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Les fêtes à Nexon. Du début des année 1950 à 1957.

Les fêtes à Nexon avec défilés de chars ont commencé au début des années 1950. Mes souvenirs sont plus précis à partir de 1957. Cette année j’avais 10 ans et je me souviens bien des chars qui défilaient pour la fête de septembre. Comme nous habitions en dehors du bourg nous ne participions pas à leur confection. Chaque quartier prenait en charge la réalisation de son chars. Il fallait trouver une grange ou un grand garage pour le stocker pendant plusieurs mois, fabriquer les fleurs qui allaient les décorer, les habits pour celles et ceux qui seraient sur les chars… bref du travail pour plusieurs soirées mais de la convivialité, de la bonne humeur…

N’ayant pas participé à la création des chars j’avais le plaisir de leur découverte mais aussi une certaine frustration de ne pas être sur l’un deux. Je voyais mes camarades de classe défiler et je ne pouvais que les regarder. J’ignorais tout le travail qu’il avait fallu pour obtenir ces chars qui émerveillaient jeunes et moins jeunes. Et comme le soleil a pratiquement toujours été de la partie ce ne sont que de beaux souvenirs.

Je vais afficher les photos avec très peu de commentaires. La majorité concerne la fête de 1957 mais deux chars presque identiques ne peuvent pas avoir défilés la même année. Peut-être que quelqu’un aura un souvenir précis de tel ou tel char alors n’hésitez pas à corriger, préciser, écrire un commentaire, me proposer des photos ….

Si ma mémoire est bonne le défilé était ouvert par une fanfare que suivaient les grosses têtes. Le cortège partait de la gare et remontait vers le bourg et traversait la fête jusqu’aux 4 routes de la bascule puis repartait en sens inverse.

A la gare en attendant le départ

Les grosses têtes ouvraient souvent le défilé.

Les grosses têtes

Les chars se suivent avec, intercalé, une fanfare ou un défilé costumé.

Ce char doit être celui de Blanche Neige et les 7 nains. Il est monté sur l’attelage de M. DESBORDES. Les mamans sont attentives a ce que les enfants soient bien à leur place.

La voiture des pêcheurs était celles du garage LASPERAS.

Ce char ressemble à celui de Blanche neige mais il n’a pas été réalisé la même année. Il s’appelle « Le petit chaperon rouge ». Il s’apprête à quitter la gare.

Celui-ci s’appelle « Maitre Pierre ». On le retrouvera plus loin dans la traversée du bourg.

La République décrite avec humour: le fisc, le service militaire…

Le défilé a commencé et il remonte l’avenue de la gare. Il n’y a pas la foule…

La Raie Publique !

Pose devant la chapelle des Garennes…

« Maitre Pierre » arrive …

Passage devant l’hôtel du Nord et le salon de coiffure ERNY.

Les grosses têtes arrivent dans le bourg. la foule est dense.

Il y a un char dont je ne me souviens pas du nom mais dont je connais presque tous les participants. Il a été réalisé par les habitants du haut de l’avenue de la gare avec les familles LASPOUGEAS, LAPLAUD, VALETTE, LAMONERIE…

Michèle, mon épouse décédée trop tôt et ses frères Jean Paul et Christian, leur cousine Françoise, Jean Paul, Patrice VALETTE, Jean Pierre LAMONERIE…

Le char des Pieds nickelés sur lequel je ne retrouve pas Croquignol, Ribouldingue, et Filochard mais j’y reconnais Jean Marie DESSELAS.

Les foires à Nexon

En Limousin le réseau de foires s’est mis en place dès le XIIIe siècle. Il s’est développé au cours du XVIe siècle puis à la fin du XVIIe de sorte qu’au XVIIIe siècle aucune paroisse ne se trouvait à plus de 15 km d’un lieu de foire. S’y déroulent les marchés aux bestiaux avec leur saisonnalité : bœufs de harnais au printemps, bœufs gras de novembre à fin janvier, veaux, génisses mais aussi chevaux, porcs, moutons. S’y retrouvent aussi des marchands de tissus et de quincaillerie.

Si elles ont lieu toute l’année elles sont moins actives pendant le carême et durant la période d’intense activité agricole engendrée par les récoltes. Leur date est généralement fixée un jour de la semaine déterminé (3ème vendredi du mois ou le 16 de chaque mois …) ou le jour de la fête d’un saint (Saint Lou …) ou d’une fête religieuse (lundi des Rameaux …).

Dans les années 1760, les 3 départements du Limousin comptent 140 lieux de foires totalisant 958 jours de foires soit une foire tous les 2 mois en moyenne. (Atlas historique du Limousin[1])

Bien avant Nexon c’est Chalus qui avait les foires à bestiaux les plus renommées de la région avec un important commerce de chevaux du Limousin.

1- Quelques décisions du conseil municipal entre 1792 à 1860 :

Le 15 janvier 1792 la Municipalité fut invitée à créer des foires à date fixe, celles existantes alors étant très variables. Elle décida que les foires auraient lieu le dernier mardi de chaque mois, à compter du mois de février pour la vente du bétail et toutes sortes et denrées.

Le 1er novembre 1792 la municipalité décida de donner une plus grande publicité aux foires de Nexon et décide que le citoyen BARDON, imprimeur et commandant de la Garde Nationale à Limoges, fasse une annonce pour ces foires dans son calendrier.

Le 28 thermidor an II (15 aout 1794), le Conseil décide que par suite du nouveau calendrier les douze foires de l’année qui se tenaient le dernier mardi de chaque mois auraient lieu, à compter de ce jour, tous les 21, sauf celle de janvier, Pâques, septembre qui seront en plus à date fixe. Cette décision sera publiée dans le calendrier des foires du sieur Jean BAUDOUT, imprimeur, et 150 exemplaires de ce calendrier des foires seront distribués.

Le calendrier révolutionnaire en transformant le mois qui était composé de quatre semaines en trois décades a posé des problèmes pour la fixation du jour des foires et marchés. Les villes comme Chalus qui avaient un marchés hebdomadaires en perdaient un chaque mois. Mais les habitudes furent souvent les plus fortes et les marchés continuèrent à se tenir aux dates anciennes en ignorant le calendrier révolutionnaire.

Le 10 Germinal an III (30 mars 1795), jour de foire à NEX0N, les sieurs Gabriel LA VAREILLE et Pierre MONTAZEL étaient venus acheter des bœufs pour l’approvisionnement de l’armée d’Italie. Les paysans refusèrent de livrer les bêtes sans être payés sur le champ malgré les protestations des acheteurs qui promettaient un paiement sous un mois.  

Le 13 décembre 1805 le ministre de l’Intérieur approuve le calendrier des foires sur l’ensemble du territoire. Dans le tableau que dresse Louis TEXIER-OLIVIER préfet de la Haute-Vienne du département de la Haute-Vienne en 1807 il publie la liste des foires du département[2]. On constate qu’à Nexon 6 foires sont autorisées contre 12 à Saint-Yrieix et Saint Germain et 7 à Chalus.

Les foires en Haute-Vienne en 1805

[1] http://www.unilim.fr/atlas-historique-limousin/wp-content/uploads/sites/19/2015/11/notice-foires-18eme-V3.pdf

[2] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85050c/f548.item

Si l’on compare au nombre de foires qui se tenaient avec avant ce texte, ce calendrier est très restrictif. Mais les communes ne le respectaient pas à la lettre ce qui amenait le préfet à rappeler la règle aux maires.

Le 19 aout 1821 le Conseil est saisi par la commune de Chalus d’une demande d’établir de nouvelles foires. Le conseil décide, dans l’intérêt du commerce, de rejeter cette demande aux motifs :

– que la ville de Chalus a déjà un marché tous les vendredis

– qu’il y a déjà trop de foires qui tombent le même jour

– que ce grand nombre de foires porte un préjudice réel à l’agriculture, que beaucoup d’individus n’y vont que par curiosité et qu’ils remplissent les cabarets, font des ivrognes, ont des disputes et souvent se battent au lieu de travailler leur propriété.

Le 17 juillet 1836 le conseil proteste contre la création de nouvelles foires à Châlus, Saint Yrieix et Flavignac qui tomberaient en même temps que celles de Nexon.

Le 17 mars 1841 le conseil examine une demande de foire de la commune de Magnac Bourg. Il décide que ces foires ne pourront se tenir le 18 septembre car le 18 se tient à Nexon, depuis un temps immémorial, la plus grande, la plus brillante et la plus considérable des foires du département.

Le 15 mars 1848, le Maire décide que pour éviter les accidents les jours de foire la répartition du bétail se ferait comme suit : sur les deux places neuves et de la Chapelle les bœufs, moutons, brebis et cochons. Sur la place de l’Eglise les autres bestiaux, les étalagistes et autres marchands.

Le 23 novembre 1854 Le conseil donne un avis favorable à la création de foires à la Roche l’Abeille et Château Chervix.

Dès les années 1850 quelques grands propriétaires, Charles de Léobardy, Pierre-Edmond Teisserenc Bort et plus tard le baron de Nexon se lancent dans l’amélioration de la race bovine Limousine. Leurs efforts aboutissent en 1886 à la création du herd-book limousin. Après la charolaise la limousine devient ainsi la seconde race bovine française à avoir son herd-book. Les métayers en copiant les méthodes de leurs maîtres ont largement contribués à l’expansion de la race. Les concours, les comices agricoles se sont développés (celui de Nexon en 1877 -voir le chapitre sur ce sujet), les foires se sont multipliées, les expéditions vers les grandes métropoles comme Lyon et Saint Etienne ont contribués à la forte demande de viande bovine limousine.

2- Les foires de Nexon vont bénéficier de l’arrivée du chemin de fer.

La mise en service de la ligne Limoges-Périgueux le 26 aout 1861 va donner à la foire de Nexon une importance qui va durer pendant un siècle. L’effet de la gare sur l’activité économique c’est fait sentir dans les quinze jours qui ont suivi l’ouverture de la gare de Nexon. Ainsi une vente de 46 chevaux de 9 bovins, de porcs et de volailles de race est annoncée à l’arrivée des trains venant du Nord et du Midi.

Le Courrier de Centre 7 septembre 1861

Si le chemin de fer permet d’envoyer, relativement rapidement, dans toute la France des animaux, du kaolin ou de la porcelaine réciproquement Nexon peut bénéficier de produits venant de toute la France voire du monde entier. Ainsi un dépôt de charbon s’est ouvert à Nexon dès 1861 chez M. GIZARDIN.

Le Courrier de centre 7 septembre 1861

La compagnie du Paris-Orléans a très vite compris que les foires drainaient de nombreux voyageurs et de ce fait elle proposait des tarifs spéciaux pour ces jours-là.

Le Courrier du Centre 8 octobre 1862

La mise en service de la ligne vers Saint Yrieix la Perche le 20 décembre 1875 va conforter l’importance des foires de Nexon et faire de la gare un centre d’activité avec plusieurs hôtels et restaurants.  A contrario Chalus patira du fait de n’avoir pas un embranchement direct vers les grandes métropoles. Dès la fin de la Première mondiale l’activité des deux foires de la Saint-Georges (23 avril) et de la Saint-Michel (30 septembre) déclinèrent.

Lors de chaque foire à Nexon ce sont plusieurs centaines de bovins qui sont proposés à la vente. Mais si les bovins représentent l’activité la plus voyante des foires de Nexon il ne faut pas oublier les porcs, les moutons …

Mars 1878
Le Courrier du Centre 19 mars 1881
Le Courrier du centre 19 novembre 1892

Avec l’ouverture de la ligne Nexon – Brive ou les toucheurs de bétail, les marchands de bestiaux de la Corrèze demandent que ceux qui conduisent les bovins avec un aiguillon bénéficient du transport gratuit sur les lignes de leur département comme c’est le cas en Haute-Vienne :

En 1897 un marché aux volaille est créé à Nexon, il vient s’ajouter aux échangent qui s’opèrent lors des foires pour ces divers animaux comme on le constate sur l’article consacré à la foire du 16 mai 1898.

Le Courrier du centre 15 octobre 1897

La gare de Nexon bénéficie d’un emplacement rare, au croisement de 3 lignes directes vers 3 grands marché, Limoges, Brive et Périgueux. De ces 3 villes les productions nexonnaises peuvent facilement s’écouler au Nord et au sud de la France.

Le Courrier du Centre 19 mai 1898

Les centaines de bêtes qui sont expédiées à Lyon ou Saint-Etienne nécessitent de 30 à 50 wagons. Cela prend du temps pour embarquer les animaux. Les dernières bêtes sont chargés alors qu’il fait déjà nuit et certains paysans doivent marcher une heure et souvent plus pour rentrer chez eux.

Dès 1896 le Conseil municipal demande que le quai d’embarquement soit agrandi et qu’un nouveau quai soit construit. En 1904 M. NOUHAUT, député, et plusieurs de ses collègues appuient la demande du Conseil municipal.

Conseil Général de la Haute-Vienne 1904

La Première Guerre mondiale et l’arrivée des soldats américains à partir de 1917 ont conduit à d’importants travaux à la gare de Nexon (voir le chapitre « Les américains à Nexon ») mais il faut croire que ce ne fut pas suffisant pour les jours de foire puisqu’en 1930 M. DEBREGEAS a une nouvelle fois demandé au Conseil général d’aménager de nouveaux quais d’embarquement.

