Une histoire illustrée de nexon
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Robert de Nexon est le fils d’Auguste de Nexon (1854-1932) et de Gertrude Hainguerlot (1859-1886). Il est né le 30 septembre 1892 à Saché (37)  et il est mort à l’âge de 74 ans, le 10 septembre 1967 dans une maison de retraite à Sceaux dont les frais étaient pris en charge par son vieil ami Pierre Wertheimer, puis à sa mort, par son fils Jacques Wertheimer.

Le jeune Robert arrive à Nexon en 1897, au château de La Garde que son père vient de faire construire. Il y passera sa jeunesse mais une fois entré dans la vie professionnelle il viendra occasionnellement à Nexon, pour voir ses parents.

Le militaire héroïque   

Ancien de la 97e Promotion de Saint-Cyr 1912-1914, « Promotion « Montmirail », il est affecté au 3ème régiment de Hussards. Il est cité à l’ordre du Corps d’Armée le 9 avril 1915 et reçoit la Croix de guerre.

Trouvant que son régiment n’est pas assez engagé, il a demandé à servir chez les chasseurs alpins. C’est presque un sacrilège dans cette famille qui ne compte que des cavaliers ! En août 1916 il est affecté au 14ème bataillon. Il est promu capitaine le 6 juillet 1917.

Robert de Nexon, capitaine au 14e bataillon de chasseurs alpins en 1918

En congé sans solde à partir de 1920 il passe ensuite dans la réserve où il est promu commandant en juillet 1937.

Le commandant Robert de Nexon en 1939

Il prend une année sabbatique pour jouer au bridge et part ensuite aux Etats-Unis pour effectuer un stage chez  Esso. Il rentre en France comme sous-directeur de cette société.

L’élégant Robert de Nexon à New-York en 1921 -1922

Il épouse en 1930 Marthe BIDEGAIN (1900-2001). Il n’auront pas d’enfant.

Lorsque la deuxième guerre mondiale éclate il a 47 ans mais il n’hésite pas à s’engager. Il est fait prisonnier en juin 1940 et interné à l’oflag 10 B.

L’homme qui a du caractère…

 La croix de guerre qu’a obtenu Robert de Nexon récompensait son courage et sa témérité. Mais même en dehors de la guerre il sait se faire respecter et corriger ceux qui l’attaquent.

C’est ainsi que, dans un numéro du journal satirique Le Grand Guignol du mois de janvier 1923, Robert de Nexon était attaqué dans sa vie privée en même temps que Monsieur Pierre de Jumilhac. Ils décidèrent de punir l’auteur de l’article, qui bien que signé Fantômas, était sans aucun doute pour eux Georges Anquetil, le directeur de ce journal.

Le 29 janvier, arrivés en taxi devant son domicile ils le suivirent jusque devant la porte du Journal afin d’être certain qu’ils ne se trompaient pas de cible. Ils l’interpellèrent par son nom et lorsqu’il se retourna ils lui assénèrent des coups de canne, assez violents pour que des employés des autobus accourent et mettent fin à l’algarade.

Pour montrer qu’ils agissaient en parfaite connaissance de cause les deux compères se rendirent aussitôt au commissariat de police pour expliquer leur geste. Toute la Presse a rendu compte de cet événement. Voici l’article publié dans « Le Journal » le 30 janvier 1923.

Le Journal, 30 janvier 1923

 

Leur victime ayant porté plainte pour coups et blessures ils furent convoqués au tribunal correctionnel le 20 mars 1923 qui les a condamnés à 200 francs d’amende et à 1000 francs de dommages et intérêts alors que M. Anquetil en demandait 20 000. La encore la presse a largement rendu compte du procès, comme par exemple Le Journal des débats du 22 mars 1923

Le Journal des débats du 22 mars 1923

Le brillant champion de bridge

Quand, jeune officier, Robert de Nexon venait à Nexon il en profitait pour aller au cercle des officiers ou il regardait les parties tout en « kibitzant », c’est-à-dire en faisant des commentaires pas toujours désirés par les joueurs. Mais son talent va vite être reconnu au niveau national et il va faire partie de l’équipe de France. Des Championnats d’Europe sont organisés à partir de 1932 et en 1935, la France y envoie sa meilleure équipe composée de Pierre Albarran, Robert de Nexon, Georges Rousset, Sophocle Venizelos (colonel grec exilé à Paris, qui deviendra, en 1950, premier ministre de la Grèce), Emmanuel Tulumaris et Joseph Broutin. Ils deviennent champions d’Europe et on les surnommera les « Mousquetaires », en référence à la victoire de l’équipe Lacoste en Coupe Davis contre les Etats-Unis…

L’équipe championne d’Europe en 1935. Robert de Nexon est le deuxième en partant de la droite

L’équipe sera invitée à disputer un match de trois cents donnes contre la meilleure équipe américaine du moment, surnommée les « Four Aces », au Madison Square Garden, à New-York, en 1936, pour un virtuel championnat du monde. Elle perd par une courte défaite alors que l’on prédisait, en Amérique, une défaite magistrale. Ce succès lui inspire des propos plus que jamais d’actualité : « il faut former des paires pour faire des équipes. (…) Il faut se mettre au travail pour perfectionner sa technique. En tournoi, on ne peut pas jouer sur la réussite et, encore moins, improviser. Il est indispensable pour se comprendre de jouer une méthode commune ».

Il se cantonne ensuite au rôle de capitaine non joueur pour de nombreuses équipes de France qu’il conduira à la victoire en 1953 et 1955 (championnat d’Europe), 1956 (Bermuda Bowl).

Equipe de France 1956. Au premier plan, René Bacherich, Robert Lattès, Pierre Jaïs.

Debout, Roger Trézel, Pierre Ghestem, le Capitaine Robert de Nexon qui tient la coupe et Bertrand Romanet.

En 1928, il fût de ceux qui décidèrent d’adopter un code commun à l’ensemble des clubs parisiens, puis il participa en 1935 à la création de la Fédération Française de Bridge (FFB) dont il devint le second président en 1941, succédant au comte de Chambure. Il conserva cette présidence jusqu’en 1965. Il fût élu en 1951, président de la Fédération Européenne de Bridge. Il conserva cette présidence pendant 14 ans ! Enfin, il fût élu Président de la Fédération Mondiale en Bridge en 1958. Simultanément président des trois fédérations, il était alors l’homme le plus influent du bridge mondial. Il donna au bridge un nouvel élan, notamment en organisant en 1960, les premières Olympiades de bridge à Turin. La France gagne avec Jaïs-Trézel, Ghestem-Bacherich et Bourchtoff-Delmouly.

De gauche à droite Pierre Jaïs, Roger Trézel, Gérard Bourchtoff, Claude Delmouly, René Bacherich, Pierre Ghestem, Robert de Nexon, capitaine non joueur.

La 1ère Olympiade de bridge. Turin 23 avril – 4 mai 1960

 

L’histoire retiendra de lui son rôle majeur dans le développement des instances nationales et internationales du bridge et dans l’organisation des grandes épreuves internationales. Président de la fédération française de 1943 à 1965, de la fédération européenne de 1951 à 1965, et de la fédération mondiale (qu’il a largement contribué à mettre sur pied) de 1958 à 1964, on lui doit notamment la création des Olympiades, en 1960. Son prestige à l’étranger est considérable et, quand il cesse ses activités en 1964, le monde du bridge lui rend hommage en lui décernant le titre de président emeritus des fédérations européenne et mondiale. Véritable ambassadeur du bridge, il a contribué au rapprochement des bridgeurs de compétition du monde entier.

 

Le baron Robert de Nexon, dans son bureau à Neuilly, fin des années 1950

Avec Pierre Albarran, il élabore en 1935 un système à base de majeure quatrième, le Canapé, qui va longtemps rester le « standard » français. Pierre Albarran n’est pas seulement un grand champion de bridge, c’est un brillant médecin, professeur agrégé d’urologie . Robert de Nexon écrira avec lui plusieurs méthodes de jeu de bridge : Notre Méthode de Bridge, 1936, Le Bridge pour Tous, A. Fayard, 1949, Le Nouveau Bridge Pour Tous, 1958.

 

L’industriel éclairé

Après avoir quitté l’armée, Robert de Nexon entre Chez Esso Standard au service des ventes d’essence et de pétrole. Il effectue un stage au siège new-yorkais de la compagnie dont il devient, une fois rentré en France sous-directeur. En 1932, Pierre Wertheimer le recrute pour diriger les parfums Bourjois. Une longue coopération va naître entre les deux hommes et les lier à la fois dans la vie professionnelle et dans la vie privée.

Robert va ainsi se trouver à côtoyer dans son travail Coco Chanel, qui est associée depuis 1924 avec les Wertheimer pour la fabrication du célèbre Parfum No 5. Les Wertheimer détiennent 70 % du capital, Coco Chanel 10 % et Théophile Bader,  propriétaire des Galeries Lafayette, 20 %. Dès 1928, les difficultés surgissent entre Coco Chanel et les Wertheimer, celle–ci se considérant comme spoliée. En 1934, elle prendra un jeune avocat pour la défendre, Maître René de Chambrun.

Au début de la guerre la famille Wertheimer s’étant réfugiée aux Etats-Unis, leurs biens sont placées sous séquestre. Coco Chanel joue de ses relations avec les Allemands pour récupérer ses parfums mais contre toute attente ce n’est pas un administrateur allemand qui est nommé à la tête de la société mais Robert de Nexon qui vient d’être libéré de l’Oflag X B près de Hanovre ou il était prisonnier. Les Wertheimer ont encore un puissant réseau d’influence. Robert de Nexon dirige alors les Parfums Bourjois et la maison Chanel. A la fin de la guerre les Wertheimer rentrent en France et retrouvent leurs biens que Robert de Nexon a parfaitement gérés. Ils lui en seront très reconnaissants.

En 1947 un accord est trouvé avec la Société des Parfums. Coco Chanel reçu une forte indemnité pour les ventes réalisées pendant la guerre et une redevance de 2% sur toutes les ventes. Elle était alors à l’abri du besoin !

 

Le passionné d’équitation

Cavalier émérite, suivant de près l’élevage des chevaux à Nexon, le baron Robert va être un conseiller précieux pour Pierre Wertheimer. Pour bien exploiter les saillies d’Epinard, le premier grand crack de Pierre Wertheimer, Robert de Nexon le pousse à louer un haras en Normandie, dans l’Orne, à Saint-Léonard-des-Parcs. Et c’est d’ailleurs lui qui s’en occupe. Pendant la guerre, les pur-sang de Pierre Wertheimer pourront même courir sous les couleurs – casaque grise, brassards rouges et toque grise – de Robert de Nexon, qui gère son écurie.

C’est encore sur le conseil de Robert de Nexon qu’en 1949, Pierre Wertheimer a confié son écurie à Jacques-Alexandre Head, 24 ans, petit-fils d’entraîneur, fils de jockey, lui-même ancien jockey (d’obstacles) victime d’une mauvaise chute. Pour la casaque bleue et blanche des Wertheimer, il va gagner les plus grandes classiques avant de raccrocher en 1983.

Robert de Nexon a terminé sa vie dans une maison de retraite, dans la campagne près de Sceaux. Il y a été conduit en 1964, et Pierre Wertheimer s’est occupé de son cher et vieil ami. A la mort de Pierre, le 24 avril 1965, c’est Jacques, son fils, qui a pris le relais. « Mon oncle s’est éteint le 10 septembre 1967, souligne Ferréol de Nexon, et Jacques a subvenu à ses besoins jusqu’à son ultime souffle.»[1]

 

Le bridge à Nexon.

 

Robert de Nexon ne venait pas souvent à Nexon mais pour autant son empreinte a été forte. En effet Roger Trézel, membre de l’équipe de France, possédait une maison à Nexon, en face de la grille du château.

Trois fois champion du monde, vingt-cinq fois champion de France il retrouvait avec plaisir les bridgeurs de Limoges et de Nexon chaque fois qu’il venait en Limousin. Il apportait sans aucun doute de judicieux conseils au Nexonnais qui s’adonnaient, pratiquement tous les samedis après-midi, dans la pharmacie d’André Longequeue,à ce divertissement que beaucoup considèrent comme un sport. Il y avait toujours quatre joueurs parmi les habitués, messieurs Albert Adam, Georges Jalicon, François Laplaud, et André Longequeue. D’autres joueurs se joignaient occasionnellement à eux, comme M. Urbain, gendre d’Albert Adam…

 

[1] Bruno Abescat, Yves Stavridès «Derrière l’empire Chanel- La fabuleuse histoire des Wertheimer 4- Jacques, fils de Pierre » L’Express 25/07/2005

 

1 -Les jeunes années d’Adrienne

Adrienne Clotilde CHANEL est née le 5 avril 1882 à Saintes (Charente-Maritime) et sa naissance a été enregistrée le lendemain. Son père, Henri Adrien CHANEL (1832-1916), âgé de 49 ans est marchand ambulant. Sa mère Virginie Angéline Fournier (1836 – 1912) a 44 ans et elle est sans profession. Elle a épousé Henri Adrien en 1854 dont elle a eu 19 enfants dont Henri-Adrien, né en 1856 qui a donc 26 ans de plus que sa sœur Adrienne. Lorsque le 19 août 1883 naîtra à Saumur, Gabrielle, fille d’Henri-Adrien CHANEL, tante et nièce n’ont qu’un an de différence. COCO en jouera beaucoup quand elles étaient jeunes en faisant souvent passer sa tante pour sa sœur.

