, Madame Marcoff qui n’a pas eu d’enfant et qui n’a pas d’héritiers proches souhaite que ses biens profitent à sa commune. C’est sans doute tout naturellement que Madame Lucienne Lelong fait de la commune de Nexon son légataire universel avec comme condition d’en faire un usage utile aux habitants. Elle décède le 27 juin 2003 et repose auprès de son époux dans le caveau de la famille Lelong.

Progressivement la commune réalise le souhait de sa donatrice. L’une des dernières étapes a été l’inauguration, vendredi 6 octobre 2017, de l’espace Lelong-Marcoff.    Fabrice Gerville-Reache  et la directrice de cabinet du préfet dévoilent la plaque. 

Le maire, pendant son discours, entouré des personnalités. 

De gauche à droite: M Vincent, représentant le Président de la Région; Mme Pérol-Dumont, sénatrice; La Directrice de cabinet du préfet;

M. Leblois, président du Conseil départemental; Mme Plazzi, Vice présidente du conseil départemental; M. Delautrette, président de la communauté de communes.


Saison 2000 – 2001

L’équipe A accède à la division d’Excellence, l’équipe b est en promotion de première division et l’équipe C en promotion de deuxième division.

Président : Jean Pierre TIGOULET

Vice-président délégué : Jacques BARRY
Vice-présidents : Jean Pierre ADAM et Claude OLIVERO
Secrétaire : Marcel JAVERLIAT
Secrétaires adjoints : Martine ROUGERIE et Pierre JENESTE
Trésorier : Lucien GRATADE
Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN et J-Marie PARTHONNAUD

Saison 2001 – 2002

L’équipe A se maintien en Excellence tandis, l’équipe B redescend en deuxième division et l’équipe C se maintien en promotion de deuxième division.

Président : Jean Pierre TIGOULET

Vice-président délégué : Jacques BARRY
Vice-présidents : Jean Pierre ADAM et Raymond DUGUET
Secrétaire : Marcel JAVERLIAT
Secrétaires adjoints : Martine ROUGERIE et Pierre JENESTE
Trésorier : Lucien GRATADE
Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN et J-Marie PARTHONNAUD

Membres : Philippe ADAM, Kamel AMRI, Régis AUXEMERY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Frédéric BOSSELUT, Jacques BOULESTIN, Dominique BRETON, Joël CATINAUD, Gilles COUADE, Michel DELOMENIE, Bernadette DESCHAMPS, Daniel DITLECADET, Sylvain DUVERDIER, Anibal FERREIRA, David GRASSAUD, Henri GUYOT,  Jean Jacques JAVERLIAT, Robert JENESTE, Yves LABRUNE,  Paul LACORE, Jean Pierre LATOUR, Stéphane LEGROS, André LEYMARIE, Gérald MAROTTA, Marcel MICHAUD, Jean Claude NORMAND, Philippe NOUHAUD, Hervé ORLIANGE, Jean Michel PRADEAU, Gérard RIVET, Fabrice ROULAUD, Claude VALARY et Maurice VILLENEUVE.

Saison 2002 – 2003

L’entraîneur du club est Thierry FERNIER. Marcel JAVERLIAT qui assurait la responsabilité de l’équipe B abandonne cette fonction pour des raisons professionnelles. Il est remplacé par Mickaël AMRI qui revient au club.

Président : Jean Pierre TIGOULET

Vice-président délégué : Jacques BARRY
Vice-présidents : Jean Pierre ADAM

Chargé de mission : Raymond DUGUET
Secrétaire : Marcel JAVERLIAT
Secrétaire adjoint : Martine ROUGERIE
Trésorier : Lucien GRATADE
Trésoriers adjoints : Corinne FAUCHER et J-Marie PARTHONNAUD

Membres : Philippe ADAM, Kamel AMRI, Régis AUXEMERY, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Frédéric BOSSELUT, Dominique BRETON, Joël CATINAUD, Gilles COUADE, Bernadette DESCHAMPS, Daniel DITLECADET, Sylvain DUVERDIER, Thierry FERNIER, Anibal FERREIRA, David GRASSAUD, patrice JAMIN, Jean Jacques JAVERLIAT, Pierre JENESTE, Robert JENESTE, Paul LACORE, Jean Pierre LATOUR, Stéphane LEGROS, André LEYMARIE, Gérald MAROTTA, Marcel MICHAUD, Jean Claude NORMAND, Philippe NOUHAUD, Philippe NURY, Jean Michel PRADEAU, Gérard RIVET, Fabrice ROULAUD, Claude VALARY.

Entraîneur : Jacques BOULESTIN

Saison 2003 – 2004

Saison 2004 – 2005

Saison 2005 – 2006

L’équipe A termine 4ème de première division. L’équipe B termine 6ème en troisième division et l’équipe C, 10ème en cinquième division.

Les jeunes de 15 ans terminent 1er de leur poule en promotion et gagnent le titre de champion de la Haute-Vienne

Saison 2006 -2007

L’équipe A évolue en première division, entraînée par Thierry FERNIER. Elle termine la saison à la 11ème place du championnat de 1ère division (ex Excellence). Un changement de coach a lieu en cours de saison avec l’arrivée de Bernard MADIGOUT. L’équipe B évolue en 3ème division. Elle est dirigée par Jean Luc DESCHAMP. La saison n’a pas été brillante et le nombre des défaites dépasse celui des victoires ; En terminant 10ème de sa poule l’équipe est reléguée en quatrième division. L’équipe C dispose d’un faible effectif et joue en 5ème division. Elle termine difficilement la saison, grâce aux vétérans qui pallient l’absence de certains jeunes licenciés.

2007 2008

L’approche de la Coupe du monde de football suscite des vocations ce qui se traduit par un afflux de jeunes à l’Ecole de football.

Le club s’est vu confier l’organisation le 5 mai 2007, de la finale de la coupe du centre-Ouest couplée avec la journée des bénévoles.

Présidents : Jean Pierre TIGOULET

Vice-présidents délégués : B. MADIGOUT, J.M. PRADEAU

Vice-présidents : Jean Pierre ADAM et J-Luc BONAFY
Secrétaire :  Régis AUXEMERY
Secrétaires adjoints : P. HAEFLIGER et F. ROULEAU
Trésorière : C. FAUCHER

Trésoriers adjoints : Lucien GRATADE et J-Marie PARTHONNAUD
Membres : Kamel AMRI, Pierre BOISSIERE, Eric BONAFY, N. BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Jean Luc DESCHAMPS, S. DUVERDIER, Youssef  EL HAFIANE, Th. FERNIER, P. JAMIN, Pierre JENESTE, Robert JENESTE, Paul LACORE, Guy LATOUR, Serge LEGROS, Muriel MAURY, Stéphane MAUSSET, M. MICHAUD, Cyril NORMAND, Jean Claude NORMAND, P. NURY, B. PARTHONNAUD, B. RIBET, J.M. THOMASSON.

Saison 2007 – 2008

Le club compte 210 licenciés : 32 débutants, 27 poussins, 14 benjamins, 20 « 13 ans », 8 « 15 ans », 18 « 18 ans », 50 seniors, 7 vétérans et 45 dirigeants.

L’équipe A termine 6ème de sa poule en en championnat de deuxième division. C’est une saison au gout amère, avec une première partie de championnat attrayante mais une fin décevante. L’équipe B a créé la surprise en décrochant le titre de champion de la Haute-Vienne en quatrième division , fêtant ainsi son retour en troisième division. L’équipe C termine 10ème de sa poule, payant cette mauvaise place du fait de l’instabilité de son équipe, ses joueurs étant appelés à pallier les manques des équipes A et B.

Présidents : Jean Pierre TIGOULET

Vice-présidents délégués : B. MADIGOUT, J.M. PRADEAU

Vice-présidents : Jean Pierre ADAM et J-Luc BONAFY
Secrétaire :  Régis AUXEMERY
Secrétaires adjoints : F. ROULEAU et M. MAURY
Trésorière : C. FAUCHER

Trésoriers adjoints : Lucien GRATADE et J-Marie PARTHONNAUD
Membres : Kamel AMRI, Pierre BOISSIERE, Eric BONAFY, Nicolas BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Jean Luc DESCHAMPS, Youssef  EL HAFIANE, Patrice JAMIN, Robert JENESTE, Hervé LABREGERE,  Guy LATOUR, Jean-Pierre LATOUR,  Stéphane LEGROS, Muriel MAURY, Stéphane MAUSSET, Marcel MICHAUD, Cyril NORMAND, Jean Claude NORMAND, Paul NURY, Bernard RIBET, Jean-Marie THOMASSON, Jean-Yves THOUMIEUX, Arlette VIROULAUD.

Saison 2008 – 2009

Présidents : Jean Pierre TIGOULET

Coprésident : Marcel JAVERLIAT

Vice-président délégué : Jean Michel PRADEAU

Vice-présidents : Jean Pierre ADAM et Lucien GRATADE
Secrétaire :  Muriel MAURY
Secrétaires adjoints : Régis AUXEMERY et Jean Luc BONAFY.
Trésorière : Corinne FAUCHER

Trésoriers adjoints : Fabrice ROULAUD et Jean-Marie PARTHONNAUD
Membres : Kamel AMRI, Florian BARRAUD, Pierre BOISSIERE, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Jean Luc DESCHAMPS, Youssef EL HAFIANE, Pierre GUINARD, Patrice JAMIN, Robert JENESTE, Hervé LABREGERE, André LACROIX, Guy LATOUR, Christian MAURY, Stéphane MAUSSET, Marcel MICHAUD, Pascal NAUD, Cyril NORMAND, Warhel OBEYD, Bernard RIBET, Jean-Marie THOMASSON.

L’entraîneur est remplacé par un trio qui assure l’entrainement et le coaching des trois équipes : Jean Luc DESCHAMPS, Florian BARRAUD et Kamel AMRI.

Saison 2009 – 2010
Présidents : Jean Pierre TIGOULET et Marcel JAVERLIAT
Vice-présidents : Jean Pierre ADAM et Lucien GRATADE
Secrétaire : Muriel MAURY
Secrétaires adjoints : J-Luc BONAFY et Hervé LABREGERE
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésoriers adjoints : J-Marie PARTHONNAUD et Fabrice ROULAUD
Vérificateurs aux comptes : Marcel MICHAUD et Jean Jacques JAVERLIAT
Membres : Xavier ADAM, Kamel AMRI, Régis AUXEMERY, Florian BARRAUD, Pierre BOISSIERE, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Jean Luc DESCHAMPS, Olivier GIBAUD, Pierre GUINARD, Youssef EL HAFIANE, Pierre JENESTE, Robert JENESTE, Catherine LABREGERE, André LACROIX, Guy LATOUR, Jean Pierre LATOUR, Christian MAURY, Stéphane MAUSSET, Cyril NORMAND, Warhel OBEY WAYSSI, Bernard RIBET, Soazig SERVOUZE et Jean Yves THOUMIEUX.

Saison 2010 – 2011

L’équipe 1 se classe 7ème de sa poule en deuxième division de district. L’équipe 2obtient le même classement en quatrième division.

Le 10ème tournoi national U15 et U17 s’est déroulé les 11 et 12 juin. Il a réuni 30 équipes
Président : Marcel JAVERLIAT
Vice-Président Délégué : Jean Pierre TIGOULET
Vice-Présidents : Jean Pierre ADAM – Kamel AMRI – Lucien GRATADE
Secrétaire : Muriel MAURY
Secrétaires adjoints : Jean Luc BONAFY – Hervé LABREGERE
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésoriers adjoints : Jean Marie PARTHONNAUD – Fabrice ROULAUD
Membres : Xavier ADAM, Djimet ADOUM, Florian BARRAUD, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Sébastien BONNET, Lætitia BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Jean Luc DESCHAMPS, Olivier GIBAUD, Robert JENESTE, Pierre JENESTE, Cathy LABREGÈRE, André LACROIX, Guy LATOUR, Jean Pierre LATOUR, Christian MAURY, Stéphane MAUSSET, Cyril NORMAND, Warhel OBEYD, Thierry PONTOIZEAU, Emmanuel RAYMOND, Bernard RIBET, Soazig SERVOUZE, Frédéric THÉVENY, Régis AUXEMERY, Cécile VIAUX.

L’assemblée générale a lieu le Vendredi 24 juin 2011. Après la lecture du bilan moral par Muriel MAURY et du bilan financier par Patrice JAMIN qui laisse apparaître une trésorerie saine avec un équilibre des comptes parfait, l’assemblée enregistre le souhait de Jean Pierre TIGOULET, et de Muriel MAURY de prendre un peu de recul dans le fonctionnement du bureau tout en continuant à participer à la vie du club.

Philippe NOUHAUD est félicité pour sa médaille district joueur et l’accomplissement de toute sa carrière de footballeur à l’AS NEXON

Saison 2011-2012

L’équipe 1 termine à la 2ème place de sa poule et accède à la première division. L’équipe 2 finit à la 5ème place.

Le tournoi national U15-U17 a été organisé pendant le weekend de la pentecôte, les 26 et 27 mai. Le nombre d’équipes invitées avait volontairement été réduit à 23. L’équipe U17 de l’école de foot du pays de Nexon a remporté la coupe.

U17 2011 2012L’équipe U17

Présidents d’honneur: Liliane JAMIN, Raymond DUGUET, Daniel FAUCHER, Claude JARRY- LACOMBE, Paul LACORE, René REBIERE et Albert THOUREAU
Président : Marcel JAVERLIAT
Vice-Président : Jean Pierre ADAM, Kamel AMRI, Lucien GRATADE
Secrétaire : Jean Luc BONAFY
Secrétaires adjoints : Muriel MAURY, Hervé LABREGERE
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésoriers Adjoints : Jean–Marie PARTHONNAUD, Fabrice ROULAUD
Membres : Xavier ADAM, Djimet ADOUM, Florian BARRAUD, Pierre BOISSIERE, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Yannick CHARTAGNAC, Jean Luc DESCHAMPS, Youssef El HAFFIANE, Olivier GIBAUD, Jean-Jacques JAVERLIAT, Pierre JENESTE, Robert JENESTE, Catherine LABREGERE, André LACROIX, Annie LACROIX, Guy LATOUR, Jean Pierre LATOUR, Jean-Michel MAZEAUD, Christian MAURY, Stéphane MAUSSET, Marcel MICHAUD, Cyril NORMAND, Warhel OBEYD WAYSSI, Thierry PONTOIZEAU, Bernard RIBET, Soazig SERVOUZE, Frédéric THEVENY, Jean Pierre TIGOULET, Cécile VIAUX.
Vérificateurs aux comptes : Marcel MICHAUD, Jean-Jacques JAVERLIAT.
Entraîneur : Frédéric THEVENY

Saison 2012 – 2013

Avril 2013, décès de Raymond DUGUET qui a joué un rôle important à l’ASN et plus largement pour le football en Haute-Vienne. En effet il a présidé le district de football de la Haute-Vienne pendant plusieurs années.

L’équipe A termine à la 7ème place de la première division de la Haute-Vienne. L’équipe B se classe 8ème. Le club compte 192 licenciés, soit 6 de plus que la saison précédente.

Le 12ème tournoi national U15-U17 a réuni 21 équipes pour le weekend de pentecôte. La pluie qui a perturbé la fête n’a pas empêché l’équipe U17 du Pays de Nexon de remporter pour la 2ème fois consécutive la coupe.

Président : Marcel JAVERLIAT
Vice-Président : Jean Pierre ADAM, Kamel AMRI, Lucien GRATADE
Secrétaire : Jean Luc BONAFY
Secrétaires adjoints : Muriel MAURY, Pierre BOISSIERE
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésoriers Adjoints : Jean–Marie PARTHONNAUD, Fabrice ROULAUD
Membres : Xavier ADAM, Djimet ADOUM, Florian BARRAUD, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Yannick CHARTAGNAC, Jean Luc DESCHAMPS, Pascal DUCOURANT, Olivier GIBAUD, Jean-Jacques JAVERLIAT, Pierre JENESTE, Robert JENESTE, Catherine LABREGERE, Hervé LABREGERE, André LACROIX, Annie LACROIX, Christophe LAFAYE, Guy LATOUR, Jean Pierre LATOUR, Christian MAURY, Jean-Michel MAZEAUD, Marcel MICHAUD, Warhel OBEYD WAYSSI, Thierry PONTOIZEAU, Bernard RIBET, Soazig SERVOUZE, Frédéric THEVENY, Jean Pierre TIGOULET, Cécile VIAUX, Michel VILLENEUVE.

Saison 2013 – 2014

Le 6 octobre 2013 l’ASN a reçu un équipement de maillots et shorts pour l’équipe première offerts par Groupama.

2013 2014 Groupama

Le club compte 179 licenciés, en baisse de 13 par rapport à la saison précédente.

L’équipe 1 a réalisé une excellente saison et se classe 1ère de sa poule et championne de la Haute-Vienne de première division. Elle retrouve, trente ans après, le championnat de ligue. Cette réussite est due, outre aux mérites des joueurs, à la qualité du travail réalisé par l’entraîneur, Frédéric THEVENY depuis 5 ans.

2013 2014

L’équipe 2 termine à la 5ème place et assure son maintien en 4ème division.

Le 13ème tournoi national U15-U17 a réuni 18 équipes sur les 20 invitées pendant le weekend de pentecôte les 7 et 8 juin.

Président : Marcel JAVERLIAT
Vice-Président : Jean Pierre ADAM, Kamel AMRI, Lucien GRATADE
Secrétaire : Jean Luc BONAFY
Secrétaires adjoints : Pierre BOISSIERE, Fabrice ROULAUD
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésorier Adjoint : Jean–Marie PARTHONNAUD

Membres : Xavier ADAM, Djimet ADOUM, Florian BARRAUD, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Yannick CHARTAGNAC, Jean Luc DESCHAMPS, Pascal DUCOUVENT, Olivier GIBAUD, Jean-Jacques JAVERLIAT, Pierre JENESTE, Robert JENESTE, Catherine LABREGERE, Hervé LABREGERE, André LACROIX, Annie LACROIX, Thomas LACROIX, Guy LATOUR, Jean Pierre LATOUR, Alain MAGNAUD, Christian MAURY, Muriel MAURY, Jean Michel MAZEAUD, Marcel MICHAUD, Warhel OBEYD WAYSSI, Julien PICHOU, Thierry PONTOIZEAU, Bernard RIBET, Frédéric THEVENY, Jean Pierre TIGOULET, Cécile VIAUX, Michel VILLENEUVE.

Saison 2014-2015

L’équipe 1 évoluait en ligue après 30 ans de diète ; deux objectifs avaient été fixés : pour l’équipe fanion le maintien, et pour l’équipe 2 la montée en 3e division. Ils ont été plus que réussi. L’équipe réserve encadrée par Bernard RIBET, Robert JENESTE, Fabrice ROULAUD et Sébastien BONNET, a terminé 2e de sa poule et accède donc à la 3e division.
Quant à l’équipe 1 encadrée par Frédéric THEVENY, Alain MAGNAUD et Jean-Luc DESCHAMPS, elle a assuré son maintien en finissant 5e de sa poule. Elle a, de plus, effectué un très long parcours en coupe du Centre Ouest où elle ne s’est inclinée qu’en 8e de finale.

L’AS Nexon fournit le plus gros potentiel de l’effectif de l’École de football. Elle était représentée dans toutes les catégories et même par plusieurs équipes dans certains niveaux. Seuls les U19 n’ont pas été engagés par insuffisance d’équipes en Limousin.

fair play 2014 2015

Jeu de maillots offert par le district et le conseil général de la Haute-Vienne pour la 1ère au challenge fair-play

Président : Marcel JAVERLIAT
Vice-présidents : Kamel AMRI, Lucien GRATADE
Secrétaire : Jean-Luc BONAFY
Secrétaires adjoints : Fabrice ROULAUD, Pierre BOISSIERE
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésoriers adjoints : Alain MAGNAUD, Pierre JENESTE.

Membres: Xavier ADAM, Jean François ANDRIEUX, Djimet ADOUM, Eric BONAFY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Lætitia BONNET, Sébastien BONNET, Lionel CALOIN, Christian CHAPELLE, Yannick CHARTAGNAC, Jean Luc DESCHAMPS, Olivier GIBAUD, Jean-Jacques JAVERLIAT, Frédéric JAYAT, Robert JENESTE, Catherine LABREGERE, Hervé LABREGERE, André LACROIX, Annie LACROIX, Thomas LACROIX, Guy LATOUR, Jean Pierre LATOUR, Christian MAURY, Muriel MAURY, Jean Michel MAZEAUD, Marcel MICHAUD, Warhel OBEYD WAYSSI, Jean Marie PARTHONNAUD, Julien PICHOU, Thierry PONTOIZEAU, Bernard RIBET, Frédéric THEVENY, Jean Pierre TIGOULET, Michel VILLENEUVE.

