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1984-2024 : de nombreux anniversaires : Le débarquement, Oradour, attaque du camp de Nexon, libération de Limoges …

De nombreuses manifestations vont célébrer les 80 ans de la pluspart de ces évènements. Je participerai à certains d’entre eux et j’en parlerai plus tard. Mais pour aujourd’hui un évènement qui n’est plus dans le souvenir mais qui a pas marqué les nexonnais le 19 aout 1944 : la céréùmonie en hommage aux cinq maquisards tués à Jourgnac, à la Chaume Verte. La foule était nombreuse et les enfants des écoles étaient là. Quand on m’a proposé une photo de cérémonie je n’ai pas immédiatement reconnu Nexon. Mais il s’agissait bien de la mairie!

Que c’est-il passé pour que cinq cercueils soient exposés devant la mairie avec des maquisars qui rendent les honneurs…

1- La situation militaire après le 15 aout 1944

Depuis le débarquement réussi du 6 juin 1944 en Normandie, le rapport des forces entre les Allemands et les Alliés a progressivement changé. Un nombre de plus en plus important de jeunes s’engagent dans la résistance. Les parachutages sont plus nombreux qui apportent à chaque fois des armes, des munitions, des postes de radio, des uniformes … et même de l’argent. En même temps le commandement des maquis va s’unifier. Le 25 juin 1944 Georges Guingouin est nommé à la tête des maquis FTP de la Haute-Vienne

Les actions des maquis deviennent plus efficaces : capture et exécution du Major Kämpfe (9-11 juin), libération de prisonniers des camps d’internement de Nexon et de Saint Paul d’Eyjeaux (11 juin), Bataille du Mont Gargan (17 juillet – 25 juillet).

Au début du mois d’août la décision est prise d’encercler la ville de Limoges. Les allemands ne contrôlent plus qu’une zone de 10 km autour de la ville. A partir du 12 août 1944 alors que les premiers signes d’un départ imminent des troupes allemandes et de leurs collaborateurs se précisaient, les maquis de la Haute-Vienne, sur ordre du commandant départemental des FTP, le colonel Georges Guingouin, vinrent s’établir autour de Limoges.

Ces maquis s’installèrent à partir de la nuit du 13 au 14 août, dans les communes périphériques de Limoges, répartis en quatre secteurs : A pour l’est ; B pour le Sud avec deux bataillons de 900 hommes sous les ordres du commandant Nelson et la mission de bloquer les routes nationales 20 et 21 vers Toulouse ; C pour l’ouest avec quatre bataillons de 2050 hommes dirigés par le commandant Bernard avec mission de contrôler la route d’Angoulême et le secteur C,  au Nord, avec trois bataillons de 1500 hommes pour contrôler les axes de Paris et Poitiers.

Le 15 aout l’ensemble des forces armées, FFI et FTP, sont organisées sous un double commandement qui après le désistement de Huard ( Lucien Faure) pour l’AS laise le colonel Guingouin devenir le seul chef des FFI de la haute-Vienne.

Le 15 août, la 2408ème compagnie FTP placée sous les ordres du lieutenant Robert Marty, alias Nitchevo, quitte Gorre en camion pour rejoindre Solignac, au sud de Limoges. Pendant la nuit l’un des groupes gagna le secteur du château de Plaisance sur la commune de Feytiat où il prit position.

2 Les massacres entre Moissac et Le Vigen

Le 17 aout au matin des hommes de la 2408e compagnie FTP sont postés entre Feytiat et le Vigen à proximité du Bon-Abri, de Plaisance et de Moissaguet. Lucien Maillard, de son vrai nom Joseph-Louis Le Poupon, est à la tête d’un groupe de huit maquisards qui a pris position pour faire barrage aux troupes qui prendraient la route de Saint Yrieix. Ils sont chacun à son poste derrière les chênes, dans l’allée en face du château de Plaisance.

Au même moment, un convoi allemand, composé de trois blindés escortés de chenillettes et d’automitrailleuses appartenant au 19ème Régiment de police SS, se dirige vers le sud en direction de Saint-Yrieix-la-Perche par la D 704.

Pour les maquisards les consignes sont claires, l’ouverture du feu se fait sur ordre. Mais contrairement à l’ordre donné, lorsque le convoi allemand arrive à la hauteur de l’allée de chêne, l’un des maquisards ouvre le feu sur le dernier blindé. Le convoi stoppe, les soldats jaillissent des véhicules, ouvrent le feu. Six maquisards sont abattus. Ils sont affreusement mutilés, ventres ouverts à la baïonnette, têtes écrasées. Tout leur sang s’est répandu sur la chaussée. Un seul, Louis Chauprade, réussira à prendre la fuite.

Ce fut le premier massacre de la journée dont le souvenir est marqué par une stèle érigée sur la D 704 à droite en allant vers Saint Yrieix, à hauteur de Plaisance. parmi eux un jeune des Cars, Léon Devaud né le 25 juillet 1925, cultivateur,

L’avancée de la colonne allemande vers Le Vigen se poursuit sur la route 704 le long de laquelle ont été postés des maquisards, sans expérience militaire et dotés de simples fusils ou de mitraillettes face aux canons et aux mitrailleuses des allemands. Le massacre continue et huit nouveaux nom sont inscrits sur la stèle élevée au Mas-du-Puy commune du Vigen.

Parmi eux quatre jeunes qui habitaient sur le territoire de la communauté de commune , Pays de Nexon – Monts de Chalus :

  • Jean Delage né le 30 janvier 1913 à Flavignac (Haute-Vienne), cantonnier SNCF, 31 ans,
  • Aimé Pataud dit « Tarzan » né le 19 septembre 1928 à Chalus (Haute-Vienne), 16 ans,
  • Marcel Thomas né le 16 novembre 1921 à Flavignac (Haute-Vienne), 22 ans, cultivateur,
  • Aimé Valade dit « Nénou » né le 10 septembre 1925 à Bussière-Galant (Haute-Vienne), 18 ans, cultivateur.

3 La Chaume Verte

Au cours de l’après-midi, l’unité allemande change de direction et quitte la D 704 à Saint Maurice les Brousses. Elle part vers l’Ouest et se dirige vers Jourgnac d’où elle rejoindra Séreilhac.

Un groupe de maquisards appartenant à la 2449ème compagnie FTPF (sous-secteur B) avait été placé en position défensive sur la commune de Jourgnac afin d’assurer la protection du poste de commandement du bataillon FTP établi à Boissac sur la commune voisine du Vigen.