On ne connait pas les premières années de sa vie mais la notoriété de sa nièce, Gabrielle CHANEL, va faire que l’on va s’intéresser aussi à elle et la suivre à partir du moment la nièce et la tante vont se retrouver ensemble.

Son père l’aurait alors placée avec ses deux sœurs, dans l’orphelinat de l’abbaye cistercienne d’Aubazine en Corrèze. À l’orphelinat, elle aurait appris la couture et mené une vie austère et rigoureuse pendant les six années qu’elle y aurait passées.

Ce séjour de Coco Chanel à Aubazine est controversé, en particulier par Henri PONCHON . Dans son livre « L’enfance de Chanel » publié en juin 2016 aux Éditions Bleu Autour, l’auteur montre qu’au printemps 1896, Gabrielle Chanel vivait à Thiers chez une cousine germaine de sa mère ou elle était  « bonne d’enfants et domestique ». Elle ne pouvait donc pas être à Aubazine ! La légende d’Aubazine aurait été créée par Edmonde Charles-Roux dans son livre « L’Irrégulière » publié chez Grasset en 1974, soit 3 ans après la mort de COCO, sans véritable enquête sur la jeunesse de Coco CHANEL.  Les révélations d’Henri Ponchon sont remises en cause par ceux qui se demandent pourquoi Coco Chanel est venue plusieurs fois à Aubazine, entre 1950 et 1970 ?

En 1901 Gabrielle et Adrienne se retrouvent à l’Institut Notre Dame à Moulins ou elles vont rester deux ans. En 1903 elles sont placées comme commis dans une maison spécialisée dans la dentelle tenue par la famille Grampayre. Sur l’enseigne de la boutique on lit : « A Sainte Marie, soieries, dentelles et rubans ».

A gauche la boutique ou travaillaient Adrienne et Gabrielle Chanel en 1903

Adrienne et Gabrielle étaient logées par leur employeur et partageaient la même chambre ce qui accroit leur complicité. Chargées des commandes et des retouches elles sont vite appréciées par les clientes. Elles sont alors affectées au rayon confection pour dames et fillettes ou elles ont comme clientes les familles bourgeoises de Moulins.

Après quelques mois Gabrielle prend une chambre rue du Pont Ginguet dans un quartier populaire de Moulins ou elle est rejointe par Adrienne. Elles profitent de leurs heures de loisir pour confectionner des vêtements et se constituent ainsi clientèle fidèle.

Gabrielle et Adrienne qui avaient en commun la beauté et l’élégance sont toujours ensemble si bien qu’on les prend pour deux sœurs, ce qu’elles ne démentent pas. Elles sortent ensemble, fréquentent le Grand Café, la Rotonde… Pendant l’hivers 1905 elles vont à Vichy ou une clientèle fortunée vient en cure. Elles y admirent les beaux vêtements et les belles coiffures.

Gabrielle et Adrienne à Vichy en 1905

De retour à Moulins Gabrielle séduit un jeune officier, Étienne Balsan, héritier d’une riche famille. Passionné de chevaux il renonce à la carrière militaire pour se consacrer à l’élevage et aux courses. Il va faire découvrir ce monde à Gabrielle qui accepte de le suivre à Royallieu, son domaine de la forêt de Compiègne en 1907. Leur idylle ne dura que quelques mois, mais il lui permis de rencontrer des gens de la haute société qui influenceront son destin.

Adrienne était aussi séduisante que sa nièce mais elle ne fréquentait pas les mêmes personnes aussi elle ne reste pas à Moulins et choisi d’habiter à Souvigny, à une douzaine de kilomètres de Moulins chez Maud Mazuel. Gabrielle vient souvent la voire et toutes les deux continuent à vivre de leurs travaux de couture.

2- Adrienne et sa nièce Gabrielle rencontrent les jeunes aristocrates.

L’année 1908 va être importante pour toutes les deux. Au cours de randonnées à cheval Gabrielle rencontre un joueur de polo et homme d’affaires anglais, Boy Capel, qui deviendra son grand amour. Adrienne rencontre Maurice de Nexon.

En 1909, Gabrielle ouvre un atelier à Paris dans la garçonnière d’Etienne Balsan, au rez-de-chaussée du 160 boulevard Malesherbes. Elle vie avec Boy Capel qui l’encourage et l’aide à ouvrir en 1910 sa première boutique de chapeaux, « Chanel Modes », au 21 rue Cambon.

Adrienne n’oublie pas ses parents. Elle leur rend régulièrement visite par le train. Lorsqu’elle arrive à la gare de Varennes sur Allier elle fait l’admiration des habitants peu habitués à voir arriver une femme aussi élégante dans leur village.

Gabrielle continue sa marche vers la notoriété et le 29 mai 1913 ouvre une boutique rue Gontaut-Biron à Deauville. Elle y vend ses chapeaux à larges bords sobrement ornés d’une plume ou d’un ruban, mais surtout, elle propose à des clientes aisées des tenues de plein air qui rompent avec le style « Belle Epoque » corsetée et surchargée de mise jusqu’alors. Pour l’aider elle a fait venir sa jeune sœur Antoinette et sa tante Adrienne. Toutes les trois se promènent sur la jetée avec les vêtements et chapeaux de COCO qu’elles changent tous les jours.

Gabrielle avec Adrienne à Deauville en 1913, devant la première boutique Chanel

Son amoureux, le baron Maurice de Nexon en 1913 aux ventes de Yearling

Au mois d’aout 1914, lorsqu’éclate la Première Guerre Mondiale, Adrienne n’a pas le cœur à être à Deauville, loin de son amoureux, le baron Maurice qui est mobilisé. Elle vient quand même rejoindre Gabrielle pour la saison.

La pénurie de tissus due à la Première Guerre mondiale, ainsi que le manque relatif de main-d’œuvre domestique ont créé de nouveaux besoins pour les femmes de ce milieu, et Chanel perçoit ces besoins. Elle achète à Rodier des pièces entières d’un jersey utilisé à l’époque uniquement pour les sous-vêtements masculins, et lance la marinière. Adrienne sera toujours la première à porter les vêtements que sa nièce aura conçu.

3- Adrienne n’est pas acceptée par la famille de son amoureux

La relation du baron ne plait pas à sa famille. Le baron Auguste de Nexon n’apprécie pas que son fil ainé fréquente une roturière. Il craint qu’Adrienne ne soit qu’une courtisane qui pourrait ruiner son fils et lui briser le cœur. Malgré de refus de son père de recevoir Adrienne, le jeune baron resta ferme et ne quitta pas Adrienne. Mais pour ne pas risquer les foudres de son père il vit discrètement avec Adrienne à Paris et à Vichy jusqu’à ce que la mort de son père.

A la fin de l’année 1914 Adrienne a la tristesse de perdre son père, un an après le décès de sa mère . Elle fait inhumer les deux à Vichy.

En septembre 1915 Gabrielle ouvre sa première maison de couture à Biarritz et de nouveau fait venir sa sœur Antoinette et sa tante Adrienne. Celle-ci ne répond pas immédiatement car elle a rendu visite à son amoureux qui est au front. Gabrielle n’aime pas qu’on ne réagisse pas immédiatement à ses appels et elle répondait sèchement « Ton plus tard est désormais trop tard »[1].

A la fin de la guerre Coco Chanel avait créé son style : des vêtements qui libèrent le corps, simples et confortables…

Le 11 novembre 1919 Antoinette, la jeune sœur de Gabrielle, épouse Oscar Flemming, un canadien chez qui elle va partir. Elle a comme témoins Arthur Capel et Maurice de Nexon. En 1921 le baron Maurice est le témoin de Jeanne sa jeune sœur pour son mariage avec M. de Lauzun. Il est seul puisque son père n’accepte pas de recevoir Adrienne.

Une fois la guerre terminée le baron Maurice va s’adonner à sa passion : les chevaux. Depuis 1912 il est propriétaire du haras de Nexon avec son père, le baron Auguste de Nexon. Remarquable cavalier il dispute sa première course en 1904. Elle sera suivie de de nombreuses autres couronnées de plus de 170 victoires. Il consacre beaucoup de temps à l’administration des courses et dès 1919 il est élu  au comité et commissaire de la Société des Sports de France qui possède les hippodromes du Tremblay et de Colombes. En 1925 il est membre de la Société des Steeple Chase de France. Adrienne l’accompagne sur les champs de course, ceux ou ses chevaux courent et ceux où il est commissaire. Le baron Maurice est également propriétaire du château mais compte tenu de l’hostilité de son père à l’égard d’Adrienne il n’y séjourne pratiquement pas.

4- Adrienne épouse le baron Maurice de Nexon

Le mardi 29 avril 1930, à la mairie du 17ème arrondissement de Paris, « Mademoiselle Gabrielle Chanel, costumière, résidant au 29 rue Faubourg Saint-Honoré », était le principal témoin d’Adrienne pour son mariage avec son amoureux dont le témoin était son frère, Robert de Nexon. Certains des anciens amis de Royallieu, dont Etienne Balsan, étaient présents ce jour-là par ailleurs heureux.

Le 22 janvier 1932 le baron Auguste de Nexon décède. Si son fils à la douleur de perdre son père, ce décès le libère et lui permet de venir à Nexon dans le château dont il hérite en tant que fils ainé.

C’est également en 1932 que Pierre Wertheimer, principal actionnaire des « Parfums Chanel » et habitué des champs de course, cherche un dirigeant pour les parfums Bourjois. Il recrute un dirigeant d’Esso Standard : Robert de Gay de Nexon. Mais s’il dirige Bourjois, Robert de Nexon qui, comme toute la famille , « est né avec les étriers aux pieds », pousse Pierre Wertheimer à louer un haras en Normandie, à Saint-Léonard-des Parcs et c’est lui qui va s’en occuper. Maurice et Robert non seulement sont frères mais, directement ou indirectement, ils sont liés aux Chanel.

Une des premières affiche du n° 5, en 1921

Soir de Paris, lancé en 1928

Maurice continue à étoffer son palmarès de brillant cavalier en disputant les courses de gentlemen comme ici au Tremblay en 1938. Son épouse l’accompagne sur les champs de course ou elle fait briller les couleurs Chanel.

La guerre éclate et Robert qui est officier de réserve est mobilisé. Une fois libéré du camp de prisonnier ou il était retenu en Allemagne, il reprend en main Bourjois et l’écurie de Pierre Wertheimer dont les pur-sang courront sous les couleurs des Nexon,  casaque grise, brassards rouges et toque grise.

Revenu en France à la fin de la guerre Pierre Wertheimer gardera une profonde estime à Robert de Nexon et lorsque celui-ci, à la fin de sa vie, sera obligé de se retirer dans une maison de retraite, Pierre puis son fils Jacques subviendront à ses besoins jusqu’à son dernier souffle, le 10 septembre 1967.

5- Adrienne à Nexon

Une fois mariée et son beau-père décédé, Adrienne peut venir à Nexon. Elle passera son temps entre sa résidence à Paris, 60 rue de Lisbonne, près du parc Monceau et le château de Nexon. Les nexonnais l’ont croisée, toujours élégante, vêtue des tailleurs Chanel  dont elle était toujours une parfaite ambassadrice. Ma mère m’a souvent raconté le plaisir qu’elle avait de pouvoir admirer ses vêtements lorsqu’Adrienne les amenait à la teinturerie de mon grand-père pour qu’ils soient nettoyés.

Adrienne à Nexon

Son époux était toujours très occupé par ses responsabilités dans les sociétés hippiques, en particulier la Société de Sport de France qu’il préside de 1937 à 1966, date à laquelle la Ville de Paris lui rachète l’hippodrome du Tremblay qu’elle avait fait construire en 1906. Mais il n’oublie pas qu’il est, malgré son âge, un excellent cavalier et le 5 mai 1951 à Fontainebleau, alors qu’il a 67 ans, il remporte sa 176e victoire.

Adrienne décède le jeudi 22 novembre 1956 au château de Nexon à l’âge de 74 ans. Elle est inhumée dans la chapelle du Parc. Son mari continue à fréquenter les hippodromes et gérer son haras. Il décède le 27 mai 1967 au château de Nexon. Il est inhumé dans la chapelle du parc.

[1] Edmonde Charles Roux, L’irrégulière ou mon itinéraire Chanel, Grasset 1974.

Georges de LA FOUCHARDIERE ( 1874- 1946) était journaliste au Canard enchaîné et à l’Oeuvre. C’est dans ce journal qu’il écrit un article ironique sur le procès intenté par le chef de gare de Nexon a deux voyageurs qui ont chanté la fameuse Complainte du chef de gare. Chantée sur l’air de Il était un petit navire,  elle a été  détournée par les soldats pendant la Première Guerre mondiale avec son refrain : il est cocu le chef de gare …

Le Populaire du Centre du 11 décembre 1927 reprend l’article sous le titre   » Un chef de gare qui n’aime pas la musique. »

« Le chef de gare de Nexon (Haute-Vienne) a arrêté un train pour chants séditieux ; la police a arrêté les chanteurs et les a accompagnés au violon, et puis le tribunal correctionnel de Limoges les a condamnés à un mois de prison, sans sursis.

