Archives de catégorie : Connaissance de Nexon

1er critérium cycliste international de Nexon 24 aout 1969

Ce premier critérium international annonçait une suite qui malheureusement n’a pas eu lieu. Et pourtant les participants étaient les vedettes internationales du moment et parmi elles Raymond POULIDOR. A l’époque il était déjà un des plus connus et des plus aimés du public français.

Il y avait eu des courses cyclistes à Nexon mais jamais au niveau international. C’est lors de sa réunion du 28 septembre 1968 que le Comité des fêtes, présidé par M. Henry MAURILLEGANT, qu’est adopté le principe d’un criterium international de cyclisme sur le modèle de ceux d’Oradour et de Saint Claud. La Fédération Française de Cyclisme (FFC) à la charge d’en fixer la date. Celle ci est annoncée aux nexonnais dans le bulletin municipal de janvier 1969, et c’est le 24 aout 1969 qui a été choisi.

Bulletin municipal n° 53décembre 68 – janvier 69

Lors de sa réunion du 24 juin le Comité prévoit plusieurs entrées et plusieurs buvettes. Il est même envisagé d’élire une Miss Nexon au bal du 13 juillet et de lui confier la remise du bouquet au vainqueur. Et le 31 juillet le Comité retient les noms des coureurs qui participeront au criterium et désigne les responsables pour les 10 caisses, les 5 buvettes ainsi que les contrôleurs volants. Le bulletin municipal de juillet donne quelques informations sur le criterium.

Bulletin municipal n° 55 Juin – Juillet 1969

Rien n’est publié dans la presse avant le mois d’aout. Il est vrai que les criterium internationaux attirent les coureurs qui se sont illustrés lors du Tour de France et c’est sur leur nom que les organisateurs centrent leur publicité.

Compte tenu des primes qu’il faut verser aux coureurs professionnels pour qu’ils choisissent ce criterium, il faut trouver de l’argent. Lorsque quelques années plus tard j’analyserai cet aspect du sport en consacrant une partie de mes recherches universitaires au financement du sport et à son analyse je développerai la règle des « 3S » : les spectateurs, les sponsors et les subventions des collectivités pour finacer les compétitions sportives. C’est le problème qu’ a eu à régler le Comité. Faire payer les spectateurs, c’est facile dans un stade car le nombre d’entrées est limité, mais pour une course sur route, même en circuit, c’est difficile car il est impossible de clore la totalité du parcours. Et il suffit aux habitants des maisons situées sur le bord de la route de se mettre à leurs fenêtres et ils sont aux premières loges. Et rien ne les empêche d’inviter, ce jour là, famille et amis. Les organisateurs ont donc prévus de passer solliciter ces habitants, d’où l’appel qui leur est fait de réserver le meilleur accueil aux organisateurs quand ils passeront les voir. Les sponsors étaient là, en particulier « Le Centre de la Mode » de M. RUCASSIE, habitué des courses cyclistes et présent sur la commune avec son atelier « Vet’France ». Quant aux collectivités locales, principalement la commune, elles pouvaient difficilement verser des subventions substantielles pour un criterium cycliste professionnel devant aider toutes les associations de la commune.

J’imagine que dès le mois de juillet une forte équipe de bénévoles était constituée mais je n’ai pas trouvé le nombre de ces bénévoles et je n’en ai pas le souvenir. Il faut dire qu’étudiant, une fois passé mes examens, dès la fin juin je suis parti avec 2 autres camarades en Angleterre et je suis rentré à Nexon à la fin aout . Le criterium était terminé et je n’en avait pas entendu parler ! On parlait plus du concert géant des Rolling Stones à Hyde Park le 5 juillet et du premier pas sur la lune d’AMSTRONG le 21 juillet. Je suis certain que des lecteurs de ce blog on assisté à ce criterium et qu’ils programmes, des billets, des photos et au moins des souvenirs. N’hésitez pas les faire connaitre par les commentaires que vous pouvez mettre au bas de cet article.

La Presse locale, principalement le Populaire, publie un article le 19 aout, 5 jours avant la course. C’est tard, mais l’activité sportive est fournie à cette époque. Les premiers noms des professionnels sont publiés. On est surpris, en 2022, de voir que POULIDOR n’est pas mis en tout premier plan. Pourtant il a terminé le Tour de France à la troisième place derrière MERCKX, mais sans qu’il y ait le moindre suspens puisqu’il était à 22 minutes. Et puis sa rivalité avec ANQUETIL est oubliée, c’est MERCKX qui occupe le haut de l’affiche. Mais il ne viendra pas à Nexon, il demande beaucoup trop d’argent et il préfère courir chez lui, en Belgique. Et comme c’est le 1er criterium international organisé à Nexon il n’a aucune réputation sur l’ambiance, sur le nombre des spectateurs, sur les primes pendant la course… Ce n’est pas le Bol d’or des Monédières.

Le Populaire 18 aout 1969

Le nom du champion du monde est mis en premier mais seul les spécialistes le connaissent. Il a gagné ce titre qui se disputait en Belgique le 10 aout, à la surprise générale et personne ne le connais.

19 aout 1969

Cet article nous révèle que le champion du monde ne se pas présent car il a été trop exigeant, mais Jean TAMAIN, le meilleur des présentateurs sera présent ce qui donne du crédit à ce 1er critérium. Le journal y croit compte tenu de la ferveur des Limousins pour le cyclisme et le faible nombre de courses de niveau international. Mais il rappelle cependant l’échec du cyclocross international organisé à Nexon en 1961.

Le Populaire 20 aout 1960

L’article explique que l’absence de MERCKX est largement compensée par la qualité des inscrits professionnels parmi les 4 suivants de MERCHX au Tour de France mais aussi par la présence des meilleurs coureurs régionaux

Lors de sa réunion du 20 aout le Comité a fixé le prix des entrées à 8 francs soit l’équivalent de 9,20 € en équivalent de pouvoir d’achat 2020.

Le lendemain un nouvel article s’interroge sur la capacité des jeunes pro à battre les « vedettes ». Aucun de ceux qui figurent dans le titre de l’article n’a atteint la notoriété internationale mais ils furent de bon coéquipiers, José CATIEAU a disputé 7 Tours de France et il a même porté le maillot jaune pendant 4 jours en 1973, ce que n’a pas fait POULIDOR.

Le Populaire 21 aout 1969

Un article est ensuite consacré aux Limousin.

Puis ce sont les arrêtés règlementant la circulation qui sont publiés :

La veille la liste des 40 engagés est publiée ainsi que les détails de l’organisation et les journalistes engagement leurs pronostics : un duel PINGEON – POULIDOR arbitré par GIMONDI et GANDARIAS. Des informations sont données sur un bon nombre des coureurs.

Et enfin le jour tant attendu arrive. Les coureurs sont venus en voiture, certains de loin, et ils ne sont a Nexon que quelques heures avant le départ de la course. Où sont-ils accueillis ? Je ne le sais pas. Des chambres ont du être réservées dans les hôtels car il y en a encore en 1969.

Le public est présent, on parle de 5 000 personnes, la course se déroule et POULIDOR gagne. Le compte rendu qu’en fait le Populaire est élogieux. Une pleine page est consacré à l’évènement. POULIDOR gagne détaché devant Alain VASSEUR, Raymond RIOTTE, Francis CAMPANER et Jan JANSSEN.

Le circuit ne devait pas être trop difficile puisque POULIDOR a effectué les 100 km en 2 h 33 soit une moyenne de 39,2 km/h.

Raymond POULIDOR, vainqueur
JANSSEN en tête du peloton
POULIDOR en train de s’échapper
Raymond RIOTTE

Quel bilan a tiré le Comité de ce critérium ? Le compte rendu publié dans le bulletin municipal d’octobre – novembre est mitigé. Il ne donne donne aucun chiffre sur le plan financier mais fustige ceux qui ont contourné les entrées pour ne pas payer. Mais le public a été généreux car une grosse prime de 4000 francs, soit l’équivalent actuel de 4 500 € a été accordée sans compter les nombreuses petites primes offertes pour animer la course.

Le bilan financier n’a pas du être positif puisque le Comité du 21 janvier 1970 a annulé le 2ème criterium qui était prévu le 23 aout 1970. le 19 janvier 1971 il a été évoqué un criterium pour le 22 aout 1971 mais le 16 février il a été décidé de le remplacer par une corrida. Le 1er Criterium cycliste international de Nexon a été le dernier.

La fête de septembre 1976

La fête de septembre 1975 avait été un succès aussi le comité a souhaité continuer sur sa lancé. Bien qu’il ait changé de président et que des postes aient été renouvelés la ligne est restée la même : la fête doit être jolie et donner du plaisir.

Bulletin municipal n° 92 1er trimestre 1976

Les chars donnent à la fête, pour peu que le soleil y apporte son concours, un air de gaité particulier. A lui seul, le nom donné à ces défilés de chars, corso fleuri, fait penser au soleil d’Italie. Cette habitude de défiler dans les rues, corso, est née au 19e siècle. Il s’agissait de fêter l’arrivée du printemps et pour cela dans certaines villes, les habitants ont pris l’habitude sortir leurs charrettes et de les décorer avec des branchages et des fleurs. Ces fêtes coïncidaient avec le Carnaval.

Quand les charrettes furent tirées par des chevaux ont leur donna le nom de cavalcade. Et ce n’est que vers les années 1950 qu’on leur donna le nom de corso fleuri. En effet les chars n’étaient plus décorés de fleurs naturelles mais de fleurs en papier confectionnées par les habitants pour décorer leur char.