À l’ouverture de l’assemblée générale de la saison, en juillet 2015, le président Marcel JAVERLIAT demande une minute de silence à la mémoire de    Jean-Pierre ADAM décédé cette saison.

Adam 1957

Membre de l’A.S.Nexon depuis sa création en 1949, il a occupé d’abord le poste de joueur

ASN Adam 1983

puis ceux de dirigeant,secrétaire et vice-président, dernier poste qu’il tenait encore cette saison.

 

Le nombre de demande de licences validées est resté relativement stable avec 188 pour 179 la saison précédente.

Bilan financier. Le trésorier Patrice JAMIN annonce un déficit d’exercice important. Les 2 principales causes : la baisse des recettes des lotos et l’augmentation des frais liés à l’accession en ligue.

Saison 2015 – 2016

Le bureau reste inchangé.
Président : Marcel JAVERLIAT
Vice-présidents : Kamel AMRI, Lucien GRATADE
Secrétaire : Jean-Luc BONAFY
Secrétaires adjoints : Fabrice ROULAUD, Pierre BOISSIERE
Trésorier : Patrice JAMIN
Trésoriers adjoints : Alain MAGNAUD, Pierre JENESTE.

Saison 2016-2017

L’assemblée générale de fin de saison se déroule sans le président Marcel JAVERLIAT, absent pour raison de santé. La vice-présidente Muriel MAURY, préside la réunion.

Le bilan sportif est mitigé mais les deux équipes évoluant en 1 ère et 3 e divisions de District ont réussi à se maintenir.

Suite à la démission de certains membres du bureau pour raisons multiples, l’assemblée a élu un nouveau bureau.

Saison 2017-2018

Président : Jean-Luc BONAFY ;

Présidente déléguée : Muriel MAURY ;

Vice-présidents : Marcel JAVERLIAT, Lucien GRATADE ;

Secrétaire : Christian PARTHONNAUD ;

Secrétaire adjoint : Christian CHAPELLE ;

Trésorier : Kamel AMRI ;

Trésoriers adjoints : Cécile LATOUR, Alain MAGNAUD et Pierre JENESTE.

Le 27 septembre 2017, l’église de Nexon était tout juste assez grande pour contenir toutes les personnes venues rendre un dernier hommage à Marcel décédé dans sa 52 ème année. Secrétaire de l’AS Nexon de 1993 à juin 2005, co-président en juin 2009 avec Jean-Pierre Tigoulet, président en 2011 jusqu’en 2017 où la maladie ne lui a pas permis de poursuivre cette mission.

Le Populaire du Centre 26 octobre 2017

La Deuxième République, naît le 24 février 1848, date de la proclamation provisoire de la République à Paris, jusqu’à la proclamation de LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE comme empereur le 2 décembre 1852.

Le 24 février 1848, les parisiens se révoltent pour deux raisons : la crise économique (le prix du pain augmente) et l’interdiction des banquets républicains. Dès le mois de Juillet 1847 l’opposition au gouvernement conservateur de Guizot va se manifester au travers de nombreux banquets qui vont se dérouler dans toute la France. Un important banquet était prévu à Paris le 22 février 1848. Son interdiction génère des manifestations. des barricades sont érigées dans les rues de Paris. Guizot démissionne malgré cela les barricades demeurent. Des manifestants sont tués. Les manifestants marchent vers le palais des Tuileries. Le 24 février le roi abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, âgé de neuf ans. Le roi fuit en Angleterre, signant ainsi la fin de la monarchie de Juillet. La Chambre démissionne dans la foulée. La duchesse d’Orléans est pressentie pour assurer la régence en attendant la majorité du roi. Mais les insurgés ne lui en laisse pas le temps. ils envahissent le Palais Bourbon et les députés proclament la République.

Le 27 février 1848 le Maire de Nexon reçoit un message, daté à Limoges du 26 février lui indiquant :

– que la République est proclamée

– la création à Limoges d’un Comité Administratif Provisoire composé de BAC, CHAMIOT, COURCELLES, DUSSOUBS et VILLEGOUREIX. Ce Comité concentre tous les pouvoirs. Vous ne devez recevoir d’ordre d’aucune autre autorité.

– d’afficher la proclamation, d’assurer l’ordre et la tranquillité et de rendre compte.

En exécution, le Maire a fait afficher et publier à son de caisse la proclamation de la République et le public à la sortie de la Messe a été invité à se réunir à la Mairie. 53 citoyens ont répondu à cet appel et la République a été proclamé à laquelle l’assemblée a donné son adhésion.

Il a été décidé d’organiser la Garde Nationale et de désigner un bureau provisoire par bulletin secret, ce qui fut fait sur le champ. Le sieur BONNET a protesté contre le contenu du procès verbal de cette manifestation.

Le Commissaire du Gouvernement provisoire nomme comme Maire le citoyen Henry LIMOUSIN en remplacement du citoyen CUBERTAFOND, révoqué et le sieur BONNET Cadet, adjoint en remplacement de GAYOT révoqué.

On constate que les choses sont allées vites. Les Républicains n’ont pas voulu renouveler les hésitations de Juillet 1830.

Le 15 Mars, le Maire décide que pour éviter les accidents les jours de foire la répartition du bétail se ferait comme suit : sur les deux places neuves et de la Chapelle les bœufs, moutons, brebis et cochons. Sur la place de l’Eglise les autres bestiaux, les étalagistes et autres marchands.

La chapelle de la place est affectée comme salle d’archives. C’est le citoyen COMBELLAS, menuisier qui est chargé de ce travail.

Le 13 avril la commune est divisée en deux parties pour former deux compagnies de Garde Nationale, l’une est dite compagnie Sud et l’autre compagnie Nord.

Le Maire taxe le pain de 1ère qualité à 35 centimes le kilo, la mêlée de 2 kilos à 57 centimes 50, la tourte de 5 kilos à 75 centimes.

Le budget de la commune s’élève à 11 879 francs.

Les hivers des années 1846 et 1847 ayant été très rigoureux, Léonard LAURENT fermier des droits de place obtient une indemnité de 40 francs.

Il est voté une somme de 18 francs pour payer les frais des obsèques de Pierre BONNET, indigent.

Le 12 juin la première bascule publique est construite. Le prix des pesées est ainsi fixé :

– voitures de foin et paille       0,50

– deux chevaux et au dessus  1,00

– un bœuf, mouton ou porc    0,25

– deux bœufs                             0,40

 

Election du Maire

 Le 8 juillet élections municipales. Sont élus : J.B. LIMOUSIN, Jean GUYOT, Jean Baptiste BONNET, F. Gay de Nexon, GIZARDIN, LELONG Pierre
dit Pimpi, GUYOT Annet, JOUHAUD Antoine, TARADE Léon, SIRIEX Pierre, JOUHAUD Mathurin, DESMAISON Guy, LASPOUGEAS Michel, LAFARET Jean B., FRUGIER Léonard et PAUZET Martial.

Le 16 juillet LIMOUSIN a été élu Maire par 11 voix et BONNET Adjoint par 16 voix.

Le reste de l’année 1848 a été l’objet des alignements et constructions des chemins départementaux.

Le 10 décembre a lieu l’élection présidentielle. Louis Napoléon BONAPARTE est élu avec plus de 5 millions de voix soit 74,2% des .

Le 19 décembre la Commune accepte le drapeau National.

Année 1849

13  et 14 mai 1849, victoire des conservateurs aux élections législatives. La Haute-Vienne ne suit pas le mouvement national et sur les 7 députés elle en élit 6 de gauche.

Le 25 Septembre 1849 Martial LAFAYE ayant demandé la vente du Communal du Brouillet, le Conseil refuse cette aliénation. Le traitement du Vicaire est fixé à 150 francs.

Année 1850

Le 12 Janvier 1850 le Conseil décide l’expropriation de plusieurs terrains destinés au tracé des routes mais les propriétaires se refusent à toute cession.

Année 1851

La commune compte 2 461 habitants au recensement.

Le 6 Février 1851, 19 enfants sont admis gratuitement à l’Ecole de Nexon, les parents étant incapables de payer.

Le traitement de l’Instituteur est fixé ainsi :

  • 1, 50 franc pour ceux qui apprennent à lire seulement
  • 2 francs pour ceux qui lisent et qui commencent à écrire
  • 3 francs pour ceux qui sont plus avancés.

Des réparations sont effectuées au presbytère, à l’école, à la Mairie et à la Justice de Paix.

Le août l’installation des boulangeries et la fabrication du pain sont réglementées par le Maire. Le pain est taxé tous les mois.

Le coup d’état du 2 décembre 1851

Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851 soixante mille hommes et plus de cent pièces d’artillerie occupent la capitale. Louis-Napoléon Bonaparte fait occuper toutes les imprimeries et seuls les journaux qui lui sont favorables peuvent paraître. Les cafés, lieux de discussion politique, et les écuries où l’on pourrait louer des chevaux pour fuir Paris sont fermés. Les chefs de l’opposition, républicaine ou monarchiste, sont arrêtés. L’état de siège est déclaré, l’Assemblée nationale est dissoute, le suffrage universel est rétabli et le peuple français est convoqué à des élections et à la préparation d’une nouvelle Constitution.

Après le coup d’État des députés tentent d’organiser la résistance. Martial Gaston DUSSOUBS (1815-1856) élu député le 13 mai 1849 ne peut y participer car il est malade. Son frère Denis DUSSOUBS* prend alors son écharpe et le 4 décembre il est sur la barricade et harangue les soldats comme Victor Hugo le raconte dans « Histoire d’un crime »: « Citoyens de l’armée écoutez-moi (…) savez-vous quel est l’homme qui vous parle en ce moment ? Ce n’est pas seulement un citoyen, c’est un législateur ! C’est un élu du suffrage universel ! Je me nomme Dussoubs, et je suis représentant du peuple. (…) c’est au nom de la loi que je vous somme de m’entendre. Soldats, vous êtes la force. Eh bien ! Quand la loi parle, la force écoute. » Victor Hugo poursuit : « Ce qu’il faut ajouter à ses paroles pour bien en comprendre l’effet, c’est l’attitude, c’est l’accent, c’est le tressaillement ému, c’est la vibration des mots sortant de cette noble poitrine, c’est l’autorité de l’heure et du lieu terrible. Il fut ardent, éloquent, profond, un juge pour Bonaparte, un ami pour les soldats. »

Il parla ainsi pendant environ vingt minutes, puis descendit sans arme de la barricade pour aller au devant des soldats postés derrière celle située à une cinquantaine de mètres, dans un ultime espoir de fraterniser.

Là les récits divergent. Victor Hugo dit qu’il fut tué au moment ou il allait atteindre la barricade tenue par la troupe et qu’on aurait entendu le commandement du feu.  Victor Schœlcher dans « Histoire des crimes du 2 décembre » raconte qu’il fut abattu de deux balles dans la tête, au moment ou, sa tentative ayant échoué, il rejoignait la barricade des républicains, aucun ordre de feu n’ayant été entendu.

Sous la troisième République la municipalité de Limoges a donné le nom de Denis Dussoubs à l’ancienne place Royale et y à fait ériger une statue en bronze.  Elle fut fondue par l’Occupant pendant la deuxième guerre mondiale pour des besoins militaires.

  • Denis Dussoubs est né le 20 août 1818 à Saint Léonard de Noblat de parents boulanger. Son frère et lui ont pu faire des études de droit à Paris grâce à leur oncle qui avait fortune en Amérique.

Les 21 et 22 décembre, le plébiscite valide le coup d’État par 7,5 millions de « oui », contre 640 000 « non » et un million et demi d’abstentions.

 

1937, naissance du premier club

André Longequeue venait de s’installer à Nexon et il avait sans doute la nostalgie des parties de tennis qu’il effectuait lorsqu’il était étudiant. Mais à Nexon il n’y avait pas de court. Il se trouvait pourtant que plusieurs personnes étaient intéressées par le tennis.

Il faut dire que l’épopée des « quatre mousquetaires » avait fait connaitre le tennis en dehors des cercles restreints de la bourgeoisie des grandes villes. En effet les « Quatre mousquetaires », Jean Borotra (1898-1994), Jacques Brugnon (1895-1978), Henri Cochet (1901-1987) et René Lacoste (1904-1996) ont gagné six fois la Coupe Davis entre 1927 et 1932 et remporté de nombreux tournois.

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de gauche à droite : jacques Brugnon, Henri Cochet, René Lacoste et Jean Borotra

Les étudiants suivaient plus assidûment leurs exploits que les jeunes ruraux nexonnais. Il n’est donc pas étonnant qu’André Longequeue, le pharmacien, rencontre le dentiste, Guy Durengue, un ingénieur François Laplaud et surtout Roger Gaumy qui sera maire de Nexon en 1944.

Ils cherchent un terrain sur lequel ils pourraient construire un court. Un terrain, bien isolé et très proche du centre du bourg leur semble parfait pour cela. C’est une carrière, aux Rochilles, à l’endroit où quelques années plus tard sera construit le garage des pompiers qui sera transformé par la suite en gymnase.

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Le court de tennis aux Rochilles. Les hommes jouent en pantalon, le short est considéré comme indécent…

Avec les moyens du bord ils construisent un court, créent une association et disputent des matchs entre eux mais aussi contre leurs amis d’Aixe sur Vienne. Le club s’étoffe de nouveaux joueurs mais, en conflit avec la municipalité ils doivent quitter le terrain des Rochilles.

Monsieur Laspougeas qui avait rejoint le club proposa de créer un court sur son terrain, derrière la maison familiale en haut de l’avenue de la gare. Le nombre des joueurs a progressivement augmenté et le club a engagé des équipes en compétition.

Avec le boom que le tennis a connu dans les années 1980 un court a été construit et il a été possible d’utiliser le gymnase comme court couvert.

 1977 : Monsieur Longequeue cède la présidence à Christian Laspougeas

En 1977, Christian Laspougeas succède à André Longequeue à la présidence du club. De nombreux jeunes garçons pratiquent à la fois le football, souvent en équipe première, et également le tennis. Il suffit de rappeler les noms de Patrice Valette ou de Frédéric Jarry-Lacombe, mais aussi de jacques Célérier et plus tard de Bruno Kocielny, passé par la suite au Red Star.  Sans oublier les filles comme Evelyne Fonchy qui a débuté et progressé à Nexon.

A la fin de la saison 1980 le club compte 114 licenciés, 74 adultes et 40 jeunes. depuis le mois de juin 1980 le club dispose 4 jours par semaine d’un court en béton poreux que la municipalité vient de faire construire. L’inauguration officielle a eu lieu le 14 juillet avec deux joueurs de deuxième série, Pierre Jauffret de Bordeaux et Gérard Valleron de Limoges.

Avec la saison 1981 les effectifs du club continuent de croître. Il compte 148 licenciés, 77 adultes et 71 jeunes et dispose de deux courts, celui en terre battue avenue de la gare et le nouveau court en béton. Le gymnase n’est pas encore terminé ce qui limite la pratique du tennis aux périodes de beau temps. L’école des jeunes est animée par Patrice valette et Michel Marcelot.

Avec l’année 1982 le nombre des licenciés bat des records. Ce sont 152 licenciés, 73 adultes et 79 jeunes que le club a enregistré. Tous ces joueurs trouvent des créneaux horaires pour s’entraîner grâce à la disponibilité de madame Jarry-Lacombe qui , depuis sa pâtisserie, gère les plannings des deux courts.

Le tournois interne du club a été remporté par Michel Voisin battant en finale Frédéric Jarry-Lacombe.

L’ouverture du gymnase permet à l’école de tennis de fonctionner pendant toute l’année scolaire sous la responsabilité des deux éducateurs, Bernadette Rebeyrol et Patrice Valette.

En 1983 le tournoi interne a été remporté par Jean marie Massy qui a battu Patrice Valette.

L’AG du 26 octobre 1984 a élu le bureau suivant :

Président : Christian Laspougeas

Vice-Présidents : Jacques Célérier et Frédéric Jarry-Lacombe

Secrétaire : André Longequeue

Secrétaire adjoint : Daniel Roche

Trésorier : Patrice Valette

Trésorier adjoint : Michel Marcelot

Jean-Marie Massy est responsable de l’équipe 1 et Yves Roussin de l’équipe 2. Trente jeunes fréquentent l’école de tennis.

Le tournoi interne du club de l’année 1985 a été remporté par Guy Chausse qui a battu en finale Daniel Roche. Pour les femmes Evelyne Fonchy a battu Bernadette Rebeyrol.

Au début de l’année 1990 le club comptait une centaine de licenciés et une école de tennis. Trois éducateurs l’animaient : Claudine Boulesteix pour les 7-9 ans, Bruno Kocielny pour les 9-11 ans et Jean Marie Massy pour les 11-13 ans. Deux équipes masculines sont engagées en compétition, l’une en 5e division et l’autre en 3e tandis qu’une équipe féminine joue en 2e division du Limousin.

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Limousin Magazine . janvier 1990

En 1991 Ahmet Ercelik a battu Patrice Valette et Evelyne Fonchy a triomphé de Bernadette Bosselut.

En 1992 François Célérier bat Yves Roussin et Françoise Benoit l’emporte face à Andrée Dujacques.

En 1993 Ahmet Ercelik bat Claude Pouletaud et Bernadette Bosselut l’emporte face à Stéphanie Vallet.

En 1996 François Célérier a emporté la finale face à Jean-Marie Massy et Nathalie Emard s’est imposée face à Stéphanie Vallet.

En 1997 les deux équipes masculines ont terminé à la 1ere place de leur poule du championnat d’été et accèdent à la 3eme division régionale.

Pour le tournoi interne François Lansade s’est imposé face à Nicolas Marcelot tandis que chez les dames, Stéphanie Vallet battait Nathalie Emard.

1997 : Dominique Duverneuil élue présidente

Lors de l’assemblée générale du 7 novembre 1997, Dominique Duverneuil est élue à la présidence du club. Elle remplace Christian Laspougeas qui après vingt années à la tête du club a souhaité prendre un peu de recul.

En 1998 François Lansade remporte le tournoi interne face à Bernard Theillaumas, et Françoise Benoist s’impose devant Stéphanie Vallet.

Lors de l’AG du 6 novembre 1998 le bureau est ainsi constitué :

Présidente : Dominique Duverneuil

Vice-Président : Frédéric Jarry-Lacombe

Secrétaire : Nathalie Emard

Secrétaire adjoint : André Lemire

Trésorière : Stéphanie Vallet

Trésorier adjoint : Jean Marie Massy

Cette année-là 4 joueurs accèdent à la 3eme série : François Lansade classé 15/3, Laurent Guery, Ahmet Ercelik classés 30 chez les hommes et Nathalie Emard classée 30 chez les dames.

2000 : Patrice Piquet devient président

Lors de l’AG du 15 septembre 2000 le bureau est totalement renouvelé et se compose ainsi :

Président : Patrice Piquet

Vice-Président : Olivier Breuil

Secrétaire : Michèle Piquet

Secrétaire adjoint : Mireille Breuil

Trésorière : Anita Redon

Trésorier adjoint : Emmanuel Amar

L’AG du 15 octobre 2004 a élu le bureau suivant :

Président : Patrice Piquet

Vice-Président : Bruno Royer

Secrétaire : Michèle Piquet

Trésorière : Elisabeth Dupuis

Pour la saison 2005 Didier Chausse est classé 15/5 et Ludovic Reillier 30. Chez les dames, Valérie Chausse est classée 15/4, Amandine Piquet 15/5 et Emmanuelle Royer 30.

Emmanuelle Royer a remporté le titre de championne régionale de 4ème série 2008.

La saison 2011-2012 a vu l’équipe composée de Hugo Gerville-Reache (15/5), Raphaël Pradeau (15/5) et Sébastien Fougeras (15/4) accéder à la 3ème division. Le club comptait alors 79 licenciés dont 49 de moins de 18 ans.

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L’équipe qui accède à la 3ème division

Patrice Piquet est président et Fabienne Goncalves secrétaire.

Fabienne Goncalves présidente

Le bureau 2013-2014 est ainsi composé :

Présidente : Fabienne Goncalves

Vice-Présidente : Marie Cubertafond

Secrétaire : Hervé Vigné

Trésorier : Sébastien Fougeras

En 2014 le Tennis Club Nexon s’est associé avec le Tennis Club Bosmie l’Aiguille et a déclaré la nouvelle association, le Tennis club Bosmie Nexon à la préfecture de la Haute-Vienne le 19 septembre 2014. Il dispose de ce fait de 4 courts : un gymnase et un béton poreux à NEXON et une résine et un béton poreux à BOSMIE.