Ainsi se propagent par la voie ferrée, en province, les méthodes de dressage mussolinistes dont bénéficient les Parisiens par la grâce de la police municipale… Car bientôt nous ne serons plus tolérés sur la voie publique qu’à condition de marcher au pas de l’oie, à l’alignement, en prodiguant aux agents stationnaires de fréquentes marques extérieures de respect, et après avoir prouvé, par un certificat émanant du commissaire de notre quartier, que notre présence dans la rue a un but excessivement vertueux.

Voici qu’il n’est plus permis de chanter dans les trains pour charmer les loisirs de l’attente ambulante. Notez que les deux jeunes gens condamnés par le tribunal de Limoges ne chantaient point la sanguinaire Marseillaise, ni même la pacifique Internationale, ni un cantique composé par le général de Castelnau à la gloire de sainte Geneviève, maréchale de France.

Ils chantaient la plus antique chanson du folklore ferroviaire, la Complainte du chef de gare, consacrée par une respectable tradition et par les voix de générations innombrables, civiles et militaires qui, roulant vers le plaisir ou vers la peine, vers la mort ou vers la gloire, jetaient en passant à chaque station, comme un hommage harmonieux, les échos obstinés d’une touchante légende.

Car la Complainte du chef de gare est légendaire, et nul ne saurait s’offenser d’une telle fiction. De toutes les professions exercées par les hommes aucune, plus que la profession de chef de gare, ne présente de garanties contre une disgrâce.

C’est pourquoi les chefs de gare, lorsqu’ils entendaient chanter la Complainte du chef de gare, souriaient avec bonnommie. Ils ne prenaient pas ça pour eux, ni pour le collègue de la station suivante ; car, parmi les chefs de gare, les uns sont célibataires, et les autres ne lâchent leur femme que pour leur petit drapeau et leur petit sifflet, très momentanément… Il faudrait vraiment que les dames des chefs de gare mettent dans la trahison une rapidité exceptionnelle qui la rendrait aussi fugitive que le passage d’un express.

Le chef de gare dont il est question dans la chanson est un chef-de-gare-fantôme, issu d’une vieille légende : il y eut une fois un chef de gare qui fut trompé par sa femme, sous Mac-Mahon, et la chose parut si invraisemblable, si inouïe, si prodigieuse, qu’on en fit une chanson.

Cet événement miraculeux se serait-il renouvelé de nos jours ?

Car enfin, voilà le chef de gare de Nexon qui prend ce refrain pour une allusion personnelle… Il s’écrie : « C’est moi le chef de gare en question… On m’insulte en me venant corner aux oreilles l’aventure désagréable dont je fus le héros… ».

Eh ! cherchez une autre explication à la colère du chef de gare de Nexon.

Les deux jeunes gens si durement condamnés ne savaient pas… Mais, à l’avenir, nous saurons…

Quand nous passerons à la station de Nexon, nous chanterons l’Hymne du Père Dupanloup, qui est aussi un chant ferroviaire, très joli, plus varié même que la Complainte du chef de gare, encore que plus difficile à apprendre (je connais peu d’érudits qui en connaissent par cœur les vingt-trois couplets).

Et nous regarderons discrètement par la portière opposée à la gare, ne voulant pas qu’un regard apitoyé par une exceptionnelle infortune semble à l’infortuné une volontaire injure…  » (L’Œuvre) G. DE LA FOUCHARDIÈRE ; Le Populaire 11 décembre 1927

 

Quelques jours après cette publication, M. DEPARDAY, le chef de gare de Nexon, écrit au Populaire :

« LE CHEF DE GARE DE NEXON NOUS ECRIT

On sait que notre éminent collaborateur La Fouchardière a pris dernièrement agréablement à partie le chef de gare de Nexon, à l’occasion de l’affaire qui l’amena à témoigner en l’audience correctionnelle de lundi 5 décembre. A ce propos, nous recevons une lettre du modeste agent de la Compagnie d’Orléans, qui rétablit les faits tels qu’ils se sont passés et déclare avec bonne grâce qu’il est, pour la chanson célèbre, bien plus indulgent qu’on ne le croit.

Voici sa lettre :

Nexon. Le 12 décembre 1927.

Monsieur le Directeur du journal, « Le Populaire » à Limoges.

Je me permets de répondre à votre article me concernant intitulé : « Un chef de gare qui n’aime pas la musique ».

Je regrette de vous dire que votre information est complètement fausse et vos renseignements inexacts.

Voici les faits tels qu’ils se sont passés : Le 9 août dernier, les nommés Furner et Demartin, sujets italiens, occupés comme manœuvres à une entreprise pour la réfection des voies, ont voulu pénétrer de force sur les quais de la gare pour prendre le train, sans billet ; m’y étant opposé, ils m’ont insulté, me traitant des noms les plus grossiers et ont voulu me frapper. Tels sont les faits qui ont motivé leur comparution devant le tribunal de Limoges.

Il ne s’agit donc pas d’une plainte pour avoir chanté la chanson connue ; d’ailleurs, peut-être même que ces étrangers ne la connaissaient pas. Depuis 16 ans que je suis chef de gare, j’ai entendu bien des fois ce couplet sans y prêter aucune importance et ne m’en suis jamais froissé, au contraire, comme mes collègues, j’en ai ri.

Je vous prie, Monsieur le Directeur, de bien vouloir faire le nécessaire pour faire connaître à vos lecteurs l’exacte vérité concernant cette affaire.

Veuillez agréer. Monsieur le Directeur, mes bien sincères salutations.

DEPARDAY, Chef de gare, Nexon (Hte-Vienne).

A notre tour, nous adressons à M. le chef de gare de Nexon nos bien sincères salutations et l’assurons que nous n’avons jamais douté de son esprit de conciliation en matière de chants irrévérencieux. En France on sait rire de tout quand c’est faux. » Le Populaire mardi 13 décembre 1927

La chanson paillarde est un détournement du texte de la chanson Il est content le chef de gare, chantée en 1912 par Mansuelle sur l’air de Il était un petit navire. 

La chanson était ironique comme le montre les paroles et le refrain :

« J’étais l’autre jour dans l’train d’plaisir

Avec ma femme et mes trois gosses

Ma belle-mère, l’ami Casimir

On voulait s’en payer une tranche

Le wagon était plus que plein

Au départ jugez d’notre colère

Au lieu d’être dix on était vingt

Alors j’appelle par la portière : Chef de gare ! Chef de gare !

Aussitôt v’là qu’à l’unisson de tous les côtés on répond :

Refrain :

Il est content le chef de gare

Il est content le chef de gare

Il est près d’sa femme qui vient d’accoucher (bis)

Ohé ! Ohé ! Qui vient d’accoucher.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats qui reviennent en permission se retrouvent dans la même situation que Casimir avec des wagons bondés et détournent les paroles et en font  Il est cocu le chef de gare. Son usage est si courant en 1916 que les autorités militaires décident de l’interdire tandis que la presse se moque de cette censure.

, à l’image du Filon, qui dénonce l’arbitraire et l’inefficacité du veto :

 

 

Du fait de l’absence de millions d’hommes mobilisés, prisonniers ou morts, les femmes ont joué un rôle éminent dans la guerre. Dès le 2 août 1914 le président du Conseil, René Viviani, fait appel à elles dans une affiche placardée sur tous les murs de France. Il y écrit notamment : « Je vous demande de maintenir l’activité des campagnes, de terminer les récoltes de l’année et de préparer celle de l’année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. (…) Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n’y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l’action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde »

 

Il y a six figures féminines emblématiques de la Grande guerre.

1/ Les marraines de guerre

Ce sont des femmes, souvent des jeunes femmes qui vont être choisies pour correspondre avec des poilus et ainsi leur remonter le moral. Il y aura des histoires extraordinaires de rencontres après la guerre et de mariages.

2/ Les anges blancs (ce sont les infirmières)

Elles vont être emblématiques de tout le système de santé et elles seront souvent à la pointe des innovations pour aller soigner les blessés au plus près du front.

L’équipe des infirmière de l’hôpital bénévole n°5 ouvert par Madame de Nexon. Au premier rang, de gauche à droite, Madame St Ange, Madame de Nexon, Mlle Bragard, Mlle Thérèse de Nexon. Au deuxième rang, de gauche à droite, Mlle Tarrade, Mlle Jeanne de Nexon, Mlle Bonnafy, Mlle Lelong.

3/ Les munitionnettes (ce sont les femmes qui deviennent ouvrières dans les usines)

Elles vont fabriquer l’armement et notamment les obus dont la demande de l’artillerie est très importante.

A Limoges de nombreuses femmes vont être employées dans les manufactures de porcelaine. Une nouvelle production va naître : les têtes de poupées et de fèves.
Plusieurs porcelainiers se lancent dans cette production : Jean Boyer, Léon Couty, Martial Ducongé, William Guerin, Alfred Lanternier… les têtes de poupées sont estampillées « Limoges France ». On estime à plus de 320 000 têtes la production de l’année 1917.

Au début le l’année, après  rencontre avec M. Blémond, pâtissier de Limoges, la manufacture Ducongé se lance dans la fabrication des fèves qui jusque là étaient fabriquées en Allemagne.

4 / Les veuves.

Figure qui ne va cesser de croître et d’être visible puisqu’elles sont toutes de noir vêtu et elles portent le voile en crêpe noir. Elles seront 650.000 à la fin de la guerre.

5/ L’épouse seule et travailleuse qui prend les rênes de la ferme, travaille aux champs.

C’est elle qui set célébrée par les autorités et qui est mise en exergue sur l’iconographie patriotique.

6/ La mère qui élève seule les enfants et veille sur les anciens des générations passées.

Elle aussi elle est méritante et ainsi célébrée par les autorités.

L’idée du vote ouvert aux femmes fait son chemin. Ainsi, à partir de 1916, des projets de loi se font jour dont même celui de l’ultra-conservateur Maurice Barrès qui propose de donner le droit de vote aux veuves, sorte de «Suffrage des morts». En mai 1919, le projet dit Dussaussoy qui ouvre le suffrage universel à toutes les femmes à partir de l’âge de 30 ans est adopté par la Chambre des députés mais le Sénat, très conservateur et très misogyne refusera d’examiner ce projet. Et rien ne se passera avant la Libération.

 

 

Année 1914

10 mai 1914 élections législatives, arrondissement de Saint-Yrieix : M. Nouhaud élu avec 4.765 voix, contre 3.067 voix à Albert Chauly et 3.854 à M. Roux.

1er août 1914, Ordre de mobilisation générale en Allemagne et en France.

Le 18 août 1914, le conseil vote diverses allocations aux mobilisés et décide l’établissement d’une ambulance militaire dans l’immeuble de Mr de Nexon.

Mercredi 21 septembre 1914, à 9 heures, à la mairie, conseil de révision, pour la formation de la classe 1915

Le 11 octobre 1914 le conseil vote 500 francs pour achat de vêtements chauds aux militaires.

Le 21 décembre 1914 la réception provisoire du groupe scolaire est faite.

 

Année 1915

La commune de Nexon a fait remettre à M. le Préfet de la Haute-Vienne, une somme de 502 fr. 10, montant de la vente du petit drapeau belge.Merci à tous les généreux donateurs et aux organisateurs pour leur zèle dévoué. (Le populaire 18 janvier 1915)

Mardi 12 janvier 1915, à 9 heures, à la mairie, conseil de révision, pour la formation de la classe 1916

Mercredi 2 juin 1915 à 9 h, à la mairie, opérations du Conseil de révision pour la formation de la classe 1917

Année 1916

Mardi 16 mai 1916 à la mairie à 9 heures, Conseil de révision, pour l’examen des ajournés des classes 1913, 1914, 1915, 1916 et 1917, et des exemptés des classes 1915, 1916 et 1917.

Dimanche 18 décembre 1916 a eu lieu à Nexon la conférence organisée par le comité de l’or, une nombreuse assistance appartenant à toutes les classes de la société avait répondu à son appel et se pressait dans la salle de la mairie. Après avoir, en termes aimables, souhaité la bienvenue aux délégués : M. Delpeyron, président de la société d’agriculture, Rolland, substitut du procureur général et Crévelier, inspecteur d’Académie, M. Lelong, maire de la commune a donné la parole à ce dernier qui, dans un langage aussi élevé qu’impressionnant a développé avec son talent habituel les raisons qui imposent à tout bon citoyen de verser son or pour la défense nationale.

A son tour, M. Nouhaud, député de la Haute-Vienne, qui assistait à cette réunion a fait appel, en termes aussi éloquents qu’énergiques, à tous les patriotes et les a engagés à faire leur devoir. Des applaudissements répétés ont salué les paroles des deux orateurs.

A la suite de la séance, un comité local a été organisé pour activer la propagande dans le canton de Nexon. Le Populaire 26 décembre 1916

Année 1917

Le 2 septembre 1917 le conseil institue un comité de surveillance des prix des denrées composé de 4 commerçants et 4 consommateurs.