A Nexon la plupart des chars sont des carcasses que le comité des fêtes achète d’occasion aux villes réputées pour leur carnaval. C’est la ville de Nyons dans la Drome dont le défilé de char était parmi les plus réputés qui a commencé à vendre ses carcasses à Nice pour son défilé l’année suivante. Aujourd’hui à coté des villes il y a des marchands qui offrent sur Internet des dizaines de chars et tout le matériel nécessaire pour les décorer et habiller les participants.

Mais a l’époque il fallait de nombreux jours de travail, d’abord pour confectionner les fleurs et ensuite les assembler sur les carcasses. Voici l’illustration de ce travail d’assemblage minutieux qu’il fallait réaliser mais tout se faisait dans la joie et la bonne humeur. Pour faire ce travail il faut que le char soit a l’abri et qu’il y ait la place pour entreposer du matériel et pouvoir travailler à plusieurs personnes. Les propriétaires de granges et de hangars fermés étaient de ce fait les bienvenus. Ici dans l’entreprise de travaux publics de Gaston BETHOULE, avenue de la gare.

Quand il s’agit d’attacher les fleurs en faisant attention à bien respecter le modèle on constate que l’équipe est entièrement composée de femmes.

S’il faut être attentif afin de respecter les contours et les couleurs cela n’empêche pas de sourire …

Et quand tout est terminé et que le soleil brille, les enfants ne peuvent qu’être joyeux.

On peut remarquer la précision de la représentation des cotes et des océans!

Une fois tous les chars prêts, tous les participants habillés, le départ peut être donné. Devant l’église on rencontre un très beau cœur aux couleurs blanches et rouge pour répandre l’amour tout au long du parcours.

Un petit et sa carriole dorée de fleurs suit le cygne que nous retrouverons quand ils va remonter…

Cette belle voiture rouge on la retrouvera elle aussi, entourée de vélo, dans la montée vers le bourg.

Ils descendent vers la gare et on les trouve dans la cour de la ferme de La Léoniderie.

Et maintenant il faut remonter vers le centre du bourg.

de l’amour avec le cœur
de l’argent avec la corne d’abondance
de la force avec l’éléphant

Je me souviens d’avoir eu le visage noirci pour une fête ou nous étions habillés en jeunes africains. J’avais 5 ou 6 ans. Je ne sais pas si on nous avait noirci avec du cirage ou avec des bouchons brulés mais j’ai détesté cette journée. Aujourd’hui on ne ferrait plus cela.

le chien fidèle et bon gardien

Et une seconde cariole très décorées, tirées par un petit âne lui aussi fleuri.

et des vélos de tout âge pour accompagner la belle voiture rouge.

devant eux le char d’une fée…

l’alpha mais sans l’oméga

On est arrivé dans la bourg et on retrouve le cygne, les éléphants…

Arès la fête les membres du comité étaient satisfaits

Bulletin municipal n° 94 3ème trimestre 1976

Une partie des photos m’a été prêtée par Josette DUGOT-LAGORCE. Elle a beaucoup participé à la réalisation des chars et on la voit ici, travaillant sur la mappemonde.

Comme pour l’article précédent vous pouvez me proposer des photos, vous reconnaitre sur un char ou dans le public… C’est ainsi que vit ce blog.

La fête en septembre 1975

Cette fête marque le retour du défilé de chars au cours de la fête. Le comité présidé par M. Henri MAURILLEGANT a décidé de reprendre cette tradition qui a fait le succès des fêtes nexonnaises pendant les années 1960. Une fois les carcasses de chars achetées et réparties entre les quartiers il faut se mettre à la confection des fleurs en papier. L’enthousiasme des nombreux bénévoles a permis la réalisation de 16 chars. Partant du château, les chars traversent le bourg jusqu’au moulin Barlet et remontent vers le centre où la circulation automobile a été interdite pendant le défilé.

Il n’y a pas de fête sans bal. Le parquet est tout près des manèges, sur la place de la république. A la fin de l’année 1973 M. BEYLIER avait cédé son affaire d’organisateur de bal sur parquet à M. ROYER et il fut difficile au comité de faire affaire avec le nouveau propriétaire. N’ayant pas pu s’entendre en 1974 le comité avait loué un parquet à un autre entrepreneur tandis que M. ROYER, considérant qu’il avait un contrat pour être présent aux fêtes de Nexon avait installé le sien du coté du champ de foire, parallèlement aux barres d’attache du bétail. Cette concurrence était nuisible aux finances du comité qui a terminé l’année 1974 avec un déficit. Au début de l’année 1975 une médiation avec le maire René REBIERE est organisée avec M. ROYER. Sa proposition est qu’il accepte de ne pas venir à la fête à Nexon si le comité lui paye le cachet de son orchestre soit 1 800 francs. Finalement un accord est obtenu et la fête sera un succès.

Les chars traversent le bourg avec un public présent tout le long du parcours. La foule est plus nombreuse autours de l’actuelle place Fratellini sur laquelle sont installés les principaux manèges, auto tamponnantes, chenille, manège enfantin, stand de tir, loteries…

Les chars passent pour aller vers la gare, le public est moins nombreux…Le passage dans le bourg permet de retrouver les commerces qui existaient alors, la boucherie charcuterie BOSBATY, les primeurs de Nenette CLERMONTEIL, la bijouterie DESPLANCHES, les nouveautés PEYRICHOUX… et plus loin dans la rue Gambetta les aliments pour animaux REALLE …

Et la reine de la fête avec ses dauphines clos le défilé.

La descente vers la gare pour le moulin à vent

Guy DEFAYE au volant de son tracteur

Après avoir fait demi tour au bas de l’avenue de la gare devenue Charles de Gaulle on retrouve les chars accompagnés des 3 troupes de majorettes qui ont été invitées à la fête.

Ici ce sont les majorettes de Nexon, les coccinelles, sur leur char.

Et la reine ferme la marche…

On retrouve les chars et les majorettes dans la montée vers le bourg …

La Patrouille de France suivie des majorettes

Le défilé se termine, la reine va quitter son trône…

Pour ce défilé nous avons la chance d’avoir un petit film. Il a été réalisé par Jean ATZEMIS qui a filmé le défilé depuis son domicile, avenue Charles de Gaulle. Il a déposé son film à la Mémoire Filmique de Nouvelle-Aquitaine. Cette structure a été réalisée à l’initiative de la Cinémathèque de Nouvelle-Aquitaine (Limoges) qui a réuni le Fonds Audiovisuel de Recherche (La Rochelle), La Mémoire de Bordeaux Métropole (Bordeaux) et Trafic Image (Angoulême) pour former un réseau.

https://www.memoirefilmiquenouvelleaquitaine.fr/films/chars-a-nexon

https://www.memoirefilmiquenouvelleaquitaine.fr/films/chars-a-nexon

Si vous avez d’autres photos, si vous vous reconnaissez n’hésitez pas à écrire un commentaire. merci.

Bonne année 2022

Une année se termine, une nouvelle commence, comment sera-t-elle? je vous souhaite qu’elle vous vous apporte santé, joie et bonheur dans un monde moins violent, plus solidaire et plus juste.

Je cherche toujours des documents sur Nexon, qu’il s’agisse de photos, de vieilles factures et tout document historique. Si vous me les confiez je les garde 3 ou 4 jours pour les scanner et je vous les ramène chez vous. Et si vous ne savez pas si ce vieux papier peut m’intéresser vous m’appelez et je vais vous voir.

Merci a tous ceux qui m’informent ou m’ont informé. J’ai une pensée pour le Docteur Rose FORGERON, partie trop tôt et trop brutalement. J’ai passé de longue heures avec elles et elle avait encore beaucoup de choses a me dire ! Sur son bureau elle avait commencé a écrire sur la guerre de 1939-1945 mais c’était difficile pour elle car cela lui évoquait de douloureux souvenirs. Sa fille m’a donné la page ou les quelques lignes révèlent la douleur qu’elle ressentait à cette évocation. Bien que né à la fin de cette guerre je sais combien ceux qui l’ont vécu ont du mal à en parler. Entre ceux qui ont accepté le régime de Vichy et ceux qui l’ont combattu, parfois seulement lorsqu’il était plus que chancelant, il ne fallait pas parler, surtout quand les oppositions traversaient la même famille. Ma mère avait 20 ans en 1944 mais elle a toujours été évasive lorsque je lui parlait de ces années. Que savait elle réellement ? Même s’il n’y avait pas les réseaux sociaux que nous connaissons aujourd’hui il y avait, à cette époque, des rumeurs, des fausses informations… En travaillant sur les archives je me suis vite rendu compte que l’image que l’on avait de certaines personnes étaient erronées. Les résistants ont du agir dans la clandestinité jusqu’au milieu de l’année 1944, de ce fait ils n’étaient pas connus. Ceux que l’on pensait proche de Vichy ne l’étaient qu’en façade, des gendarmes, des gardiens du camp pour ne prendre que des professions chargées de l’ordre ont été actifs dans la résistance. Le camp ! J’en ai longuement parlé avec René REBIERE, la première personne qui m’a incité à écrire sur l’histoire de Nexon, lui aussi trop tôt disparu. Il n’acceptait pas que des reproches, plus ou moins sous entendus soit fait aux nexonnais d’alors, à ceux d’après qui ont oublié ou qui n’ont pas su, a ceux qui ont acheté un terrain sur l’emplacement du camp… Il m’avait prévenu, plus personne de ceux qui ont vécu cette période ne voudra en parler. Je suis allé les voir et je continue de rencontrer ceux qui sont encore présent mais l’histoire ne peut pas se réduire à la mémoire tant elle est fragile, partielle et souvent partiale … il faut des documents, c’est pour cela que je fais appel à tous ceux qui en possède. Et si vous connaissez des maisons ou l’on s’apprête a faire bruler les vieux papiers au motif que ça n’intéresse personne rappelez leur cette phrase du sage malien Amadou Hampâté Bâ, poète et ethnologue,  » quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brule ». Bien sur ce qui est devenu un proverbe s’appliquait à l’Afrique de tradition orale mais ici quand des vieux papiers brulent ce n’est peut être pas une bibliothèque qui brule mais au moins un livre. Si ma mère ne pas parlé des années 1940 elle m’a abondamment raconté Nexon d’après guerre et avec elle aussi je n’ai pas eu le temps de tout explorer elle est partie très rapidement alors que l’on espère ses parents éternels.