Conseil général 15 mai 1930

Il faut imaginer la descente vers la gare de centaines d’animaux, les jeunes veaux et les génisses liés à leur mère afin de les maitriser. Une fois les bêtes embarquées un certain nombre d’éleveurs et de marchands s’attablent dans les trois cafés-hôtel-restaurant du quartier de la gare. Dans le bourg les restaurants ne travaillent pas aux mêmes horaires. Une fois la vente conclue éleveurs et marchands se retrouve dans les restaurants situés autours du champ de foire et de la place de l’église pour un copieux casse-croute. Chaque restaurant à sa spécialité. Ainsi Mme QUINQUE qui ouvre son restaurant les jours de foire et pour les frairies prépare des pieds de cochons au vin rouge. Ils sont suivis d’un fromage et bien sur accompagné d’une bonne bouteille de vin. Les 3 salles sont combles et les marchands sortent leurs énormes portefeuilles remplis de billets et ceux-ci changent de main. Ceci terminé ceux qui ont vendus leurs bêtes descendent à la gare pour l’expédition. Ceux qui sont venus sans bêtes sont moins contraints par le temps. Ils déjeunent dans les restaurants plus éloignés du foirail. Certains ont payé un accordéoniste pour l’après midi et les valses et les bourrées se substituaient aux marchandages de la matinée. René REBIERRE, ancien maire de Nexon, dont les parents étaient marchands de vin près de la gare, me disait que le plus important des restaurant de la gare écoulait 400 litres de vin rouge et 200 litres de vin blanc chaque jour de foire. Et même si ces vins ne titraient le plus souvent que 9 ou 10 degrés d’alcool il a souvent vu des gens dormir dans le fossé autours de chez ses parents, sans parler des bagarres qui ne manquaient pas d’éclater entre groupes d’individus un peu trop enivrés.

Avec le développement de l’automobile les longues marches pour venir à la foire, puis pour descendre à la gare, ne vont plus se faire à pied mais dans des bétaillères. Au fil des années, et en l’absence d’espaces de stationnement, les voitures se garent sur les fossés, de chaque côté de la route jusqu’au pont de Biard. Je n’ai pas trouvé de photos prises à Nexon mais une carte postale de Pierre-Buffière qui montre les abords de la gare un jour de foire à la fin des années 1940 nous donne une idée de ce que cela pouvait donner à Nexon.

Les jours de foire tous les paysans ne venaient uniquement pour vendre leurs bêtes mais aussi pour acheter des outils et du matériel agricole. Leurs épouses, qui les accompagnaient, en profitaient pour acheter tissus, laines, ustensiles de cuisines… Les enfants qui n’avaient pas classe les jours de foire pour éviter un encombrement supplémentaire des routes, ouvraient de larges yeux en faisant le tour des différents étals et s’attardaient devant ces bazars où tout était à 100 sous puis 1 franc… C’était le prix qui se pratiquait lorsque, jeune écolier, j’allais faire un tour à la foire et j’achetais un roudoudou ou une cage à hanneton ! 

Tous ces marchands devaient s’acquitter d’un droit de place qu’ils payaient à l’adjudicataire qui avait emporté le marché pour l’année. Pour devenir adjudicataire il avait fallu payer les sommes suivantes :

Pour avoir une idée de ce que représente ces sommes, 3 000 francs en 1901 à le même pouvoir d’achat que 12 000 euros en 2021.

L’adjudicataire devait nettoyer les places à la fin de la foire, enlever les boues et immondices, combler les trous faits par les cochons …

Dès que l’éclairage électrique a été installé à Nexon, l’adjudicataire devait assurer un éclairage suffisant des bancs dès la veille.

Des années 1880 jusqu’en 1924 l’adjudicataire encaissait le prix des droits qui variaient de 50 centimes à 1 franc pour une longueur de 2 mètres en fonction de l’endroit où les bancs se trouvaient. En 1924 les tarifs ont augmenté de 50% et le banc de 2 mètres de longueur sur un mètre de largeur est passé à 1,50 franc.

En 1909 le Conseil municipal a été amené à faire payer les jardiniers qui ne prenaient pas de banc et vendaient leurs fruits et légumes depuis leur cariole.

A partir du 1er janvier 1921 le conseil municipal décide de faire payer un droit d’entrée pour les animaux les jours de foire. Du 1er janvier 1921 au 31 décembre 1924 les prix étaient les suivants :

Droits d’entrée sur le foirail à Nexon pour les animaux du 1er janvier 1921 au 31 décembre 1924

En théorie les négociations entre marchands et éleveurs ne pouvaient commencer qu’à partir d’une heure fixée par arrêté municipal. Celle-ci n’a cessé de changer et a varié entre 5H00 et 8H00 du matin, jusqu’à totalement disparaitre à certaines périodes, comme en 1936. En 1939 l’heure d’ouverture des foires est rétablie et fixée à 6 heures l’été et 7 heures l’hiver. L’indiscipline des marchands et des éleveurs était notoire, certains négociant les prix avant l’entrée du bourg.

3- Le lent déclin des foires

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale les foires retrouvent toute leur activité. Ainsi le vendredi 16 janvier 1947 plus de 1.200 bêtes à cornes et 300 porcs de toutes tailles se trouvaient rassemblés. A 8 heures la vente « à vue » commence et les courtiers venus de Saint-Etienne, de Perpignan et de la région niçoise après avoir estimé d’un regard le poids exact de la bête à quelques kilos près, font une offre sur une base convenue entre eux. Les marchés sont conclus rapidement. Les liasses de billets passent de mains en mains, puis les bêtes dûment marquées sont acheminées vers la gare. Les porcs ont également attire de nombreux acheteurs. Mais une fois le marché conclu les porcs, truies et porcelets quittent Nexon par camions vers leurs destinations dernières.

Le Populaire samedi 18 janvier 1947

Mais Nexon ne retrouvera plus de telles foires. La campagne change avec un exode rural qui s’accélère. Les campagnes perdent leurs habitants au profit des grandes agglomérations. Au même moment les structures agricoles se bouleversent. La mécanisation conduit les agriculteurs à accroitre la surface de leurs exploitations. Les métairies disparaissent rapidement. Les marchés agricoles se modifient, les agriculteurs qui se sont de plus en plus spécialisés livrent en grande quantité directement aux coopératives ou aux marchands. 

Pendant les années 1960-1970 les ventes de bovins atteignent rarement les 500 têtes et sont plus proches des 250-300. Il faut dire que les ventes s’effectuent de plus en plus directement à la ferme et les animaux partent en camions vers leurs lieux de destination. La gare perd une partie de son activité marchandise, les cafés et restaurants ne connaissent plus les salles combles et le brouhaha qui s’amplifiait avec l’heure qui avançait et les bouteilles qui se vidaient.

En 1976 le maire de Nexon est interrogé par un journaliste sur l’avenir des foires. Sa réponse a été publiée dans le bulletin municipal :

BMI n° 92 1er trimestre 1976

En effet à Saint Yrieix les problèmes d’encombrement et les contraintes sanitaires incitent la municipalité à construire un marché couvert, au lieu-dit « Bourdelas », afin d’offrir aux différents acteurs de meilleurs conditions. Le marché aux bestiaux ouvre ses portes le 24 octobre 1980, entrainant de ce fait la fin des foires à Nexon. Pour l’anecdote René REBIERE qui était maire à cette époque rappelle que le maire de saint Yrieix n’était pas favorable à ce marché malgré les incitations des représentants de l’Etat. Le maire de Nexon fait savoir que sa commune est prête à accueillir ce marché. Ceci a suffit pour que son collègue arédien change d’avis !

BMI n° 111 décembre 1980

4- Le champ de foire jusqu’en 1950

Avant la Révolution de 1789 NEXON est un bourg groupé autour de son église. C’est autours devant  cette église  que se tenait, chaque année en septembre, une foire-fête importante en l’honneur de son patron St-Ferréol.

Les foires trouvèrent un nouveau lieu pour s’installer lorsqu’ à la fin de 1817, le vieux cimetière qui était en plein milieu du bourg, à la place de l’actuelle place de la République, a été déplacé pour des raisons d’hygiène vers l’extérieur en dehors du bourg, à la place qu’il occupe actuellement. La commune de Nexon n’eut rien à débourser comme prix du terrain. L’emplacement du cimetière actuel fut échangé par Gabriel Tarade, arpenteur du bourg, contre une parcelle de l’ancien. Celui-ci fut immédiatement transformé en place publique ou champ de foire, destination qu’il a conservée jusqu’à la fin du XXe siècle.

Mais la place libérée par le cimetière n’a pas toujours été totalement vide. La mairie y a été construite et les foires se déroulèrent sur l’actuelle place de la République mais aussi sur l’actuelle place Annie Fratellini. Plusieurs cartes postales d’avant la guerre de 1914-1918 lui donnaient le nom de place du champ de foire ou place du petit marché.

Sur la carte suivante on remarque deux choses intéressantes : cerclée de jaune l’ancienne mairie et le grand nombre de soldats. Ce sont des soldats américains arrivés à Nexon en 1918 où ils vont rester entre 2 et 3 mois pour s’entrainer avant de partir au camp de La Courtine puis au front.

Cerclée de jaune, l’ancienne mairie.

En observant bien on remarque un panneau de basket. Ce jeux était alors inconnu en France et ce sont ces jeunes soldats qui l’ont fait connaitre. Après leur départ il n’y a pas eu d’équipe de créée à Nexon mais à Limoges le basket est né grâce à ces jeunes soldats.

Mais le plus grand nombre de cartes postales intitulées « place du champ de foire » représentent tout ou partie de l’actuelle place de la République. Cependant on note un certain manque de rigueur chez les éditeurs car la place du champ de foire est aussi appelée « Place du Petit marché ». Il faut dire qu’à l’époque ou ont été éditée ces cartes postales il n’y avait de plaques indiquant le nom des places.

la carte de gauche avec un timbre de 5centimes à la Semeuse sur fond vert a été postée le 4 juillet 1909; celle de droit avec un timbre à 10 centimes à la semeuse sur fond orange a été postée le 3 aout 1913. Entre les deux date les tarifs n’ont pas augmenté mais la première est timbrée à 5c. car elle compte moins de 5 mots. ce tarif spécial a disparu en 1910, de ce fait la seconde doit payer le tarif normal qui est de 10c. Au fond à gauche on distingue l’hôtel du champ de foire et à droite, au premier plan, l’hôtel de la poste.

Les deux cartes suivantes représentent pratiquement la même vue. La première postée en septembre 1906 est timbrée à 5c. car elle comporte que la signature de l’expéditeur. Celle de droite est postée le 28 mai 1909 avec un timbre à 10 c. car l’expéditeur a écrit un texte de plusieurs lignes.

la carte suivante est toujours prise sous le même angle mais elle est plus récente car on constate que des trottoirs ont été construits. Sur cette partie du champ de foire il n’y a qu’un seul restaurant, à gauche, à l’angle de l’immeuble.

Carte postale de la collection du Dr ROBERT aux Archives Départementale de la Haute-Vienne

C’est une toute petite partie du champ de foire que l’on voit ici mais les jours de foire les bêtes occupaient toute la rue.

Après la la fin de la guerre de 1914-1918, la vieille mairie a été démolie et le monument aux morts a été érigé.

Les cartes postales précédentes ont toutes représenté le champ de foire sans bétail. mais il existe plusieurs belles cartes et photos qui montrent l’importance des foires de nexon dans la première partie du XXe siècle puis leur déclin progressif conduisant à la disparition du champ de foire, à la fois physiquement mais aussi symboliquement car maintenent aucune place ne porte ce nom.

Cette carte postale éditée par PRUNET qui était épicier à Nexon, date des années 1910. Elle a connu de nombreuses réédition de couleur différente (sépia) par des éditeurs différents. On voit a gauche le coin de l’ancienne mairie démolie en 1920 pour installer le monument aux morts. Sur cette carte postale où l’on peut compter plus de 100 bovins ont remarque peu de femmes. Il y en a quatre à droite dont deux portent une ombrelle et on aperçoit, à l’extrême droite une ombrelle dont on peu penser qu’elle est tenue par une femme. Les hommes ont tous la tête couverte ; La majorité d’entre eux porte un canotier, quelques un ont un feutre noir et d’autres, essentiellement des jeunes sont coiffés d’une casquette. Presque tous sont vêtus d’une longue blouse bleu foncé, parfois noire et quelques-uns sont en costume. Les bêtes sont tenues à la main toute la matinée. Ce n’est qu’après la guerre de 1939-1945 qu’elles seront attachées aux barres du foirail.

Postée le 4 septembre 1909

C’est la même vue que celle de la carte précédente mais à une saison différente mais sans doute la même année. Il fait moins chaud car les canotiers ont presque tous disparus. On remarque moins de femmes et les deux que l’on voit au premier plan à droite son tête nue et elles s’intéressent au bétail, l’une d’elle tâtant la croupe d’un veau.  

La vue suivante est plus récente. La vieille mairie a été démolie et transférée dans le bâtiment d’à coté. Nous sommes maintenant dans les années 1930, à la belle saison avec les hommes en canotiers. Dans le coin droit en bas on aperçoit un bout de tente. Elle est très visible sur la carte suivante, prise sans doute le même jour avec un plan plus large. Elle a été postée le 18 aout 1939 et elle est timbrée à 70 centimes. Trente ans auparavant le timbre coutait 10 centimes voire 5 pour moins de 5 mots !

Les bancs sont protégés du soleil par une toile. On distingue plusieurs bancs avec des meubles et des tissus tenus par des femmes.

Cette carte postale est prise devant l’ancienne mairie. Il y a moins de monde que sur les photos précédentes. Les canotiers sont rares et on ne voit pas d’ombrelles. Presque tous ont une canne, soit un simple bâton de châtaigner soit une canne en rotin dite « canne de marchand ». Sa poignée est très coudée pour que la canne puisse être coincée autour du bras, afin de laisser les mains libres pendant la négociation. La tige va en s’amincissant puis reprend sa taille d’origine ce qui lui donne de la souplesse et un « effet de fouet », utile pour faire tourner ou avancer les bêtes.

Un assemblage de deux photos photos prises un peu avant 1914 montre l’importance des foires de Nexon.

En prenant chaque photo des détails intéressants apparaissent.

Sur ce cliché tiré de la partie gauche, on remarque la terrasse devant le bâtiment qui n’est pas encore la mairie mais l’école. C’est cette terrasse que la communauté de commune a voulue rétablir pour redonner au bâtiment sa forme originelle. Mais aujourd’hui la minéralisation des espaces l’emporte souvent sur la végétalisation, un peu en contradiction avec le changement climatique qui exigerait pour limiter ses effets qu’il y ait plus de végétaux dans nos villes… Il y a peu de feuillages sur les arbustes et peu de canotiers sur les têtes ce qui me donne à penser que la photo est prise au printemps.

