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Parcours mémoriel de la Libération de la Haute-Vienne

L’année 2024 est l’occasion de commémorer les 80 ans de la Libération de la Haute-Vienne. Pour cette occasion le Trinôme académique qui rassemble le Ministère de l’Education nationale, le ministère des Armées et l’association des auditeurs du Limousin de l’Institut des hautes études de défense nationale a proposé aux collèges du département de faire participer leurs élèves à une réflexion sur un événement s’étant déroulé dans son voisinage et d’en rendre compte lors d’une rencontre à la préfecture.

Pour les aider dans leur réflexion un livret pédagogique a recensé 23 événements et 24 articles ont été écrits et rassemblés dans un ouvrage coordonné par Philippe PASTEAU, délégué militaire départemental de la Haute-Vienne. Membre du Trinôme en tant que président de l’Association Régionale (AR25) de l’Institut des hautes études de la Défense nationale j’ai rédigé deux fiches.

Le collège de Nexon n’a pas participé à cet événement qui a réuni le mercredi 22 mai à la préfecture une centaine d’élèves et leurs professeurs pour que, par trois ou quatre par collège, ils fassent la synthèse de leurs recherches.

Ce fut une très belle après-midi avec des élèves passionnants, heureux d’avoir rendu hommage à ceux qui, il y a 80 ans, ont permis la Libération de la Haute-Vienne puis, quelques mois plus tard, de notre pays.

Après quelques photos de la cérémonie je met le texte que j’ai écrit à cette occasion sur le camp de Nexon. L’autre texte traite des combats du 17 aout 1944 à Feytiat, Le Vigen et Jourganc. Dans cette dernière commune, à la Chaume verte, 5 jeunes ont été massacrés, la cérémonie pour leurs obsèques a eu lieu à Nexon et l’un d’eux, Raymond LAPOUGE est inhumé au cimetière de Nexon.

Le préfet délégué, Philippe LAYCURAS et le lieutenant colonel Philippe PASTEAU, Délégué militaire départemental.

La salle des fetes de la Préfecture avec les élèves à droite et a gauche, M. DEBLOIS, président du conseil départemental, Mme ORLAY, Inspectrice d’académie, directeur académique des services départementaux de l’éducation nationale et Jean François NYS, président le l’Association régionale de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Le collège André Maurois présente l’histoire du jeune Philibert CHATY, résistant des maquis de Brigueil et Cussac, fusillé à Limoges le 31 janvier 1944.

Le Trinôme evec un groupe d’élèves et avec les représentants des collectivités.

Le thème proposé pour Nexon etait celui du camp. Voici la notice dans le livret de présentation suivi du texte que j’ai rédigé pour l’accompagner.

L’ouvrage qui réuni tous les textes.

1940-1945 Camp d’internement de Nexon et les victimes israélites

Dès le 12 novembre 1938, le gouvernement Daladier publie un décret prévoyant la création de centres spéciaux pour l’internement des « étrangers indésirables ». Le 21 janvier 1939 le camp de Rieucros à Mende en Lozère fut premier à voir le jour.

Le conflit qui éclate le 3 septembre 1939 conduit le gouvernement Daladier à renforcer la surveillance des milieux politiques considérés comme subversifs. Le décret-loi du 18 novembre 1939 marque le début d’une répression autorisant les préfets à interner sans aucun jugement ni condamnation « les ennemis de la Patrie ». Sont principalement visés les communistes qui, du fait du Pacte Germano-Soviétique signé le 23 août 1939, deviennent suspects de ne pas vouloir défendre la France contre l’Allemagne. Sont également suspects tous les allemands qui ont fui l’Allemagne dès qu’Hitler a mis en œuvre sa politique raciste. Pour le gouvernement français toute personne qui arrivait l’Allemagne ou des territoires envahis étaient suspects d’être des espions. La plus grande partie d’entre eux était des juifs dont certains n’étaient en France qu’en attendant de partir aux Etats-Unis. C’est pour ces raisons de sécurité nationale que la garde des camps incombait au Ministère de la Guerre avant de passer sous l’autorité du Ministère de l’Intérieur ( loi du 17 novembre 1940).

La dissolution du parti communiste en septembre 1939 va conduire les dirigeants, les militants et les syndicalistes les plus actifs à être internés ou affectés à des compagnies spéciales.