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Le nouveau bureau est alors le suivant :

Présidente : Fabienne Goncalves

Vice-Présidents : Marie et Annie Cubertafond, Hervé

Secrétaire : Lucie Lecerf

Secrétaire adjointe : Paméla Breton

Trésorier : Sébastien Fougeras

Trésorier adjoint : Raphaël Pradeau

Le nouveau club comptait 69 licenciés dont 40 jeunes pour la saison 2014/2015.


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Le court de plein air et le court dans le gymnase à Nexon

 

 

Les sociétés d’agriculture, des précurseurs des comices agricoles

En 1757, est créée la « Société d’agriculture, de commerce et des arts des États de Bretagne ». C’est la première société de ce genre en France. Il existait déjà des sociétés analogues en Europe, en particulier la Société de Dublin pour l’amélioration des Elevage, Agriculture et autres arts utiles (« Society for improvement of husbandry, agriculture and other useful arts ») créée en 1731, sans doute la première en Europe, et d’autres à Londres, Florence…

La Société de Bretagne bénéficia de la notoriété de Jean Claude Vincent de Gournay, un négociant malouin, devenu intendant du commerce en 1751. Fervent partisan de la liberté du commerce il est connu pour être le père de l’expression « laisser-faire et laisser passer », expression qu’il utilise en septembre 1753 dans la conclusion de ses réflexions sur la contrebande : « Ces deux mots, laisser faire et laisser passer, étant deux sources continuelles d’actions, seraient donc pour nous deux sources continuelles de richesses ».

Dès le milieu des années 1750 un nouveau courant de pensée, la Physiocratie, va redonner à l’agriculture ses lettres de noblesse. Il est né des réflexions d’un brillant médecin, François Quesnay, anobli en 1752 par Louis XV pour avoir guéri le Dauphin de la petite vérole. Cet anoblissement le conduit à acquérir un domaine dans le Nivernais. Pour l’exploiter efficacement il lit tous les traités d’agriculture et procède à une analyse rationnelle de tous les procédés d’exploitation. Il compare le cout et les bénéfices qu’il aurait à utiliser des bœufs ou des chevaux, à mettre un fermier ou un métayer… Il publie les articles « Fermiers » (1756), « Grains » (1757), « Hommes » (1757) dans l’Encyclopédie de Diderot et Le Tableau économique en 1758. Sa notoriété est grande et il est entouré de véritables disciples, régnant en maitre sur ce que l’on appelle « la secte des économistes ». Parmi eux Turgot, maitre de requête au Parlement de Paris. Il a accompagné Gournay dans ses tournées à travers la France et il est séduit par les idées de Quesnay. Il est nommé en 1761 intendant de la généralité de Limoges ou il remplace M. de Pajot de Marcheval. Dès 1759 il avait réuni un groupe de propriétaires pour créer une institution ayant pour but d’améliorer les pratiques agricoles.

Le 22 août 1760, Trudaine, Directeur du Commerce et à ce titre gouverneur de l’ensemble des intendants, et Bertin, Contrôleur général des Finances, avaient invité les intendants à créer des Sociétés royales d’agriculture. Un arrêt du Conseil d’Etat du 12 mai 1761 donne à la Société de Limoges le statut de Société Royale d’Agriculture avec deux bureaux annexes l’un à Brive, l’autre à Angoulême. Elle est remplacée en 1801 par la Société d’agriculture, des sciences et des arts de la Haute-Vienne.

Sous Napoléon l’agriculture n’occupe pas une place de choix mais dans les années 1820 quelques propriétaires vont relancer l’intérêt pour ce secteur en portant leurs regards vers l’agriculture britannique et suggérant que l’on s’en inspire. Le duc Elie Decazes, ministre de l’intérieur de Louis XVIII, fait de ceux que le modèle britannique séduit.

Mais la renaissance des sociétés d’agriculture ne s’opère véritablement que dans les années 1830. Des concours de charrues sont organisés, les premières fermes modèles sont présentées…et les premiers comices agricoles ont lieu.

Les premiers comices agricoles.

Corinne Marache, maitre de conférences à l’université de Bordeaux et spécialiste du développement agricole de la Dordogne montre que dès les années 1820 ce département se dote de comices agricoles avec ceux fondé en 1824 à Lanouaille et en 1827 à Montagrier. L’initiateur de ce mouvement est le futur maréchal Bugeaud (né à Limoges le 15 octobre 1784, mort à paris le 10 juin 1849). Après une première partie de sa vie consacrée à la carrière militaire son soutien indéfectible à Napoléon le fait entrer en disgrâce avec la restauration. Il se consacrer alors à son domaine de la Durantie sur la commune de Lanouaille en Dordogne. Quand il a acquis la certitude d’avoir trouvé les meilleures méthodes pour exploiter les terres de son domaine il en fait profiter les autres agriculteurs au cours de réunions. C’est le premier comice agricole. Il continuera à œuvrer pour le développement d’une agriculture moderne et quand il sera élu député il prononcera à la Chambre, le 28 février 1832, un discours dans lequel il propose d’établir un comice agricole dans chaque canton

Mais, comme dans le reste du pays, le phénomène ne prend toute son ampleur que dans les années 1830. Un comice se crée pour les cantons de Limoges en 1834, suivi par Nieul la même année, puis Aixe en 1835, le Dorat, Saint Léonard… Ils sont 9 en 1870, 12 en 1880 et ce n’est qu’en 1910 qu’il y en a un dans chaque canton, parfois sous le nom de « syndicat d’élevage ».

Pendant tout le XIXème siècle, les comices agricoles se multiplient sur tout le territoire. Ils sont le reflet de la France rurale ouverte au progrès. On y met en avant les découvertes en agronomie, les nouveaux matériels, on récompense les agriculteurs qui innovent avec des prix et des médailles.  Dans le seconde moitié du XIXème siècle, les comices s’ouvrent à l’ensemble de la population et deviennent de véritables fêtes.

Dans son célèbre roman, Madame Bovary, publié en 1857, Flaubert dans la deuxième partie, chapitre 8 décrit l’ambiance des comices agricoles à Yonville. Rodolphe y retrouve Emma. Il écoute les discours, celui de M. Lieuvain, délégué par le Préfet, celui de M. Derozerays qui préside le comice. C’est un sujet classique au lycée de demander aux élèves de commenter ces discours.

La race bovine Limousine

Au début du XIXe siècle les bœufs ne pèsent pas lourd, 300 à 350 kg, et mesurent 1,5 mètre au garrot. Cela vient à la fois de la génétique mais aussi de la médiocrité des terres et donc de leur alimentation. De plus, le faible niveau de vie des paysans ne leur permet pas de nourrir des bêtes qui ne travailleraient pas, aussi tous les bovins participent aux travaux des champs. La race limousine est alors considérée comme une race de travail.

Avec la création du comice de Limoges, en 1834, la question de l’avenir de cette race va donner lieu à de nombreux débats. Que faut-il faire pour la rendre plus prospère ? Faut-il croiser la race limousine avec d’autres comme la charolaise, faut-il pratiquer une sélectionner rigoureuse des meilleurs bovins limousins, faut-il abandonner cette race régionale pour passer à une race plus nationale, voire internationale comme la durham ? Cette dernière option est défendue par ceux qui s’appuient sur l’arrivée du chemin de fer à Limoges en 1856, offrant ainsi les débouchés vers les grands marchés parisiens

L’opposition se fait en fait entre les agriculteurs qui privilégient l’élevage d’un animal pour le travail et ceux qui préfèrent un animal pour la boucherie. Mais pour développer l’élevage d’animaux de boucherie qu’il faut engraisser rapidement il faut développer parallèlement la production fourragère et donc passer aux prairies artificielles, employer beaucoup de chaux… D’un côté un système qui demande des capitaux, pratiqué par des propriétaires qui emploient des domestiques, de l’autre un système plus traditionnel ou les fermes sont exploitées par des métayers, une agriculture de bourgeois opposée à une agriculture de paysans.

L’économiste Frédéric Le Play qui a acheté en 1856 une propriété au Vigen dirigée par son fils Albert, jouera un grand rôle au sein de la société d’agriculture et prendra parti pour une agriculture de paysans. C’est également la position de M. Teisserenc de Bort, député, sénateur, plusieurs fois ministre de l’agriculture, présidant du comice du canton d’Ambazac et auteur en 1889 de la brochure « La vérité sur la race limousine »

Dès 1860 on constate que le choix a été fait de procéder à l’amélioration de la race limousine en sélectionnant les meilleurs taureaux afin de faire gagner du poids à chaque animal. Cela passe par l’amélioration de la qualité des prairies à la fois grâce aux engrais et à l’utilisation du trèfle. De 350 kg les bœufs passent à plus de 500kg. De race de travail la limousine devient une race de boucherie et ses représentant gagnent de plus en plus de prix dans les concours. La consécration arrive avec le prix d’honneur, toutes races confondues, obtenu en 1886 par le taureau d’Achille Caillaud au concours général de Paris et le grand prix d’honneur pour son troupeau, également toutes races confondues, obtenu par Charles de Léobardy en 1889.

Le couronnement de ces efforts sera la création du herd-book limousin en 1886, le second après celui de la nivernaise-charolaise créé en 1864. Après deux ans d’existence, 479 animaux sont inscrits. Ils sont 674 en 1890, 3.142 en 1897 et 6.416 en 1914. Pour faire la promotion de leurs animaux les propriétaires créent en 1893 le syndicat de la race bovine limousine. Les foires et les concours vont connaitre un développement continu jusqu’à la Première guerre mondiale.

Philippe Grandcoing et Raymond Julien, La belle Limousine, Culture et patrimoine en Limousin, coll. « Patrimoine en poche », 2004

Le Comice de Nexon

Camille Larcher a réuni une belle documentation sur le « Comice agricole du canton de Nexon » et a publié en 2006 une brochure « Mémoire du Comice de Nexon ».  Nous ne présenterons qu’un résumé de ce travail.

memoire du comice de nexon

Dans les délibérations du Conseil municipal on note que pour le 23 septembre 1860, jour de Fête et de Comice Agricole, il est voté une somme de 150 francs.  M. de Veyrinas et Frugier sont chargés d’en surveiller l’emploi. Et pourtant le comice de Nexon n’est pas encore créé puisque l’assemblée générale constitutive se réuni à la mairie de Nexon le 7 avril 1877. Plus de 100 personnes ont leur nom transcrit sur la liste des souscripteurs. On compte 52 personnes de Nexon, 23 de Janailhac, 10 de Saint Priest, 9 de la Meyze, 5 de saint Hilaire et 2 de Meilhac. Presque tous sont propriétaires, et parmi eux on trouve Ludovic Eyssartier, percepteur à Nexon, Jean Baptiste Fournier, instituteur à Nexon, Frank Limousin, curé à Janailhac ou Louis Gary, négociant à Lafarge.

Un bureau provisoire est composé de Messieurs Boutaud Lacombe, Léon Frugier et Ernest Morterol, tous de Nexon. Une fois les statuts adoptés il est procédé aux élections du bureau. Ont été élus :

Président : Boutaud Lacombe

Vice-Président : Armand de Nexon

Trésorier : Joseph Faure

Secrétaire : Michel Frugier

Membres : Léon Frugier, Alfred Demaison, Jean Baptiste Bonafy, Ludovic Guillaumaud, Jean de Bony, Antoine de Beaune, Joseph Bessoule, Eugène Cubertafond, Fernand Gizardin, Dazat Crouzaud, Pierre Lauzeille, Cyprien Frugier, David Lalleu, Maurice Duverger, Pierre Suidraud et Jean Baptiste Nicot.

22 septembre 187822 septembre 1878. verso jpg

Médaille d’argent du concours du 22 septembre 1878

1880 « Le Comice agricole de Nexon.

Le temps n’a pas favorisé hier cette fête qui s’annonçait, cependant, sous les meilleurs auspices. La pluie qui a commencé dès la pointe du jour a cessé un instant pendant la journée pour reprendre dans la soirée avec plus de force que jamais. Malgré tout, les exposants avaient tenu bon et le foirail était très amplement garni. Ainsi que dans les précédents concours, les génisses et les vaches se distinguaient par un remarquable ensemble de qualités. La mission au jury a été très longue et très laborieuse; nous avons même entendu former le souhait qu’à l’avenir le jury fonctionnât le matin, de façon à éviter aux animaux les inconvénients résultant d’une aussi longue station et à épargner au public les fatigues d’une attente que la température d hier rendait encore plus sensibles.

A trois heures, M. Baury. député, président, prenait place sur l’estrade dressée devant la mairie. Près de lui on remarquait M. Boutaud-Lacombe, président du comice ; M. Bonnet, maire de Nexon, conseiller général ; les membres du bureau du comice, M. de Beaune de Beaurle, souspréfet de Semur ; M. Fournier, intituteur à Nexon ; M. Roche, instituteur à BaintYrieix, et plusieurs de leurs collègues de l’arrondissement. Une partie de l’estrade était occupée par la Fanfare de Saint Yrieix, qui s’est fait entendre plusieurs fois pendant la distribution des prix. La séance étant ouverte, M. Boutaud-Lacombe a pris la parole en ces termes :

« Messieurs, » La première période triennale de l’existence de notre comice s’est écoulée d’une manière satisfaisante ; il est k désirer qu’il en soit ainsi de la seconde période qui commeuce aujourd’hui, et même que nos progrès agricoles, déjà très sensibles, s’accentuent davantage ; dans ce but, je viens faire un nouvel appel à l’intelligence et au bon vouloir des habitants de tout le canton. » La concurrence redoutable que les produits étrangers portent sur nos marchés, rend nos comices plus nécessaires que jamais ; ils constitue ut une arme dont il faut se servir pour lutter contre cet ennemi ; c’est défendre « Son pays que de s’y associer ». On a dit que notre Société agricole avait une nuance politique ; bien que le public n’ait pas partagé cette erreur, il est de mon devoir de déclarer qu’il n’en est rien ; ici, Messieurs, toutes les opinions s’effacent, tout le monde se tend la main, il n’y a que des Français aimant leur patrie et travaillant de leur mieux au bien de tous. »

Groupons-nous, chaque année, plus nombreux autour de cette heureuse institution ; que chacun, qu’il fasse ou non partie de ses membres, nous dise ses impressions, nous signale les améliorations qui peuvent y être faites, chaque observation sera discutée dans nos assemblées, et tout ce qui paraîtra bon sera adopté. » C’est le cri de l’intérêt public que je vous transmets, et j’ai la pleine confiance qu’il sera entendu et compris. » Que M. le député de l’arrondissement me permette de le remercier, au nom du comice, de ses largesses pour nos coucours, et surtout d’avoir bien voulu venir présider nos assises; merci s nos deux jurys, dont le dévouement tris précieux k notre agriculture ne se dément pas ;

Merci à la Fanfare de Saint-Yrieix pour avoir assisté à la distribution de vos prix; merci, enfin, à tous ceux qui nous entourent pour applaudir aux vainqueurs. » A la suite de ce discours, M. Frugier secrétaire, a donné lecture du rapport de M. Ernest Morterol sur la visite des cultures, puis il a proclamé la liste des prix. Le reste de la journée s’est passé gaiement en dépit de la pluie ; nos rustiques et solides paysans la redoutent moins que les gens de la ville. On s’est égayé de la course aux ânes, au jeu du lapin et devant la diseuse de bonne aventure qui, armée d’un long tube en fer blanc annonçait gravement l’avenir à l’oreille de ses clients ébahis. Le soir un bal a eu lieu dans la salle de la mairie.

Liste des prix.

Prix des cultures. — Prime d’honneur, médaille d’or, à M. Honoré Sazerat. 1er prix, médaille d’argent à M. Limousin, aux Places ; 2e, médaille d’argent, à Mlle. H. Cubertafon ; 3e, médaille d’argent, à M. Martial Faure ; 4e, médaille de bronze, M. Laurent Lelong. 30 fr., à Guillaume Desmaison, colon au Plantadis ; 25 fr., à Terrasse, colon aux Places ; 20 fr., à Portefaix, colon aux Landes; 20 fr., à Chabrier, colon au Mourier ; 20 fr., à Frugier, colon à Sazerat ; 15 fr. à Larcher, colon à Monbessier; 10 fr., à Charbonniéras, colon à Meilhac.

Prix aux propriétaires-cultivateurs. — ler prix, médaille d’argent, à M. Cubertafon, de Las Panicias ; 2e, médaille de bronze et 10 fr., à M. Picquet.

Prix aux ménagères. — 1er prix et 15 fr., à la femme Portefaix, aux Landes ; 2e et 10 fr. à Marie Desbordes, femme Desmaison, aux Plantadis ; 3e et 10 fr. à Marguerite Demignon, veuve Tricard, au Mourier.

Taureaux. — 1er prix, 50 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour ; 2°, 40 fr., à M. Cubertafon, à Pœnissias ; 3e, 30 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour.

Vaches suitées. — ler prix, 45 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour ; 2e , 35 fr., à M. Cacatte, aux Plantadys ; 3e , 25 fr., à Léonard Bazaire, colon de M. Faure, à La Plaine; 4e, 20 fr., à Léonard Duverneix, colon de M. Roche, à Plaud.

Vaches pleines. — 1er prix, 45 fr., à M. Pierre Desplanches, propriétaire, à Viallette; 2e, 35 fr., à Christophe Peynichon, colon de M. de Veyrinas, à Veyrinas ; 3e, 25 fr., à Léonard Duverneix, colon de M. de Veyrinas, à Veyrinas; 4e, 20 fr., à M. Cacatte, aux Plantadys.

Génisses de 16 mois à 2 ans. — 1er prix, 30 fr., à M. Cacatte, aux Plantadys ; 2e, 25 fr., à Léonard Chabrier, colon de M. Faure, à Mourier ; 3e, 15 fr., à M. Cacatte, aux Plantadys ; 4e, 10 fr., à Léonard Bazaire, colon de M. Faure, à La Plaine.

Génisses de 8 à 16 mois. — 1er prix, 30 fr., à Léonard Chabrier, colon de M. Faure, à Mourier ; 2e, 25 fr., à Jean Nicolas, colon de M. de Beaune de Beaurie à Chapelle ; 3e , 15 fr., à M. Martini Bragard, à La Plaine ; 4e, 10 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour.

Veaux Âgés de moins d’un an. — 1er prix, une médaille d’argent et 35 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour ; 2′, 35 fr., à M. Arsène Olivier, au Pay ; 3e, 25 fr., à M. Martial Bragard, à La Plaine ; 4e. 20 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour.

Prix d’ensemble. — Une médaille de vermeil et 35 fr., à Guillaume Desmaisons, colon de M. Sazerat, aux Plantadys; 25 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy ; 15 fr., à François Limousin, pour sa truie; 10 fr., à Guillaume Desmaisons, colon de M. Sazerat, aux Plantadys.

Verrats. — 1er prix, 45 fr., à M. Louis Jouhaud, à Rilhac; 2e, 30 fr., à Léonard Barrière, colon de M. Beaurie, à Teulet.

Truies pleines et suitées. — 1er prix, 30 fr., à Mathieu Deschamps, colon de M. Bonafy, à Betour ; 2e, 25 fr., à Léonard Chabrier, colon de M. Faure, à Mourier ; 3e, 15 fr., à Laplaud, colon de M. Tarrade, à La Plaine.

Brebis. — 1er prix, 35 fr., à M. Coste, à Lafarge ; 2e, 25 fr., à Guillaume Frugier, colon de M. Lelong, à Sazerat.

Aux vieux serviteurs. — 1er prix, médaille d’argent et 10 fr. à Léonard Nicolas, domestique chez Mme veuve Halary, à Bellevue ; 2e, médaille d’argent et 10 fr. au ménage Larcher, domestiques chez M. Duverger, a Meilhac ; 3e. 15 fr., à veuve Romanet, domestique chez Mme Veuve Halary, à Bellevue ; 4e, 10 fr., à Pierre Desvalois, domestique chez M. de Nexon; 5e, 5 fr., à François Auxeméry, chez M. Guillaumaud, à Puycheny ; 6e, 5 fr., à Jean Jarry, domestique chez M. Bonnafy, à Betour.

Labourage. — 1er prix, 20 fr,, à Pierre Duverneix, colon de M. de Nexon, à La Seine ; 2e, 15 fr., Pierre Desmaisons, colon de Mme Roche, à Plaud ; 3e, 15 fr., à Martial Truchassou, colon de M. de Nexon, à La Seine ; 4e, 10 fr. à Pierre Villoutreix, colon de M. Bragard, à Baillaut ; 5e, 5 fr., à Martial Duverneix, colon de M. de Nexon, à La Seine; 6e, 5 fr., à Cosma Penot, colon de M. Beaudemoulin, à Lajoussannie.

