Un article le laisse penser :

Il est loin le temps ou la majorité des enfants étaient inscrits au catéchisme et que des dizaines de garçons étaient volontaires pour être enfant de chœur.
I- Le presbytère ( maison curiale) jusqu’en 1906
Avant d’être à cet endroit le presbytère se trouvait dans le bâtiment qui est celui de l’Intercommunalité.

Le mot presbytère vient du latin presbyterium « ordre ou sacerdoce des prêtres », d’où lieu de vie des prêtres. Mais on appelais aussi la maison du curé, maison curiale ou cure comme elle est indiquée sur le plan. Sur le plan on voit dans le même bâtiment la cure, la maison de l’instituteur et la salle de cours.
Un plan plan plus large permet de comparer la taille de la mairie à celle du presbytère et de l’école. On remarque sur les deux plans l’importance du jardin.

En 1886 le curé, qui habite place de la mairie a une servante

Plus tard, en 1901, on voit le curé habiter à coté des instituteurs, toujours place de la mairie. Il s’agit de Charles MOUSSARD, âgé de 57 et appelé « curé Doyen ». Il a un jeune vicaire , Paul TEREYJOL âgé de 25 ans et une servante, Marie RUCHETON qui a 57 ans. A l’origine un curé Doyen avait la charge de plusieurs paroisses mais à Nexon, compte tenu de son importance de la commune le curé avait ce titre de doyen. Ceci d’autant plus que son voisin de La Meyze était appelé archiprêtre sans doute en souvenir d’un passé ou, pendant environ sept siècles, elle domina les cures de Ladignac, de Nexon, de Lastours, de Rilhac, de Bussière, de La Roche-L’Abeille, de Royère, de Saint-Priest-Ligoure et de Saint-Maurice-les-Brousses. Cet archiprêtré dura jusqu’au concordat de 1801. La paroisse de Nexon, étant au chef lieu de canton et ayant la population la plus importante avait à sa tête un curé ancien qui avait ce titre de doyen sans paroisse attachée.

II – Le presbytère actuel
Avec le loi de 1905 les biens religieux ont été transférés aux communes. La municipalité en a profité pour démolir et bâtiment et faire construire à la place une nouvelle mairie et un groupe scolaire.
Depuis 1910 le presbytère est situé au n° 12 de la rue Saint Ferréol, autrefois rue du midi.

C’est une maison d’un étage avec un second étage mansardé. L’arrière donne sur un jardin et un garage est adjoint à la maison avec une ouverture sur le jardin.
Pendant des années le curé de la paroisse résidait dans cette maison le plus souvent avec une servante, en général une femme âgée ou sa mère.
A recensement de 1906, le premier après l’acquisition de ce presbytère on retrouve le Doyen MOUSSARD âgé de 63 ans. Son vicaire est Léonard MICHELET âgé de 24 ans et sa cuisinière est toujours Marie RUCHATON DURIEUX âgée de 56 ans. Le jeune vicaire est mort le 8 février 1915 des suites d’une maladie contractée au front alors qu’il était soldat brancardier.

En 1921, après la Guerre le monde à changé, les communes rurales ont perdus des dizaines de jeunes garçons, 117 jeunes nés à Nexon sont morts, les métiers évoluent et les mentalités changent. La religion commence à perdre de son importance et le curé n’a plus besoin d’un vicaire. Gustave TOURNAUD a 57 ans, il est recensé comme prêtre alors qu’il est curé de la paroisse. Il a une cuisinière, Marie LAJUDIE, qui a 64 ans.

Gustave TOURNAUD décède à Nexon en 1932. Il sera remplacé par Paul LATZARUS qui a 53 ans lorsqu’il arrive à Nexon. Il vient avec sa mère et sa sœur qui a 3 ans de plus que lui.

Paul LATZARUS restera à Nexon jusqu’en 1947 et marquera les nexonnais par son comportement autoritaire, n’ayant pas peur de donner dans sa revue le nom des élèves ayant des mauvaises notes au catéchisme. Il est enterré à Nexon et malheureusement sa tombe n’est pas entretenue.
Par la suite plusieurs curé se sont succédées dans ce presbytère. Léon DELHOUME puis Jean DELHOUME que j’ai connu comme enfant de cœur. Il nous réunissait au presbytère après la messe et nous avions droit à des gâteaux secs. Il vivait avec sa maman. Il est parti en 1965 et Gaston REDOR a pris sa suite pour près de 11 ans. C’est sous son ministère que les Réformes de Vatican 2 ont été mise en œuvre : autel tourné vers les fidèles, rétable enlevé ( où est-il passé ?), toutes les chasubles montées sous les toits de l’églises et oubliées pendant presque 50 ans. Elle furent découverte par M. GESLIN qui, travaillant dans le clocher, a eu la curiosité de soulever des journaux couverts de crottes de pigeon pour les découvrir…
Après le père REDOR 5 prêtres se sont succédés. La plupart sont restés à peine 3 ans. En 2012, à la suite de la disparition de prêtres dans plusieurs paroisses comme La Meyze, Rilhac Lastour, Janailhac… l’évêque a regroupé les paroisses. Nexon a fait parti de la paroisse saint Aurélien formée de 12 paroisses avec 2 relais l’un à Nexon et l’autre à Saint Yrieix. Le curé résidait à Saint Yrieix.

Préférant le confort de Saint Yrieix ils ont délaissé Nexon, certain plus que d’autres. Le presbytère est devenu de moins en moins fréquenté et le trésorier de l’évêché considérant que l’entretien de ce ce bâtiment coutait trop cher cherche à le vendre.
Bien évidemment les personnes qui s’occupent de la paroisse sont effondrées et se demandent ou elles pourront entreposer tout leur matériel, en particulier celui sert aux ostensions ? ou elles pourront se réunir, ou les séances de catéchisme, les réunions pourront elles se faire?
Une visite du presbytère en ce mois de mai m’a rappelé des souvenirs, seul le mobilier ayant changé. (Toutes les photos ont été prises par l’auteur du blog)
Au rez de chaussé on entre dans une salle de réunion et on arrive dans un bureau ou son conservés tous les registres, en particulier ceux des baptêmes. Passant par une cuisine qui donne sur le jardin on entre dans une grade salle aménagée dans un construction qui a été ajoutée à la maison.




Au premier étage c’était la partie privée du curé. Il y un salon- salle à manger et une douche.



Au 2ème étage se trouve une chambre mansardée et un grenier.



Le jardin est assez grand bien qu’une partie ait été vendue. Il donne sur les poulinière du château dont on aperçoit le toit.


Du fond du jardin on remarque l’agrandissement qui abrite la salle de réunion dont le mur a été refait et la porte du garage qui donne sur le jardin.


J’espère que ce reportage pourra amener l’évêché à conserver ce presbytère qui a vu vivre 12 curés, leurs servantes ou leurs mères et 2 vicaires. sans oublier les centaines de jeunes qui passés de bons moments à réfléchir mais aussi à jouer au foot… Et aujourd’hui les personnes qui ont passé des heures à fabriquer des fleurs et des décorations pour les ostensions, le fêtes de Jeanne d’Arc et celles de Marie… et plus matériellement qui servent à entreposer les belles chasubles des siècles derniers, les décorations, des archives de la paroisse et quelques vieux missels…



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