Une histoire illustrée de nexon
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Le 6 avril 1917, le Congrès américain vote l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Empire allemand. Des milliers de jeunes soldats américains doivent être recrutés car le service militaire n’est pas obligatoire aux États-Unis, formés, acheminés vers la France avec leur matériel. C’est une organisation complexe qui va voir des trains de soldats américains passer par la gare de Nexon et des soldats séjourner à Nexon avant de partir au front.

Le 19 août 1918 la lettre d’une dame de Nexon est publiée dans le « Ashland Tidings », journal de la ville d’ Ashland dans l’Oregon. C’est aujourd’hui une ville de près de 20 000 habitants et la majorité des jeunes soldats américains qui ont séjourné en Haute-Vienne en 1918 étaient originaires de cet État.

lettre de nexonLa page du Ashland Tidings du 19 août 1918, publiant la lettre d’une femme de Nexon

Le texte est le suivant:

Frenchwoman mothers American soldiers

Mrs E. McClintock of Roseburg has two sons with the United States forces in France; recently she receive the following letter from a French woman in which the beautiful spirit of fellowship and love for the Yankee soldiers boys who have gone to that country’s assistance is shown:

Nexon France
Juliet 19-1918

Madame,

I am keeping a promise I have made to your two good sons. First of all I am happy to be able to tell you that your two children are in splendid health. Since the arrival Monsieur Leon at nexon I have considered him as my son and he calls me his mother in France. Since he came to nexon he is not unhappy. But one thing he misses and that is the caresses of his American mother. I do not known Monsieur John very well, as he not been in nexon very long, but they are very happy to be together. When your receive this letter I thing they will no longer to be here, they will go to —,— and then to the front.
I pray God, Madame, that the war will soon be over , and your children will return to kiss you.
Not knowing English I hesitate to write you but your son says his American mother can have it read to her. I am sending you a little view of the village where your children are. After the war Monsieur Léon has promised to bring you and his father in France. You will see, Madame, that I seek to distract and amuse them, to make life in France as pleasant as possible.

Just receive for yourself, Madame, and your family my sincere regard.

 

La traduction donne: Mme E. McClintock, de Roseburg a deux fils avec les forces des États-Unis en France; récemment, elle a reçu la lettre suivante d’une femme française dans laquelle transparait le bel esprit de fraternité et d’amour pour les soldats yankees qui sont allés à l’aide de ce pays:

Nexon France 19 juillet 1918

Madame,

Je réalise une promesse que j’ai faite à vos deux bons fils. Tout d’abord, je suis heureuse de pouvoir vous dire que vos deux enfants sont dans une splendide santé. Depuis l’arrivée à Nexon de M. Léon je l’ai considéré comme mon fils et il m’appelle sa mère en France. Depuis son arrivée à Nexon il n’est pas malheureux. Mais une chose lui manque, ce sont les caresses de sa mère américaine. Je ne connais pas très bien M. John, car il n’est pas resté très longtemps à Nexon mais ils sont très heureux d’être ensemble. Lorsque vous recevrez cette lettre, je pense qu’ils ne seront plus ici, ils iront à —, — et ensuite au front.
Je prie Dieu, Madame, que la guerre soit bientôt finie, et que vos enfants reviennent vous embrasser.

Ne sachant pas l’anglais, j’hésite à vous écrire, mais votre fils, dit sa mère américaine peut faire cette lettre. Je vous envoie une petite vue du village où sont vos enfants. Après la guerre, M. Léon m’a promis de vous amener en France avec son père. Vous voyez, Madame, que je cherche à distraire et amuser vos enfants pour leur rendre la vie en France aussi agréable que possible.

Recevez, Madame, ainsi que votre famille ma sincère amitié.