Instruments agricoles. — Ier prix, médaille d’argent et 10 fr.,à Pierre Peyrat, de Nexon ; 2e, médaille d’argent et 5 fr., à Paul Desmaison, de Nexon. Horticulture. — Rappel de 1er prix hors concours, Elie Frugier, jardinier chez M. de Nexon; 2e prix, une médaille d’argent, Tampetit Desmaison, jardinier chez M. Sazerat ; 3e, une médaille d’argent, à pierre Desvalois, jardinier chez M. de Nexon.

Animaux de basse-cour. — 1er prix, médaille d’argent, à Cadette Desmaison, jardinière chez M. Sazerat, au Plantady ; 2e, médaille d’argent, à François Limousin, chez M. de Nexon . ( Le Courrier du Centre  21 septembre 1880)

Le premier concours dont les archives possèdent des traces a eu lieu en 1884. Trois médailles d’or ont été décernées à Jean Duverneix de Plaud, Guillaume Fruitier de Sazerat et Martial Barry aux Landes.

Un concours a lieu en 1885. Voici le discours prononcé, par M. Boutaud-Lacombe, maire, à cette occasion:

« Messieurs,

Un rapport publié récemment et adressé au ministre par M. Borral, sur l’agriculture dans la Haute-Vienne, dit que notre département est l’un des plus favorisés de France, sous le rapport des prairies.

Cette haute appréciation, qui est aussi celle d’autres personnes très compétentes, semble nous dévoiler un devoir à remplir. Puisque la nature de notre sol et les sources qui s’y trouvent nous favorisent, pourquoi ne profiterions-nous pas de cet avantage et n’en ferions-nous pas profiter nos concitoyens.

Il a été créé, depuis quelques années, bien des prairies dans le canton ; mais il peut s’en faire beaucoup plus, et nous devons y travailler activement jusqu’à complète réalisation; la société est en droit do le réclamer, et chacun de nous lui doit le tribut de ce qu’il peut faire d’utile ; nous y avons-nous même un intérêt personnel que nous ne pouvons pas négliger : en augmentant nos prairies, nous augmenterons les produits de nos excellentes races de bétail et nos engrais, et si nous diminuons l’étendue de nos terres, elles seront mieux fumées et produiront relativement davantage. Les départements moins heureux que le nôtre, qui ne peuvent produire que du grain, nous fourniront celui qui pourra nous manquer et nous leur enverrons le bétail qui leur est nécessaire ; c’est là le véritable libre-échange qui convient à l’agriculture française.

Vous savez que la différence du prix de ces deux choses de première nécessité, comme la différence des frais qu’occasionne leur production, est entièrement à notre profit. Tout propriétaire se doit à ce changement, c’est un moyen d’augmenter sa fortune et le bien-être de tous.

Il arrive souvent que celui qui devrait faire ces améliorations recule devant la dépense qu’elles occasionnent et qu’il n’a pas toujours l’argent qui y serait nécessaire, mais, dût-il l’emprunter, que son intérêt, bien entendu, lui commanderait de le faire.

Sa dette le disposerait à l’économie et s’éteindrait graduellement au moyen des bénéfices qu’il ferait sui les foins de ses « nouvelles prairies, bénéfices élevés, si on les compare aux produits de son terrain cultivé en seigle ou froment, diminués des frais de la main-d’œuvre qui les absorbe presque en entier. Après quelques années d’amortissement, il posséderait, libre de son emprunt, des prairies dont la valeur serait au moins triple de celle qu’avait sa terre.

Les prairies naturelles n’excluront pas les prairies artificielles et il faut reconnaître que le canton de Nexon a compris leur utilité ; on en fait déjà beaucoup et leur nombre ne peut que s’augmenter considérablement dans un avenir très prochain.

Il ne suffit pas d’avoir des prairies, il faut les Soigner, les entretenir, et par suite lies bien fumer ; invitons les cultivateurs qui vendent une grande partie des pailles qu’ils récoltent, à comprendre que toutes ces pailles ont leur place marquée dans leurs étables pour faire des engrais destinés à améliorer le sol et non ailleurs.

Vous serez heureux d’apprendre que désormais il vous sera facile d’acheter à bon compte et d’une qualité assurée toutes les matières premières nécessaires à l’agriculture ; il s’est formé à Limoges, pour tout le département, un syndicat qui a pour but de procurer ces matières et d’éclairer sur le choix de celles qui sont appropriées à chaque nature du terrain. Ceux d’entre vous qui voudront user des précieux avantages qu’offre cette société, pourront prendre connaissance de ses statuts, ils sont déposés au secrétariat du comice et le bureau de ce comice est à votre disposition si vous le croyez utile, pour vous mettre en rapport avec ce syndicat.

Personne ne sera surpris d’apprendre que M. Boury nous continuera le don généreux qu’il nous a toujours fait de notre plus belle médaille, chacun de vous sait qu’il favorisait l’agriculture non seulement de ses conseils, mais encore de son exemple et de sa bourse, qu’il reçoive les plus vifs remerciements du comice.

Merci aussi aux membres du jury qui nous ont fait connaître les plus méritants du concours, leur dévouement à notre cause agricole ne se dément pas.

Merci encore à l’excellente fanfare de St-Yrieix qui nous assiste. » (Le Courrier du Centre 1885/09/23)

En 1889 Ernest Morterol est élu Président, Baptiste Bonnet vice-président, Léonce Gizardin secrétaire et Alfred Demaison trésorier. Les membres du comité passent de 16 à 6.

En 1891 la Fête Patronale et le Comice Agricole se déroulent en même temps.

Voici le compte rendu publié dans le Courrier du Centre: « Hier ont eu lieu la fête patronale de Nexon et le comice agricole du canton. Favorisée par un temps magnifique, la fête était splendide et une affluence considérable de personnes s’y était donné rendez-vous ; aussi les hôtels et cafés ont-ils faits de bonnes recettes.

Les jeux de toutes sortes, cirques, manèges de chevaux de bois, tirs, loteries, etc., n’ont cessé d’être occupés toute la journée et une partie de la nuit. Un magnifique feu d’artifice a été tiré sur la place de la Mairie par M. Delaty, ferblantier à Nexon qui s’est fort bien acquitté de ses fonctions d’artificier. Une illumination bien préparée a été légèrement dérangée par la pluie qui cependant n’a pas empêché l’exécution d’une superbe retraite aux flambeaux par la jeune fanfare de Nexon. Enfin de nombreux bals ont duré jusqu’au jour.

Le champ de foire était abondamment pourvu de beau bétail. L’exposition des fruits, légumes et conserves était aussi remarquable. Nous y avons particulièrement admiré les collections horticoles exposées par Mme veuve de Boys, de MM. Gabriel Thomas et de Bony, ainsi que les conserves et les beaux fruits de M. Pranet.

A trois heures de l’après-midi a eu lieu la distribution des récompenses. Sur l’estrade ont pris place MM. Morterol, président ; de Nexon, maire ; Mandon, juge de paix ; le bureau du comice, MM. les experts et les notabilités. M. Morterol, président, a ouvert la séance et a prononcé un discours qui a été très applaudi. Nous regrettons de ne pouvoir le reproduire.

Voici la liste des lauréats du comice ;

Agriculture

Récompenses accordées aux propriétés en 1891.

Grand prix d’honneur, médaille d’or, M. Henri Bragard, pour sa réserve de Villeneuve, et 40 fr. au sieur Louis Léonard, son maître valet ; 1er prix, médaille-de vermeil, à M. Henri Bragard, pour son petit domaine de Baillant, et 40 fr. à Jean Faye, son métayer.

Rappel de médaille de vermeil et 10 fr. au-sieur Faucher, métayer du domaine de Lavaud ; 2e prix, médaille d’argent, à M. le marquis de Bony, pour son domaine de Caches-Nid, et 20 fr. à Jean Longequeue, son colon ; 3e, médaille d’argent, à H. Dumas, pour son domaine de Charreneuve, et 10 fr. au sieur Rabot, son métayer ; 4e, 10 fr. à Jean Faye, colon de Mme du Boys, à Varnet ; 5e, 10 fr. à Léonard Marquet, colon de la même.

Domaine Hors concours

Médaille d’argent grand module offerte par la société des agriculteurs de France et 10 francs à Jacques Charreix, colon à La Pouce ; 10 fr. à Desroche, métayer du grand domaine de Baillant ; médaille de bronze offerte par la société des agriculteurs de France i M. La porte, pour sa réserve de la Roche l’Abeille, et 10 francs à son maître valet Jean Vanteau.

Prix des ménagères. — 1er prix, médaille d’argent, à la femme de Louis Léonard, de Villeneuve ; 2e, médaille d’argent, à la femme de Pierre Rabot, de Charreneuve.

Concours d’animaux. — Taureaux ayant obtenu la prime cantonale. — 1er prix, 30, à M. Gabriel Thomas, à Ribière ; 2e, 20 fr. ; à M. Frugier, à Saint Priest, colon Laplaud,

Veaux âgés de plus d’un an. – 1er prix, 40 fr., à M, Bonnafy, à Betour, colon Deschamps ; 2e, 30 fr., à M. de Nexon, aux Landes, colon Brunerie ; 3e, 10 fr., à M. de Bonny, au château de Lavergne (réserve).

1ère Section — Vaches pleines ou suitées. — 1er prix, 30 fr., à Mme veuve Sazerat, au Plantadis (réserve) ; 2e, 26 fr., à Mme veuve Sazerat, colon Desmaisons : 3e, 15 fr. à Mallefond, colon aux Primes. 4e, 10 fr., à Mme veuve Du Boys, à Varnet, colon Faye ; 5e, 10 fr., à M. Beaudemoulin, à la Josonnier.

Génisses âgées de trente mois. — 1er prix. 25 fr., à M. Beaudemoulin, colon Château ; 2e, 10 fr., à M. de Bony, domaine des Trois-Hommes, colon Nicot ; 3e, 15 fr, à M. Michelet, colon Narbonne ; 4e, 10 fr., à M. de Nexon, réserve.

Génisses de six à seize mois. — 1er prix, 15 fr., à M. Mallefond, aux Primes; 2e, 10 fr., à M. Morterol, an Courdein, réserve ; 3e, 15 fr., à M. Beaudemoulin, colon Chatard ; 4e, 10 fr., à M. de Bony, colon Malissain.

Veaux de 6 mois à us an. —1er prix, 10 fr. à Mathieu, à Pontinont de Meilhac.

Prix d’ensemble. — 2e sections. — Rappel de 1er prix, n° 16, M. Morterol, au Courdein, colon Desbordes.

Vaches pleines ou suitées. — 1er prix, [30 fr.; à Auguste de Nexon, aux Biez, colon Laurent ; 2e, 10 fr., au même et même colon ; 3e, 20 fr., à M. Gabriel Thomas, domaine de Chez-Nardy, colon Degoutiéras.

Génisses au-dessus de 30 mois. — 1er prix. 15 fr, à M. Bragard, réserve de Villeneuve ; 2e, 10 fr., à M. Bessoule, domaine de Pluvier, colon Calet.

2* Section. — Génisses de 6 à 16 mois. — 1er prix, 25 fr., à M. Henri Bragard, pour sa réserve de Villeneuve.

Veaux âgés de 6 mois à 1 an. — 1er prix, 10 fr., à M. Auguste de Nexon au Biez, colon Laurent ;2e, 15 fr., à M. Bessoule, colon Calet.

Prix d’ensemble 1ere section, – 1er prix, 20 fr. à M. Mallefond aux Prunes ; 2e 18 fr. à M. Desçhamp, colon à Betoure, pour le plus bel animal de la section. Une médaille de bronze à M. Bonnafy à Betours, colon Deschamps.

Prix d’ensemble. — 2e section. — 1er prix 20 fr. à M. Morterol, domaine du Mas Pellisson, colon Desbordes, pour le plus bel animal de la section

Verrats. — 1er prix, 30 fr., à M. Chassagnes à l’Hôpital ; le, 20 fr., à M. Baury aux Pargues,  Colon Barrière.

Truies pleines ou suitées. — 1er prix, 30 fr. à M. Henri Bragard, à Villeneuve ; 2e, 10 fr., à M. Combrouze, au Boucheron ; 3e. 15 fr., à M. Gabriel Thomas, à la Ribière (réserve).

Espèce ovine

Brebis. -1er prix, 10 fr., à Mme veuve Sazerat, colon Demaison; 2e, 15fr., à M. Beaudemoulin, colon Château.

Instruments agricoles. —1er prix, 10 fr., à M. Pierre Peyrat à Nexon ; 2e, médaille d’argent à M. Perrier de Nexon

Horticulture. – 1er prix, 15 fr., à Mme veuve de Boys, jardinier Bonnet ; 2e, 10 fr., à M. de Bony, à Saint-Priest (réserve).

Prix supplémentaire : Médaille d’argent. — MM. Prunet et Frugier, à Nexon.

Animaux de basse-cour : Médaille d’argent à Mme veuve de Boys, de Varnet.

Vieux serviteurs : 5 francs à Anne Mathieu, servante chez M. Boutaud-Lacombe.

Concours de labourage

1er prix, 30 fr., à Latouille, colon de M. Thomas au Brouilhet ; le, 15 fr., à Bonneau, colon à Lapouge ;  3e, 15 fr., à Boyer, colon à Sélive; 4e. 10 fr . à Mallemauvais, colon à Betours.

Prix de défoncement : 10 fr. et une médaille d’argent, à Pécout, aux Trois-Hommes.

Aujourd’hui, 21, ont eu lieu les jeux annoncés au programme et tout s’est terminé dans d’excellentes conditions grâce à l’habile direction de MM. les administrateurs qui ont fait preuve d’un réel dévouement.

Nous devons adresser, en terminant, nos plus chaleureuses et sincères félicitations à la jeune fanfare de Nexon qui, sons l’habile direction de M. Denard, a largement contribué à rehausser l’éclat de cette charmante fête. (Le Courrier du Centre 1891/09/23)

 

En 1892 c’est Jean de Bony qui est élu Président. Au concours d’animaux vient s’ajouter un concours de labourage et un prix pour le meilleur forgeron ayant apporté une amélioration à un instrument ou une machine.

A l’occasion de leur assemblée générale de janvier 1893 les membres, moins nombreux qu’à la création puisqu’ils ne sont plus qu’une petite soixantaine, adressent un vœu au Ministre de l’agriculture pour qu’il défende devant la Chambre le maintien des tarifs douaniers. En effet un vaste mouvement libre échangiste s’est développé à partir du milieu du XIXe siècle. Il est né au Royaume Unis avec l’abolition des « corn laws », les droits de douane sur les importations, en 1846. En 1860 Napoléon III signe le traité de Commerce franco-britannique qui fait entrer la France, contre l’avis des députés, dans le monde du libre-échange. Mais dans le monde agricole les échanges extérieurs sont faibles par rapport à la production. Les choses changent lorsque les Etats-Unis et la Russie exportent des quantités importantes de blé vers l’Europe. A partir de 1879 les prix agricoles s’effondrent. Pour faire face à la crise la France adopte, dès 1881, une politique protectionniste.

A cette époque, comme aujourd’hui l’agriculture est coupée en deux : d’un côté les céréaliers qui souhaitent un prix élevé pour le blé, de l’autre les éleveurs plus soucieux du coût de l’alimentation des animaux. La politique agricole de l’époque a été incarnée par Jules Méline, un des plus célèbres Ministres de l’agriculture.

Le Ministère soutien les concours agricoles par des subventions. En 1895 celle ci est de 450 francs ( soit plus de 1800 € en 2016). Cette somme est indiquée sur le programme ainsi que les médailles, en or et en vermeille qu’il offre et qui sont remises respectivement par M. Lavertujon, député,  et  M. Teisserenc de Bort , sénateur.

programme 1895

Programme du 22 septembre 1895

On constate qu’à coté du concours d’animaux, bovins, porcins et ovins, un concours de labourage est organisé . ( Aujourd’hui on parle plus facile de concours de labour mais les deux expressions sont correctes)

En 1898 le bureau décide de baisser le montant des cotisations pour les petits propriétaires. Fixée à 10 francs depuis la création du Comice, la cotisation est inchangée pour les propriétaires possédant plus de 10 hectares, par contre elle n’est que de 5 francs pour les autres.  Le bureau décide également de la création d’un concours de printemps destiné à la seule présentation d’animaux. La date en est fixée au lundi de pâques le couplant ainsi avec la fête patronale. Une troisième décision marque un changement dans la pratique des concours : la mise en place d’un concours de labourage.  Il est prévu le 11 septembre à saint Priest Ligoure. Le premier prix a été remporté par Martial Pauliat.

Au début de l’année 1900 des ennuis de santé éloignent M. de Bony de l’association dont il démissionne. Le trésorier en encaissé 62 cotisations.

comice agricole 1902 versocomice agricole 1902 recto

 Une médaille du comice de 1902

Pour l’année 1903, le Comité est présidé par M. Morterol. Les archives détiennent les comptes détailles. Les recettes s’élèvent à 2376 francs (équivalent en pouvoir d’achat à 9192 euros de 2015).

Elles proviennent de :

  • Reliquat de 1902 : 326
  • Département : 400
  • Etat : 1050
  • Cotisations : 600

Les dépenses s’élèvent à 1619,80 francs laissant apparaître un bénéfice substantiel de 726,2 francs.

Les dépenses sont ainsi réparties :

  • Courrier et enveloppes :7
  • Tambour de ville et affiches : 2,30
  • Abonnement Race limousine : 20,70
  • Abonnement Syndicat des Agriculteurs : 20,70
  • Déjeuners chez Lauzeille : 84
  • Déjeuners chez boucher à Meilhac : 21
  • Primes : 20
  • Recouvrement des cotisations : 14,10
  • Timbres de vœux : 1
  • 1/5 des cotisations à la Mairie : 120
  • Plaques payées à Delaty : 66,60
  • Médailles payées à Desplanches : 58,20
  • Rousseau entrepreneur : 18

Dans le palmarès de cette année 1903 on note que des prix ont été remis pour les porcs d’espèce limousine et pour les brebis. Le concours de labours dans la catégorie jeunes est remporté par Louis Meau de la senne et dans la catégorie Hommes par Jean Jouhaud du Jalinier.

Des médailles sont remises aux « Vieux serviteurs, Métayers et ménagères ».

L’assemblée du 21 janvier 1910 abandonne le nom de Comice et le remplace par Syndicat d’élevage du canton de Nexon. Cette année les récoltes ont été mauvaises du fait du mauvais temps, en particulier des inondations. Le Syndicat demande que des dégrèvements fiscaux soient accordés aux plus défavorisés.

L’activité de l’association, interrompue pendant la guerre, reprend en 1919 avec un concours organisé en septembre. Cette même année a vu la création d’un syndicat professionnel agricole affilié à l’Union fédérale des agriculteurs limousins (U.F.A.L.).

En 1928 une caisse d’assurance mutuelle agricole est créé pour faire face à la mortalité du bétail.

concours 1929

Le 2ème prix d’ensemble du concours du 14 avril 1929

Les agriculteurs portent une cravate et on revêtu la blouse bleue, lo blaudo.

Le 13 avril 1936 les statuts sont modifiés. Le bureau est ainsi constitué :

Président : P. Bouteau-Lacombe

Vice-Président : M. de Nexon

Secrétaire : J. Laspougeas

Membres : R. Bonnet, S. Rebeyrol, L. Pradeau.

Sur la période 1936- 1958 les archives municipales sont pauvres en documents mais on trouve les comptes rendus dans la presse locale.

Une note de la préfecture du 25 mai 1938 suspend les rassemblements d’animaux en raison d’une épizootie de fièvre aphteuse.

1943 : « Comice agricole. — Palmarès du concours du 19 septembre 1943

— Veaux âgés de moins de 15 mois inscrits au herd­book : 1er prix, 100 fr., M. Frugier, à Bostrichard ; 2e prix, 70 fr., M. Mazeau, colon de M. de Nexon, à la Grange ; 3e prix, 50 fr., M. Basset, à Janailhac ; 4e prix, 50 fr., M Ménicot, à Nexon. 5e prix. 50 fr., M. Rabaud, à Galiford ; 6e prix, 50 fr., M. Lelong Eugène, à Nexon ; 7e prix, 50 fr., M. Massy, colon de Mme Laspougeas, à Betour ; 8e prix, 50 fr., M. Cacoye à Frontonin ; 9e prix, 50 fr., M. Lacorre, au Brouillet ; 10° prix, 50 fr., M. de Nexon, réserve ; 11e prix, sans argent, M. Basset, précité ; 12e prix, 50 fr., M. Clermonteil, colon de M. Lelong Eugène à Nexon ; 13e prix, sans argent, M. Rabaud, précité.