 

Année 1918

Samedi 16 février 1918 à 9 heures à la mairie, opérations des Conseils de révision pour la formation de la classe 1919,

Le 15 juillet 1918, le conseil municipal, réuni en session ordinaire, a décidé de consacrer une somme de 26 francs à l’achat d’ouvrage sur la guerre, destinés à la bibliothèque scolaire de la commune.

Une subvention supplémentaire de 200 fr. est votée pour le bureau de bienfaisance.

Pour perpétuer le souvenir des morts pour la Patrie, une subvention de 10 francs est accordée à l’œuvre de la Concorde du Souvenir.

Une autre subvention do 20 francs sera versée à l’Association des Orphelins de la guerre.

L’Association départementale antituberculeuse de la Haute-Vienne recevra une somme de 50 francs.

Une indemnité mensuelle de 20 francs est accordée à chacun des trois cantonniers communaux.

Le prix des livres et fournitures scolaires ayant augmenté sensiblement, le crédit de 350 francs destiné à l’achat desdites fournitures pour les indigents est insuffisant. Une somme de 150 francs destinée primitivement à l’achat de livres de prix sera employée à cet effet, ainsi qu’une subvention supplémentaire de 200 francs.

Pour frais de bureaux, une subvention de 50 francs est votée au nom du secrétaire de la commission cantonale des allocations.

Le montant des frais de réparation de la bascule communale, soit 195 francs, sera versé à M. Fayard, d’Aixe-sur-Vienne.

Une indemnité de cherté de vie de 400 fr. est attribuée au secrétaire de mairie ; une autre de 200 francs est accordée aux instituteurs chargés du service des cartes d’alimentation.

Divers crédits s’élevant à 278 francs sont votés pour l’école maternelle.

La préposée au service de cette école recevra un supplément de traitement de 300 fr.

Enfin, un crédit de 150 francs est voté pour achat de drapeaux et emblèmes américains. Le Populaire 16 aout 1918.

Pour les réfugiés. — Les municipalités de Nexon et de Saint-Priest-Ligoure ont voté chacune une subvention de 20 francs destinée à venir en aide aux réfugiés des régions envahies qui résident actuellement dans l’arrondissement et pour lesquels un comité de secours a été constitué à Saint-Yrieix. Le Populaire 26 août 1918.

Mercredi 18 septembre 1918 à 9 h, à la mairie, opérations du Conseil de révision pour fa formation de la classe 1920.

Le 11 Novembre 1918, Mr PERRIARD décore et illumine les édifices communaux pour la somme de 75 Francs.

 

Année 1919

Le 9 mars 1919 uns souscription publique est ouverte pour l’édification du monument aux morts.

Le 20 avril 1919 le conseil décide la démolition de la Mairie vétuste et dangereuse et installe la Mairie dans l’ancien presbytère.

Dimanche 10 août 1919, adjudication de matériaux de construction.

« Le dimanche 10 août 1919, à 2 heures du soir, il sera procédé en séance publique, à la mairie de Nexon, à la mise en adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des matériaux ci-dessous désignés :

Premier lot : Démolition de la mairie et des anciennes salles de classe, matériaux de toutes sortes, bols de charpente et de menuiserie, ardoises, pierres de taille et moellons, parquets, etc. Mise à prix, 500 francs.

Deuxième lot : Démolition d’une grange et d’un hangar attenant à l’ancien presbytère : matériaux de toutes sortes, bois de charpente et de menuiserie, tuiles, pierres de taille et moellons. Mise à prix 100 francs.

Le cahier des charges est déposé à la mairie de Nexon, où chacun peut en prendre connaissance tous les jours, de 9 à 16 heures » Le Populaire 25 juillet 1919

Dimanche 12 octobre, grand concours et comice agricole. Toute la journée se tiendront des Jeux de toutes sortes, loteries, chevaux de bois. A 2 heures, lancement d’un ballon ; à 8 heures du soir, grand feu d’artifice, retraite aux flambeaux. Bals de jour et de nuit. Les forains ne paieront que demi-place.

Le 30 novembre 1919 sont élus conseillers : Laspougeas P., Boutaud Lacombe, Barret, Chirol, Rebeyrol, Laspougeas P., Queyroi, Bonnet, Deschamps, Desplanches, Authier, Pradeau, Duroux, Pradeau, Doudet, Bonnet, Bragard, Faucher, Parthonnaud, Boutet, Lelong, Rattier. Boutaud Lacombe est élu maire, Rebeyrol et Authier, adjoints.

Décembre 1919, Conseil général. — M. Debrégeas, maire de La Meyze, socialiste indépendant, 1.147 voix, élu ; M. Nouhaud, 801.

Conseil d’arrondissement. — M. Bonnet, 1.016 voix, élu ; M. Eymard, 1.176, élu ; M. Nouhaud, 737

 

Année 1920

Le 2 mars 1920 le conseil établit une taxe d’entrée sur le bétail les jours de foire.

 

Année 1921

Le 1er avril 1921, Descubes adjudicataire des droits d’entrée des animaux demanda qu’un gendarme soit mis à sa disposition aux entrées du bourg des jours de foire pour éviter les disputes et menaces

 

Année 1923

Le 11 février 1923, révocation de CATHINAUD, Secrétaire de Mairie et son remplacement par Mr SOUBRANNE.

Le 15 juillet 1923, le conseil décide ;

-Réparations de la bascule

-Achat de chaises pour la Mairie

-Construction de cabinets d’aisance.

Le conseil constate que de très nombreuses fouilles ont été faites pour amener l’eau à Nexon mais qu’elles, n’ont rien donné. Il décide de capter les sources de l’étang de la Lande.

 

Année 1924

Le 25 Mai 1924 il supprime les droits d’entrée des animaux les jours de foire,

 

Année 1925

Le 8 février 1925 subvention de 200 francs à l’Association Sportive et 500 Francs à la Société de musique.

Le 17 mai 1925, sont élus conseillers : Authier, Pauliat, Picot, Lacorre, Frugier, Jouhaud, Debord, Dezon, Béchade, Sanciaud, Boutaud Lacombe, Faucher, Bonnet, Rebeyrol, Duroux, Queyroi, Barret, Jourde, Laspougeas, Chirol, Redon.

BOUTAUD LACOMBE est élu Maire, Rebeyrol et Sanciaud, Adjoints.

 

Les présidents

1985 – 1987: Claude OLIVERO

1987 – 1993: Gilbert JOACHIM

1993- 1995: Lucien MAZIERE

1995 – 2008 : Jean Pierre TIGOULET

Saison 1985 – 1986

L’équipe A conserve sa place en 1ère division de district, l’équipe B descend en P2, l’équipe C a réalisé un bon parcours en 3ème division terminant à la deuxième place de sa poule et la meilleure attaque de toute les équipes de sa division.

 

Le 30 mai 1986 l’A.G. a élu le bureau suivant :

Président : Claude OLIVERO

Vice-Président : Marcel ALLEMAND

Trésorier : Paul LACORE

Trésorier adjoint : Jean Pierre TIGOULET

Secrétaire : Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint : Pierre AUDOUIN

Le Limoges FC qui évolue alors en D2 développe des clubs de supporters dans les clubs du département. Pour la création de l’antenne à Nexon plusieurs joueurs ont accompagné Charly Jean, parrain de l’antenne.

Le Populaire, 3 juillet 1985

Le Populaire 3 octobre 1985

 

Saison 1986 – 1987

3 équipes Seniors ont été engagées et 5 équipes de jeunes. Patrice Valette, ancien joueur de l’ASN est maintenant entraineur.

Saison 1987 – 1988

Les poussins remportent le titre de champion de la Haute-Vienne en minimes

Président : Gilbert JOACHIM

Vice-président : Claude OLIVERO

Secrétaire : Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint :  Jean Pierre AUDOIN

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésorier adjoint : Patrice JAMIN

 

Saison 1988 – 1989

Trois équipes seniors : l’équipe A conserve sa place en promotion de 1ère division, l’équipe B accède à la 2ème division.

Pour être présent dans toutes les catégories de jeunes le club a réalisé une entente avec Solignac (juniors) et St Priest Ligoure (cadets et minimes)

Bernard SADRY entraîne l’équipe première.

 

Saison 1989 – 1990

Trois équipes seniors : promotion de 1ère division, promotion de 2ème division, 3ème division.

Président : Gilbert JOACHIM

Vice-président : Claude OLIVERO, Gérard DEDIEU

Secrétaire : Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint :  Marcel JAVERLIAT

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésorier adjoint : Patrice JAMIN

Membres : E. ASTIER, G. BONNET, D. BRETON, M. BUREAU, J.M. CHADELAUD, P. COUQUET, J.L. DEBORD, M. DELOMENIE, D. DITLECADET, C. DUPUIS, A. FANTON, M. GIBAUD, A. HYVERNAUD, L. JAVERLIAT, L. LABREGERE, J.C. LATHIERE, M. LATOUR, A. LEYMARIE, L. MAZIERE, B. PENOT, B. SADRY, J. SANTO, P. VALETTE.

 

Saison 1990 – 1991

L’ASN comptait 162 licenciés et a engagé 11 équipes dans les différents championnats.

L’équipe B obtient le titre de champion de la Haute-Vienne en troisième division et accède à la promotion de deuxième division.

Président : Gilbert JOACHIM

Président délégué : Gérard DEDIEU

Vice-président : Claude OLIVERO

Secrétaire : Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint :  Marcel JAVERLIAT

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN et M. GIBAUD

Membres : E. ASTIER, G. BONNET, D. BRETON, M. BUREAU, J.M. CHADELAUD, P. COUQUET, J.L. DEBORD, M. DELOMENIE, D. DITLECADET, C. DUPUY, R. DUPUY, S. DUTHEIL, A. FANTON, G. GAUTHIER, A. HYVERNAUD, J.J. JAVERLIAT, L.D. JAVERLIAT, L. LABREGERE, J.C. LATHIERE, M. LATOUR, A. LEYMARIE, L. MAZIERE, B. PENOT, B. SADRY, J. SANTO, D. SAZERAT, P. VALETTE, M. VILLENEUVE.

 

Saison 1991 – 1992

Le club comptait 143 licenciés et avait engagé 10 équipes dans les différents championnats. L’équipe 1 termine à la 5ème place. Les minimes, en entente avec La Meyze, obtiennent le titre de champion de la Haute-Vienne

 

Président : Gilbert JOACHIM

Président délégué : Gérard DEDIEU

Vice-président : Claude OLIVERO

Secrétaire : Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint :  Marcel JAVERLIAT et Sylvie DEDIEU

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN et Martine ROUGERIE

Membres : E. ASTIER, M. BUREAU, G. BONNET, J.M. CHADELAUD, P. COUQUET, Mme M.N. COGNERAS, J.L. DEBORD, M. DELOMENIE, D. DITLECADET, S. DUTHEIL, B. FOUGERAS, G. GAUTHIER, G. GARLANDIER, G. GIBAUD, L.D. JAVERLIAT, J.J. JAVERLIAT, Mme E. JOACHIM, J.C. LATHIERE, A. LEYMARIE, L. MAZIERE, Mme J. OLIVERO, B. PENOT, D. SAZERAT, J. SANTO, P. VALETTE, M. VILLENEUVE.

 

Saison 1992 – 1993

Les effectifs sont toujours aussi nombreux puisque le club enregistre 147 licenciés. Malgré cela les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances. L’équipe première descend de première division. Les deux équipes réservent terminent à la 2ème place. G. JOACHIM quitte le club et démissionne de la présidence.

Président : Gilbert JOACHIM

Président délégué : Gérard DEDIEU

Vice-président : Claude OLIVERO

Secrétaire : Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint :  Marcel JAVERLIAT et Sylvie DEDIEU

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN et Martine ROUGERIE

 

Saison 1993 – 1994

Seulement 2 équipes seniors sont engagées. Une entente est conclue avec les clubs de La Roche l’Abeille et Saint Priest Ligoure pour les jeunes.

Président : Lucien MAZIERE

Vice-présidents : Pierre AUDOIN

Secrétaire : Marcel JAVERLIAT

Secrétaire adjoint : Jean Pierre ADAM

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésorier adjoint : Dominique BRETON

Membres : E. ASTIER, M. BUREAU, G. BONNET, M.N. COGNERAS, J.L. DEBORD, D. DITLECADET, M. DELOMENIE, Y. DUMAINE, P. JAMIN, L.D. JAVERLIAT, J.J. JAVERLIAT, J. OLIVERO, C. OLIVERO, B. PERROT, J. SANTO, P. VALETTE, M. VILLENEUVE, M.F. VOISIN.

 

Saison 1994 – 1995

Jean Pierre TIGOULET revient à la présidence et Jacques BARRY devient entraineur.

L’équipe première accède à la division supérieure

 

Saison 1995 – 1996

 

Président : Jean Pierre TIGOULET

Vice-présidents : Lucien MAZIERE et Claude OLIVERO

Secrétaire : Marcel JAVERLIAT

Secrétaires adjoints : Jean Pierre ADAM et Martine ROUGERIE

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN, Jean Marie PARTHONNAUD

Entraîneur : Jacques BARRY

 

Saison 1996 – 1997

 

Saison 1997-1998

L’équipe A qui évolue en première division termine 6ème de sa poule. L’équipe B monte en deuxième division. L’équipe C termine à la 4ème place de sa poule de troisième division.