On remarque d’abord que la lettre postée de Nexon le 19 juillet est publiée un mois après dans un journal de l’Oregon. Il fallait au moins 8 jours pour traverser l’Atlantique et ensuite sans doute le même temps pour aller de New York jusque dans l’Oregon. Le ton de la lettre est celui d’une mère qui écrit à une autre mère. Toutes les lettres que l’on peut lire et tous les témoignages des jeunes américains révèlent un accueil chaleureux de la population française. Pour comprendre ces sentiments retraçons le chemin parcouru par ces jeunes américains partis de la côte Ouest des États-Unis pour venir combattre au côté des jeunes français.

L’entrée en guerre des États-Unis

Après 32 mois de neutralité, les États-Unis d’Amérique déclarent la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Ils le font après que l’état-major allemand, désireux d’accélérer la fin d’un conflit qui s’enlise, joue son va-tout et, au risque de heurter les États-Unis, proclame le 31 janvier 1917 la reprise de la guerre sous-marine à outrance. Les Allemands avaient suspendu la guerre sous-marine après le torpillage du paquebot britannique le 7 mai 1915. À la suite du naufrage qui a fait 128 victimes américaines, le président des États-Unis, W. Wilson menaça l’Allemagne et exigea réparation. Inquiet de l’éventuelle entrée en guerre des États-Unis dans la guerre, l’Allemagne décide le 27 août 1915 de restreindre son offensive sous marine.
Le 3 mai 1917 les États-Unis créent l’American Expeditionary Force (AEF). Disposant dans un premier temps d’effectifs et de matériel militaire limités, l’armée américaine fait appel à ses immenses ressources industrielles, prévoyant en effet que le conflit se prolongerait jusqu’en 1922 !
Le transport des soldats et du matériel de guerre.

carte pour soldats quitant les etats Unis

Les jeunes soldats partent soit de la côte Ouest des États-Unis et après avoir embarqué à Seattle ou San Francisco ils rejoignent New York par le canal de Panama, soit ils sont déjà à l’Est et ils sont regroupés dans un immense camp avant d’embarquer vers l’Europe.

La traversée n’est pas de tout repos car les sous marins allemands sont dangereux. Les bateaux sont camouflés pour être moins visibles. Ce camouflage, appelé Razzle Dazzle aux États-Unis, repose sur un motif complexe formé d’un enchevêtrement de lignes irrégulières et de couleurs très contrastées, afin de briser la silhouette du navire.

mauritenia camouflé

Le Mauritania

Le 13 juin 1917 le général PERSHING, chef de l’American Expeditionary Force (AEF), débarque avec son état-major à Boulogne sur Mer. Le 26 juin, la 1ere division américaine commandée par le général W. L. SIBERT arrive à Saint-Nazaire à bord de l’USS Tenadores. Mais pour accueillir le flux de soldats et de matériel qui va arriver il faut une organisation sans faille. On passe en effet de 12 000 hommes débarquant en juin 1917 à 30 000 en septembre, 50 000 en décembre, 100 000 en mars 1918, 270 000 en juin …
Au total 2 millions de soldats américains seront sur notre sol en Novembre 1918 dont 1 million sur le front. Il faut faire vivre tout ce monde avec non seulement tout ce qui est indispensable à la vie des armées, mais ce qui est nécessaire aux loisirs, à l’époque principalement le cinéma mais aussi la santé avec les hôpitaux militaires.
Pour accueillir ces hommes et ce matériel il a fallu répartir les arrivages sur tous les ports français disponibles de la façade Atlantique car ceux de la Manche étaient à pleine charge du fait du trafic franco-anglais et que ceux de la Méditerranée étaient difficiles à utiliser du fait de la guerre sous-marine. Parmi les ports de l’Océan, Brest, seul port en eau profonde, ainsi que Saint-Nazaire et Bordeaux verront débarquer la plus grosse part des arrivages. Nantes, La Pallice, Rochefort seront aussi largement utilisés et il sera même fait appel, mais de façon accessoire, à des ports secondaires : Grandville, Saint-Malo, Les Sables-d’Olonne, Marans, Tonnay-Charente, Bayonne.