Au cours de l’après-midi, l’unité allemande change de direction et quitte la D 704  à Saint Maurice les Brousses. Elle part vers l’Ouest et se dirige vers Jourgnac d’où elle rejoindra Séreilhac. Vers 17h30 la tête de la colonne arrive à la hauteur de La Chaume Verte, à quelques centaines de mètres du bourg de Jourgnac. Un groupe de FTP qui traversait à découvert un pré en contre-bas de la route est surpris par cette arrivée des allemands. Ils n’ont pas le temps de se mettre à l’abris et malgré le courage de Fernand Dudognon qui, bien que blessé, continue à tirer avec son fusil mitrailleur jusqu’à l’épuisement de ses munitions, les cinq camarades sont tués et terriblement mutilés. La colonne continue sa route et les corps restent exposés dans le pré.

Ce n’est que le soir que des paysans qui participaient à une batteuse dans le bourg sont allés les chercher. Ils ont mis les corps dans une charrette et les ont conduits à l’église ou le curé, Pierre Rougerie les a accueillis. Les corps étaient tellement mutilés qu’il n’a pas été possible de les identifier. Pour rédiger le certificat de décès le maire les a désignés par la couleur de leurs cheveux et leur surnom de maquisard.

L’acte de décès est rédigé sans nom mais avec une description sommaire  » age approximatif, ving à ving cinq ans, taille un mètre soixante sept, cheveux chatain foncé, barbe rasée, teint brun, nez rectikigne, bouche moyenne, visage ovale, vêtu d’un uniforme de drap bleu ». L’acte sera mis à jour le 24 septembre 1946.

Deux jours plus tard, malgré la proximité des troupes allemandes, un hommage patriotique fut organisé à Nexon. Le FTP Chambon doit se rendre à Jourgnac avec un camion pour aller chercher les cinq corps pour qu’ils soient enterrés à Nexon.

Les cinq cercueils sont chargés sur le camion et déposés à la mairie de Nexon devant une foule de tous ages.

« Dans un camion gazogène portant encore la mention « ravitaillement », les cinq cercueils sont alignés tandis qu’à gauche et à droite se trouvent six maquisards. Derrière il y a vingt-quatre hommes armés…Puis on voit le drapeau tricolore frappé de la croix de Lorraine. Dix hommes casqués précèdent encore le grad drapeau de la mairie revêtu de crêpe. Soixante enfants des écoles, les bras chargés de fleurs des champs, passent devant la foule massée sur le champ de foire de Nexon. Entre trois cents et quatre cents personnes sont regroupées … pour rendre un dernier hommage à ces jeunes.» ( François Adeline 1940-1944- Haute-Vienne La guerre secrète- Le Populaire HS dec. 2006)

Le cortège se dirige vers le cimetière. Les inhumations vont etre temporaires car les morts vont etre rapidement identifiés par leurs chefs. Le 8 septembre le transfert des corps de Maurice Boissard et de Lucien Courtiaud a lieu au cimetuère de Louyat à Limoges. Le 31 octobre 1944 à Pageas ont lieu les obsèques de Roger Samuel.

Le Poppulaire 28 octobre 1944)

Les cinq tués à La Chaume Verte : Maurice BOISSARD, Lucien COURTIAUD, Fernand DUDOGNON, Raymond LAPOUGE et Roger SAMUEL.

BOISSARD Maurice, Eugène

Né le 30 mars 1924 à Limoges (Haute-Vienne), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Jourgnac (Haute-Vienne) ; employé de banque ; résistant FTPF.

Célibataire, Maurice Boissard était domicilié 20, rue Platon à Limoges. Il s’engagea dans la Résistance à compter du 1er juin 1944 dans les rangs des FTPF, rejoignant un camarade Lucien Courtiaud, qui habitait à Limoges, à proximité de chez lui (rue Pradier) et avec qui il avait fréquenté l’Ecole Nationale Professionnelle (ENP) de Limoges (actuel lycée Turgot).

Maurice Boissard trouva la mort avec quatre autres résistants à la suite du combat de Jourgnac. Blessé, il fut « achevé à coup de crosse par les Allemands » au lieu-dit La Chaume-Verte. Son corps fut inhumé après la Libération, le 8 septembre 1944, lors d’une cérémonie patriotique, au cimetière de Louyat à Limoges.

Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué au grade de sous-lieutenant des FFI.

COURTIAUD Lucien, Bernard, Marcel

Né le 14 février 1925 à Limoges (Haute-Vienne), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Jourgnac (Haute-Vienne) ; étudiant, employé ; résistant FTPF.

Célibataire, Lucien Courtiaud était domicilié 15 rue Pradier à Limoges. Il s’engagea sous le pseudonyme « Alain » dans la Résistance à compter du 1er janvier 1943 dans les rangs des FTPF, sous les ordres du capitaine Authier. Il fut rejoint début juin 1944 par un camarade Maurice Boissard, qui habitait à Limoges, à proximité de chez lui (rue Platon) et avec qui il avait fréquenté l’Ecole Nationale Professionnelle (ENP) de Limoges (actuel lycée Turgot).

Lucien Courtiaud trouva la mort avec quatre autres résistants à la suite d’un combat au lieu-dit La Chaume-Verte (commune de Jourgnac). Blessé dans le combat, il fut achevé par les soldats allemands. Son corps d’abord inhumé à Nexon, fut transféré après la Libération, le 8 septembre 1944, lors d’une cérémonie patriotique, au cimetière de Louyat à Limoges.

Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué au grade de sous-lieutenant des FFI.

DUDOGNON Fernand

Né le 21 mars 1923 à Bussière-Galant (Haute-Vienne), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Jourgnac (Haute-Vienne) ; résistant FTPF.

Selon le récit rapporté par François Adeline (op. cit.) : « Grièvement blessé, Fernand Dudognon continue de tirer avec son FM jusqu’à épuisement des munitions tandis que ses quatre copains sont blessés, morts ou agonisants ». Il fut achevé par les soldats allemands. Il fut enterré à Nexon.

LAPOUGE Raymond

Né le 3 mars 1910 à Angoulême (Charente), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Jourgnac (Haute-Vienne) ; résistant FTPF.

Originaire de Charente, il habitait vraisemblablement en 1944 à Nontron (son nom figure sur le monument aux morts de cette ville). Il s’engagea à une date inconnue dans la Résistance rejoignant un maquis FTPF de la Haute-Vienne. Raymond Lapouge trouva la mort avec quatre autres résistants à la suite d’un combat au lieu-dit La Chaume-Verte, (commune de Jourgnac). Blessé dans le combat, il fut achevé par les soldats allemands. Son corps fut inhumé à Nexon (Haute-Vienne).

SAMUEL Roger

Né le 29 octobre 1923 à Magnac-Laval (Haute-Vienne), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Jourgnac (Haute-Vienne) ; ouvrier agricole ; résistant FTPF.