Dans mes remerciements je ne veux pas seulement penser à ceux qui nous ont quitté. Je suis allé voir de nombreuses personnes, vous êtes nombreux à écrire des commentaires, 260 à ce jour, ce qui est pour moi une grande satisfaction car chaque commentaire montre l’intérêt des lecteurs que vous êtes mais en plus il valorise mon blog dans les moteurs de recherche et ainsi on le trouve dans les premières lignes des requêtes faites sur l’histoire de Nexon. merci a tous les auteurs de ces commentaires et merci à Catherine CAUQUIL qui ne manque jamais de me signaler une personne qui a des choses à dire ou qui a des documents à me prêter.

Et puisque des souhaits vont mieux avec une carte, en voici une, elle n’est pas de Nexon mais elle est limousine et a été postée avant 1905.

Noel autrefois

Ce n’est pas à Nexon mais ça lui ressemble … C’est à Saint-Auvent en 1966. Une réalisation de France 3 par André de FORGEAC, JF GATIGNOL et R. COUTY.

Après une dure journée dans les champs et avoir donné à manger aux vaches la famille se retrouve autours de la table devant la cheminée. Une fois la soupe mangée tout le monde s’assoit en cercle autours du feu. La mémé, qui n’a plus de dents, raconte les histoires . Peu avant minuit, après que les femmes aient revêtu leur coiffe traditionnelle, toute la famille se dirige vers l’église pour la messe de minuit animée par les Veilhadours de saint Junien. Après la messe tout le monde rentre à la maison a la lueur des lampes.

Noël dans un village du Limousin en 1966 • ©France 3 Limousin/INA

Je vous souhaite de Bonnes Fêtes de Noël et pour ce faire je vous envoie la première carte de Noël que j’ai reçue.

Elle m’était envoyée par la cousine germaine de ma mère, Guitou, qui habitait à Aurin, le village ou ma mère est née, sur la commune de Bussière Galant. Nous aimions y aller le dimanche, mon arrière grand père Pierre BOUCHER y vivait. J’ai raconté sa guerre de 1914-1918 ici : https://etsinexonmetaitconte.fr/hommage-a-mon-grand-pere-arthur-et-a-mon-arriere-grand-pere-pierre-boucher/

La ligne de chemin de fer Nexon-Brive, des belles heures à la chute.

J’ai déjà parle de cette ligne en 2017. Vous trouverez l’article ici : https://etsinexonmetaitconte.fr/les-lignes-de-chemin-de-fer-nexon-perigueux-et-nexon-brive/

Je rappelle ici les belles heures de cette ligne et la crise qu’elle connait depuis 2018.

I- Les belles heures de la ligne.

Le 11 avril 1857 la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans a reçu la concession d’une ligne « de Limoges à Brive » par la convention signée avec le ministre des Travaux publics. Cette convention est approuvée par décret le 19 juin 1857.

La construction de la ligne entre Limoges et Brive est déclarée d’utilité publique par décret impérial le 17 mai 1865. Initialement prévue pour être à double voie, la ligne fut finalement construite avec une seule voie, par souci d’économie. Cette ligne permettait de réduire de 70 km le trajet entre Paris et Toulouse et de ce fait de réduire le temps du trajet par rapport à l’ancien itinéraire passant par Périgueux.

Au départ de Limoges le trajet empruntait la ligne de Périgueux puis bifurquait vers l’Est pour rejoindre Brive par Saint-Yrieix. Le décret de 1865 avait cette bifurcation à Lafarge. Mais après près de 10 ans de discussions entre les partisans de Lafarge et ceux de Nexon un décret du 13 juin 1873 fixe l’embranchement a Nexon. J’en parlerai dans un prochain article.

L’inauguration de la ligne a eu lieu le 18 décembre 1875. Le convoi inaugural, composé d’une locomotive, son tender et sept wagons, est parti de Brive à 9h25 pour arriver à Nexon à 17h44. La vitesse moyenne était de 27km à l’heure. Elle est mise en service le 20 décembre 1875 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO).

Pendant 18 ans Nexon connu un important trafic puisque tous les trains de l’axe Paris – Toulouse – Espagne et ceux vers Périgueux passaient par la gare de Nexon. Mais à partir de 1893 le Paris-Toulouse emprunta la nouvelle ligne passant par Uzerche. Le trafic se réduisit mais restait cependant suffisant pour permettre à la gare de Nexon d’occuper une place importante en Haute-Vienne.

En fevrier 2001, la revue « Rail Passion » dans son numéro 46 a consacré un article à cette voie. Il s’intitulait « Jours tranquilles sur Nexon-Brive ». C’est un bel article, à la fois technique pour le matériel avec le passage de la vapeur au diesel et économique On y parle de la clientèle voyageur aussi bien que fret. On découvre que des wagons de pigeons provenaient de Belgique pour des lâcher colombophiles en gare de Saint-Yrieix. Je parlerai de ces lâchés de pigeons depuis nexon dans un prochain article.

Le 11 avril 1857 la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans a reçu la concession d’une ligne « de Limoges à Brive » par la convention signée avec le ministre des Travaux publics. Cette convention est approuvée par décret le 19 juin 1857.

La construction de la ligne entre Limoges et Brive est déclarée d’utilité publique par décret impérial le 17 mai 1865. Initialement prévue pour être à double voie, la ligne fut finalement construite avec une seule voie, par souci d’économie. Cette ligne permettait de réduire de 70 km le trajet entre Paris et Toulouse et de ce fait de réduire le temps du trajet par rapport à l’ancien itinéraire passant par Périgueux.

Au départ de Limoges le trajet empruntait la ligne de Périgueux puis bifurquait vers l’Est pour rejoindre Brive par Saint-Yrieix. Le décret de 1865 avait cette bifurcation à Lafarge. Mais après près de 10 ans de discussions entre les partisans de Lafarge et ceux de Nexon un décret du 13 juin 1873 fixe l’embranchement a Nexon. J’en parlerai dans un prochain article.

L’inauguration de la ligne a eu lieu le 18 décembre 1875. Le convoi inaugural, composé d’une locomotive, son tender et sept wagons, est parti de Brive à 9h25 pour arriver à Nexon à 17h44. La vitesse moyenne était de 27km à l’heure. Elle est mise en service le 20 décembre 1875 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO).

Pendant 18 ans Nexon connu un important trafic puisque tous les trains de l’axe Paris – Toulouse – Espagne et ceux vers Périgueux passaient par la gare de Nexon. Mais à partir de 1893 le Paris-Toulouse emprunta la nouvelle ligne passant par Uzerche. Le trafic se réduisit mais restait cependant suffisant pour permettre à la gare de Nexon d’occuper une place importante en Haute-Vienne. La concurrence de la route fit perdre de l’importance au rail.

En fevrier 2001, la revue « Rail Passion » dans son numéro 46 a consacré un article à cette voie. Il s’intitulait « Jours tranquilles sur Nexon-Brive ». C’est un bel article, à la fois technique pour le matériel avec le passage de la vapeur au diesel et économique On y parle de la clientèle voyageur aussi bien que fret. On découvre que des wagons de pigeons provenaient de Belgique pour des lâcher colombophiles en gare de Saint-Yrieix. Je parlerai de ces lâchés de pigeons depuis Nexon dans un prochain article.

II – Les difficultés

A partir des années 1960 la concurrence de la route fit perdre de l’importance au rail. Mais surtout les lignes secondaires ont pâti de la priorité donnée aux trains à grande vitesse. Leur entretien a été négligé, le matériel roulant peu modernisé…

Sur la ligne Nexon-Brive, devant la dégradation des voies la vitesse de circulation a été limitée à 70 km/h puis en 2015 à 60 km/h et à 50 km/h en 2018. Le 27 février 2018 au soir entre Pompadour et Objat la constatation d’un affaissement de la voie sur une vingtaine de mètres aux environs de Vignols a conduit à l’interruption de la ligne entre Pompadour et Objat. Elle a ensuite été prolongée jusqu’à Saint-Yrieix-la-Perche.

En octobre 2019, la région Nouvelle-Aquitaine s’est engagée à hauteur de 41,4 M€ pour la régénération des tronçons abîmés. Un montant qui s’ajoutait aux 4,01 millions de SNCF Réseau et 1,79 million de l’État, pour s’élever au total à 47,2 M€. En mars 2020, la région a rajouté cinq millions d’euros en urgence pour éviter une limitation de vitesse des TER à 40km/h pour raison de sécurité.

Alors qu’aucun train ne circulait depuis le 15 décembre 2019, la circulation a repris le 14 juin 2020 entre Nexon et Saint Yrieix la Perche. Au total, 6,3 km de voie ferrée ont été rénovés sur les 22 qui séparent Nexon de Saint Yrieix. Certains rails avaient 130 ans ! 2.800 traverses ont été changées sur les zones qui n’ont pas totalement été rénovées. Les vieux rails sont remplacés par des rails de 216 m soudés entre eux alors que les anciens étaient reliés grâce à des éclisses, des sortes de joints. Ceci évite les chocs du train sur la voie ce qui augmente le confort et la sécurité des voyageurs et des riverains le train faisant moins de bruit.