Arrivée des troupes à Bordeaux, port de Bassens
Plus spécialement affecté à la réception des matériels et des approvisionnements, le choix de Bordeaux est entériné le 21 juin 1917 et devient ainsi le Quartier Général de la base n°2 du Service of Supply.

L’extension du port de Bordeaux qui avait été entreprise en 1915 s’accélère avec l’arrivée des troupes américaines. A la mi-septembre 8000 hommes des labour batallions, partagés en 3 équipes travaillant chacune 8 heures par jour, se mettent au travail. Dès le 15 mars 1918, les premiers cargos américains, d’un tirant d’eau de 7m à 7,50 m, s’ancrent dans Bassens américain. Le 1er mai, 5 postes sont complètement terminés. Le 1er juillet, tous les postes sont déjà en service.

arrivée troupes US a bordeaux

Le George Washington à Brest en 1918 revêtu de son camouflage de guerre. Il transportera le Président W. Wilson pour les négociations du Traité de Versailles en 1919.

Les opérations de déchargement sont effectuées avec une rapidité exceptionnelle pour l’époque grâce à des équipements révolutionnaires pour l’époque comme des grues électriques à portique et des tracteurs électriques mais grâce aussi au système de desserte des postes en boucle par un service continu. A cela s’ajoute l’esprit de compétition entre les ports qu’à développé le Général PERSHING. Jusqu’en août 1919, 739 navires américains arrivent dans l’estuaire.

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Fête de l’Independance Day à Bordeaux, le 4 juillet 1918

Les chemins de fer pour le transport des troupes américaines
Les américains relient chacun de leurs ports et de leurs camps par des voies ferrées. Au printemps 1918, 5 000 hommes et 10 000 tonnes de matériel empruntent chaque jour ces lignes.
Une ligne Nord part de Saint-Nazaire pour aller vers Saint-Dizier et le front par Nantes, Tours, Vierzon, Auxerre. A Vierzon se rejoignent la ligne qui part de Brest et passe par le Mans et Tours ainsi que celle qui part de La Rochelle pour aller à Niort et Saumur. Compte tenu de l’importance de Vierzon un immense camp a été implanté à Gièvres dans le Loir et Cher. C’est à la fois une immense gare régulatrice et le plus grand dépôt installé par l’AEF. Il y a deux gares de triage avec 145 hectares de stockage, un dépôt pétrolier, un arsenal pour les munitions, un atelier de 200 locomotives, plus de 200 hangars d’une superficie totale de 36 ha couverts, une usine frigorifique pouvant contenir 8 000 tonnes de viande, 400 baraques de cantonnement où logeaient entre 20 000 et 30 000 hommes.
Une ligne Sud, relie Bordeaux, Périgueux, Limoges, Issoudun, Bourges, Nevers, Dijon, Is sur Tille puis le front vers Saint-Dié et Belfort. La gare de triage d’Is sur Tille est une partie de la base avancée no 1 où près de deux millions de soldats américains et environ quatre millions de tonnes d’approvisionnements sont passés entre l’automne 1917 et le printemps 1920.
Presque toutes ces lignes empruntaient des voies transversales à profil accidenté, mal outillées pour faire face à un trafic intense. Il faudra donc exécuter d’énormes travaux à une époque où manquaient tant les ouvriers exercés que les matériaux.

carte des hopitaux Us en 1918

lignes chemin fer utilisées par l'armée américaine

On constate sur ces cartes que la ligne Bordeaux- Limoges-Issoudun passe par Nexon. Elle dépend de la compagnie Paris-Orléans (P.O.) qui installe de nouveaux postes sémaphoriques, allonge des garages, augmente les moyens de triage et de garage des gares de Coutras, Limoges, Châteauroux, Saint- Pierre-des-Corps, Vierzon, ouvre au service de nuit des gares habituellement fermées, entretient avec plus de soin les voies et les signaux.

A Nexon le pont de la route de Biard est élargi. On peut encore lire sur les briques du parapet, en venant de l’usine en direction de la gare,la signature « U 18 S ». Il y a d’autres lettres mais l’usure du temps fait qu’elles sont difficiles à lire.