Veaux âgés de moins de 15 mois non-inscrits : 2e prix, 60 francs, M. Penot, colon de M. de Nexon, à la Sélive.

Génisses de six mois à un an. — 1er prix, 80 francs, M. Lelong Eugène, à Nexon ; 2e prix, 60 fr., M. Rabaud, à Galiford ; 3e prix, sans argent, M. Lelong, précité ; 4e prix, 50 fr., M. Penot, colon de M. de Nexon, à la Sélive.

Génisses au-dessus d’un an et ayant toutes leurs dents de lait : 1er prix, 100 francs, M Penot, colon de M. de Nexon, à la Sélive ; 2e prix, 60 fr., M. Lelong Eugène, à Nexon.

Fortes, génisses, — 1er prix, 200 fr., M. Massy, colon de Mme Laspougeas, à Betour ; 2e prix, sans argent, M. Massy, précité ; 3e. prix. 150 fr., M Lelong Eugène, à Nexon ; 4e prix, 100 fr., M. Mazeau, colon de M. de Nexon, à la Grange ; 5e prix, 100 fr., M. Gizardin, colon de M. Malary, à Bellevue.

Vaches suitées. — 1er prix, 200 fr., M. Penot, colon de M. de Nexon, à la Sélive ; 2e prix, 150 fr., M, Mazeau, colon de M. de Nexon, à la Grange ; 3e prix, 150 fr., M Rabaud, à Galiford ; 4e prix, 100 fr., M Lelong Eugène, à Nexon ; 5e prix, sans argent. M. Penot et de Nexon, précités ; 6e prix, 100 fr., M. Massy, colon de Mme Laspougeas, à Betour ; 7e prix, sans argent, M. Massy et Mme Laspougeas, précités ; 8e prix, sans argent, M. Rabaud, précité.

Vaches pleines — 1er prix, 150 fr., M. Mazeau, colon de M. de Nexon à la Grange ; 2e prix, 100 fr., M. Penot, colon de M. de Nexon, à la Sélive ; 3e prix, 80 fr., M Lelong Eugène, à Nexon; 4e prix, 50 fr., M Furelaud, aux Réserves ; 5e prix, 50 fr., M. Massy, colon de Mme Laspougeas, à Betour ; 6e prix, 50 francs, M. Rabaud, à Galiford ; 7e prix, 50 francs, Mme Denis, au Plantadis ; 8e prix, sans argent, M. Rabaud, précité ; 9e prix, sans argent, M. Lelong, précité ; 10e prix, 50 fr., M. Limousin, colon de M. Grassin, à Champagnac ; 11e prix, 10 fr., M. Lacorre, au Brouillet ; 12e prix, sans argent, ­M. Penot, précité ; 13e prix, sans argent, M. Massy, précité.

Taureaux. — 1er prix, 250 fr., M. Beyrand, colon de M. Tarrade, au Mas ; 2e prix, 200 fr., M. Gizardin, colon de M. Massy à Bellevue ; 3e prix, 150 fr., M. Limousin, colon de M. Grassin, à Champagnac ; 4e prix, 100 fr., M. Massy colon de Mme Laspougeas, à Betour ; 5e prix, 80 fr., M. Lelong Eugène, à Nexon ; 6e prix, 80 fr., M. Villars, aux Martigues, commune de Rilhac.

Prix d’ensemble. — 1er prix, médaille de vermeil et 150 fr., M. Massy, colon de Mme Laspougeas, à Betour ; 2e prix, médaille de bronze et 100 fr., M. Penot colon de M. de Nexon, à la Sélive ; 3e prix, 80 fr., M. Lelong Eugène, à Nexon ; 4e prix, 80 fr., M. Rabaud, à Galiford.

Prix d’honneur. — Mâle : M. Beyrand colon de M. Tarrade, au Mas.

Femelle : M. Mazeau, colon de M. de Nexon, à la Grange

Brebis. — 1er prix, 100 fr., M. Mazeau, colon de M. de Nexon, à la Grange.

Béliers. — 1er prix, 100 fr., M. Mazeau, colon de M. de Nexon, à la Grange ; 2e prix, 80 fr., M. Mourier, colon.de M. de Nexon, à Chantelauve. » (Le Populaire du Centre 22 septembre 1943)

 

Après la guerre l’association reprend ses activités sous la présidence de Georges de Nexon et de Jean Nouhaud comme secrétaire. Les concours sont organisés chaque année dans une commune différente : Nexon en 1956, La Meyze en 1957, Nexon en 1958.

Le concours de l’année 1958 se déroule les 20 et 21 septembre. Il réunit un grand nombre de participants, tant du côté des agriculteurs que du côté des marchands de machines agricoles. En effet la motorisation du travail est en marche, chaque agriculteur va chercher à acheter un tracteur.

En 1959 le concours a lieu à La Meyze et à Nexon en 1960.

En 1961 le concours a lieu à Janailhac, couplé avec le concours départemental puis à Saint Priest Ligoure en 1962. Le concours se déroule ensuite à Nexon jusqu’en 1968.

Le 2 février 1963 l’assemblée générale élit un nouveau bureau :

Président : Jean Marie Garraud notaire à Nexon

Vice-Présidents : Pierre Rabaud, La Meyze ; Pierre Penot

Secrétaire : Jean Nouhaud

Membres : A. Mariaud, G. Debrégeas, J. Pacherie, J. Mousnier, M. Duverneix, A. de Reilhac, J. Dugoua, J. Massy.

1963 mairie et foirail1963 foirail vers poste

Le foirail en avril 1963, côté marie et côté poste

1963 foirail

Les taureaux en 1963 ne ressemblent plus à ceux des années 1860!

1963 jeunes

Les jeunes qui ont concouru pour le prix du meilleur jeune juge

Le 17 janvier 1967, lors de son assemblée générale les membres, devant la diminution du nombre des éleveurs du canton aux concours souhaitent un regroupement avec un autre comice. Celui d’Aixe sur Vienne a la préférence de la majorité. Le président Garraud et le président Souppat d’Aixe s’étant mis d’accord une réunion extraordinaire des deux bureaux à Nexon le 25 juin 1967. Il est convenu :

  • Le maintien de chaque comice avec son organisation propre.
  • Une entente entre les deux comices pour l’organisation du concours inter cantonal.
  • Un tirage au sort pour l’organisation du premier concours.

Le tirage au sort désigne Nexon et c’est ainsi que le dimanche 24 mars 1968 a lieu le premier concours inter cantonal Aixe – Nexon, une première dans le département.

Concours 1968

Le foirail le jour du concours de 1968

L’habillement a changé, fini la cravate et la blouse…

Le centenaire du Comice.

concours 1978

Le programme du centenaire

Il est fêté le 1er avril 1978 à Nexon. Un grand nombre d’agriculteurs ont revêtu la blouse traditionnelle, le groupe de l’Ecolo dau Barbichet fait résonner le son des chabrettes et des accordéons.

1er avril 1978 le barbichet

L’Ecolo dau Barbichet en pleine représentation

Les stands regorgent des spécialités limousines, une exposition de matériel fait côtoyer la charrue de 1750 avec la batteuse…

Plus de 200 animaux sont présents,

1er avril 1978 le champ de foire et le bétail

1er avril 1978 la foule

La foule se presse, nombreuse, pour voir les plus beaux spécimen

Un concours de jugement est organisé pour les jeunes..

1er avril 1978 le maire et le president

Les jeunes « juges » entourés par le président J.M. Garraud et le maire, R. Rebiere.

1970 le president

Le préfet Olivier Philippe entouré de J.M. Garraud, président du Comice, du président de Herd Book, et de Maurice Deschamps, maire de saint Maurice les Brousses. Au second plan, Pierre Rabaud, Maire de La Meyze et René Rebiere, maire de Nexon.

Le  préfet Olivier Philip honorait de sa présence cette manifestation et remettait la médaille du mérite agricole à Messieurs Aimé Célerier, Robert Lacore, André Mariaud et Pierre Villeneuve.

Le Comité en 1980 :

Président : Jean Marie Garraud notaire à Nexon

Vice-Présidents : Pierre Rabaud, La Meyze ; Camille Larcher, Nexon

Secrétaires : MM. Lacorre, Nexon et Pacherie, Janailhac.

Membres délégués :

Nexon : Mariaud, Delomenie, Dupuydenus

La Meyze : Blancher

Janailhac : Buxeraud

Meilhac : Jean Mousnier, Desbordes

Saint Hilaire les Places : Dugoua, Arragon, J.P. Defaye

Saint Priest Ligoure : de Reilhac, Villeneuve

La Roche l’Abeille : Duverneilh

Saint Maurice les Brousses : Faucher

Rilhac Lastour : Massaloux, Boniface.

Les concours des deux comices d’Aixe et de Nexon ont continué leurs activités. Nexon a reçu le comice le samedi 22 mars 1980, le samedi 20 mars 1982, le samedi 17 mars 1984…jusqu’au samedi 14 mars 1992.

D’un commun accord chacun reprend son autonomie. Les concours ont eu lieu jusqu’en 1998 puis ils ont disparu pour laisser la place à des présentations ponctuelles d’animaux.

En près de 120 ans d’existence le comice a connu une très grande stabilité dans sa gouvernance puisque seulement 5 présidents ont exercé ce mandat , Messieurs Boutaud-Lacombe,  de Bony, Tarrade, de Nexon et Garraud.

Le monde rural a changé. Les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. Le coût en temps et en argent des différentes manifestations est élevé. Il reste le salon de l’agriculture à Paris pour que la race bovine limousine puisse présenter à un nombre de plus en plus grand de spectateurs ses plus beaux spécimens.

salon agriculture 2016

Les champions du concours 2016 de la race limousine au Salon de l’agriculture 2016

A gauche Hippy chez Emmanuel Zerger a Dinsac, à droite garniture du GAEC Camus à Arnac la Poste

 

Un peu d’histoire

Le 13 juillet 1870, le chancelier Bismarck intercepte et remanie, en lui donnant un caractère offensant, une dépêche que le roi de Prusse Guillaume avait rédigé depuis Ems les Bains, son lieu de villégiature, pour Napoléon III, Empereur des Français. Cette dépêche est diffusée à toutes les ambassades et à la presse. Le contenu de la « dépêche d’Ems » est rapidement connu en France. L’opinion publique et la presse sont largement favorables à la guerre contre la Prusse. Napoléon III la déclare le 19 juillet 1870.

Malheureusement, malgré les affirmations du maréchal Lebœuf, major-général de l’armée puis chef du 3ème corps, déclarant « Nous sommes prêts et archiprêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats », les troupes françaises sont peu préparées à un conflit de cette envergure. Elles sont mal équipées, ont des chefs peu compétents, un Empereur malade… Emile Zola en rend parfaitement compte dans La Débâcle, le 19ème volume des Rougon-Macquart, publié en 1892. « C’était un dénuement extraordinaire, les magasins de Belfort qui devaient tout fournir, étaient vides : ni tentes, ni marmites, ni ceintures de flanelle, ni cantines médicales, ni forges, ni entraves à chevaux. Pas un infirmier et pas un ouvrier d’administration. Au dernier moment, on venait de s’apercevoir que trente mille pièces de rechange manquaient, indispensables au service des fusils… les effectifs partout incomplets, les 430000 hommes se réduisant à 230000 au plus ; les généraux se jalousant, bien décidés, chacun à gagner son bâton de maréchal, sans porter aide au voisin… »

carte

Les mouvements des 3 armées françaises en rouge . Celles des Allemands en vert.

Le 12 août le maréchal Bazaine prend le commandement de l’armée du Rhin. Si les premiers combats se traduisent par un succès tactique français la supériorité prussienne s’affirme rapidement. Le 18 août les troupes de Bazaine sont battues à la bataille de Gravelotte-/Saint-Privat. Les tirs d’obus étaient si intenses que l’on disait « Ça tombe comme à Gravelotte » pour parler d’une pluie particulièrement violente. Bazaine se replie sur Metz ; les prussiens en commencent le siège.

Le 30 août 1870, à Beaumont, au Sud Est de Sedan, les soldats du 5e corps d’armée français sont surpris dans leur campement par les soldats prussiens de l’armée de la Meuse commandée par le Prince royal de Saxe.  Deux mille hommes sont tués, dont le colonel du 5e cuirassiers, M. de Coutenson, deux mille sont faits prisonniers et quarante-deux canons sont pris. Les Prussiens perdent 3 500 soldats.

Bataille de Beaumont

La bataille de Beaumont- 30 août 1870

Le 1er septembre l’armée de la Meuse et la Troisième Armée Prussienne du Feld-Marschall von Moltke, accompagné par le Kaiser et le Chancelier Otto von Bismarck, firent jonction et encerclèrent les 120 000 hommes des 1er, 5e, 7e et 12e corps d’armées qui se regroupaient à Sedan sous le commandement de Mac-Mahon.

La bataille est violente, les obus tombent sur la ville faisant des ravages parmi les troupes. Les soldats sont épuisés et les généraux regroupés autour de l’Empereur à la sous-préfecture lui disent que la lutte est devenue sans espoir. Napoléon III donne l’ordre de hisser le drapeau blanc sur la citadelle pour demander un armistice.

Le roi de Prusse qui observait la bataille depuis Frénois qui domine la Meuse et la ville de Sedan voisines exige une capitulation sans condition.

Le 2 septembre à 10 heures 30, l’empereur est conduit à Frénois, commune intégrée à Sedan depuis 1965.

napoleon III prisonnier a sedan

L’Empereur napoléon III, prisonnier, est conduit à Frénois.

Une heure plus tard, les généraux en chef des deux camps signent l’acte de reddition de l’armée française, en présence de Napoléon III et du roi de Prusse. Tandis que l’Empereur est emmené est Allemagne pour y être interné, environ 80 000 hommes sont conduits sur la presqu’île d’Iges et parqués pratiquement sans abris et sans vivres. Beaucoup de soldats vont mourir de faim ou de maladies, tant les conditions sont épouvantables.

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Napoléon III remettant son épée à Guillaume Ier. Gravure américaine anonyme de 1871.

Les conséquences de la défaite de Sedan

Le 4 septembre, malgré l’opposition du corps législatif et sous la pression des Parisiens, Léon Gambetta annonce la déchéance de l’empereur et proclame la République. Un gouvernement de défense nationale est instauré, composé de 11 députés de Paris. Le gouvernement refuse la défaite et reconstitue une armée mais dès le 20 septembre, Paris est encerclé.

republique-depeche-aux-prefets

La proclamation de la République signée du seul Gambetta.

Malgré cela le gouvernement décide de rester dans Paris mais il crée une délégation gouvernementale dirigée par Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, qui s’installe à Tours le 12 septembre 1870. Sa mission est de coordonner les actions en province pour tenter de vaincre l’ennemi.

Le siège de Paris se déroula du 17 septembre 1870 au 26 janvier 1871, date de la signature de l’armistice. Le seul moyen, alors, de transmettre, entre Paris et la province, des informations était l’utilisation de pigeons voyageurs.

A Tours il fallait un homme fort pour diriger la délégation. Le 7 octobre, sollicité par ses collègues Gambetta, quitte Paris en ballon monté et rejoint Tours le 9 octobre.

Gambetta tente d’organiser la résistance depuis Tours. Mais la capitulation le 19 octobre du maréchal Bazaine livrant aux Prussiens près de 180 000 soldats, 1 660 canons et 278 000 fusils est une trahison qui permet aux armées prussiennes de marcher vers Orléans.

Un fort mouvement patriotique se développe, touchant tous les milieux politiques allant des Vendéens royalistes aux Chemises rouges de Garibaldi. Il permit la reconstitution de trois armées : l’Armée du Nord, l’Armée de la Loire et l’Armée de l’Est. Une quatrième armée, l’Armée des Vosges était formée majoritairement de soldats étrangers s’étant mis au service de la France. Ces quatre armées combattirent sur différents fronts :

La première armée de la Loire commença par remporter quelques victoires comme celle de Coulmiers, à l’ouest d’Orléans, le 9 novembre mais elle fut ensuite battue le 2 décembre à Loigny et le 8 décembre près d’Orléans. L’armée allemande attaqua alors la deuxième armée de la Loire, confiée au général Chanzy, qui fut battue le 11 janvier au Mans. L’armée de la Loire se replia alors derrière la Mayenne.

L’Armée du Nord, dirigée par le général Bourbaki puis par le général Faidherbe, se battit à Amiens, à Péronne et à Bapaume avant de battre en retraite dans les places fortes de Cambrai et Lille. Cette Armée n’a pas pu intervenir sur Paris mais son action a permis aux départements du Nord et du Pas-de-Calais de ne pas être envahis

L’armée de l’Est, commandée par le général Bourbaki, commence par remporter une victoire à Villersexel mais échoue dans sa tentative de libérer Belfort assiégée. Bourbaki tente de se suicider et il est remplacé le 26 janvier 1871 par le général Clinchant, qui, encerclé par les Allemands, n’eut d’autres ressources que de négocier sa reddition. Les soldats français sont désarmés en Suisse, le 1er février 1871, ce qui provoqua la disparition de l’Armée de l’Est.

Giuseppe Garibaldi, général républicain italien, se met à la disposition du gouvernement de la Défense nationale et débarque le 7 octobre à Marseille mais aucun officier supérieur français n’accepte d’être sous ses ordres. Gambetta lui confie le commandement de tous les corps francs de la zone des Vosges, de Strasbourg à Paris et une brigade de gardes mobiles. Avec les volontaires étrangers (polonais, hongrois, espagnols, américains et, surtout, italiens) il dispose de moins de 4 000 hommes mal armés, mal équipés pour passer l’hiver.

Malgré cela, le 19 novembre, son fils Ricciotti Garibaldi à la tête d’un corps franc de 800 hommes il inflige une défaite aux Prussiens à Châtillon-sur-Seine. Le 17 décembre, les Prussiens, informés de l’arrivée des troupes du général Bourbaki évacuent Dijon qu’ils occupaient. Garibaldi sortit victorieux des attaques menées par les Prussiens.

Le 8 décembre 1870, la Délégation du Gouvernement de la Défense nationale de Tours est transférée à Bordeaux.

Ce qui restait des armées françaises tente de résister mais, très affaiblies, elles sont vaincues. Aussi le 20 janvier 1871, le gouvernement de la Défense nationale se résout à la capitulation. Le 22 janvier, des Parisiens excédés par la faim et les bombardements réclamèrent l’élection d’une commune. Pressé d’en finir, le 26 janvier le gouvernement signe un armistice. Il ne concernait pas les opérations militaires dans l’Est de la France car les négociations sur le futur tracé de la frontière franco-allemande n’avaient pas encore abouti. L’armistice général intervint le 15 février 1871. L’ordre fut alors donné à la place fortifiée de Belfort de se rendre, ce qu’elle fit, le 18 février, l’ennemi lui rendant les honneurs de la guerre.

Conformément aux clauses de l’armistice, une Assemblée nationale est élue au suffrage universel le 8 février. Cette Assemblée est majoritairement monarchiste et favorable à la paix. Elle investit le 19 février un gouvernement dirigé par Adolphe Thiers.

La France dut céder à l’Allemagne, l’Alsace, française depuis les traités de Westphalie de 1648 et de Ryswick de 1697, les territoires annexés par Louis XIV dont Strasbourg en 1681, ainsi que Metz, française depuis le siège de 1552, soit tout ou partie de cinq départements de l’Alsace et de la Lorraine. Elle dut également payer une indemnité de guerre de 5 milliards de franc-or. Les troupes allemandes occupèrent une partie de la France, jusqu’à ce que le total du tribut soit versé en septembre 1873.

L’annexion devait concerner le Territoire de Belfort, mais étant donné la bravoure des troupes françaises du colonel Denfert-Rochereau lors du siège de Belfort, ce territoire resta à la France en contrepartie d’autres territoires lorrains.

La garde mobile

Sous le Second Empire, le fonctionnement de l’armée reposait sur la conscription. Le Service militaire s’effectuait selon un tirage au sort. Ceux qui avaient tiré les « mauvais numéros » étaient incorporés pour 7 ans de service dans l’armée active.  Ceux qui avaient tiré les bons numéros allaient rejoindre la Garde mobile.