La partie droite, fortement agrandie, permet de distinguer plusieurs femmes en habit traditionnel. La blancheur de leur coiffe est visible au milieu  de la photo et sur la partie droite deux points blancs parrallèles à la rue qu’on ne distigue plus cachée par le bétail. Au fond, remontant sur le trottoir de la rue Pasteur devant la boulangerie puis la pharmacie et tourne à gauche et remonte la rue Champlain en passant devant le café de la poste et la charcutrie.

A côté des places situées autours de la mairie et sur lesquelles se déroulaient les marchés des bovins d’autres marchés étaient organisés place de l’église. Devant l’entrée du château c’était le marché des porcs. Loa carte postale ci-dessous nous fait découvrir un autre public que celui rencontré sur le marché des bovins.

Des jeunes enfants, garçons et filles, des jeunes femmes en robe, des femmes plus âgées en habits traditionnel et le barbichet d’un blanc éclatant côtoient des jeunes gens et des adultes en blouses bleues ou noires et chapeaux noirs discutent autours de petits groupes de cochons qui fouillent le sol.

Devant l’église se tenait le marché des volailles, mais je n’ai pas trouvé de photo sinon une carte postale avec la bascule en premier plan.

5- Le champ de foire à partir de 1950

Le 25 juin 1950 le conseil municipal décide de déplacer le monument aux morts à côté du cimetière. La place, maintenant totalement libérée, est aménagée en champ de foire avec une série de barres auxquelles seront attachés les animaux.

Il y a peu de monde pour cette foire. On remarque les moutons contre le mur de la maison qui, à l’époque, était celle de M. André LONGEQUEUE, pharmacien et conseiller municipal. Son frère Louis LONGEQUEUE était pharmacien comme lui et maire de Limoges. Une bétaillère et un combi VW sont garés à côté des moutons. Le quai d’embarquement, construit contre le mur en 1922, commence à hauteur de l’avant du combi VW. Les taureaux ne sont pas attachée aux barres et se trouvent dans un espace clos, plus bas.

On voit sur la photo ci-dessous, prise à la foire d’avril 1963, un éleveur qui tient son taureau de la main gauche et sa canne de la main droite.

Avril 1963
Un concours en 1968

Le Populaire publiait le 21 mars 1975 une photographie de la foire sous la neige. Mon père qui s’y trouvait a été saisi par l’objectif du photographe ! On remarque, en haut de la place, des tracteurs. Il est loin le temps ou les éleveurs venaient à pied…

Le Populaire 21 mars 1976

Ce jour d’avril 1984 il n’y a pas de foire et les voitures occupent l’espace laissé libre par les animaux.

Quand il n’y eu plus de foire à Nexon, un foirail n’était plus justifié. Durant les années 1984 et 1985 la place du champ de foire va être réaménagée. La commune n’a pas obtenu de subvention du département pour cette opération et la région a accordé une petite aide pour utiliser du granit limousin.

En mai 2016 j’ai pris quelques photos de l’ancien champ de foire où la verdure se mariait bien avec la couleur rosée du granit sous ce ciel tourmenté.

En 2020 dans le cadre d’un réaménagement complet du centre bourg l’ancien champ de foire a pris un nouveau visage l’éloignant de ce qui avait été un moteur important de l’activité nexonnaise pour passer a celui qui depuis plusieurs dizaines d’années fait connaitre nexon dans toute la France : le cirque. Pour justifier le choix de la nouvelle conception le maire déclarait à la presse « Il y a une forte identité spectacle à Nexon avec le Sirque, d’où l’idée de ce théâtre extérieur ».

Les bovins partis, les automobiles les remplacent et pour lutter contre le réchauffement climatique une voiture électrique est à la disposition des nexonnais et des visiteurs.

Le Populaire 17 mai 2021

6- Quelques cartes postales des foires de Limoges avant 1914.

On pense souvent que les foires n’existent qu’à la campagne mais on oublie que depuis le Moyen Age de grandes Foires existaient dans les plus grandes villes françaises. Et à Limoges tout le monde connait les deux grandes foires, la foire de la saint Loup le 22 mai, créée en l’honneur de Loup évêque de Limoges, connue depuis le XIVe siècle et la foire des Innocents le 28 décembre, créée en 1566 par un édit de Charles IX. On connait moins les foires aux animaux qui se déroulaient sur le champ de foire, aujourd’hui parking W. Churchill. Quelques cartes postales permettent de ne pas oublier ces moments.

Sur la carte postale de gauche postée le 21 novembre 1904 et sur celle de droite postée le 9 juillet 1905, les éleveurs sont vêtus de la même manière que ceux de Nexon.

A côté des bovins il y avait la foire aux cochons. Sur la carte de droite on voit un langueyeur à l’ouvrage. Cette personne avait pour tâche de détecter la ladrerie chez le porc vivant destiné à la vente. Il s’agit d’une maladie parasitaire provoquée par la présence dans les muscles de l’animal de cysticerques, formes larvaires de certains ténias. Chez l’homme, ce parasite est le ver solitaire. Cette maladie était très fréquente autrefois du fait du manque d’hygiène et d’une cuisson pas assez élevée de la viande et se transmettait de l’animal à l’homme et réciproquement. C’est à cause de ce danger que les religions juive et musulmane auraient interdit la consommation de viande de porc. Après la Première Guerre mondiale la présence des langueyeurs se fit plus rare car les contrôles sanitaires de la viande de boucherie par des vétérinaires devinrent systématiques, que l’hygiène et la salubrité publique se firent des progrès dans le monde rural et que la cuisson de la viande de porc à une température élevée s’imposa. Et petit à petit on n’entendit plus parler d’un enfant qui aurait le vers solitaire…

Pour clore cette escapade vers les foires à Limoges, une foire aux ânes, non pas sur le champ de foire mais sur le champ de juillet. Il n’y en avait pas à Nexon bien que l’âne soit utilisé pour tracter une cariole mais pour cela le cheval était largement préféré.

Carte postée le 4 décembre 1908

Pour conclure je cite un passage de G-A COISSAC (1868-1946), spécialiste du cinéma français entre les deux guerres et amoureux de son Limousin natal auquel il a consacré un ouvrage : « La foire, c’est la faiblesse du paysan limousin ; il les connait toutes à 40 ou 50 kilomètres à la ronde : la foire des « nourrains » (petits cochons), des porcs gras, des moutons et brebis, des chèvres, des ânes, des chevaux, des bœufs ou des vaches, etc. Il y court par entraînement, sans raison, ou mieux il trouve sans cesse des raisons de s’y rendre, les plus futiles motifs l’y engagent : une paire de souliers à acheter, par exemple, alors qu’il a le cordonnier à sa porte. Il se plantera devant le charlatan, le marchand de drogues, d’onguent et d’orviétan, écoutera la musique et admirera les jongleries, etc. Bref, il ira à la foire… pour aller à la foire. N’est-ce pas une occasion d’aller boire chopine (lou miequart) et de manger une de ces bonnes tartes de Chamboulive, dont la renommée a franchi les limites de la Corrèze ! »

C’est ce que constatait le Conseil municipal de Nexon lorsque le 19 mai 1865 il a protesté contre l’établissement d’un marché tous les 5 jours à Séreilhac car l’agriculture en souffre, les cultivateurs abandonnant leurs travaux pour courir les foires et marchés.

« Le jour de foire, tous les sentiers du ‘village sont encombrés de bonne heure ; la grand’route est débordée : chars de foin et de bois, troupeaux de brebis, établée de porcs, vaches et veaux, voitures et piétons, vieux et jeunes, tout cela court, crie, se heurte, se croise, se presse, et s’engouffre vers le champ de foire. La route est comme un fleuve qui charrie la campagne toute vivante. »

 Georges Michel COISSAC « Mon Limousin » Paris 1913 – page 238.

Les bons points et les cahiers à l’école : les miens à Nexon de 1953 à 1957 et ceux de mon père en 1927 à Gleixhe, petit village de Belgique.

En rangeant de vieux papier j’ai retrouvé les bons points que mon père avait reçu lorsqu’il était à l’école à Gleixhe, petit village de Belgique situé à 16 km de Liège sur la route de Namur. Mon père y vivait, son père ayant repris le moulin familial au décès de son père.

Bon élève mon père a reçu de nombreux bons points tant pour la conduite que pour le travail. Ce qui m’a frappé c’est le côté pédagogique des images qui y étaient associées.

En Belgique comme en France les bons points récompensaient le mérite tant pour le travail que pour la conduite. C’était des petits rectangles en carton léger et lorsque l’élève en avait il les échangeait contre une image. Dans certaines écoles contre dix images, l’élève avait droit à un livre. Mais le bon point servait aussi à « rembourser » les bêtises, par exemple en cas de bavardage, l’élève devait rendre un de ses bons points et se trouvait quitte ! Ce système de gratifications est peu à peu tombé en désuétude après Mai 68.

Les bons points étaient simples, souvent comme ceux-ci :

I – Mes bons points et mes cahiers à Nexon

Je vais passer 4 ans à l’école primaire du CP avec Mme PRADIER au CM1 avec Melle BOISSIERE qui deviendra Mme ROUSSIN. A l’issu du CM1 j’irai en pension et entrerai directement en 6ème.

  • Le CP, 1953-1954

Je suis entré au CP en septembre 1953 à 6 ans comme c’est la règle. La maitresse était Mme Pradier. Je ne me souviens pas bien d’elle mais je me rappelle qu’elle amenait souvent sa fille et elle se trouve sur la photo de classe. Comme l’école n’était pas mixte il est facile de l’identifier. Bernard Sanciaud la tient par l’épaule. Bernard était mon meilleur camarade, nous nous disputions les premières places. Je reconnais un certains nombre des élèves mais je les ai presque tous perdus de vue si ce n’est, sur cette photo, Patrice VALETTE et moins souvent Jean Pierre LAMONERIE. J’ai revu Christian DERLIN, à coté de moi, pendant les années 1970-1980 avec son groupe de musiciens et j’ai appris son décès en fevrier 2020.

J’ai conservé quelques cahiers et ce qui m’a frappé ce sont les leçons de morale. Elles commencent en décembre 1954 avec les vœux puis à partir du mois de janvier, tous les deux jours en moyenne une phrase qui, en les relisant aujourd’hui, me montrent que le monde a changé :

Cette phrase est d’autant plus importante pour moi que je l’entendais souvent à la maison, non seulement parce que mes parents avaient une boulangerie mais surtout parce que mon père, ayant été prisonnier pendant cinq ans, ne supportait pas qu’on ne finisse pas le morceau de pain qu’on nous avait donné.

Les autres leçons traitaient du comportement : politesse, respect, orgueil, égoïsme…

Je terminerai pas ces deux leçons sur le courage, a la fois ne pas reculer devant le danger mais aussi faire face à la douleur…

Les journées se déroulaient sur le même rythme et avec les mêmes rituels : en rang en silence devant la porte de la classe , entrée lorsque la maitresse donne le signal, debout derrière sa table, assis au signal puis leçon de morale, écriture, calcul, dictée, grammaire, récitation ou dessin, le tout entrecoupé d’une récréation le matin et l’après-midi et le repas de midi pour beaucoup pris à la cantine. La maitresse ne faisait pas de cours d’éducation physique, c’était M. DUGUET qui venait de Limoges qui les assurait les mercredi après midi ou toutes les classes de garçons montaient au stade, en rangs par quatre…

A la fin de chaque journée il avait la distribution des bons points, trois ou quatre, parfois plus, parfois moins pour ceux qui avaient bien travaillé. Nous échangions dix bons points contre une image. J’en ai gardé, du moins c’est ma mère qui l’a fait pour moi, et pour être certain que c’était bien une image donnée par la maitresse elle la signait au dos.

Image signée par Mme PRADIER, mon prénom est ajouté par ma mère pour ne pas mélanger les bons points entre ceux de mes frères et de mes sœurs.
  • Le Cours Elémentaire CE1,1954-1955

Le maitre, M. Guy BARJOU, rentrait juste de son service militaire. C’est le maitre qui m’a le plus marqué et c’est avec plaisir que je l’ai retrouvé à Limoges, alors qu’il était à la retraite et que nous participions aux mêmes conférences.

La classe de CE1 avec M. BARJOU

Les CE1 et les CE2 sont ensemble ce qui fait une classe de 35 élèves, mais il n’y avait aucun problème de discipline, M. BARJOU était naturellement respecté. Bernard SANCIAUD est au premier rang et j’ai un nouveau très bon camarade dont la maman est institutrice à l’école des filles, Jacques MATHIEU, également au premier rang. Comme pour la classe de CP j’ai perdu de vue la plupart de ces camarades de classe mais j’ai toujours gardé des contacts avec certains d’entre eux, ceux que j’ai cité de la classe du CP, Patrice VALETTE et Jean Pierre LAMONERIE que je n’ai jamais perdu de vue comme François MARCELLAUD, au dernier rang à côté du maitre, Guy DEFAYE au dernier rang… Je suis au 2ème rang, le 6ème en partant de la gauche et je porte une blouse noire. Elle était obligatoire, grise ou noire, seuls deux ou trois n’en portent pas faute de moyens insuffisants pour les parents, ce qui n’était pas le cas de Jacques, au premier rang.

C’est avec ces garçons que nous étions « de la classe ». le 14 avril 1965, nous avons passé le conseil de révision ensemble. Ce fut le dernier ou nous étions tout nu devant les autorités! Notre bal des conscrits a rempli la salle des fêtes au point qu’il était impossible de danser et la cagnotte que nous nous sommes partagée était si importante qu’elle nous a permis de sortir pendant plusieurs samedi de suite, d’aller au bal ou dans les bars comme l’Azur, rue Baudelaire, où il était de tradition de conduire les plus niais pour qu’ils perdent leur innocence…

Je n’ai qu’un seul cahier du cours élémentaire, le cahier de récitation :

M. BARJOU distribuait des bons points et j’ai gardé une image :

L’image a pour but de montrer la manière dont on s’habillait aux différentes époques. Ici c’est Louis XVI dont le costume est décrit au verso. Comme pour le CP, le maitre signe au dos, sans doute parce que ces bons points sont des images publicitaires quelques élèves malins auraient pu faire croire qu’une image trouvée dans un paquet de gâteaux était un bon point ! Le CE, 1955-1956

  • Le CE2, 1955-1956

Cette année là nous avons changé de maitre, M. BARJOU est parti à Limoges et nous sommes avec M. Albert GRAFEUILLE. Il est sorti de l’Ecole Normale en 1954, c’est donc un tout jeune prof. Nous avons eu la chance pour nos années de CE et de CM d’avoir des jeunes profs dont l’enthousiasme transparaissait dans leur manière d’enseigner. Autoritaires sans être caractériels, proches des élèves sans être familiers, dynamiques même si nous n’avons pas profité des talents de footballeur d’Albert GRAFEUILLE à la différence des jeunes de Lubersac. Il fut un excellent joueurs de la JS Lubersac avec laquelle il remporta la Coupe de la Corrèze en 1961 et dont il devint un dirigeant jusqu’à son décès en septembre 2016. Sa passion pour le sport l’a conduit à devenir prof d’EPS au collège de Lubersac puis conseiller pédagogique dans cette discipline.