 

Président : Jean Pierre TIGOULET

Vice-président délégué : Lucien MAZIERE

Vice-présidents : Claude OLIVERO, Jean Pierre ADAM

Secrétaire : Marcel JAVERLIAT

Secrétaires adjoints : Martine ROUGERIE, Michel MAURY

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN, Jean Marie PARTHONNAUD

Entraîneur : Jacques BARRY

 

Saison 1998 – 1999

C’est la saison du cinquantenaire du club. L’équipe 1ère accède à la division d’Excellence, l’équipe B est reléguée en 2ème division et l’équipe C monte en promotion de deuxième division.

 

Président : Jean Pierre TIGOULET

Vice-président délégué : Lucien MAZIERE

Vice-présidents : Claude OLIVERO, Jean Pierre ADAM

Secrétaire : Marcel JAVERLIAT

Secrétaires adjoints : Martine ROUGERIE, Michel MAURY

Trésorier : Lucien GRATADE

Trésoriers adjoints : Patrice JAMIN, Jean Marie PARTHONNAUD

Membres : Philippe ADAM, Kamel AMRI, Régis AUXEMERY, Jacques BARRY, Raymond BONNAUD, Gérard BONNET, Sébastien BONNET, Frédéric BOSSELUT, Dominique BRETON, Gilles COUADE, Michel DELOMENIE, Daniel DITLECADET, Raymond DUGUET, Anibal FERREIRA, Henri GUYOT, Jean-Jacques JAVERLIAT, Pierre JENESTE, Paul LACORE, Jean-Pierre LATOUR, André LEYMARIE, Jean-Claude NORMAND, Philippe NOUHAUD, Jacqueline OLIVERO, Jean-Michel PRADEAU, Claude VALARY, Pierre VERDEJO, Maurice VILLENEUVE, Marie-France VOISIN.

L’entraîneur est Jacques BARRY.

 

Le 29 mai 1999, à l’occasion des cinquante ans du club, le stade qui était jusqu’alors appelé « Stade municipal » devient « Stade Robert Herbin ».

Robert HERBIN a honoré de sa présence la manifestation. Ancien joueur professionnel et entraîneur de football Robert HERBIN est né à Paris en 1939. Il entre en 1957 à l’A.S. Saint Étienne ou il a été l’un des piliers de la première génération du grand Saint-Étienne, quadruple champion de France consécutif de 1967 à 1970. En 1972, il se retrouve, à trente-trois ans, l’un des plus jeunes entraîneurs de France. Sous sa férule les Verts restent au sommet du football français jusqu’en 1981, année de leur dernier titre de champion à ce jour. Il a été sélectionné 23 en équipe de France.

 

Robert Herbin et Liliane Jamin, maire de Nexon devant le ruban.

Liliane Jamin, maire, Robert Herbin, Guy Boutinaud, président du district, Jean Pierre Tigoulet

 

Saison 1999-2000

L’équipe 1ère n’a pas réussi à conserver sa place en Excellence et redescend en première division. Elle a cependant réussi un beau parcours en coupe de la Haute-Vienne, éliminée en quart de finale par Cognac La Foret.

Après 6 années comme entraîneur Jacques BARRY quitte ce poste mais reste au club comme Vice-président délégué. Lucien MAZIERE quitte le club.

Les présidents

1972 – 1981 : Robert FOUILLAUD
1981 – 1983 : Jean Pierre TIGOULET
1983 – 1985 : Achille THEODORESCO

Saison 1972 – 1973

7 équipes sont engagées. 3 équipes seniors dont l’équipe première en Promotion d’Honneur. Elle affronte des équipes solidement implantées en PH comme l’ASPTT Limoges, Thiviers, Roumazières, Nontron, Aubusson, Tulle, Sarlat. Les 4 équipes de jeunes évoluent en junior, cadet, minime et pupille.

Mr LASPOUGEAS, trop pris par ses obligations professionnelles, renonce à la présidence. C’est Mr FOUILLAUD Robert qui prend en mains les destinées d’un Club qu’il connait bien.

Voici la composition du Comité de Direction pour 1972-1973

Présidents d’Honneur : Mr LONGEQUEUE André ; Mr BUSSIERE Jean ; Mr ADAM Léon

Président actif : Mr FOUILLAUD Robert

Vice-Présidents : Mr ADAM Jean Pierre ; Mr JARRY-LACOMBE Claude ; Mr NYS Lothaire

Secrétaire : Mr THOUREAU Albert

Trésorier : Mr LACORE Paul Jean

Membres : Mrs ANDRÉ. G. – BONNAUD. L. – BOYER, BUISSON. E.- CHAULET. A. – DEYZERALD. P.- DUGUET. R. – FAUCHER. J. – FRUGIER. L. – LASPERAS. B. – LASPOUGEAS. J. -LECOURNET. R. – LEMENAGER. J. – LIMOUSIN. M. – MAZABRAUD. E. – NOUILLAS. R. – PENAUD. R. – PICAT. B. – REBEYROL. A. – REBIERE. R. – ROUSSE. L. – ROUSSIN. F. – THOUMIEUX. R. – VILLENEUVE. A. – VILLENEUVE. R.

A la fin de la saison l’équipe première redescend en promotion de Ligue.

Le s équipes de Nexon et La Roche l’Abeille. Le Populaire 5 juin 1973

Saison 1973 – 1974

L’équipe première se maintien en Promotion de Ligue

Saison 1974 – 1975

Six équipes sont engagées : 3 en seniors et 3 en jeunes.

A la fin de la saison M. Duguet annonce qu’il ne s’occupera plus des jeunes. Ainsi prennent fin près de 20 ans auprès de l’ASN.

Saison 1975 – 1976

 

Saison 1976 – 1977

L’équipe première accède de nouveau à la Promotion d’Honneur.

Fiche de l’ASN dans « Guide du Football dans le centre Ouest  » de Roland CHATARD 1978

 

Pour la première fois les joueurs vont porter des maillots arborant la marque d’une entreprise ; Depuis quelques années le sponsorisme a fait son apparition dans le monde du football professionnel. Dans le districts les clubs cherchent eux aussi à obtenir des jeux de maillots gratuits. La présence à Nexon de M. ALLEMAND, cadre à la SNCF, permet au club d’obtenir des maillots offerts par la SERNAM, filiale de la SNCF.

Marcel ALLEMAND offre les maillots SERNAM

 

L’équipe avec ses nouveaux maillots. 

Albert MORELON a fait venir de Limoges un jeune attaquant, Pierre SORIA. Je le retrouverai, quelques années plus tard, entraineur au Limoges FC.

A la fin de la saison A. MORELON quitte l’ASN

 

Saison 1977 – 1978

L’équipe première n’a pas pu se maintenir en Promotion d’honneur et rejoindra en 1978-79 la Promotion de Ligue. L’équipe réserve s’est maintenue sans difficulté en 2ème division, l’équipe 3 a eu plus de mal à conserver sa place en Promotion de 2ème division. Les quatre équipes de jeunes se sont bien comportées.

L’A.G. du 6 juin 1978 a reconduit le bureau ainsi constitué :

Président : Monsieur Robert-FOUILLAUD

Vice-Présidents : Monsieur ADAM Jean Pierre, Monsieur JARRY-LACOMBE Claude, Monsieur MAZABRAUD Edmond

Trésorier : Monsieur Paul LACORE

Trésorier adjoint : Monsieur Guy BONNET

Secrétaire : Monsieur Albert THOUREAU

Secrétaire adjoint : Monsieur CANUT

 

Saison 1978 – 1979

Les équipes seniors se maintiennent sans difficultés dans leurs divisions respectives. L’équipe fanion a été éliminée en demi-finale de la coupe de la Haute-Vienne par l’ASPTT Limoges qui évolue en 4ème division nationale.

On note une forte progression du nombre des jeunes pupilles et poussins désirant pratiquer le football.

 

Saison 1979 – 1980

L’ASN a engagé 10 équipes : 4 en seniors et 6 en jeunes.

L’équipe première termine à la 6ème place de sa poule en promotion de Ligue. L’équipe B termine à 6ème place de sa poule en deuxième division et l’équipe C assure son maintien en P2.

En jeunes l’équipe des Juniors termine première de sa poule.

L’A.G. du 13 juin renouvelle sa confiance à l’équipe dirigeante.

 

Saison 1980 – 1981

Parmi les 4 équipes senior, seule l’équipe C n’a pas pu éviter la relégation. Elle évoluera en 3ème division.

Robert Fouillaud qui assurait la présidence du club depuis 7 ans a souhaité prendre du recul. L’A.G. du 13 juin a élu un nouveau Comité de Direction :

Présidents d’honneur : Messieurs André LONGEQUEUE et Léon ADAM

Président : Monsieur Jean Pierre TIGOULET

Vice-Présidents : Messieurs Jean Pierre ADAM, Claude JARRY-LACOMBE, Marcel ALLEMAND

Trésorier : Monsieur Paul LACORE

Trésorier adjoint : Monsieur Alain FANTON

Secrétaire : Monsieur Jean Marie DEXET

Secrétaire adjoint : Monsieur Albert THOUREAU

Membres : Messieurs ANDRE Georges, BONNET Gérard, BONNET Guy, BONNAUD Raymond, CHADELAUD Jean Marie, CHAULET André, COUQUET Jean-Pierre, DOUDET Didier, DUPUY, André, DUVERNEIX Claude, DEYZERALD Pierre, FAUCHER Julien, GAUTHIER Philippe, JAMIN Patrice, GUYONNAUD André, LABREGERE Gaston, LASPOUGEAS Christian, LIMOUSIN Guy, LIMOUSIN Maurice, PENOT Maurice, PICAT Bernard, PARTHONNAUD Jean-Marie, RANGER Patrick, REBIERE René, ROUSSIN Fernand, THOUMIEUX Raymond, VILLALPANDO François.

 

Saison 1981 – 1982

Saison 1982 – 1983

L’équipe première se maintient difficilement en promotion de Ligue. Les deux autres équipes seniors se maintiennent. Il a fallu pour cela que l’équipe junior déclare forfait à la mi championnat pour pallier les indisponibilités dans les équipes A et B.

L’entraîneur, Christian BALESTRAT, continue la saison prochaine.

Au cours de l’A.G. du 24 juin 1983 le Comité de direction a été légèrement modifié :

Présidents d’honneur : Messieurs André LONGEQUEUE et Léon ADAM

Président : Monsieur Achille THEODORESCO

Vice-Présidents : Messieurs Marcel ALLEMAND, Claude JARRY-LACOMBE, Jean Pierre TIGOULET

Trésorier : Monsieur Paul LACORE

Trésorier adjoint : Monsieur Raymond BONNAUD

Secrétaire : Monsieur Jean Pierre ADAM

Secrétaire adjoint : Monsieur Eric ASTIER

 

Saison 1983 – 1984

L’école de foot à 2 ans. Elle réunit plus de 50 jeunes encadrés par leurs aînés : COUQUET, JAMIN, ASTIER, LATOUR, TIGOULET, DEBORD.

Au cours de l’année 1928 Messieurs Marcel Bennet, Fernand Malinvaud, Edmond Charles-Lavauzelle, Gaston Edoux et quelques autres décidèrent de créer l’Aéro-club du Limousin dont la déclaration est publiée au journal officiel du 9 janvier 1929. Le club utilisait le terrain du Mas de L’Age à Couzeix  qui appartenait à l’armée et servait pour l’entraînement du régiment de cavalerie.

Le club s’est rapidement développé et en 1933 il a déménagé pour s’installer à Feytiat où il restera jusqu’en 1973 pour aller ensuite sur le nouvel aéroport de Bellegarde.

Pour faire connaitre l’aviation l’Aéro-club organisait des meetings dans les communes du Limousin et c’est ainsi que celui de Nexon était prévu le dimanche 8 octobre 1933.

Le Populaire du Centre a annoncé le meeting a de nombreuses reprises dans la presse. Ainsi le 1er octobre le journal publie la liste des pilotes et des avions qui seront présentés. A cette époque les pilotes, sans être les héros qu’ils furent pendant la guerre de 1914-1918, bénéficient d’une image flatteuse dans le grand public qui les connait par leurs noms.

« Nous sommes -heureux de publier aujourd’hui la liste des pilotes et des appareils dont on pourra bientôt admirer les prouesses :

Le Président de l’Aéro-Club du Limousin sur Mauboussin dernier type moteur Pop-Joyce.

Desseins, vice-président de l’Aéro-club du Limousin sur Caudron Phalène de grand tourisme avec moteur Renault Bengali 145 HP.

Delaty, détenteur de la coupe Military Zénith 1930 sur Morane d’acrobatie moteur Lorraine 150 HP.

Denis, venant de terminer avec succès le tour de France aérien sur Caudron Luciole, moteur Renault.

Couyaud, pilote de l’Aéro-Club du Limousin, sur le Potez 36 « Ville de Limoges »

Haeselaer, sur son avion Caudron Luciole moteur Renault.

Une belle équipe qui laisse présager du beau sport. » Le Populaire 1er octobre 1933.