Le maréchal Niel, ministre de la guerre reforme l’armée par la loi du 1er février 1868 qui institue la Garde mobile. Elle formait une masse de réserve d’environ 600 000 hommes. En théorie, celle-ci devait permettre au gouvernement de multiplier par deux les effectifs de son armée mise sur le pied en cas de guerre. Mais l’application pratique de ce principe se révélait difficile, en raison en particulier de la nécessité de fournir régulièrement une formation militaire à toutes ces formations civiles.

Lorsque la Guerre franco-allemande éclate une loi du 17 juillet 1870 appelle la garde nationale mobile à l’activité la Garde mobile. Mais celle-ci ne parvient pas à s’organiser. Les Mobiles étaient médiocrement armés et entraînés. Les unités manquaient souvent de cohésion et d’instruction ; Or, deux mois après la défaite, les combats avaient englouti les 9/10e de l’armée régulière. La Garde mobile se trouvait alors représenter à elle seule l’essentiel des forces armées françaises.

Un décret impérial du 7 août appelle tous les hommes de 30 à 40 ans à faire partie de la garde nationale sédentaire puis la loi du 12 août 1870, prescrit dans son article premier « La garde nationale est rétablie dans tous les départements » et dans son deuxième article « Il sera procédé immédiatement à sa réorganisation, conformément aux dispositions de la loi des 8 avril, 22 mai et 13 juin 1851 ». Le 18 août, une autre loi incorpore dans la garde mobile 40 000 jeunes gens des classes de 65 et 66 qui n’avaient aucun service militaire et dont l’inscription n’avait pas été exigée après la promulgation de la loi de 1868. Le 29 septembre la délégation du gouvernement de la défense nationale décrète que : « Les préfets organiseront immédiatement en compagnies de gardes nationaux mobilisés :

1° Tous les volontaires qui n’appartiennent ni à l’armée régulière, ni à la garde nationale mobile,

2° Tous les français de 21 à 40 ans, n’ayant pas de famille à charge.

C’est avec cette ultime ressource que la Nation, devenue républicaine, opposa à l’envahisseur une résistance militaire prolongée durant six mois. Le courage, l’abnégation, l’héroïsme, en dépit de leur impréparation à la guerre, sont à mettre au crédit de ces unités que l’on qualifierait de « paramilitaires »

Les formations de Mobiles disparurent après le conflit pour faire place à des unités composées de réservistes, formés et encadrés par le Service des Armées.

La garde mobile en Haute-Vienne et à Nexon

La Haute-Vienne compte 2 bataillons. Ils sont mis sur pied dès le 17 août 1870. Ils sont réunis le 1er octobre pour former un régiment qui prit le nom de régiment de la Haute-Vienne avec le n° 71 dans l’arme de la garde mobile.

Dans son rapport adressé au Ministre de la Guerre le colonel PINELLI, décrit, jour par jour, la marche des bataillons puis du régiment depuis le 17 août jusqu’au 9 décembre, date à laquelle il est blessé. C’est un rapport très critique qui va au-delà de la description factuelle des événements.

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Le rapport du colonel PINELLI

Dès les premières lignes il écrit « Malheureusement rien n’était prêt pour cette organisation ; il n’existait ni effets d’habillement, ni équipement, ni armement, ni même le linge et chaussure indispensables, la plupart de nos mobiles n’ayant que des sabots aux pieds, d’autres de mauvais souliers éculés, et presque tous qu’une chemise usée. »

Dès le 23 Septembre les 8 compagnies du 1er bataillon font route vers Limoges soit à pied, soit par le train. Ainsi la 8e compagnie s’est mise en route de Saint-Yrieix et Châlus vers Nexon pour prendre le train vers Limoges. Dès le lendemain les 2 bataillons sont envoyés à Nevers puis Gien. Peu à peu les hommes sont équipés et entraînés pour faire face à l’ennemi prussien qui s’approche de la Loire.

Le colonel PINELLI note que le 6 octobre « Les deux bataillons partent à pied, un peu avant minuit, pour Beaune-la-Rolande…Les habitants, qui étaient loin de nous attendre, furent surpris de cette entrée inopinée dans leur petite localité, et nous accueillirent tous avec des transports de joie. Nos mobiles eurent à boire, à manger, et furent traités en enfants gâtés par tous ces braves gens à qui les Prussiens devaient, peu de temps après, faire payer bien cher le patriotisme, en les massacrant en partie, et en incendiant leurs maisons. »

Des espions rodent dans les campagnes, ceux qui sont pris sont fusillés.

Pendant le mois d’octobre le régiment se déplace le long de la Loire, Montargis, Briare puis Bourges. C’est dans cette ville que le colonel rencontre le général CHANZY qui commandait la 3e division du 16e corps en formation. A la suite de cette rencontre il écrit « dans la conversation que nous eûmes ensemble, il me parut très entendu et fort capable de commander des troupes devant l’ennemi. Après cet entretien, je dis à mes officiers que nous avions enfin un général, et que nous devions nous estimer heureux d’être dans sa division. »

On mesure ici la sévérité du jugement porté sur les autres généraux !

Le 26 octobre le colonel PINELLI écrit « Si, au lieu de nous lancer au hasard sur toutes les routes du département du Loiret, on nous eût donné le temps de nous habiller, nous équiper, nous munir de tout ce dont nous avions besoin ; si on nous eût permis de nous instruire, nous discipliner, faire quelquefois des marches militaires, nous exercer au tir à la cible, il est évident qu’on aurait pu tirer de la mobile des résultats bien plus satisfaisants que ceux obtenus de ces jeunes gens pleins de patriotisme, remplis de bonne volonté, mais marchant à l’aventure et manquant presque de tout. »

Au début du mois de Novembre l’ennemi est proche et le jeu du chat et de la souris continue. Le régiment est à la Mothe-Beuvron puis Orléans.

Le 14 Novembre le régiment se porte sur Saint-Péravy-Ia-Colombe, à cinq lieues d’Orléans ; le colonel écrit «  En entrant dans ce petit bourg, je ne savais où aller nous n’avions avec nous aucun chef de brigade… Je rencontrai un général, je l’accostai et le priai de me dire où il fallait me caser avec mon régiment : « Je n’ai rien à vous ordonner, me répondit-il, je commande la cavalerie, et le reste ne me regarde pas. ».  Un officier d’état-major vint m’apporter l’ordre d’aller camper dans un champ de blé dont l’herbe était déjà haute. Je m’y installai, à regret. C’était la première fois que nous foulions aux pieds la future récolte : nous devions plus tard nous y habituer, car, à dater de ce jour, nous avons dévasté tous les pays parcourus par nous, et cela par le fait seul de notre passage ou de notre séjour sur des terrains cultivés et ensemencés. Les environs étaient couverts de ruines faites par l’ennemi. Dans notre trajet d’Orléans à Saint-Péravy-la-Colombe, nous eûmes occasion de constater les dégâts résultant du passage des Bavarois. Des maisons abandonnées, à moitié ouvertes et pillées ; d’autres endommagées par des projectiles. — Par-ci par-là, des tombes encore fraîches et des chevaux tués. Partout la tristesse, la désolation et la misère. »

Le 19 Novembre on distribue des souliers à ceux qui en ont besoin ; mais ils sont trop petits !

Le 1er Décembre le régiment arrive à Sougy, où il campe. On entend les canons a quelques kilomètres et le soir la lueur des obus et les incendies allumés par l’ennemi donnent l’impression que l’horizon était en feu.

Le 2 Décembre marche vers Terminiers. Le régiment s’approche de plus en plus des lignes ennemies. La division forme une ligne de bataille avec à l’aile droite le 40e de marche, à l’aile gauche le 8e régiment de mobiles (Charente-Inférieure), et au centre le 71e de mobiles (Haute-Vienne). L’artillerie marchait en avant de la ligne de bataille, et le tout était couvert de tirailleurs.

Le combat commence alors que les troupes françaises sont fatiguées par des marches nocturnes à travers champs qui en plus entrainaient la perte des fourgons qui portaient les bagages… Les fantassins tombent sous les balles et les éclats d’obus. Baïonnette au bout du canon le colonel ordonne une marche en avant, au pas redoublé, et au cri de Vive la République ! Il écrit « Ce fut un moment sublime, officiers et soldats étaient électrisés : et, comme l’ouragan, nous eussions tout renversé sur notre passage si on nous avait opposé de la résistance. Nous parcourûmes ainsi environ deux cent mètres sans recevoir aucun projectile, les canonniers ennemis n’ayant pas eu le temps de pointer. Ce mouvement, exécuté d’une manière résolue, causa une telle panique parmi les Bavarois qui étaient à Lumeau, qu’ils l’abandonnaient déjà pour se porter sur la hauteur. » Après cet acte héroïque le régiment bat en retraite.

Il ne m’a jamais été possible de connaître, d’une manière certaine, les pertes subies au cours de cette journée mais le nombre total des hommes mis hors de combat est évalué à 600 environ, le 71e mobile, pour sa part a eu à déplorer la mort de plus de deux cents hommes.

Le 3 Décembre le régiment arrive à Boulay et le 4 reçoit l’ordre de battre en retraite vers Beaugency à travers champs poursuivis par l’ennemi.

Le 7 Décembre la 3e division se met en marche sur Blois pour se rendre ensuite dans le parc de Chambord afin de procéder à sa réorganisation.

Tout en marchant le colonel pressent une catastrophe prochaine car les bruits de canons le laissent penser que l’ennemi était maître des deux rives de la Loire. Les habitants des villages traversés paraissaient étonnés de cette marche sur Chambord ; Le colonel fit part de ses appréhensions aux officiers supérieurs. Il était qu’ils seraient cernés pendant la nuit, et que le lendemain ils se trouveraient dans la triste alternative de se faire tuer ou de se rendre. C’est dans cette disposition d’esprit que le régiment entre dans le parc vers six heures du soir. Le colonel PINELLI attend des ordres qui ne viennent pas lorsqu’il entend un grand bruit de paroles, au milieu desquelles il distingue « Rendez-vous ! ». Une fusillade éclate alors qu’il fait nuit. Le colonel est blessé aux jambes et alors qu’il se dirigeait vers le château il est fait prisonnier. Plusieurs autres officiers et une centaine d’hommes sont également faits prisonniers et dirigés vers l’Allemagne. Ceux qui n’ont pas été tués ou faits prisonniers fuient.

Ce qui restait du régiment n’ayant pas été pris dans le piège de Chambord sont regroupés aux ordres de M. de Couronnel, prit le commandement du régiment par privilège d’âge et se rendit à Tours puis à Limoges.

Pendant ce temps le colonel PINELLI est soigné à Chambord en attendant que son état de santé lui permette de prendre la route de l’Allemagne. La nuit du 19 décembre avec l’aide de son beau-frère, médecin à Limoges, que l’on avait fait venir pour le soigner, il s’évade, déguisé en paysan. Il arrive à Limoges le 28 au matin.

Il ignorait que le 71e y était aussi. Il fut surpris d’apprendre que le retour du régiment avait été mal accueilli, les gens pensant que les soldats n’avaient pas voulu se battre. Les nouvelles étaient contradictoires et souvent absurdes. Personne ne connaissait la réalité des combats et la bravoure des hommes. Et pourtant les pertes avaient été importantes.

Le 31 décembre, le régiment est renvoyé vers le Mans où certains contractent la petite vérole. Il faut à nouveau progresser dans la neige, alterner marches et retraites, se contenter pour manger de graisse étalée sur des tranches de pain, jusqu’au 29 janvier où les hommes apprennent l’armistice à Laval avant de regagner enfin leurs foyers.

En conclusion de son rapport le colonel écrivait : « On s’est demandé souvent d’où provenaient nos désastres. Je ne veux pas répéter ce qui a été chanté sur tous les tons, pour mettre en relief les causes évidentes de nos malheurs : 1° fautes commises par le gouvernement de l’empereur, en déclarant, d’un cœur léger, mais en assumant sur lui la plus lourde des responsabilités, une guerre d’autant plus insensée, que nous ne pouvions disposer que d’une armée de 280,000 hommes pour la mettre en présence de toute l’Allemagne nous opposant simultanément 1,200,000 hommes instruits, exercés, préparés de longue main à une lutte attendue et désirée ; 2° notre imprévoyance, en laissant envahir notre pays, depuis une trentaine d’années, par des myriades d’Allemands, qui avaient pour mission de s’initier dans le secret de nos affaires le plus intimes, en étudier le mécanisme, en faire ressortir nos défauts et nos faiblesses, et tout cela au profit futur de leur mère patrie ; 3° impéritie de nos généraux en chef, dont les dispositions prises sur la frontière, à l’ouverture des hostilités, présentaient une ligne de bataille trop étendue, et dont, par conséquent, tous les points étaient faibles et vulnérables ; 4° enfin l’inaction de notre flotte, sur laquelle il était permis de compter pour faire, le long des côtes de la mer du Nord et de la Baltique, une diversion paraissant indispensable aux mouvements offensifs qui se dessinaient sur les-bords du Rhin. »

Mais il ajoute également « Non, la lutte n’était pas possible en présence de la France démoralisée, dont les habitants préféraient, en général, tout souffrir, tout endurer, même les plus grandes humiliations, que de courir le risque de perdre la vie; elle n’était pas possible, je l’avoue sincèrement, en voyant nos armées improvisées découragées par tant de batailles perdues, et si peu confiantes dans le talent et l’expérience de certains de leurs chefs ; elle n’était pas possible enfin, avec l’indiscipline qui se manifestait à peu près partout, avec l’absence de ce lien de solidarité dans les fractions constituées qu’on a toujours appelé l’esprit de corps, et surtout avec le développement de cet instinct de conservation que notre luxe, notre bien-être et l’habitude du confort ont porté au point de nous faire perdre toutes les qualités viriles et les vertus mâles qui rendent invincibles les peuples accoutumés à regarder la mort en face et à la mépriser.

Pendant nos retraites, j’ai vu des milliers de soldats se jeter sur toutes les routes, feignant d’être à la recherche des corps dont ils faisaient partie, mais en réalité marchant invariablement du côté opposé à l’ennemi, sachant que leurs régiments étaient engagés. — Oui, la guerre eût pu se continuer et tourner, à la destruction complète des armées allemandes, si chaque Français avait apporté à l’œuvre de la délivrance son concours le plus actif et le plus dévoué, et si on eût adopté, pour combattre l’ennemi, un système de guerre tout à fait opposé à celui qu’on a eu le malheur de s’entêter à suivre depuis que notre armée permanente avait été enlevée de différentes places fortes pour être transportée en Allemagne, où elle était retenue prisonnière…

On ne peut qu’être surpris par une telle liberté de parole dans un rapport au ministre. Beaucoup des remarques sur le manque de combativité de certains, le choix de la perte de liberté et la soumission à l’ennemi pour avoir la vie sauve auraient pu être formulées après la défaite de 1940.

Après le colonel PINELLI le 71e Mobile a été commandé par le Lt colonel PERIER puis par M. de BEAUMONT avant d’être dissous le 24 mars 1871.

Le comte de Couronnel qui était capitaine au 71 e Mobile a publié un ouvrage pour rendre hommage aux soldats. Dans ce livre, « La garde Mobile de la Haute-Vienne » publié en 1897 il raconte en détail la tragique épopée et confirme les propos du colonel PINELLI.

Le Monument « À la mémoire des enfants de la Haute-Vienne morts pour la défense de la patrie en 1870-1871 ».

On l’ignore souvent mais le monument situé à Limoges, à l’angle de l’avenue du Général-de-Gaulle et du cours Jourdan a été érigé pour honorer la mémoire de tous les mobiles de la Haute-Vienne.

En 1892 un comité se constitue pour honorer les deux bataillons du 71ème Mobiles de la Haute-Vienne morts pour la défense de la patrie. Au mois d’avril, une souscription est ouverte sous le patronage des autorités publiques. Le comité abandonna l’idée d’organiser un concours pour traiter de gré à gré avec le sculpteur Adolphe Martial Thabard né à Limoges en 1831. La première pierre est posée le 25 mai 1895. Les sculptures en bronze sont mises en place au mois d’août 1899. L’inauguration a lieu le 1er octobre 1899 en présence d’Alexandre Millerand ministre du Commerce, des Postes et télégraphes.

Martial Adolphe Thabard est né le 13 novembre 1831 à Limoges, et mort le 2 décembre 1905 à Clamart. Issu d’une famille d’artisans porcelainiers i commence naturellement à travailler dans une fabrique de porcelaine où il débute en 1845 et où il reçoit ses premières leçons de modelage.

Il suit les cours d’anatomie à l’Ecole de médecine et acquiert ainsi une bonne maîtrise du corps humain qu’il mettra en pratique dans les figurines en porcelaine et dans ses statues.

Il entre à l’École des beaux-arts de Paris et à la sortie il part aux Etats-Unis ou il devient modeleur et le ciseleur d’une maison d’orfèvrerie. De retour en France, il s’installe à Paris où il collabore avec les bronziers du Marais, tout en continuant à produire des statuettes pour Limoges.

Il se consacre toute sa vie à la sculpture décorative et obtient de nombreuses commandes de l’État.

L’œuvre est constituée d’une structure en granit, formée de deux socles et d’un obélisque en avant duquel est disposé groupe en bronze du sculpteur Martial Thabard réalisé par le fondeur Durenne. Le groupe compte cinq personnages : au centre une femme rappelant Marianne personnifie la Haute-Vienne, avec ses sabots et sa coiffe (barbichet). Elle entraîne les soldats au combat dans un mouvement très dynamique. À gauche, un officier et un franc-tireur agenouillé ; à droite, un clairon des Mobiles mourant et un fantassin de ligne. A ses pieds, le blason de Limoges. On peut lire sur le piédestal : « A la mémoire des enfants de la Haute-Vienne morts pour la défense de la patrie en 1870-1871 ».

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Le Monument à la mémoire des Mobiles.

On remarque , à droite de la femme, un rouet, signe que la femme est toujours vue sous l’angle  « domestique »

Les conséquences de la défaite

Le 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces du château de Versailles Guillaume Ier de Prusse est proclamé empereur du nouvel Empire allemand. Bismarck devient chancelier du nouveau Reich. L’Allemagne devient alors un rival économique pour l’Angleterre et les Etats-Unis.

Face à cette nouvelle puissance la France va chercher à prendre sa revanche et à récupérer l’Alsace et la Lorraine.

Jules Ferry écrit quelques semaines après la défaite « sous l’Empire nous ne disions pas beaucoup de bien du militarisme……je vous le demande, en est-il un seul aujourd’hui qui n’ait été converti par les évènements ? ».

Gambetta souhaite que l’on mette « partout, à côté de l’instituteur, le gymnaste et le militaire ».

La Ligue française de l’enseignement a pour devise « Pour la Patrie, par le livre et par l’épée ».


Les devoirs envers la patrie sont magnifiés dans une abondante littérature qui en exalte les vertus et dont une grande partie est destinée aux écoliers et lycéens. Un « Manuel de tir à l’usage des écoles primaires, des lycées et des bataillons civiques » avec une préface de Jean  circule. Les élèves du primaire auront des fusils de bois à leur disposition.

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Une publicité pour des fusils scolaires

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Des écoliers dans la cour de leur école, défilent avec des fusils en bois.

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Les écoliers défilent à Paris

Dans les classes on rappelle sans cesse que la France est amputée de l’Alsace et de la Lorraine. C’est la ‘Tache noire ».

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La  Tache noire d’Albert BETTANIER (1851 – 1932)

La scène peinte sur cette toile se déroule dans une salle de classe située vraisemblablement à Paris compte tenu de la carte accrochée au mur du fond. L’instituteur montre avec sa règle les « provinces perdues » sur une carte de France à un élève en uniforme de bataillon scolaire, On distingue dans le fond de la classe un râtelier de fusils et, derrière le bureau du maître, un tambour. Cette ambiance martiale est renforcée par la présence de l’élève habillé en blanc qui porte la croix de la Légion d’honneur, ce qui laisse supposer qu’il fut un héros.

Source : François ROBICHON, « L’annexion de l’Alsace et de la Lorraine », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 04 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/annexion-alsace-lorraine

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Les images d’Épinal relaient le sentiment de revanche avec cette page consacrée à la « Tache Noire »

La mémoire de 1870

La  » Guerre de Soixante-dix  » et l’image des Prussiens ont marqué la mémoire des Limousins.  Pascal PLAS, professeur d’Histoire et Guy MANDON, Inspecteur général de l’Education Nationale, développent les différents aspects de cette mémoire dans le présent dans l’ouvrage publié aux éditions Lavauzelle en 2003.