Le Populaire 12 mars 2020

Le 17 juin 2020, Alain Rousset, président du Conseil régional, est venu constater l’amélioration de la ligne après les travaux financés par une subvention de la Région de près de 5 millions d’euros. Ainsi les trains peuvent continuer à rouler à 60 km/h alors que planait la menace d’une réduction de la vitesse à 40 km/h pour raison de sécurité. En 2023, des travaux seront menés sur 13 autres kilomètres, ce qui permettra de relever la vitesse à 75 km/h.

Alain ROUSSET et Daniel BOISSERIE – Le Populaire 18 juin 2020

Le 17 décembre 2021 la Région Nouvelle-Aquitaine a annoncé prendre en charge les travaux de régénération et d’adaptation des lignes Saint-Yrieix – Nexon et Brive – Objat pour un montant de 30 millions d’euros. Sur la section Nexon – Saint-Yrieix, une régénération « classique » (20,2 millions d’euros) va permettre un retour aux 70 km/h. Sur la section Objat – Brive, des travaux pour un montant de 4 millions d’euros plus 800.000 € par an jusqu’en 2030, soit un total de 10 millions d’euros, seront menés pour envisager une solution avec des trains légers. 

Mais il est loin le temps ou sur cette ligne maintenant coupée en deux, la partie Saint-Yrieix-la-Perche à Objat étant fermée depuis 2018, est déjà fermée depuis 3 ans, le Paris-Toulouse l’empruntait plusieurs fois par jours.

La Guerre de 1870-1871 oubliée

J’ai traité ce sujet en 2016 mais le 150e anniversaire de cette guerre est l’occasion de revenir sur cette guerre oubliée. L’article de 2016 est ici : https://etsinexonmetaitconte.fr/wp-admin/post.php?post=1433&action=edit

je ne vais pas revenir sur cette guerre décrétée dans la plus parfaite impréparation et dont les conséquences ont été couteuses. Si l’on peut considérer que la défaite de Sedan le 2 septembre 1870 a permis le retour de la République il ne faut pas oublier les conséquences économiques du fait des morts et des blessés, des réparations versées aux vainqueurs et de l’amputation d’une partie du territoire. C’est souvent ce dernier point que l’on retient mais s’il est important il ne faut pas oublier les autres.

La guerre Franco-Allemande s’est déroulée du 19 juillet 1870 au 26 janvier 1871. La capitulation de NAPOLEON après sa défaite à Sedan le 2 septembre 1870 entraine des milliers de prisonniers, la chute de l’Empire et la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Le gouvernement de Défense nationale ne baisse pas les bras et tente de repousser l’invasion. mais les armées de la Défense nationale qui sont formées ne renversent pas la situation et Paris se rend le 28 janvier 1871, un armistice est conclu et le 26 février 1871 une Convention de paix est signée. Le 1er mars les Allemands entrent dans Paris et descendent les Champs Elysées.

La victoire a accéléré l’unification territoriale et nationale allemande avec la proclamation de l’Empire allemand le 18 janvier 1871. Guillaume Ier, roi de Prusse devient empereur ce que Napoléon III voulait éviter en déclenchant la guerre.

Thiers a été nommé chef du pouvoir exécutif par la nouvelle Assemblée nationale afin de pouvoir négocier le traité de Paix mais Paris n’accepte pas cette décision prise par une assemblée à dominante monarchiste et pacifiste. L’insurrection populaire éclate et donne naissance à la Commune sévèrement réprimée par Thiers . Le traité de paix de Francfort est signé le 10 mai 1871 et ratifié le 18 mai par l’Assemblée nationale.

La France cède l’Alsace et la Moselle et doit payer de lourdes indemnités de guerre, 5 milliards de francs, avant mars 1874. Pour ce faire Thiers lève deux emprunts et peut effectuer la totalité du paiement le 16 septembre 1873 . Les troupes allemandes qui occupaient encore 21 départements quittent alors la France. Les alsaciens et mosellans qui avaient jusqu’à octobre 1872 pour choisir entre la France ou l’Empire allemand sont 30 000 à avoir choisi de demeurer français.

La sévère défaite et la perte de l’Alsace-Moselle font naitre un esprit de revanche qui va être entretenu dans les écoles, dans la presse et lors des manifestations mémorielles jusqu’en 1914. Cela entraine une haine de l’Allemand même si les gouvernements conservent la ligne politique de Gambetta : « Y penser toujours, n’en parler jamais ».

138 000 jeunes soldats ont été tués lors de cette guerre. Des monuments ont été érigés à leur mémoire sur les lieux de combat et en dehors des champs de bataille.

Pascal Plas, Directeur de l’Institut international de la recherche sur la conflictualité de l’Université de Limoges a étudié les monuments commémoratifs de cette guerre concernant la Haute-Vienne: https://www.unilim.fr/iirco/2020/10/28/la-memoire-de-1870/

On connait le Monument aux Mobiles de la Haute-Vienne érigé à l’angle de l’avenue du général de Gaulle et du cours Jourdan mais on en a souvent oublié la signification. Mais on ne connait pas celui qui a été élevé dès 1873 à Lumeau en Eure et Loir, à la mémoire des jeunes soldats tués le 2 décembre 1870 lors des sanglants combats dans cette morne plaine de Beauce.

Pour retrouver les souvenirs de cette guerre oubliée allez avant le 17 janvier 2020 visiter l’exposition réalisée par les archives municipales à Limoges.

La garde nationale à Nexon en 1870

A Nexon il ne semble pas y avoir eu de plaque mémorielle, sans doute parce qu’il a peu de victimes. S’il y a eu qu’un faible nombre de victimes les nexonnais ont été mobilisés pour la garde nationale.

Napoléon III la déclare le 19 juillet 1870. Et quelques jours après M. GIZARDIN, marchand de vin à Nexon, offre gratuitement des boissons aux militaires qui passent par la gare de Nexon.

Le Courrier du Centre 29 juillet 1870

Au début des combat la garde nationale n’avait été mobilisée que dans le Nord mais devant l’évolution des combats dès le début du mois d’aout une réorganisation générale de la Garde est mise en œuvre.

le 11 aout le général De BREMOND DARS commandant la 21e division militaire procède aux nominations des officiers. Les 2 bataillons de la Haute-Vienne sont constitués de 8 compagnies chacun. Le 1er bataillon est sous les ordres du commandant PINELLI et le 2e bataillon est sous les ordres du chef de bataillon DUCHAN. Sa 8e compagnie qui est constituée par les soldats provenant des cantons de Nexon et Saint Germain les Belles est commandée par le capitaine TAVEAU de la VIGERIE. La 8e compagnie à deux pelotons commandés par le lieutenant de NEXON et le sous lieutenant CHAMBRELANT. Le général rappelle aux officiers qu’ils doivent s’équiper et s’armer à leurs frais.

Vient ensuite la nomination des sous officiers. Voici ceux de la 8e compagnie.

Le Courrier du Centre 20 aout 1870

Tous les soldats doivent se rendre à Limoges le samedi 20 aout et se présenter à 2 heures à la caserne de cavalerie.

Le Courrier du Centre 19 aout 1870

Le 2e bataillon a été organisé à partir du 17 aout par le capitaine DUVAL qui sera promu Chef de bataillon.

Dans son rapport sur le régiment de la Haute-Vienne qu’il commandait, le lieutenant colonel Joseph Marie PINELLI écrit qu’au 19 aout « il n’existait ni effets d’Habillement, ni équipement, ni armement, ni même linge et chaussures indispensable, la plupart de nos mobiles n’ayant que des sabots aux pieds » (Rapport au Ministre sur la campagne 1870-1871 page 9)

Le 4 septembre 1870 c’est en pleine instruction des jeunes soldats qu’arrive la nouvelle du désastre de sedan et la proclamation de la République. le nouveau Gouvernement va donner une impulsion pour l’équipement de la Garde Nationale: vareuse, képis, sacs en toile en forme de gibecière, chemise, pain mais aussi fusils modèle 1842. des dessins réalisés par Léon Wendling, artilleur pendant le siège de Belfort donne une idée de l’équipement de certains soldats dont ceux de la Haute-Vienne ne devaient pas différer grandement !

Soldat de la Garde de Haute-Saône

Le 22 septembre 1870 le 2e quitte Limoges pour Nevers ou il arrive le lendemain. Mais la 8e compagnie est encore à son cantonnement de Saint-Yrieix et Chalus. Les hommes en partent pour la gare de Nexon où ils arrivent le 23 septembre à 10h. Ils embarquent pour Limoges puis rejoignent Nevers. La mission des hommes est de se rendre à Gien et de défendre les ponts de la Loire afin d’en interdire le franchissement aux Prussiens.

Le 1er octobre les deux bataillons de la Haute-Vienne sont réunis pour former le Régiment de la Haute-Vienne avec le numéro 71, il sera connu sous le nom du 71e mobile et le commandement est confié au commandant PINELLI qui est promu lieutenant colonel. Ce faisant le nombre de soldat est réduit à 1200 hommes par bataillon et le nombre des compagnies tombe à 7; les 8e compagnies des deux bataillons sont renvoyées au dépôt à Limoges. Elles n’y restent que 2 jours et sont renvoyées à Montargis. le régiment rejoint alors la Loire à Briare puis il se dirige vers Bourges. Le 71e Mobile qui fait partie du la 3e Division du 16e Corps a le général CHANZY comme chef.

Le 23 octobre le 71e régiment de Mobiles est porté à trois bataillons. Les 8e compagnies retournent une nouvelle fois à Limoges au dépôt. Le régiment, sans nexonnais, participe aux combats de la Loire et le 2 décembre livrent une bataille sanglante à Lumeau qui fait partie du champ de bataille de Loigny-Lumeau-Poupry, impliquant près de 40 000 soldats de l’armée de la Loire et 35 000 soldats des troupes bavaroises et prussiennes. 9000 soldats furent tués, parmi eux au moins 200 soldats du 71e. Ce fut une des plus sanglante bataille menée pour la défense de la Loire.