Mais les camps sont également construits pour héberger les Républicains espagnols qui fuient massivement leur pays au fur et à mesure de l’avancée des troupes de Franco. Avant même que le camp soit terminé les baraquements vont servir à l’hébergement des évacués alsaciens et de tous les réfugiés qui arrivent de toute l’Europe. En juin et juillet 1940, la mairie de Nexon enregistre trois décès de réfugiés, tous français originaires de l’ouest parisien et âgés de 70, 77 et 82 ans.  

Le 22 juin 1940, après la défaite militaire de la France l’armistice est signé à Rethondes. Le 10 juillet le Maréchal Pétain obtient les « pleins pouvoirs » de chef de l’Etat et du gouvernement. C’est la naissance de l’État français et la fin de la Troisième République. Le Gouvernement de Vichy va utiliser l’internement comme outil politique. La loi du 3 septembre 1940 prolonge les dispositions du décret-loi du 18 novembre 1939 et rend possible l’internement des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique.

Le centre de séjour surveillé de Nexon est remis au maire de Nexon le 28 septembre 1940. Il compte 13 baraquement de 40 m. sur 6 m. et une cuisine. Il est entouré d’une clôture en fil de fer barbelé et l’entrée est sans porte.

Le 3 octobre 1940 est promulgué la loi portant sur le statut des Juifs, un second statut, plus répressif, sera institué par la loi du 2 juin 1941.

 Dès la fin novembre 1940 un chef de camp est nommé, M. Pillon, officier de réserve. Il constate que le camp qui a logé jusqu’à 600 réfugiés n’est pas en mesure d’héberger des personnes pendant l’hiver dans la mesure ou il n’y a pas de chauffage et que des nouvelles baraques sont en construction. Malgré cela M. Pillon accepte à la fin du mois de décembre un premier contingent de 300 détenus venant des camps de Mons et de Gurs.

Dans son rapport du 31 janvier 1941 à la Direction de la Sûreté nationale à Vichy le chef de camp décrit ainsi la population qu’il héberge « dans un camp d’Indésirables Français, l’intellectuel côtoie l’ouvrier d’usine, le mineur, le commerçant , l’agriculteur ; le militant communiste retrouvera à ses côtés les simples membres du parti, même souvent des S.F.I.O. ou de simples syndicalistes qui ont combattu contre eux. De ce fait, l’action des chefs militants et leur influence sur les masses continue au camp ». Il n’y a pas de Juifs enregistrés comme tels parmi les internés.

 1 – Le fonctionnement et les principaux événements de 1941 à 1945

Dans son fonctionnement au cours de cette période le camp de Nexon pouvait accueillir jusqu’à 800 internés et 1200 voir plus comme on peut le lire dans certains articles.  Suivant un plan orthogonal, 23 pavillons construits soit en dur et couverts en tuiles ou en tôle ondulée, soit en bois montés sur des dés en béton et recouverts de tôle, étaient clôturés par un grillage de fil de fer recourbé (pour éviter les évasions), doublé par un réseau de barbelés de 4m de large et par un chemin de ronde, à l’extérieur. Les 12 baraques destinées au logement des internés (B1 à B12) étaient séparées des 9 autres réservées aux divers services. Une longue palissade de bois faisait écran entre le camp et la route départementale qui restait ouverte (réponse à la lettre du Ministre de l’intérieur datée du 20 novembre 1944 par le Directeur du camp de Nexon adressée au Préfet de la Haute-Vienne).

Quelques dispositions du règlement concernant la discipline ( Vichy le 17 janvier 1941- AD 87, 185W3/60)

« Le Centre de Nexon est un Centre d’hébergement et non pas un camp répressif, les étrangers qui s’y trouvent réunis n’en ont pas moins le devoir de participer à tous les travaux tant d’aménagement que d’entretien. Ceux qui manifesteraient de la mauvaise volonté dans l’accomplissement de leur tâche seraient l’objet de sanctions disciplinaires.

Les heures de lever sont fixées à 6h30 en été 7h30 en hiver et pour le coucher à 22h en été  et à 21h30 en hiver.

Les Grands-parents, pères, mères, conjoints, frères, sœurs et descendants en ligne directe des hébergés, sont admis à rendre visite à ses derniers, trois jours par semaine pendant les heures fixées par le Commissaire Chef de camp.