A-Les avions présentés 

Mauboussin n’est le fabriquant d’avions le plus connu car son activité n’a duré que quelques années. C’est Pierre Mauboussin, fils du célèbre joaillier de la place Vendôme, né en 1900, qui va construire son propre avion. Il en confie les commandes à Charles Fauvel qui détiendra plusieurs records internationaux de vitesse en 1930. Dès 1932 Pierre Mauboussin ne construit que des avions de sport. C’est sur un Mauboussin qu’Hélène Boucher, la célèbre pilote limousine, battra le record du monde d’altitude féminin, le 2 aout 1933 avec une hauteur de 5 900 mètres.

Les avions Caudron sont nés en août 1908 lorsque les frères Caudron Gaston et René des fils d’agriculteurs, entreprirent la construction de leur premier appareil. Les performances de leurs machines n’ont cessé de s’améliorer. En 1916 on comptait 141 Caudron G3 utilisés comme avion de réglage de tir d’artillerie et pour la reconnaissance. On passa ensuite au G4 qui fut doté de mitrailleuses, puis au G5… Après la guerre, les pilotes démobilisés ne se résignent pas à l’inactivité et se lancent dans la conquête des destinations de plus en plus lointaines.

Le Caudron Phalène est un appareil de tourisme monoplan à aile haute et train fixe conçu en 1930, par Paul Deville. Construit majoritairement en bois il fait son premier vol en Mars 1932. Il connut rapidement un certain succès en France et à l’étranger, notamment grâce aux nombreux raids organisés pour sa promotion et de ce fait on le retrouvera dans de nombreux Aéro-clubs

En proie à de graves difficultés financières, menacée de disparition, la firme de René Caudron fut sauvée par Louis Renault qui accepta de développer un département aviation. La société Caudron-Renault naquit le 1er juillet 1933.

Caudron C 280

 

Morane-Saulnier est une entreprise de construction aéronautique française fondée en 1910 par les frères Léon et Robert Morane. Le Morane-Saulnier MS-230 était un monoplan biplace qui fut le principal avion d’entraînement militaire français de l’entre-deux guerres et qui fut également très utilisé par l’aviation civile.

 

Le Caudron Luciole moteur Renault est un avion de tourisme, de sport aériens et d’entraînement produit en France dans les années 1930 qui dérive du C.230. Il eut un immense succès avec plus de 700 machines construites (modèle de base et variantes) en une décennie, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Exemplaire du musée du Bourget.

Le Potez 36 était un monoplan de tourisme construit par la société Potez de 1929 à 1933. Cet appareil est considéré comme celui qui a réellement donné naissance à l’aviation de tourisme dans les années 1930

Potez 36 « Ville de Limoges »

 

B-Le dimanche 8 décembre le Populaire du Centre annonçait le meeting :

Le Populaire du Centre 8 octobre 1933

« Le meeting qu’organise l’Aéroclub du Limousin, aujourd’hui dimanche à Nexon, va remporter un grand succès.

Les appareils sont prêts, les mécaniciens parachèvent la mise au point des moteurs et ces belles machines n’attendent que l’heure pour s’envoler et nous intéresser.

Un magnifique appareil, sortant tout resplendissant d’usine, vient d’arriver sur le terrain de Feytiat, c’est le Caudron-Phalène de Pol Desseins, véritable berline aérienne, qu’un puissant moteur enlève à 180 kilomètres à l’heure, avec quatre passagers. Nexon aura la primeur de ses premiers envols.

Le Mauboussin, à la silhouette de libellule, légère et gracieuse, charmera nos regards par ses orbes délicats, sous la conduite habile du dévoué président de l’Aéro-Club du Limousin.

Au cours du meeting, un spectacle nouveau attend les spectateurs, il s’agit du polo aérien, dont voici les règles :

A 50 mètres de hauteur, chaque pilote jette un petit sac de sable, dont l’enveloppe porte sa couleur, en visant un cercle blanc dessiné sur le sol au milieu du terrain, et le plus adroit, ayant placé son sac le plus près du centre du but sera le gagnant d’une superbe plaquette.

Exercice difficile, car les appareils passent au-dessus de la cible à la vitesse de 40 ou 50 mètres par seconde, et il faut un coup d’œil précis ct des réflexes rapides pour réussir à la toucher.

Au programme, également, de belles séances d’acrobatie sont assurées par Delaty, très entraîné par tous ses vols de la saison sur Morane 150 CV.

Enfin tous les appareils avec le Potez 36 « Ville de Limoges », piloté par Couyaud, le Caudron-Luciole d’Haeselaer se livreront à une fantasia aérienne : retournements, piques, chandelles, se terminant par un impeccable vol de groupe.

Nos concitoyens profiteront nombreux des derniers beaux jours de la saison, pour se rendre au meeting de Nexon, qui commencera à 14 h. 30, au terrain de la Seyne.

Prix des places : 3, 5 et 10 francs, sur lesquels les membres de l’Aéroclub du Limousin bénéficieront d’une réduction de 50 p. 100 sur présentation de leur carte.

La vente des billets s’effectue à l’hôtel Charreix, à Nexon.

Les baptêmes de l’air auront lieu ce matin sur le terrain de la Seyne.

En cas de très mauvais temps après-midi, le meeting sera remis à huitaine. » Le Populaire, dimanche 8 octobre 1933

B- La fête est annulée

Le dimanche 8 octobre il faisait mauvais temps et le brouillard empêchait les avions de décoller. Le meeting a été reporté au dimanche suivant comme l’annonce Le Populaire le 11 octobre :

« La fête aérienne à Nexon

L’Aéro-Club du Limousin qui regrette vivement de n’avoir pu donner, par suite du mauvais temps qui a sévi toute la matinée, sa fête aérienne dimanche dernier, est heureux d’annoncer qu’il a prévu pour dimanche prochain, à 14 h. 30, sur le magnifique terrain de la Seyne, un programme extrêmement intéressant et varié.

Au nombreux public qui se pressera dans les enceintes, il présentera également divers modèles d’avions modernes, tels que Caudron Luciole et Phalène, Mauboussin, Potez, Morane et Farman.

Cette fête, organisée dans un but de propagande aérienne et au profit de l’Aéro-Club du Limousin, est donc assurée du plus grand succès. » Le Populaire 11 octobre 1933

C- La fête aura lieu le 15 octobre

Le samedi 14 et le dimanche 15 octobre Le Populaire rappelle que la fête aura lieu et en redonne le programme.

« La grande fête aérienne de Nexon

Nous voici à la veille de la grande fête de Nexon, qui se déroulera de façon magnifique dimanche 15 octobre à partir de 14 h. 30 sur le terrain de la Seyne. Elle aura lieu même si le temps devait être maussade, car les populations de la région sont impatientes d’assister à une telle manifestation. Et d’ailleurs tout fait espérer qu’un soleil radieux viendra s’ajouter à son éclat.

Nous avons déjà annoncé la présence d’avions nouveaux, précisément le grand pilote limousin Pol Desselas a ramené hier de Paris une berline aérienne au moteur puissant et aménagée pour transporter confortablement plusieurs passagers, tous pourront non seulement admirer en vol ce grand oiseau, mais l’approcher au sol et examiner tous les détails de cette nouvelle construction.

Nous applaudirons aussi l’excellent pilote Delaty, victorieux de la Coupe Zenith 1931 et qui nous fera frissonner par l’audace de ses vols.

Et nous- en applaudirons bien d’autres, car en dehors de ceux que compte l’Aéro-Club du Limousin, on nous annonce également la venue d’un pilote de très haute classe qui arrivera ce soir de Paris. Nous ne pouvons donc qu’encourager la population à se presser nombreuse dans les enceintes qui lui ont été réservées sur le terrain à l’occasion de cette importante manifestation. » Le Populaire samedi 14 octobre 1933

 

« Le Meeting aérien de Nexon

C’est cet après-midi, à 14 h. 30, que l’Aéro-Club du Limousin ouvrira à Nexon, sur le terrain de la Seyne, son dernier meeting de la saison, que le mauvais temps l’a obligé à remettre dimanche dernier.

Tout est prêt à l’aérodrome de Feytiat pour assurer l’envol de l’escadrille qui ira, dans quelques heures, passionner les nombreux spectateurs venus pour l’applaudir.

Aux mains de leurs audacieux pilotes, les magnifiques appareils, dont plusieurs sortent d’usine, vont donner la mesure de l’importance prise par l’aviation dans notre région.

Il est particulièrement heureux que Nicole, chef pilote des avions Mauboussin, vainqueur du Tour d’Europe 1932 et gagnant du splendide trophée qu’est la coupe de vitesse du Tour de France 1931, ait pu faire un bond de Paris à Nexon pour régaler nos yeux de ses prouesses acrobatiques.

Il sera le fleuron de la belle équipe de pilotes de grande classe dont nous avons publié les exploits et qui, à la fin d’une saison bien remplie, voudront se livrer une dernière fois aux plus audacieuses fantaisies.

Rappelons que les membres de l’Aéro-Club du Limousin bénéficieront d’une réduction de 50 %, après présentation de leur carte, sur le prix des places à 3, 5 et 10 francs.

Toutes les cartes distribuées pour dimanche dernier restent valables.

Baptêmes de l’air sur le terrain à partir de 10 heures. » Le Populaire du Centre 1933/10/15

 

Ce dimanche l’équipe de rugby de l’U.S. Nexon disputait un match contre la Section Athlétique et Universitaire de Limoges (S.A.U.L). Pour permettre aux spectateurs et joueurs d’assister au meeting d’aviation, le coup d’envoi a été avancé à 12 heures 30 précises.

 

D- La fête a eu lieu

Dans son numéro du 17 octobre en dresse le bilan :

« La fête aérienne de Nexon

Malgré un temps très menaçant beaucoup de brume et même quelques averses, l’Aéro-Club du Limousin a donné dimanche la fête aérienne qu’il avait décidé d’organiser à Nexon, sur le terrain de la Seyne, aimablement mis à sa disposition par M. Georges de Nexon ; elle avait d’ailleurs attiré beaucoup de monde et obtint un beau succès.

  1. Ed. Charles-Lavauzelle, président de l’Aéro-Club ; Pol Desselas, vice-président ; Raoul Delaty et Germain Couyaud, se dépensèrent sans compter, ainsi d’ailleurs que tous les membres du comité.

Les pilotes Nicolle et Denis, tous les deux attendus de Paris, ce dernier ramenant un nouvel appareil, ne purent malheureusement franchir, malgré plusieurs tentatives, le mur de brume et de nuages qui enveloppait les monts du Limousin ; c’est ainsi que M. Denis n’atterrit qu’à 17 heures 15 à Limoges.

 

En dehors dos vols de présentation d’appareils, d’adresse et d’acrobatie qui furent remarquablement, effectués, les pilotes donnèrent de nombreux baptêmes de l’air aussi bien dimanche matin qu’en fin d’après-midi. Au cours de la manifestation, la fanfare de Nexon exécuta avec entrain plusieurs morceaux qui furent très appréciés.

Ce fut, en résumé, une belle fête de propagande aérienne que l’Aéro-Club ne manquera pas de renouveler.

P.-S. – L’Aéro-Club du Limousin nous prie de transmettre ses remerciements à la municipalité de Nexon et à la population pour l’accueil qu’elles lui ont réservé et qui lui est un précieux encouragement pour l’avenir. » Le Populaire Mardi 17 octobre 1933

 

Je n’ai pas trouvé de photos de ce meeting. Si vous en possédez ce sera avec plaisir que je les publierais.

La manufacture de chaussures ADAM

Jean Baptiste ADAM, né à Nexon le 1er mai 1872 était cordonnier rue du Nord (rue Gambetta aujourd’hui) à Nexon. Son fils, Albert ADAM, né à Nexon le 4 mars 1899, travaillait avec son père. Sa femme, Marie ROUDIER, tenait le magasin de chaussures qui était attenant.

A la fin de la guerre de 14-18, Jean Baptiste ADAM décide de créer un atelier de fabrication de galoches, chaussures dont le dessus est en cuir et la semelle en bois. Ce sont des chaussures modernes pour la campagne et elles vont progressivement remplacer les sabots en bois. Il crée son atelier au bas de l’avenue de la gare, en descendant à droite. Le magasin de chaussure est racheté par M. ROUSSEAU, puis par M. BUISSON qui lui aussi fabriquait des galoches et ensuite par sa belle-fille.

M. ROUSSEAU et sa famille devant son magasin

 

Albert ADAM était associé de son père et s’occupait de la partie commerciale. Il démarchait les commerçants en chaussures pour écouler la production, on disait alors qu’il était voyageur de commerce.

Le 6 janvier 1928, 18 paires de bottes sont envoyées à un sabotier en Dordogne 

L’entreprise débute avec deux ou trois salariés et très rapidement l’effectif augmenta pour atteindre une cinquantaine d’ouvriers avant la guerre de 39-45. Parmi les clients l’usine compte la maison Heyraud. Les cuirs étaient teintés et vernis, et ils séchaient au soleil, dans la cour entre le trottoir et le mur de l’usine.

M. Adam, père est à l’extrême droite et son fils au centre.

En 1937, un incendie provoqué par des braises tombées du foyer d’une cuisinière de l’appartement situé sur partie de l’étage détruisit entièrement l’usine. On voyait les flammes et la lueur de l’incendie de très loin. Il paraît que la lueur était visible de Limoges. La chaleur était telle que les glaces et vitre du café IMBAUD situé en face, de l’autre côté de l’avenue, avaient éclaté et fondu.

