Une histoire illustrée de nexon
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La manufacture de chaussures ADAM

Jean Baptiste ADAM, né à Nexon le 1er mai 1872 était cordonnier rue du Nord (rue Gambetta aujourd’hui) à Nexon. Son fils, Albert ADAM, né à Nexon le 4 mars 1899, travaillait avec son père. Sa femme, Marie ROUDIER, tenait le magasin de chaussures qui était attenant.

A la fin de la guerre de 14-18, Jean Baptiste ADAM décide de créer un atelier de fabrication de galoches, chaussures dont le dessus est en cuir et la semelle en bois. Ce sont des chaussures modernes pour la campagne et elles vont progressivement remplacer les sabots en bois. Il crée son atelier au bas de l’avenue de la gare, en descendant à droite. Le magasin de chaussure est racheté par M. ROUSSEAU, puis par M. BUISSON qui lui aussi fabriquait des galoches et ensuite par sa belle-fille.

M. ROUSSEAU et sa famille devant son magasin

 

Albert ADAM était associé de son père et s’occupait de la partie commerciale. Il démarchait les commerçants en chaussures pour écouler la production, on disait alors qu’il était voyageur de commerce.

Le 6 janvier 1928, 18 paires de bottes sont envoyées à un sabotier en Dordogne 

L’entreprise débute avec deux ou trois salariés et très rapidement l’effectif augmenta pour atteindre une cinquantaine d’ouvriers avant la guerre de 39-45. Parmi les clients l’usine compte la maison Heyraud. Les cuirs étaient teintés et vernis, et ils séchaient au soleil, dans la cour entre le trottoir et le mur de l’usine.

M. Adam, père est à l’extrême droite et son fils au centre.

En 1937, un incendie provoqué par des braises tombées du foyer d’une cuisinière de l’appartement situé sur partie de l’étage détruisit entièrement l’usine. On voyait les flammes et la lueur de l’incendie de très loin. Il paraît que la lueur était visible de Limoges. La chaleur était telle que les glaces et vitre du café IMBAUD situé en face, de l’autre côté de l’avenue, avaient éclaté et fondu.

Devant l’usine, quelques employés. A gauche René Lagorce, coupeur.

 

L’activité reprit dès l’achèvement des travaux de reconstruction. Pendant la guerre de 39-45 l’activité se réduit du fait de la baisse des commandes et parce qu’un certain nombre d’ouvriers qui avaient été mobilisés ont été fait prisonniers. L’usine fabriquait des bottes en cuir sur semelle de bois et des galoches.

Le 29 novembre 1942, 25 paires de bottes sont envoyées en Dordogne

Après la guerre la désaffection du public pour la galoche se fait jour. Elles deviennent principalement des chaussures de travail portées par les commerçants des halles à Limoges et maintenant par les personnels soignants dans les hôpitaux. Pour compenser cette baisse de production l’usine fabrique des sandalettes. Malgré cela l’activité décline lentement mais inexorablement. L’usine a été fermée au début de l’année 1961 et a été transformée en appartements.

Ceux qui y ont travaillé ont gardé le souvenir de patrons humains et soucieux du bien-être de leurs salariés. Josette, dont les parents travaillaient à l’usine me racontait qu’un arbre de Noel était organisé chaque année pour les enfants des salariés et pour sa communion solennelle elle a reçu une paire de chaussures blanches et elle a été invitée à passer une semaine de vacances dans la villa de la famille ADAM à Royan


M.BUISSON dans son atelier sous le regard de M. ADAM

Cette photo est extraite d’un article publié dans LIMOUSIN MAGAZINE, n° 172 de mai 1976. L’article est reproduit ci après :

UN CORDONNIER S’IL VOUS PLAIT !

Un petit escalier de bois dans un vétuste bâtiment à deux pas de la mairie de Nexon. Deux billots couverts de chutes de châtaignier. Des sabots alignés comme à la bataille sur des étagères où trônaient autrefois des produits pharmaceutiques… Dans cet univers où l’odeur du cuir de vache se mêle aux relents de colle et de bois, le temps a, depuis belle lurette, suspendu son vol.
M. BUISSON, coiffé de son béret auréolé de poussière, le tablier bleu noué autour de la taille, fabrique encore une centaine de paires de galoches par mois. Tandis que sa femme tient le magasin de chaussures, l’artisan de Nexon réalise l’assemblage des galoches en compagnie de M.ROUSSE qui vient apporter son aide au clouage des souliers quelques heures par jour. Préposé au bureau des P. et T. de la localité, l’homme se tourne vers le travail manuel quelques heures par semaine.

Si M. BUISSON maintient la ligne des ventes tant bien que mal, le « patron » est conscient de la grande misère de sa corporation. Songez en effet que la cité a perdu ses derniers cordonniers. Mme BUISSON se contente d’expédier vers Le Vigen les chaussures destinées à être ressemelées…
Là-bas, M. SADARNNAC joue un perpétuel  » one man show ». Adjoint au maire, ce dernier est, en effet, aux dires de Mme BUISSON assureur, cordonnier et… propriétaire d’un bureau de tabac. A l’ère de cette fameuse revalorisation du
travail manuel. il serait temps d’étudier la question. Et de redonner vie à des métiers qui ont leur raison d’être.

L’ELECTRICITÉ ET L’ECLAIRAGE

Depuis le milieu du XIXe siècle les grandes villes avaient installé l’éclairage au gaz mais dans les bourgs de campagne rien de tel ! Aucun éclairage des rues, les seules lueurs provenaient des lampes à huile, à pétrole ou à carbure, des bougeoirs, des maisons ou des écuries ou des lanternes des carioles.

Ce qui peut nous surprendre aujourd’hui c’est qu’au moment où l’électricité fait son apparition on pense qu’elle va principalement servir à l’agriculture. Lors de l’Exposition internationale de l’électricité qui se tient à Paris en 1881, de nombreuses expériences sont présentée comme le labourage électrique, l’électroculture… et grâce à la simplicité du moteur électrique on imagine un développement rapide du machinisme agricole.

Du fait de cette vision on n’envisage pas l’utilisation de l’électricité comme source d’éclairage dans les campagnes. Cette idée subsistera jusqu’au début des années 1910. Pendant ce temps l’électricité industrielle se développe tandis que l’électricité agricole ne décolle pas.

Si l’usage de l’électricité comme source d’éclairage ne se développait pas c’est que les experts avaient démontré que la lampe à incandescence était impossible. Heureusement que Thomas Edison, parce qu’il était autodidacte ne croyait pas aux experts ! Il procéda à de nombreuses expériences en utilisant des filaments en fibres végétales, notamment en bambou et le 20 octobre 1879, il fit brûler pendant 48 heures une lampe à incandescence dont le filament était du fil de coton carbonisé. Le 31 décembre 1879 il illumine la rue de Menlo Park, ville du New Jersey ou il a installé son laboratoire.

Par le retentissement de l’Exposition internationale de l’électricité à Paris en 1881, dont un moment important a été la visite d’Edison, de nombreux inventeurs se sont mis à produire de l’électricité et à électrifier leur ville. La première à être électrifiée, dès 1884, a été Bellegarde sur Valserine dans l’Ain. La deuxième localité est La Roche-sur-Foron, petit village des Alpes. Le journal Le Figaro du 16 décembre 1885 faisait sa Une avec un article intitulé « Une ville lumière dans les Alpes ». Le journaliste, Pierre Giffard, écrit « Et cette ville, que je tiens à qualifier de Ville Lumière, ce n’est ni Paris, ni Londres, ni Berlin, ni Moscou, ni rien de semblable. C’est une toute petite cité savoyarde blottie dans la neige à dix lieues du Mont Blanc ; ce n’est même pas un chef-lieu d’arrondissement, c’est un vulgaire chef-lieu de canton répondant au nom de La Roche ». En 1886, Bourganeuf dans la Creuse a été la troisième ville Française à recevoir l’électricité et en 1889 elle fut la première ville française à recevoir l’électricité depuis un lieu de production éloigné.

Bien sur Paris bénéficiait d’un éclairage électrique depuis l’Exposition universelle de 1878 mais il était temporaire et limité à l’avenue de l’Opéra et à quelques monuments. On considérait en effet que ce système était plus coûteux que l’éclairage au gaz mais le tragique incendie de l’Opéra-comique le 27 mai 1887 précipita la marche vers l’électrification de la capitale qui prend son essor en 1889.

Lire :  Alain Beltran. La difficile conquête d’une capitale : l’énergie électrique à Paris entre 1878 et 1907. Histoire, économie et société, 1985, 4ᵉ année, n°3. pp. 369-395.

 

L’ELECTRICITE A NEXON GRACE A LOUIS AYMARD

Les plus anciens habitants de Nexon se souviennent que l’actuelle rue Pierre et Marie Curie s’appelait RUE DE L’ELECTRICITE. Cette dénomination évoquait la présence dans cette rue de l’USINE ELECTRIQUE.

Dans le Bulletin Municipal de septembre 1967, Monsieur GRAMMAGNAT écrivait : (…) »Les enfants de ce temps qui liront ces lignes se souviendront de ce que représentait pour eux cette usine. Que de nez se sont écrasés sur ces vitres ! Le halètement du moteur, le sifflement des courroies, les battements des manivelles, la vue de ce gigantesque volant tournant à toute vitesse et l’odeur d’ozone qui se dégageait de tout cela nous attirait et aussi nous remplissait d’effroi(…) ».

Qui avait construit cette usine ? C’est un jeune serrurier, Louis AYMARD, inventeur, bricoleur dont l’imagination créatrice a sans doute été stimulée par le désir de voir entrer chez lui « la fée électricité ».

  • Louis AYMARD, un génial inventeur

Louis AYMARD est né au bourg, dans une maison de l’actuelle rue Pasteur, le 15 mars 1877. Son père Jean AYMARD est sabotier et sa mère, Marie DEFFAYE est tailleuse. Les témoins sont Nicolas ANDRIEUX, tisserand et Jean PERNET, menuisier.

Acte de naissance de Louis Aymard

Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Il va à l’Ecole des Frères, à Nexon, mais garçon turbulant il ne poursuit pas de longues études et entre en apprentissage chez un serrurier, Monsieur GROPAS. Son patron le juge très adroit.

Louis AYMARD se marie à Nexon le 4 mars 1899. Il épouse Philomène PARAUD, fille de François PARAUD, marchand de moutons. Les témoins du marié sont Jean AYMARD, coupeur d’habits à Limoges et Louis DEFAYE, cultivateur. Les témoins de la mariée sont ses beaux-frères, William SARGENT, entraîneur et Constant TOMBELAINE, fondeur à Limoges.

Ceux qui l’ont connu le décrivaient comme un homme intelligent, curieux, novateur et inventif. C’était un bricoleur entreprenant et doué qui fabriquait pour son plaisir tricycle, tandem… Il a monté de ses mains « son usine ».

Mais il était aussi plein d’humour, volontiers facétieux, boute-en-train, bon vivant et joyeux.

  • Sa première passion, l’électricité

Génial et adroit artisan, l’exercice de son métier de serrurier lui a donné l’habileté manuelle, son intelligence ouverte sur toutes les nouveautés et son esprit d’entreprise ont fait le reste.

Au début des années 1900, la seule force motrice à Nexon ce sont les quelques locomobiles qui actionnaient les batteuses et de rares scieries. Il n’y a pas de moteurs électriques et l’éclairage était assuré par des lampes à pétrole et, les jours de fêtes brillait la lumière des lampes à carbure.

Louis AYMARD rêvait d’installer l’électricité à Nexon. Il ne fut pas beaucoup encouragé et il était souvent traité de fou. Mais il était persévérant et seul, sans connaissances particulières, avec des renseignements puisés un peu partout, avec des pièces achetées à la récupération, il commença à concrétiser son rêve.

Petit à petit l’usine prenait corps. Aidé par un seul ouvrier sans aucune notion de mécanique, avec obstination, il a triomphé de tous les obstacles techniques et financiers. La force motrice était fournie par un moteur à gaz pauvre alimenté au charbon, par des jeux de pistons, de bielles, de manivelles, inspirés des machines à vapeur et un énorme volant qui communiquait, grâce à une courroie, son énergie à un alternateur aux bornes duquel devait sortir le précieux courant électrique.

Carte postale envoyée le 8 septembre 1906. L’usine électrique est à gauche en montant.

Carte postale envoyée le 24 septembre 1915. L’usine électrique est à droite en descendant.

Et tout cela, se fit dans un climat de scepticisme et souvent de moquerie. Il ne suffisait pas de monter une usine et la faire fonctionner, il fallait aussi trouver une clientèle et distribuer le courant. Louis AYMARD réussit à convaincre la Municipalité de le laisser installer 3 ou 4 lampes pour éclairer la place de la mairie, anticipant le futur éclairage public. Il parvint à installer une dizaine de lampes chez des particuliers, sans doute plus par amitié que par l’espoir de voir un jour ces lampes s’allumer.

La plaque posée sur la maison de Louis Aymard, rue Pierre et Marie Curie.

Dommage qu’elle le soit à 3 mètres de hauteur sur le coté gauche de la maison, dans l’allée qui va vers le dojo!

Enfin, en Septembre 1906, quelques jours avant la frairie, le grand jour arriva. Comment allait se comporter cette installation ? La machine tournerait-elle ? La dynamo ferait-elle son office ? Le courant atteindrait-il les lampes installées.  Autant de motifs d’angoisse pour Louis AYMARD. Mais son appréhension majeure était de voir le lourd volant éclater sous l’effet de la force centrifuge. Aussi, il tint à agir seul ! Il éloigna tous les curieux et même son collaborateur. Esprit généreux il ne voulait pas partager les risques, Et il mit en action ces mécanismes compliqués et si laborieusement élaborés. Les regards de tous les Nexonnais convergeaient vers les lampes installées. C’était au crépuscule et tous attendaient avec un grand mélange de sentiment un allumage problématique. Et le miracle se produisit ! Toutes les lampes se mirent à scintiller d’une belle lumière, franche et sans faiblesses.

Ceux qui doutaient le plus furent les plus émerveillés et ce fut une ruée pour obtenir la lumière électrique. Tous la voulaient et tout de suite. Louis AYMARD était payé de ses efforts et de ses angoisses, Le fou de la veille devenait l’homme du jour, envié et admiré. L’électrification faite avec des ouvriers de fortune donna lieu à des scènes pittoresques. Des lampes ne pouvaient s’allumer, d’autre refusaient systématiquement de s’éteindre et Louis AYMARD se multipliait de chantier en chantier. Peu de temps après, la plupart des foyers Nexonnais étaient éclairés avec une ou plusieurs lampes. Nexon peu après le Centre de Limoges était la première commune du département à bénéficier d’une installation électrique. L’usine fournissait un courent d’une qualité exceptionnelle pour l’époque. Dans ses débuts, elle ne fonctionnait que du crépuscule à l’aube. Mais les demandes d’installation de moteurs, de fers à repasser obligèrent Louis AYMARD à installer une batterie d’accumulateurs en bacs de verre et la fourniture du courant devint permanente. Les enfants n’eurent plus besoin d’avoir le nez écrasé sur ses vitres pour lire. Le halètement du moteur, le sifflement des courroies, les battements des manivelles, la vue de ce gigantesque volant tournant à toute vitesse et l’odeur d’ozone qui se dégageait de tout cela les attirait et les remplissait d’effroi.

Une fois installée la première ligne Louis AYMARD va solliciter chaque année la municipalité pour obtenir le financement de lignes supplémentaires ou l’augmentation du prix de l’abonnement de la commune du fait de la hausse des couts de production de l’électricité.  Les délibérations du Conseil municipal de Nexon pour répondre aux sollicitations de Louis AYMARD permettent de suivre l’extension du réseau d’éclairage public mais aussi l’augmentation du nombre des abonnés privés avec le lot de tricheurs et de resquilleurs…

-Le 23 février 1908, le Conseil donne son accord à la prolongation de la ligne d’éclairage électrique vers la gare jusqu’à la maison QUEYROI en plaçant une lampe à la maison VERNEUIL, une deuxième entre les maisons IMBERT et LELONG, une troisième face à la gendarmerie et la quatrième face à la maison QUEYROI.

-Le 19 juin 1909, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation pour l’abonnement des lampes communales. Le cahier des charges approuvé par le préfet le 25 janvier 1908 oblige à fournir la lumière électrique moyennant une rétribution annuelle de 20 francs par lampe de 10 bougies. Le conseil vote une somme de 150 francs pour l’année 1909 pour indemniser les pertes.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent la suppression pour les particuliers de l’éclairage à forfait à cause des abus constatées : certains abonnés installent des lampes d’une plus forte intensité que celle prévue au contrat. Le conseil décide que ceux qui refusent de payer en fonction de la consommation effective soient tenus de payer une juste indemnité pour les contraventions qui seront dûment constatées.

-11 mars 1911 : MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification.

La commune accorde 100 francs compte tenu  » de la grande négligence dans l’entretien des lampes communales, plusieurs fonctionnent mal et laissent souvent plusieurs jours de suite certains quartiers plongés dans l’obscurité  » et  » qu’ils ne se conforment pas au cahier des charges notamment les jours de foire où ils doivent donner de la lumière toute la nuit, ce qu’ils ne font pas. »

-Le 21 février 1912 MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification d’au moins 200 francs. Le conseil accorde 150 francs.

-Le 25 août 1912, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation de 20 francs par an par lampe de 20 bougies. Le conseil accorde 10 francs soit au total une gratification de 300 francs au lieu des 150 francs accordés en 1911.

-Le 4 décembre 1912, lettre de MM. AYMARD et TOMBELAINE qui acceptent l’offre de 10 francs par lampe mais ils considèrent que cela ne permet pas de couvrir leurs frais. Ils demandent, avec l’accord de leurs clients, à porter de 0,07 francs à 0,08 francs le prix de l’hectowatt. Le Conseil accepte.

-12 juillet 1914, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation du prix de l’électricité. Il est voté une contribution de 315 francs pour les 31,5 lampes de 1913.

 

La Guerre et la pénurie de charbon interrompirent l’activité de l’usine et Nexon fut de nouveau plongé dans le noir et à regret les lampes à pétrole ressortirent des placards.

En 1919 l’usine reprit du service avec beaucoup de difficultés. L’inaction n’avait rien arrangé. Cependant la demande était de plus en plus importante. Quelques artisans s’étaient équipés de machines outils actionnées par des moteurs électriques, les fers à repasser électriques devenaient de plus en plus nombreux et on comptait même quelques radiateurs. L’usine tournait de plus en plots longtemps pour satisfaire tous les besoins et les usagers étaient pleinement satisfaits.

Après la guerre l’usine électrique changea de propriétaire et en 1924 le secteur électrique fut racheté par la société S.I.D.

Les ingénieurs de cette société furent surpris de la qualité des installations.

  • Une autre passion : l’automobile

Il va construire de ses mains un autobus à vapeur, qui faisait la joie de ses compatriotes, avant de s’intéresser aux moteurs à explosion. Les Nexonnais de l’époque, grâce à lui ont vu circuler les premières « Delaunay-Belleville », « Rochet-Schneider » et autres « De Dion-Bouton ».

Dès 1908 Louis AYMARD anticipe le développement des transports en commun et il répond à l’appel d’offre du Conseil général pour la concession de lignes de transport de Chalus à Nexon et de saint Mathieu à Chalus.

 

COMPAGNIE FRANÇAISE DES TRANSPORTS AUTOMOBILES

PROJET DE CAHIER DES CHARGES POUR LA LIGNE AUTOMOBILE CHALUS-NEXON

L’an 1906,

Entre les soussignés : M. xxxx, Préfet de la Haute-Vienne, agissant au nom du Département, en vertu de la délibération du Conseil général en date du

Et M. Le Grand, agissant tant en son nom qu’au nom de la Compagnie française des transports automobiles, 111 bis, rue de Courcelles, à Paris, d’autre part : Il a été dit et convenu ce qui suit :

Article premier. — Une ligne de transports automobiles entre les villes de Nexon et Chalus     sera l’objet d’une concession à M. Le Grand pour une durée de six années, dans les conditions qui seront déterminées par les articles suivants, constituant le cahier des charges de la concession.