Les « hébergés » sont autorisés à recevoir des colis. Ces derniers devront être ouverts par l’hébergé en présence d’un brigadier.

Toute tentative d’évasion sera immédiatement punie de prison pour une durée à fixer, selon les circonstances, par le Commandant du Camp. Il en sera rendu compte au Préfet.

La peine sera doublée à la deuxième tentative et en cas de nouvelle récidive, l’hébergé sera dirigé sur le Camp répressif du Vernet. »

En mars 1941, un certain nombre d’« indésirables » sont acheminés à Port-Vendres et de là en Afrique du Nord.

La rafle d’août 1942 et l’arrestation des Juifs

Le 5 août 1942 tous les préfets régionaux reçoivent une lettre confidentielle des services de René Bousquet, secrétaire général de la police, qui définit les juifs à arrêter et à transporter en zone occupée « avant le 15 septembre » : leur nationalité, leur date d’entrée sur le territoire français (1er janvier 1936), la liste des exemptés (« vieillards de plus de 60 ans », femmes « en état de grossesse », « enfants de moins de 16 ans non accompagnés », entre autres).

Le 10 août 1942 le préfet  Lemoine adresse ses instructions aux préfets de sa région pour effectuer le ramassage, le groupement et la conduite des israélites au centre régional de Nexon. Les internés qui séjournaient au camp de nexon ont temporairement été transférés au camp de Saint Paul d’Eyjeaux.

Le 19 août les préfets de département sont informés que l’opération se déroulera le mercredi 26 août.

A 5 heures dans la nuit de ce 26 août le « plan de ramassage » est déclenché sur l’ensemble de la zone non occupée. Pour la Région de Limoges, 9 préfectures ou sous-préfectures sont concernées : Loches (Indre et Loire), Châteauroux (Indre), Saint Amand Montrond (Cher), Montmorillon (Vienne), Guéret (Creuse), Confolens (Charente), Limoges (Haute-Vienne), Périgueux (Dordogne) et Tulle (Corrèze).

Grande rafle de Juifs étrangers dans les quarante départements de la zone libre où Vichy est souverain.

Le 29 août 1942, 450 Juifs dont 68 enfants de la région de Limoges arrêtés dans les 5 départements de la Région de Limoges sont transférés au camp de Nexon. Après un triage complémentaire à celui qui était fait dans chaque département et internés à Nexon. Ils sont ensuite livrés aux Allemands et déportés à Auschwitz. Des Juifs âgés évacués du camp du Récébédou, près de Toulouse, sont transférés au camp de Nexon. Le 26 août 1942, le « plan de ramassage » est déclenché sur l’ensemble de la zone non occupée. Pour la Région de Limoges, 9 préfectures ou sous-préfectures vont être concernées : Loches (Indre et Loire), Châteauroux (Indre), Saint Amand Montrond (Cher), Montmorillon (Vienne), Guéret (Creuse), Confolens (Charente), Limoges (Haute-Vienne), Périgueux (Dordogne) et Tulle (Corrèze).

En Haute-Vienne 102 personnes ont été arrêtées, aucune à Nexon ni dans les communes du canton. En effet lors de l’enquête du 3 juin 1941 la mairie de Nexon avait déclaré qu’aucun réfugié israélite ne vivait sur la commune.

Au total 680 personnes ont été amenées au camp de Nexon les 27 et 28 août 1942. Leurs documents vont de nouveaux être examinés. En une journée les inspecteurs vont examiner les papiers et libérer ceux qui remplissant les conditions d’exemption. Aux partants on retirera les cartes d’alimentations à tous ceux qui remplissent les conditions pour être retenus.

Après toutes les vérifications 458 personnes ont été embarquées dans le train pour Drancy. Ce sont donc plus de 200 personnes qui ont été libérées parce qu’elles remplissaient les conditions pour ne pas partir. Les 458 personnes retenus ont quitté le camp dans la soirée et ont pris place dans trois 3 voitures de voyageurs réservées aux femmes, enfants et malades et vingt-sept voitures à bestiaux aménagées. Les bagages étaient entreposés dans quatre fourgons à bagages et une voiture était réservée à l’escorte.