J’ai plusieurs cahiers de cette classe et je dispute toujours les places du podium avec Bernard SANCIAUD. Outre ceux avec qui j’étais au CE1 je suis maintenant avec mon frère Michel, au milieu de 3ème rang, et deux camarades malheureusement disparus, Michel CANARD, au dernier rang, et Jean Claude CLERMONTEIL au 2ème rang.

J’ai plusieurs cahiers de cette année de CE2. Ce qui m’a marqué c’était les compositions. Au cours de la même journée on avait géométrie ( j’aimais beaucoup cette discipline…), leçon de chose, histoire, vocabulaire, récitation… Je joins le contrôle du vendredi 27 janvier 1956 :

Je n’ai pas réussi à être premier mais de troisième le mois précédent j’ai gagné la deuxième place et j’ai reçu les encouragements du maitre.

Ce qui me frappe c’est l’absence de note en éducation physique. Il est vrai que pendant plusieurs années il fallait avoir une tête bien faite, le corps était moins important et souvent les sportifs étaient considérés comme ayant une  » petite cervelle » ! Cette vision a bien changé et je l’ai vécu de prêt lorsque j’enseignais l’économie du sport au centre de droit et d’économie du sport a Limoges ou à la faculté des sports de Marseille ou j’ai eu l’occasion d’avoir comme étudiants des champions Olympiques, des Champions de France…

Tout bon travail était accompagné de bons points qui se transformaient en images :

L’image n’appartient pas à une série publicitaire mais provient d’une édition éducative. A l’époque la Cote française des Somalis était une colonie . Elle est devenue en 1967 le Territoire français des Afars et des Issas puis en 1977 la République de Djibouti.

  • Le CM1, 1956-1957

Avec le changement de classe, changement de maitre et c’est de nouveau un maitresse, une jeune maitresse, Melle BOISSIERE qui deviendra plus tard Mme ROUSSIN. Comme MM. BARJOU et GRAFEUILLE c’était une excellente maitresse, exigeante et sévère. Nous n’aimions pas quand elle prenait sa règle en fer et nous tapait sur le bout des doigts que nous devions tenir droits, collés les uns aux autres.

Je n’ai pas la photo de ma classe de CM1, mais peut-être qu’un lecteur de ce blog l’a ? Mais j’ai quelques cahiers et bons points.

A cette époque il ne fallait pas faire de fautes, avec cinq fautes on avait zéro. Je faisais beaucoup de fautes d’étourderie et ici avec 4 fautes j’ai 2 sur 10 !

Mais cela ne m’empêchait pas d’avoir des bons points et des images :

J’ai beaucoup insisté sur les cours de morale de Mme PRADIER en CP et je suis surpris de n’en avoir pas eu par la suite. Aujourd’hui on ne parle plus de morale mais d’éducation civique et citoyenne mais le rappel d’une morale universelle ne serait pas inutile !

II Les bons points de mon père en Belgique en 1928.

En 1928 mon père avait 9 ans et était dans une classe équivalente au CE2 que j’ai suivi.

Ses cahiers étaient remarquablement bien tenus. L’exigence pour une belle écriture était forte :

Sur cette page la correction de « l » de mal en surprendrait plus d’un aujourd’hui mais le modèle de l’écriture cursive doit être respecté.

En plus de l’exigence « calligraphique » je trouve que la morale est intéressante. C’est presque la même que celle que j’ai copié avec Mme PRADIER sous une forme que je ne connaissais pas :  » pain mal acquit remplit la bouche de gravier ».

Les bons points eux mêmes étaient de véritables leçon d’éducation civique. Sur les 11 images que j’ai trouvé j’en choisi quelques une que l’on peut toujours mettre en pratique aujourd’hui:

Si la règle est claire  » Respectons la liberté d’autrui », certaines maximes ne seraient plus acceptées aujourd’hui. C’est le cas de celle du Jeudi relative au Congo. Le territoire actuel de la République démocratique du Congo a été de 1885 à 1908 la propriété personnelle du roi des Belges, Léopold II. S’il a le pays délivré du fléau des esclavagistes venant des pays arabes ce fut au prix de confiscation de terres, de travail forcé, de bouleversement des coutumes et d’une exploitation de la population.

Au début des années 1900 une vague d’indignation nait en Grande Bretagne et se répand aux Etats-Unis. Sous la pression internationale et conscient de sa faible popularité dans son pays, en 1908, Léopold II transfert le Congo à la Belgique qui en fait une colonie sous le nom de Congo Belge. Elle accèdera à l’indépendance le 30 juin 1960 sous le nom de Congo Belge. En 1927 le mouvement anticolonialiste n’existait pas et la Belgique, comme la France, ventait les mérites de la colonisation, source de Progrès.

Le verso ne me semble pas lisible par un élève de 9 ans ni même plus âgé. Si la première phrase est facile, elle est écrite dans un style désuet. L’élève comprend t’il ce qu’est une « clause attentatoire à sa liberté  » ? On voit bien que ces bons points s’adressent à des enfants d’agriculteurs et qu’on incite ceux ci à utiliser des engrais, surtout le sulfate d’ammoniaque que l’on trouve cité dans presque tous les bons points. Comme aucun nom de marque ne figure on peut penser que c’est un moyen d’inciter les parents qui vont lire ces textes, à utiliser plus d’engrais afin d’accroitre les rendements.

Le bon point suivant traite d’un thème qui est rarement pour ne pas dire jamais en éducation civique à l’école élémentaire, celui de la défense nationale. C’est en troisième que le programme d’enseignement moral et civique aborde explicitement la défense et la sécurité. Il est vrai qu’en 1927, aussi bien Belgique qu’en France la défense était assurée par les citoyens qui effectuaient leur service militaire. Celui-ci ayant été suspendu, l’armée est devenue une armée de professionnels.

Pour la dernière image je choisi celle qui parle de l’Avenir. Il y a plein de sagesse dans les maximes qui sont proposées :

Lorsque mon père est arrivé en France l’année suivante, les bons points qu’il a obtenu ressemblent aux miens. En 1928 , ce sont des images sur des animaux, des métiers, autrefois et au verso une publicité principalement Blédine, une farine pour les enfants en bas âge Liebig. Queques rares bons points ne comportent pas de publicité.

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Sur ces bons points, le motif de leur obtention est indiqué.

Sur la série suivante on trouve la publicité Liebig. Cette marque a été créée en 1847, quand le chimiste allemand Justus von Liebig a déposé un brevet pour son invention d’un procédé d’extrait de viande de bœuf.

Au verso l’image est expliquée, mais la publicité est plus visible.

Sur la série suivante on trouve la publicité pour Blédine. Au verso le métier est expliqué mais la place réservée à la publicité est plus importante.

La série des animaux compte de nombreuses espèces avec au verso une courte description de l’animal et une très grande place à Blédine.

Le dernier bon point que je présente m’a surpris car il a été attribué à mon père pour le ménage !

Si vous avez des bons points, des images, des cahiers de Nexon ils pourront enrichir ce texte…

Les banquets des anciens prisonniers de guerre de 1949 à 1957.

Chaque année, pour le 8 mai et pour le 11 novembre les anciens prisonniers de guerre se retrouvent pour commémorer la fin de la guerre et leur libération. Après une assemblée statutaire ils vont en cortège, avec les ancien combattants, déposer une gerbe au monument aux morts. Puis c’est le traditionnel banquet. Il n’y a pas de restaurant attitré mais une rotation qui évite toute concurrence entre les restaurants de la commune.

Les menus, du moins jusqu’au début des années 1960 sont pantagruéliques. Les entrées comportent systématiquement de la charcuterie et des abats. Les coquillages qui sont un incontournable de nos repas aujourd’hui ne sont pas systématiques. La viande, rare au quotidien à l’exception du porc, est le plus souvent du bœuf ou du veau, plus rarement de l’agneau. Un gibier ou une volaille suit ou précède le plat de viande. Une salade de saison accompagne ces plats. Par contre, il n’y a pas toujours de fromages. Les desserts sont simples. Il y a presque systématiquement une tarte aux fruits et parmi les gâteaux les plus fréquents on trouve les babas au rhum et les éclairs. Les vins ne sont pas des vins de sommeliers. Il n’y a pas toujours d’indication d’origine, jamais de millésime, on se contente de distinguer les vins ordinaires et les vins vieux. Le café et les liqueurs terminent le repas.

Dans toutes les régions la façon de se nourrir est étroitement liées à ce qui est produit au « païs ». On ne parle pas de proximité car elle se vit au quotidien. A la campagne on mange ce qui est produit à la ferme. Les aubergines, les avocats, les brocolis, les épinards, le fenouil… n’arrivent que dans les années 1960- 1970.

La révolution de la « Nouvelle Cuisine » a vu le jour en 1973, lancée par les critiques gastronomiques Henri GAULT et Christian MILLAU. Ils avaient été subjugués par une salade de haricots verts, cuits craquants, dégustée chez Paul BOCUSE. Il devient le chef de file d’un groupe de cuisiniers qui révolutionnent la cuisine traditionnelle en la simplifiant, l’allégeant en supprimant les copieux plats en sauce. Les personnes comme mon père, habitués à manger dans des assiettes bien garnies, ont du mal a prendre du plaisir lorsque le minimalisme a supplanté l’abondance, lorsque la subtilité des saveurs est venue heurter le classicisme de leurs goûts…

Jusqu’alors il y avait peu d’innovation dans la cuisine. Quand on allait au restaurant, que ce soit à l’occasion d’un événement familial, baptême, communion, mariage ou à l’occasion d’une commémoration ce qui comptait c’était de retrouver la cuisine que l’on connaissait en y ajoutant l’abondance. C’est cette abondance qui caractérise le repas de fête. La frugalité n’est pas de mise. La diététique est ignorée, on ne pense ni au cholestérol ni au diabète. Il n’y a pas de contrôle d’alcoolémie. Le banquet est un moment de convivialité, de partage.

Le menu du 13 novembre 1949, dont je ne connais pas le nom du restaurant, se caractérise par l’abondance des viandes. Quatre sont servies : alouettes sans têtes, c’est à dire des paupiettes certainement de bœuf, lapin de garennes, noix de veau, poulet rôti …

Le banquet du 11 novembre 1950 a été servi à l’Hotel de la Gare. Dans les hors d’oeuvre on trouve le « cornet de jambon fourré », un grand classique des repas de fête. Il figure dans 4 des 11 menus que mon père a conservés. Comme pour le menu précédent on trouve plusieurs viandes : paupiettes, lapin de garennes et coquelets rôtis. Comme dessert il y a des tartes dans les deux menus accompagnées de mille feuille et d’une île flottante pour l’un et de baba au rhum avec petits fours pour l’autre. Le vin est « ordinaire », blanc et rouge avec la précision d’origine, Bordeaux pour l’hôtel de la Gare.

En 1951 et 1952 la structure des menus est la même. Pour le premier on est surpris de trouver deux plats de veau : une tête de veau et un rôti de veau. En 1952 le menu est manuscrit . Un poisson y figure avec cette appellation caractéristique de l’époque  » Merveille de l’océan, en mayonnaise ». Il y a également pour la première fois du fromage. Les vins sont sans indication de provenance. Je n’ai pas l’indication des restaurants.

En 1953 mon père est allé au banquet du 8 mai, chez Lathière à la gare et à celui du 11 novembre à l’Hotel Moderne. Les menus sont présentés sur des cartons publicitaires, du même fournisseur, le Cognac Château PAULET pour les deux restaurants. Maintenant les produits de la mer sont intégrés aux menus , merlus mayonnaise le 8 mai et bouquets de l’Océan le 11 novembre. Toujours une volaille en plus de la viande rouge. Du fromage le 8 mai mais des desserts qui ne sont pas décrits. Le 11 novembre, pas de fromage, des fruits de saison viennent s’ajouter aux pâtisseries et les vins sont des Bourgognes.

En 1954 le banquet du 11 novembre est servi au restaurant Crouzille, rue Victor Hugo. Le menu est classique, présenté sur un carton publicitaire du champagne E. de l’Escale, les intitulés simples mais peu précis.

En 1955, pour le banquet du 8 mai, le menu est moins copieux. En viande il n’y a que le poulet, mais il est précédé d’un colin Bellevue, c’est à dire que la peau et l’arrête centrale a été enlevée et le poisson reconstitué, et d’une bouchée financière. Il y a un plateau de fromage, des pâtisseries assorties…

En 1956, le banquet du 8 mai est servi à l’Hotel Moderne. Il retrouve l’abondance des plats des premières années. Les hors d’oeuvre variés avec saucisson et le cornet de jambon fourré, une truite meunière, des abats, un filet de bœuf, un poulet, du fromage et les desserts classiques. Les vins sont des Cotes du Rhône.

Pour le 11 novembre les hors d’oeuvre sont moins détaillés mais la structure est la même que pour le 8 mai, sans précision sur l’origine des vins.

Les deux menus sont imprimés sur des cartons publicitaires.

Pour le 8 mai 1957 le menu comporte de très nombreux hors d’œuvres, charcuterie, truite, asperges mais une seule viande, des coquelets rôtis, un plateau de fromages et un assortiment de desserts classiques avec une corbeille de fruits.