Célibataire, Roger Samuel était en 1944 domicilié à Pageas (Haute-Vienne) au sud de Limoges, où il exerçait la profession d’ouvrier agricole. Réfractaire au STO, il s’engagea dans la Résistance, sous le pseudonyme de « Caoutchouc », rejoignant la 2449ème compagnie FTPF de la Haute-Vienne. Roger Samuel trouva la mort avec quatre autres résistants à la suite d’un combat au lieu-dit La Chaume-Verte). Blessé dans le combat, il fut achevé par les soldats allemands. Son corps fut inhumé à Nexon puis transféré après la guerre à la nécropole nationale de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente) où il repose depuis lors (carré 1D, tombe 417).

La stèle de La Chaume Verte à Jourgnac
La cérémonie en 2014

5 La tombe de Raymond LAPOUGE à Nexon

La tombe de Raymond Lapouge a peu à peu été abandonnée, son épouse après s’etre remariée ne venait plus s’y recueillir.

Au début des années 2000 le dévouement de Josette Dugot, déléguée de Nexon du Souvenir Français et son mari Jean Claude, délégué départemental, la fille de Raymond Lapouge née en novembre 1944 après la mort de son père, a été retrouvée. La tombe de Raymond Lapouge a été ouverte, la dépouille reconnue grace à la trace d’une ancienne fracture connue de la famille et la tombe refaite.

Avec le temps la couleur des drapeaux a palie mais la tombe est toujours entretenue.

De la publicité sur automobile il y a plus de 70 ans à Nexon !

La publicité sur les automobiles est née au début du XXe siècle aux Etats-Unis. Un fabricant de chocolats, Milton HERSHEY (1857-1945) qui  a réussi à produire de façon industrielle du chocolat au lait  a eu l’idée de peindre son  nom en forme de logo  « Hershey » sur tout son parc automobile. Il était surnommé « le Henry Ford des chocolatiers ».

A l’époque les lettres étaient peintes sur la carrosserie aussi la publicité sur les automobiles était rare. Mais avec l’invention du vinyle dans les années 1920, l’impression sur film vinyle remplacera progressivement la peinture pour la publicité automobile.

A Nexon Paul BITAUD était avant-gardiste en matière de publicité. Lorsqu’il a transféré sa boutique de la rue Gambetta, au numéro 6 actuel, pour l’installer dans l’ancien pensionnat pour jeunes filles, il la baptise « Sam Suffit ».

A gauche de la nouvelle boutique « Sam Suffit » le mur est couvert de la marque de peinture VALENTINE. Pour attirer le client les marques ne sont pas encore suffisamment développée; il faut montrer qu’il y a une abondance de marchandise aussi on en met sur le trottoir et dans la petite cour. Le camion qui est garé dans la cour est lui même chargé jusque sur le toit. Mais sur les cotés on ne voit pas de publicité.

Par contre sur celui d’Armand DENARDOU qui va épouser Jeanne BITAUD en 1939, une publicité vente les savons de Marseille, les savons « Latour » et « les deux haches » fabriqués par les Savonneries de la méditerranée.

Plus tard, un autre commerçant, Henri VIGNERON, va utiliser son automobile Citroën C4 qui date des années 1930 pour promouvoir la peinture « Novemail » qui vient d’être commercialisée en 1952. Le film vinyle va permettre de na pas abimer cette belle voiture qui est devenue collector…

En 1956 les commerçants de Nexon ont été sensibles au discours de Pierre POUJADE

Le 23 juillet 1953, à saint Céré dans le Lot, Pierre POUJADE prend la tête d’un groupe de commerçants pour s’opposer au contrôle fiscal d’un de leurs collègues. Les contrôleurs renoncent à leur contrôle. La nouvelle se repend rapidement et un mouvement de refus des contrôles va naitre dans la région.

Pierre POUJADE, qui est né à saint Cré le 1er décembre 1920, y a ouvert une librairie papèterie.

Saint Céré

Excellent orateur il va mobiliser autours de sa personne une mouvement de révolte des « petits » contre « l’État vampire ». Il méprise les élites et les médias et trouve un soutien auprès du parti communiste qui restera à ses cotés jusqu’en 1955, quand ses attaques contre Pierre MENDES FRANCE qu’il traite de juif « qui n’a de français que le mot FRANCE ajouté à son nom ».

Il crée l’Union de défense des commerçants et artisans (UDCA), syndicat professionnel dont le symbole est le coq gaulois. Un parti politique lui est adossé, l’Union et Fraternité Française (UFF). Le mouvement va compter jusqu’à 450 000 cotisants.

Il édite à Limoges un hebdomadaire, Fraternité Française, au 49 rue Emile Zola.

Une lettre est envoyée au lecteurs et amis :

Les commerçants du centre ville souscrivent à un abonnement au Journal de Pierre POUJADE : Emile BOSBATY, boucher charcutier place de la République, Mélanie DESBORDES qui tient le café à coté, henry MALARDEAU, mon grand père avec son commerce de laines sur le même coté de la place. André MASSY est sur la place du marché avec son hôtel Moderne, Albert GUYOT, boucher charcutier rue Gambetta. Je n’ai pas trouvé traces du café NAUDY. Peux être que l’une ou l’autre d’entre vous connait ?

Les élections législatives de 1955

‘Edgar Faure, président du Conseil sortant, avait provoqué, en décembre 1955, des élections anticipées. L’élection du 2 janvier 1956 a permis l’entrée de 52 députés poujadistes à l’Assemblée Nationale.

Un seul d’entre eux continuera en politique, Jean-Marie LE PEN qui, quelques mois après l’élection, volera de ses propres ailes. Les 2,5 millions de voix du mouvement Poujade (11,5% des votants à l’échelon national) ont cassé le jeu du bipartisme qui prévalait jusqu’alors. La SFIO qui obtient une majorité relative qui porte Guy MOLLET a la tête du gouvernement et le démocrates chrétiens du MRP qui deviennent minoritaires. Jusqu’au retour au pouvoir du général de Gaulle, aucun gouvernement ne durera, en moyenne, plus de six mois ! Pierre POUJADE, brillant orateur, a commis l’erreur de na pas se présenter à l’élection. Il a laissé la place à Jean Marie LE PEN qui le fascinait. Quand il a compris son erreur il a exclu de son parti, celui qu’il admirait mais qui devenait encombrant. Poujade ne voulant plus de lui, Jean Marie LE PEN se met en congé de l’Assemblée et rejoint son régiment pour aller en Algérie. A son retour en 1957 il regagne son siège de député. N’ayant plus de brillant orateur à l’Assemblée le mouvement Poujadiste tombe dans l’anonymat….

Pierre POUJADE continue à écrire mais son écho est de plus en plus faible. mais jusqu’à sa mort, en 2003, il milite pour un biocarburant alternatif à base de topinambours. Il était écologiste avant l’heure.