Devant l’usine, quelques employés. A gauche René Lagorce, coupeur.

 

L’activité reprit dès l’achèvement des travaux de reconstruction. Pendant la guerre de 39-45 l’activité se réduit du fait de la baisse des commandes et parce qu’un certain nombre d’ouvriers qui avaient été mobilisés ont été fait prisonniers. L’usine fabriquait des bottes en cuir sur semelle de bois et des galoches.

Le 29 novembre 1942, 25 paires de bottes sont envoyées en Dordogne

Après la guerre la désaffection du public pour la galoche se fait jour. Elles deviennent principalement des chaussures de travail portées par les commerçants des halles à Limoges et maintenant par les personnels soignants dans les hôpitaux. Pour compenser cette baisse de production l’usine fabrique des sandalettes. Malgré cela l’activité décline lentement mais inexorablement. L’usine a été fermée au début de l’année 1961 et a été transformée en appartements.

Ceux qui y ont travaillé ont gardé le souvenir de patrons humains et soucieux du bien-être de leurs salariés. Josette, dont les parents travaillaient à l’usine me racontait qu’un arbre de Noel était organisé chaque année pour les enfants des salariés et pour sa communion solennelle elle a reçu une paire de chaussures blanches et elle a été invitée à passer une semaine de vacances dans la villa de la famille ADAM à Royan


M.BUISSON dans son atelier sous le regard de M. ADAM

Cette photo est extraite d’un article publié dans LIMOUSIN MAGAZINE, n° 172 de mai 1976. L’article est reproduit ci après :

UN CORDONNIER S’IL VOUS PLAIT !

Un petit escalier de bois dans un vétuste bâtiment à deux pas de la mairie de Nexon. Deux billots couverts de chutes de châtaignier. Des sabots alignés comme à la bataille sur des étagères où trônaient autrefois des produits pharmaceutiques… Dans cet univers où l’odeur du cuir de vache se mêle aux relents de colle et de bois, le temps a, depuis belle lurette, suspendu son vol.
M. BUISSON, coiffé de son béret auréolé de poussière, le tablier bleu noué autour de la taille, fabrique encore une centaine de paires de galoches par mois. Tandis que sa femme tient le magasin de chaussures, l’artisan de Nexon réalise l’assemblage des galoches en compagnie de M.ROUSSE qui vient apporter son aide au clouage des souliers quelques heures par jour. Préposé au bureau des P. et T. de la localité, l’homme se tourne vers le travail manuel quelques heures par semaine.

Si M. BUISSON maintient la ligne des ventes tant bien que mal, le « patron » est conscient de la grande misère de sa corporation. Songez en effet que la cité a perdu ses derniers cordonniers. Mme BUISSON se contente d’expédier vers Le Vigen les chaussures destinées à être ressemelées…
Là-bas, M. SADARNNAC joue un perpétuel  » one man show ». Adjoint au maire, ce dernier est, en effet, aux dires de Mme BUISSON assureur, cordonnier et… propriétaire d’un bureau de tabac. A l’ère de cette fameuse revalorisation du
travail manuel. il serait temps d’étudier la question. Et de redonner vie à des métiers qui ont leur raison d’être.

L’ELECTRICITÉ ET L’ECLAIRAGE

Depuis le milieu du XIXe siècle les grandes villes avaient installé l’éclairage au gaz mais dans les bourgs de campagne rien de tel ! Aucun éclairage des rues, les seules lueurs provenaient des lampes à huile, à pétrole ou à carbure, des bougeoirs, des maisons ou des écuries ou des lanternes des carioles.

Ce qui peut nous surprendre aujourd’hui c’est qu’au moment où l’électricité fait son apparition on pense qu’elle va principalement servir à l’agriculture. Lors de l’Exposition internationale de l’électricité qui se tient à Paris en 1881, de nombreuses expériences sont présentée comme le labourage électrique, l’électroculture… et grâce à la simplicité du moteur électrique on imagine un développement rapide du machinisme agricole.

Du fait de cette vision on n’envisage pas l’utilisation de l’électricité comme source d’éclairage dans les campagnes. Cette idée subsistera jusqu’au début des années 1910. Pendant ce temps l’électricité industrielle se développe tandis que l’électricité agricole ne décolle pas.

Si l’usage de l’électricité comme source d’éclairage ne se développait pas c’est que les experts avaient démontré que la lampe à incandescence était impossible. Heureusement que Thomas Edison, parce qu’il était autodidacte ne croyait pas aux experts ! Il procéda à de nombreuses expériences en utilisant des filaments en fibres végétales, notamment en bambou et le 20 octobre 1879, il fit brûler pendant 48 heures une lampe à incandescence dont le filament était du fil de coton carbonisé. Le 31 décembre 1879 il illumine la rue de Menlo Park, ville du New Jersey ou il a installé son laboratoire.

Par le retentissement de l’Exposition internationale de l’électricité à Paris en 1881, dont un moment important a été la visite d’Edison, de nombreux inventeurs se sont mis à produire de l’électricité et à électrifier leur ville. La première à être électrifiée, dès 1884, a été Bellegarde sur Valserine dans l’Ain. La deuxième localité est La Roche-sur-Foron, petit village des Alpes. Le journal Le Figaro du 16 décembre 1885 faisait sa Une avec un article intitulé « Une ville lumière dans les Alpes ». Le journaliste, Pierre Giffard, écrit « Et cette ville, que je tiens à qualifier de Ville Lumière, ce n’est ni Paris, ni Londres, ni Berlin, ni Moscou, ni rien de semblable. C’est une toute petite cité savoyarde blottie dans la neige à dix lieues du Mont Blanc ; ce n’est même pas un chef-lieu d’arrondissement, c’est un vulgaire chef-lieu de canton répondant au nom de La Roche ». En 1886, Bourganeuf dans la Creuse a été la troisième ville Française à recevoir l’électricité et en 1889 elle fut la première ville française à recevoir l’électricité depuis un lieu de production éloigné.

Bien sur Paris bénéficiait d’un éclairage électrique depuis l’Exposition universelle de 1878 mais il était temporaire et limité à l’avenue de l’Opéra et à quelques monuments. On considérait en effet que ce système était plus coûteux que l’éclairage au gaz mais le tragique incendie de l’Opéra-comique le 27 mai 1887 précipita la marche vers l’électrification de la capitale qui prend son essor en 1889.

Lire :  Alain Beltran. La difficile conquête d’une capitale : l’énergie électrique à Paris entre 1878 et 1907. Histoire, économie et société, 1985, 4ᵉ année, n°3. pp. 369-395.

 

L’ELECTRICITE A NEXON GRACE A LOUIS AYMARD

Les plus anciens habitants de Nexon se souviennent que l’actuelle rue Pierre et Marie Curie s’appelait RUE DE L’ELECTRICITE. Cette dénomination évoquait la présence dans cette rue de l’USINE ELECTRIQUE.

Dans le Bulletin Municipal de septembre 1967, Monsieur GRAMMAGNAT écrivait : (…) »Les enfants de ce temps qui liront ces lignes se souviendront de ce que représentait pour eux cette usine. Que de nez se sont écrasés sur ces vitres ! Le halètement du moteur, le sifflement des courroies, les battements des manivelles, la vue de ce gigantesque volant tournant à toute vitesse et l’odeur d’ozone qui se dégageait de tout cela nous attirait et aussi nous remplissait d’effroi(…) ».

Qui avait construit cette usine ? C’est un jeune serrurier, Louis AYMARD, inventeur, bricoleur dont l’imagination créatrice a sans doute été stimulée par le désir de voir entrer chez lui « la fée électricité ».

  • Louis AYMARD, un génial inventeur

Louis AYMARD est né au bourg, dans une maison de l’actuelle rue Pasteur, le 15 mars 1877. Son père Jean AYMARD est sabotier et sa mère, Marie DEFFAYE est tailleuse. Les témoins sont Nicolas ANDRIEUX, tisserand et Jean PERNET, menuisier.

Acte de naissance de Louis Aymard

Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Il va à l’Ecole des Frères, à Nexon, mais garçon turbulant il ne poursuit pas de longues études et entre en apprentissage chez un serrurier, Monsieur GROPAS. Son patron le juge très adroit.

Louis AYMARD se marie à Nexon le 4 mars 1899. Il épouse Philomène PARAUD, fille de François PARAUD, marchand de moutons. Les témoins du marié sont Jean AYMARD, coupeur d’habits à Limoges et Louis DEFAYE, cultivateur. Les témoins de la mariée sont ses beaux-frères, William SARGENT, entraîneur et Constant TOMBELAINE, fondeur à Limoges.

Ceux qui l’ont connu le décrivaient comme un homme intelligent, curieux, novateur et inventif. C’était un bricoleur entreprenant et doué qui fabriquait pour son plaisir tricycle, tandem… Il a monté de ses mains « son usine ».

Mais il était aussi plein d’humour, volontiers facétieux, boute-en-train, bon vivant et joyeux.

  • Sa première passion, l’électricité

Génial et adroit artisan, l’exercice de son métier de serrurier lui a donné l’habileté manuelle, son intelligence ouverte sur toutes les nouveautés et son esprit d’entreprise ont fait le reste.

Au début des années 1900, la seule force motrice à Nexon ce sont les quelques locomobiles qui actionnaient les batteuses et de rares scieries. Il n’y a pas de moteurs électriques et l’éclairage était assuré par des lampes à pétrole et, les jours de fêtes brillait la lumière des lampes à carbure.

Louis AYMARD rêvait d’installer l’électricité à Nexon. Il ne fut pas beaucoup encouragé et il était souvent traité de fou. Mais il était persévérant et seul, sans connaissances particulières, avec des renseignements puisés un peu partout, avec des pièces achetées à la récupération, il commença à concrétiser son rêve.

Petit à petit l’usine prenait corps. Aidé par un seul ouvrier sans aucune notion de mécanique, avec obstination, il a triomphé de tous les obstacles techniques et financiers. La force motrice était fournie par un moteur à gaz pauvre alimenté au charbon, par des jeux de pistons, de bielles, de manivelles, inspirés des machines à vapeur et un énorme volant qui communiquait, grâce à une courroie, son énergie à un alternateur aux bornes duquel devait sortir le précieux courant électrique.

Carte postale envoyée le 8 septembre 1906. L’usine électrique est à gauche en montant.

Carte postale envoyée le 24 septembre 1915. L’usine électrique est à droite en descendant.

Et tout cela, se fit dans un climat de scepticisme et souvent de moquerie. Il ne suffisait pas de monter une usine et la faire fonctionner, il fallait aussi trouver une clientèle et distribuer le courant. Louis AYMARD réussit à convaincre la Municipalité de le laisser installer 3 ou 4 lampes pour éclairer la place de la mairie, anticipant le futur éclairage public. Il parvint à installer une dizaine de lampes chez des particuliers, sans doute plus par amitié que par l’espoir de voir un jour ces lampes s’allumer.

La plaque posée sur la maison de Louis Aymard, rue Pierre et Marie Curie.

Dommage qu’elle le soit à 3 mètres de hauteur sur le coté gauche de la maison, dans l’allée qui va vers le dojo!

Enfin, en Septembre 1906, quelques jours avant la frairie, le grand jour arriva. Comment allait se comporter cette installation ? La machine tournerait-elle ? La dynamo ferait-elle son office ? Le courant atteindrait-il les lampes installées.  Autant de motifs d’angoisse pour Louis AYMARD. Mais son appréhension majeure était de voir le lourd volant éclater sous l’effet de la force centrifuge. Aussi, il tint à agir seul ! Il éloigna tous les curieux et même son collaborateur. Esprit généreux il ne voulait pas partager les risques, Et il mit en action ces mécanismes compliqués et si laborieusement élaborés. Les regards de tous les Nexonnais convergeaient vers les lampes installées. C’était au crépuscule et tous attendaient avec un grand mélange de sentiment un allumage problématique. Et le miracle se produisit ! Toutes les lampes se mirent à scintiller d’une belle lumière, franche et sans faiblesses.

Ceux qui doutaient le plus furent les plus émerveillés et ce fut une ruée pour obtenir la lumière électrique. Tous la voulaient et tout de suite. Louis AYMARD était payé de ses efforts et de ses angoisses, Le fou de la veille devenait l’homme du jour, envié et admiré. L’électrification faite avec des ouvriers de fortune donna lieu à des scènes pittoresques. Des lampes ne pouvaient s’allumer, d’autre refusaient systématiquement de s’éteindre et Louis AYMARD se multipliait de chantier en chantier. Peu de temps après, la plupart des foyers Nexonnais étaient éclairés avec une ou plusieurs lampes. Nexon peu après le Centre de Limoges était la première commune du département à bénéficier d’une installation électrique. L’usine fournissait un courent d’une qualité exceptionnelle pour l’époque. Dans ses débuts, elle ne fonctionnait que du crépuscule à l’aube. Mais les demandes d’installation de moteurs, de fers à repasser obligèrent Louis AYMARD à installer une batterie d’accumulateurs en bacs de verre et la fourniture du courant devint permanente. Les enfants n’eurent plus besoin d’avoir le nez écrasé sur ses vitres pour lire. Le halètement du moteur, le sifflement des courroies, les battements des manivelles, la vue de ce gigantesque volant tournant à toute vitesse et l’odeur d’ozone qui se dégageait de tout cela les attirait et les remplissait d’effroi.