Art. 2. — Les voitures qui seront employées à ce service, seront des voitures munies d’un moteur de 16 chevaux minimum. Leurs roues seront munies de bandages en caoutchouc plein. Elles auront les deux freins adoptés généralement. Le service à assurer consistant en quatre voyages journaliers dans chaque sens, le concessionnaire devra disposer au moins de deux voitures, l’une en service, l’autre ou les autres en réserve.

Ces voitures seront des omnibus fermés par des vitres, et contiendront au moins seize places, et pourront transporter 400 kilos de bagages.

Le poids de ces voitures ne devra pas dépasser 3.500 kilos en charge

Art 3—  le trajet sera quotidien…

Art 4 — Aux têtes de ligne, Châlus et Nexon, il pourra être retenu des places à l’avance pour le parcours total, moyennant un supplément de dix centimes.

Art 5 — Il est interdit d’introduire dans les voitures des chiens ou autres animaux, ou d’y transporter des matières dangereuses ou explosives.

Art 6 — Les individus en état d’ivresse, les aliénés et les porteurs d’armes à feu chargées ne seront pas admis dans les voitures.

Art 7 — Il est interdit de fumer dans les voitures.

Art 8 —Tout contrevenant aux articles 6 et 7, serait expulsé des voitures, sans qu’on soit tenu à aucun remboursement à son égard.

Art 9 — Les voitures devront réaliser une vitesse commerciale, vitesse moyenne arrêt compris, de 20 kilomètres à l’heure.

Art 10 — La durée de la concession est fixée à six ans

En compensation des charges acceptées par le concessionnaire, le département lui accordera pendant la durée de la concession, une subvention annuelle de 8.500 francs, payable par trimestres échus…

Art 11 — Si une invention nouvelle dans la traction automobile apportait une amélioration dans le service et que cette invention ait fait ses preuves sur une route au profil analogue à celui de Châlus à Nexon, le concessionnaire serait tenu d’adopter ce nouveau mode de traction, dans un délai de huit mois, après mise en demeure par l’Administration

Art 13 — Le prix des places sera fixé comme suit :

CHALUS NEXON- GARE
Les Cars 0.70 Nexon 0.15
Rilhac 0.90 Flavignac 0.45
Flavignac 1.30 Rilhac 0.85
Nexon 1.65 Les Cars 1.05
Nexon-gare 1.75 Chalus 1.75

Il ne sera pas fait de déduction pour les enfants.

Pour les bagages, la taxe est fixée à 5 francs par 100 kilogrammes, les voyageurs n’ayant droit à aucune franchise

Art 21 — Le contrôle effectif du service, tant au point de vue de l’état des routes qu’au point de vue du fonctionnement du service en général, sera confié à l’Administration des ponts et chaussées. MM. les Ingénieurs du service du contrôle auront libre accès dans les voitures, les garages et les bureaux du concessionnaire

Fait en triple à Limoges, le        1906

 

Il propose de créer un service d’autocar au départ de Nexon à Chalus en passant par Les Cars, Flavignac et Rilhac Lastours. Sa demande est présentée au Conseil général lors de la séance du 27 avril 1911. Dans le rapport qu’à lu M. Roche à ses collègues on note que « ce service comprendrait deux voyages par jour dans chaque sens, avec des voitures couvertes contenant de six à dix voyageurs assis … Si l’exploitation de ce service vient à donner les résultats favorables espérés, M. AYMARD s’engage à prendre la ligne de Chalus à Saint Mathieu…Le tarif par voyageur et par kilomètre a été fixé à 0 fr.10 et à 0 fr. 01 par kilomètre et par 5 kilogrammes de messagerie… »

Le Conseil général a accepté de voter une subvention de 3 125 francs pour ce service au titre de l’année en cours qui a commencé à fonctionner le 10 mai 1911.

Lors de la séance du 26 aout 1911 le Conseil général a adopté le principe d’une subvention de 9 000 francs pour 1912.

Le 9 mars 1912, M. BONAFOUS, ingénieur en chef adresse un rapport au Conseil général sur les premiers mois de fonctionnement de la ligne. Il précise que « le matériel roulant se compose de trois voitures : deux de sept places et une pouvant contenir dix personnes et porter 200 kilogrammes de bagages ». En juin les recettes ont été de 316, 40 francs et elles ont régulièrement augmenté pour atteindre 493,50 francs en septembre. Elles ont légèrement diminué ensuite et M. BONAFOUS conclue : « D’après ces résultats on doit compter sur une recette totale annuelle de 5 000 francs. Ce chiffre fait ressortir l’utilité que présente pour le public le service de transport par automobiles et nous estimons qu’il y a lieu de le continuer. »

Au cours de l’année 1912 on constate que le trafic quotidien est faible au-delà des Cars. Il est décidé de réduire la ligne à la section de Nexon aux Cars par Flavignac. Ce service est mis en place le 10 novembre 1912. Malgré la réduction du trajet les recettes des mois de novembre et de décembre 1912 ont été légèrement supérieures à celles des mêmes mois en 1911. La recette totale de l’année 1912 a été de 5 325 francs 30 et de 5 273 francs 05 pour l’année 1913, mais elle baisse en 1914 et s’élève à 4 221 francs 45.

Rapport de l’ingénieur en chef au Conseil Général de la Haute Vienne le 10 mars 1915.

Après une interruption de deux mois, motivée par le manque absolu de pneus, le service public d’automobiles de Nexon aux Cars a repris ses trajets en février 1919 en doublant le prix des places et en réduisant le service à un seul voyage par jour dans chaque sens au lieu de deux.

Louis AYMARD a vite compris l’importance des déplacements en automobile. Il installe un garage dans un local situé dans la même rue que son usine. Ce garage deviendra plus tard le Garage VALETTE.

A la fin de la Guerre de 14-18, Louis AYMARD rachète des Camions à l’Armée, les démonte et fait le commerce des pièces détachées.

Il dépose également des brevets comme celui-ci : « le 4 avril 1919, AYMARD Louis, mécanicien à NEXON, Haute-Vienne, de nationalité française, lequel nous a déclaré vouloir prendre un brevet d’invention de quinze ans pour une éclisse pour supprimer le ressaut des véhicules au passage des joints des rails ». S’agissait-il d’une sorte d’amortisseur ?

D’autres projets avaient mûri dans la tête du génial inventeur qu’était Louis Aymard. Il voulait par exemple monter une grande minoterie, relier le bourg a la gare par une ligne de tramway mais la mort ne lui laissa pas le temps de les réaliser.

En effet Louis AYMARD devait être victime de sa nouvelle passion, l’automobile. Le 23 juillet 1922, en revenant d’Uzerche il est victime d’un accident mortel au lieu-dit Le Breuilh, sur la commune de Salon-la-Tour en Corrèze. Il était parti essayer un nouveau modèle d’automobile en compagnie de son fidèle mécanicien, M. VALETTE, qui fut blessé dans l’accident.

Les témoins qui ont signé l’acte de décès sont : François AUTIER, son beau-frère, tailleur d’habits à NEXON et Jean CHAVANT, un ami, hôtelier à UZERCHE (Corrèze).

Le Populaire du 26 juillet 1922 rendit compte de l’accident : « Au Breuil, près de Salon-la-Tout (Corrèze) M. Aymard, concessionnaire de l’Industrie électrique à Nexon (H.­V.), et conseiller d’arrondissement, est tué au volant de son automobile, à la suite d’une violente rencontre de sa voiture avec celle de M. Bénédictus, négociant en draperies, à Paris lui-même légèrement blessé ».

 

 

Biblio

Porcher, M., L’Électricité à la campagne, distribution, utilisation, Paris, Hachette, 1924.

Arnaud Berthonnet, L’électrification rurale ou le développement de la « fée électricité » au cœur des campagnes françaises dans le premier XXe siècle, Histoire & Sociétés Rurales, 2003/1 (Vol. 19), pages 193 – 219.

Beltran, Alain, La fée électricité, Paris : Gallimard, 1991

Nexon – Bulletin municipal n° 42- février, mars 1967 et n° 43- avril, mai 1967

           I- La création des corps de sapeurs-pompiers en France

Pendant des siècles nos ancêtres ont cherché à maîtriser le feu et le créer à volonté. Mais parfois ce feu échappe à la volonté des hommes et il devient incendie. Il faut alors lutter contre sa propagation et l’éteindre. Pour cela, dès l’Antiquité des rondes de nuit sont organisées dans les cités Grecques et en Egypte. Mais c’est à Rome, entre 22 avant J.C. et 6 après J.C., que l’Empereur Auguste crée des cohortes de vigiles ayant pour mission de lutter contre les incendies et d’assurer la sécurité la nuit.

En France le guet nocturne va prendre la suite des vigiles romains. Une ordonnance Clotaire II de l’an 595 en règle l’exercice. En 1254 Louis XI crée le Guet Bourgeois, tenu par les bourgeois et les habitants du bourg. A Paris, du fait de la taille de la ville ce système était insuffisant et a été complété par le guet royal. Ce système disparaîtra en 1750.

Mais les pompiers, agents intégralement affectés à la lutte contre les incendies ne naîtront qu’avec le développement des pompes à incendie, au 17e siècle.  François DUMOURIER du PERRIER qui était comédien, sociétaire de la Comédie Française découvre les pompes à incendie lors d’un voyage aux pays Bas. Il en rapporte une en France et la présente à Louis XIV.

En 1699, le roi lui accorde le privilège de la fabrication et de la commercialisation de ces pompes et en 1716, Louis XV le nomme directeur général des pompes de la ville de Paris. En 1722, le roi crée la Compagnie des Gardes-pompes du Roy dont DUMOURIER sera directeur jusqu’à son décès l’année suivante. Son fils lui succédera.

Plaque commémorative sur la façade de l’ancien Hôtel des Pompes, 30,rue Mazarine, à Paris

Dès lors, la plupart des grandes villes et des communes importantes se mettent à acheter des pompes à incendie et créent un corps de gardes-pompe : Rouen en 1729, Limoges en 1730, Bourges en 1732, Lille en 1733…

A ces époques les incendies dans les villes font des dégâts considérables. Les maisons sont en bois et en torchis et sont presque toutes mitoyennes. Ainsi à Limoges, le 6 septembre 1790, lorsque le feu prend dans un local inoccupé de la rue Manigne, actuelle rue Charles-Michels, il va durer 36 heures et détruire tout un quartier : 210 maisons, deux couvents, une salle de spectacles, des écuries, des hangars et laisser près de 1.500 personnes à la rue. Il fait partie des grands incendies qui ont marqué l’histoire de Limoges puisqu’il va entraîner la transformation totale du quartier et donner naissance, trois ans après, au corps municipal des pompiers de Limoges.

Le dimanche 1er juillet 1810, à l’occasion d’un bal organisé à l’ambassade d’Autriche en l’honneur du mariage de l’Empereur Napoléon et de Marie Louise le renversement d’une bougie sur une draperie provoque un départ de feu qui embrase rapidement l’ensemble du bâtiment entraîna la mort d’une dizaine de personnes dont la princesse de Schwartzenberg.

Tirant les conséquences de ce drame dès le 10 juillet 1811 Napoléon dissous le corps des gardes-pompes et le remplace par un corps militaire de sapeurs du génie de la Garde impériale. C’est le premier corps militaire de sapeurs-pompiers de l’Histoire. Le 18 septembre suivant, Napoléon réforme complètement ce corps en créant le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris, corps militaire sous les ordres du préfet de police. C’est depuis ce décret que le terme sapeur-pompier est utilisé officiellement. Elle rencontre alors une forte hostilité de la part des officiers supérieurs du génie qui considèrent que ces pompiers ne sont pas des sapeurs car ils « ne savent rien de l’art de la sape des sièges ».

A Limoges un autre grand incendie a marqué les esprits. Dans la nuit du 15 au 16 août 1864, un incendie se déclare dans le quartier des Arènes et détruit 109 maisons. Il n’y a pas de victime mais près de 2000 habitants sont sans abri. Les 80 pompiers de Limoges ne sont pas assez nombreux et le matériel n’est pas performants. Ils reçoivent l’aide de leurs collègues de Périgueux, Argenton, Saint-Marcel et Châteauroux, arrivés par trains spéciaux. Au 15 août les fontaines ne donnent pas beaucoup d’eau aussi le maire, Othon Péconnet réquisitionne les transporteurs pour aller puiser de l’eau dans la Vienne.

Après cet incendie, un grand élan de solidarité s’est manifesté, des dons arrivent de l’Empereur, de l’archevêque de Paris, du roi d’Espagne…des souscriptions furent organisées dans toute la France pour aider les victimes.

Dessin de Jacques-Joseph Maquart, extrait d’un album unique de 12 dessins et trois plans qu’il offrit au Conseil municipal de Limoges.

L’historien Romain Valadour revient sur cet événement et décrit le quotidien dans ce quartier avant le drame, les circonstances du sinistre et les conséquences sur l’urbanisme et l’aménagement puisque de nombreuses rues ont dû être reconstruites.

Romain VALADOUR, L’incendie de Limoges – 1864, le brasier des Arènes, Les Ardents Éditeurs Limoges 2015

En 1867, sous Napoléon III, le bataillon devint le Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris, nom qu’il conservera jusqu’au 1er mars 1967 où il devint la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris.

Le premier camion à vapeur hippomobile pour lutter contre les incendies, inventé en 1829 ne fut guère employé avant les années 1860. Les pompes à incendie à moteur à combustion interne arrivèrent en 1907. Construites aux États-Unis, elles menèrent au déclin et à la disparition des moteurs à vapeur vers 1925.

2-L’histoire des sapeurs-pompiers volontaires

A Paris les premiers pompiers étaient les moines des ordres mendiants, Capucins, Cordeliers, Jacobins, Augustins et Carmes assistés par les prostituées qu’on appelait des « Ribaudes » comme le spécifiait un arrêté royal du 8 décembre 1472 : « toutes les femmes de joie doivent porter des seaux vers les feu ». Moines et prostituées étaient facile à joindre et étaient suffisamment nombreux pour faire la chaîne et porter les seaux d’eau nécessaires.

L’important est d’aller vite car comme le disait le préfet de Police de Paris Louis Lépine, l’inventeur du « Concours Lépine », « On peut éteindre n’importe quel feu dans sa première minute avec un verre d’eau, dans la deuxième il faut un seau, dans la troisième un tonneau et ensuite il faut des torrents… ou encore prendre la fuite ».

Par la suite à Paris et en province les volontaires pour lutter contre les incendies étaient principalement les artisans et ouvriers du bâtiment, maçons, menuisiers, charpentiers, plombiers car ils savaient manier la hache, percer un mur et découvrir un toit…

Une circulaire du 6 février 1815 du Ministre de l’Intérieur invite les préfets à créer dans chaque commune un service de secours contre l’incendie exclusivement civil. Puis la loi du 21 mars 1831 autorise chaque commune à transformer former une partie de la Garde Nationale en Corps de Sapeurs-Pompiers. Lorsque qu’en 1852 la Garde Nationale a été en partie supprimée avant de l’être définitivement par la loi du 25 août 1871 les Corps de Sapeurs-Pompiers sont maintenus.

Un décret du 29 décembre 1875 défini l’organisation communale des corps de Sapeurs-Pompiers dont les missions sont précisées. Ils sont rattachés au Ministère de l’Intérieur. Ils sont dotés d’un uniforme mais il n’est obligatoire que dans les communes de plus de 3000 habitants.

A partir de cette date de nombreuses communes vont créer leur corps de sapeurs-pompiers, acheter des pompes et de tuyaux pour la lutte contre l’incendie… Lorsqu’elles ne disposent pas d’un corps de sapeurs-pompiers ce matériel est mis en œuvre par les employés municipaux et la population.

En 1884, la publication du Code des communes rappelle aux maires leurs responsabilités en matière de prévention et de lutte contre l’incendie.

Le 10 novembre 1903, un nouveau décret complète celui de 1875 et rappelle que la mission principale des sapeurs-pompiers est la lutte contre l’incendie. Le texte prévoit également les conditions de recrutement des officiers et des hommes du rang. Ces derniers sont français, âgés d’au moins 18 ans et issus des métiers du bâtiment.

L’armement est facultatif et un habillement minimum est fourni.

La Première Guerre mondiale vide de leurs effectifs un grand nombre de corps. Les équipements en véhicules motorisés qui avaient commencé en 1910 sont stoppés et une partie du matériel est réquisitionné.

Le 13 août 1925, un décret supprime définitivement l’armement des sapeurs-pompiers. Les départements sont invités à créer des postes « d’inspecteur des services d’incendie et de secours » mais comme le financement des pompiers relève toujours des communes, les conseils généraux ne répondent pas massivement à cette invitation pour ne pas engendrer des dépenses pour un domaine qui ne semble pas les concerner.

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les corps de sapeurs-pompiers sont fortement démunis. La plupart des véhicules à moteur ont été réquisitionnés ou détruits.

En 1947, les véhicules des sapeurs-pompiers deviennent prioritaires et leur couleur rouge obligatoire.

Sainte Barbe, patronne des pompiers.

Tous les 4 décembre, les pompiers célèbrent Sainte Barbe, leur patronne. Originaire d’Orient au milieu du 3ème siècle, Barbara, fille de Dioscore, se convertit au christianisme alors que, refusant de se marier, son père l’a enfermée dans une tour. Elle subit les pires supplices : on lui arrache les seins avec des peignes de fer, la brûle avec des lames rougies, la fouette. Mais par la grâce de Dieu, elle ne ressent pas la douleur.

Le « martyre de Sainte Barbe » a incité plusieurs corps de métiers en lien avec la foudre et le feu à se tourner vers la protection de cette sainte patronne : les mineurs, les canonniers, et bien sûr les pompiers.

La fête de la Sainte-Barbe s’est généralisée chez les sapeurs-pompiers sous la Troisième République. Cette fête a traditionnellement une dimension conviviale : c’est un moment privilégié pour réaffirmer la cohésion du groupe et rendre hommage aux disparus.

3 -Les sapeurs-pompiers à Nexon.

Les chefs de Corps et les chefs de Centre

 

LASPERAS René, – mai 1970

BOSBATY Emile, juin 1970 – mai 1978

BOULESTEIX Jean Pierre, juin 1978- décembre 2000

BOUTAUDON Bernard, janvier 2000 – 2010

 BUISSON Eric 2010 – 2011

DEFORGE Grégory, 2011-

En mars 1912, un habitant de Nexon, Mr Henri CHARREIX père de Jean et de Robert CHARREIX, songent à créer un corps de Sapeurs Pompiers à Nexon. Il s’était entretenu à cette époque avec Aubin DESPROGES, entrepreneur à AIXE SUR VIENNE qui lui même voulait créer un corps de sapeurs dans cette localité. D’ailleurs ce corps avait été créé, mais la municipalité d’AIXE refusa de voter les crédits qui à cette époque s’élevaient à 3.000 francs pour l’achat de matériel et d’équipement.

A Nexon, Robert CHARREIX fit la même proposition au Conseil Municipal et déposa un modèle de délibération qui avait été dressé par Monsieur GUYONNAUD, commandant les Sapeurs Pompiers de la Haute-Vienne. Cette demande ne fut pas acceptée et il fallut attendre 1931 pour que Nexon soit doté d’un corps de Sapeurs-Pompiers.

1931 : création du Corps des sapeurs-pompiers de Nexon

Le 29 Octobre 1936 le conseil vote une subvention de 2.000 F. au Corps de Sapeurs-Pompiers qui compte 20 membres tous bénévoles. Ils perçoivent chacun une indemnité annuelle de 100 francs, ce qui correspond en pouvoir d’achat à  73,40 Euros en 2017.

Le 8 août 1937 le conseil municipal décide d’acquérir 250 mètres de tuyaux pour les pompiers et fait installer le téléphone pour les Pompiers chez Mr CHARREIX.

Le 27 Février 1938 : Achat de vestes de cuir pour les pompiers.

Le 20 octobre 1944 : Les indemnités des sapeurs-pompiers sont relevées.

Le 30 septembre 1947, arrêté Préfectoral créant dans la commune de Nexon un corps à effectif de 15 hommes, gradés compris.