 

Comme il n’y a pas suffisamment de matériel en France pour acheminer ce volume d’hommes et de matériel on établit un programme qui comportait, dès le printemps 1918, l’emploi de trains complets américains. Des moniteurs français donnèrent aux mécaniciens, chauffeurs, garde freins américains une instruction théorique sur les règlements français sur les lignes et les gares où ils devaient circuler. A cause de la différence des langues chaque convoi était accompagné par un chef de train français.
En novembre 1918, le personnel américain du chemin de fer, même s’il a été inférieur de 40% aux prévisions, s’élève à plus de 30 400 agents pour un parc de 14 000 wagons et de 1 380 locomotives.

Le parcours des jeunes soldats américains de l’Oregon à Nexon
Pour rejoindre l’Europe dans le cadre de l’AEF les États-Unis vont créer 6 nouveaux régiments, les 54e, 55e, 56e, 59e, 60e et 65e Régiment d’artillerie de côte (Coast Artillery Corps). L’ordre de les mettre sur pied est donné le 15 Décembre 1917.
Le 65e régiment du Corps de l’artillerie de côte (CAC) en fait partie. Retraçons leur voyage avant que certains d’entre eux découvrent Nexon.

Le 2 mars 1918 le voyage commence en partant de San Francisco pour rejoindre New York en passant par le canal de Panama qui est emprunté le 9 mars.
Le 16 mars c’est l’arrivée à New York. Les hommes débarquent et prennent le train pour Camp Merritt, immense base construite en quelques mois ou sont réunies les troupes avant leur départ pour l’Europe.
Le 23 mars les hommes embarquent sur le HMS Mauritanie. Il y a également à bord le 55e Régiment d’’artillerie de côte qui vient de la région de Boston et 200 infirmières de la Croix-Rouge.

MauretaniaLe Mauritania à son arrivée à Liverpool

Le 25 mars le HMS Mauritanie lève l’ancre. Il accoste à Liverpool, en Angleterre le 1er avril. Les deux régiments débarquent et gagnent Southampton en train.
Le 5 avril les hommes embarquent à bord d’un bateau à vapeur pour traverser la Manche
Le 6 Avril le bateau est à quai au Havre. Il y a plus d’un mois que les jeunes soldats ont quitté San Francisco. En arrivant en France les soldats devaient envoyer à leur famille un carton indiquant qu’ils étaient bien arrivés »sains et sauf ». Ils ne devaient donner aucune indication mais le soldat qui a renvoyé ce carton n’a pas respecté la consigne.

carte pour signaler son arrivée en franceCarton d’arrivée « sain et sauf »

Puis, par train, le régiment va rejoindre Limoges. La description du voyage est savoureuse. Les soldats découvrent les wagons à bestiaux. S’ils sont fascinés par la beauté des paysages qu’ils traversent et par la gentillesse des gens à chaque arrêt en gare, (ils racontent que leurs gourdes n’étaient pas remplies seulement avec de l’eau !) ils ont du mal à s’allonger et à dormir sur le plancher en bois.

le havre Aixe en train

Wagons dans lesquels voyagent les soldats américains

Le matin du quatrième jour, le train arrive à Limoges. Comme ils sont plus ou moins abattus par leur long trajet, les hommes n’ont pas sauté de joie quand ils sont enfin arrivés dans la caserne de pierre, au cœur de la ville, autrefois occupé par le 20e régiment de dragons.

Le régiment dans ses premiers jours à Limoges a subi un nettoyage sévère. Tous les hommes ont été autorisés à visiter la ville et les bains douches semblaient être les attractions les plus populaires. Très vite ils comprennent que la première nécessité est d’apprendre la langue française car, dans les magasins, très peu de gens comprenait la langue américaine. Mais grâce à l’utilisation de dictionnaires français-américain, ils ont pu faire quelques achats.
Les habitants ont traité les soldats américains comme s’il était des héros envoyé pour les délivrer des envahisseurs. Dans tous les commerces et dans toutes les maisons ils ont été reçus à bras ouverts. Ils ont sympathisé avec les jeunes filles, des idylles sont nées.