Le 9 décembre, ce qui reste du 71ème mobile est attaqué à Chambord par des soldats d’un régiment de la Hesse. Une centaine de Français sont faits prisonniers, le lieutenant colonel PINELLI est blessé. Les autres rentrent à Limoges. Le voyage en train dure deux jours et deux nuits. Ils ne reçoivent pas l’accueil un accueil chaleureux car on pensait qu’ils n’avaient pas voulu se battre?

Mais très vite le courage des jeunes volontaires qui composaient le 71e est reconnu ainsi que celui des habitants des zones de combat qui ont secouru les blessés. Aussi c’est très rapidement qu’une souscription est lancée pour construire un monument en l’honneur des centaines de morts de la Haute-Vienne lors de cette bataille autours de Lumeau et pour remercier les habitants pour le soutien qu’ils ont apportés aux blessés.

La plupart des cartes de cette bataille sont allemandes, ce qui confirme les dire du colonel PINELLI lorsqu’il se plaignait de n’avoir pas de carte d’Etat Major des lieux où ils devaient se rendre.

 Le monument marque l’emplacement de la charge de la division du général MAURANDY qui tente de prendre Lumeau, sous la mitraille des batteries de la 17e division d’infanterie prussienne du général von TRESKOW au matin du 2 décembre 1870. Il a été très vite réalisé puisque son inauguration était prévue pour le 2 décembre 1893. Cependant parmi les 9000 morts du champ de bataille quelques centaines, ceux des soldats du 71e mobile, devaient être réunis sous le monument mais les autorités sanitaires ont refusé que les corps soient relevés avant 5 ans, soit le 2 décembre 1895. Seule une bénédiction sera donnée le 2 décembre 1873.

Le monument s’élève sur la route de Terminiers à Lumeau, ancienne voie romaine d’Orléans à Chartres, sur un terrain qui a été donné au département de la Haute-Vienne. C’est une pyramide tronquée de huit mètres quarante centimètres de hauteur. Les lignes sont très simples et élégantes. Il a été dessiné par M. Linard, architecte du département de la Haute-Vienne. Le monument porte deux inscriptions gravées en lettres d’or sur des plaques de marbre noir. L’une d’elles, placée sur la pyramide, est ainsi conçue :

La seconde inscription est placée sur le socle. En voici les termes :

Plusieurs ornements en bronze décorent la pyramide. Sur la face principale, une couronne de laurier et de chêne posée sur une console ; sur les faces latérales, de grandes croix latines avec couronnes d’immortelles entrelacées dans les bras des croix ; au-dessus des couronnes d’étoiles. Sur la face postérieure, deux épées brisées, passées dans une couronne d’immortelles. Sur le socle, l’inscription suivante empruntée au livre des Machabées :

MELIUS EST NOS MORI IN BELLO

QUAM VIDERE MALA GENTIS NOSTRAE

« Il vaut mieux pour nous mourir à la guerre que de voir les maux de notre nation »

Aux quatre angles sont placées des bornes avec fleurons, reliées par des chaînes de fer.

La première pierre avait été posée en juin mais il faut croire qu’il n’y avait beaucoup de Limougeaud car c’est un courrier d’un habitant de Lumeau qui en informe la presse dans une lettre publiée par le Courrier du Centre le 26 juin 1873.

Le Courrier du Centre 26 juin 1873

Le 2 décembre 1873, pour les 3 ans de la bataille, n’ayant pas pu être inauguré le monument est bénit. La délégation haut viennoise n’est pas aussi importante que l’espéraient les organisateurs. Ils espéraient un train spécial de 400 à 500 personnes mais aucune famille de soldats n’a fait le déplacement, ce qui a surpris les habitants de Lumeau qui s’étaient dévoués pour secourir les soldats. Le train spécial n’a pas pu être réalisé aussi ceux qui ont voulu faire le déplacement ont du se débrouiller par eux même ( Le Courrier du centre du 29 novembre).

Le Courrier du Centre a rendu compte de la cérémonie dans son édition du 5 décembre 1873.

Une carte postale a été éditée pour cette circonstance, on ne voit pas grand monde. Je ne possède pas cette carte postale, je l’ai scannée sur un site de vente en ligne.

Le 2 décembre 1875, l’exhumation étant maintenant possible, MM. LINARD et
PERGUET se sont rendu à Lumeau pour s’acquitter de ce dernier devoir. Ce fut une dure épreuve qui dura de dix heures du matin à onze heures du soir au milieu de la neige qui ne cessa de tomber. Soixante-huit Mobiles furent finalement extraits du sol avec leurs armes et leur équipement.  Le transport des corps dans le caveau qui leur était destiné fut difficile et éprouvant pour ceux qui en furent chargés.

Le Courier du Centre 6 décembre 1875

Plusieurs cartes postales ont été éditées, certaines avec l’indication de Lumeau, d’autres, plus nombreuses de Loigny la Bataille.

Le 16 décembre 1900 douze anciens combattants de la bataille de Lumeau membres d’un comité de Limoges se rendirent à Lumeau avec leur président, le Comte de Couronnel pour saluer la mémoire de leurs camarades tombés au combat. Avec le temps ce monument a été oublié, ceux construits après la guerre de 1914-1918 ont pris sa place. Il s’est dégradé mais des sursauts de mémoire ont permis qu’il soit rénové et aujourd’hui il s’élève toujours, bien visible sur le bord de la route sur cette vaste plaine de la Beauce.

Aout 2021

dans son rapport sur le 71e Mobile pendant la guerre, le lieutenant colonel PINELLI évalue à 641 sous-officiers et soldats tués pendant les combats .

Rapport du Lt colonel PINELLI

Le Gouvernement de la Défense nationale qui a poursuivit la guerre après l’avènement de la IIIe République, le 4 septembre 1870, n’a pas pu résister à l’ennemi. Les armées allemandes assiègent Paris à partir du 20 septembre 1870. Une partie de la France est occupée. Le 18 janvier, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, le chancelier BISMARCK proclame l’unité de Reich allemand avec GUILLAUME 1er de Prusse comme empereur.

Proclamation de l’Empire dans la galerie des glaces le 18 janvier 1871 peinte par Anton von WERNER.
BISMARCK est au centre en uniforme blanc.

Le gouvernement français décide de capituler et de signer un armistice le 28 janvier 1871. Un mois plus tard, le 26 février, des préliminaires de paix sont signés à Versailles. Ce traité prévoit que l’Alsace-Moselle intègre l’Empire allemand et que les soldats allemands entrent dans Paris. Ils le feront du 1er au 3 mars 1871.

Après la signature du traité de Francfort le 10 mai 1871, les 15 département les plus a l’ouest sont évacués. Les autres le seront au fur et à mesure du versement des indemnités. Les derniers seront libérés en septembre 1873, l’Alsace et la Moselle étant annexés.

A Nexon on compte 5 morts mais aucun d’entre eux est mort au combat. Un est mort des suites de blessures reçue au combat du 30 aout, le soldat FENEROL du 68e de ligne, le garde mobile du 71e François VINOLLE, né à Flavignac mais habitant Nexon est mort à l’hôpital d’Issoudun le 16 novembre, donc avant les combats de Lumeau; deux sont morts en captivité, le soldat Pierre LONGEQUEUE du 68e de ligne et le caporal Léonard PERRIER du 65e de ligne, et un est mort de la variole le 15 fevrier 1871 à l’hôpital de Châteauroux, le garde mobile Pierre DEBORD. Il n’y a donc aucun nexonnais à Lumeau. Aucun de ces soldats n’a eu droit à la mention « Mort pour la France ».

Le registre des décès de Nexon compte un autre mort, Jean PATAUD, soldat au 100e régiment de ligne, né le 24 novembre 1850 à Nexon, est mort à au service des hôpitaux militaires à Périgueux, le 18 novembre 1870 des suites de la variole.

Certificat de décès de jean Pataud. ADHV

Un autre décès figure à l’Etat Civil de Nexon mais il s’agit d’un inconnu ! Il s’agit d’un inconnu qui a frappé chez M. LACORRE au Plantadis qui a déclaré être garde national . Il lui a donné l’hospitalité et le lendemain matin il l’a trouvé mort. Ce brave garçon a été enterré sans difficultés ce qui nous étonnerait aujourd’hui…

La variole sévissait en France depuis 1869 mais les foyers étaient très localisés et ce sont les gardes mobiles qui ont été les vecteurs de la maladie. Le docteur Lemaistre, médecin à Limoges l’explique dans un rapport  » Nous étions évidemment sous l’influence de l’épidémie variolique dès les premiers mois de 1870 ; mais la maladie était encore très modérée. Tout à coup la guerre éclate : immédiatement, concentration de troupes, accumulation de militaires et dans les casernes et à l’hôpital, où existaient déjà quelques cas de variole. Dès lors, création de grands foyers d’infection, qu’on aurait pu, en temps ordinaire, limiter jusqu’à un certain point, mais que la levée des mobiles ne fit qu’augmenter. Cela se comprend facilement quand on songe aux relations incessantes qui s’établirent entre les mobiles et leurs parents : ceux-ci vinrent accompagner leurs enfants, pénétrèrent dans les casernes, l’hôpital, les infirmeries diverses. Par ailleurs, les mobiles eurent des congés pour aller voir leurs parents ; souvent même on les leur envoya en convalescence, et quelquefois non complétement guéris de la variole ».  (Lemaistre P., Rapport sur une épidémie de variole qui a régné en 1870 et en 1871 dans la commune de Limoges et tout le département de la Haute-Vienne, Limoges, 1873). La propagation en Allemagne a été le fait des prisonniers. Sur cette question on peut lire l’article de Gérard JORLAND, «  La variole et la guerre de 1870 » dans Les Tribunes de la santé 2011/4 (n° 33), pages 25 à 30.