Janvier 1946  le conseil décide d’acheter deux enveloppes de deux chambres à air pour équiper une bicyclette devant etre mise au service du Corps des pompiers!

Extrait du registre des délibérations du conseil municipal

Le 1er mars 1946 le conseil décide la construction d’un garage pour les Sapeurs-Pompiers.

22 novembre 1949 : acquisition d’un appareil de désinfection des bottes pour les Sapeurs-Pompiers, un extincteur pour le Service Incendie.

1 juin 1951 signature par le Maire du Règlement de Service, approuvé par le Préfet le 6 juin 1951.

Ce règlement comporte 53 articles précisant les modalités de recrutement (articles 3 à 9),le conseil d’administration (articles 10 à 12), l’organisation (articles 13 à 24), l’habillement et l’entretien du matériel (articles 25 à 30), les attributions des sous-officiers (article 32), les concours (article 33), la discipline (articles 34 à 36), honneurs et récompenses. Avantages, secours (articles 38 à 50), obsèques (articles 51 et 52), dissolution (article 53). par l’article 54 le Chef de corps est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Les peines disciplinaires prévues à l’article 34 s’échelonnent en 8 degrés, de la réprimande à la radiation.

« Pour le décès du maire, d’un adjoint ou d’un membre actif du Corps, l’effectif entier assiste aux obsèques, en grande tenue » (article 51)

Le 4 aout 1951, achat de deux médailles pour les sapeurs-pompiers JOURDE Jérémie et DESBORDES Henri.

Le 15 janvier 1952, achat de tenues de drap et de tuyaux de refoulement.

Le 27 juillet 1952, achat de 3 médailles pour les sapeurs-pompiers décorés : M.M. SANCIAUD, FOUILLAUD Guillaume et ROUSSIE Théophile.

1er novembre 1952, le maire L.J. Pradeau décore le sergent Sanciaud

Le 24 juillet 1954, achat de 15 tenues de toile pour les sapeurs-pompiers.

Le 28 juillet 1955 vote d’une subvention à l’amicale des Sapeurs-Pompiers qui vient d’être créée.

Le 10 décembre 1955, achat d’habillements pour les sapeurs-pompiers.

Le 4 février 1956, achat de 2 médailles pour les sapeurs-pompiers Lamonerie et Clermonteil, décorés de la médaille d’honneur.

Le 15 décembre 1956, achat de deux médailles pour les sapeurs-pompiers LASPERAS et NOUILHAS, décorés de la médaille d’honneur.

1957

1958

1960

1961

Le Centre de Secours de Nexon dessert 13 communes : NEXON, BURGNAC, FLAVIGNAC, JANAILHAC, JOURGNAC, LA MEYZE, LAVIGNAC, MEILHAC, SAINT-HILAIRE LES PLACES, SAINT MARTIN LE VIEUX, SAINT MAURICE LES BROUSSES, SAINT-PRIEST-LIGOURE, RILHAC-LASTOURS.

Téléphone n°1 NEXON

Chef de Corps : Sous-Lieutenant LASPERAS René, Place de l’Eglise

Sergent-chef : SANCIAUD Jean

Sergent : LAMONERIE Pierre

Caporal-chef : CLERMONTEIL Martial

Caporal : BOSBATY Emile

Conducteurs Mécaniciens : DEBORD Jean Pierre et CHIBOIS Robert

Sapeurs : CHARREIX Jean, DESSELAS Paul, PRADEAU René, BARNABET Henri, PARTHONNAUD Pierre, REALLE Claude, LABETOULE Gilbert, FAURE Lucien.

Médecin du Centre de Secours : Médecin Lieutenant LACOUR André rue Victor Hugo à NEXON

Le 5 octobre 1961 le Corps de sapeurs de Pompiers été doté d’une moto-pompe d’épuisement, destinée à vider les caves, les puits…

11 novembre 1961, Jean Sanciaud, Sergent-chef du corps des sapeurs pompiers de Nexon a reçu la médaille d’honneur de vermeil des sapeurs pompiers pour ses bons services et son dévouement. Il fait partie du Corps depuis sa création le 10 janvier 1931.

1er décembre 1961 : Le sergent-chef Jean SANCIAUD est promu au grade d’adjudant et les sapeurs Jean CHARREIX et Paul DESSELAS sont élevés à la première classe.

Bilan de l’année 1961 : 33 sorties ainsi réparties : 15 feux de cheminée dont 9 à Nexon et 3 à La Meyze; 12 incendies dont 5 à Nexon et 3 à saint Hilaire les Places; 2 assistances aux asphyxiés; 3 opérations diverses

A cela il faut ajouter 11 manœuvres, une par mois sauf un mois de vacances.

1962

Le 12 aout 1962 le Maire donne lecture de l’arrêté nommant René LASPERAS au grade de Lieutenant du Corps des Sapeurs Pompiers. Puis ce dernier donna lecture de la décision portant les nominations suivantes :

Le Caporal Chef CLERMONTEIL Martial au grade de Sergent

Le Caporal BOSBATY Emile au grade de Caporal-chef

Le Sapeur de 1ère classe CHARREIX Jean au grade de Caporal

Le Sapeur PARTHONNAUD Pierre élevé à la 1ère classe.

Le Sergent LAMONERIE Pierre, atteint par la limite d’âge, quitte le corps après 27 ans de service, effectués avec le plus grand dévouement et la meilleure camaraderie ; le Chef de Corps lui adresse les remerciements des Sapeurs Pompiers et l’assure de sa gratitude.

Le Maire dans une courte allocution adressa les félicitations de son Conseil et les siennes aux nouveaux promus. Il les assura de son soutien, et se félicita de la bonne tenue du Corps qui est exemplaire. Il rappela que ces nominations sont méritées, elles viennent récompenser des hommes qui se dévouent constamment pour lutter contre le feu et intervenir dans de nombreux cas. Il remercie les nombreux conseillers municipaux présents et adresse au Sergent LAMONERIE et à sa famille ses vœux les meilleurs pour une retraite bien méritée en reconnaissante de son dévouement sans limite pendant 27 ans. Le Maire lui fait connaître qu’en accord avec le Conseil et le Chef de Corps, l’honorariat lui est conféré avec maintien de sa tenue de sortie. Et il leva son verre à la santé de tous les présents. Ce fut une manifestation toute empreinte de camaraderie et c’est dans cette joyeuse ambiance que se termina cette promotion.

René Rebiere, maire , décore le lieutenant Lasperas, chef de corps. 

1963

Avril 1963 : remplacement de la première moto-pompe acquise en 1931 par une pompe moderne de type GP 57-403 équipée au refoulement avec 2 sorties DSP de 65/70. Pompe Guinard GP57-403

Le dimanche 8 décembre 1963, pour fêter la Sainte Barbe, les pompiers se sont retrouvés pour un repas amical servi au restant Denis. Il était présidé par M. Pradeau, maire. Ce fut l’occasion d’accueillir Raymond FONCHY, électricien, comme nouvelle recru du Corps des Sapeurs-Pompiers. L’après-midi et en soirée la salle des fêtes recevait une affluence record au bal animé par l’orchestre Camille LAROTTE.

1964

Septembre 1964, atteint par la limite d’âge fixée à 60 ans par décret du 7 mars 1953, le sergent-chef SANCIAUD quitte le Corps des sapeurs-pompiers.

6 décembre, bal avec l’orchestre de Roland Dubreuil.

1965

La sirène est placée à la brigade de gendarmerie qui donne l’alerte.

Un rappel sur la manière dont l’alerte était donnée aux pompiers

Jusqu’à la fin des années 1940, en cas d’incendie, un pompier parcourait les rues de Nexon à vélo et soufflait dans un clairon pour appeler ses collègues. Chacun cessait ses occupations et rejoignait le centre de secours, à pied ou à vélo. Puis la sirène fut utilisée pour appeler les pompiers qui quittaient alors leur lieu de travail pour rejoindre le garage. La première sirène fut installée sur le toit de la mairie, devenue le centre Agora aujourd’hui. Le garage se trouvait aux Rochilles où il avait été construit sur un ancien court de tennis. Ce garage a été démoli en 1983 pour laisser la place à la construction du gymnase, le nouveau garage avait été pour sa part construit rue Gambetta en 1971.

L’appel des secours passait par la gendarmerie qui recevaient l’appel téléphonique. Le gendarme de service notait les renseignements destinés aux pompiers et actionnait la sirène. Lorsque le corps des pompiers était composé en majorité de volontaires qui demeuraient dans le bourg, la sirène malgré sa faible puissance, malgré les vents contraires qui réduisaient sa portée elle suffisait à alerter toute une équipe.

Le nombre de coups de sirène indiquait la nature du sinistre et chacun savait s’il devait intervenir ou non. Un coup de sirène signalait un feu de cheminée ou une destruction d’insectes ; deux coups, un accident et trois coups, un incendie.

Lorsque la caserne fut transférée rue Gambetta, il y avait deux avantages : facilité d’accès et de départ en centre-bourg, et proximité de la caserne de gendarmerie, nouvelle elle aussi. Mais la sirène plus puissante installée sur le toit de la gendarmerie ne permettait pas toujours d’alerter les pompiers dispersés par leur travail ou habitant loin du bourg. Il fallut réinstaller une sirène sur l’ancienne gendarmerie qui était située près des écoles, rue Champlain et qui a été transformée en appartements.

Aujourd’hui, grâce à l’appel individuel, les sirènes ne sont plus utilisées. Mais elles restent en place et leur fonctionnement est testé une fois par mois, le premier dimanche du mois à midi. Il n’y a plus d’écoliers traumatisés par leur hurlement intempestif.

1966

1967

1968

Bilan de l’année 1968

L’été particulièrement sec et le nombre sans cesse croissant des accidents de la route ont fait croître le nombre d’interventions des sapeurs-pompiers bénévoles. Leur répartition est la suivante : 15 feux de bâtiments et de voitures, 3 feux de forets-importants, 4 feux de forets moyens, 22 feux de cheminées, 16 secours routiers., 1 noyade, 4 opérations diverses et inondations soit un total de 65 interventions. Ajoutons à ce nombre douze manœuvres ou séances d’instruction.

Ces chiffres sont cités dans le Bulletin municipal  » pour bien mettre en évidence la nécessité urgente de porter l’effectif total du Corps de Sapeurs pompiers à un minimum de 19 hommes. Il y a du matériel pour faire face à des sinistres importants mais il est arrivé qu’il y ait en même temps plusieurs interventions à faire et nous voyons difficilement comment les véhicules pourraient se mettre en route sans personnel ». (Bulletin municipal N°47 janvier 1969)

Photo prêtée par Paulette Quantin

1969

En septembre 1969 Nexon a connu un des plus grave incendie de son histoire, celui du dépôt électrique de la gare et des trois appartements qui y étaient accolés. Un vent d’est, sec et chaud, soufflait depuis un peu plus de trois semaines. Le feu s’est déclaré dans les dépendances d’un des logements. L’intervention des pompiers bien que très rapide se révéla très vite impuissante en raison du retard pris au raccordement de la moto-pompe aux réservoirs d’eau de la gare, vestiges de la traction à vapeur ; le chef de gare avait mis beaucoup trop de temps à trouver les raccords nécessaires au branchement des tuyaux sur la réserve d’eau de 2 fois 50 mètres cubes. Les flammes ont atteint la charpente en bois de pin, très sec, et la progression des flammes attisées par le vent d’est fut d’une rapidité étonnante. Les pompiers de Limoges, appelés en renfort, aidèrent les Nexonnais à noyer les décombres. La SNCF avait décidé de démolir les deux châteaux d’eau. Elle accepta de retarder de plusieurs années les travaux de démolition.

1970

Le 15 juin 1970, le lieutenant LASPERAS, atteint par la limite d’âge quitte le commandement du Corps des sapeurs pompiers de Nexon après 37 ans de service. L’adjudant BOSBATY le remplace. Le 1er octobre 1971, il est nommé Sous-lieutenant stagiaire.

Bilan 1970 : 63 interventions dont 27 feux de cheminées, 7 accidents de circulation, 12 incendies (7 feux d’immeuble et 5 feux de forêt ou de broussailles), 13 destructions d’essaims de frelon, 3 accidents divers, 1 noyade…

L’ancien et le nouveau chef côte à côte. (photo prêtée par Paulette Quantin) 

1971

18 avril 1971, banquet annuel à l’hôtel Moderne.

1972

17 juin 1972, inauguration du nouveau garage des pompiers par M. Olivier PHILIP, préfet de région.

1973

Bilan de l’année : 75 interventions. Elles se décomposent en 13 incendies, 23 feux de cheminée, 18 secours routiers et 21 opérations diverses.

1974

3 février 1974, réception du nouveau fourgon normalisé par le lieutenant Bosbaty. Il peut transporter 8 hommes, 2 dévidoirs à tuyaux, une échelle et tracter une pompe. A l’issue de cette réception les pompiers se réunissent au restaurant Lamonerie pour leur banquet annuel.

 

Le lieutenant E. Bosbaty en présence du Commandant Le Clei et de R. Rebiere, maire de Nexon réceptionnent le nouveau fourgon.

Bilan de l’année : 84 interventions. Elles se décomposent en 14 incendies, 17 feux de cheminée, 14 secours routiers et 39 opérations diverses

1975

Bilan de l’année 1975 : 97 interventions. Elles se décomposent en 16 incendies (6 bâtiments et 10 bois), 18 feux de cheminée, 18 secours routiers et 23 opérations diverses.

1976

Bilan de l’année 1976 : 130 interventions. Elles se décomposent en 20 incendies, 14 feux de cheminée, 27 secours routiers et 69 opérations diverses. A ces interventions il faut ajouter 12 exercices.

On constate à partir de cette année, une augmentation régulière des interventions. Elles sont principalement dues aux secours routiers, puis à partir des années 1980 aux interventions de destruction d’essaims de guêpes et de frelons.

 

La Juva 4 est encore en service (Photo prêtée par Paulette Quantin)

(Photos prêtées par Paulette Quantin)

1978

Le conseil municipal décide d’acheter un véhicule 4L Renault pour les interventions de feux de cheminées au prix de 18 477 francs soit 10 577 euros de 2017. Ce véhicule remplacera la Juvaquatre Renault qui, du fait de sa faible valeur marchande ne sera revendue mais sera utilisée par le garde champêtre. Il est également acheté des tuyaux pour 11 279 francs, de l’habillement pour 5 750 francs et des matelas coquille pour 3 779 francs. La dépense engagée par la commune sera intégralement remboursée par le service départemental.

7 mai 1978, décès de René LASPERAS, ancien chef de corps.

Après 27 ans de service, le lieutenant BOSBATY quitte, pour raison de santé, le commandement du corps qu’il dirigeait depuis le 11 juin 1970.

Le 1er juin 1978, Jean Pierre BOULESTEIX est nommé sous-lieutenant stagiaire et chef de corps. Deux nouveaux sapeurs intègrent le corps : Jean Pierre ZEDDE et Raymond PENOT.

En juillet deux nouvelles recrues augmentent l’effectif du corps, Jean Marie PARTHONNAUD et Marcel ROYER. Malgré ce nouveau renfort il manque 7 pompiers au Corps.

Jean Pierre Boulesteix, nouveau chef de corps (Photo prêtée par Paulette Quantin)

1979

Achat d’un camion-citerne pour feux de forêts moyens (CCFFM) équipé par la CAMIVA sur châssis Saviem avec 2000 litres d’eau. Afin de pouvoir le garer le vieux fourgon LAFFLY, réformé depuis plusieurs années, est vendu à M. GIGNERS de Chalus pour 600 francs (343€ de 2017). Il a été également acheté une station mobile radio Thomson CSF pour 8 996 francs.

Paul DESSELAS prend sa retraite et de nouveaux volontaires sont incorporés dans l’effectif MM. BOUTAUDON et LATHIERE et le Docteur COLAS.

Devant le nombre de faux appels le maire en publie la liste dans le bulletin municipal :

Bulletin municipal d’information n°107, 4e trimestre 1979

Bilan de l’année 1979 : 141 interventions dont 17 incendies, 27 feux de cheminée, 55 transports de blessés et 42 sorties diverses.

(Photo prêtée par Paulette Quantin)

1980

Trois nouvelles recrues Christian BETHOULE, Patrick GALINET et Jean Pierre GRATADE portent l’effectif du Corps à 21 pompiers pour un effectif théorique de 22.

Bilan de l’année 1980 : 127 interventions dont 11 incendies, 15 feux de cheminée, 45 transports ambulance, 56 sorties diverses.

1981

Bilan de l’année 1981 : 145 interventions dont 9 incendies, 27 feux de cheminée, 37 accidents de circulation, 26 transports ambulance, 4 inondations, 86 destructions d’essaims, 10 sorties diverses et 5 sorties sans intervention.

1982

Bilan de l’année 1982 : 261 interventions dont 4 incendies, 4 feux de bois, 16 feux de cheminée, 13 inondations, 16 accidents de circulation, 20 transports ambulance, 130 destructions d’essaims, 11 sorties diverses et 4 sorties sans intervention.

Le nombre élevé de sorties pour inondation est dû à la tempête qui a sévi les 6, è et 8 novembre 1982.

Le parc automobile compte 5 véhicules : 1 voiture légère, 1 véhicule de secours aux blessés, 1 fourgon d’incendie normalisé, 1 fourgon pompe tonne, 1 fourgon feu de forêt léger.

1983

Bilan de l’année 1983 : 211 interventions dont 16 incendies, 27 feux de cheminée, 4 inondations, 37 accidents de circulation, 26 transports ambulance, 86 destructions d’essaims, 10 sorties diverses et 5 sorties sans intervention.

1984

Bilan de l’année 1984 : 303 interventions dont 24 incendies, 28 feux de cheminée, 40 accidents de circulation, 19 accidents de personnes, 12 transports ambulance, 149 destructions d’essaims, 22 sorties diverses et 9 sorties sans intervention.

1985

Bilan de l’année 1985 : 217 interventions dont 19 incendies, 28 feux de cheminée, 28 accidents de circulation, 36 autres accidents, 12 transports ambulance, 80 destructions d’essaims, 30 sorties diverses.

Le 22 octobre 1985 Nexon accueille la Fête départementale des sapeurs pompiers

 


Une démonstration de feu sur véhicule (Photos fournies par Mme le docteur Forgeron)

1986

Bilan de l’année 1986 : 222 interventions dont 12 incendies, 40 feux de cheminée, 1 feu de véhicule, 26 accidents de circulation, 104 sorties diverses.

1987

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix et les sapeurs pompiers de Nexon

Au cours de l’année 1987, l’activité du corps a été de 234 interventions réparties comme suit : 92 accidents et transports de personnes, 47 incendies et 95 sorties diverses.

1988

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (4ème à partir de la gauche) et les sapeurs pompiers de Nexon

Le dimanche 7 février 1988 le lieutenant BOULESTEIX, chef de Corps et le lieutenant BOSBATY, ancien chef de corps, le médecin commandant COLAS avec les pompiers actifs et retraités, accompagnés de leurs épouses se sont retrouvés à la salle des fêtes de Nexon pour fêter la Sainte Barbe. Monsieur R. REBIERE, maire et Conseiller Général ainsi que l’adjudant MAYERAS, commandant la brigade de gendarmerie, honoraient de leur présence cette manifestation.

8 mai 1988 décoration du Sergent BONNET Jean-Claude et du Caporal ROCHE Georges pour 20 années, de dévouement et de volontariat, passées au sein d’un corps de sapeurs-pompiers :

Bilan de l’activité 1988

Au 26 décembre les sapeurs pompiers ont effectué 202 interventions qui se répartissent ainsi : 10 incendies de bâtiments, 2 incendies de véhicules, 6 feux de forêts, 32 feux de cheminées, 59 interventions pour destruction de nids d’insectes, 8 interventions diverses, 3 interventions pont inondation, 5 sorties sans action, 35 accidents de la circulation dont 1 mortel, 42 transports de malade.