Une fois installée la première ligne Louis AYMARD va solliciter chaque année la municipalité pour obtenir le financement de lignes supplémentaires ou l’augmentation du prix de l’abonnement de la commune du fait de la hausse des couts de production de l’électricité.  Les délibérations du Conseil municipal de Nexon pour répondre aux sollicitations de Louis AYMARD permettent de suivre l’extension du réseau d’éclairage public mais aussi l’augmentation du nombre des abonnés privés avec le lot de tricheurs et de resquilleurs…

-Le 23 février 1908, le Conseil donne son accord à la prolongation de la ligne d’éclairage électrique vers la gare jusqu’à la maison QUEYROI en plaçant une lampe à la maison VERNEUIL, une deuxième entre les maisons IMBERT et LELONG, une troisième face à la gendarmerie et la quatrième face à la maison QUEYROI.

-Le 19 juin 1909, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation pour l’abonnement des lampes communales. Le cahier des charges approuvé par le préfet le 25 janvier 1908 oblige à fournir la lumière électrique moyennant une rétribution annuelle de 20 francs par lampe de 10 bougies. Le conseil vote une somme de 150 francs pour l’année 1909 pour indemniser les pertes.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent la suppression pour les particuliers de l’éclairage à forfait à cause des abus constatées : certains abonnés installent des lampes d’une plus forte intensité que celle prévue au contrat. Le conseil décide que ceux qui refusent de payer en fonction de la consommation effective soient tenus de payer une juste indemnité pour les contraventions qui seront dûment constatées.

-11 mars 1911 : MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification.

La commune accorde 100 francs compte tenu  » de la grande négligence dans l’entretien des lampes communales, plusieurs fonctionnent mal et laissent souvent plusieurs jours de suite certains quartiers plongés dans l’obscurité  » et  » qu’ils ne se conforment pas au cahier des charges notamment les jours de foire où ils doivent donner de la lumière toute la nuit, ce qu’ils ne font pas. »

-Le 21 février 1912 MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification d’au moins 200 francs. Le conseil accorde 150 francs.

-Le 25 août 1912, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation de 20 francs par an par lampe de 20 bougies. Le conseil accorde 10 francs soit au total une gratification de 300 francs au lieu des 150 francs accordés en 1911.

-Le 4 décembre 1912, lettre de MM. AYMARD et TOMBELAINE qui acceptent l’offre de 10 francs par lampe mais ils considèrent que cela ne permet pas de couvrir leurs frais. Ils demandent, avec l’accord de leurs clients, à porter de 0,07 francs à 0,08 francs le prix de l’hectowatt. Le Conseil accepte.

-12 juillet 1914, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation du prix de l’électricité. Il est voté une contribution de 315 francs pour les 31,5 lampes de 1913.

 

La Guerre et la pénurie de charbon interrompirent l’activité de l’usine et Nexon fut de nouveau plongé dans le noir et à regret les lampes à pétrole ressortirent des placards.

En 1919 l’usine reprit du service avec beaucoup de difficultés. L’inaction n’avait rien arrangé. Cependant la demande était de plus en plus importante. Quelques artisans s’étaient équipés de machines outils actionnées par des moteurs électriques, les fers à repasser électriques devenaient de plus en plus nombreux et on comptait même quelques radiateurs. L’usine tournait de plus en plots longtemps pour satisfaire tous les besoins et les usagers étaient pleinement satisfaits.

Après la guerre l’usine électrique changea de propriétaire et en 1924 le secteur électrique fut racheté par la société S.I.D.

Les ingénieurs de cette société furent surpris de la qualité des installations.

  • Une autre passion : l’automobile

Il va construire de ses mains un autobus à vapeur, qui faisait la joie de ses compatriotes, avant de s’intéresser aux moteurs à explosion. Les Nexonnais de l’époque, grâce à lui ont vu circuler les premières « Delaunay-Belleville », « Rochet-Schneider » et autres « De Dion-Bouton ».

Dès 1908 Louis AYMARD anticipe le développement des transports en commun et il répond à l’appel d’offre du Conseil général pour la concession de lignes de transport de Chalus à Nexon et de saint Mathieu à Chalus.

 

COMPAGNIE FRANÇAISE DES TRANSPORTS AUTOMOBILES

PROJET DE CAHIER DES CHARGES POUR LA LIGNE AUTOMOBILE CHALUS-NEXON

L’an 1906,

Entre les soussignés : M. xxxx, Préfet de la Haute-Vienne, agissant au nom du Département, en vertu de la délibération du Conseil général en date du

Et M. Le Grand, agissant tant en son nom qu’au nom de la Compagnie française des transports automobiles, 111 bis, rue de Courcelles, à Paris, d’autre part : Il a été dit et convenu ce qui suit :

Article premier. — Une ligne de transports automobiles entre les villes de Nexon et Chalus     sera l’objet d’une concession à M. Le Grand pour une durée de six années, dans les conditions qui seront déterminées par les articles suivants, constituant le cahier des charges de la concession.

Art. 2. — Les voitures qui seront employées à ce service, seront des voitures munies d’un moteur de 16 chevaux minimum. Leurs roues seront munies de bandages en caoutchouc plein. Elles auront les deux freins adoptés généralement. Le service à assurer consistant en quatre voyages journaliers dans chaque sens, le concessionnaire devra disposer au moins de deux voitures, l’une en service, l’autre ou les autres en réserve.

Ces voitures seront des omnibus fermés par des vitres, et contiendront au moins seize places, et pourront transporter 400 kilos de bagages.

Le poids de ces voitures ne devra pas dépasser 3.500 kilos en charge

Art 3—  le trajet sera quotidien…

Art 4 — Aux têtes de ligne, Châlus et Nexon, il pourra être retenu des places à l’avance pour le parcours total, moyennant un supplément de dix centimes.

Art 5 — Il est interdit d’introduire dans les voitures des chiens ou autres animaux, ou d’y transporter des matières dangereuses ou explosives.

Art 6 — Les individus en état d’ivresse, les aliénés et les porteurs d’armes à feu chargées ne seront pas admis dans les voitures.

Art 7 — Il est interdit de fumer dans les voitures.

Art 8 —Tout contrevenant aux articles 6 et 7, serait expulsé des voitures, sans qu’on soit tenu à aucun remboursement à son égard.

Art 9 — Les voitures devront réaliser une vitesse commerciale, vitesse moyenne arrêt compris, de 20 kilomètres à l’heure.

Art 10 — La durée de la concession est fixée à six ans

En compensation des charges acceptées par le concessionnaire, le département lui accordera pendant la durée de la concession, une subvention annuelle de 8.500 francs, payable par trimestres échus…

Art 11 — Si une invention nouvelle dans la traction automobile apportait une amélioration dans le service et que cette invention ait fait ses preuves sur une route au profil analogue à celui de Châlus à Nexon, le concessionnaire serait tenu d’adopter ce nouveau mode de traction, dans un délai de huit mois, après mise en demeure par l’Administration

Art 13 — Le prix des places sera fixé comme suit :

CHALUS NEXON- GARE
Les Cars 0.70 Nexon 0.15
Rilhac 0.90 Flavignac 0.45
Flavignac 1.30 Rilhac 0.85
Nexon 1.65 Les Cars 1.05
Nexon-gare 1.75 Chalus 1.75

Il ne sera pas fait de déduction pour les enfants.

Pour les bagages, la taxe est fixée à 5 francs par 100 kilogrammes, les voyageurs n’ayant droit à aucune franchise

Art 21 — Le contrôle effectif du service, tant au point de vue de l’état des routes qu’au point de vue du fonctionnement du service en général, sera confié à l’Administration des ponts et chaussées. MM. les Ingénieurs du service du contrôle auront libre accès dans les voitures, les garages et les bureaux du concessionnaire

Fait en triple à Limoges, le        1906

 

Il propose de créer un service d’autocar au départ de Nexon à Chalus en passant par Les Cars, Flavignac et Rilhac Lastours. Sa demande est présentée au Conseil général lors de la séance du 27 avril 1911. Dans le rapport qu’à lu M. Roche à ses collègues on note que « ce service comprendrait deux voyages par jour dans chaque sens, avec des voitures couvertes contenant de six à dix voyageurs assis … Si l’exploitation de ce service vient à donner les résultats favorables espérés, M. AYMARD s’engage à prendre la ligne de Chalus à Saint Mathieu…Le tarif par voyageur et par kilomètre a été fixé à 0 fr.10 et à 0 fr. 01 par kilomètre et par 5 kilogrammes de messagerie… »

Le Conseil général a accepté de voter une subvention de 3 125 francs pour ce service au titre de l’année en cours qui a commencé à fonctionner le 10 mai 1911.

Lors de la séance du 26 aout 1911 le Conseil général a adopté le principe d’une subvention de 9 000 francs pour 1912.

Le 9 mars 1912, M. BONAFOUS, ingénieur en chef adresse un rapport au Conseil général sur les premiers mois de fonctionnement de la ligne. Il précise que « le matériel roulant se compose de trois voitures : deux de sept places et une pouvant contenir dix personnes et porter 200 kilogrammes de bagages ». En juin les recettes ont été de 316, 40 francs et elles ont régulièrement augmenté pour atteindre 493,50 francs en septembre. Elles ont légèrement diminué ensuite et M. BONAFOUS conclue : « D’après ces résultats on doit compter sur une recette totale annuelle de 5 000 francs. Ce chiffre fait ressortir l’utilité que présente pour le public le service de transport par automobiles et nous estimons qu’il y a lieu de le continuer. »

Au cours de l’année 1912 on constate que le trafic quotidien est faible au-delà des Cars. Il est décidé de réduire la ligne à la section de Nexon aux Cars par Flavignac. Ce service est mis en place le 10 novembre 1912. Malgré la réduction du trajet les recettes des mois de novembre et de décembre 1912 ont été légèrement supérieures à celles des mêmes mois en 1911. La recette totale de l’année 1912 a été de 5 325 francs 30 et de 5 273 francs 05 pour l’année 1913, mais elle baisse en 1914 et s’élève à 4 221 francs 45.

Rapport de l’ingénieur en chef au Conseil Général de la Haute Vienne le 10 mars 1915.

Après une interruption de deux mois, motivée par le manque absolu de pneus, le service public d’automobiles de Nexon aux Cars a repris ses trajets en février 1919 en doublant le prix des places et en réduisant le service à un seul voyage par jour dans chaque sens au lieu de deux.

Louis AYMARD a vite compris l’importance des déplacements en automobile. Il installe un garage dans un local situé dans la même rue que son usine. Ce garage deviendra plus tard le Garage VALETTE.

A la fin de la Guerre de 14-18, Louis AYMARD rachète des Camions à l’Armée, les démonte et fait le commerce des pièces détachées.

Il dépose également des brevets comme celui-ci : « le 4 avril 1919, AYMARD Louis, mécanicien à NEXON, Haute-Vienne, de nationalité française, lequel nous a déclaré vouloir prendre un brevet d’invention de quinze ans pour une éclisse pour supprimer le ressaut des véhicules au passage des joints des rails ». S’agissait-il d’une sorte d’amortisseur ?

D’autres projets avaient mûri dans la tête du génial inventeur qu’était Louis Aymard. Il voulait par exemple monter une grande minoterie, relier le bourg a la gare par une ligne de tramway mais la mort ne lui laissa pas le temps de les réaliser.

En effet Louis AYMARD devait être victime de sa nouvelle passion, l’automobile. Le 23 juillet 1922, en revenant d’Uzerche il est victime d’un accident mortel au lieu-dit Le Breuilh, sur la commune de Salon-la-Tour en Corrèze. Il était parti essayer un nouveau modèle d’automobile en compagnie de son fidèle mécanicien, M. VALETTE, qui fut blessé dans l’accident.

Les témoins qui ont signé l’acte de décès sont : François AUTIER, son beau-frère, tailleur d’habits à NEXON et Jean CHAVANT, un ami, hôtelier à UZERCHE (Corrèze).

Le Populaire du 26 juillet 1922 rendit compte de l’accident : « Au Breuil, près de Salon-la-Tout (Corrèze) M. Aymard, concessionnaire de l’Industrie électrique à Nexon (H.­V.), et conseiller d’arrondissement, est tué au volant de son automobile, à la suite d’une violente rencontre de sa voiture avec celle de M. Bénédictus, négociant en draperies, à Paris lui-même légèrement blessé ».

 

 

Biblio

Porcher, M., L’Électricité à la campagne, distribution, utilisation, Paris, Hachette, 1924.

Arnaud Berthonnet, L’électrification rurale ou le développement de la « fée électricité » au cœur des campagnes françaises dans le premier XXe siècle, Histoire & Sociétés Rurales, 2003/1 (Vol. 19), pages 193 – 219.

Beltran, Alain, La fée électricité, Paris : Gallimard, 1991

Nexon – Bulletin municipal n° 42- février, mars 1967 et n° 43- avril, mai 1967