L’entrainement est intense avec de nombreux exercices physiques et des marches dans la campagne Limousine. Il faut apprendre à conduire les camions sur les routes de france avant de passer au maniement du canon.

camion du 63 et son embleme

Après quelques semaines de formation, le régiment a été divisé en 3 bataillons. Le premier bataillon a été envoyé à Nexon, le deuxième bataillon à Pierre-Buffière et le troisième bataillon ira plus tard à Nexon.

Les soldats américains à Nexon

Le 1er bataillon du 65 th artillery CAC était en cours de formation à Nexon lorsque le 31 Juillet 1918 le calendrier de l’instruction a été interrompu. Le bataillon a du rejoindre le camp de La Courtine pour s’entraîner au tir avec les canons « BL 9.2 inches Mk I & Mk II Howitzer ». Ces canons au diamètre impressionnants (234 mm) ont été mis en service par l’armée britannique à l’été 1914 ; le 65e CAC a été un des premiers régiments américain a en être doté. Le 21 Août 1918 le bataillon quitte La Courtine en train pour rejoindre le front.
Le 3ème bataillon est arrivé à Nexon le 24 mai. Il y est resté jusqu’au 2 août, date à laquelle il a rejoint le camp de la Courtine.

Dans le texte de cette carte écrite le 11 mai 1918 la personne écrit  » tante Angèle ne pourra pas venir car sa chambre est réquisitionnée par des Américains, il y en a 2000 à présent pour un certain temps et ceux-ci partis d’autres les remplaceront ». Le chiffre de 2000 est très exagéré car il ne correspond pas aux effectifs d’un bataillon et on ne voit pas comment Nexon aurait pu accueillir 2000 soldats pendant plusieurs mois. Mais au delà de la réalité du nombre on mesure bien le poids de cette présence pour les habitants.

americains a nexon 11 mai 1918

Les troupes s’entraînent dans les près situés autours du bourg.

troupes sur pré drapeau en tete troupes gros plan

 

troupe et musique troupe et musique gros plan

 

Des cérémonies sont organisées sur la place, comme celle photographiée ici:

 

ceremonie place de la mairieceremonie place de la mairie 1918

 

Le Journal « ASHLAND TIDINGS» a publié le 30 septembre 1918 des lettres d’Harold Simpson datées du 23 juillet et du 1er août 2018. Le jeune homme y décrit son voyage à Bordeaux, les vignobles, les paysages, sa rencontre avec des prisonniers allemands, les frites. Il raconte un jour de foire à Nexon. Il est content des femmes qui lavent son linge et le raccommodent mais il est très surpris de la manière dont on coupe le poulet car il n’arrive pas à reconnaître les morceaux !