Au cours du mois de mai 1988, les sergents Bernard BOUTAUDON et Jean Claude VALETTE ont suivi un stage d’adjudant et ils ont obtenus respectivement la 1ère et la 2ème place sur 14 reçus. Mais l’effectif du Corps des sapeurs pompiers de Nexon ne lui a pas permis de posséder deux Adjudants. Le sergent BOUTAUDON a été promu au grade d’Adjudant le 1er juin et le sergent VALETTE a été élevé au grade de Sergent-chef à la même date.

Pour maintenir leur ferme physique, les sapeurs pompiers ont créé une équipe de football qui rencontre des équipes locales le vendredi soir.

Début septembre, pour augmenter son efficacité, le Centre de Secours a été doté par le Département d’un Fourgon Pompe-Tonne.

1989

Le 18 février 1989 le Corps de Sapeurs Pompiers de Nexon était en deuil. Il perdait un de ses membres. C’est avec une très grande tristesse que le 20 février 1989 les hommes du Lieutenant BOULESTEIX et une délégation départementale rendaient un dernier hommage au Lieutenant BOSBATY Emile, ancien Chef de Corps. Le Bulletin municipal n° 144 de mars 1989 lui rendait hommage en ces termes :

« UN DEUIL CHEZ NOS SAPEURS POMPIERS

 Il est des événements qui vous frappent de plein fouet et vous laissent sans réaction. C’est ce qui nous est arrivé le 18 février lorsque nous avons appris le décès d’Emile BOSBATY, ancien Chef de Corps des Sapeurs Pompiers. Nous l’appelions familièrement « Milou ». II était entré au Corps de Sapeurs Pompiers volontaires le 02 janvier 1951. Il avait gravi tous les échelons, Caporal en 1958, Caporal-chef en 1962, Sergent en 1964, Sergent-chef en 1967, Adjudant en 1970, Sous-lieutenant le 1er octobre 1973 et Lieutenant le 1er octobre 1973. Il avait été nommé Chef de Corps le 16 juin 1970 après le décès du regretté René LASPERAS, et avait cessé ses fonctions le 1er juin 1978 après plus de 27 ans de bons et loyaux services. Il était titulaire de la Médaille d’Honneur des Sapeurs Pompiers. La maladie l’a enlevé à l’affection des siens et nous a privés de son amitié alors qu’il pouvait espérer jouir longuement d’une retraite bien méritée. Une foule d’amis et de pompiers l’a accompagné à sa dernière demeure.

Que son épouse, ses enfants et petits-enfants, trouvent ici l’expression de notre émotion et l’assurance de note sympathie. »

 

Début-juillet 1989, pour augmenter son efficacité, le Centre de Secours a été doté par le département, d’un véhicule neuf de secours routier type tout terrain. Il remplace l’ancienne « estafette », qui fut achetée par la Commune pour transporter le matériel de désincarcération.

8 mai 1989 décoration du Sapeur LASCAUX Georges pour 20 années, de dévouement et de volontariat, passées au sein d’un corps de sapeurs-pompiers

11 novembre 1989 décoration du Lieutenant BOULESTEIX Jean-Pierre pour 20 années, de dévouement et de volontariat, passées au sein d’un corps de sapeurs-pompiers

1er octobre 1989, le Sapeur BOULESTEIX Sylvain (fils aîné du Chef de Corps) est venu grossir l’effectif. Ce dernier est titulaire du B.N.S.

Bilan de l’activité en 1989.

Beaucoup de travail en 1989 : en moyenne une intervention toutes les 28 heures (pour mémoire en 1988, une intervention toutes les 43 heures). Soit un total de 305 interventions au 31 décembre réparties de la façon suivante : 10 incendies de bâtiments, 3 incendies de véhicules, 2 feux de forêts, 42 feux de cheminées, 133 destructions de nids d’insectes, 6 interventions diverses, 13 sorties sans action, 31 accidents de la circulation, 45 secours aux malades et 2 sorties pour fausse alerte.

1990

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

Les pompiers ont reçu un nouveau fourgon pompe tonne lourd à moteur diesel. Pour faire face à toutes pannes de batteries ou incidents la commune achète un chargeur démarreur d’une puissance de 700 A. Son prix est de 6 985 francs (1 640 euros 2017) dont 2485 francs à la charge de la commune.

Devant l’accroissement régulier de l’activité des pompiers le maire lance un appel pour que des jeunes s’engagent pour compléter le Corps qui ne compte que 17 sapeurs-pompiers alors que le besoin est estimé à 30 par le préfet.

Bulletin Municipal d’informations N° 150 Septembre 90

Le samedi 29 septembre 1990 une cérémonie amicale était organisée au centre de Secours pour fêter le départ à la retraite du caporal Georges ROCHE après 23 années d’activité. Jean Pierre ZEDDE ayant cessé son activité professionnelle à Nexon il a quitté le corps depuis le 1er janvier 1990.

Pour compenser ces 2 départs et pour répondre à l’appel lancé à la population, 4 volontaires ont rejoint le corps : Eric BUISSON, Alain DURAND, Marc MIGOT et Daniel SAINTONGE.

Malgré cela l’effectif est insuffisant et le Maire renouvelle son appel aux volontaires.

1991

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

1992

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (2ème rang et 3ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

1993

1994

 

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

1995

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la gauche) et les sapeurs pompiers de Nexon

1996 

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (au centre au 1er rang) et les sapeurs pompiers de Nexon

C’est l’année de la départementalisation. En effet la loi du 3 mai 1996 a substitué la départementalisation à l’organisation communale. Cette départementalisation comportait le transfert des corps de sapeurs-pompiers municipaux en un corps départemental unique, toutes les réformes d’organisation afférentes, et la substitution progressive du département aux communes et intercommunalités dans le financement du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS).

Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Haute Vienne a été créé en application de cette loi. C’est un établissement public administratif départemental placé sous la double autorité du président de son conseil d’administration, responsable de la gestion administrative et financière du service, et du Préfet, responsable de la mise en œuvre opérationnelle de l’ensemble des moyens de secours en Haute Vienne.

1997

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (au centre au 1er rang) et les sapeurs pompiers de Nexon

1998

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (debout 3e rang à gauche) et les sapeurs pompiers de Nexon

1999

écusson du SDIS 87

Dans le cadre de la départementalisation le transfert des personnels a été effectif le 1er janvier 1999. La commune doit mettre à disposition du service départemental, à titre gratuit, les locaux du centre d’incendie et de secours. La commune assure l’entretien courant des locaux ainsi que l’approvisionnement en carburant des véhicules. Les dépenses inhérentes sont remboursées par le SDIS sur la base d’un état trimestriel certifié par le Maire

En application de l’arrêté du 2 août 2001 définissant les nouveaux critères de classement des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), le SDIS de la Haute Vienne est classé en 4ème catégorie sur une échelle de un à cinq, la catégorie 1 classant les SDIS les plus importants.

Organigramme du SDIS 87

2000

Du fait de la tempête de la fin décembre 1999 l’activité des pompiers a connu une intense activité que l’on estime à 350 interventions.

A celles-ci s’ajoutent 316 interventions classiques : 96 accidents de voie publique dont 26 avec désincarcération, 97 prompt secours, 16 feux de broussaille, 16 feux de maison et bâtiments, 26 feux de cheminée,15 autres feux (véhicules) 39 interventions diverses (inondations, destruction d’insectes…) et 1 autres interventions.

Le sapeur de 1ère classe Jean Pierre GRATADE a reçu la médaille d’argent en témoignage de ses 20 ans d’activité. Le sergent Michel BONNET et le lieutenant Jean Pierre BOULESTEIX ont reçu la médaille d’or pour plus de 30 années d’activité passées au service de la population.

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (debout 2e  au 3e rang à droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

2001

3 février 2001, hommage à Jean Pierre BOULESTEIX qui après 32 années passées au centre de Secours de Nexon dont 23 en tant que Chef de centre passe le relais à Bernard BOUTAUDON.

28 février 2001, tous les pompiers sont équipés de « B.I.P. ». La sirène ne sonnera donc plus. Toutefois elle doit rester en état de fonctionnement et un essai mensuel sera effectué, chaque premier dimanche du mois à 12 heures.

Le centre de secours a effectué 321 interventions en 2001, 288 sur son secteur et 33 renforts vers les centres voisins.

Stéphane DESROCHES a quitté le corps pour raison professionnelle et Jean Claude VALETTE pour jouir de sa retraite. Leur départ a été compensé par l’arrivée d’Arnaud CASSO, Florent DEFORGE et Julien PINTEAUX.

2002

Le Major Bernard Boutaudon ( au milieu du 1er rang) et Liliane Jamin, maire de Nexon avec les sapeurs-pompiers de Nexon

 

Les anciens se retrouvent. De G à D : Valette JC,  Debet R, Labethoule G, Roche G, L Jamin maire, Boulesteix JP, Penot R, Manhes A et Barnabet H.

Les 22 sapeurs-pompiers du centre ont effectué 288 interventions qui se décomposent ainsi : 193 secours aux asphyxiés et blessés, 23 secours routiers, 93 sorties du véhicule léger médicalisé, 52 fourgon pompe tonne, 21 camion-citerne feux de forêts, 33 camion d’interventions diverses.

Véronique RIBIERE et Murielle FAURIE ont intégré les rangs du centre de secours tandis que Thomas QUINTANE a suspendu son activité.

2003

2004

2005

Le major Bernard Boutaudon ( 1er à droite au 1er rang) avec les sapeurs-pompiers de Nexon

2006

Le bilan de l’année est de 457 interventions dont 139 sur la commune de Nexon, qui se décomposent ainsi :

  • Accidents de la voie publique, secours à personne : 289 sorties soit 6+4%
  • Secours routiers : 48 sorties soit 11%
  • Incendies (habitations, bâtiments, feu de véhicule…) 61 sorties soit 14%
  • Incendies (feu de forêt, broussailles…) 38 sorties soit 9%
  • Interventions diverses (épuisement, cave, dégagement voie publique…) 105 sorties soit 23%

Remarque : certaines sorties sont comptées dans plusieurs rubriques.

Le Centre compte un effectif de 25 sapeurs-pompiers et possède un parc de 6 véhicules : 1 ambulance, 1 véhicule de secours routiers, 1 fourgon incendie, 1 camion feux de forêts, 1 véhicule interventions diverses, 1 véhicule de commandement).

Au cours de l’année 3 nouvelles recrues ont intégré les rangs du centre de secours : Romain HOCHART, Didier MEYNIER, Aurélie BERNIER.

2007

Le major Bernard Boutaudon ( 2ème à droite au 1er rang) avec les sapeurs-pompiers de Nexon

En début d’année Cédric BLANCHARD rejoint le centre de secours.

2008

14 juin 2008, journée nationale des sapeurs pompiers

14 juin 2008, le docteur Colas est fait lieutenant colonel honoraire 

Le bilan de l’année est de 371 interventions : 62 incendies, 49 accidents de la circulation, 217 secours à personnes et 43 opérations diverses.

2009

2010

 L’adjudant Eric Buisson et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

Le bilan de l’année est de 352 sorties

2011

Liliane Jamin, entourée du conseil municipal, a retracé les événements de l’année écoulée en commençant son allocution par un coup de chapeau aux pompiers désormais placés sous la responsabilité de Grégory DEFORGE qui a succédé à Eric BUISSON. Elle a souligné l’activité importante du centre d’incendie et de secours de Nexon et salué l’initiative de l’organisation d’une journée « Portes ouvertes ».

2012

2013

2014

Zone d’intervention du Centre de Nexon

Bilan 2014, du Centre de secours de Nexon sur les 21 communes où il intervient :

138 sorties ont eu lieu sur la Commune de Nexon dont 74 pour des urgences à domicile. Sur l’ensemble de la zone on compte 428 sorties dont 78% sont effectuées pour des secours à victimes et seulement 15% pour des incendies.

2015

Le lieutenant Gregory Deforge (2e rang, 6e à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

2016

Le lieutenant Gregory Deforge et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

2017

2018  

Le lieutenant Gregory Deforge (en haut à droite) et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

Année 1900

Le 15 Mai 1900 sont élus conseillers municipaux : THOMAS, LELONG, DOUDET, MAYERAS, REBEYROL, CHIROL, JOUHAUD, GROSPAS, BARRET, LATOUILLE, DESPLANCHES, PRADEAU Henri, DE NEXON Armand, BOUTAUD LACOMBE Albert, GUYOT, SUIDUIRAUD, MORTEROL, PARTHONNAUD, FAURE et PRADEAU Jean. THOMAS Gabriel est élu Maire, LELONG et GROPAS, adjoints. ROUSSEAU Jules et GROPAS André sont délégués à l’exposition de 1900 comme ouvriers qualifiés.

Année 1903

Le 15 février 1903 avis favorable est donné pour la création de huit foires à JANAILHAC.

Sont créées à Nexon les foires du 1er de chaque mois.

Le conseil demande l’affectation du presbytère aux classes scolaires.

Il est décidé d’afficher les cours du marché de la Villette à la porte de la Mairie le matin de chaque foire.

Le 21 juin 1903 création de nombreux chemins vicinaux et abandon aux particuliers des vieux chemins publics.

Avis favorable est donné pour la création d’un bureau de tabac à Aixette.

 

Année 1904

Le 15 mars 1904 sont élus conseillers municipaux : LELONG François, BONAFY Arsène, JOUHAUD Ferréol, BARRET Martial, MAYERAS Louis, REBEYROL Simon, DOUDET Jean, DESPLANCHES Léonard, TARRADE Jean, LATOUILLE Jean, CHIROL Jean, BRAGARD Pierre, GROPAS André, NOUILHAS Baptiste, NOUHAUD Léonard, PARTHONAUD Jean, FAURE Pierre, PRADEAU Pierre, BARRET Jean, PRADEAU Jean, DE NEXON.

LELONG François est élu Maire par 19 voix sur 21. GROPAS 1er adjoint et BONAFY 2ème adjoint. Les conseillers républicains envoient à Mr COMBES, avec leur témoignage de Sympathie, leurs plus vives félicitations pour sa lutte courageuse contre les ennemis de la République.

Le 20 Mai 1904 le Gouvernement envoya au Conseil une lettre de remerciements.

Des panneaux sont posés aux alentours du bourg invitant les automobilistes à traverser la localité à une allure modérée.

 

Année 1906

Le 8 juillet 1906 il est décidé de construire des caniveaux dans le bourg et des trottoirs dans l’avenue de la Gare.

Avis favorable est donné pour la création de 12 foires à MEILHAC.

Le 21 octobre 1906, le conseil décide la pose de 22 lampes électriques pour l’éclairage du bourg.

 

Année 1907

Le 13 janvier 1907 la commune a pris possession du presbytère le 15 décembre 1906. Deux classes de filles sont faites au rez de chaussé avec le hangar pour préau. L’écurie servira de bûcher et les autres pièces seront suffisantes pour loger les 3 instituteurs adjoints. M. le curé MOUSSAT quitte le presbytère.

La réfection de la rue du Nord qui est en très mauvais état est décidée ainsi que l’alignement de la rue Demie Lune.

Une somme de 10 francs est votée pour l’érection du Monument à la mémoire de Jules FERRY.

Le 9 juin 1907 une grande partie de la séance du conseil est consacrée à l’examen des « demandes d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables » selon les dispositions de la loi du 14 juillet 1905.

Ce jour-là 12 « vieillards » et 1 infirme ont été secourus. Parmi les « vieillards », le plus âgé, Léonard PENOT, a 85 ans, les plus jeunes, Jean AYMARD, Léonard FRUGIER, et Marie MARTIN ont 72 ans.

440 francs sont votés pour couvrir les frais de l’éclairage électrique fourni par les 22 lampes installées dans les rues et sur les places qui a commencé à fonctionner régulièrement à partir du 1er avril 1907.

Le 15 septembre 1907, TARRADE est élu adjoint au second tour avec 10 voix, devant TARRADE 7 voix et NOUHAUD, 1 voix sur 18 suffrages exprimés.

Le conseil refuse de s’associer au vœu de la ligue antialcoolique demandant l’interdiction de la vente de l’absinthe.

Le 8 décembre 1907, François LELONG est élu maire avec 15 voix sur 17 suffrages exprimés.

 

Année 1908

Le 24 janvier 1908 une prime de 3 francs est allouée pour chaque renard capturé.

Le 23 février 1908, accord est donné à Messieurs AYMARD et TOMBELAINE qui ont l’intention de prolonger la ligne d’éclairage électrique vers la gare jusqu’à la maison QUEYROI en plaçant une lampe à la maison VERNEUIL, une deuxième entre les maisons IMBERT et LELONG, une troisième face à la gendarmerie et la quatrième face à la maison QUEYROI.

Pétition des habitants pour une lampe au milieu de la rue des Miots et une au milieu de la rue des grands Près.

Le commandant de gendarmerie de St Yrieix demande qu’une lampe de 10 bougies soit installée dans le bureau du chef de brigade de gendarmerie de Nexon.

Le 8 mai 1908 sont élus conseillers municipaux : DOUDET, DESPLANCHES, CHIROL, MAYERAS, LELONG, JOUHAUD, REBEYROL, PRADEAU, BRAGARD, BARRET, LATOUILLE, PRADEAU, PARTHONNAUD, BARRET J.B., NOUHAUD, TARRADE, GROPAS, FAURE, DUROUX, SAZERAT, DESPLANCHES Henri.

Le 25 mai 1908, LELONG François est élu Maire, GROPAS et TARRADE, Adjoints.

Le conseil fait choix d’un architecte pour la construction du groupe scolaire,

L’assainissement du quartier de Cornedie est décidé n’ayant aucune rue praticable.

Le conseil demande la construction d’un abattoir public.

Avis favorable est donné pour la création d’une succursale de la Caisse d’Epargne. M. GOIAU secrétaire de la Mairie est désigné comme caissier.

Nomination de Pierre COMBROUSE, tailleur d’habit, pour le transport des télégrammes à domicile dans toute la commune pour un salaire annuel de 300 francs en remplacement de Pierre VERGNIOLLE, démissionnaire.

 

Année 1909

Le 31 janvier 1909 destruction des renards par appâts empoisonnés.

M.M. PLANCKAERT et CROUZILLARD sont désignés comme architectes pour étudier et faire le plan de l’Hôtel de ville et du groupe scolaire.

Le 28 février 1909 le conseil après étude du procès-verbal sur les tueries particulières et les protestations contre ces tueries, confirme sa délibération du 16 août 1908 adoptant le principe de la construction d’un abattoir public à Nexon pour « débarrasser cette localité des causes d’insalubrité produites par les odeurs nauséabondes qui proviennent des tueries particulières ». Compte tenu des perturbations que leur interdiction causerait aux bouchers, le conseil décide de les tolérer en invitant les bouchers à se conformer aux règles d’hygiène jusqu’à ce que la commune puisse faire construire un abattoir.

Continuation des trottoirs avenue de la gare.

Le 19 juin 1909, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation pour l’abonnement des lampes communales. Le cahier des charges approuvé par le préfet le 25 janvier 1908 oblige à fournir la lumière électrique moyennant une rétribution annuelle de 20 francs par lampe de 10 bougies. Le conseil vote une somme de 150 francs pour l’année 1909 pour indemniser les pertes.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent la suppression pour les particuliers de l’éclairage à forfait à cause des abus constatées: certains abonnés installent des lampes d’une plus forte intensité que celle prévue au contrat. Le conseil décide que ceux qui refusent de payer en fonction de la consommation effective soient tenus de payer une juste indemnité pour les contraventions qui seront dûment constatées.

Le 9 août 1909,  adoption du plan d’alignement du quartier de Cornedie.

 

Année 1910

Le 23 janvier 1910, création d’une caisse de secours mutuels scolaire à l’initiative de M. BUREAU, directeur d’école publique et président de la Mutualité scolaire.

Le 28 mars 1910 une somme de 100 francs est votée pour les victimes des inondations de Paris. Cette somme est versée pour venir en aide aux victimes de la crue de la Seine de janvier-février 1910, la plus importante depuis 1658. L’eau a envahi les rues ou la circulation se fait en barque. 20 000 immeubles sont inondés. Les dégâts sont considérables…

Le conseil décide de construire le groupe scolaire sur le terrain communal augmenté des immeubles MATHIEU, PAPEL et LASPOUGEAS.