Pierre POUJADE au travail

Les infirmières à l’hôpital ouvert par la baronne de Nexon en 1914-1918

Un des premiers article que j’ai publié sur ce bog, le 27 février 2015, était consacré à l’hôpital 5 bis ouvert dés le début de la guerre par la baronne de Nexon dans les locaux du pensionnat de jeunes filles. Les jeunes nexonnais ne connaissent pas cet ancien établissement dont la structure est toujours présente, 36 boulevard Gambetta.

L’école de filles en 1930
36 Bd Gambetta en 2023

La baronne va faire appel à ses propres enfants et aux jeunes filles de Nexon. Ma collection c’est enrichie de deux nouvelles photos qui me permettent de mieux identifier les jeunes infirmières.

Sur la photo prise devant la porte de l’hôpital on compte 12 femmes en blouses blanches autours du médecin. La baronne est assise à droite du médecin, Derrière la baronne sa fille Thérèse est debout avec à ses cotés, derrière le médecin, sa sœur Jeanne.

Thérèse de GAY DE NEXON est née le 1er octobre 1890 à Azay-le-Rideau. En effet son père, Auguste de Nexon, louait le château de La Chevrière situé à Saché dans la banlieue d’Azay le Rideau. Devant le refus de son épouse à son souhait d’acheter le château d’Azay le Rideau, il a fait construire le château de La Garde à Nexon. Thérèse a exercé le métier d’infirmière et était enseignante à l’école d’infirmière à Limoges. Elle décède en 1961, à l’âge de 71 ans. Jeanne de Nexon est née à Saché (Indre et Loire) le 12 juillet 1895. Elle épouse M. de LAUZUN le 29 mars 1921 à Nexon. Elle décède en 1962.

Au premier rang, de gauche à droite, Madame St Ange, Madame de Nexon, Mlle Bragard, Mlle Thérèse de Nexon. Au deuxième rang, de gauche à droite, Mlle Tarrade, Mlle Jeanne de Nexon, Mlle Bonnafy, Mlle Lelong.

Mademoiselle Renée TARRADE (1890-1922) était la fille de Jean baptiste TAARADE, huissier à Nexon. Mlle Jeanne BONNAFY (1890 – 1988) était la fille d’Arsène BONNAFY, juge de paix à Nexon dont l’histoire se trouve sur ce blog. Je n’ai pas trouvé la filiation de Mme Saint Ange, ni celle de Mlle LELONG et de Melle BRAGARD.

D’autres photos que je viens de recevoir permettent de confirmer certaines identités.

Une autre photo est celle de Thérèse RALU (1889 – 1970) qui a épousé Jean DESBORDES (1887 – 1971) le 15 mai 1913. Jean DESBORDES est né à Nexon, coiffeur à Paris il y a rencontré sa future épouse. Mobilisé pendant toute la durée de la guerre de 1914-1918 son épouse a du venir chez ses beaux parents à Nexon. Son mari avait effectué son service militaire comme infirmier (1908-1910) et c’est en cette qualité qu’il a été mobilisé en 1914.

Thérèse RALU née DESBORDES

Un orchestre oublié dans l’article consacré aux bals

C’était le premier article de ce bog « Les bals à Nexon : histoire des bals, les salles, les orchestres » publié le 20 février 2017. C’était il y a plus de 6 ans… Que de chemin parcouru ! Cet article est celui le plus de commentaires : 35 à ce jour. Il a permis à certain de se retrouver, de rappeler des souvenirs …

Aujourdhui j’ajoute une affiche vierge d’André BRUNERIE. Il habitait Nexon et animait avec son orchestre les bals dans les communes environnantes. Cette affiche m’a été communiquée par Monique, sa fille et Daniel FAUCHER, rencontré à l’exposition des oeuvres de Francine THIBAUD et Remi AUCHERE à l’église romane de Saint Hilaire.

André BRUNERIE est né à Nexon le 18 février 1920 et il décédé à l’age de 81 ans le 23 juillet 2001. Je me souviens que ma mère parlait de lui comme un excellent accordéoniste. Il animait les mariages, les fêtes familiales mais je n’ai jamais entendu parler de son ensemble. Peut-être qu’un lecteur trouvera des documents pour rappeler ces orchestres locaux.

Quand le vin chantait …

Après de très longs articles quelques moments de lecture plus plus courts. Ceux d’une époque ou le vin devait chanter, donner la joie et le bonheur. Il n’y avait pas la circulation que nous connaissons sur les routes aujourd’hui, les contrôles d’alcoolémie n’existaient pas et pour commercialiser leurs vins de table les marchands leur ont donné des noms faisant penser à la fête. C’était l’époque du lancement des marques nationales : Préfontaines, vin des Rochers, Gévéor, Kiravi, etc. qui vantaient les mérites de vins de table. Pour les obtenir les vins « médiocres » du Midi étaient coupés avec ceux, plus puissants, qui venaient d’Algérie. Ces vins de table de 10° étaient vendus au litre dans les fameuses bouteilles aux cinq étoiles. Ces coupages permettaient d’obtenir une qualité constante.

Kiravi, vin marseillais, apartenait à la Sapvin (Société d’approvisionnement en vins). Ce vin était vendu dans toute la France et ses affiches ventaient le plaisir qu’il procurait.

La loi EVIN controlant strictement la publicité pour l’alccol n’était pas encore votée. Elle le sera le 10 janvier 1991. Aussi n’est-on pas surpris de voir Renault participer à la publicité de Kiravi en faisant gagner la nouvelle Renault 4.

A Nexon, les deux principaux marchands de vin, DENIS et REBIERE, vont eux aussi donner une marque à leurs vins. Le premier à se lancer dans cette politique est M. DENIS. Il baptise son vin « J’M.S.A », « J’aime ça ». Il le commercialise en rouge et en blanc de 10° et ajoute à sa collection un blanc sec de 11° et un à 9° ( en fait 10°-1!).

REBIERE ne peut pas rester sans réagir. Il baptise alors son vin de table « Samyra ». Je n’ai pas trouvé d’étiquette de ce vin mais un cendrier que m’a permi de photographier Pascale, fille de René REBIERE, offert aux bons clients. Si quelqu’un possède une étiquette elle bien venue sur ce blog…

On peut noter que ce cendrier était fabriqué à Nexon

A Nexon, comme dans le reste de la France l’ordonnace d’aout 1967 qui interdit les coupages de vins et précise que  » les vins originaires ou en provenance de l’étranger doivent être conservés sans coupage ni mélange  » va sonner le glas du litre de rouge ordinaire. Le Midi va alors s’orienter vers une production de vins de pays de bonne qualité. En même temps le développement des super marché avec leurs rayons de vins et alcool va faire perdre une grande partie de leur marché aux petits marchands de vin. Le vin de table vendu au litre a pratiquement disparu au profit des vins de pays. Les grands groupes d’alcool ont racheté les producteurs de vin. Ainsi la Société des Vins de France est devenue filiale du groupe Pernod Ricard puis elle a été rachetée par le groupe Castel.