Le train a quitté Nexon le 29 août 1942 à 6h55. Il a franchi la ligne de démarcation à Vierzon à 11h31 d’où il est reparti à 12h15. Il est arrivé à Drancy à 18h03. La plupart sont partis pour Auschwitz très rapidement. Le convoi n°26 avec 307 « raflés » est parti le 31 août et le convoi n°27 est parti le 2 septembre avec 75 « raflés ». La plupart ont été gazés le jour de leur arrivée.

Après cet événement douloureux la vie du camp continue avec le 26 octobre 1942, la plus grande partie des internés du camp du Récébédou, « juifs étrangers, espagnols républicains et leur encadrement » qui est transférée au camp de Nexon. Le camp est alors transformé en camp hôpital.

Après l’attaque surprise de l’Union soviétique par les armées allemandes le 21 juin la guerre a changé de dimension. Le 8 novembre les Alliés débarquent en Afrique du Nord et le 11 novembre la zone libre est envahie par les allemands et les italiens. Les communistes ne sont plus systématiquement considérés comme des indésirables.

Les juifs sont les principales victimes de l’hiver rigoureux de 1942-1943

L’hivers 1942-1943 est particulièrement rigoureux et 76 internés vont mourir, principalement parmi les Juifs. Ils sont inhumés dans le cimetière de Nexon. Les 29 et 30 novembre 1951, 72 corps sont exhumés et déposés dans une tombe collective. 

La rafle de fevrier 1943 dite rafle des 2000 va faire une nouvelle fois Nexon centre de regroupement.

Le 13 février à Paris, deux officiers de la Luftwaffe sont abattus. En représailles, les Allemands réclament la déportation de 2000 hommes. Ne pouvant trouver 2 000 Juifs étrangers en zone occupée, Vichy est allé les chercher en zone libre, nouvellement occupée.

Les Juifs arrêtés ont été dirigés sur le Camp de Gurs et une partie sur le Camp de Nexon. Puis, tous ont été transférés sur Drancy et de là, non pas sur Auschwitz, engorgé de convois, mais sur le Camp de Sobibor. Une poignée de rescapés survécurent via le Camp de Maidanek. 

Le camp en 1943 et 1944

A partir du mois de mars la population des internés tombe à moins de cent personnes . Elle remontera au-dessus de 100 à partir du mois d’août 1943.

À la suite de la dissolution du camp de Gurs, en novembre 1943, les internés de ce camp sont transférés à Nexon.

La population des internés évolue, il y a moins de Juifs mais des réfractaires au STO, des condamnés de droit commun pour marché noir, trafic… et des opposants politique. Des volontaires sont envoyés pour travailler dans le cadre de l’organisation Todt à la construction des fortifications de l’Atlantique.

Au cours de l’année 1944 le nombre des interné augmente et dépassera 200 en février puis 330 en mars.

Le débarquement du 6 juin en Normandie déclenche de nombreuses actions de la Résistance. Le 11 juin 1944, le camp est attaqué ce qui permet l’évasion de 54 détenus. Le camp de Saint Paul d’Eyjeaux est lui aussi attaqué et incendié. Le 13 juin les internés de ce camp qui restent sont envoyés à Nexon.

Du 17 juin 1944 à la fin octobre 1944 le camp est transféré à la Caserne du Grand Séminaire à Limoges

De la fin octobre 1944 au 17 août 1945 retour à Nexon, date du transfert des internés au camp de Poitiers.

Il ne subsiste aucune trace du camp, dont l’emprise est occupée par un lotissement. Une stèle en rappelle le souvenir.

Bibliographie

Claude BERODY «Nexon … 1941…baraque 12 » Fondation pour la Mémoire de la déportation 2011 

Guy PERLIER « Les camps du bocage : 1940-1944 Saint-Germain-les-Belles Saint-Paul-d’Eyjeaux Nexon » aux Editions Les Monédières, avril 2009.

Guy PERLIER « La Rafle : Août 1942, région de Limoges » Editions Les Monédières, mars 2012

Laurette ALEXIS-MONET « Les miradors de Vichy » Les Éditions de Paris 1994 et 2001

Archives départementales de la Haute-Vienne – Seconde Guerre Mondiale. En ligne :

  • 993 W 71 et 73 Rapports mensuels de commandant de camp
  • 185 W 3/61 Rapports du chef de camp sur l’organisation du camp, son fonctionnement, l’état d’esprit des internés.