Le conseil envoie plusieurs mises en demeure à des propriétaires qui ont empiété sur les communaux.

Le 13 juin 1910, création de 4 nouvelles foires, les 1er juin, juillet, octobre, novembre et décembre. Le conseil décide en outre qu’à partir du 1er janvier 1911 il sera tenu 2 foires par mois , les 1er et 16 des mois de janvier, février, mars, avril, mai, juillet, août, octobre, novembre, décembre, les 1er et 14 juin et les 1er et 18 septembre.

A la suite de cette décision, le 26 Juillet 1910, le journal La Croix publie un article sur les foires à Nexon.

« Le maire de Nexon (Haute-Vienne) a cru devoir prendre l’arrêté suivant : « A partir du 1er janvier 1911, les foires de Nexon se tiendront les 1er et les 16 des mois de janvier, février, mars, avril, mai, juillet, août, octobre, novembre et décembre, 1er et 14 juin, 1er et 18 septembre. Ces dates seront immuables, et les foires se tiendront indifféremment les dimanches et jours fériés lorsqu’ils coïncideront avec les dates ci-dessus. »
A cet arrêté inattendu, les bouchers de Limoges, qui ont conservé toutes leurs traditions et les défendent vaillamment, ont répondu : « Vu la décision de M. le maire de Nexon, le Syndicat de la boucherie de Limoges a l’honneur d’informer MM. les propriétaires du canton de Nexon, qu’ils ne se rendront pas aux foires de Nexon qui seraient tenues les dimanches et jours fériés. »

Le maire de Nexon comprendra-t-il et aura-t-il le bon esprit de retirer son étrange arrêté ?»

Le 27 novembre 1910, le conseil demande que les travaux de réparation de la rue du Nord avec la pose du macadam se terminent.

 

Année 1911

Le 15 janvier 1911 le conseil organise le service d’inspection des tueries particulières et des viandes destinées à la consommation.

Après une séance houleuse et fort longue le conseil ne peut décider de l’emplacement du groupe scolaire, les 18 votants étant partagés en 9 voix de chaque côté. Le Maire démissionne.

Le 5 mars 1911, séance extraordinaire pour élire le maire. Au premier tour du scrutin sur les 21 bulletins on compte 2 nuls, 15 LELONG, 2 GROPAS, 1 NOUHAUD et 1 TARRADE.  M. LELONG est élu maire.

Le 11 mars le conseil se met d’accord sur l’emplacement des écoles. Il adopte l’emplacement des Rochilles, emplacement actuel, appartenant à M. COMBROUSE, d’un coût moins élevé que les emplacements précédemment envisagés.

MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification.

La commune accorde 100 francs compte tenu  » de la grande négligence dans l’entretien des lampes communales, plusieurs fonctionnent mal et laissent souvent plusieurs jours de suite certains quartiers plongés dans l’obscurité  » et  » qu’ils ne se conforment pas au cahier des charges notamment les jours de foire où ils doivent donner de la lumière toute la nuit, ce qu’ils ne font pas. »

Mais le 11 juin NOUHAUD dépose une protestation écrite sur cet emplacement et passant aux voix le conseil maintient sa décision.

Le 22 juillet 1911 le drapeau de la Mairie ayant été brûlé accidentellement, il est décidé d’en acquérir un nouveau pour le prix de 60 francs.

Achat de 5 boites aux lettres pour les villages de Valleix, Aixette, Brouillet, Combrouse, Veyrinas pour 60 francs. Le prix de chaque boite est de 24 francs dont la moitié est payé par l’administration des Postes. Les villageois les placent à leurs frais.

Le traitement du secrétaire de mairie est porté de 800 à 1000 francs à compter du 1er juillet 1911.

Le 9 septembre l’avant-projet du groupe scolaire est approuvé.

Une subvention de 50 francs est votée pour la fête patronale (c’est la première subvention pour cet objet).

REBEYROL François est nommé cantonnier et PIQUET Jean est nommé Garde-champêtre.

Le 15 octobre 1911, le « Bail à ferme de l’enlèvement des boues, terreaux, immondices et autres débris des rues et places publiques de Nexon » arrive à expiration le 31 décembre 1911. Un nouvel appel d’offre sera lancé.

M. COMBROUSE, propriétaire aux Rochilles accepte de baisser le prix de son immeuble de 20 000 à 16 500 francs pour l’emplacement du groupe scolaire.

COÛT DU GROUPE SCOLAIRE

-Construction du groupe scolaire( 4 classes de garçons, 3 classes de filles, une école maternelle et les logements des instituteurs) : 118 000 francs

-Construction et aménagement d’une cuisine de réfectoire pour la cantine scolaire :                                                                                         3 300 francs

-Construction d’un pavillon pour le logement d’un concierge :                                                                                                                                6 000 francs

Total des constructions                                                                                                                                                                                                   127 300 francs

-Acquisition de l’emplacement                                                                                                                                                                                           16 500 francs

COÛT TOTAL                                                                                                                                                                                                                      143 800 francs

 

Par lettre du 27 octobre le Directeur des Postes n’accepte que 2 boites, Valleix et Aixette, les deux autres occasionnent un surcroît de parcours trop considérable aux facteurs qui desservent ces villages. Le conseil maintien sa demande pour les 3 villages.

 

Le 21.12 1911 il y avait :

64 habitants au Courdein

55 aux Rochilles

16 à La Grange

12 à Varnet

42 au Mas

1030 au centre du bourg.

 

Une somme de 5 francs est votée pour la destruction des vipères. En cas de morsure, les chances de survie n’étaient pas celles que nous connaissons. Il n’y avait pas de voitures, pas de téléphone… Donner l’alerte demandait du temps et le médecin qui généralement se déplaçait à cheval n’arrivait pas rapidement. Les chasseurs de vipères vivantes apportaient leurs prises chez les pharmaciens qui les expédiaient à un laboratoire afin de récupérer le venin.

Année 1912

Le 21 février 1912, 5 francs sont voté pour la destruction de vipère.

MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification d’au moins 200 francs. Le conseil accorde 150 francs.

Le 5 mai 1912 sont élus conseillers : DOUDET J., LELONG F., LASPOUGEAS P., BARRET L., DESPLANCHES L, DELOMENIE, CHIROL J, REBEYROLE S., JOUHAUD F., BRAGARD P., TARRADE J., PARTHONNAUD, PRADEAU J., DUROUX P., PRADEAU H., DESCHAMPS P., AUTHIER F, FAURE P., SAZERAT J.B., ARPHE P., RATTIER Aubin.

Le 19 mai 1912 séance extraordinaire pour l’élection du maire et des adjoints. Sur 21 bulletins on décompte 1 blanc et 20 voix pour LELONG François. Il est élu Maire. Pour le poste de premier adjoint TARRADE est élu avec 20 voix. Pour celui de deuxième adjoint DOUDET Jean est élu avec 19 voix.

Le 2 juin 1912 la séance est largement consacrée aux demandes d’allocation de MM. FAURE, JOUHAUD, BREUIL, RABIER, AUVERT.

Par lettre du 28 mars 1912 le Directeur des Postes informe le Conseil que la commune de Nexon est classée en catégorie urbaine et de ce fait les boites aux lettres coûtent 34, 50 francs. Le Conseil confirme l’achat de 2 boites.

Le 25 août 1912, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation de 20 francs par an par lampe de 20 bougies. Le conseil accorde 10 francs soit au total une gratification de 300 francs au lieu des 150 francs accordés en 1911.

Le 12 novembre 1912, le Conseil vote le principe d’un emprunt de 99 015 Francs sur une durée de 30 ans pour le prix de la construction du groupe scolaire.

Le 22 novembre, en session extraordinaire, l’emprunt est voté auprès de la Caisse nationale des retraites pour la Vieillesse au taux de 3,85%.

Le 4 décembre 1912, lettre de MM. AYMARD et TOMBELAINE qui acceptent l’offre de 10 francs par lampe mais ils considèrent que cela ne permet pas de couvrir leurs frais. Ils demandent, avec l’accord de leurs clients, à porter de 0,07 francs à 0,08 francs le prix de l’hectowatt. Le Conseil accepte.

Année 1913

Le 6 avril 1913, le Conseil demande l’achèvement des trottoirs de l’avenue de la gare en ces termes :  » Considérant que depuis plus de 12 années un projet de construction de trottoirs entre le bourg et la gare a été adopté, que ce projet qui devait être exécuté en quelques années est encore inachevé dans la partie la plus dangereuse et la plus pratiquée de l’avenue … prie M. le Préfet de bien vouloir faire dresser un projet pour l’achèvement de ces trottoirs en 1913 ou au moins en 1914″.

Le 12 octobre 1913, demande de construction d’un trottoir par M. DESPLANCHES, horloger place de la Mairie. M. PRESSICAUD, boulanger place fontaine Mazerolle (pl. Fratellini) sollicite et obtient l’autorisation de construire un trottoir avec bordures devant son immeuble.

Refus de la couverture du groupe scolaire en tuiles, proposée par les entrepreneurs. Le Conseil confirme la demande d’une couverture en ardoises.

Année 1914

12 juillet 1914, Achèvement des trottoirs de l’avenue de la gare et vote de 1 500 francs.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation du prix de l’électricité. Il est voté une contribution de 315 francs pour les 31,5 lampes de 1913.

Le 18 août 1914, établissement d’une ambulance de 20 lits dans l’immeuble de l’école libre de filles.

 

-Le clocher est frappé une première fois en 1784

« La nuit du 18 au 19 juillet 1784, la foudre renversa la pointe du clocher de Nexon, qui s’élevait assez haut en forme de pyramide octogone Une cloche a été cassée par la chute d’une des pierres {Feuille hebdomadaire de Limoges, 1784).  Le même journal fournit les indications suivantes touchant la refonte de cette cloche : « On nous écrit de Nexon, paroisse de ce diocèse, un phénomène singulier, et sur lequel nous aurions même peut-être osé former des doutes, si les témoignages les plus respectables n’en avaient attesté la vérité. On a parlé dans ces Feuilles d’un orage terrible qui causa, il y a deux ans, les effets les plus surprenants sur l’église de Nexon. Une partie du clocher avait été renversée, et on avait trouvé une cloche fêlée, sans savoir cependant positivement si cet accident venait de la foudre, ou avait été occasionné par la chute des pierres qui s’étaient détachées du sommet de la flèche. On a entrepris depuis peu de refondre celle cloche. Un ouvrier connu, et d’une expérience de quarante ans, s’était chargé de la mettre en fusion. Après huit heures consécutives du feu le plus ardent, la matière ne coulait point encore, elle paraissait seulement noire et réduite en petits grains. On ranime le feu, et après six heures la matière parait fondue. Elle coule en effet un moment, et se fige presque aussitôt dans le conduit et même dans le fourneau. On répète cinq ou six fois les mêmes épreuves, et le résultat est constamment le même. L’ouvrier étonné change ses fourneaux ; depuis sept heures du matin jusqu’à quatre heures du soir il donne au feu toute l’activité dont il est susceptible. Ces nouvelles tentatives, ces nouveaux soins ne sont pas suivis d’un succès plus heureux. On n’a jamais pu obtenir dans le moule que deux quintaux à peu près de métal, qu’on avait ajouté à celui de la cloche.  » Voilà le phénomène que nous laissons aux réflexions des savants et des métallurgistes : nous accueillerons avec reconnaissance les éclaircissements qui nous seront communiqués à cet égard. Tout ce qui peut concourir au progrès des sciences et à la perfection des arts, sera toujours pour nous des objets infiniment précieux. On voudrait savoir surtout, par la voie de nos Feuilles, les moyens qu’on doit employer pour réussir, s’il est possible, dans le projet de fondre celte cloche ». {Feuille hebdomadaire de Limoges, n° du 14 juin 1786).

-En 1867, la foudre tombe une deuxième fois sur le clocher.

Cloche qui avait été fêlée en 1874 a été de nouveau frappée et elle a dut être à nouveau refondue en 1868.

 

 -Le 1er septembre 1997, la foudre endommage pour la troisième fois le clocher

Ce lundi 1er septembre, peu avant midi, la foudre frappe la pointe couronnée d’une croix en pierre sur plus de trois mètres de hauteur, projetant des débris sur l’ensemble du parvis, heureusement sans faire de victime.

Le Populaire mardi 2 septembre 1997

« La déflagration a été telle que j’ai cru d’abord qu’un avion venait de se crasher dans les environs » racontait Jean Louis Trarieux, secrétaire de mairie. « Le souffle nous a fait reculer de deux bons mètres tandis qu’une boule de feu s’abattait sur l’église » déclarait Gilles Valette qui sortait de l’Office de Tourisme.

Le clocher est entièrement construit en pierres de granit. L’explosion a projeté des blocs de plus de 50 kilos sur la toiture de l’église qui a été perforée en plusieurs endroits ainsi que sur les façades des maisons voisines.

Le clocher décapité

Paul Lacore, adjoint au maire, constate les dégâts

La fête des mères

novembre 23rd, 2017 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | famille | XX siècle - (0 Comments)

Contrairement à une idée reçue la Fête des mères n’a pas été créée sous Vichy mais elle est née en en 1908 aux Etats-Unis.

A cette époque Anna Jarvis organise une fête dans son église de Grafton en Virginie occidentale pour célébrer la mémoire de sa mère, morte trois ans plus tôt, et fêter toutes les autres mères. Elle était la 10ème de treize frère et sœurs, dont 7 morts avant sa naissance. Sa mère a consacré sa vie à aider les autres mères et leurs enfants face aux diverses maladies comme la rougeole, la diphtérie ou la fièvre typhoïde qui faisaient des ravages parmi les enfants… Après sa fête, elle milite pour qu’une “journée des mères” soit organisée au plan national. Malgré les ricanements de certains hommes politique son idée fait son chemin. Elle est reprise dans de nombreux Etats américains et s’exporte au Canada, au Japon et en Europe.

En 1914, le Congrès américain décide de faire du second dimanche de mai le “jour de la mère”, Mother’s Day et le président Woodrow Wilson en fait une journée nationale.

Avec l’arrivée des troupes américaines en France à partir de 1917, la « journée des mères » va être célébrée dans plusieurs villes françaises. C’est à Lyon, le 16 juin 1918, que naît la première grande fête des mères organisée par “La Plus Grande Famille” d’Auguste Isaac, association qui honorait les pères de familles de cinq enfants et plus. Il s’agissait d’organiser une « journée des familles nombreuses” comme il s’en faisait dans les milieux natalistes pour s’opposer à l’attitude malthusienne de ceux qui craignaient que la France ne puisse pas nourrir une trop grande population. Mais l’un des organisateurs, le Colonel de Lacroix-Laval propose de s’inspirer des Américains et de la baptiser “journée des Mères”.

 

Après la guerre il devint évident qu’il fallait repeupler la France. Les familles sont invitées à avoir des enfants et « Les mères de familles nombreuses »”sont honorée avec l’attribution de « médaille d’honneur de la famille française » créée par décret du 26 mai 1920. La première « Journée nationale des mères de famille nombreuse  » a lieu le 19 décembre 1920 au Tocadero à Paris devant 7000 personnes. A l’occasion de cette fête seront éditées des cartes postales illustrées par Henri de Nolhac (1884-1948).

Les deux cartes postales dessinées par Henri de Nolhac

Par la suite, chaque année, on remet aux mères de familles nombreuses la Médailles de la Famille française mais cette manifestation n’a jamais eu grand succès jusqu’en 1941.

En 1941, le régime de Vichy dans la logique de sa politique familiale donne à la fête des Mères une dimension particulière en associant l’école aux mouvements familiaux catholiques à son organisation. La mère est représentée comme le pilier de la famille. Elles doivent s’y consacrer totalement et pour cela le travail des femmes mariées est interdit, le divorce est impossible avant 3 ans, puis uniquement pour sévices graves et répétés. Des messes sont célébrées, des spectacles sont organisés, des médailles sont distribuées. Lors de la journée de 1942, chaque enfant reçoit 100 grammes de confiture, 75 grammes de pain et 50 grammes de chocolat.

L’affiche de 1941 est de Alain Saint-Ogan (1895-1974) le créateur de Zig et Puce en 1925:

Les affiches suivantes sont de Pierre Grach (1898-1987), qui signa aussi Phili:

 

Après-guerre, en 1946 avec la nouvelle constitution française, les droits de l’homme seront reconnus comme étant aussi ceux des femmes et le décret n° 47-2109 du 22 octobre 1947 réforme le régime de la médaille de la famille française. Puis la loi du 24 mai 1950 dispose que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d’une journée consacrée à la célébration de la « Fête des mères » », organisée par le ministre chargé de la Santé avec le concours de l’UNAF (article 1). Elle en fixe la date au dernier dimanche de mai (sauf si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, auquel cas elle est repoussée au premier dimanche de juin) (article 2), et prévoit l’inscription des crédits nécessaires sur le budget du ministère (article 3). Ces dispositions ont été intégrées au Code de l’action sociale et des familles lors de sa création en 1956, et l’organisation de la fête a été assignée au ministre chargé de la Famille à partir de 2004.

Le décret du 28 octobre 1982 ( n° 82-938 ) a modifié les conditions d’obtention de cette distinction, puis celui du 16 janvier 1962 (n° 62-47), enfin, le décret n° 2013-438 du 28 mai 2013 a changé le nom de cette décoration en « Médaille de la Famille » et ajoute à la liste des récipiendaires des personnes ne répondant pas aux conditions générales mais qui ont rendu des services exceptionnels dans le domaine de la famille. Il tire les conséquences de la disparition de la Commission supérieure de la médaille de la famille et prévoit qu’un seul modèle de médaille sera dorénavant attribué ( et non plus trois en fonction de la taille de la famille ).

La fête des mères à Nexon

Je n’ai pas trouvé de traces de manifestations pour fêter les mères avant 1942. Le 31 mai 1942 l’église était décorée en « Honneur aux mères ».

 

En 1962, le décret du 16 janvier précise :

Art. 1er. — La médaille de la famille française est une distinction honorifique accordée, dans les familles françaises, aux mères qui élèvent ou ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leur mérite et de leur témoigner la reconnaissance de la nation.
Ne peuvent obtenir cette distinction que les mères de famille de nationalité française dont le mari et tous les enfants sont Français et qui, par leurs soins éclairés, leur activité laborieuse, leur dévouement et leur exemple, ont fait un constant effort pour élever leurs enfants dans les meilleures conditions matérielles et morales, et leur inspirer le sentiment de l’honneur, l’amour du travail, l’attachement au foyer et le souci de leurs devoirs sociaux et patriotiques. La médaille de la famille française ne peut être accordée si la conduite du mari ou celle des enfants donne lieu à des réserves.

Art. 2. — La médaille de la famille française comporte trois modèles.
Aux mères de famille qui réunissent les conditions prévues à l’article 1er du présent décret sont attribuées :
La médaille de bronze lorsqu’elles ont, ou ont eu, cinq, six ou sept enfants légitimes simultanément vivants ;
La médaille d’argent lorsque le nombre des enfants est de huit ou de neuf ;
La médaille d’or lorsque ce nombre est de dix, ou plus.

 

Les trois médailles, bronze, argent et or , modèle 2017

A Nexon la famille SEREZAC reçoit du maire, L.J. Pradeau, la médaille d’or pour ses 10 enfants et la famille DELBURG la médaille de bronze pour ses 5 enfants.

En 1954 ma mère a reçu la médaille de bronze pour les six enfants qu’elle avait alors.

C’était le Premier modèle, utilisé depuis le 26 mai 1920. L’étoiles à huit branches en bronze entoure une partie centrale ronde avec la  gravure d’une mère portant son enfant par Léon Deschamps. entourée de l’inscription  FAMILLE  FRANÇAISE. Sur le revers, l’inscription  LA  PATRIE  RECONNAISSANTE  surmonte un emplacement destiné à la gravure du nom du titulaire, est entourée par la légende  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE  et  MINISTÈRE  DE  LA  SANTE  PUBLIQUE.