Les cartes postales du 1er avril

Autrefois, a l’occasion du 1er avril, on envoyait des cartes postales ornées d’un poisson et richement décorées pour se souhaiter amour, amitié et bonheur !

J’en ai trouvé deux, oblitérées du 30 mars 1913 avec le cachet ambulant apposé dans le train Nexon-Brive.

L’hypothèse la plus couramment avancée fait remonter la tradition du poisson d’avril à l’Édit de Roussillon pris en le 9 aout 1564 par le roi Charles IX. Par cet édit l’année débute désormais le 1er janvier, au lieu de commencer, comme c’était le cas au Moyen Age, le 1er avril, voir le 25 mars, jour de l’Annonciation à Marie. Le pape Grégoire XIII étend cette mesure à l’ensemble de la chrétienté avec l’adoption du calendrier grégorien en 1582.

A cette époque beaucoup de personnes conservèrent la date du 1er avril pour débuter l’année, soit par habitude, soit par ignorance. Ils continuèrent donc à s’offrir des cadeaux et des étrennes le 1er Avril. La légende dit que c’est pour se moquer d’elles qu’on leur offrait de faux poissons correspondant à la fin du carême. Ainsi serait né le poisson d’avril, le jour ou l’on ne distingue pas la réalité des faits.

Pour d’autre l’origine viendrait du fait que dans certains pays la pêche ouvrait le 1er avril tandis que dans d’autres elle fermait.  Ce jour-là on offrait aux pêcheurs un poisson, soit pour se moquer des pêches faciles du fait de l’abondance le jour de l’ouverture, soit pour compatir à leur peine de ne pas pouvoir continuer à pratiquer leur passion le jour de la fermeture.  Un habitude serait alors née d’accrocher subrepticement un vrai poisson dans le dos des gens qui ne s’en apercevaient pas tout de suite, de sorte que le poisson commençait à sentir et on se moquait d’eux.

On n’envoie plus de cartes aujourd’hui mais jusqu’en 1914 il y avait un choix très important de modèles. Beaucoup se ressemblaient mais il y avait quelques originalités.

Les plus classiques représentaient des enfants ou des femmes avec des poissons.

Parfois c’est un homme qui offre un poisson :

On peut aussi ne voir que des poissons pour offrir l’amour ou l’amitié :

Le poisson est parfois accompagné de fleurs :

Il est rare qu’il n’y ai pas de poisson, comme ici ou ce sont des petits cochons :

Quelques illustrateurs célèbres, comme Xavier SAGER. On ne sait pas grand chose de ce peintre et illustrateur. Dans son atelier qui comptait 6 ou 7 artistes il a été dessiné une grande quantité de cartes dont la plupart illustrent la vie mondaine à Paris. La plupart des cartes ont été dessinées autours des années 1910.

Il y a des cartes humoristiques

On trouve également quelques caricatures politiques:

Emile COMBES, président du Conseil en 1902 met en oeuvre une politique anticléricale

Bonne année 2019

Trois cartes pour souhaiter à tous les lecteurs de ce blog une bonne et heureuse année 2019.

La carte de mon oncle à ma grand mère nous rappelle, en ce centenaire de la fin de la Guerre de 1914-1918, que nous vivons une année de Paix, certes fragile et que nous devons être vigilants pour la préserver.

La deuxième, toujours de mon oncle à mon arrière-grand-mère est pleine d’espoir avec ces guirlandes de fleurs brodées qui encadrent les souhaits de Bonne année.
Enfin la troisième est un clin d’œil à notre Limousin et à nos racines. Sans racines l’arbre ne peut pas élancer sa ramure vers le ciel. Comme lui ayons les pieds ancrés dans le sol et nous pourrons avoir la tête dans les étoiles.

Bonnes année à tous et à toutes.

JFN.

Le barbichet

Depuis la plus haute antiquité les femmes dissimulent leur chevelure. Cette pratique a été confortée par les religions qui rappellent que « la femme … doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend  » (Saint Paul, 1ère Lettre aux Corinthiens, cette injonction aux maris, » Prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes de croyants un voile sur le visage  » (Coran, sourate XXXIII).

Au XVIIe siècle, les religieuses de St-Vincent de Paul seront les premières à porter de larges coiffes, les cornettes.

À ce motif religieux, la coiffe remplit un rôle utilitaire : elle protège du soleil, du froid et la pluie.

Mais dans tous les milieux la coiffe et la coiffure vont remplir une fonction esthétique. Et puisque la religion impose à la femme de cacher sa chevelure elle orner sa coiffe de dentelles, parfois très luxueuses.

  • La naissance du barbichet

Chaque région, chaque paroisse a sa coiffe qu’on identifie immédiatement. A côté de l’Alsacienne, de la Bigoudène, de la Saintongeoise… la Limousine ne dépare pas. Mais à la différence de ces homologues la coiffe des limousines ne porte pas le nom de son territoire.

G-Michel Coissac dans son ouvrage « Mon Limousin » publié en 1913 écrit : « Le barbichet se portait déjà à la Renaissance comme en témoignent d’anciens « émaux de LIMOGES » conservés. Il avait à la campagne des proportions modeste, les « barbes » assez courtes et non empesées retombaient au niveau du visage

Le barbichet semble venu du Nord, très probablement de la Flandre ce qui explique qu’il n’ait pas un nom limousin. Le mot barbichet a été introduit dans la langue limousine tel qu’il est arrivé du Nord.

Le poète occitaniste Jean Rebier (1879-1966) a consacré un long article au barbichet dans le numéro de mai 1929 de la revue « La vie Limousine et la Brise », repris dans une petite brochure publiée la même année. Il n’est pas séduit par l’hypothèse flamande et rappelle que les émailleurs de Limoges copiaient des productions flamandes ! Il affirme, avec une quasi-certitude que « le barbichet, de de sa naissance à sa disparition, fut toujours appelé « la coiffe » par celles qui le portaient. Ce fut seulement vers 1900, quand la littérature s’en mêla, que ce déplorable vocable fut employé ». Pour lui le barbichet est une coiffe moderne qui se pose sur la tête des belles limousines comme un papillon sur une rose.

Trouvant son origine dans les bonnets de toile à barbes de mousseline, le barbichet naquit vers 1840, sans doute grâce au talent des dentellières d’Aixe sur Vienne qui eurent l’idée d’allonger les ailes de leur coiffe et de les broder plus finement. En effet les dentellières d’Aixe ont acquis une belle réputation de finesse et ainsi leur broderie réalisée sur un tulle porte le nom de « Point d’Aixe ». La dentelle d’Aixe a connu son apogée lors de l’Exposition Universelle de 1878.

Ainsi Aixe devint le centre de rayonnement du barbichet. Les femmes le portaient de Saint Laurent à Pierre Buffière et de Nantiat à Nexon.

Carte de rayonnement du barbichet en Haute Vienne d’après Jean Rebier-1939

Le barbichet est composé de trois parties :

1-            Un bonnet (ou bassin) de mousseline brodée qui enserre le chignon

2-            Deux longs rubans de satin moiré ou broché de couleur crème ou bleu pâle, posés à la base du bonnet

3-            Deux larges ailes ou barbes en dentelle sur tulle richement brodées qui s’envolent et se replient sur le front.

La dentelle est composée de fleurs, roses, églantines, marguerites…

Sa mise en forme est réalisée grâce à un délicat amidonnage. Les dentelles, tulles et mousselines doivent être entièrement ou en partie amidonnés, sans cela les coiffes pendraient sans doute lamentablement autour du visage.

 

Barbichet en pièces détachées, chez Lili. Doc de référence : » Les Coiffes du Limousin – Édition Lemouzi à Tulle (19) n°185-2008

  •  Les éditeurs de cartes postales l’ont fait connaitre dans tout l’hexagone.

C’est une jeune femme avec son barbichet qui nous accueille à Nexon sur cette carte postale expédiée le 3 janvier 1907.

Les deux cartes suivantes sont les plus anciennes que je possède, la première a été écrite le 10 juin 1902 mais non postée, la seconde a été postée à Chalus le 2 octobre 1903le 
Des dizaines de cartes ont été éditées parmi lesquelles :

Le barbichet de face et de dos

 

Une Limousine au regard triste (13 août 1912)

Un barbichet pour le

Les enfants aussi portent le barbichet:


Des images  reproduisent également des femmes portant le barbichet. par exemple cette publicité pour le chocolat Guérin-Boutron avec une faute de frappe avec Nexon écrit Vexon!

Et cette image d’une des collection de F. Nathan qui a du largement être utilisée comme bon point …

  • Pour la fête à Nexon en 1900, les hommes portent le canotier et les femmes le barbichet.

  • Le déclin du barbichet

Cette belle coiffe blanche a été la vedette de l’Exposition de Limoges en 1903, mais son déclin était amorcé car elle n’était plus portée que par des femmes âgées de plus de quarante ans.

A Limoges, l’Ecole du Barbichet, créée en 1923 par l’avocat René Farnier, se consacrait au théâtre, mais, en 1930, souhaitant participer aux fêtes organisées en Provence pour le centenaire de la naissance de Mistral, elle est obligée de présenter un spectacle de danses et de chants. Les danseurs revêtent l’habit traditionnel des Limousins. Le barbichet va connaitre une nouvelle vie.

Cette dentelle valait de 7 à 8 francs le mètre. Il en fallait 2 m. 10, sans compter le fond, pour garnir un barbichet. C’était l’équivalent d’une bonne semaine du salaire d’un ouvrier en province, ce qui en faisait une coiffure de luxe. Seules, les riches paysannes pouvaient, normalement, s’offrir une aussi coûteuse parure. Cependant des jeunes filles des environs d’Aixe ont pu apprendre auprès des dentellières et, en gardant leurs brebis, elles brodaient les fines bandes de tulle qui allaient devenir leurs coiffes des jours de fête.

Son coût élevé n’est sans doute pas la seule cause du déclin du barbichet au début des années 1900, sa cherté, sa fragilité viennent s’ajouter à la forte pénétration de la mode urbaine qui se répand sur tout le territoire et uniformise les tenues.

En 1913 G-Michel Coissac en constate la disparition. Il écrit, page 222, « ces coiffes de nos aïeules, saluons-les tant que nous le pouvons encore, car elles ont le charme ému des souvenirs qui s’en vont, que bientôt on ne reverra plus, et aussi la séduction particulière des choses du passé, d’un passé lointain, bien lointain. Il disparaît, il s’enfuit, ce légendaire barbichet de Limoges, si léger, si seyant à la beauté de nos aimables compatriotes, si gracieux à tous les points de vue et qui ajoutait je ne sais quoi à la poésie de nos paysage. »

Les poètes, les défenseurs de la tradition regrettent cette évolution. Ainsi Jacques Lemasson écrivait dans La Musette en décembre 1911 :

« Hélas ! le temps, cet implacable destructeur de toutes choses, fait lentement disparaître cette ancestrale coiffure des filles de nos champs; les chapeaux multicolores remplacent partout maintenant la blanche dentelle, leur costume n’est plus aussi modeste, nos Limousines perdent leur originalité, devenues semblables aux filles de la ville, elles ne sont plus en harmonie avec nos bois de châtaigniers et nos collines azurées ; c’est le progrès me direz-vous: étrange progrès qui fait perdre aux habitants d’un pays leur singularité.

Vieux barbichet, souvenir du temps passé, je te regrette de toute mon âme ; tu ajoutais à la poésie de notre sol, hélas ! bientôt tes blanches ailes auront cessé de voleter, tu ne couvres plus maintenant que des têtes vieillies, tu chemines lentement vers l’abandon et vers l’oubli. »

Et Jean Rebier concluait ainsi son article sur « Le barbichet » :

« Ce fut en vain que les poètes prodiguèrent les prières et les adjurations ; ce fut en vain que grondèrent les vielles et que pleurèrent les chabrettes. L’imprudente brodeuse avait ourlé ses rêveries romantiques sur une trame arachnéenne, à la merci du moindre vent, et la mauvaise bourrasque est venue qui a tout saccagé.

Les ailes blessées ne voulaient pourtant pas mourir. Elles se révoltèrent contre un aussi injurieux destin, et chassées du village elles se réfugièrent à la ville, où des mains ferventes les ont recueillies, pour nous en offrir l’ostension émouvante, dans les fêtes dédiées à la Tradition.

Car notre barbichet n’est plus qu’une relique. Les ailes inertes reposent désormais, avec tant d’autres souvenirs désuets et charmants, dans l’ombre des massives armoires. Et, derrière les lourdes portes, les Limousines ont enfermé, du même coup, leur grâce essentielle. »

La clique 1963…

La Clique Municipale est créée en juillet 1963

Président : L.J. PRADEAU, Maire

Vice-Président : Mme VIGNERON

Secrétaire : André CANARD, secrétaire de mairie

Trésorier : Maurice LAGNEAU

Directeur – instructeur : Robespierre CADIN

Sous-directeur – instructeur : Marcel CHAZELAS

Membres : Pierre PENOT, Jean LECOURNET, André DUMONT, Fernand QUANTIN, René LOUIT, Jean CROUZILLAC, Pierre PRADEAU, Edmond MAZABRAUD, Bernard LASPERAS.

Le conseil municipal a acquis un premier matériel, 6 tambours et 10 clairons à la maison Lagueny à Limoges pour la somme de 1235 F. 65.

La première sortie a lieu pour la cérémonie du 11 novembre 1963 à Nexon. La clique exécute les sonneries réglementaires.

Le maire L.J. Pradeau, le conseil municipal et les drapeaux le 11 novembre 1963 

Monsieur Cadin, et les jeunes musiciennes et musiciens de la Clique. 

Le public parmi lequel je reconnais ma petite sœur et mon grand père.

Le 16 février 1964 la Clique se produit pour la première fois hors de Nexon. Elle participe au défilé carnavalesque de la ville de Limoges. M. le Maire de Limoges exprime aux dirigeants ses félicitations et fait parvenir un chèque de 250 francs.

La 3ème sortie a lieu le 30 mars 1964, lundi de Pâques, à l’occasion du Comice. La clique donne une aubade Place de la République et place de l’Eglise.

4ème sortie le 19 avril, pour la frairie du quartier de Chamborêt à Aixe sur Vienne.