Le dernier vétéran de cette guerre, vivant dans le Sud de la France avait été facteur à Nexon. Julien PÉGOURIÉ qui était né le 4 décembre 1849 à Livernon (Lot) de parents agriculteurs est mobilisé dans les chasseurs, à Montauban en juillet 1870. Il est fait prisonnier lors de la bataille du Mans, à Parigné-l’Evêque le 10 janvier 1871. Avec ses camarades, il est emmené à Berlin ou il arrive le 31 janvier 1871 dans le froid et la neige. Il est interné à Stettin, un peu plus au nord de Berlin. Après plusieurs mois de captivité, la guerre finie, il peut enfin rejoindre la France en bateau depuis Hambourg jusqu’à Cherbourg.

Julien PEGOURIE entre aux PTT comme facteur le 1er décembre 1872. Il est d’abord affecté à Nexon puis il est muté à Limoges. Il part en retraite le 1er décembre 1909. Il décède à 102 ans le 13 avril 1952.

Edmond COUVIDOUX, sellier

L’achat d’un carton publicitaire m’a fait revenir sur le sellier-bourrelier de la place de l’église avant 1914.

On trouve aux recensements de 1896 et 1906 Emile COUVIDOU, sellier.

Emile COUVIDOU est né le 1er septembre 1876 au Vigen. A l’état civil son premier prénom est François mais comme son père s’appelle lui aussi François on l’appellera Emile.

Au recensement de 1911 les COUVIDOU sont toujours à Nexon mais ils sont recensés avec la famille QUINQUE. Les deux familles sont alliées depuis 1885, année ou Maria COUVIDOU, sœur ainée d’Emile, a épousé Jean QUINQUE.

Recensement de 1911 – Archives départementales de la Haute-Vienne

Je possède une facture de COUVIDOU sans prénom comme fabricant de cercles. Il n’y a pas de prénom mais il s’agit de François, le père, âgé de 84 ans. En effet sur le registre de l’Etat Civile du Vigen, pour l’enregistrement vde la naissance de son fils François il déclare comme profession « cercleur ».

J’ai parlé rapidement de la famille COUVIDOU lors du chapitre consacré à la place de l’église , côté nord n° de 1à4, https://etsinexonmetaitconte.fr/wp-admin/post.php?post=5713&action=edit

Revenons à son fils François dit Emile. Il est né le 1er septembre 1876 au Vigen.

Acte de naissance de François COUVIDOU – Archives départementales de la Haute-Vienne

Sur sa fiche militaire son nom est écrit comme à l’Etat Civil et son prénom est François, ce qui est normal!

Cette fiche militaire nous renseigne sur son parcours.

Il effectue ses 3 ans de service militaire à partir du 16 novembre 1897 au 20e Dragons. Une fois libéré de ses obligations militaires il s’installe comme sellier à Nexon, fort de l’expérience qu’il a acquise à l’armée.

A Nexon il profite de présence du haras pour se spécialiser dans les selles. C’est ce qui l’amène a faire éditer une carte commerciale que je viens d’acquérir. Avec surprise il écrit son nom avec un X, COUVIDOUX. est une volonté de sa part ou une erreur de l’imprimeur ?

L’intérieur est écrit en français et en anglais, sans doute parce que des jockeys anglais sont dans l’écurie de course du baron de Nexon.

DRANEM devait être connu en 1900 mais je n’en trouve aucune trace aujourd’hui.

En 1914, comme beaucoup de garçons, il est touché par la guerre. Il est mobilisé le 28 novembre 1914 au 21 régiment d’artillerie de campagne qui se trouvait alors en Champagne. Le 17 janvier 1915 il est mis en sursis d’appel chez M. ROUDEAU, sellier à Périgueux. Ce dispositif était destiné à renvoyer des soldats dans des entreprises qui manquaient de main d’œuvre du fait de la mobilisation et dont la production était indispensable à la Nation. C’était le cas des selliers lorsque la cavalerie représentait une arme importante lors des conflits. Mais la puissance des armes de feu, fusils, mitrailleuses, canons… rendu la cavalerie très vulnérable et a conduit a leur remplacement progressif par les blindés. Emile COUVIDOU était plus très utile comme sellier que comme cavalier. Il est donc resté à Périgueux jusqu’au moment ou une indiscipline dont on ne connait pas la nature le fasse revenir dans son régiment, le 27 novembre 1916. Au début de l’année 1917 le 21e R.A. participe aux différentes offensives contre les lignes allemandes et au mois de novembre il est envoyé en Italie près du lac de garde et de Vérone. Il décède le 3 juillet 1918 à l’Ambulance B/2 à Vérone des suites d’une maladie. Était-ce la grippe espagnole dont les ravages ont débutés en mars ?

Emile COUVIDOU est mort et la boutique du bourrelier-sellier à été détruite. A quelle date précise ?

La chapelle des Garennes

Il n’y a pas beaucoup d’écrits sur cette chapelle. Pourtant, bien qu’elle soit relativement ancienne elle n’est pas citée dans le Dictionnaire Historique et Géographique de la Haute-Vienne de Jean LECLER. Pour écrire ce chapitre je vais largement utiliser le texte de Philippe PAUZET publié dans le bulletin municipal de Nexon n° 175 de décembre 1996 .

Mai 2021

La Chapelle Notre-Dame des Garennes a été construite au 13ème siècle sur l’emplacement d’un oratoire qui existait à cet endroit. L’existence d’un oratoire à cet emplacement est attestée par « le Pouillé de Nadaud ». Selon la tradition locale la cette chapelle aurait été affiliée à Notre-Dame des Neiges mais c’est le nom de chapelle des Garennes qui allait s’imposer, la chapelle étant alors située en dehors du bourg.

L’oratoire aurait été un ex-voto d’un personnage local, comme le sont la chapelle Notre-Dame de Sauvagnac, celle d’Arliquet, et plus près de nous, Notre-Dame des Places dont l’édification lui serait contemporaine, car « elle portait le même cachet de date et de construction ».

La chapelle est construite à la fin du 17ème siècle dans une forme proche de celle qu’elle a aujourd’hui. En effet un contrat établi « dans la sacristie de l’église de Nexon le 3 novembre 1698, entre Louis Téxerot, écuyer seigneur de la Sélive, Messire François (Féline) Juge, bachelier en théologie, prêtre curé de Nexon, et M. Simon Sazerat, notaire du dit bourg et syndic et fabricien de la dite église »; contrat accordant, sur sa demande, au seigneur de la Sélive et aux siens, un banc de 7 pieds de long dans l’église. En contrepartie, « le dit sgr offre 100 livres pour la décoration du grand autel de l’église et 10 livres pour être employées à faire couvrir la chapelle de Notre-Dame, nouvellement construite à l’entrée du bourg de Nexon, du côté du château de la Seylives ». Ce contrat a été reçu et approuvé le 20 novembre 1698 par l’évêque de Limoges, François de Carbonel de Lénisy.

Au moment de la construction du chemin de fer de Limoges à Périgueux, les salariés se mirent sous le patronage de Notre-Dame des Garennes. Mais l’état de la chapelle se dégradait avec le temps. Aussi, en 1871, constatant qu’il ne pouvait plus y célébrer les offices, M. Pradeau, curé de Nexon, décida d’y réaliser des travaux. Mais la période n’y était pas favorable. La défaite de Sedan le 1er septembre 1870 qui entraina dans sa foulée la chute de l’Empire a crée une période difficile, peu propice aux rénovations des édifices religieux. Cette période a duré jusqu’au 30 janvier 1875, jour ou la 3ème République fut enfin proclamée. Il faut dire aussi que Laurent Pradeau, a peine avait-il lancé l’idée d’une rénovation qu’il a quitté Nexon ou il était prêtre depuis 27 ans.

L’abbé Pierre Molinié lui a succédé le 10 février 1872. Dès son arrivé les paroissiens exercèrent sur lui une amicale pression pour qu’il agisse en faveur de la chapelle. Il créa aussitôt un comité composé des notables de la paroisse, lequel ouvrit une souscription. Mais en même temps l’abbé Molinié présidait le comité cantonal de soutien pour l’achèvement de la cathédrale de Limoges.

« On organisa une loterie. La commune, la fabrique de Nexon, la Compagnie des chemins de fer d’Orléans, le Pasteur, les principales familles souscrivirent ». L’édifice – qualifié à l’époque de « modeste et gracieux » – s’éleva sous la direction de M. Pinard, architecte du département de la Haute-Vienne, à l’emplacement actuel, face au couvent des frères du Sacré-Cœur. En 1875, le gros-œuvre était terminé mais le comité, à bout de ressources, dut de nouveau faire appel à la générosité publique pour effectuer l’ornementation. La chapelle put ainsi recevoir la bénédiction de l’évêque de Limoges, Mgr Duquesnay, le 1er juillet 1875.

Quatre cartes postales ont été éditées avant 1914 . La plus ancienne date d’avant l’installation de l’électricité dans le quartier. On le constate facilement car il n’y aucun poteau ni fil électrique.

Sur les trois cartes suivantes il y a un peu plus d’animation. On remarque sur celles ci les poteaux et les fils électriques. Sur la première, postée en février 1012, deux hommes se croisent. L’un porte la blouse (blauda) que les paysans mettaient pour sortir et aller à la foire ou au marché.

Au fond, on voit un tas de grumes de la scierie Laspougeas maintenant occupée par l’office notarial et le Crédit Agricole.

Sur la suivante des enfants sont venus prendre la pose. Ce sont sans doute des élèves de l’école religieuse qui est en face.