1965

Le dimanche 30 mai avait lieu à la mairie la remise de la médaille de la famille française à Mesdames COUDERT et BESSE. Après une brève allocution du nouveau maire, René REBIERE qui insista sur le mérite des mères de famille et les félicita. Un vin d’honneur clôturait cette manifestation à laquelle assistaient plusieurs conseillers municipaux, le lieutenant LASPERAS, chef du Corps des Sapeurs Pompiers, Mme PAUZET, MM. DEBORD et NYS des associations familiales, Mme SANCIAUD, sage -femme, Mlle DEBORD, assistante sociale.

Les récipiendaires et leur famille avec le Maire et les personnalités 

1973

La fête des mères a été célébrée avec éclat cette année à Nexon. Le 27 mai à 11 heures à la Mairie, le maire, accompagné d’une délégation du Conseil municipal et plusieurs personnalités locales remettait la médaille de bronze de la famille française à Sept mères de famille, Madame MARCHIVE Clémence, 7 enfants, Madame FAUCHER Jeanne 6 enfants, Madame CHAMINADE Jacqueline 5 enfants, Madame DEBORD Suzanne 5 enfants, Madame DURAND Denise 5 enfants, Madame FAUCHER Marguerite 5 enfants, Madame FAURE Suzanne 5 enfants.Après avoir mis l’accent sur le mérite des mères de famille et rappelé l’importance capitale du rôle de la mère de famille dans l’éducation des enfants, le Maire remettait des diplômes, offrait au nom de la Municipalité une médaille et un bouquet de roses à chacune des mères de famille à l’honneur. Les pères et enfants étaient bien sur de la fête et un vin d’honneur avec pâtisserie et jus de fruit pour les enfants complétait cette petite mais bien sympathique fête familiale.

1985

Le 2 juin 1985 au cours d’une cérémonie organisée à la mairie, le maire célébrait le mérite des mamans et et remettait à Madame MORTEROL la médaille d’argent des Familles et la médaille de bronze à Mesdames MAZEAU et VILLENEUVE. Après quoi un vin d’honneur était servi à la nombreuse assistance.

1986

Le 25 mai 1986 les mères de familles nombreuses étaient honorées au cours d’une manifestation à la mairie au cours de laquelle le maire a remis la Médaille d’argent des Familles à Mesdames BUISSON et NYS et la médaille de bronze à Mesdames ASTIER, GARRAUD et GUILMAN. Un vin d’honneur était offert à la nombreuse assistance.

Le diplôme et la médaille de ma mère

Cette fois ci la médaille est celle du deuxième modèle. Elle est ronde en bronze argenté avec sur l’avers un groupe familial entouré, sur le bas, de branches de laurier et, sur le haut, par l’inscription  FAMILLE  FRANÇAISE. Sur le revers la légende  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE  surmonte un emplacement destiné à la gravure du nom du titulaire.

1987

Pour la fête des mères le maire a remis la médaille d’or des familles à Madame DESVALOIS et la médaille de bronze à Madame LAGUENY. Un vin d’honneur était offert aux participants.

1988

Le 29 mai, à la mairie, au cours d’une manifestation en l’honneur des mamans, Madame R. MEYRAUD a reçu la médaille d’argent des familles et Madame O. ROGER la médaille de bronze.

1989

A l’occasion de la fête des mères deux médailles d’or des familles ont été remises, l’une à Madame Andrée MASNEUF qui a élevé 11 enfants et l’autre à Madame Anne Marie LASCAUX qui a élevé 8 enfants. Madame Marie BRUN a reçu la médaille d’argent  et Madame Jeanine MAURILLEGANT la médaille de bronze.

1990

La salle des fêtes était comble à l’occasion de la remise de médailles de la famille Française à trois mères de la commune par René REBIERE, Maire et Conseiller général. Les trois récipiendaires étaient Madame Marie BOBEAU qui a élevé 8 enfants recevait la médaille d’or, Madame Marguerite PENOT qui a élevé 7 enfants a reçu la médaille d’argent et Madame Michelle GOURGOUSSE qui a élevé 4 enfants a reçu la médaille de bronze.

1991

Le 26 mai 1991 René REBIERE, Maire et Conseiller général a remis la médaille de bronze de la Famille Française à 4 mères de familles : MM. Marie Augustine GRANET, 5 enfants, Marie Thérèse JAVERLIAT, 5 enfants, Marie Raymonde PUYMIRAT, 5 enfants et Claudie FAYE, 4 enfants.

1999

A l’occasion de la Fête des Mères, Liliane JAMIN, Maire , a remis la médaille de bronze à trois mamans qui ont élevé chacune quatre enfants : Mesdames Marie Thérèse LABETOULE, Marie Jeanne JOUHAUD et Andrée FAURE.

2000

Le 28 mai 2000, à l’occasion de la Fête des Mères, madame Jeannine SYLVESTRE qui a élevé 5 enfants a reçu des mains de Liliane JAMIN, Maire, la médaille d’argent de la Famille Française et madame Amélie BUSSIERE, la médaille de bronze pour avoir élevé 4 enfants.

  • Création de la Société pour le développement de l’Instruction Primaire dans la Haute-Vienne

Le 14 décembre 1865, M. Boby de La Chapelle, Préfet de la Haute-Vienne adresse à tous les maires du département « un exemplaire des statuts d’une société qui vient de se constituer à Limoges, sous le patronage de son Exc. Le Ministre de l’instruction publique, pour le développement de l’instruction primaire. »

Il ajoute « Aux termes de ces statuts, vous êtes appelé à faire partie de la commission cantonale ; je vous prie d’accepter ces fonctions…

Je vous prie d’user de toute votre influence pour provoquer de nombreuses adhésions, soit à titre de donateurs, de fondateurs ou de membres associés. Toutes les personnes notables du département doivent tenir à honneur de figurer sur nos listes ».

 

  • La mise en place de la Société dans le canton de Nexon

Les statuts de la Société ont été adoptés le 2 décembre 1865 à la Préfecture de Limoges.

Le 22 décembre le Sous-Préfet de Saint Yrieix écrivait au Maire de Nexon en insistant sur la nécessité de « provoquer les souscriptions des fondateurs ou associés ». Le Sous-Préfet précise qu’il se fera « un devoir de présider le plus souvent possible les réunions trimestrielles des commissions cantonales et joindre mes efforts personnels aux vôtres. »

 

La commission du canton de Nexon est ainsi composée : Monsieur le maire de Nexon ; MM. le baron de Nexon, conseiller général ; de Luret de Feix, conseiller d’arrondissement ; Bessoule notaire, conseiller, maire de la Meyze ; le curé doyen ; le juge de paix, Muret de Bort, propriétaire, délégué cantonal ; l’instituteur public.

  • Bilan de l’année 1865-1866

La Commission départementale se réunit le 2 janvier 1866 sous la présidence de M. le Préfet. On note la présence du baron de Nexon en sa qualité de membre du Conseil général. Le préfet se félicite du nombre d’adultes qui fréquentent l’école le soir. Parfois le nombre d’adultes au cours du soir dépasse le nombre des enfants pendant la journée. On attribue ce résultat à la difficulté pour les agriculteurs de se priver de leurs enfants pendant le jour pour les travaux de la campagne.

le Préfet propose d’établir un concours dans chaque canton entre les meilleurs élèves de chaque école de garçons, au mois de juillet ; les vainqueurs se retrouveraient pour le prix d’arrondissement puis les primés de chaque arrondissement concourraient pour le prix départemental. Pour les cours d’adulte, M. le Préfet propose de décider qu’une somme de 50 fr. sera donnée, à titre d’encouragement, à l’instituteur le plus méritant de chaque canton et ayant le plus grand nombre d’élèves ;

Il est intéressant de noter qu’un membre demande que le nombre des élèves ne soit pas considéré comme le principal titre d’un instituteur aux yeux de la Commission; il fait remarquer qu’il arrive souvent qu’un instituteur, malgré tout son zèle, ne peut réunir qu’un petit nombre d’élèves, soit que les villages de la commune soient plus rapprochés d’une autre école, soit pour toute autre raison indépendante de lui; que le mérite d’un instituteur est, avant tout, de faire de bons élèves , de s`occuper activement des enfants qui fréquentent son école, et de mériter la confiance des parents et l’estime de ceux qui l’entourent. C’est une remarque judicieuse pour nous rappeler que la politique du nombre n’est toujours la meilleure !

La commission arrête la somme de 50 francs par canton pour récompenser l’instituteur qui aura obtenu les meilleurs résultats pour les cours d’adultes et que des médailles d’argent et de bronze seront distribuées aux instituteurs dont les cours d’adulte se seront distingués par des résultats exceptionnels.

Le 9 janvier 1866, le Vicomte Marc de La Guéronnière, secrétaire général de la Société, informe le Président de la commission cantonale de ces décisions et demande que les propositions lui soient adressées dans le courant du mois de mars.

La commission communale adopte les propositions suivantes :

  • La somme de 50 francs à M. Besse, instituteur à Nexon
  • Une médaille d’argent pour M. Roche de saint Priest
  • Une médaille de bronze pour M. Fournier de Meilhac
  • Une médaille de bronze pour M. Colin de La Meyze
  • Une médaille de bronze pour M. Florentin de Nexon
  • Une médaille de bronze pour M. Laporte de Laroche.

Le tableau suivant avait été établi pour obtenir ce classement :

Nexon……………….. : 2445 habitants – M. Besse 58 adultes

– Ecole religieuse 48 adultes

Laroche………………. : 1384 habitants – 17 adultes

La Meyze ……………. : 1262 habitants  – 22 adultes

Saint Priest Ligoure : 1236 habitants – 16 adultes

Saint Hilaire …………. : 919 habitants – 9 adultes

Janailhac……………… : 916 habitants 23 adultes

Meilhac ………………… : 680 habitants – 52 adultes

Rilhac……………………….  Absent

 

 

« Le 30 août 1866, a eu lieu, à Limoges, la séance annuelle de la Société pour le développement de l’instruction primaire dans la Haute-Vienne. On y remarquait M. le vicomte de la Guéronnière, sénateur, président d’honneur ; M. le préfet de la Haute-Vienne, président ; MM. Calley de Saint-Paul et Noualhier, députés du département, vice-présidents ; M. Bonnin, inspecteur d’académie à Limoges ; plusieurs membres du Conseil général, M. Malevergne, président de chambre, etc. etc.

  1. le vicomte de la Guéronnière, après avoir rappelé qu’aux termes des statuts, le secrétaire général et le trésorier doivent présenter, dans cette séance annuelle, un rapport et un compte rendu des opérations de la société, a donné la parole à M. Guille¬ mot, secrétaire adjoint, chargé du rapport.
  2. de la Guéronnière a prononcé ensuite l’allocution suivante :

« Messieurs, je crois être votre interprète à tous en remerciant M. le secrétaire général adjoint du rapport remarquable qu’il vient de présenter, et dans lequel les idées les plus justes, les renseignements les plus intéressants sont rehaussés par toutes les délicatesses du goût littéraire le plus pur. Cette lecture laissera dans vos esprits une impression complète de satisfaction et de confiance pour l’avenir de l’institution fondée par M. le préfet de la Haute-Vienne, avec le précieux concours de M. Eugène Rendu et la haute approbation de l’éminent Ministre de l’instruction publique.

« En effet, Messieurs, une œuvre qui répond à de si vrais intérêts ; qui, dès son début, a obtenu l’adhésion des hommes les plus considérables du pays ; qui compte à sa tête les deux honorables députés du département, les représentants les plus élevés de l’administration, de la magistrature, du clergé, de l’Université, le Conseil général tout entier, une telle œuvre ne pouvait que réussir. Son but seul garantissait son succès.

« M. le rapporteur vient de vous le dire, un auguste patronage qui ne fait jamais défaut à aucun intérêt légitime est venu consacrer nos efforts. L’Empereur a voulu être l’un des fondateurs de notre société pour le développement de l’instruction du peuple, et c’est avec bonheur que j’ai transmis à M. le trésorier l’importante souscription qu’il avait daigné m’adresser.

L’Empereur, Messieurs, est avec tous ceux qui luttent contre la misère et l’ignorance, et qui travaillent au progrès moral et matériel de nos populations. C’est pourquoi il est avec nous.

« Poursuivons notre tâche : elle est noble et sainte. Il y a beaucoup à faire dans ce pays, plus que dans tout autre, et c’est avec une réelle tristesse que je constatais hier, dans une délibération du Conseil général, que le tiers des enfants de notre département ne reçoivent aucune instruction. C’est le capital de l’intelligence et de la moralité qui se trouve diminué d’un tiers !

« L’Administration, les députés, le Conseil général, tous les pouvoirs publics, tous les hommes dévoués rivaliseront pour améliorer cet état de choses. Quant à notre Société, créée pour donner l’élan du bien et pour relier tous ces généreux efforts, elle remplira sa mission, et elle peut compter sur l’appui du Gouvernement comme sur la reconnaissance du pays. »

 

Enfin, M. Petiniaud-Dubost, trésorier, a présenté le compte rendu des opérations et a constaté l’état florissant des finances de la Société.

Ses recettes se sont élevées à 7 744 fr. 40c

Et ses dépenses à …………………5 692 fr. 00c

Restent donc en caisse …………2 0552 F 40C, auxquels il convient d’ajouter 1,200 fr. environ, représentant des souscriptions dont le versement n’est pas encore effectué. »

Lors de la séance départementale du 16 avril 1867 il n’est pas référence à la commission du canton de Nexon. Lors de cette réunion la commission adopte un vœu relatif au rétablissement d’une Ecole normale dans la Haute-Vienne. Il est également décidé que le prix de 50 francs sera réduit à 40 francs en argent, plus une médaille d’environ 10 francs au motif que l’argent est dépensé tandis que la médaille reste. Nous sommes loin de la société de consommation !

  • Bilan 1866 -1867

Le 9 aout 1867 le Préfet adresse aux maires un courrier dans lequel il écrit : « Je désire que ces diverses récompenses soient remises à ceux qui les ont obtenues, le 15 aout courant, jour de la fête de l’Empereur, en présence des élèves des écoles de votre commune…Les discours prononcés devront m’être adressés et pourront être reproduits dans le journal du département… »

  • Bilan 1867-1868

La société a décidé d’organiser un concours entre les élèves des écoles de chaque canton. Chaque instituteur public fera concourir ses meilleurs élèves qu’il désignera lui-même dans la proportion d’un sur dix ;

Les compositions eurent lieu le lundi 3 aout dans la salle de l’école publique de Nexon de neuf heures à midi réunissant les élèves des communes de Nexon, Meilhac, Rilhac Lastours et Saint Hilaire Lastours. Les élèves ont été surveillés par MM. Le Curé et le Juge de Paix de Nexon.

« Madame Markoff était née Céline Léonide Lucienne Lelong le 4 décembre 1909 à Nexon. De ces trois prénoms Lucienne a été utilisé comme prénom d’usage.

Dernière représentante d’une vieille famille limousine, très attachée à sa terre natale Nexon, elle tenait sa fortune de son père, le Docteur Lelong. Médecin expérimenté, compétent, dévoué et qui a sauvé de nombreuses vies, alors même que la médecine disposait de peu de thérapeutiques efficaces. Félix était le prénom d’usage du docteur Lelong. Né le 31 juillet 1870 à Nexon on père, Léonard Lelong, lui donne comme prénoms François Philibert. Il portera comme prénom d’usage celui de Félix, prénom sous lequel il est connu à Nexon. Il était le dernier d’une famille de cinq enfants : Françoise, née en 1855 ; Catherine née en 1857 ; François né en 1861 et maire de Nexon de 1904 à 1919 ; Lucien né en 1866, mort en 1868.

Le docteur Lelong avait soutenu sa thèse de doctorat en médecine à Paris en 1899. Le 20 août 1908, à Limoges, il a épousé Catherine Céline Gabrielle BORDE (1879-1935). Ils auront une fille, Lucienne. Il décède à Nexon le 11 novembre 1955 à l’âge de 85 ans.

Lucienne épouse le 8 juillet 1939, à Limoges, Boris Markoff, vétérinaire à Nexon. Son mari, d’origine Bulgare, est né le 22 avril 1897 à Rebro, une petite ville située à 50 km à l’ouest de Sofia. Le docteur Marcoff exerce son métier de vétérinaire avec compétence, métier qui ne ressemble plus guère à celui pratiqué aujourd’hui. En effet le vétérinaire est rarement à son cabinet, il parcourt la campagne pour soigner le gros bétail, rarement les chats et les chiens. Il aime cette campagne nexonnaise qui lui rappelle sa Bulgarie natale. Il aime accompagner son beau-père dans les fermes que celui-ci possède. On le voit sur la photo suivante, au côté de son épouse et du docteur Lelong, dans une des fermes de ce dernier.

Le docteur Lelong avec sa fille et son gendre a sa ferme de la Joussonie.

Sur la photo suivante le docteur Lelong est plus âgé. Fatigué, il est assis entouré de sa fille et de son gendre, toujours habillé de la même manière. A gauche, madame Borde, tante de Lucienne Lelong.

A la mort de son père, en 1955, Lucienne Lelong-Marcoff hérite de sa fortune.  Quand son mari décède en 1969, Madame Marcoff qui n’a pas eu d’enfant et qui n’a pas d’héritiers proches souhaite que ses biens profitent à sa commune. C’est sans doute tout naturellement que Madame Lucienne Lelong fait de la commune de Nexon son légataire universel avec comme condition d’en faire un usage utile aux habitants. Elle décède le 27 juin 2003 et repose auprès de son époux dans le caveau de la famille Lelong.

Progressivement la commune réalise le souhait de sa donatrice. L’une des dernières étapes a été l’inauguration, vendredi 6 octobre 2017, de l’espace Lelong-Marcoff.    Fabrice Gerville-Reache  et la directrice de cabinet du préfet dévoilent la plaque. 

Le maire, pendant son discours, entouré des personnalités. 

De gauche à droite: M Vincent, représentant le Président de la Région; Mme Pérol-Dumont, sénatrice; La Directrice de cabinet du préfet;

M. Leblois, président du Conseil départemental; Mme Plazzi, Vice présidente du conseil départemental; M. Delautrette, président de la communauté de communes.

Dans de nombreuses communes de France, jusqu’au début de la Troisième république, les écoles primaires sont dirigées par des congrégations religieuses car, surtout dans les campagnes, les communes n’ont pas les moyens de construire des écoles. Nexon n’échappe pas, en partie, à cette règle : il y avait à Nexon deux écoles dirigées par des religieux, l’une pour les filles, l’autre pour les garçons mais pour eux il y avait aussi l’école communale. L’école des filles dépendait des Sœurs de l’enfant Jésus, congrégation née au Puy au XVIIe siècle. Celle des garçons dépendait des Frères du Sacré Cœur, congrégation fondée à Lyon en 1827 par le Père André Coindre.

  • L’école de garçon et le pensionnat des Frères du Sacré Cœur, créée en 1834.

L’école de garçon, comme celle des filles, a été créée par la volonté du baron Astolphe de Nexon qui en a mis à disposition le terrain et apporté un financement. On trouve indistinctement le nom de « Frères du sacré cœur » ou « des Frères du Paradis ». Il s’agit de la même congrégation, le nom de Paradis venant de ce que le Frère Polycarpe, considéré comme le second fondateur des Frères du sacré cœur a fait acheter à sa congrégation une propriété importante à Espaly, près du Puy en Velay, au lieu-dit Paradis. Cette propriété est devenue la maison mère de la congrégation que l’on appelle parfois du nom de ce lieu-dit, symbolique pour les catholiques.

On connait le fonctionnement de l’école par la nécrologie du Frère Florentin, son directeur, publiée dans « Le Courrier du Centre » du 23 avril 1890.

« Le 17 avril dernier, on a célébré dans l’église paroissiale de Nexon les obsèques de M. Robert, en religion Frère Florentin, directeur de l’école libre et du pensionnat des Frères de Nexon.

Le vaste édifice pouvait à peine contenir les nombreuses personnes venues pour rendre hommage à cet homme de bien, aimé et respecté de tous.

Né dans la Haute-Loire, d’une nombreuse famille chrétienne, dont plusieurs membres appartenaient déjà à l’enseignement congréganiste ou au clergé, M. Robert, de l’ordre des Frères du Paradis, près-le Puy, vint à Nexon en 1834.