Arrivée devant la gare

A la fin de l’année  l’effectif est de 30 exécutants. Certains vont partir pour effectuer leur service militaire. Le bureau lance un appel aux plus de 20 ans

Sorties en 1964 : carnaval de Limoges, Fête d’Aixe sur Vienne, Comice agricole de Nexon, aux fêtes de Ladignac le Long, du 8 mai à Nexon, de la saint Jean, de Janailhac, de saint Hilaire les places, de la Plaine, de la gare de Nexon, du 14 juillet, de la nocturne de saint Hilaire, de Nexon en mai et en septembre, de saint Maurice les brousses, la Meyze, au bal des célibataires, au 11 novembre et au tournoi de Nexon.

La société possède le matériel suivant : 11 tambours, 5 cors, 15 clairons et 1 grosse caisse. Elle a également 40 calots, 40 paires d’épaulettes et 50 lyres en métal.

L’effectif est composé de 12 tambours, 16 clairons, 6 cors, 2 grosses caisses et 2 cymbales soit 38 exécutants. S’y ajoutent 5 élèves apprentis clairons et 2 apprentis tambours.

La société a encaissé 2 820, 31 francs de recette et a dépensé 2 218,30 francs réalisant un excédent de 602,01 francs.

Assemblée générale du 14 mai 1965

Le conseil d’administration est ainsi composé :

Président : René REBIERE, Maire

Vice-Président : Mme Alice VIGNERON

Secrétaire : René PENAUD

Secrétaire adjoint : André CANARD

Trésorier : Claude LAGNEAU

Membre de droit : MM. Robespierre CADIN et Fernand QUANTIN

Membres: Maurice LAGNEAU, Pierre PENOT, Jean LECOURNET, André DUMONT, Pierre PRADEAU, Henri VIGNERON, Henri PRADEAU, René LASPERAS, Mme Marthe LONGEQUEUE, Louis DELIAT.

La clique a participé au Festival de Musique Populaire de Bellac le 30 mai. Sa prestation lui a valu d’être retenue pour participer au Festival International de musique à Uzerche le 11 juillet 1965.

Lors du CA du 27 octobre 1965 il est décidé d’acheter des trompettes.

Lundi de Pâques 1966 sortie touristique pour l’ensemble des membres à Rocamadour, Padirac, Collonges la Rouge.

Lors de l’AG du 14 avril 1969 on constate que l’effectif est inférieur à 20. Il est décidé de ne pas effectuer de sorties à l’extérieur.

les bals à Nexon : histoires des bals, les salles, les orchestres

I- L’histoire des bals et des danses

Des danses de ballet aux danses de salon

Notre enfance a été bercée de ces rondes héritières des rondes, rondeaux, caroles, farandoles… qui étaient chantées et dansées au moyen âge au son du fifre et du tambourin. La ronde s’est ouverte et a donné naissance à une chaîne et en même temps elle est devenue plus petite avec de nombreuses figures. Une rupture s’opère entre les danses populaires et les danses aristocratiques.

Les rois de France, et en particulier Louis XIV, aimaient les divertissements parmi lesquels les bals occupaient une place importante. Ils étaient somptueux, ce qui n’était du gout de tous car leur coût était élevé.

Que dansait-on alors ? La danse préférée de Louis XIV était le menuet. Elle faisait partie des suites, s’intercalant entre une sarabande et une gigue. Après son introduction dans les opéras de Lully sa vogue s’amplifia rapidement. Durant tout le XVIIIe siècle, les maîtres de danse ont cherché à en conserver les règles strictes et à maintenir son caractère de danse noble. Le formalisme, la rigueur des figures fait que ces danses deviennent un spectacle pour la majorité des membres présents.

« La harpe tremble encore et la flûte soupire

Car la valse bondit dans son sphérique empire,

Des couples passagers éblouissent les yeux,

Volent entrelacés en cercle gracieux ».

Le Bal    Alfred de Vigny (1797-1863)

En réaction à cet ordonnancement très strict va naître la contredanse. Elle privilégie le mouvement et préfigure la danse de couple fermée qui apparaîtra autour des années 1840 avec la valse. Elle se développe en Autriche et dans les Principautés allemandes en opposition aux danses de cour et en se dansant en couple, face à face et non côte à côte, en tournant. Cette proximité des corps fait juger licencieuse cette danse. Dans certains milieux très religieux, elle n’est acceptée, comme le boston, valse anglaise lente, que si la main de l’homme qui tient la taille de la femme est gantée. En s’imposant progressivement la valse ouvre la voie à la polka, la mazurka et plus tard le tango et la java. Ces danses deviennent les danses des salons urbains mais les campagnes vont à leur tour les adopter sans y apporter de grands changements.

Dans les Provinces, chacune a ses danses mais peu à peu elles vont sortir de leurs frontières et se répandre sur tout le territoire. Ainsi la gavotte et le passepied, rondes populaires bretonnes, la farandole et le rigaudon, danses traditionnelles de Provence et du Dauphiné. Ces dernières vont même traverser l’Atlantique et devenir des danses traditionnelles du Québec. Sans oublier la bourrée dont l’origine est indéterminée et ne se trouve pas dans la seule Auvergne et surtout pas en Limousin. Bénédicte GRAILLES et Patrice MARCILLOUX en font une danse folklorique née en 1895 à Paris*.

*Voir leur article « Fausses bourrées et vrais musiciens : si la bourrée limousine était née à Paris le 14 décembre 1895 ? » publié dans « Le Limousin, pays et identités : Enquêtes d’histoire (de l’Antiquité au XXIe siècle) » Pulim, octobre 2006.

Les bals publics et le bal musette.

Les bals publics se développent, d’abord pour fêter le 14 juillet, ou le 15 août lorsque le 14 juillet n’est plus reconnu comme le jour de la fête nationale. Ils vont progressivement prendre de l’ampleur tout au long du 19ème siècle. On en trouve une illustration dans les peintures de Renoir, en particulier son « Bal du moulin de la Galette » peint en 1876.

 

A partir des années 1900 on assiste à un renouveau de la danse et des bals qui se multiplieront dans les salles de café ou de restaurant, puis sur les parquets couverts, les dancings ou les « bastringues ».

C’est la naissance du bal musette, ce nom venant de la musette de la cornemuse (chabrette ou cabrette qui était utilisée par les musiciens. A Paris ces bals étaient majoritairement tenus par des Auvergnats, très nombreux dans la capitale. Ils avaient amené avec eux leurs musiques et leurs danses. Y avait-il la bourrée ? Sans doute pas si l’on en croit Bénédicte GRAILLES et Patrice MARCILLOUX dont j’ai parlé précédemment. Ils jouent des valses, des marches, des polkas…

Mais à côté des Auvergnats une autre communauté se regroupe dans les faubourgs parisiens : les italiens. Et eux, ils n’ont pas de chabrette mais un accordéon. La rivalité va être forte entre les partisans des bals auvergnats et ceux des bals italiens. Mais une autre concurrence arrive avec les musiques américaines, en particulier le jazz. Dès la fin de la Première Guerre mondiale le jazz, le swing, le foxtrot les danses américaines envahissent les salons mondains et les bals musette. Venu aussi d’Amérique, mais d’Amérique du sud le tango est introduit dans les salons parisiens juste avant la guerre et petit à petit il franchit les limites de Paris pour être introduit dans les bals de faubourgs. Les marches deviennent de plus en plus hispanisantes et se dansent en paso doble. La mazurka s’accélère et se danse de manière plus simple en java. De Cuba arrive la rumba et le mambo.

Mais la valse restait indétrônable.  Les séries classiques comportaient deux valses, un tango, une polka, une java, un foxtrot, une rumba, etc.…et le cycle recommençait.

L’arrivée du Jazz

Avec l’arrivée des Américains sur le front en 1918, la France profonde va peu à peu faire connaissance avec cette musique. Le jazz déconcerte et enthousiasme tout à la fois. Assistant (en 1919) à un concert au Casino de Paris, l’artiste-écrivain Jean COCTEAU dans « Le Coq et l’Arlequin » publié en 1918, décrit un « ouragan de rythmes et de tambour » dans une salle applaudissant debout, « déracinée de sa mollesse par cet extraordinaire numéro qui est à la folie d’Offenbach ce que le tank peut être à une calèche de 70 ».

Dans les années 1930 on peut danser avec l’orchestre Marcel’s jazz de Marcel LALUE, ou celui de Christian BEAUBRUN qui propose diverses animations jazz : bals (notamment à la préfecture), mariages ou arbres de Noël. Progressivement, les jeunes s’intéressent à ce genre de musique, également diffusée à la radio. Ray VENTURA se produit plusieurs fois à Limoges, devant 2000 personnes en 1938 ; Josephine BAKER vient en 1934 et en 1938.

Jean-Marie MASSE, né en 1921, découvre le jazz à 18 ans. Il achète des disques chez LAGUENY boulevard Carnot et entre en relation avec Hugues PANASSIE, grand gourou du Hot Club de France. Le conflit mondial marque d’abord un coup d’arrêt mais, dès 1941, c’est la reprise des concerts dans les brasseries, les cafés, les restaurants, sous réserve d’autorisation préfectorale. En 1943, le jazz est officiellement interdit, mais on continue à en jouer en francisant les titres.

Des Manouches installés dans des caravanes et des roulottes au Champ Dorat ou dans l’actuelle avenue Jean Gagnant jouent du jazz. Des jeunes limougeauds viennent les écouter. A la Libération, l’orchestre de Bob DIXON anime un bal à Limoges avec ses treize musiciens. En mai 45, Hugues PANASSIE donne à son tour une conférence au Théâtre Berlioz. Le jazz retrouve droit de cité, au Café Riche, au Central, au Faisan…Des musiciens vont se faire un nom comme Georges SUCHOT à la guitare qui ouvrira un commerce d’instruments. Plusieurs orchestres jouent du Jazz, Alex COSAI et son quintette, Camille LAROTTE, qui joue au Lion d’Or, l’orchestre CARENZI…

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bals sont interdits par le régime de Vichy. Naturellement, ils connaissent un regain de popularité à la Libération. On laisse éclater sa joie et sa rage de vivre et on danse partout. Les bals musette sont à leur apogée. Ils incarnent la France et la musique populaire.

Les accordéonistes célèbres deviennent des stars :  André VERCHUREN, AIMABLE, Yvette HORNER, Louis CORCHIA, Maurice LARCANGE, Bruno LORENZONI pour les plus connus.

En 1954, le Cha-cha-cha, un dérivé du mambo est introduit dans le répertoire des bals musette. Les marches, polkas, scottishs…tombent en désuétude pour laisser la place au rock ‘n roll qui devient à la mode.

Le bal du samedi soir n’est plus celui où la jeune fille venait accompagnée de sa mère ou de sa tante. Les jeunes viennent seuls et ils veulent s’amuser. Ils veulent écouter les mêmes morceaux que ceux qu’ils écoutent sur leur électrophone ou qu’ils entendent à la radio. Depuis 1951, année ou Pathé-Marconi fabriqua le premier disque microsillon 45 tours les ventes ont explosées. Eddie BARCLAY qui avait le premier importé des électrophones des États-Unis, créé sa propre firme d’édition musicale et devient le « roi de la nuit ».

Au bal ils veulent retrouver les sons qu’ils écoutent à la radio ou à partir de leur électrophone. Les orchestres vont s’équiper de sonorisation de plus en plus puissante, augmentant de ce fait les coûts d’organisation des bals. Plus le matériel devient volumineux plus il leur faut des véhicules capables de le transporter. Fini le temps ou le « violoneux » arrivait sur son vélo, son violon en bandoulière.

A partir de la fin des années 1960, le genre musette régresse à la fois à cause de l’emprise croissante des musiques anglo-saxonnes, de l’arrivée des amplis et des synthétiseurs qui relèguent les musiciens du musette au rang de « ringard ». Les boites de nuit supplantent peu à peu les bals qui disparaissent au début des années 1980 pour revenir sous forme de thés dansants dans les années 2000.

Pour aller plus loin :

Yves GUILCHER, La danse traditionnelle en France : d’une ancienne civilisation paysanne à un loisir revivaliste, FAMDT Editions, nouvelle édition 2001

II- Les bals et les danses à Nexon

Comme cela se passait en Limousin et en Périgord, les veillées, les batteuses, les mariages devaient être égayés par des chants et des danses. Mais nous n’avons pas de traces pour Nexon de ces événements.

Dès la fin du XIX siècle, et beaucoup plus tôt en Périgord, les organisateurs des comices agricoles eurent l’idée d’ajouter une fête au comice. Dans cette fête, parmi les jeux et les feux d’artifice il y avait un bal.

Il devait y avoir à Nexon des joueurs de chabrette, d’autant plus que Saint Yrieix était considérée comme un point central de ce qu’on peut appeler une école de chabretaires. Éric MONTBEL, co-organisateur en 1999 de l’exposition « Souffler c’est jouer : chabretaires et cornemuses à miroirs en Limousin », présentée au Musée National des ATP de Paris et à St Yrieix la Perche, recense dans le catalogue de l’exposition, une trentaine de chabretaires dans le pays de Saint Yrieix avant 1914, mais aucun de Nexon. Il n’y a pas non plus de concours organisé à Nexon à la fin du XIX, au moment où les « concours de ménétriers » se développent en Haute-Vienne et en Corrèze. Les premiers concours sont organisés en 1892 à Saint-Junien puis à Limoges, Saint-Yrieix, Chalus… et à Nexon le 13 septembre 1900, jour de la Fête patronale avec le concours « Musettes, vielles et accordéons ». On en retrouve un autre le 21 septembre 1908, toujours à l’occasion de la fête patronale avec le titre « Musettes, accordéons, danse, barbichets », puis le 16 mai 1909 « Musettes, accordéons, danse » et enfin le 23 septembre 1912, de nouveau pour la fête, « Musettes, accordéons, danse ». On a donc quitté le bal pour entrer dans le folklore et la représentation.

Revenons aux bals. Il y avait dans toutes les communes un bal du 14 juillet. Il est devenu quasi automatique à partir de 1879, année de la commémoration du centenaire de la prise de la Bastille. Mais il y a surtout des bals privés organisés par les cafés qui possèdent de grandes salles.