La rafle du 29 août 1942 : https://etsinexonmetaitconte.fr/wp-admin/post.php?post=7314&action=edit

La prison du camp de Nexon a servi de logement a plusieurs familles jusqu’en 1960.

A la fin de ma conférence sur les 400 ans du château de Nexon une dame est venue m’apporter une photo et m’a expliqué que c’était la prison du camp de Nexon dans laquelle elle a vécu du début de l’année 1951 à juin 1956 avec ses parents et sa sœur. Etant née en 1950 elle n’a que des souvenirs d’enfants mais avec sa sœur plus âgées de 3 ans elles ont réalisé un plan pour montrer comment elles vivaient.

Par décision du Ministre de l’Intérieur du 21 juin 1945 les camps d’internement ont été supprimés et les 98 internés qui y séjournaient encore ont été transférés au camp de Poitiers. Parmi eux il y avait 82 hommes et 16 femmes, 58 étaient condamnés pour du « marché noir », 39 pour des motifs politiques et 1 pour des faits de droit commun.

Bien que vide d’internés à partir du 18 aout le camp était encore occupé, ce qui donna lieu à une polémique ! En effet le directeur occupait toujours sont logement et il disposait de 2 chauffeurs. Du personnel s’occupait de l’entretien et du gardiennage ce qui faisait un total de 25 personnes. Pendant plus de 10 mois ces personnes s’occupaient d’un camp sans aucun interné. La presse s’est émue de cette situation, a interpellé le Ministre des Armées, Edmond MICHELET mais le camp ne relevait pas de sa compétence. Le Ministre de l’Intérieur fit la même réponse et finalement les journalistes apprirent que le camp relevait du Ministre de la Justice …

Le camp libéré de tout personnel, le Ministère n’a plus versé de loyer au propriétaire du terrain, Madame Jeanne de LAUSUN, sœur de Georges de Nexon. Des baraquements ont été vendus et une famille fut autorisée à loger dans la prison en contrepartie de l’entretien du terrain du camp.

Une première famille y a vécu de 1947 à 1951.Ces premiers occupants avaient fait percer une fenêtre dans le couloir et selon les dire du maçon ce fut avec beaucoup de difficulté car « les murs étaient très ferraillés ». Une seconde famille, les parents de Mme B.G., y sont arrivés au début de l’année 1951. Son père qui avait été prisonnier et venait d’être embauché à la SNCF, n’avait pas de moyen de locomotion et de ce fait la proximité de la gare le satisfaisait. Il s’y est installé avec son épouse et ses deux jeunes filles âgées de 4 et 1 ans. Ces premiers occupants avaient fait percer une fenêtre dans le couloir et selon les dire du maçon ce fut avec beaucoup de difficulté car « les murs étaient très ferraillés ».

« Sur la photo, à gauche, on distingue le château d’eau. Derrière, le long de la clôture avec des barbelés en hauteur, nous nous souvenons du mirador en mauvais état qui devait permettre de voir loin et notamment la gare et ses environs.

En dessous du château d’eau, une cave qui nous paraissait très grande avait été creusée sous terre. Elle pouvait contenir un important stock de nourriture. Elle était très fraîche même en été. On y accédait par un escalier. Proche de cette cave et en descendant vers la prison, un lavoir creusé à même le sol ne manquait jamais d’eau. »

Le plan du logement réalisé par Mme B.G. et sa sœur :

Un plan du camp avec la prison colorisée permet de visualiser ce qui est décrit.

« À l’époque, ne subsistaient que les baraquements de gauche délabrés, et encore pas tous. Nous n’y pénétrions que rarement, souvent à l’insu de nos parents. Ceux-ci ne voulaient pas que nous y allions, non seulement à cause de leur vétusté mais sûrement à cause des images que ces bâtiments pouvaient leur renvoyer. »

Quelques mois avant une autre personne m’a écrit pour me signaler que ses grands-parents y avaient habité pendant quelques années à partir de mai 57. Elle m’a entouré les baraques qui existaient encore quand ils y vivaient.

En 1959 Mme de LAUSUN, sœur de Georges de NEXON a obtenu l’autorisation de réaliser un lotissement sur sur le terrain ou avait été construit le camp. Ce qui restait des constructions a été démoli à l’exception du château d’eau et d’un garage qui était à l’extérieur du camp.

Le château d’eau en 2015 et en 2022.

le garage :