C’est à cette époque que M. le baron de Nexon, voulant assurer aux enfants de la commune une instruction éclairée, en même temps qu’une éducation forte et religieuse, avait fondé l’école libre congréganiste de Nexon et en avait assuré la dotation. Déjà, sous ses auspices, les sœurs de l’Enfant Jésus avaient établi leur école de filles, toujours encore florissante. Celle des garçons s’ouvrit à son tour et était confiée aux Frères de l’ordre du Paradis.

En même temps que son généreux fondateur, Mme la marquise de Livron, sa sœur assurait la charge de son entretien. Le vénérable curé Pradeau leur apportait tout d’abord le concours de son zèle et plus tard contribuait lui-même de ses libéralités au développement de l’œuvre.

Le Frère Florentin, nommé directeur de l’établissement, devait conserver les fonctions pendant plus de 33 ans. Il avait vu naitre son école, il l’a vue grandir et prospérer. Il a vu le vaste local occupé par lui devenir bientôt insuffisant. Soutenu par la générosité de ses bienfaiteurs, apportant lui-même son zèle et quelquefois son obole, il a été l’architecte, le constructeur et le directeur du magnifique établissement élevé à l’entrée du bourg, que MM. De Nexon mettent à la disposition de l’institut des Frères pour recevoir leurs élèves et leurs pensionnaires.

Comment retracer l’histoire de ces trente années consacrées par le Frère Florentin à l’instruction des enfants de Nexon ? Y a-t-il plus noble mission que celle de l’éducation quand on sait la remplir comme il l’a fait ? Former les jeunes intelligences, les éclairer par la science, faire do ces enfants des adolescents respectueux de leurs parents, des hommes aimant leur pays, et avant tout des chrétiens soumis à Dieu, voilà la lâche que le Frère Florentin devait assurer et mener à bonne fin. Ses méthodes étaient si excellentes, son instruction si solide, ses explications si nettes et si claires, qu’on saisissait à l’instant toutes ses leçons. Rapides étaient les progrès de ses élèves, et grand nombre d’entre eux, après avoir reçu de lui les bienfaits de l’instruction élémentaire, ont été surpris de la facilité avec laquelle ils ont poursuivi leurs études de l’enseignement secondaire, spécial ou supérieur, tant il est vrai que les assises solides permettent toujours d’élever un édifice de plus en plus haut.

Que dirais-je de son zèle pour ses élèves ? La note dominante de son caractère était une patience et une bonté évangéliques. C’était merveille que de voir de tout petits enfants captivés en quelques heures par cet homme à la stature athlétique, doué, par contraste, d’un caractère aimable, doux, patient et charitable.

Son humeur était toujours égale, sa gaieté inaltérable. Aussi qui- ne connaissait à Nexon cette figure ouverte et souriante, ce regard franc, rayonnant et bienveillant ?

Il avait élevé la majeure partie des hommes arrivés aujourd’hui à l’Age mûr. Il recevait à tour de rôle leurs enfants, et s’il était le maître de ceux-ci, il était resté l’ami souvent et le conseiller de ceux-là.

Aussi est-ce avec une profonde douleur qu’on apprenait tout à coup la mort du cher Frère ! Elle est venue inopinée, subite, et l’a frappé dans l’exercice de ses fonctions au moment où il reprenait mardi son cours de la veille. Terrassé par une apoplexie foudroyante, il est mort, comme un soldat, sur le champ de bataille, à son poste d’honneur.

Il n’est pas étonnant qu’un tel homme ait laissé de profonds regrets. Mais, spectacle touchant, ce n’est pas sans émotion que nous avons vu des hommes de tous les partis venir en foule à ses obsèques, déposer des couronnes et des fleurs sur sa tombe et déplorer tout haut sa fin prématurée, car elle montre encore vivace à Nexon un grand et noble sentiment : celui de la reconnaissance.

Le cher Frère Florentin était vraiment populaire, et en voyant ses funérailles, nous nous rappelions celles de notre vieux curé Pradaud, apôtre pendant cinquante ans de la paroisse, qui avait été son guide et son modèle.

Tous deux reposent aujourd’hui en paix, l’un près de l’autre, au milieu du cimetière de Nexon. Ils ont également < passé > en faisant le bien. Tous deux ont trouvé dans l’estime de leurs concitoyens une récompense qu’ils ne cherchaient point.

Mais tous deux n’ont été si grands dans leur simplicité que parce qu’ils ambitionnaient une couronne plus grande qui ne leur a pas été refusée : celle que Dieu accorde à ses bons serviteurs.

Après avoir fait l’éloge des qualités personnelles du défunt et sans les vouloir diminuer, reportons sur ses collaborateurs et sur l’ordre des Frères tout entier, une partie des éloges que nous lui avons adressés. Ses méthodes étaient celles que l’institut a partout adoptées, la direction de son établissement, celle qui émane du directeur général, et son esprit religieux celui qui anime partout ces hommes de talent et de dévouement inspirés par l’amour de Dieu.

La tradition fait la force. Dans l’ancienne monarchie, le héraut chargé d’annoncer la mort du roi, criait à la cour : « Le roi est mort, vive le roi ! » Nous sommes tentés de nous écrier : « Notre frère Florentin est mort, vivent les Frères ! » Entre les mains de l’ordre l’école libre de Nexon ne périclitera pas.

L’esprit qui anime tous les Frères est le même, les mêmes bienfaiteurs sont toujours debout, ou représentés par leurs fils ; un nouveau directeur reprendra l’œuvre à peine Interrompue quelques jours, et les nombreux enfants qui fréquentent l’école, les nombreux pensionnaires qu’elle abrite, sont toujours sûrs de trouver les mêmes soins, la même sollicitude, la même instruction et les grands enseignements qu’ils ont reçus dans le passe. »  (Le Courrier du Centre, 23 avril 1890)

  • L’école n’est pas obligatoire et il y a souvent des absents…

Chaque mois le Frère Florentin adresse au Maire de Nexon la liste des élèves absents au cour du mois. Si un certain nombre d’entre eux sont absents à cause de maladies un certain nombre d’entre eux l’est pour aider leurs parents. On note ainsi qu’en octobre 1883, Emile Lelong a été retenu pendant 4 jours pour garder les brebis, que Jean Valette et baptiste Brousseau ont été occupés aux champs pendant 3 jours … Il est souvent indiqué « retenu par les parents » et on trouve même « retenu par Mr le curé ». D’un mois à l’autre ce sont souvent les mêmes qui sont retenus par les parents.

Pour le mois d’octobre 1883, 12 élèves absents totalisent 36 jours d’absence dont 19 (50%) retenus par les parents ou occupés aux champs. Jean Estier a été absent 8 jours pour maladie, Emile Lelong et Louis Trébuchère ont été retenus chacun 4 jours par leurs parents.

Pour le mois de novembre 1883, 19 élèves ont été absent cumulant 82 journées d’absence dont 19 jours retenus par les parents et 3 par Mr le curé. Louis Trébuchère a été absent pendant 10 jours pour un « mal aux yeux », Jacques Téliot a été retenu 8 jours par ses parents et Emile Lelong pendant 6 jours. Pendant 7 jours, Jean Grospas est absent à cause du mauvais temps.

Au mois de janvier 1884 10 élèves sont absents pour 69 jours, dont 24 journées ou les élèves sont retenus par les parents et 3 par le curé. Emile Lelong a été une nouvelle fois retenu pendant 9 jours et Jean Déliat pendant 15 jours.

Nous ne connaissons pas les professions des parents, sans doute des agriculteurs, mais en étant régulièrement absents ces enfants ne devaient pas avoir de très bons résultats scolaires.

  • La laïcisation des écoles

Avec la troisième république l’école va profondément se modifier. Elle deviendra obligatoire et gratuite et les enseignants seront formés et diplômés par des institutions publiques. Ces évolutions ne vont pas bouleverser l’école de garçons à la différence de ce qui va se passer pour l’école de filles. En effet il existe à Nexon une école communale de garçons, distincte de l’école religieuse alors que pour les filles il n’y avait que l’école religieuse.

Toutefois, en vertu des différentes lois votées depuis 1901, il faut que les écoles liées aux congrégations religieuses soient autorisées.

Le 22 novembre 1901, le préfet de la Haute Vienne demande au Conseil municipal un avis sur la demande formulée par la Congrégation des frères du Sacré Cœur d’ouvrir son établissement à Nexon. Le 3 décembre le préfet adresse un télégramme au maire de Nexon pour lui demander la date à laquelle il a convoqué son conseil pour délibérer sur cette demande.

La Congrégation des Frères du Sacré Cœur ayant été dissoute par un jugement du tribunal du Puy en date du 3 avril 1903, un administrateur judiciaire, Monsieur Henri Lecouturier, signe un bail avec Monsieur Thomas, maire de Nexon par lequel la commune prend l’immeuble avec ses dépendances et les meubles contre paiement d’un loyer annuel de 800 francs payable à l’administrateur. Le bail prévoit que celui-ci serait résolu si la revendication du baron de Nexon ( doté du titre de marquis dans le bail !) sur la propriété de ce bien était reconnue par un tribunal.

Bail signé le 22 janvier 1904 à Nexon et le 26 février à Paris, approuvé par le Préfet le 15 mars 1904

L’état des lieux qui a été effectué par M. Henri Couturier, architecte-expert à Limoges, les 19 et 21 janvier 1904 décrit les bâtiments :  »

L’établissement en question se compose d’un corps principal et de deux ailes formant avant corps. Il est construit en moellons ordinaires. Les angles et encadrements des ouvertures sont en pierre granitique du pays. La couverture est en tuiles mécaniques façon Montchanin.

Le Rez de chaussée comprend dans la partie centrale un couloir à l’entrée avec escalier dans le fond, un couloir longitudinal allant à l’aile droite. Une petite salle à manger et un cabinet de réception à droite du couloir d’entrée et sur façade principale. Un office et une cuisine sur la façade postérieure.

Dans la partie gauche, une classe sur la façade postérieure et un réfectoire sur la façade principale.

Au rez de chaussée, l’aile droite forme 3 classes et l’aile de gauche forme un grand préau. »

Le  plan de masse qui figure dans le document permet de comprendre la disposition des pièces :

L’établissement des Frères du Sacré Cœur de Paradis en 1904

L’état des lieux décrit un bâtiment mal entretenu :

 » Couloir d’entrée – La peinture extérieure de la porte d’entrée est complètement enlevée…Le plafond est très fumé…les peintures sont très  défraichies. Le plancher est en mauvais état.

Petite salle à manger – Le contrevent est en très mauvais état…Le plafond est fendu en plusieurs endroits et fumé…Les papiers et peintures sont très défraichis. Le parquet est en mauvais état.

Grand Réfectoire – Les contrevents sont en très mauvais état…Les enduits sont dégradés et soufflés en plusieurs parties…Le plancher est troué en plusieurs endroits. Les peintures sont très défraichies.

Aile de droite – 1ère classe sur façade…La porte à 2 battants est en mauvais état. La plinthe extérieure est complètement pourrie…La poignée est cassée. 2 ouvertures croisées sans contrevents…Il n’y a pas de plafond. Les peintures sont très défraichies. Parquet en très mauvais état, percé en plusieurs endroits…La porte de communication entre les deux classes avec petit bec de cane a six carreaux cassés. Classe du milieu – 1 ouverture croisée en très mauvais état. Il n’y a pas de contrevent. Il n’y a pas de plafond. Mêmes observations pour tout le reste… 3e classe sur cour – deux croisées sans contrevents sont en très mauvais état… Il n’y a pas de plafond. Mêmes observations pour tout le reste…

1er Etage

La partie centrale forme cinq chambres sur la façade principale. Un grand lavabo et la chapelle sur la façade postérieure. L’aile droite forme un grand dortoir. L’aile de gauche forme un grand débarras.

1ère chambre sur le devant – Chambre à donner. Une ouverture. Contrevent persienne en très mauvais état comme menuiserie…deux carreaux sont cassés. Cette croisée ne ferme pas très bien. La crémone ne fonctionne pas… Une cheminée avec devant briqueté et un trou pour le poêle. Le foyer est dégradé. Le plafond est soufflé et fendu et inondé par les gouttières de la toiture. Le papier est très défraichi et décollé en partie. La porte intérieure n’a pas de peinture. Le plancher est en assez bon état.

2e chambre à la suite – Le contrevent de l’ouverture est en très mauvais état…Le plafond est soufflé, fendu et totalement détérioré par les gouttières…

Lavabo sur façade postérieure- deux ouvertures extérieures croisées sans contrevents, à l’une la crémone ne fonctionne pas. Le plafond est en fort mauvais état et prêt à tomber…Le plancher est en mauvais état…Il existe dans le milieu de cette pièce un lavabo formant table avec revêtement en zinc et douze petits robinets en cuivre. Le tout en mauvais état…

Aile droite.

Grand dortoir – Quatre ouvertures croisées avec contrevents intérieurs…le plafond est fendu en plusieurs endroits et percé au-dessus de la porte sur couloir par les gouttières de la toiture…

Aile de gauche

Grand débarras – quatre ouvertures croisées extérieures sans contrevents sont en mauvais état comme menuiserie. Trois ouvertures sont complètement à refaire. En tout onze carreaux sont cassés…Le plafond et les enduits sont en très mauvais état et dégradés et soufflés en partie. Le plancher est troué en plusieurs endroits et gondolé…

La couverture en tuiles mécaniques est en mauvais état, des tuiles sont cassées et auraient besoin d’être remplacées.

Les murs de clôture en façade sur la route et le mur du côté du couvent, école libre sont en bon état… »

L’état des lieux précise que « Les toitures de tous les bâtiments vont être resuivies, les carreaux des ouvertures extérieures remplacés. Les menuiseries extérieures ajustées et les serrures et ferrements divers des portes extérieures réparés par les oins de Mr Rousseau Jules entrepreneur à Nexon moyennant la somme de cent cinquante-neuf francs quatre-vingt-onze centimes. Ces réparations seront payées par le bailleur »

Dernière page de l’état des lieux .

  • De l’école congréganiste à l’école libre…

Le 7 juin 1906, Jean-François Colomb fait part au maire de Nexon de son intention d’ouvrir une école privée primaire avec pensionnat dans les locaux situés aux Garennes appartenant à M. le baron de Nexon, précédemment occupés par l’école communale de garçons.

Assez régulièrement dans la presse on trouve une annonce pour le recrutement d’un instituteur. Ainsi le 15 juillet 1922 on pouvait lire dans les Petites annonces : « Institution du Sacré-Cœur à Nexon (Haute-Vienne), demande adjoint breveté, bonnes références, traitement avantageux. S’adresser au curé doyen de Nexon »

Pendant la première guerre mondiale le bâtiment a été affecté à des unités militaires stationnant à Nexon. Sur cette carte postale on voit des soldats laver du linge dans la pièce d’eau et on constate que les fenêtres n’ont pas de contrevents. Certains sont dans la cour de l’école et d’autres dans le petit près. Les soldats appartiennent au  68e régiment d’artillerie à pied (R.A.P.).  Les mécaniciens et les chauffeurs des locomotives militaires appartenaient au 68e et au 69e R.A.P. de même que les personnels chargés de construire le réseau ferré utilisé par l’artillerie au front. Les soldats de la 15e batterie ici à Nexon devaient travailler sur le matériel stocké à la gare de Nexon.

L’école affectée aux militaires. Carte postée le 19 juillet 1918

  • Une réunion des anciens élèves en 1933.

A l’initiative de Louis Mouret, ancien militaire et catholique fervent et du curé Paul Latzarus une réunion des anciens a été organisée au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés, nous permettant d’en connaitre un peu sur cette école. Le directeur en poste, M. Bachellerie était présent. Le compte rendu de cette première réunion de l’Amicale des Anciens Elèves de l’école libre de garçons de Nexon a eu lieu le 16 juillet 1933. Voici le compte rendu publié dans le numéro d’aout 1933 de l’Echo religieux de Nexon, Entre Nous.

« Le Dimanche, 16 Juillet, les anciens élèves de l’école libre de garçons de Nexon, convoqués par l’heureuse initiative de quelques-uns d’entre eux, se réunissaient pour un banquet amical.

Dès onze heures, plusieurs se trouvaient au café moderne, et, à midi, heure fixée, c’était plus de soixante, certains venus de Paris, Limoges et Périgueux, qui, après, avoir répondu à l’appel reçu, se groupaient autour des tables, gracieusement ornées en leur honneur par les soins de Me Gibeau, et se régalaient du menu préparé avec un soin non moindre.

Il serait difficile de décrire l’entrain des conversations et la gaieté du repas. Les échos de la salle résonnent encore des rires et des propos qui furent échangés.

Au dessert, naturellement, ce furent les discours : Successivement, M.M. Delaty et Mouret, au nom des anciens élèves de l’école, M. Bachellerie, directeur de l’école ; Monsieur Georges de Nexon, président du Comité de Patronage ; Mr. L’abbé Latzarus, curé-doyen de Nexon, prirent la parole évoquant le passé et montrant les possibilités de l’avenir et les raisons qui dictaient leur action et leurs espoirs.

Après quelques chansons, ce n’est qu’à quatre heures qu’on se décida â se séparer pour se retrouver encore sur les prés de la Seyne, où Mr. Raoul Delaty, ancien élève et notre fin pilote, fit le plaisir â ses camarades de venir se poser après quelques évolutions au-dessus de Nexon.

A l’issue du Banquet, on “forma une association d’anciens à laquelle sont conviés à s’inscrire les anciens qui n’ont pu assister à la réunion. Le Docteur Frugier, qui en fut nommé président, par quelques mots plein de cordialité et de sagesse remercia en précisant encore l’action des écoles libres et en assurant ses camarades de tout le dévouement dont il serait capable. On applaudit comme il convenait à cette improvisation si pleine de cœur qu’il est malheureusement impossible de reproduire in extenso.

On promit de recommencer et de se retrouver plus nombreux encore l’an prochain à une époque plus favorable pour les agriculteurs, retenus en cette saison par les travaux des champs.

Voici la constitution du Bureau :

Président d’honneur : Mr. le Curé-Doyen

Mr. Bachellerie Directeur.

Président :                          Le Docteur Frugier

Vice-Présidents :              Antonin Delaty, Mr. Papel

Trésorier :                           Eugène Lelong.

Secrétaires :                       Louis Mouret, Albert Fouillaud.

Conseillers :                       Mr. Baptiste Lelong, Jérémie Jourde, Albert Adam, Pierre Chatard, Pierre Delhoménie, Jean Sanciaud, Henri Papel, René Delaty, Marcel Morello. »

En parcourant les autres discours on trouve la liste des anciens directeurs et enseignants : MM. Florentin, Ulrich, Colomb et Bachellerie.

Les bâtiments du couvent ont été vendus à Monsieur Bitaud. Il  y a transféré son commerce de quincaillerie et l’école des filles est passée dans l’ancienne école du Sacré Coeur comme on le voit sur cette carte postale:

Les élèves sont peux nombreux. Si l’on compare le nombre des enfants inscrits au catéchisme en octobre 1932 on compte 3 garçons et 4 filles en première année, 6 garçons et 7 filles en deuxième année. Comme tous les élèves de l’école libre doivent suivre la catéchisme on peut en déduire que les effectifs de l’école sont égaux à ceux du catéchisme.

  • L’école de filles des sœurs de l’enfant Jésus.

On trouve la trace de la demande de création d’une école religieuse, sans doute pour les filles puisque l’école de garçon existe, dans une lettre du Frère Louis-Marie de l’Institution des Frères Maristes à Notre Dame de l’Hermitage de Saint Chamond. Le 17 aout 1854 il écrit à Madame de Livron, née de Nexon, à Nexon. Sa lettre est une réponse à sa demande de créer un établissement à Nexon. Voici sa réponse :

« Madame,

En réponse à votre honorée lettre du 8 de ce mois, je vous adresse le prospectus de nos conditions pour un établissement. Je vous les donne pour trois frères (le traitement est de 1.500 fr.), car nous ne pourrions pas consentir à commencer par deux seulement à une si grande distance de la Maison-Mère.

Vous verrez aussi par les dimensions des salles pour les classes et par l’énumération des pièces nécessaires au logement des frères que le local que vous avez en vue ne pourrait pas convenir.