A Nexon DENIS et REBIERE ont cessé leur activité au cour des années 1970, et dans le caviste, « O chapiteau des vins » avait ouvet en 2016 a céssé son activité le 31 mars 2022.

Moissonneuses lieuses à Nexon en 1943…

La mécanisation de l’agriculture n’est pas encore très visible dans les campagnes Limousines. Le recensement qui est fait à Nexon révèle que seuls 11 cultivateurs possèdent une moissonneuse lieuse pour une surface totale cultivée de 133, 53 hectares soit une moyenne de 12, 1 ha.

A cette époque les céréales ne constituent pas encore une production destinée à la vente mais principalement à la satisfaction des besoins de l’exploitant : le blé pour le pain et les autres céréales pour la nourriture des animaux.

André PENOT et Maurice de NEXON représentent à eux deux le quart de la surface cultivée. La production dépasse ici les besoins des exploitants et une partie doit etre destinée à la vente. Par contre DAMARZIT à Varnet et Jean MAZABRAUD à Valeix avec respectivement 4 et 3 ha cultivés doivent consacrer toute leur proction aux besoins de l’exploitation.

Un élément qui m’a intrigué est celui du nom des contructeurs. A sur 11, 63,6 % sont des machines Dollé. Je ne connaissait pas cette marque qui devait pourtant etre largement dominante dans notre région. La raison en est simple, la société Dollé a fermé ses portes en 1953. Pourtant en 1949, dans une publicité, l’usine est qualifiée de « plus grande manufacture française de machines agricoles ». Fondée en 1868 par Emile Oscar Dollé à Gevigney (70), dirigée à partir de 1909 par son fils Victor Dollé, ingénieur des Arts et Métiers après avoir été transplantée près de Vesoul sur un vaste terrain militaire et fils du fondateur, reprend en 1909 la direction de l’usine qui devient après la fin de la Première Guerre Mondiale un établissement industriel disposant d’une fonderie, d’un atelier de forge, d’un atelier de peinture et d’un vaste atelier regroupant les activités de menuiserie, montage, perçage, ajustage, tournage et outillage.

Dès la fin de la Deuxième Guerre Mondiale l’entreprise Dollé n’a pas vu venir l’arrivée massive du matériel agricole américain avec la marque Mc Cormick et surtout la motorisation de l’agriculture.

L’histoire de Mc Cormick est passionnante. C’est l’histoire d’une famille écossaise qui immigre aux etats-Unis en 1735. La ferme que la famille exploite devient vite prospère et le père et ses enfants conçoivent des outils pour faciliter le travail. Le prmier brevet pour une moissonneuse est déposé en 1834. L’entrepris crée pour fabriquer le matériel agricole devient vite la plus importante des Etats Unis. Présent dans les grandes expositions internationals ils gagnent de nombreux prix. En 1902 ils rachètent Deering, construisent une usine en Suède en 1905, en Allemagne en 1908 et en france la même année. En 1915 la première moissonneuse batteuse est commercialisée. En 1937 le premier tracteur sort des usines allemandes, en 1938, une usine de production de machinerie agricole est inaugurée en Angleterre… et en 1950 c’est l’arrivée en France de Mc Cormick qui commence la fabrication de tracteurs en 1951. On comprend que face à ce développement vers la motorisation Dollé étéit en retard d’une guerre ! On n’est donc pas surpris de voir qu’en 1953 quand Dollé ferme c’est Peugeot qui s’installe dans ses locaux.

En en 1944 il y deja 3 Mc Cormick puisque Deering lui appartient.

Moissonneuse lieuse Mc Cormick

Il reste une Puzenat. C’est également un matériel agricole qui est née de l’esprit d’innovation d’un forgeron, Émile Puzenat, qui avec ses enfants va créer à Bourbon Lancy en Saone et Loire une manufacture de machines agricoles.

Comme Dollé la Manufacture Centrale de Machines Agricoles C. Puzenat a du s’allier avec un fabriquant d’automobiles. D’abord avec le groupe Simca, puis avec le groupe Fiat-Someca pour la fabrication de tracteurs agricoles.

Les BONNAFY-FRUGIER deux familles qui ont marqué Nexon pendant près de deux siècles.

La famille BONNAFY a été alliée aux FRUGIER.

II- Les FRUGIER alliés aux BONNAFY

Les FRUGIER dont est issue Léontine FRUGIER, épouse d’Arsène BONNAFY, ont pour origine des meuniers que l’on trouve au moulin de Biard et au Moulin des Moulins à Nexon. Ils vivaient confortablement sous l’Ancien Régime et ils ont pu se constituer un patrimoine terrien. Au cours des siècles, les moulins furent vendus, pour certains dans la deuxième moitié du XXème siècle, aux métayers. Au dix-neuvième siècle, les jeunes générations devinrent notaires, avocats, ingénieurs, médecins … La Grande Guerre a contribué à diminuer leur patrimoine mais il restait, à la fin du XXe siècle, encore de beaux domaines comme ceux de Nouailhaguet, de Betour (très belle ferme-auberge ancienne vendue en 1990), le Moulin des Moulins à Nexon (toujours à des descendants Frugier), Le Moulin de Biard devenu gîte, Ladignac-le-Long, Meilhac, La Thomazie à La Meyze (héritée de REYDY-TEXEROT des Places avec des blasons des Texerot) toujours à des descendants des Frugier.

Les FRUGIER étaient réputés habiles, l’esprit inventif, aimant la vie et ses plaisirs, mais les pieds sur terre, et, dans l’ensemble, ne gaspillant pas le patrimoine familial. Le nom, surtout porté en Haute-Vienne et en Dordogne, aurait une origine germanique, Frudegarius ou Frodegarius (frod = avisé, prudent et gari = lance). On rencontre la forme similaire Frogier en Poitou-Charentes. Mais comme il n’y a pas eu d’influence allemande dans notre région au cours des XVème ou XVIème siècles, je penche plutôt sur une origine latine liées à la déesse FRUGIFERA, déesse qui fait croître les moissons.  Lié aux moissons le nom conduit aux meuniers dont plusieurs exerçaient cette profession dans la famille dont je parle.

Martial FRUGIER né en 1739 et Jeanne DAUDET se sont mariés à Nexon le 1er février 1763, commune de naissance de Jeanne. Ils ont eu 5 enfants, 4 garçons et une fille. Deux des garçons portent le même prénom, Léonard.