Pascal PLAS écrit : « cette monumentalité en sommeil de la guerre de 1870 mériterait pourtant d’être tirée de l’oubli et de servir de base ne serait-ce qu’à une « leçon de civisme » sur l’engagement, les Mobiles furent d’une certaine façon les derniers volontaires en arme dans la grande tradition des armées de la Révolution française. »

Les Nexonnais morts au cours des combats

Cinq garçons sont morts du fait de cette guerre. Les plus jeunes ont 23 ans et le plus âgé 33 ans. deux étaient dans la garde Mobile, les 3 autres dans des régiments, les 65e et 68 de ligne. François Fénérol a été blessé à la célèbre bataille de Beaumont. Il est mort 3 semaines plus tard. Pierre Debord est mort de la variole à l’hôpital de Châteauroux et François Vignolle est mort à l’hôpital d’Issoudun sans que l’on connaisse la cause. Les deux autres soldats, Pierre Debord et Léonard Perrier sont morts en captivité.

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Le dernier vétéran de cette guerre, vivant dans le Sud de la France avait été facteur à Nexon. Julien PÉGOURIÉ qui était né le 4 décembre 1849, à Livernon (Lot) de parents agriculteurs est mobilisé dans les chasseurs, à Montauban en Juillet 1870. Il est fait prisonnier lors de la bataille du Mans, à Parigné-l’Evêque le 10 janvier 1871. Avec ses camarades, il est emmené à Berlin ou il arrive le 31 janvier 1871 dans le froid et la neige. Il est interné à Stettin, un peu plus au nord de Berlin. Après plusieurs mois de captivité, la guerre finie, il peut enfin rejoindre la France en bateau depuis Hambourg jusqu’à Cherbourg.

Julien Pégourié entre aux PTT comme facteur le 1er décembre 1872. Il est d’abord affecté à Nexon puis il est muté à Limoges. Il part en retraite le 1er décembre 1909. Il décède à 102 ans le 13 avril 1952.

Les décisions du Conseil municipal de Nexon pendant la guerre de 1870

Le 10 septembre 1870 le nouveau conseil municipal est installé. Ont été élus : FAURE, DE NEXON, SIRIEIX, LIMOUSIN Raymond, DECOULHAC, MAZEAUD, COMBROUSE, FRUGIER, CUBERTAFOND, JOUHAUD, MORTEROL, LELONG, FAURE, BARRET, LELONG Laurent, DE VEYRINAS, BRAGARD, CHIROL Simon, LIMOUSIN Maire, GIZARDIN Ferdinand et GRANGER Pierre.

Paulin LIMOUSIN est désigné par le Préfet comme Maire en remplacement de son frère.

Le 17 septembre 1870, le conseil élu par le suffrage universel se réuni et le nouveau Maire Paulin LIMOUSIN prononce une allocution appelant les conseillers à le soutenir dans les moments difficiles que la France traverse.

C’est à ce moment qu’un membre du Conseil, non désigné déclare : « Convoqués pour recevoir ici une communication du préfet et nous occuper de la défense nationale du pays, permettez-moi de vous faire une proposition à laquelle je ne doute pas que M. LIMOUSIN, Maire, ne s’associe également.

Cette proposition est d’adresser à M. le Préfet quelques observations sur une mesure qui nous parait inopportune, sinon dangereuse dans un moment où nous devons tous nous réunir contre l’ennemi commun, l’ETRANGER ».

Le conseil sauf le Maire vote la motion suivante : « Les membres du Conseil élus par le suffrage universel sont profondément humiliés d’apprendre qu’il leur a été donné un Maire pris en dehors de leur conseil. Ne doutant pas que M. le Préfet ne veuille agir dans tous ses actes dans l’intérêt du Pays et du Gouvernement de la défense Nationale qu’il représente, ils croient devoir le prévenir que les renseignements qui lui ont été donnés sont inexacts et complètement contraires aux sentiments patriotiques et populaires de la commune toute entière, jalouse du reste d’user de ses droits légitimes ».

Le 18 septembre le conseil désigne la formation de deux compagnies de Gardes Nationaux et désigne Messieurs QUENTIN et MEGARD comme capitaines.

Le Préfet révoque et dissous le Conseil Municipal.  Il désigne la commission suivante pour administrer la commune : LIMOUSIN Paulin, CHAULE, DESMAISON, FAURE, THOMAS, FRUGIER, JOUHAUD, FRUGIER Jean, ancien Maire, QUENTIN horloger, LALEU, SIRIEIX huissier, TARRADE, huissier.

La commission administrative ainsi formée, désigne à nouveau les capitaines officiers et sous-officiers des deux compagnies de gardes Nationaux. Ils s’occupent des effets d’habillement, d’équipement de campement et de solde.

Le 18 novembre la Commission décide que l’instituteur appelé à remplacer M. BESSE soit un laïque, repoussant de toute son énergie tout instituteur congréganiste et demande que POUCHUT remplisse ce poste.

Le 6 avril 1871, le conseil fait droit à la demande de M. FOURNIER, instituteur communal, de prendre des élèves pensionnaires.

Le 30 avril 1871, nouvelles élections municipales. M. de GAY de NEXON obtient le plus de voix. Sont élus également BOUTAUD LACOMBE, COMBROUSE, DECOULHAC, FAURE, LELONG, FRUGIER, BRAGARD, BARRET, LIMOUSIN, VERGNOLLE. LIMOUSIN Henri, MORTEROL, CHIROL, GRANGER, MAZAUD, de VEYRINAS, JOUHAUD, SIRIEIX, GIZARDIN et FAURE.

Le Conseil élit LIMOUSIN Jean Baptiste comme Maire et BOUTAUD LACOMBE comme 1er adjoint et FRUGIER Léonard 2ème adjoint.

Le 18 Juin, FRUGIER donne sa démission d’adjoint. Le Conseil le remplace par COMBROUSE.

 

 

 

Le travail des enfants

mars 18th, 2016 | Posted by admin in le travail | XXI siècle - (0 Comments)

Dès l’Antiquité les enfants ont travaillé, principalement aux champs avec leurs parents et en participant aux tâches domestiques. Avec la Révolution industrielle une prise de conscience de leurs conditions de travail va se faire jour, principalement en Europe et en particulier en France. Des lois vont être votées pour réduire progressivement ce travail des enfants.

Dans l’Ancien Régime le cercle familial est le lieu principal ou s’exerce le travail des enfants. Les jeunes garçons participent aux activités de la ferme dans un monde ou l’agriculture occupe plus de 70% de la population active. Tant qu’ils n’ont pas encore la force physique nécessaire pour réaliser les travaux des champs ils gardent les animaux. Les enfants d’artisans apprennent progressivement le métier du père. Quant aux filles elles sont chargées de l’entretien de la maison en attendant d’être mariées, ce qui arrivait en moyenne autour des 15 ans. Très peu de ces enfants allaient à l’école, d’abord parce que les parents n’en voyaient pas l’utilité et parce qu’elle était payante. Seules les enfants des familles aisées de la bourgeoisie et l’aristocratie étaient scolarisées et n’étaient pas contraintes à un travail.
Dès le XIII ème siècle les enfants commencent à travailler hors du foyer familial. La plupart d’entre eux sont placés comme valets de ferme ou comme domestiques pour les garçons et comme servantes pour les filles. Ils répondent à une demande croissante d’employeurs à la recherche d’une main-d’œuvre peu coûteuse et en même temps ils permettent à leurs familles de disposer d’un revenu supplémentaire.
Ces enfants sont employés sur la base de « contrats de louage » ou sont placés comme apprentis dans les corporations. Les enfants abandonnés et les orphelins sont eux aussi mis au travail par les institutions qui les recueillent. Dans les grandes villes des « petits boulots » vont se développer comme vendeurs de journaux, porteurs, cireurs de chaussures… sans parler de prostitution.
La Révolution industrielle qui survient à la fin du XVIIIe siècle d’abord en Angleterre puis au Royaume-Uni et au début du XIXe siècle en France va voir se développer les mines et les manufactures qui ont besoins d’une main d’œuvre abondante.
La souplesse et la petite taille des enfants leur permettent de réaliser des taches que les adultes sont incapables de faire. Dans les mines ils se glissent dans des boyaux étroits, leurs petites mains sont adaptées aux métiers à tisser et aux filatures, ils peuvent se faufiler derrière les machines pour les nettoyer…
Le travail est non seulement fatigant et très pénible mais les enfants sont soumis à l’autorité souvent brutale de leurs patrons qui n’hésitent pas à recourir aux sévices corporels. Les conditions dans lesquelles ils travaillent ont des conséquences sur leur santé. Ils sont souvent blessés, sont victimes d’accidents, de tuberculose, de scolioses ou de rachitisme.
La prise de conscience
La crise économique, sévit en France dès la fin des années 1820 et se poursuit au début des années 1830 et aboutira aux fameuses Journées de Juillet 1831 ayant entraîné la chute de Charles X et la venue au pouvoir de Louis Philippe.
De nombreuses voix s’élèvent pour demander une réglementation sur le travail des enfants. Finalement, en 1835, l’Académie des sciences morales confie à Louis-François Benoiston et au docteur Villermé (1782-1863) une mission d’enquête sur ce sujet. Entre juin 1835 et août 1837 ils visitent des manufactures de coton, de laine et de soie dans les régions de Mulhouse, de Lille et de Lyon mais aussi à Nîmes et Carcassonne. Lors de ces déplacements, ils étudient les conditions de travail des ouvriers mais également leur logement, leur alimentation, leur salaires…
L’ouvrage né de ces recherches est publié par le docteur Villermé en 1840 sous le titre «Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie ». On peut y lire ces pages sur le travail des enfants :
« L’épluchage du coton, son cardage, et surtout le dévidage, l’empaquetage du fil, sont plus particulièrement faits par des femmes aidées d’enfants du même sexe. Chaque métier à filer occupe deux, trois, quelquefois quatre personnes, dont la plus âgée dirige les trois autres, qui sont presque toujours des enfants. Ces derniers, appelés rattacheurs, surveillent les fils, rattachent ceux qui se brisent, nettoient les bobines en se précipitant sur le plancher, pendant que la partie mobile du métier (le chariot) s’écarte de la partie fixe, et ramassent le coton de déchet. »
« Les enfants qui n’ont pas encore assez de force pour tisser, préparent les fils, et ceux qui tissent sont âgés au moins de quinze ans accomplis. »
« Les seuls ateliers de Mulhouse comptaient, en 1835, plus de 5000 ouvriers logés ainsi dans les villages environnants. Ces ouvriers sont les moins bien rétribués. Il faut les voir arriver chaque matin en ville et en partir chaque soir. Il y a, parmi eux, une multitude de femmes pâles, maigres, marchant pieds nus au milieu de la boue, […] et un nombre encore plus considérable de jeunes enfants non moins sales, non moins hâves, couverts de haillons tout gras de l’huile des métiers, tombée sur eux pendant qu’ils travaillent. Ces derniers, […] n’ont pas même au bras, comme les femmes dont on vient de parler, un panier où sont les provisions pour la journée; mais ils portent à la main ou cachent sous leur veste, ou comme ils le peuvent, le morceau de pain qui doit les nourrir jusqu’à l’heure de leur rentrée à la maison. »
« L’insuffisance de la nourriture, la continuité de toutes les privations, l’insalubrité de leur nouveau métier, la durée trop longue de la journée de travail, altèrent leur santé : leur teint se flétrit, ils maigrissent, et perdent leurs forces. Cet état de souffrance, de dépérissement des ouvriers dans les filatures de coton de l’Alsace, s’observe surtout chez les enfants. »
« Les enfants employés dans les manufactures de coton de l’Alsace, y étant admis dès l’âge où ils peuvent commencer à peine à recevoir les bienfaits de l’instruction primaire, doivent presque toujours en rester privés. »
« Les pauvres, je l’ai déjà dit, ont besoin que leurs enfants gagnent un peu d’argent; et les enfants encore fort jeunes sont aptes d’ailleurs à certains travaux. Le mal n’est donc point qu’ils entrent jeunes dans les ateliers, mais qu’on exige d’eux un travail au-dessus de leurs forces »
« Si j’ai pu faire partager mes opinions; si j’ai pu convaincre surtout qu’il est urgent de soumettre les grandes manufactures dites réunies à un règlement d’administration, ou bien, à une loi qui fixe un maximum à la durée quotidienne du travail des enfants, d’après leur âge, et empêche ainsi l’abus, porté jusqu’à l’immolation, qu’on y fait de ces malheureux, je n’aurai plus rien à désirer… »
L’impact de cet ouvrage a été considérable. Il conduit à une prise de conscience sur la condition ouvrière, en particulier celle des enfants. Il va en résulter un changement de mentalité conduisant à admettre qu’on ne pouvait pas «laisser faire» les patrons et qu’il fallait intervenir. Les travaux du docteur Villermé ont contribués à la remise en cause de l’idéologie libérale ce qui s’est traduit par le vote des premières lois sociales. C’est ainsi que le 22 mars 1841 est votée la loi qui interdisait le travail des enfants. On est surpris de voir aujourd’hui qu’elle se contente d’interdire le travail des enfants de moins de 8 ans, de limiter la durée du travail à 8 heures par jour pour les enfants de 8 à 12 ans et à 12 heures pour ceux de 13 à 16 ans. La portée de cette loi est limitée par le fait qu’elle s’applique uniquement dans les entreprises de plus de 20 salariés.
Une loi du 22 février 1851 réglemente le travail des enfants placés en apprentissage en limitant la durée du travail à 10 heures pour les moins de 14 ans, et à 12 heures ceux âgés de 14 à 16 ans.
La loi du 19 mai 1874 rend encore plus strict l’emploi des enfants en interdisant de faire travailler un jeune de moins de 12 ans et en étendant cette interdiction à l’ensemble des manufactures, usines, ateliers, chantiers. La durée maximale du travail est fixée à 6 heures quotidiennes pour les moins de 13 ans et à 12 heures au-delà.
Un des éléments important de cette loi est la création du corps des inspecteurs du travail. Dotés de pouvoirs de contrôles étendus et habilités à sanctionner les infractions. Ils vont jouer un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de travail non seulement des enfants mais de tous les salariés.
Une étape supplémentaire va être franchie après l’adoption des lois Ferry de 1881-1882 qui ont rendu l’instruction obligatoire. A partir du moment où l’école devient obligatoire il faut interdire aux enfants d’être employé avant la fin de la scolarité obligatoire.

Ce sera fait avec la loi du 2 novembre 1892 qui élève à 13 ans l’âge d’admission au travail. C’est ce que stipule son article 2 : « Les enfants ne peuvent être employés par des patrons ni être admis dans les établissements énumérés dans l’article 1er avant l’âge de treize ans révolus. Toutefois les enfants munis du certificat d’études primaires, institué par la loi du 28 mars 1882, peuvent être employés à partir de l’âge de douze ans.»
La loi précise qu’« Aucun enfant âgé de moins de treize ans ne pourra être admis au travail dans les établissements ci-dessus visés, s’il n’est muni d’un certificat d’aptitude physique délivré, à titre gratuit, par l’un des médecins chargés de la surveillance du premier âge ou l’un des médecins inspecteurs des écoles, ou tout autre médecin, chargé d’un service public, désigné par le préfet. Cet examen sera contradictoire, si les parents le réclament. »
La surveillance des enfants incombe également aux maires. L’article 10 prévoit que « Les maires sont tenus de délivrer gratuitement aux père, mère, tuteur ou patron, un livret sur lequel sont portés les nom et prénoms des enfants des deux sexes âgés de moins de dix-huit ans, la date, le lieu de naissance et leur domicile. »

Pour aller plus loin:

Philippe Ariès, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Seuil, coll. Points Histoire, 1975,
Danièle Alexandre-Bidon et Didier Lett, Les Enfants au Moyen Âge, Hachette, 2004.

Le travail des enfants à Nexon

Dans la mairie de Nexon, comme dans toutes les mairies de France, une grande affiche présente les principaux extraits de la loi du 2 novembre 1892. Les patrons sont tenus de faire afficher dans chaque atelier les disposition de cette loi ainsi que les noms et adresse des inspecteurs du travail de la circonscription (article 11). Ils doivent afficher également les heures auxquelles commencera et finira le travail ainsi que les heures et la durée des repos.
Les archives de la mairie de Nexon ont conservé le registre destiné à inscrire les livrets des enfants mineurs employés dans l’industrie.

registre

Ce registre débute le 29 juin 1896. Chaque année on trouve une dizaine de noms, cela semble peu mais il ne faut pas oublier que les jeunes qui travaillent dans l’agriculture ne relèvent de la loi de 1892 et qu’en ce qui concerne les emplois dans l’industrie, sont exemptés des dispositions de cette loi les personnes qui travaillent seuls avec leur père ou leur mère.
9 enfants sont enregistrés pendant l’année 1896 :
Barny Léonard né le 24 novembre 1879, cordonnier chez Guyot
Desbordes Jean-Paul né le 21 novembre 1880, sellier chez Laplaud
Desbordes Léon, né le 5 janvier 1880, sellier chez Laplaud
Marquet Jean Baptiste, né le 6 avril 1879, maréchal-ferrant chez Parvaud
Desproges Joseph, sellier chez Prugny
Audebert Martial, né le 24 août 1881, tailleur d’habit chez Combrouse
Laleu François, né le 6 janvier 1881, cordonnier chez Lambertie
Dudognon Jean né le 24 juin 1880, cordonnier chez Marquet
Pascal B. né le 9 août 1881, sellier aux ateliers de Désigne

travail des enfants 1

Les fiches individuelles montrent l’ampleur de la journée de travail. Les jeunes embauchent le plus souvent à 6 heures du matin et débauchent à 18 heures. Ils bénéficient d’une première pause entre 8 et 9 heures pour un casse-croûte et d’une seconde entre midi et 13 heures pour le déjeuner.

travail des enfants Combrouze

travail des enfants Combrouze tailleur

travail des enfants Lombertie

En 1897 il n’y a que 3 jeunes de moins de 18 ans inscrits sur le registre, un garçon et deux filles. L’une d’entre elles est couturière chez Mme Combrouse, l’autre est lingère chez madame Lamoure, repasseuse place de la bascule. Cette dernière, Léontine Barny est née le 23 juin 1882 ; Elle a été embauchée le 31 juillet 1897, un mois après ses 15 ans. Elle commence son travail à 7 heures le matin et y travaille jusqu’à 11 heures. Elle s’arrête 1 h 30 pour déjeuner et reprend le travail à 12 h 30 jusqu’à 19 heures avec une pose d’une demie heure de 16 heures à 16 h 30. Elle passe ainsi 10 heures par jour à repasser, du lundi au samedi soir, soir 60 heures de travail par semaine. Elle se repose le dimanche et les jours de fête.

Le jeune garçon, Albert Bonnet, né lui aussi en 1882, est apprenti sellier chez M. Prugny.

En 1898, 5 jeunes, tous des garçons,  sont enregistrés. Deux sont menuisiers chez M. Chenu, un est forgeron chez M. Perrier, l’autre cordonnier chez Guyot, place de la mairie et le cinquième est tailleur d’habits chez M. Truchassou. Ils embauchent à 6 heures le matin et travaillent 10 heures chaque jour. Pour eux il y a une pause casse-croûte à 8 heures. Elle dure en général 1 heures et à midi il y a généralement 2 heures pour déjeuner.

En 1899, 12 noms figurent sur le registre et là on note un changement important : il y a 10 filles et seulement 2 garçons. Ce sera la même chose les années suivantes jusqu’en 1920, dernière année qui figure sur le registre.

Les jeunes filles sont lingères pour 6 d’entre elles chez Mme Lamoure (2) ou chez Mme Quinque (4), ou bien ouvrière tailleuse chez Mme Lanternat (2), couturière rue de la barre ou chez Mme Guyonnaud (2). Les garçons sont menuisier chez M. Chenu et ouvrier forgeron (le nom du patron n’est pas mentionné). Parmi ces jeunes, 4 sont nés en 1886, ils ont donc tout juste 13 ans ! C’est le cas de Louis Limerie, né le 28 juillet 1886, embauché comme apprenti forgeron en novembre 1889 ou de Marie Barret, née 15 mars 1886, embauché en mai 1899 comme lingère apprentie chez Mme Lamoure.

En 1900, on compte 15 embauches, 9 filles et 6 garçons. Les filles sont lingères ou couturières. Mme Quinque emploie 3 lingères. On retrouve son nom chaque année avec deux ou trois jeunes filles, comme celui de Mme Combrouse qui emploie chaque année deux ou trois couturières.

L’un des garçons est forgeron chez M. Truchassou, un autre est  bourrelier chez Prosper Laplaud, maréchal ferrant chez Louis Parvaud, menuisier chez Felix, serrurier chez M. Peyrat ou jardinier au château de la garde.

Sur ces 15 jeunes, six sont nés en 1886. Ils ont donc 14 ans et travaillent 10 heures par jour.