Voici le texte de ces deux lettres que l’on peut retrouver à cette adresse:http://oregonnews.uoregon.edu/lccn/sn85042399/1918-09-30/ed-1/seq-8.pdf
Nexon. France, July 23, 1918.
Dear Mamma and Papa:
Back again to our little village and after quite a trip, too. I was very glad to have the chance to make this trip as it gave me a chance to use some of the knowledge I gained at the truck school.
We left here on trucks. 13 of us from this battery and 14 from F.
We went to xxx, where we took the train, regular third class compartment coaches.
We transferred at xxxx and rode in the baggage car. We arrived at our destination at 1:30 a.m., rode out to a casual camp and remained there the rest of the night.
This camp is located at an old amusement park, and we slept in what appeared to lie the dance hall.
We were in Bordeaux for a couple of days, and had a few hours off a couple of times.
It is a large city, more modern and American looking than Paris. There were squares, statues and monuments, as in all French cities. There were some especially nice ones there and modern and well kept stores. A dandy « Y » there, hotel, restaurant, canteen and library combined.
We ran into a couple of the « Blue Devils, » the French soldiers who were in the states for the
Fourth and paraded in New York. One of them told us for is trip. Said I was soon going back to the front.
We came back from Bordeaux with trucks.
The first part of our trip was through vineyards, one after another. I had expected to find many vineyards in France, but these were the first I had seen in large amount.
As we drove along the vineyard gradually gave way to fields of grain, pasture or garden plots, and we passed through many towns, slept in a number, so saw a good deal of the country.
American soldiers were everywhere, doing all kinds of things and always on the best of terms with the French people.
There were a number of German prisoners at Bordeaux, unloading baggage. They were unguarded and seemed well satisfied. I talked to them a little. I could understand them fairly well and they seemed to « compree » my « Deutsch. » We passed several of scrub corn on our trip. The vineyards are located on the most level ground In France and the grain fields are in the rolling country, just reverse conditions of the United States.
It was a good tip. We worked hard but we don’t mind that, when we feel we are accomplishing something. We slept on the ground, and It was rougher than the Rocky Mountains. We « shore » did sleep.
The name of my French friend, of Paris, is Maurice Averill. He is at the front now as a dispatch rider. He promised to write, but hasn’t yet.
The boys just now are telling yarns of our trip, and of course, improving them each time they are told.
The French and Yankees have been landing the Germans a « few » the last few days.
It makes the American soldiers feel good and it tickles the French most to death.
Love.
HAROLD.

Nexon, France, August 1,1918.
Dear Mamma and Papa: August first and sure enough August weather, hot, dry and sultry.
The band gave us a concert last night.
They play well and are improving all the time.
They nearly always start the concerts with « Arrah Go On, I Want to Go Back to Oregon, » and finish with the « Marseillaise » and « Star Spangled Banner. » The French inhabitants turn out « en masse » every time the band plays. A bunch of casuals came in last night during the concert.
The little river that through this town is far more beautiful than the Seine.
It has been dammed at Intervals to provide water power for various industries along its banks, and is a succession of still mirror like pools, then falls and rapids, and all along it flows through meadows and woods. The reflections are very clear and distinct, where it is still.
It’s a very popular place for fishermen.
Just had some lemonade at the “Y”. It was good and Ice cold. Ice is scarce in France. American camps are about tho only places where Ice is to be found, although everybody drinks and beer gardens and wine shops are everywhere.
I just came over to the schoolhouse to fill my fountain pen and on the blackboard is a colored drawing of the American and French flags with crossed staffs and written under it in English,
« Hurrah for America. »
One of the teachers here speaks a little English. The teachers live right in the schoolhouses here, and the people usually live over their stores and places of business.
I never tire of watching the French people and trying to talk to them.
Not long ago we had a « Fair day in a fair little village, » and the streets were crowded.
Cattle, sheep and pigs for sale. And merchandise stands and people everywhere, and those merchandise stands! There’s everything for sale from candy to millinery. There was close on bolts, pins, oranges, hats (both for ladies and men), postal cards, glass ware, laces, ribbons, baskets, meat, and everything else you can mention.
Everybody everywhere comes to these fairs for miles around, bringing everything they have to sell, and there is the greatest bargaining, wrangling and trading you ever saw.
The French women here do our washing and they do it well and are very reasonable about it.
They also do the mending when necessary.
They spin their own yarn for darning and I have watched them spinning the yarn for the sox
(chausettes, they call them.) There is a little restaurant here where we eat, when we « eat out ».
In nearly all of these restaurants the kitchen is in the front and you have to go through it to get into the dining room and the cooking it done over a fireplace.
Lawson and I got hungry for fried chicken Sunday, so we went out in the country, got a chicken, and gave it to the little French lady at the restaurant and Monday evening we marched down for our chicken. We had « pomes de terre, » « frites, » « salade, » chocolate and
« du pain » (French fried potatoes, bread, etc.).
Well, the chicken was good, but there was so many parts we couldn’t identify, for instead of cutting the chicken at the joints as we do, it was cut right through the bones. We didn’t care particularly for the head as its eyes were open. It reminded me of the story of the newly-wed who told the butcher to be sure and close the eyes of the turkey as she « Just couldn’t stand to put it in the oven with its eyes open. » I never expected to have it so clearly demonstrated, however.
There is quite a routine to go through with to get a meal at this little restaurant, but it is clean and the cooking usually good. The other day we bought some mutton chops, got tomatoes at a store and she fixed them for us and made some crepes (hot cakes which are sweeter than
American ones), baking them over the fireplace.
Must close for tonight. We are expecting to leave here soon for another training camp.
It seems to take lots of training for this class of artillery.
Love
HAROLD.