Vu ces difficultés je suspendrai l’inscription de votre demande jusqu’à ce que vous m’ayez écrit. Dans tous les cas, il nous serait impossible, faute d’un nombre suffisant de sujets, de faire votre établissement cette année, ni même l’année prochaine ; à moins, pour 1855, qu’il ne se présente dans de bonnes conditions et que la Providence nous ménage quelques ressources plus qu’ordinaires. Nous sommes bien décidés à faire toujours tout ce qui dépendra de nous pour répondre à vos pieux désires.

Veuillez agréer, etc. …

  1. Louis-Marie.

ND Hermitage »

L’école de filles se tenait dans le bâtiment appelé « l’ancien couvent ». Le bâtiment de l’école des garçons et celui de l’école de filles se touchent. Ils sont séparés de la rue par un long mur de pierre tel qu’on le voit sur la carte postale ci dessous. Les personnes sur la rue viennent de la gare et se dirigent vers le bourg.

A droite , au premier plan l’école de filles, au fond l’école de garçon.

Je n’ai pas encore trouvé la date précise d’ouverture de l’école de filles à Nexon. La certitude c’est qu’il s’agissait d’une école congrégationiste car il n’y avait pas d’école communale pour les filles. La Troisième république va faire changer cette situation en incitant les communes à construire des écoles. La loi du 1 juin 1878 contraint la commune de devenir propriétaire de l’immeuble où s’organise une école publique et crée une Caisse pour la construction des écoles chargée « de délivrer aux communes les subventions qui leur auront été accordées » (article 7).

Le poids de l’Etat va encore s’accroitre avec la nomination de Jules Ferry à la tête du ministère de l’Instruction Publique le 4 février 1879. Les plus connues des lois qu’il a défendu au Parlement sont celles sur la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques (loi du 16 juin 1881) et celle relative à l’obligation, pour les enfants des deux sexes, de fréquenter l’école de 6 à 13 ans (loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire).

Il n’est alors pas étonnant de trouver des courriers des représentants de l’Etat pour inciter les maires à faire construire une école.

Ainsi le 24 février 1882 le sous-préfet de Saint Yrieix écrit au maire de Nexon pour lui demander de construire une école communale de filles. En effet l’école de filles est logée dans le bâtiment d’une congrégation religieuse. Celle-ci a accepté de s’installer à Nexon à la condition que des membres de cet ordre soient nommées institutrices communales. Le sous-préfet insiste sur la nécessité pour la commune d’être propriétaire de son école car la congrégation pourrait du jour au lendemain priver la commune d’école publique en lui retirant l’usage de ses locaux. La commune ne pourrait sans doute pas trouver rapidement un autre bâtiment. Mais la construction par la commune est nécessaire pour un autre motif, il faut « que l’autorité préfectorale et l’autorité universitaire aient sur le personnel et l’enseignement l’action et le pouvoir que la loi leur a attribuées. »

Le 27 août 1882, le sous-préfet refuse la création d’un poste pour une seconde institutrice pour l’école de filles en arguant d’une superficie insuffisante pour deux classes et surtout parce que « la création d’un poste d’adjointe, serait donner … une sanction officielle à une situation évidemment défectueuse ». Le sous-préfet termine en rappelant « une nouvelle fois de plus, la nécessité de construire une école de filles ».

Le 25 septembre 1883, l’Inspecteur d’académie de la Haute-Vienne écrit au préfet du département pour lui demander d’inviter la commune de Nexon à construire une école de garçons et ensuite d’affecter le bâtiment occupé actuellement par les garçons à l’école de filles. Dans son courrier l’Inspecteur d’académie rappelle que la commune de Nexon compte 526 enfants d’âge scolaire, 269 garçons et 257 filles, et qu’elle ne possède qu’une maison d’école pour les garçons.

On trouve dans le cimetière de nexon un vieille tombe où sont enterrées deux religieuses : Sœur Elidie décédée le 1er novembre 1857 et Sœur des Anges décédée le 11 octobre 1865 âgée de 32 ans.

 – la marche vers la laïcisation de l’enseignement

 

La loi Goblet du 30 octobre 1886 prolonge la loi de 1882 et confie à un personnel exclusivement laïque l’enseignement dans les écoles publiques. Les religieux et religieuses des congrégations enseignantes ne peuvent plus exercer dans les écoles communales.

A Nexon, il faut donc que la commune crée une école de fille pour se mettre en conformité avec ces lois.

Je n’ai pas trouvé d’injonction de l’Etat dans ce sens avant un courrier du Préfet de la Haute-Vienne Edgar Monteil en date du 15 octobre 1901, annonçant au maire que conformément aux différentes lois citées précédemment, « l’école de fille va être laïcisée. » Le maire est prié « de rechercher immédiatement un immeuble que la commune prendra en location pour l’installation de la nouvelle école ». La commune devra également acquérir le mobilier scolaire si elle ne le possède pas déjà.

Le maire ayant demandé un délai jusqu’à la construction d’un groupe scolaire, le préfet lui écrit le 6 novembre 1901 en le mettant en demeure de louer un local sous 3 jours. Si la municipalité ne répond pas positivement à cette injonction le préfet agira d’office.

La réponse du maire est tout aussi ferme. Il écrit le 10 novembre « le conseil municipal n’admet pas que du jour au lendemain vous l’obligiez à laïciser l’école sans savoir si on pourra trouver un local… »

La presse catholique nationale s’empare de l’affaire et le journal La Croix du 17 novembre 1901 écrit : « M. Monteil, l’homme aux fiches, le célèbre préfet de la Haute-Vienne, avait ordonné au Conseil municipal de Nexon de trouver, dans les quarante-huit heures, un local pour les institutrices laïques qu’il allait envoyer pour remplacer les religieuses, très populaires et depuis longtemps dévouées à la jeunesse du pays

Après un moment de faiblesse, le maire et les conseillers se sont ressaisis, nous dit la Croix de Limoges. Ils ont répondu qu’ils ne se mêleront de rien et que le préfet peut venir lui-même, s’il le veut, chercher et louer la maison qui lui plaira. Si le préfet envoie son institutrice, elle est exposée à coucher dehors. »

Le préfet Monteil avait déjà été critiqué dans le même journal le 10 mars 1901 : « LES BOUFFONNERIES D’UN PREFET – La Croix de Limoges avait fait de larges emprunts aux œuvres littéraires de son préfet, M. Edgar Monteil, afin de prouver que la plume qui signe en ce moment des arrêtés aussi extravagants que sectaires était exercé jadis à des œuvres tout aussi recommandables et qui faisaient pressentir le préfet actuel.

Ces citations étaient-elles désagréables à M. Edgar Monteil ou a-t-il été poussé par la pénurie de son budget ? On ne sait. Mais il vient de demander à la Société des gens de lettres de poursuivre la Croix de Limoges en payement des emprunts faits à sa littérature.

C’est une bouffonnerie de plus à l’actif de M. Edgar. »

Finalement le 30 novembre un bail est signé pour la location d’une partie de la maison de Madame Estier, route de la gare, en vue de l’installation de l’Ecole publique laïque de filles. Il est approuvé par le préfet le 3 décembre.

Mais cette location sera de courte durée puisque dans sa séance du 2 février, le conseil municipal décide de résilier le bail à compter du 1er mars 1902 et de louer l’immeuble Combellas. Madame Estier demande donc à la commune de lui payer 246,25 francs, prix de la location d’une partie de sa maison pour un trimestre et des frais afférents.

  • Les conséquences de la loi de 1901.

La Congrégation des Demoiselles de l’Institution dite de l’Enfant Jésus demande officiellement au sous-préfet de Saint Yrieix l’agrément pour son établissement de Nexon. Le 6 janvier 1902, le sous-préfet demande un avis rapide du Conseil municipal…

Comme cela c’est passé pour les garçons la Congrégation n’assure plus la direction de l’école… les écoles vont être créées par des particuliers. La Cour de cassation, dans son arrêt du 17 janvier 1902,  déclare que l’instituteur qui veut ouvrir une école libre n’a d’autre formalité à remplir que celle de la déclaration. Le maire va ainsi recevoir plusieurs lettres l’informant de l’intention de leur auteur d’ouvrir une école. Et conformément à la jurisprudence des tribunaux la seule déclaration suffisant, les écoles ouvrent…

Le 9 juin 1903, Laure Massy informe le maire de Nexon de son intention d’ouvrir une école primaire et une école enfantine dans l’établissement précédemment occupé par les religieuses de l’Institution de l’Enfant Jésus et dirigé par Madame Marie Prunière.

Le 4 août elle déclare qu’elle va ouvrir un pensionnat de jeunes filles dans l’école de Jeunes filles qu’elle dirige.

Le 27 août, Félicie Migaud informe le maire qu’elle ouvre une école primaire avec pensionnat et une école enfantine dans l’établissement dirigé par mademoiselle Massy.

  • Au cours de la guerre de 1914-1918,  Monsieur de Nexon fait installer 20 lits à l’école destinés aux militaires blessés. Un hôpital teporaire est créé. Un autre hôpital, bénévole celui-ci sera crée par madame de Nexon au château de La Garde.

 

Recto et verso de la carte postale écrite le 8 janvier 1916

Depuis la création de l’école communale pour les filles les effectifs sont faibles, moins de vingt élèves en général.

Années 1931-1932

L’école fermera définitivement en 1953. le bâtiment sera vendu et transformé en logements.

Bibliographie : Pour comprendre comment entre 1902 et 1910 on a assisté à la fin des écoles congréganistes et à la naissance de l’école libre sous diverses formes avant que s’opère une unification des différentes structures en une école catholique sous direction diocésaine on pourra lire la thèse de doctorat d’André LANFREY , publiée sous le titre « Sécularisation, séparation et guerre scolaire. Les catholiques français et l’école (1901-
1914). Paris, Le Cerf, 2003.

 

     Les présidents

1949 – 1953 : Jean BUSSIERE
1953 – 1954 : Maurice LAMBOTTE
1954 – 1957 : Jean CROUZILLAC
1957 – 1960 : Jean LASPOUGEAS
1960 – 1965 : Jean CROUZILLAC
1965 – 1972 : Jean LASPOUGEAS
1972 – 1981 : Robert FOUILLAUD
1981 – 1983 : Jean Pierre TIGOULET
1983 – 1985 : Achille THEODORESCO
1985 – 1987 : Claude OLIVERO
1987 – 1993 : Gilbert JOACHIM
1993- 1995 : Lucien MAZIERE
1995 – 2008 : Jean Pierre TIGOULET
2009- 2010 : Jean Pierre TIGOULET et Marcel JAVERLIAT
2010-2017 : Marcel JAVERLIAT

2017 – Jean-Luc BONNAFY

Saison 1950 -1951

Saison 1951 -1952

Saison 1952 -1953

Saison 1953 -1954

Saison 1954 -1955

Saison 1955 -1956

Saison 1956 -1957

C’est à cette époque que je commence à accompagner mon père au stade les dimanche après-midi. Quelques noms de joueurs sont restés gravés dans ma mémoire parmi lesquels celui de Jeannot ADAM qui a marqué le club, aussi bien comme joueur que comme dirigeant.

ASN 1956-1957

Saison 1957 – 1958

1957 58

Le Président Jean CROUZILLAC a le sourire. Le club est dynamique et vient d’accéder à la promotion de 1ère division. Pour leur plus grande part les joueurs sont originaire de Nexon ou des environs. Il est vrai que dans la commune il n’y a pas de chefs d’entreprise qui comme aux Cars ou à Cussac, deux clubs souvent adversaires de Nexon, font venir des joueurs de Limoges en leur offrant un emploi dans leur usine.

 

Saison 1958 – 1959

En vue du match du 21 septembre 1958 contre Les Cars les joueurs suivants sont convoqués : BARNABET, LAPLAUD, CHIBOIX, GIROUX, MAZABRAUD, C. MAGNAUD, GRIMPERELLE, M. MAGNAUD, FILLOUX, ANDRIEUX, PENOT, MASPATAUD. (Centre Presse-20 septembre 1958)

 

Saison 1959 – 1960

J’étais encore plus passionné car un des employés de mes parents, Henri PHELIPEAU, jouait dans l’équipe première. Attaquant très adroit il apportait son expérience et sa vision du jeu. Un jeune avant-centre, KADER, arrive au club et pendant plusieurs saisons il fait le bonheur de l’équipe. Robert THOUREAU, Bébert pour nous, ne chausse plus les crampons, du moins pour jouer en équipe première. Il met ses compétences rédactionnelles au service de l’administration du club.

1959-1960

asn-juin-1960-phelipeau-kader

Henri Phelippeau, Louis Desset, capitaine, Kader Labbas en Juin 1960

Banquet chez Léonie Adam

Saison 1960 – 1961

Banquet au restaurant Chaulet, la date n’est pas certaine. Sur la première photo,debout Kader Labbas un canotier sur la tête, Jean Ducaillou et Michel Voisin qui m’a passé ces photos, assis à gauche Daniel Limousin. Sur la deuxième photo, de gauche à droite : Riri Bertignac, J. P. Adam, D. Limousin, B. Tricard, Kader, H. Peyrat, J. Ducaillou, Baby Bertignac, Pierre Pradeau. Sur la troisième photo, sur la table : Jean Ducaillou, Kader et Jean Pradeau, maire de Nexon.

 

Saison 1961 – 1962

1961 1962

Président : Jean CROUZILLAC
Vices Présidents : Léon ADAM, René LOUIT, René REBIERE, R. ROBARD
Trésorier : Émile BUISSON
Trésoriers adjoints : A. BERTIGNAC, Robert FOUILLAUD
Secrétaire : Albert THOUREAU
Secrétaire adjoint : Edmond MAZABREAUD
Membres : Georges ANDRÉ, R. CHAULET, M. COMBACAL, JARRY, KADER, D. LAGORCE, PAYRAT, PICAT, Henri PHELIPPEAU, ROUSSE, SEGUE, SIMON, LAGNAUD.

L’équipe 1 est en deuxième division. Il y a une équipe réserve et une équipe de minimes. A la fin de la saison l’équipe 1 accède à la première division de district.

La page de Centre Ouest Football consacrée à l’ASN. Elle est financée par les encarts publicitaires pris par les commerçants.

Un jour de tournoi au début des années 1960. René REBIERE et Edmond MAZABRAUD sont a la sono. Au pied du camion Monsieur BUSSIERE discute tandis que le président CROUZILLAC est appuyé contre le camion.

Saison 1962 – 1963

Saison 1963 – 1964

Saison 1964 – 1965

1964 65

De nouveaux jeunes nexonnais entrent en équipe première, Jean Paul LASPOUGEAS, Jean Pierre VALETTE, Alain FOUILLAUD, Michel VOISIN… Les anciens comme Jeannot ADAM sont toujours là et le pied gauche de Claude MAGNAUD fait des ravages dans les défenses adverses.

Une nouvelle page de Centre Ouest Football consacrée à l’ASN.

Juillet 1965, l’ASN reçoit le Challenge du Fair-play

ASN 1965 Fair Play

ASN fair play papa alain et michelMon père et deux de mes frères assistent à la remise du challenge du Fair-play

 

Saison 1965 – 1966
5 équipes engagées :
– l’équipe première évolue en 1ère Division
– la réserve 1 est engagée dans le même championnat
– la réserve 2 joue en 5ème Division
– 2 équipes de cadets (A et B) voient le jour.
Si le recrutement de l’équipe 1ère est resté calme, 4 joueurs nouveaux, des signatures relativement nombreuses ont été enregistrées en réserve. Cela a permis aux différentes formations de ne pas manquer d’éléments et de combler les lacunes de la saison précédente.
Le bureau, pour cette saison, se présente de la façon suivante :
Présidents d’honneur : J. BUSSIERE- A. LONGEQUEUE.
Président actif : J. LASPOUGEAS.
Vice-présidents : L. ADAM – L. NYS.
Secrétaires : A. THOUREAU – C. MAGNAUD.
Trésoriers : E. BUISSON – P.J. LACORE.
Membres : G. ANDRÉ, J.P. ADAM, A. BERTIGNAC, L. BREGEON, A. CHAULET, M. COMBACAL, R. DUGUET, F. ERBAULT, P. FORTIER, R. FOUILLAUD, P. JOACHIM, M. LAGNEAU, B. LASPERAS, E. MAZABRAUD, G. PAYRAT, C. PILLARD, J. PRADEAU, P. PRADEAU, A. RATINAUD, A. REBEYROL, R. REBIERE, L. ROUSSE, P. SENAMAUD, R. VILLENEUVE.
La pharmacie est confiée, comme chaque saison, à René LASPOUGEAS.

Saison 1966-1967

Présidents d’honneur : J. BUSSIERE – A. LONGEQUEUE – M. DEBELEIX.
Président actif : J. LASPOUGEAS.
Vice-présidents : L. ADAM – L. NYS.
Secrétaires : A. THOUREAU – C. MAGNAUD.
Trésoriers : E. BUISSON – P.J. LACORE.
Membres : G. ANDRÉ, J.P. ADAM, A. CHAULET, CLAVAUD, R. DUGUET, F. ERBAULT, J.P. GIRY, P. JOACHIM, M. LAGNEAU, MAURILLEGANT, E. MAZABRAUD, PICAT, C. PILLARD, J. PRADEAU, P. PRADEAU, A. REBEYROL, R. REBIERE, L. ROUSSE, A. VILLENEUVE, R.VILLENEUVE.

1967 68

1966 67Photo publiée dans Centre Presse le 26 mai 1967

Une saison qui se termine par le titre de Champion de la Haute-Vienne de 1ere division et la montée en promotion de Ligue. Parmi les joueurs plusieurs ont 20 ans ou moins: Patrice VALETTE, Guy LASCAUX, Alain FOUILLAUD, Claude BARRIÈRE, Jean Marie DESSELAS. Albert MORELON est le capitaine entraîneur. Après plusieurs saisons à Nexon il ira apporter ses compétences au Limoges FC puis dans d’autres clubs de la Haute-Vienne.

Le club compte près de 80 licenciés qui opèrent dans 5 équipes : 3 équipes seniors, 1 équipe de cadets, 1 équipe de minimes.

jean laspougeas

Saison 1967 – 1968

Renforts de FAUCHER et MASSALOUX (A.S. Aixoise) et JAMMES (ASPTT). Albert MORELON est joueur et entraîneur.
A la fin de la saison l’équipe 1 descend en 1ère division.

R Duguet 1967 68Raymond DUGUET, responsable des jeunes

 

Saison 1968 – 1969

Elle se termine par une 5ème place en 1ère division pour l’équipe première.

Saison 1969-1970

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L’équipe 1ère termine la saison deuxième de sa poule avec la meilleure défense. Elle a été éliminée en 8ème de finale de la Coupe du centre-Ouest par Saintes qui jouait en Division d’Honneur. Les frères VALETTE sont en attaque. Ils ont vu arriver un jeune barbu, excellent technicien amené par A. MORELON, Dany JAMIN.  Le jeune Gilbert JOACHIM, encore cadet fait son entrée en équipe première. Sur la gauche de la photo on voit M. Jean BUSSIERE, premier président du club, alors dirigeant.

L’équipe 2 accède à la 2ème division de district.

En cadet plusieurs jeunes se distinguent parmi lesquels Gilbert JOACHIM, déjà cité, Christian BUISSON, Pierre PERRIER…

 

Saison 1970 -1971

Cette saison est à marquer d’une pierre blanche car l’équipe première termine première de sa poule, s’adjuge le titre de champion du District de la Haute –Vienne et monte en promotion de Ligue.

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Les buts sont gardés par un goal expérimenté, PERRIER, protégés par une défense aguerrie ou l’on trouve Michel VOISIN, Jean Marie DESSELAS, Patrice VALETTE et le jeune Jean Pierre TIGOULET, qui 10 ans plus tard sera président du club. En attaque le virevoltant Dany JAMIN, bien servi par Jean Paul LASPOUGEAS, Jean Claude BARRIERE et MEDEREL.

 

Saison 1971 – 1972

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C’est presque la même équipe que la saison précédente. Parmi les nouveaux, un attaquant, MEDEUF.