A Nexon la plus grande salle est celle du Café de la Promenade avec son balcon. On y danse le quadrille, la valse, la polka, la scottish… au son d’une musique jouée par un orchestre composé de quatre musiciens,toujours un pianiste, deux violons et un saxophone. Le Café possédait également un piano harmoniphone*. Cette belle salle accueillait d’autres spectacles que les bals et concerts. Ainsi le 18 juillet 1920, Le Populaire du Centre annonce pour le même soir : « Soirée récréative. — Dimanche 18 juillet, café de la Promenade, l’excellent professeur Léonce Dhormoy, donnera une intéressante séance de prestidigitation. Nous pouvons assurer que cette soirée sera des plus intéressantes étant donné l’habileté et l’art consommé de Léonce Dhormoy. Les intermèdes seront remplis par Gaston Dublus, un comique qui sait faire rire les plus moroses. Prix d’entrée : premières, 2 fr. secondes, 1 fr. — La locution est ouverte. »

*L’histoire de l’harmoniphone commence le 14 août 1891 lorsque Pierre-Louis-Alphonse Rodolphe, 15 rue de Chaligny à Paris, dépose une demande de brevet d’invention de quinze ans pour « un nouveau système de casier harmonique applicable à l’instrument à anches libres dit harmoniphone ». Ce brevet est délivré le 30 septembre 1891. Ce système a pour but d’atténuer au maximum les harmoniques des jeux les rendant ainsi beaucoup plus ronds mais aussi plus sourds.

Après la fin de la guerre, dans les années 1920, l’accordéon va s’imposer au détriment du violon. On danse également dans les cafés les jours de foire. Ceci perdurera jusqu’à la disparition des foires, ce qui entraînera une baisse d’activité importante pour les cafés et restaurants.

Le Populaire du Centre du 27 novembre 1919, annonce que « Le banquet des anciens combattants de la commune de Nexon aura lieu le 7 décembre, à midi, à l’hôtel Bourdeix, et le bal aura lieu le même Jour, à huit heures du soir, au café de la Promenade. »

En 1921, le bal des conscrits a lieu au « café de la Promenade ». On constate qu’il n’y a pas de nom d’orchestre, celui-ci commence a etre donné dans les années 1930 et la pratique deviendra systématique au milieu des années 1950. On notera également que le bal a lieu un dimanche, le 27 mars 1921, à 7 heures du soir.

La presse mentionne une bagarre dans un bal à Nexon, salle Buisson, en 1924. Aucun des inculpés à la suite de la bagarre sont originaires  de Nexon. Voici le compte rendu de l’audience du Tribunal correctionnel de saint Yrieix du jeudi 23 avril 1925 : « Le 16 décembre 1924, une rixe éclata au bal tenu par M. Buisson, aux Landes, commune de Nexon. Cinq jeunes gens sont inculpés, ce sont les nommés Barget Léonard-Louis, 24 ans, né à Saint-Paul-d’Eyjeaux ; Robert François, 36 ans, né à Saint-Hilaire les-Places ; Robert Paul-Jean, 20 ans, né à Saint-Hilaire-les-Places ; Faucher François, 28 ans, né à Pierre Buffière, et Chausse Joseph. 18 ans, né à Coussac-Bonneval. Le tribunal condamne les prévenus, savoir : Barget Léonard, 25 francs d’amende et sursis ; Robert François, 24 heures de prison et sursis et 100 francs d’amende ; Robert Jean, 50 francs d’amende et sursis ; Faucher François, 15 francs d’amende et sursis; Chausse Joseph, 16 francs d’amende et sursis ». (Le Populaire du Centre, 26 avril 1925)

Je n’ai pas trouvé de traces de violoneux nexonnais. Ils sont nombreux à avoir laissé un souvenir en Corrèze et les musicologues ont pu enregistrer certains de leurs morceaux. Un travail remarquable a été fait par Françoise ETAY, professeur au Conservatoire de Limoges et présidente de l’Association des enseignants de musique et danse traditionnelles dans son mémoire de maîtrise en 1983, « Le Violon Traditionnel en Limousin ». Elle cite 98 violoneux en Corrèze, 14 en Haute Vienne et 9 en Creuse. Aucun n’est proche de Nexon. Ils habitent à Saint Léonard, Ambazac, Le Palais … Aujourd’hui ces communes nous semblent proches mais jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale les musiciens se déplaçaient presque tous en vélo, le violon en bandoulière. Il est peu probable qu’ils soient venus à Nexon. Le seul qui a peut y jouer pourrait être Henri GAYOT, un violoneux de St-Léger-la-Montagne qui aurait vécu dans la région de Bussière-Galant.

Au début des années 1950 il y a 8 salles de bal à Nexon :

  • 3 salles sont dans le bourg. On trouve, Chez DUMONT, avenue de la gare ; la salle CHARREIX, place du marché et la salle PAUL FAURE, rue P et M Curie.
  • 2 sales à la gare, l’une à l’hôtel BEYRAND et l’autre au NOUVEL HOTEL.
  • 2 sales aux Landes, chez BUISSON et chez MALARDEAU.
  • 1 sale au Plantadis, chez DUVERNEIX.

Avant les années 1950 il est rare que pour les bals on donne le nom de l’orchestre. On indique « bal avec un grand orchestre ».  Lorsque le nom de l’orchestre est cité c’est qu’il s’agit d’un orchestre avec un nom qui tranche avec celui des accordéonistes locaux. Ainsi les années 1930 vont voir fleurir les orchestres de jazz. Cette musique est arrivée en France avec les soldats américains et elle a plus aux jeunes.

On trouve l’annonce d’un bal le dimanche 4 octobre 1936, chez DUPUYDENUS à la gare, avec l’orchestre Marcel «R» Jazz.

Les années 1950 vont voir le développement des « parquets » démontables, véritables salles itinérantes louées par les organisateurs. Ces salles étaient recouvertes de bâches ou de tôles, ce qui en faisait des fournaises l’été et des glacières l’hiver. Des bancs entouraient la piste de danse. A Nexon le parquet « Le Moulin Rouge » de M. BEYLIER était systématiquement utilisés pour les fêtes patronales, à Pâque et en septembre, même après la construction de la salle des fêtes. Ces parquets ont profité du fait que de nombreuses salles n’étaient pas conformes aux nouvelles normes de sécurité.

On peut s’étonner que la salle des fêtes n’ait pas été utilisée plus fréquemment pour les bals. La raison est qu’elle était principalement consacrée aux séances de cinéma. Tous les samedi soir et les dimanches après-midi un film était proposé aux amoureux du cinéma. La télévision ne diffusait alors qu’une chaine en noir et blanc ne proposant pas de film avant qu’ils n’aient été exploités pendant deux ans en salle. Ajoutons que la commune ne voulait pas entrer en concurrence avec les propriétaires de salles.

Que ce soit pour les parquets, les salles privées ou les salles des fêtes le contrôle aux entrées à Nexon comme pour tous les bals à la campagne, s’effectuait par un tampon apposé sur la main. C’était le laissez-passer pour la soirée permettant d’entrer et de sortir pour aller à la buvette ou aux toilettes. Les petits malins avaient mis en place un système de fraude ingénieux. Le premier du groupe entrait et ressortait quelques minutes après rejoindre ses camarades dans un coin obscur. Là, ils examinaient le tampon et essayaient de la reproduire avec un bouchon de liège et un tampon encreur. Il fallait avoir plusieurs jeux de couleurs car les organisateurs ayant découvert la manœuvre utilisèrent des encres rouge, vert, bleu et des marques de plus en plus sophistiquées mais quand ils étaient submergés par la foule, les contrôleurs n’avait pas toujours la possibilité de déceler les fausses marques.

L’Amicale sportive est une des premières associations à utiliser la salle des fêtes. Deux bals sont organisés chaque saison, parfois trois comme en 1963. Cette année-là un premier bal a lieu le samedi 3 février avec l’orchestre René LOUIT. Le bal suivant a lieu le 8 juin, toujours avec René LOUIT et le dernier le 10 novembre.

Un bal classique était le bal des pompiers. Il s’inscrivait dans la logique des bals de société ou les danseurs étaient plutôt d’âge mur. Ce n’est pas le public que l’on rencontre quelques années après dans la majorité des bals ou le public est très jeune. Pour satisfaire les danseurs, les pompiers font appel à des orchestres habitués des salles des grands hôtels de Limoges, Le Faisan », « la Paix » ou le « Lion d’or » comme celui de Camille LAROTTE pour le bal du 8 décembre 1963.

Lorsque les jeunes du baby-boom ont l’âge d’aller au bal, au milieu des années 1960, le public des bals du samedi soir devient subitement beaucoup plus jeune. Les anciens orchestres sont « ringardisés ». De nouveaux orchestres naissent comme celui de Roland DUBREUIL puis celui d’ERIC ERDAY. Le nombre des bals augmente, de nombreuses associations trouvant là un moyen d’accroître leurs recettes. A côté des traditionnels bals pour la frairie, à Pâques et en septembre et du tout aussi traditionnel bal des conscrits on va avoir le bal du foot, souvent deux par an, le bal des pompiers, le bal des prisonniers, le bal de la chasse, le bal des anciens combattants, le bal de la croix rouge…

Les jeunes qui sont de plus en plus nombreux à fréquenter les bals le samedi soir ne sont pas tous des danseurs émérites. Ils rentraient dans la salle quand ils entendaient l’orchestre entamer la série des slows.  C’était alors la longue file des garçons qui étaient venus sans leur compagne à la recherche de la cavalière. Il y avait beaucoup de refus car les jeunes filles savaient que l’obscurité liée à l’extinction des lumières et la densité des danseurs favorisait le rapprochement des corps. Les mains trop baladeuses n’étaient pas toujours appréciées. C’est ce que traduit avec beaucoup de réalisme le fameux sketch joué en 1972 par Guy BEDOS et Sophie DAUMIER, « La drague ». Les premiers échanges donnent le ton :

« Sophie DAUMIER : Qu’est-ce qui est collant ce type – J’dis rien parce que je n’veux pas faire de scandale – Mais alors quel pot de colle ! – Y s’fait des idées ou quoi ? – J’ai accepté de faire cette série de slows avec lui – Pour pas faire tapisserie d’vant les copines – Mais alors… j’en vois plus l’bout !

Guy BEDOS : Mine de rien j’suis en train d’emballer moi ! – J’emballe, j’emballe sec – Allez ! vas-y Jeannot ! Attaque ! Attaque ! Ça marche ! Ça marche ! – Accroche-toi Jeannot ! La nuit est à nous… »

Quand il n’y avait pas de bal à Nexon il y en avait un à moins de 10 kilomètres, à La Meyze, aux Cars, à Flavignac, à Meilhac, à Rilhac…Dans les années 1950 -1960, les jeunes y allaient en Mobylette, par groupes de trois ou quatre, chacun prenant en passager ceux qui n’avaient pas la chance d’avoir de moyen de locomotion. Dans ce cas il fallait éviter les gendarmes car, bien que ces cyclomoteurs soient équipés de selles biplaces et de reposes pieds, il était interdit d’avoir un passager.

Dès la fin des années 1960 les 2CV et autres 4L ont remplacé les Mobylettes. Le champ d’action s’élargissait et on pouvait aller au bal à Chalus, Cussac ou Limoges. C’est une époque dorée pour les musiciens. Les orchestres vont se professionnaliser et de ce fait couter de plus en plus cher. Les organisateurs doivent remplir les salles. Il faut faire connaitre son bal. Bien sûr il y a la presse locale mais le moyen le plus efficace est l’affiche. S’organisent alors, trois semaines avant le bal, les tournées d’affichage. Armées de pots de colles et de pinceaux des équipes partent à la tombée de la nuit coller des affiches sur les panneaux de tous les villages, en déposent dans tous les cafés sans trop s’attarder au bar ! Il n’y a pas encore d’éthylomètre et plus d’un est rentré fatigué après une épuisante tournée de collage.

Et puis il fallait faire venir les limougeauds. Pour cela l’organisateur louait un car qui partait de la place du champ de foire à Limoges. Il fallait qu’un garçon a la voix tonitruante soit de la partie afin de pouvoir convaincre les jeunes de monter dans le car pour Nexon et non dans celui pour Ambazac ou saint Léonard… En fait beaucoup de jeunes choisissaient plus l’orchestre que le lieu. Chaque orchestre avait ses groupies. Peu à peu, avec la motorisation de la jeunesse ces cars ont été abandonnés car ils ne drainaient plus grand monde…

Les orchestres qui jouent à Nexon

De nombreux orchestres nationaux, plus rarement, et des orchestres régionaux animent les bals à Nexon dès la fin de la deuxième guerre mondiale. On trouve André DEXET, René DELOUTRE, Roland DUBREUIL, ERIC ERDAY, Jean Claude FAUGERAS, les frères LAVERGNE qui mettront un terme à leur activité en 1980, Lucien LANSADE de Masseret, René LOUIT, Roger PERYERAS, accordéoniste, chef d’orchestre et professeurs de musique réputé à Limoges… André VERCHUREN, l’accordéoniste français qui a vendu le plus de disques, mais aussi Yvette HORNER, Mario CAVALLERO sont venus à Nexon tout comme le corrézien Jean SEGUREL ou le périgourdin Marcel DEBERNARD.

 

En 1965 l’association des chasseurs décide d’organiser le premier bal des chasseurs. Il a lieu le 22 janvier 1966, salle Charreix avec l’orchestre Miguel FLORENCIO. Devant le succès remporté une grande nuit de la chasse a lieu à la salle des fêtes le 14 juillet 1966, toujours avec l’orchestre de Miguel FLORENCIO. En 1968, le 24 février et le 14 septembre c’est l’orchestre parisien de Mario CAVALLERO avec la chanteuse Lili Montes qui animera le bal des chasseurs.