Léonard FRUGIER, l’ainé, est né le 19 avril 1769 à Biard, commune de Nexon. Comme c’était la coutume à cette époque, il a été baptisé le même jour par l’abbé DOUILHAC, vicaire à Nexon. Il est meunier au moulin de Biard et il épouse le 22 février 1791 Marie LASPOUGEAS, fille de Jean LASPOUGEAS, meunier, et de Marguerite GLANDUS du village des Moulin. Ils ont six enfants, quatre filles et deux garçons Jean FRUGIER né le 4 octobre 1803 et Martial né le 7 septembre 1811 qui n’aura pas d’enfant.

Jean FRUGIER , meunier propriétaire à Biard épouse le 17 février 1824 à Meilhac, Marie DESBORDES. Le 14 janvier 1825 nait leur fils Léonard dit Léon FRUGIER et Jeanne FRUGIER. Nous avons déja rencontré Jeanne qui a épousé Gilles BONNAFY d’où est isuue la lignée d’Arsène BONNAFY. Léonard dit Raymond épouse le 11 avril 1853 à Jourgnac, Marie Joséphine DUVERGER, fille du maire de Jourgnac. Ils auront trois enfants: Henri (1854-1920), René (1858-1944) et Prosper (1859-1899). Je reviendrai sur ces trois personnes.

Revenons à Léonard FRUGIER, le second, né le 7 janvier 1776 et baptisé le même jour. L’acte de baptème indique qu’il est né au village de Biard, fils légitime de Martial FRUGIER et de Jeanne DAUDET. Il épouse Catherine LASPOUGEAS, la soeur de Marie, le 22 février 1791. Ils ont eu 4 enfants, 2 garçons Jean FRUGIER et Léonard FRUGIER, et deux filles. La première, Marguerite est décédée le 11e jour, sa soeur, née deux ans plus tard, a gardé le prénom de Marguerite. Elle n’a pas eu d’enfant.

Jean FRUGIER est né le 15 frimaire an VII, 5 décembre 1798, au Moulin des Moulins, commune de Nexon, où son père était meunier.

Acte de naissance de Jean FRUGIER 15 frimaire an 7

Le 27 janvier 1818, à La Meyze, il a épousé Marie REYDY, fille mineure de feux Guilhaume REYDY décédé le 28 mai 1814 et de Catherine TEXEROT des PLACES, décédée le 15 germinal l’an 13. Catherine TEXEROT des PLACES descend des seigneurs des Places. Ils ont eu six enfants, cinq garçons et une fille.

Jean FRUGIER 1798 1870

Jean FRUGIER est décédé le 3 juillet 1870 à La Meyze à l’âge de 71 ans.

La branche FRUGIER-BRAGARD

Parmi les enfants de Jean FRUGIER, sa fille Catherine, née à Nexon le 19 mars 1826, épousa toujours à Nexon, le 27 mai 1847, Martial BRAGARD (1816-1859), un garçon de Janailhac, plus agée qu’elle de 10 ans, dont les parents étaient propriétaires. Ils eurent deux enfants, Marie BRAGARD (1846-1909) qui n’eut pas d’enfant et Henri Pierre BRAGARD (1847-1926) qui devint marchand de vin en gros à La Plaine et expert agricole.

Catherine BRAGARD et ses deux enfants (cliché G. Ruhla)

Henri-Pierre BRAGARD eut deux enfants, Léon BRAGARD (1870-1948) qui continua l’affaire de son père à La Plaine. Il n’eut pas d’enfant. Sa soeur Catherine devint religieuse.

Une autre branche BRAGARD n’a pas de lien direct avec les BONNAFY mais elle a marqué l’histoire de Nexon. En effet Martial BRAGARD avait un frère plus jeune qui s’appelait également Martial (1823-1916). Marié avec Anne GUITARD ils ont eu deux enfants : Pierre BRAGARD et Marie. Pierre qui était instituteur a épousé Alice LAPLAUD. Leur fils Martial »Arsène » BRAGARD (1890-1938) était marchand de vin et expert agricole à la Plaine. Pendant la Première Guerre Mondiale qu’il a effectué comme maréchal des logis, il a été décoré de la croix de guerre. Il a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 25 fevrier 1932.

Il est décédé le 7 octobre 1938 à l’agge de 38 ans. Marié à Marie BEYNETOUT ils avaient eu trois enfants : Paulette (1922-2012), Fernand (1924-1977) et Marcel (1927-2010). Ce dernier fut PDG de la compagnie des trolleys bus de Limoges de 1974 à 1984 puis directeur général des Transports en commun de Limoges, jusqu’en 1989.

Léonard FRUGIER, le frère de Jean, né en 1803 a été marié trois fois. D’abord avec en 1826 avec Anne LIMOUSIN dont il a eu deux enfants morts en bas age. Après le décès de son épouse en 1832 il épousa Andrive LASPOUGEAS (1811-1856). Ils eurent quatre enfants dont Michel FRUGIER (1838-1916) qui fut Juge de Paix à Chalus. Il était l’oncle d’Arsène BONAFY, juge de Paix comme lui.

De la branche aînée des FRUGIER, Léonard né en 1769 a eu deux enfants, Léonard et Jeanne. Nous avons déja rencontré Jeanne (1827-1883) qui a épousé Gilles BONNAFY ( 1817-1885) et de ce mariage est né Arsène BONNAFY, juge de Paix à Nexon. Son frère ainé, Léonard dit Léon FRUGIER, né le 4 janvier 1825 au moulin de Biard à Nexon, a épousé à Jourgnac, Marie DUVERGER le 11 avril 1853. Ils eurent trois enfants Henri (1854-1940), René (1858-1944) et Prosper (1859-1899).

1-Henri, Marie,-Jean-Baptiste, Joseph FRUGIER (1854 -1940) .

Il est né à Nexon le 20 mars 1854 et il y est décédé le 25 janvier 1940 à l’âge de 85 ans. Il effectue ses études de médecine à Limoges et à 20 ans il est convoqué pour effectuer son service militaite. Affecté à la 14e section d’infirmiers militaire il obtient un sursis d’un an pour ses études. Il effectue sa période obligatoire du 5 novembre 1875 au 5 novembre 1876. Une fois soutenue sa thèse de doctorat en médecine il est affecté comme médecin militaire dans la réserve. Il sera rayé des cadres avec le grade de médecin major de 2e classe, ce qui correspond au grade de capitaine.

Il se marie le 7 janvier 1884 à Saint-Yrieix-la-Perche avec Thérèse ARDILLER (1862-1835) dont les parents étaient négociants. Plus jeune que son mari elle décèdera avant lui en ayant deux enfants, Jeanne (1884-1980) et Edouart (1886-1918).

Le docteur FRUGIER a exercé à Nexon pendant près de 40 années. Il était très aimé de ses patients.