Sur la troisième 5 soldats ont revêtu leurs capotes. C’est l’hiver, les arbres n’ont plus de feuilles. On doit être au début de la guerre et les soldats ont traversé la rue pour être sur la photo. Leur unité, la 15e batterie du 68e régiment d’artillerie a pied stationnait dans l’école religieuse comme on le voit sur la carte postale suivante.

Soldats dans la cour arrière de l’école. A droite 2 sont en train de laver leur linge…

Sur ces différents clichés la chapelle a l’air en bon état. Mais pendant l’été 1935, un violent orage coucha sur la toiture les sapins qui se trouvaient à l’entrée du cimetière. Celle-ci fut défoncée et, la pluie ayant provoqué des dégâts à l’intérieur, une souscription fut ouverte pour la rénovation de la chapelle. En effet celle-ci étant un bien communal la municipalité n’avait pas le budget suffisant pour entreprendre les travaux. Les nexonnais collectèrent près de 5 000 francs qu’ils remirent à la municipalité. Considérant l’effort fait par ces nombreux habitants, le Conseil Municipal dans sa délibération du 23 aout 1936 accepta la somme de 5 000 francs et la versa à la Caisse du receveur municipal et décida de compléter la dépense en prélevant les fonds sur le budget de la commune.

Le devis dressé le 22 septembre 1936 s’élevait à 7 500 francs.

On peut être surpris par l’exigence sur la qualité des matériaux et de la réalisation. Il serait difficile d’en trouver comme celui-ci maintenant…

La chapelle sur une carte postale de l’immédiat après guerre n’a pas changé d’allure. Le changement qui saute le plus aux yeux est la grille à l’extérieur qui repose sur un petit muret.

L’intérieur est très lumineux et le mobilier modeste.

Une curiosité cependant : la statue au dessus de l’autel est une vierge à l’enfant qui dans sa main droite tient une quenouille. Jusqu’au 12e siècle on représentait souvent la vierge filant le voile pourpre pour le temple puis petit a petit la quenouille n’est devenu qu’un instrument.

Notre Dame des Garennes

La vierge des Garennes ressemble fortement à celle, plus haut, que j’ai trouvé à vendre en salle des ventes à Saint de Luz en février 2021. Elle est en chêne sculpté en Lorraine, fin du XVIIe siècle et haute de 63 cm. La vierge de Nexon est plus grande, 110 cm et elle est ainsi décrite dans sa fiche d’inscription « Statue de Vierge à l’enfant dite Notre-Dame des Garennes, du 17e ou 18e siècle, mutilée probablement à la Révolution, et reconstituée. « 

On en trouve quelques unes dans la région, à Marval, Sauviat sur Vige, Bellac mais elles n’ont pas d’objet dans la main.

Par un beau soleil et sur fond de ciel bleu cette petite chapelle dégage une chaleur et une luminosité qui ont sans doute attiré l’homme qui s’est installé sur le parvis.

mai 2021

Flore DIEVAL, acquittée après avoir lancé de l’acide sulfurique au visage d’Antoine TRUCHASSOU, un jeune nexonnais…

Antoine TRUCHASSOU est né à Nexon le 30 avril 1869. Ses parents, Martial TRUCHASSOU (1835-1896) et Anne DESCHAMP (1840-?), sont employés chez le baron de Nexon.

Il part à Paris avant d’avoir 20 ans où il trouve un emploi de cocher. Au début de l’année 1891 il rencontre une jeune fille et vont devenir amants. Le marquis au service duquel il est, part en Bourgogne. Elle le rejoint. Constatant qu’elle est enceinte elle lui en fait part mais, devant revenir à Nexon pour se présenter une nouvelle fois devant le conseil de révision car il avait été ajourné pour faiblesses en 1890, il lui dit qu’il l’aidera mais sans parler de mariage.

Un soir il va diner chez un camarade mais elle ne le voit pas rentrer. Elle apprend qu’il est parti à Nexon. Elle va donc s’y rendre quelques semaines plus tard pour lui demander des explications. Arrivée à Nexon elle trouve facilement ou il habite. Elle y rencontre sa mère et lui annonce qu’elle est enceinte de son fils. Le soir elle prend une chambre dans un hôtel.

Le lendemain matin, 8 septembre 1891, elle retourne chez Antoine. Elle lui demande de rentrer avec elle mais il refuse. Il remarque qu’elle a une main sous ses vêtements mais, avant qu’il puisse faire quoi que ce soit, elle lui lance à la figure le contenu d’une fiole d’acide sulfurique. Il est blessé au visage. Elle est arrêtée par les gendarmes et incarcérée.

La presse avait largement rendu compte de ce fait divers :

Le Courrier du Centre 12 septembre 1891

Elle sera jugée le 3 novembre par la Cour d’Assise de la Haute-Vienne, moins de 2 mois après les faits ! La justice ne connaissait pas alors les lenteurs qui sont les siennes aujourd’hui. Elle est détenue et Antoine, son ancien amant, porte encore sur le visage les traces du vitriol.

Le procès va avoir une certaine audience. les procès d’Assise attirent toujours des spectateurs, dont certains sont des habitués. La tribune des femmes est remplie, curieuse de savoir ce que les jurés vont dire. A cette époque il est de règle qu’un garçon qui a mis enceinte une jeune fille doit normalement l’épouser et au minimum prendre à sa charge les frais entrainés par la naissance d’un enfant. Pour beaucoup Antoine a commis une faute d’honneur tandis que pour d’autre la jeune Flore DIEVAL s’est fait justice elle même et a causé des blessures graves à Antoine. Tout le monde attend le verdict.

La presse va en rendre compte le 5 novembre. Je retranscris l’intégralité de l’article qu’à consacré à cette affaire le Courrier du Centre et vous découvrirez le verdict.

Le Courrier du Centre 5 novembre 1891

Beaucoup plus de monde que le matin, à la tribune des dames, principalement.

L’accusée est introduite, c’est une fort belle blonde de 18 ans. Elle est vêtue de noir. A son entrée dans la salle d’audience elle porte sur les épaules un fichu de laine blanche.

Après la constitution du jury, M. DEBAY, greffier donne lecture de l’acte d’accusation qui révèle les faits suivants : Flore-Coralie DIEVAL, âgée de dix-huit ans, domestique, née le 11 juillet 1873, à Saint-Nicolas-les-Arras, arrondissement d’Arras (Pas-de Calais), demeurant à Paris (détenue), a été renvoyée devant la cour d’assises de la Haute-Vienne.

Après un nouvel examen des pièces, expose qu’il en résulte les faits suivants : Dans les premiers mois de l’année 1891, l’accusée DIEVAL avait noué des relations intimes avec le sieur TRUCHASSOU alors cocher à Paris. Pour subvenir à leurs besoins communs, les deux amants, dénués de toutes ressources, avaient été contraints d’engager au Mont de Piété tous les objets qui pouvaient y être acceptes.

Après quelques mois de cette existence précaire, TRUCHASSOU résolut de quitter Paris et de revenir dans sa famille, à Nexon. Il mit son projet à exécution le 24 août dernier, à l’insu de sa maîtresse qui s’était toujours opposée à ce départ.

L’accusée ne tarda pas à connaître l’adresse de son amant ; une première lettre qu’elle lui adressa resta sans réponse ; A une seconde, le sieur TRUCHASSOU répondit qu’il se trouvait sans argent.

Elle prit alors la résolution de se rendre à Nexon et de se venger de l’abandon dont elle était l’objet. Elle acheta une fiole de vitriol chez un marchand de couleurs à Paris et partit le dimanche soir 6 septembre, pour Nexon. Les démarches qu’elle fit le soir même de son arrivée pour retrouver son amant demeurèrent infructueuses.

Mais le mardi matin, 8 septembre, après s’être procuré un bol dans lequel elle vida l’acide sulfurique apporté de Paris, elle se rendit chez le beau-frère de TRUCHASSOU et fut introduite dans la chambre de ce dernier. Après quelques instants de conversation au cours de laquelle TRUCHASSOU demanda à plusieurs reprises à l’accusée ce qu’elle cachait sous son fichu de dentelle, celle-ci lui en lança le contenu à la figure.

Le sieur TRUCHASSOU a été grièvement atteint à l’oreille gauche, à la figure et au cou. Les blessures ne sont pas encore guéries et entraîneront, d’après le médecin-légiste, une infirmité permanente de l’ouïe.

En conséquence, Flore-Caroline DIEVAL est accusée d’avoir : Le 8 septembre à Nexon (Haute-Vienne), volontairement fait des blessures au sieur Antoine TRUCHASSOU.

Avec ces circonstances :

1° Que lesdites blessures ont occasionné une infirmité permanente ;

2° Que lesdites blessures ont occasionné au sieur TRUCHASSOU une incapacité de travail personnel de plus de vingt jours ;

3° Qu’elles ont été faites avec préméditation.

Crime prévu et puni par les articles 309 et 310 du code pénal.

Lorsque le nom de son amant cité comme témoin est appelé par le greffer, l’accusée se met à pleurer.

Les témoins sont an nombre de six.

Interrogatoire de l’accusée

Flore DIEVAL répond d’une voix ferme et avec beaucoup de modération aux questions qui lui sont posées par M. le Président. Elle indique de quelle façon elle a fait la connaissance de TRUCHASSOU son séducteur et sa victime, alors cocher chez le vicomte de X… Ce jeune homme, elle l’aima et devint sa maîtresse.

« C’est la passion qui m’a poussée, dit l’accusée, je n’avais pas besoin d’argent car j’étais placée chez un marchand de volaille. Pourtant, cette place, je l’ai perdue pour aller le rejoindre en Bourgogne, où l’avait appelé ses fonctions de cocher auprès de son maître.

« Lorsque je me suis vue enceinte.je lui ai fait part de ma grossesse, il m’a promis de m’épouser s’il n’était pas soldat : à ce moment il allait passer le conseil de révision, et, en tout cas, il m’a assuré qu’il m’aiderait à élever notre enfant.