Le programme du Comité des Fêtes pour 1972 montre l’importance que revêtaient encore les bals :

Bal d’hiver le 5 Février avec Gil MAZEAU -Gala Inter-Danse JO DAUNAT- ORTF-

22 Avril avec Harry WILLIAMS,  fils d’André VERCHUREN

Fête de Pentecôte les 20,21,22 Mai avec Christian AUZEL et Eric ERDAY

11 Juin, une surprise !!! de l’inédit à NEXON, « un gros pavé dans la mare », n’en disons pas plus pour l’instant.

21 Juillet Bal avec Eric ERDAY

22 Juillet : Grand Gala de variétés avec André VERSCHUREN

5 Août, bal des vacances avec Eric ERDAY

Fête des 22,23 et 24 Septembre avec les ensembles de Max Alan et Eric ERDAY

16 Décembre, Marcel DEBERNARD.

Un programme comparable était proposé en 1973:

10 Février……….: Marcel DEBERNARD

05 Mai…………..: Harry WILLIAMS

19 et 20 Mai…. : Fête patronale avec Gil MAZEAUD et PEYRIERAS

02 Juin …………: Les Compagnons de la chanson

21 Juillet ……….: Emile GARRY

04 Août …………: Eric ERDAY

22 Septembre …: Fête patronale avec J.P. SALVAT et Eric ERDAY

31 Décembre …..: Eric ERDAY

Au total 15 bals ont été organisés à la salle des fêtes en 1973.

Dans un rayon de 20 kilomètres autours de Nexon, pendant les années 1970-1975 cinq orchestres assurent plus de la moitié des bals du samedi soir : Roland DUBREUIL, Eric ERDAY, Jean Claude FAUGERAS, Roger PEYRIERAS, les frères LAVERGNE.

Le Populaire, 10-11 août 1974

Quelques orchestres parmi les habitués à Nexon.

Le premier, surtout dans les années 1945-1965, était RENE LOUIT. Derrière ce nom de scène se cache un voisin puisqu’il s’agit de R. CANARD de Saint Hilaire les Places. Son frère André était secrétaire de mairie à Nexon.

Plus tard la véritable star des bals de campagne a été Roland DUBREUIL. Il est invité par l’A.S.N. pour son bal du 12 mars 1966. C’est le début d’un long amour avec les jeunes puisque pendant plus de vingt ans il animera chaque année plusieurs bals à Nexon. Il est presque du pays. Il habite à l’Aiguille, il offre facilement sa tournée au bar et ses fidèles sont assurés de pouvoir danser avec lui tous les samedis dans un rayon de 30 kilomètres.

Roland Dubreuil

L’Orchestre de Jean-Claude FAUGERAS connu pendant dix années de la grande époque 1966 à 1976 un succès lié à la qualité de sa musique. Il n’avait pas la gouaille de Roland Dubreuil, ni la « gueule » d’Eric Erday mais il remplissait les salles. Il devint organisateur de bals de 1976 à 1981 et en 1981 il a créé la discothèque ‘LE MANUREVA’ qu’il a tenu jusqu’à sa fermeture en 2009.

Roland DUBREUIL a eu, au début des années 1970, une rude concurrence avec l’arrivée d’un jeune limougeaud, Georges DELOUTRE. Né derrière la gare des Bénédictins, le jeune Georges a été bercé par l’accordéon de son père, René DELOUTRE. Il commence sa carrière dans l’orchestre de son père et en 1968 il décide de voler de ses propres ailes. Il crée son orchestre et le nomme ERIC ERDAY, RD, les initiales de son père.

Dans son orchestre il a des noms connus dans le monde de la musique. Au piano Pat GIRAUD, aujourd’hui considéré comme l’un des grands organistes de jazz, à la guitare Jean-Paul SOURISSEAU, qui deviendra par la suite directeur de France Bleu Limousin, à la batterie Jean-Marc LAJUDIE qui ouvrira en 1971 son centre de formation et comme chanteur Pat HARRISSON. Derrière ce pseudonyme se cache Patrick HERNANDEZ. Il chante ses compositions parmi lesquelles Born to be alive. Mais ce titre ne deviendra un succès mondial qu’en 1978 après avoir remixé en Belgique.

Dans son livre de mémoires, Alive, Patrick HERNANDEZ raconte son arrivée dans l’orchestre d’ERIC ERDAY amené par son « pote Jean ; Paul SOURISSEAU… « Cette formation au répertoire archi classique rencontrait un grand succès auprès de la population autochtone, particulièrement au sein de la gent féminine en raison du physique avantageux du chef d’orchestre…Tous les weekend , je faisais le trajet Périgueux-Limoges dans la somptueuse jaguar de mon ami guitariste…L’ambiance était bien moins potache que dans mes précédents orchestres. C’était l’esprit « baluche » dans toute sa splendeur : pas de fantaisie, des costumes désuets, des fonctionnaires du bal qui se prenaient au sérieux…Si ERIC ERDAY se révéla plutôt ouvert sur le choix des morceaux à interpréter, les autres l’étaient beaucoup moins. A l’exception de Jean Paul et du clavier Patrick GIRAUD, le reste de la formation partageait peu mon gout pour la pop. Quant à leur technique musicale, elle se révéla d’un moins bon niveau que mes précédents orchestres. …Ce fut la première et la dernière fois de ma carrière ou j’eus vraiment l’impression de faire du bal au sens strict. » Patrick Hernandez, Alive ! Mareuil Editions, 2016

On comprend qu’après cette critique acerbe il quitte l’orchestre à la fin 1972.  Heureusement les centaines de jeunes qui se pressaient aux bals d’ERIC ERDAY n’avaient pas le même sens critique que Patrick HERNANDEZ. Les trésoriers des associations organisatrices de ces bals, et j’en étais, se frottaient les mains à la fin du bal, même si les cachets exigés ont connu une inflation galopante.

La fin des bals de campagne.

Au début des années 80, les bagarres deviennent fréquentes dans les bals. Les jeunes les désertent pour aller dans les boites de nuit, les discothèques qui se sont créés à la sortie de Limoges comme Le moulin des Cendrilles, la Locomotive… Progressivement il va s’en ouvrir dans les campagnes. Les bals du samedi sont morts.

Aujourd’hui la danse revient sur le devant de la scène et retrouve ses lettres de noblesse. Le succès de l’émission « danse avec les stars » en atteste. La salsa, les danses country et folk, les thés dansants sont devenus une autre forme de loisir.

Le Nouvel an

Pourquoi le Nouvel an est-il fêté le 1er janvier ?

Le Jour de l’an a beaucoup changé au fil des siècles pour les peuples usant du calendrier solaire et ce, au gré des Églises, des époques et des pays.

 

A Rome, après les Saturnales de décembre, les Romains fêtaient Janus dont les deux visages regardaient l’année qui venait de finir et celle où l’on entrait. On offrait à ce dieu, le 1er janvier, un gâteau, des dattes, des figues et du miel ; on se rendait visite, on s’adressait des vœux et on offrait des présents, une coutume qui avait été autorisée par le roi Sabin Tatius (VIIIe siècle av. J.-C.), lequel avait apprécié de recevoir quelques branches coupées dans un bois consacré à la déesse de la force Strenia. Ces cadeaux, faits en signe de bon présage en un jour consacré par la religion, étaient donc appelés strena d’où vient notre mot « étrenne ».

En France, sous les Mérovingiens, l’année commençait le 1er mars dans plusieurs de nos provinces. Avec Charlemagne elle débuta à Noël dans tous les territoires soumis à sa juridiction. Sous les Capétiens, le jour de l’an coïncidait avec la fête de Pâques, usage presque général au Moyen Age. En certains lieux, l’année changeait le 25 mars, fête de l’Annonciation. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne cette date comme « l’usage de France ». C’est le roi Charles IX qui rendit obligatoire par l’Édit de Roussillon du 9 août 1564 la date du 1er janvier comme origine de l’année. Le pape Grégoire XIII, en instituant le calendrier grégorien en 1582, généralise cette mesure à l’ensemble du monde chrétien.

Les premières cartes de vœux

La tradition des cartes de vœux est née en Extrême-Orient Les cartes de vœux envoyées pour cette occasion étaient autrefois en papier de riz, les artistes les plus talentueux y dessinaient et traçaient les souhaits de Bonne Année à la main, à l’aide d’encres précieuses et leur dimension était proportionnelle au rang du destinataire, pouvant atteindre pour un mandarin la taille d’un devant de cheminée !

Il semble que la première carte, avec mention de vœux, soit née en 1843 de l’idée de Sir Henry Cole (1808-1882), conservateur du musée Victoria et Albert de Londres et touche à tout génial.  Trop occupé pour écrire personnellement à ses amis pour leur souhaiter une bonne année, il demanda à un artiste, John Calcott Horsley, de lui dessiner une carte sur laquelle serait gravé « Merry Christmas and Happy New Year ». L’artiste réalise une lithographie qui représente une famille joyeuse levant un verre comme pour porter un toast au destinataire. Elle est imprimée à 1000 exemplaires en noir et blanc puis coloriée à la main. Il n’y qu’à ajouter son nom et celui du destinataire. Il resterait une douzaine de ces cartes et celles qui se vendent se négocient entre 15 000 et 20 000$

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La première carte de vœux

A partir de cette date des cartes seront imprimées et vendues un schilling ce qui ne la met pas à la portée des ouvriers. En 1873 un immigré allemand, Louis Prang (1824-1909), qui possédait un atelier de lithographie à Boston, imprime des cartes de vœux pour le Nouvel An. L’année suivante il en vend dans tous les États-Unis. En 1885, il représente le Père-Noël (Santa Claus) dans un costume rouge. Le succès est énorme et le rouge devient la couleur du Père-Noël. Rapidement ces cartes sont imitées et vendues moins chères car produites en moins bonne qualité. Louis Prang est acculé à la faillite.

En 1910 Joyce Clyde Hall (1891-1982) crée Hallmark Cards à Kansas City. C’est aujourd’hui une multinationale qui édite des cartes en 30 langues et les vend dans plus de 100 pays.

En 1949, une jeune Tchèque de 7 ans, Jitka Samkova réalise dans sa classe un dessin pour remercier l’Unicef d’avoir fourni des médicaments et du lait aux enfants de son village ravagé par la guerre. Comme elle n’a pas de papier elle peint sur un morceau de verre un groupe d’enfants en train de danser autour d’un « mât de fête » sous un grand soleil. Sa peinture est envoyée par son institutrice au bureau Unicef de Prague, qui la fait suivre à Vienne puis à New York. Le dessin de Jitka est choisi par les équipes de l’Unicef pour la réalisation des premières cartes de vœux que l’Unicef met en vente en octobre 1949.

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Les coutumes françaises

La tradition voulait que dans les 15 premiers jours de l’année on rende visite à sa famille et aux amis, mais aussi à ses collègues de travail et aussi à son patron. Pour beaucoup de gens ces visites étaient perçues comme très contraignantes et ils cherchaient à les éviter. Il était admis que l’on pouvait remplacer la visite par le dépôt d’une carte de visite. Lorsqu’elle était cornée en haut à droite, cela indiquait que l’on s’était déplacé soi-même pour la déposer, en signe de respect ou d’amitié. C’est ainsi qu’apparut l’habitude de remettre au concierge du domicile de ses proches le 1er janvier une carte de visite sur laquelle on avait écrit une formule de vœux.

La carte de vœux va peu à peu remplacer la carte de visite. Différente de la carte de Noël, elle mettait en scène le plus souvent des fleurs, de jeunes femmes ou des enfants portant des cornes d’abondance symbolisant la prospérité. Les chiffres de l’année y étaient aussi parfois représentés, accompagnés de symboles de chance : trèfle, fer à cheval…

Voici une série de cartes adressées à Gustave Tombelaine, pâtissier à Nexon ou à son fils Emile entre 1901 et 1910. Toutes ces cartes sont éditées en Allemagne ou en Autriche.

Ce jeune garçon adresse ses vœux pour le 1er janvier 1902.

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Le sourire de ces deux jeunes filles annonce l’année 1906.

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La belle moustache du jeune homme et le charmant sourire de la jeune femme souhaitent une bonne année 1907.

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Ces fleurs apportent les souhaits d’une bonne année 1910.

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Depuis son traîneau tiré par des chiens c’est une heureuse année 1911 qu’annonce la petite fille.

 

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Les cartes de vœux en Limousin

Les plus anciennes cartes postales utilisées pour souhaiter une bonne année reprennent soit des scènes de la vie rurale, soit des vues classiques de Limoges. Elles sont imprimées par Charles Collas &Cie Cognac (le trèfle aux 4 C) pour Maurice Tesson (MTIL).

La première a été postée le 29 décembre 1902 de Limoges. Les enfants portent un bouquet de fleurs à leur grand-mère.

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La suivante a été postée le 11  décembre 1903 de Limoges. La petite fille envoie des baisers sur fond de cette ville.

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La carte postée le 4 janvier 1906, toujours de Limoges, est un collage de différentes vues dans les lettres de « Bonne année ». Cette carte est éditée par Champeaud &Terrasson Limoges (C T/L) signée de l’hirondelle. bonne-annee

Le 30 décembre 1906 la carte, sur un format vertical, représente 3 trèfles à 4 feuilles dont l’un a les feuilles incrustées de limousines en barbichet.

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Sans doute vers la même date cette carte éditée par J. Faissat avec cette jeune fille en barbichet qui souhaite une bonne année en langue limousine. Elle nous dit « Ah ! si mon cœur et mon esprit avaient du pouvoir, je voudrais pour vous une année qui vous ferait un paradis à rendre jaloux le bon Dieu ». La même petite fille souhaite un bon réveillon pour Noël.

Le 1er janvier 1907 la carte postale est postée d’Aixe sur Vienne représente une branche de châtaigner portant 4 photos.

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Le paillon qui apporte les souhaits de bonne année a été posté le 7 décembre 1907 de Bussière Poitevine. Elle est passée par Le Dorat, elle est dans le train de Saint-Sulpice à Poitiers le 1er janvier 1908. Elle a mis du temps pour arriver à Blois, sa destination finale.

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L’année 1908 apparaît en chiffres sur cette carte postale qui souhaite une bonne année depuis Limoges.

La carte suivante est postée le 7 janvier 1909. Elle a été écrite le 2 janvier par Roger Tesson, le jeune frère de Maurice.

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Sur la carte verticale, parmi les vues des principales villes du Limousin figure le château de Nexon, en bas à gauche.

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