Ordonnace du Dr. Frugier du 19 juin 1899

Il a habité d’abord avenue de la gare, dans la maison qui est devenue ensuite la gendarmerie et aujourd’hui le restaurant Massy. Il est ensuite allé rue du Nord, rue Gambetta actuelle dans la grande maison a gauche en allant vers l’église après la boulangerie.

Pour plus de 40 années consacrées à la médecine tant civile que militaire le Docteur FRUGIER a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du Président de la République du 9 juillet 1931. Pour lui remettre cette décoration qui faisait état de son grade de médecin militaire il a choisi le médecin militaire chef de l’Hopital de Limoges.

Il a eu la douleur de perdre son fils Edouart. Brillant étudiant fit des études de notariat et obtint un doctorat en droit. Sa mère lui acheta une étude en 1913 et lui fit construire une belle grande maison à Limoges. Il était le « fils chéri » de sa mère. Dès la déclaration de la guerre en 1914 il s’engagage pour la durée de celle ci. Brigadier au 213e régiment d’Artillerie, il est tué lors des combats de juin 1918, à Silly la Poterie le 3 juin 1918. Il avait 31 ans.

Jeanne, soeur ainée d’Edouard, est née le 30 septembre 1884. Elle a 22 ans lorsqu’elle épouse à Nexon, le 2 février 1907, Paul DENIS un homme de 36 ans, industriel dont le père est notaire à Séreilhac.

Acte de mariage – ADHV

Jeanne etait une femme de caractère, redoutable en affaires. Elle contrastait avec son mari qui était plutôt réservé. Ils eurent un fils, Maurice, né le 7 fevrier 1908 à Limoges. Il fit des études d’ingénieur et parti dans la banlieu parisienne diriger une entreprise. Son père Paul est mort jeune, à 41 ans.

Paul DENIS (G. RULHA)

2- Gilbert Marie « René » FRUGIER (1858-1954)

Il est né le 20 mai 1858 à Nexon. C’est le deuxième enfant de Léonard FRUGIER et de sa femme Marie DUVERGER. A l’état civil il est déclaré s’appeler Gilbert Marie René mais, comme souvent, c’est le troisième prénom qui devient usuel.

Acte de naissance 1858- ADHV

Brillant élève, déjà au lycée qui ne s’appelle pas encore Gay Lussac il obtient des prix, par exemple en calcul, en classe de 5ème :

Le Courrier du Centre 13 aout 1872

Chercheur dans l’âme, il faiasait des expériences de chimie chez ses parents. Il a fait plusieur fois sauter le kiosque dans le parc de la maison de Nexon.

Il sera diplomé ingénieur de l’ École centrale des arts et manufactures en 1882.

Le 24 novembre 1891à Limoges René FRUGIER a épousé Valentine Marie ROUGIER (1872-1952), fille d’un banquier de Guéret, agée de 20 ans de moins que lui. Le 8 mai 1893 naissait leur fille Yvone Marie Louise (1893-1972).

René Frugier fonda en 1896 sa propre société. Il fit de nombreuses recherches sur le kaolin, modifia les proportions des composants de la pâte à porcelaine. Il mit au point un nouveau mélange composé à 65% d’argiles et de kaolin soit 15% de plus que dans la porcelaine traditionnelle. Grâce à ces proportions, la porcelaine devenait plus réfractaire, pouvait résister au feu tout en conservant l’aspect d’un produit traditionnel. Cependant un tel procédé exigeait une cuisson à une température plus élevée à 1430°. Il breveta son procédé lui donna un nom: ALUMINITE. Cette technique permit à l’entreprise FRUGIER de se spécialiser dans les ustensiles de cuisine et de laboratoire.

M. FRUGIER avait transformé son entreprise en Société Anonyme en 1910.

En 1958 la manufacture fut rachetée par le société Haviland. L’Aluminite n’est plus fabriquée, le respect des données techniques et notamment la haute température de cuisson en font une matière d’un prix de revient prohibitif.

On trouve aujourdhui sur les sites de vente par Internet et dans les brocantes des pièces en bon état :

A coté de son activité dans la porcelaine il se lança dans la fabrication de tuiles et de briques sur sa proprété de Bostrichard. Le village est situé sur la commune de Meilhac mais pour la publicité René FRUGIER indiquait « près de Nexon ». La terre glaise était extraite aux Blas et elle était acheminée par des charettes tirées par des chevaux et des wagonnets sur rails.

Réné Frugier était un entrepreneur insatiable. Il voulait maitriser toute la chaine de production de sa porcelaine. Pour cela il a acheté des carrières de kaolin dans les Cotes d’Armor et dans la région de Béziers.

Marc LARCHEVEQUE

Pour autant René FRUGIER ne néglige pas ses propriétés. Ainsi il obtint des prix lors des concours d’élevage :

René FRUGIER décède le 11 fevrier 1944 à 85 ans. On notera que l’acte de décès utilise son prénom officiel « Gilbert » et non le prénon usuel « René »:

Ses héritiers n’ont ni ses compétences scientifiques ni managériales. La fabrique de porcelaine fut reprise par Haviland et la tuilerie périclitera. Les cheminées seronr démolies, le terrain nettoyé …

3-Prosper FRUGIER (1859-1899)

Le troisième enfant de Léon FRUGIER et de Marie DUVERGER, Pierre « Prosper » FRUGIER est né le 21 mai 1859.

1874 8 8 Le Courrier du Centre

A19 ans il effectue une année de service militaire au 25e Régiment de Dragons ou il arrive le 8 novembre 1878. Ile quitte le 8 novembre 1879.

Régistre militaire Pierre Prosper FRUGIER

Il se présente aux élections dépertementales et il est élu conseiller d’arrondissement pour le canton de Nexon avec Louis BONNAFY.

1895 1er aout Le Courrier du Centre

Il meurt brutalement le 25 novembre 1899 à 40 ans. Il n’était pas marié.

Hommage à Didier LABASSE, Kader pour les anciens joueurs et supporteurs de l’ASN

Kader, car c’est comme cela que nous l’appelions à Nexon. Il est arrivé en 1959 et pendant quelques années il a fait le bonheur de l’ASN. Il jouait avant centre, il avait une parfaite maitrise du ballon, il était vif et précis. Il logeait à l’hotel chez Léonie Adam, rue Pasteur. Il était peintre et je me souvient du plaisir que nous avons eu lorsqu’il est venu chez mes parents repeindre la cuisine. A cette époque Henri Phelipeaux, un autre très bon joueur mais plus agée que Kader, était employé chez mes parents. C’était un plaisir d’aller aux matchs tous les dimanches.

L’équipe 1 en 1959-60

Toujours joyeux il aimait s’amuser et les soirs de banquet il n’étaut pas le dernier à faire la fête.