» Un beau jour, il m’annonça qu’il allait dîner chez des amis, et depuis ne revint plus. Il s’était rendu à Nexon dans sa famille.

« Vous n’avez pas été très ennuyée de ce départ, dit M. le président, et ce qui le prouve, c’est la lettre que vous lui écriviez quelque temps après, au mois d’août, lui disant que vous aviez reçu quelque argent de chez vous et que vous aviez l’intention de retirer du Mont-de-Piété certains objets qu’il avait engagés dans les derniers temps de votre liaison.

» Enfin, le 6 du mois de septembre, vous vous rendiez à Nexon, et, en route, vous rencontrez un sieur CHATARD à qui vous confiez votre intention de réclamer à TRUCHASSOU une certaine somme d’argent qu’il vous devait. »

« Ceci est faux, interrompt l’accusée, je ne pouvais lui réclamer de l’argent que je ne lui avais jamais prêté. »

Arrivée à Nexon, vous vous êtes rendu avec votre compagnon de voyage, auquel vous aviez offert à boire pendant le voyage chez Truchassou. Vous n’avez trouvé que sa mère ?

C’est exact, dit l’accusée, lui était à Pompadour. J’ai trouvé sa mère et lui ai dit que j’étais enceinte des œuvres de son fils, puis je me suis retirée et suit allée coucher à l’hôtel, CHATARD était parti aussitôt après ma visite à TRUCHASSOU.

Le lendemain, continue M. le président, après avoir déjeuné vous avez caché sous votre tablier une fiole d’acide sulfurique et vous vous êtes rendue chez TRUCHASSOU ?

Parfaitement, répond Flora DIEVAL, je l’ai trouvé et lui ai demandé de revenir avec moi. Il a refusé, et m’a fait des reproches parce que j’étais venue me faire voir à Nexon. Je lui ai alors demandé de m’accompagner à la gare. Il n’a n’as voulu et voyant que j’avais une main immobile sous mes vêtements, il m’a dit : « Je regrette ce que j’ai fait, mais il est trop tard. »

Ainsi se termine l’interrogatoire de l’accusée.

Audition des témoins

— M. le docteur ESCORNE, médecin à Saint Yrieix, a constaté que tout le front, l’oreille gauche et le cou de Truchassou étaient brûlés. Les yeux n’avaient pas été atteints, le nez et les paupières l’étaient à peine.

Des constatations de l’honorable docteur, il résulte que l’œil est absolument perdue du côté gauche. Quant à la déformation du visage, elle ne sera pas très visible.

— L’entrée d’Antoine TRUCHASSOU produit une certaine sensation dans l’auditoire. Il n’est pas encore rétabli des brûlures produites par l’acide sulfurique et porte sur le front un bandeau qui lui fait le tour de la tête. Il raconte comment il a fait la connaissance de l’accusée, qu’il savait avoir été la maîtresse d’un autre.

Il n’a jamais été question de mariage entre nous, dit le témoin ; je tenais beaucoup à elle, mais quand il m’a fallu quitter Paris, où je me trouvais sans place, ayant dépensé avec elle la somme que m’avait envoyé mon beau-frère, je lui ai dit que j’allais dîner chez un ami, et je suis parti pour Nexon.

Elle est venue me rejoindre et m’a envoyé à la figure un bol d’acide sulfurique. J’ai été étonné, mais la preuve que je ne lui en voulais pas, c’est que j’aurais tout donné pour qu’elle ne fût pas poursuivie.

— Antoine LAVERGNE, palefrenier à Nexon, est le beau-frère de TRUCHASSOU. Il a été témoin de la discussion qui a éclaté entre TRUCHASSOU et Flore DIEVAL, mais, n’a pas assisté à la scène du vitriol.

— Marie LAMONERIE, 14 ans, servante chez le précédent témoin, a reçu le matin de son arrivée Flore DIEVAL qui lui a demandé si TRUCHASSOU était à la maison. Elle répondit que non. Le lendemain, Flore revint ; le témoin entendit des cris et sur la demande de TRUCHASSOU qui se roulait sur son lit, alla chercher le médecin.

— Alfred MERAUX, 34 ans, maréchal-ferrant à Nexon, où il exerce également la profession d’aubergiste, a vu le soir du 7 septembre Flore DIEVAL qui lui demanda s’il n’existait pas à Nexon une famille TRUCHASSOU.

« TRUCHASSOU, a-t-elle dit au témoin, m’a enlevé 150 fr. et je vais les lui réclamer. »

— Louise FOUGERE, femme COUVIDOU, aubergiste à Nexon, a vu également l’accusée, elle lui a tenu le même propos qu’au précédent témoin. C’est chez elle que Flore DIEVAL a pris le vase où elle avait mis l’acide sulfurique.

L’audition des témoins est terminée.

Une suspension d’audience d’un quart d’heure a lieu.

Réquisitoire

M. GIACOBBI, avocat général, commence à 4 heures son réquisitoire. Il met en parallèle le caractère emporté de l’accusée et la placidité de TRUCHASSOU. Flore DIEVAL n’en était pas à son premier amant, elle en a eu un autre avant le témoin qui vient de déposer contre elle. Elle n’est donc pas si naïve qu’elle veut le paraître, ni si intéressante qu’elle désirerait le faire croire.

Elle a agi comme beaucoup de jeunes filles malheureusement agissent ; elle s’est donnée de son plein gré et sans condition, puis, poussée par son caractère, elle a voulu faire du bruit autour d’elle lorsque son amant, ne pouvant plus vivre à Paris où il était sans ressources, se retira à Nexon dans sa famille.

Arrivé à la scène où Flore DIEVAL a lancé l’acide sulfurique à la figure de son amant, l’honorable organe du ministère public insiste sur la gravité des blessures produites par le liquide corrosif.

M. GIACOBBI termine son réquisitoire en demandant qu’une peine soit prononcée contre l’accusée.

Plaidoirie

Me OGER du ROCHER commence à quatre heures et demie une plaidoirie émue, prenant à parti TRUCHASSOU auquel il reproche sa conduite à l’égard de Flore DIEVAL par laquelle, dit-il, il s’est fait nourrir. « Il a toléré, ajoute l’honorable avocat, que sa maîtresse vende jusqu’à son dernier meuble, et quand il a vu qu’il était sans ressource, il a simplement abandonné la malheureuse ne voulant pas partager sa misère. »

« Il ne tenait pas à ce que Flore DIEVAL fut traduite devant les assises et cela se comprend, lui-même devait y comparaître, et il savait fort bien que sa position était délicate ».

Me OGER du ROCHER discute ensuite la gravité des blessures occasionnées par l’acide sulfurique et termine sa plaidoirie en faisant appela la pitié du jury pour sa cliente.

« Pitié, Messieurs les jurés, dit-il, pitié, pardon pour elle. Pitié pour ses souffrances, pardon pour ses erreurs. Donnez-lui cette joie suprême qu’elle vous demande : la possibilité de se faire honorer de ce petit enfant qui déjà vit en elle et qui reste aujourd’hui avec de vieux parents le seul être que Flore puisse aimer. »

Répliques

M. GIACOBBI ajoute quelques mots à son réquisitoire et insiste sur le fait que TRUCHASSOU, ainsi que le fit entendre la défense, n’a pas vécu aux dépens de sa maîtresse. Il gagnait de l’argent lui aussi et il est prouvé qu’il engagea sa montre et sa chaîne au Mont-de-Piété. S’il est parti pour Nexon sans prévenir Flore, c’est parce qu’il savait fort bien qu’elle ne le laisserait pas s’éloigner.

M. GIACOBBI termine en insistant sur l’application d’une peine proportionnée au crime commis par l’accusée.

Me OGER du ROCHER prend la parole le dernier. Il fait valoir une fois de plus les arguments de sa défense, et laisse le jury sous une bonne impression.

Le verdict

A 5 heures 1/4, le jury se retire pour délibérer, et rapporte, un quart d’heure après un verdict négatif aux questions qui lui sont posées.

Des applaudissements éclatent dans la salle que M. le président menace de faire évacuer.

En conséquence, la cour acquitte Flore DIEVAL, et ordonne qu’elle soit mise en liberté si elle n’est retenue pour une autre cause.

L’audience est levée à six heures moins le quart.

Ainsi donc celle qui était détenue se retrouve libre. Les jurés ont été sensibles au fait qu’Antoine n’assumait pas sa future paternité.

Qu’est devenue Flore et son enfant je l’ignore. par contre Antoine TRUCHASSOU a été réformé du fait de sa surdité à l’oreille gauche occasionnée par le vitriol moins de 15 jours après le jugement.

Son handicap ne l’a pas empêché de se marier. Le 28 octobre 1898, à Nexon, il a épousé Marie COUVIDOU (1873-1957).

De ce mariage naitront deux enfants, un garçon, Robert TRUCHASSOU (1899-1957) et Suzanne TRUCHASSOU (1900-1960).

Robert et Suzanne en 1911 au mariage d’Edmond Quinque dont la mère était une Couvidou

Antoine TRUCHASSOU meurt très jeune, il a 33 ans, le 25 octobre 1902. Il était reparti dans la banlieue parisienne, à Vincennes ou après avoir repris son métier de cocher il était devenu épicier. Son fils Robert est resté dans la banlieue parisienne ou il était cafetier. Il ne s’est pas marié. Sa fille Suzanne est également restée dans la banlieue parisienne et elle non plus ne s’est pas mariée. Quant à sa femme elle s’est remariée en 1807 avec Galmier GARAT dont elle a eu un fils. Mais il faut croire qu’il y a une malédiction puisque son mari est, lui aussi, mort jeune, à 34 ans, le 20 aout 1914.