En 1901, il y a 9 noms, 7 filles et 2 garçons. Comme l’année précédente les filles sont couturières (5) et lingères (2). Les garçons sont forgeron chez Etienne Truchassou et ferblantier chez M. Delaty. La plus jeune est Marie Boucher, née le 5 mars 1887, couturière chez Mme Jourde.

En 1902 on dénombre 14 noms, 9 filles et 5 garçons. Pour les filles ce sont les mêmes professions, 5 lingères et 4 couturières. Pour les garçons, le  même jeune, Marcel Nouhaud né le 14 août 1885 est enregistré le 20 mai comme apprenti coiffeur à Limoges, chez M. Melier, puis le 24 août comme serrurier chez M. Beaudout à Limoges.

Parmi ces jeunes 4 sont nés en 1888 et 2 en 1889. Marie Louise Pradeau, née le 4 février 1889 est couturière chez Mme Jourde et Jeanne Rousselle, née le 16 juin 1889 est couturière chez Mme Combrouse, née Guyot précise le registre. Elles ont 13 ans quand elles sont embauchées.

En 1903 ils ne sont que 7, 5 filles et 2 garçons. Aux lingères et couturières vient s’ajouter une modiste employée par Mlle Puyvert. La jeune Marie Dudognon, née le 5 octobre 1890 a tout juste 13 ans lorsqu’elle va travailler comme lingère chez M. Quynque à Champagnac. Le jeune Jean baptiste Rapnouille est apprenti maréchal ferrant chez son père.

En 1904 on compte 15 jeunes, 12 filles et 3 garçons. Les filles sont lingères ou couturières et les garçons tailleurs d’habits (2) et serrurier.

En 1905 ils sont 12 jeunes, 10 filles, lingères (6) ou couturières (4) et 2 garçons, tailleur chez M. Authier et maréchal ferrant chez M. Sanciaud.

En 1906 on retrouve une forte majorité de filles : 10 contre 3 garçons. Il y a 10 lingères et une couturière.

travail enfants 1906

En 1907 l’écart entre les garçons et les filles se réduit. Sur 10 jeunes il y a 6 filles et 4 garçons. Ales filles sont toujours lingères out couturières. Chez les garçons on trouve un tonnelier  chez M. Laurent, un charron chez M. Perrier, un menuisier chez M. Rattier et un coiffeur chez M. Nouhaud.

En 1908 il y a presque égalité : 6 filles et 5 garçons sont embauchés. Les filles sont toujours lingères ou couturières. Chez les garçons, M. Desplanches, horloger, embauche 2 jeunes apprentis et M. Bitaud un tout jeune quincaillier qui n’a pas encore 13 ans, Léon Lombertie né le 7 avril 1896 .

En 1909 on trouve 6 filles et 3 garçons. Les filles sont couturières (5) ou lingère (1). Les garçons apprennent le métier de maréchal-ferrant (2) et de quincaillier (1).

En 1910 il n’y a que des filles : 6 couturières, 1 lingère et 1 brodeuse. Cette dernière travaille à Brive chez Melle Assan.

En 1911 un garçon est employé comme tuilier par M. Roche et 5 filles sont soit couturières (3), soit lingères (2). Les patronnes sont Mesdames Dumoulin et Quinque.

En 1912 on constate une explosion du nombre des jeunes apprentis avec 17 jeunes  dont 15 filles qui sont toujours couturières (10) lingères (5) chez Mesdames Couvidou, Desmoulin, Dumoulin, Guyonnaud, Jourdes, Quinque et Rattier. Certaines n’ont pas encore 14 ans comme Angèle Jouhaud, Louise Faure ou Marguerite Faure, née le 5 décembre 1899 et embauchée le 19 octobre 1912 comme lingère.  Les 2 garçons sont l’un menuisier chez M. Rattier et l’autre maréchal-ferrant chez M. Sanciaud.

En 1913 le nombre de jeunes mineurs embauchés dans l’industrie chute vertigineusement pour tomber à 5, 4 filles et 1 garçon employé comme maréchal-ferrant  puis à 4 en 1914. Les filles sont toujours lingères ou couturières.

travail enfants 1916

 

En 1914 on ne compte que 4 jeunes enregistrés, 5 le seront en 1915, 5 en 1916 et 2 en 1917. Ce sont principalement des filles employées comme lingères ou couturières. Les 2 garçons sont tuiliers. L’un deux, André Muylle a tout juste 13 ans quand il est embauché. C’est le cas également pour la jeune Jeanne Mathieu, lingère à 13 ans et 9 mois.

En 1918 on compte 7 inscrits sur le registre, 6 filles comme lingères (5) ou couturière (1) et 1 garçon comme forgeron embauché chez Combrouse et Thomas.

travail enfants 1919

En 1919 il n’y a qu’une jeune couturière enregistrée de même qu’en 1920. La jeune Madeleine Combrouse n’a pas encore 14 ans lorsqu’elle part travailler chez Mme Breix comme couturière.

Le baron Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau ; Collections Ville de Périgueux,  Musée d'art et d'archéologie du Périgord ; Inv. n° B.1460

Le baron Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau  Collections Ville de Périgueux,
Musée d’art et d’archéologie du Périgord ; Inv. n° B.1460

Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau est né le 29 juillet 1756 à Nexon. Il est le fils de Jean-Baptiste de Verneilh, notaire royal à Nexon, et de Françoise Brun.

Juriste de formation il devient avocat. Il épouse Christine de La Vallade, dame de Puyraseau (Dordogne). Il aura 4 enfants :
• Mathurine-Hélène qui épousera Antoine François Pabot du Chatelard puis de Bertrand Bourdeau.
• Françoise-Geneviève épouse de Pierre-Marie Valade.
• Antoinette-Eulalie épouse de Jean Sasseau de Vigneras.
• Jean-Baptiste époux de Mademoiselle Chassaignac de la Berthonie.
Il quitte Nexon pour exercer en Dordogne. Au moment de la révolution il en partage les idées. Maire de Pluviers (Dordogne) et membre du conseil général il est élu député de la Dordogne le 9 septembre 1791. Il siégea parmi les modérés.
Pendant la Terreur il se retira à la campagne. Après la chute de Robespierre il fut nommé président du tribunal civil de Nontron, puis, en 1799, président du tribunal criminel de la Dordogne.
Rallié à Bonaparte après le coup d’état du 18 brumaire, il fut successivement Préfet de la Corrèze puis Préfet du département du Mont-Blanc (Savoie actuelle). En février 1804 il est révoqué pour avoir refusé de faire condamner 322 familles de conscrits réfractaires.
Sa disgrâce dura peu, car, en mai suivant, il fut nommé directeur des droits réunis dans la Mayenne, mais il refusa. Il se retrouve directeur du bureau des desséchements*
*La priorité accordée aux céréales au XVIIIe siècle et la volonté d’en augmenter la production conduisit à accroître les surfaces labourables. Pour cela il fallait défricher et dessécher. Les principales cibles étaient les étangs et les marais. Les étangs, surtout après la révolution, étaient la première cible pour l’assèchement car, dans l’Ancien régime seul le seigneur décidait de la création et de l’extension des étangs sur sa seigneurie, même si cela se faisait au détriment des terres ou des prés situés autour. Les marais étaient condamnés pour deux raisons; d’abord pour une raison sanitaire, leurs eaux stagnantes étaient accusées d’engendrer de nombreuses maladies et épidémies. Ensuite les marais étaient considérés comme peu productifs car mal gérés du fait qu’une grande partie d’entre eux étaient des biens communaux. Pour une analyse complète de ce sujet lire Jean-Michel DEREX, 13. Le dessèchement des étangs et des marais dans le débat politique et social français du milieu du XVIIIe siècle à la révolution In : Eau et développement dans l’Europe moderne [en ligne]. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2004 ; Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionsmsh/1354>. ISBN : 9782735115761.

Le 10 aout 1810 il est élu député de la Dordogne. Il approuve la chute de Napoléon et en 1814-1815 et le 18 mai 1815 il est élu à la Chambre des Cent-Jours par l’arrondissement de Nontron puis en septembre 1817 il est député du grand collège de la Dordogne. Battu en 1824 il est élu en 1827 et en 1830.
A la Restauration il est fait baron et il est promu chevalier de la Légion d’honneur.
Il meurt à Limoges le 3 juin 1839.
En 1836, il publiera ses mémoires « Mes souvenirs de 75 ans ». Alors qu’il est appelé Jean-Joseph dans toutes les biographies, ses mémoires sont signées « Charles-Joseph » ! Il y a la une énigme ! Quoi qu’il en soit ces mémoires sont intéressantes car il relate sa jeunesse à Nexon, les vacances qu’il y passait et les voyages qu’il rendait à ses parents. Elles le sont aussi par la description de la vie à la fin du XVIIIe et au début du XXe siècle.

1814 c’est la chute de l’Empire et la fin des guerres napoléoniennes ;

Après la désastreuse campagne de Russie de 1812, Napoléon du faire face à une nouvelle coalition regroupant l’Angleterre, la Russie, la Prusse et la Suède. Ayant refusé les propositions de paix de l’Autriche celle-ci rejoignit la coalition et Napoléon se retrouva avec toute l’Europe contre lui. Il perd la bataille de Leipzig (octobre 1813) et bat en retraite laissant  60 000 soldats sur le champ de bataille.

Dès janvier 1814 s’engage la campagne de France au cours de laquelle Napoléon tente d’empêcher l’invasion de la France. Malgré plusieurs victoires et après l’entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, napoléon abdique le 6 avril 1814  et part en exil à l’ile d’Elbe.

C’est la fin de 23 années de guerres qui ont mobilisé près de 2,8 millions de Français dans l’armée de terre et 150 000 sur mer.

Le Limousin a donné les généraux Jourdain, Brune, Souham et le futur Maréchal Bugeaud – présent comme caporal à Austerlitz.  De nombreux jeunes garçons de Nexon ont parcourus l’Europe, soit avec les armées révolutionnaires soit avec les armées napoléoniennes.

1914 début de la première guerre mondiale

Cent ans plus tard débute ce qui sera le premier conflit mondial. Au cours de celui-ci la France aura mobilisé 7,8 millions d’hommes et perdu 1,4 de ses soldats. De nombreux jeunes de Nexon ont participé à ce conflit et 137, en moyenne 3 par mois, y ont perdu la vie.

2014…

La France vit la plus longue période de paix de toute son histoire. Le dernier jeune nexonnais mort au champ d’honneur a été tué en Algérie et depuis la loi du 28 octobre 1997 le  service militaire est suspendu.

Nexon en 1814

Combien de jeunes ont été participés aux campagnes napoléoniennes. Le comptage n’est pas fait mais on sait combien étaient encore vivants en 1857. En effet, le 15 avril 1821, pendant son exil de Sainte-Hélène, Napoléon dicte son testament. Une partie concerne les soldats qui  avaient combattu à ses coté a qui il lègue la moitié de son patrimoine privé, qu’il estime alors à 200 millions de francs. Mais ces biens ont été confisqués au bénéfice du trésor Royal en vertu du traité de Fontainebleau, du 11 avril 1814, qui avait décidé que les biens que l’empereur possédait encore, au moment de son abdication, revenaient à la Couronne.

Lorsque son neveu Napoléon III est devenu Empereur il a décidé d’honorer la parole de son oncle. Le 12 août 1857, un décret signé à Saint-Cloud, institue la médaille de Sainte-Hélène, destinée  à « rappeler à tous ceux qui avaient servi dans nos armées, la dernière pensée de leur chef. »

Les archives ayant disparu dans l’incendie du palais de la Légion d’Honneur durant la Commune, on estime à environ 400 000 titulaires, en France et à l’étranger,  le nombre de titulaires de cette médaille. Cette estimation résulte du travail de centaines de bénévoles qui ont dépouillé les archives. Le travail a été totalement réalisé pour la Haute Vienne. Il est disponible sur le site http://www.stehelene.org .

Les médaillés ont tous plus de 60 ans. Ils ont survécus à la violence des combats, à la fatigue des longues marches, aux blessures… .  La première distribution a eu lieu le 15 août 1857. Le premier médaillé est Jérôme Bonaparte, le plus jeune frère de Napoléon, âgé de 75 ans. Le célèbre  capitaine Coignet est parmi les récipiendaires.

A Nexon 9 anciens recevront la médaille :

  • BREIX Louis, soldat au 2° régiment de chasseurs à cheval
  • BROUHAUD  J. Baptiste-Armand, brigadier au 7° régiment de Chasseurs,  Médaillé le 06/01/1858
  • BROUHAUD  Léonard, journalier,  Médaillé le 22/04/1858
  • CHEVALIER  Antoine-Blaise-Léonard, soldat au 2° régiment de tirailleurs de la Jeune garde et au  6°Voltigeurs à cheval, Médaillé le 06/01/1858
  • DENIS  Antoine, soldat au 2° régiment de Voltigeurs de la Garde,  Médaillé le 06/01/1858
  • DESPLANCHES  Martial, né à Nexon en 1788, Cultivateur résident à JOURGNAC, vétérans du 56° puis 5° régiment de ligne et du  3° régiment de la Jeune Garde comme chasseurs à pied. Mobilisé de 1805 à Waterloo il est resté au milieu des morts de Waterloo avec le nez coupé en deux. Médaillé le 15/11/1858.
  • GUYOT  François-Louis, soldat aux Lanciers de la garde,  Médaillé le 06/01/1858
  • LELONG  Annet, soldat au  4° régiment de ligne,  Médaillé le 06/01/1858
  • MEMERY  Jean, soldat au 16° régiment léger,  Médaillé le 06/01/1858.

Que note-t-on dans les délibérations du Conseil municipal ?[1]

Depuis la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) le maire n’est pas le représentant des citoyens qui l’élisent mais il est un fonctionnaire public, soumis à l’autorité du sous-préfet et du préfet. Il est nommé pour cinq ans et révocable par le chef de l’État dans les communes de plus de 5 000 habitants et par le préfet dans les autres communes. François Louis GUYOT, élu maire en 1794 le restera pendant près de trente ans. Son long exercice ne sera interrompu que pendant une courte période de moins de 3 ans pendant laquelle sera nommé  Jean MAZELLE.

Dans les communes de moins de 2 500 habitants, comme Nexon, le Conseil est formé de dix membres nommés par le préfet pour trois ans. A partir de 1802 ils sont élus pour dix ans par les assemblées de canton sur la liste des cent citoyens les plus imposés du canton. Ils peuvent être révoqués par le préfet ou le chef de l’État.

Au fur et à mesure des guerres napoléoniennes les coalisés reprennent l’avantage et au début de l’année 1814 la Campagne de France va voir les armées de Napoléon reculer et malgré quelques manœuvres de retardement il ne peut empêcher les alliés de prendre Paris le 31 mars. Réunis au Congrès de Vienne les coalisés hésitent sur le successeur à donner à Napoléon. Malgré son impopularité ils finissent par choisir Louis XVIII, frère de Louis XVI. Le 5 avril il monte sur le trône, débarque à Calais le 24 avril et entre dans Paris le 5 mai.

 1. Le conseil se félicite de la chute de  Napoléon.

Le 18 avril 1814 le Conseil se félicite des heureux événements qui sont arrivés à Paris depuis le 28 mars dernier et ont donné une adhésion pleine et entière aux actes du Sénat, du Corps législatif et du  gouvernement provisoire en répétant plusieurs fois : VIVE LA PAIX, VIVE LOUIS XVIII.

 2. Le conseil délibère sur les troupes espagnoles.

Le 9 juillet 1814 le Conseil délibère sur la nourriture et la subsistance des troupes espagnoles stationnées à Nexon et dans la commune. Pourquoi ces troupes ?

En 1808  Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, a été installé sur le trône d’Espagne. Le peuple de Madrid s’étant soulevé il subit une terrible répression (2 et 3 mai 1808) .A la suite de ces évènements, de nombreux prisonniers espagnols vont être déportés en France. Pour éviter tout retour en Espagne après une éventuelle évasion ils sont envoyés vers le nord.  Leur route passe souvent par la Haute Vienne. Ainsi du 29 décembre au 31 janvier 1809, 1480 d’entre eux arrivent à Limoges[2]. On est en plein hiver, le voyage s’est déroulé dans des conditions très pénibles. Ils sont logés dans les salles de l’ancien séminaire. Pour la plupart, ce n’est qu’une étape mais certains, trop faibles pour reprendre la route, vont rester à Limoges. En moins de deux mois, plus de trente limougeauds meurent frappés de ce qu’on appelait la peste espagnole contractée auprès des prisonniers espagnols qu’elles avaient soignés. Parmi les Espagnols il y eut aussi de nombreux décès. Une panique s’est alors répandue à Limoges et dans tous les environs.

En janvier 1810 le maire de Chalus envoie un appel de détresse au préfet de la Haute Vienne : «3 800 espagnols doivent faire étape chez moi. Même en les installant en plein champ je n’aurai pas assez de bois pour les chauffer  tous … ils sont dans un état déplorable de fatigue, de misère et d’épuisement». Il est demande au préfet de faire préparer à l’avance soupe et viande que le chef de détachement acquittera avec les 25 sous par homme et par jour qui lui ont été attribués.

En janvier 1811 un convoi de 1600 espagnols est annoncé. Ils sont 8000 en février 1812. Au total 65000 espagnols ont été déportés en France lors des guerres de l’Empire[3]. Certains sont restés en France. A Limoges on cite le cas de Salby GUYCHER qui exerçait le métier de chapelier; Il épousa Jeanne Gibus, une des sœurs du perruquier Pierre Gibus cousins des frères Gibus, nés à Limoges qui inventèrent  en 1834 le chapeau-claque, un chapeau haut-de-forme pliant.

Il n’est donc pas étonnant que des troupes espagnoles soient passées à Nexon, ce qui explique la délibération du 9 juillet qui, malgré l’amnistie accordée à ces troupes par le roi d’Espagne, autorise le Maire, assisté du Percepteur, à dresser une liste des plus riches propriétaires et de placer chez chacun d’eux un de ces militaires, de leur assurer les fournitures ordinaires et cuisinées en pareil cas et de les garder jusqu’à leur départ. Chaque militaire sera tenu de mener une vie régulière et de se conformer aux usages locaux, de ne commettre ni vol ni malversation. Ils devront se coucher à 8 heures du soir et se rendre utiles à leur hôte et répondre à la revue qui aura lieu chaque dimanche à 10 heures sur la Place publique.

Le Maire signalera au Ministre de la Guerre la malheureuse position de la commune et réclamera le départ de ces troupes ou obtenir des vivres.

3. Le conseil délibère sur le nouveau cimetière

Depuis octobre 1807 la commune demande l’autorisation de créer un nouveau cimetière, l’actuel étant situé au milieu du bourg entraine de la gène pour les constructions nouvelles et des risques sanitaires.

Après plusieurs années d’atermoiement, une enquête de commodo et incommodo fut ouverte en 1812. Elle fut réalisée par Antoine DELIGNAT-LAVAUD, Maire de Saint Hilaire Lastours. Le rapport établi à cet effet relate, entre autres choses, que les maisons environnantes devenaient parfois inhabitables en été, à cause des mauvaises odeurs.

La 8 novembre 1814 le conseil dresse le devis estimatif et descriptif de la clôture du nouveau cimetière qui coûtera 1 222 francs. La vente des noyers de l’ancien cimetière n’ayant produit qu’une somme de 480 francs le conseil demande à l’Empereur de prendre en charge la différence, la commune étant déjà trop imposée. L’ancien cimetière n’ayant produit qu’une somme de 480 francs, le Conseil demande à l’Empereur de prendre en charge la différence, la commune étant déjà trop imposée.

Mais le manque de ressources et la chute de l’Empire firent encore reculer la construction du nouveau cimetière. La translation de l’ancien vers le nouveau ne devint effective qu’à la fin de 1817.

La commune de Nexon n’eut rien à débourser comme prix du terrain. L’emplacement du cimetière fut échangé par Gabriel Tarade, arpenteur du bourg, contre une parcelle de l’ancien. Celui-ci fut immédiatement transformé en place publique ou champ de foire, destination qu’il a conservée jusqu’ aux années 1970.


[1] D’après les archives et documents officiels consultés et publiés dans le Bulletin municipal n°3 de la Ville de Nexon. La suite fut publiée dans les numéros suivants, d’une manière variable, jusqu’en 1968

[2] A. Lecler : « La maladie des Espagnols à Limoges en 1809 », Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, LV, 1905, pages 217-240

[3]  Jean-René Aymes «  La déportation sous le 1er Empire – Les Espagnols en France – 1808-1814 » Publications de la Sorbonne, Paris, 1983, p.170