Puis en 1964 il est parti à Cussac pour jouer à la JSC. Il en est devenu l’entraineur. Il a trouvé un emploi, il s’est marié, a eu des enfants et des petits enfants mais il n’a jamais oublié Nexon. Sur les terrains on ne l’appelait plus Kader mais Didier et le plus souvent « Didi ».

La dernière fois que je l’ai vu à Nexon c’était le samedi 15 juin 2019, pour les 70 ans du club. Il a joué avec les anciens. Il retrouvé avec plaisir tous ceux qu’il connaissait. Nous avons longuement parlé du passé mais aussi de sa vie à Cussac, de sa famille…

Les dernières photos que j’ai faites le 25 juin 2019.

Ce soir en rentrant chez moi, en lisant le journal comme je le fais tous les jours, j’ai découvert avec tristesse l’annonce de son décès. Des souvenirs de plus de 60 ans son immédiatement revenus à mon esprit. Repose en paix cher Didier et nous n’oublierons pas Kader.

« Métayage ou Fermage ? » un article de Georges de Nexon, ingénieur agronome en 1946

C’est le titre d’un article écrit par le baron Georges de Nexon qui a été publié en 1946 par le Centre d’Etudes des « Questions Actuelles » . Merci à M. Christian GESLIN de m’avoir donné ce document.

Quand j’ai lu cet article je me suis retrouvé plus de 50 ans en arrière quand j’étais étudiant à l’Université de Bordeaux, en DEA, c’est à dire le Master 2 actuel. J’avais choisi comme sujet de mémoire « Le modèle de développement agricole de françois QUESNAY » et mon directeur était le Professeur André GARRIGOU LAGRANGE. C’était un remarquable professeur, un grand bourgeois qui nous recevait dans son salon, toujours disponible pour ses étudiants. Il a André a relevé le nom de DAVID de LASTOURS qui se trouve maintenant accolé à GARRIGOU-LAGRANGE (Tribunal d’Angoulême le 31-12-1924).

Son père, Paul GARRIGOU LAGRANGE était un chercheur météorologue très connu qui avait fait construire un observatoire dans son parc à Limoges situé dans la rue qui s’appelle aujourd’hui « rue de l’observatoire Garrigou Lagrange ».

L’Observatoire de M. Paul GARRIGOU LAGRANGE

L’observatoire fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en mai 1978. Sa préservation paraissait assurée. Mais son déclassement a été obtenu quelques mois après par la société ROUCHAUD LAMASSIAUDE, en théorie pour agrandir son usine. Malgré la réaction des sociétés protectrices du patrimoine, le déclassement et la démolition furent plus rapide que les tribunaux et le 23 mars 1979 il ne restait qu’un tas de décombres de l’observatoire !

Pourquoi ce détour par Bordeaux et Limoges ? Parce que mon travail de recherche puis les cours que j’ai dispensés en sciences économiques à Limoges ont porté en partie sur la question que pose Georges de NEXON.

François QUESNAY dont j’ai parlé était un brillant médecin pendant les années 1730 – 1750 à la fois médecin de Mme de Pompadour et de Louis XV qui, ayant été anobli s’est posé la question de la meilleure manière de gérer le domaine que son titre lui avait permis d’acquérir. Ses réflexions qu’il publie à partir de 1750 en font pour moi, mais je ne suis pas le seul, le premier vrai économiste du monde moderne. Le débat sur fermier ou métayer est au cœur de la question de la production et de la répartition de son produit. Dès que le producteur n’est pas seul à produire et qu’il emploie de la main d’œuvre il se demande quelle rémunération il doit accorder à celui qui contribue à la production. Les différentes sociétés sont passés de l’esclavage au servage puis au salarié et dans l’agriculture du domestique au métayer puis au fermier. dans le cas du métayer c’est un partage de la récolte alors que le fermier verse un loyer. QUESNAY en 1750 se posait la question de savoir quel mode d’exploitation assurait le revenu le plus élevé pour les deux, propriétaire et exploitant. Avec le développement du progrès technique et de la mécanisation il fallait savoir qui devait financer l’investissement. Georges de NEXON ne s’appuie pas sur les théoriciens de l’économie qui depuis QUESNAY en passant par MARX jusqu’au Prix Nobel J. STIGLITZ ont analysé la répartition de la rente entre les différents acteurs de la production et la juste répartition entre la travail et le capital.

Voici le texte de Georges de NEXON :

La position de Georges de NEXON est celle du métayage. Pour avoir interrogé M. PAUZET qui a été métayer chez M. de NEXON cette position s’explique par un comportement de ce propriétaire différent de celui des autres propriétaires. En effet M. PAUZET m’a répété plusieurs fois que du jour où sa famille est entrée comme métayer au domaine de la Garde ils n’ont plus jamais eu faim. Il m’expliquait que ses parents ont eu des propriétaires qui ne facilitaient pas le travail des métayers et qui exerçaient un contrôle permanent et suspicieux, considérant par principe que le métayer était menteur et voleur.

Les conflits entre propriétaires et métayers étaient fréquents, tout n’était pas prévu dans les baillettes dans la mesure ou, surtout au XIXe siècle beaucoup de métayers ne savaient ni lire ni écrire. le ramassage du bois mort, des châtaignes, des fruits tombés au sol … étaient sources de contentieux de même que l’utilisation des charrettes en dehors de l’exploitation, la vente du bétail…

Voici la baillette de M. PAUZET signée le 5 mai 1935 pour une exploitation à partir du 1er novembre 1935. Si l’article 1 considère que le colon doit gérer « en bon père de famille » l’article 2 concerne les charrois. L’article 3 est relatif au bois, avec l’interdiction de couper un arbre sans autorisation et de ne prendre que le bois de chauffage qui lui aura été désigné. Rien n’est écrit sur les investissements et les innovations possibles.

Pour une analyse très fine du métayage en Haute-Vienne lire l’article de Dominique DANTHIEUX « Métayage et grande propriété foncière dans le département de la Haute-Vienne : entre utopie sociale et innovation agricole (fin 19e-début 20e siècle) » dans Ruralia, Revue  de l’Association des ruralistes français n°14 -2004. Il montre que le développement de l’élevage de la race bovine limousine et celui des cultures qui lui sont associées qui ont été favorisés par les grands propriétaires, comme les de NEXON, ont permis aux métayers d’être des agents du changement et souvent de devenir à leur tour propriétaires, même si cela ne concerne qu’une partie des métayers. Sans aucun doute ceux du baron Georges de NEXON en font partie et ils confortent la conclusion générale de Dominique DANTHIEUX « Le métayage tel qu’on le pratique en Haute-Vienne est vanté non parce qu’il se fait le garant d’un ordre social traditionnel mais bien parce qu’il a permis à une frange de la paysannerie de prétendre par son travail et sa valeur propre à la propriété. »

Merci à Chantal, fille de M. PAUZET pour les baillettes.