Il y a sans doute des relations amoureuses entre des soldats américains et des jeunes filles de Nexon. J’ai trouvé un message sur un site généalogique dans lequel une Californienne cherchait des informations sur la grand mère de son mari. Elle savait seulement ceci: « Henriette Clémence HAMON née le 8 février 1898 à Bordeaux était l’épouse de guerre de Percy BELL, un soldat américain de Minnesota. Il est né le 11 janvier 1881. Ils se sont mariés en Nexon, Haute-Vienne, le 6 mai 1918. Leur enfant premier, Jean Henri, est né le 10 janvier 1919 à Pauillac, Gironde. Ils ont émigré aux États-Unis en 1919 ». Cette demande n’a pas reçu de réponse.

Pendant son séjour en France, il ne semble pas que le régiment ai subit de lourdes pertes. Lors du retour du 65e sur le sol américain, le Ashland Tindings du 25 février 1919 se réjouissait du faible nombre de morts et de blessés parmi les jeunes soldats de l’Oregon. Il fait état d’un tué au combat et de trois blessés parmi ceux de l’Oregon pour un total de 3 morts et 99 blessés pour l’ensemble du régiment.

Témoignages de soldats américains dans les communes voisines de Nexon.

D’autres régiments américains ont séjourné dans les environs de Nexon. Le 59e à Aixe sur Vienne, le 67e CAC à Chalus puis à Aixe sur Vienne. Le 63e est celui qui va rester le plus longtemps. Arrivé à Aixe le 2 août 1918 en provenance du Havre le régiment ne sera pas appelé au front du fait de l’armistice. La vie quotidienne des soldats est contée par  John Brown qui tenait un Journal et de nombreuses photos. Nous en extrayons les passages qui montrent la différence de vie entre les États-Unis et les villages du Limousin en 1918.

livre de route du soldat Brown 63 CACJournal d’un bleu

Avant de rejoindre les maisons qui leur sont assignés les militaires sont logés dans tous les magasins vacants, les granges et les étables que le village pourrait épargner. En plein mois d’août ils apprécient l’eau de l’Aixette et de la Vienne.

Soldats Us aixe 1918Au bord de l’Aixette

A peine arrivés ils se précipitent pour prendre un bain dans la Vienne. Ils sont surpris d’y voir des femmes en train de laver leur linge en utilisant des « battoirs ». L’un d’entre eux prend cette photo :

lavage du linge aixeLaveuse à Aixe sur Vienne en août 1918

Les jeunes sont également très surpris de voir les hommes avec leurs sabots et de découvrir les charrettes comme moyens de locomotion.

charette qui surprend les americains a AixeThis was the transportation of the Local French people

La visite du cimetière est également un étonnement pour le jeune Brown. Il écrit dans son journal que les tombes sont décorées de guirlandes de fleurs d’imitation fabriqués à partir de perles de couleurs variées, et beaucoup datent de plusieurs centaines d’années. Dans un coin, un tas de crânes et d’ossements du défunt dont les parents survivants avaient omis de payer le loyer de leurs tombes.

 cimetiere Aixe
Le cimetière d’Aixe sur Vienne en août 1918

Les Aixois sont très intéressés par les objets que possèdent les soldats. Les vieux rasoirs, le savon, le tabac et le cirage sont vendus et avec l’argent obtenu les jeunes font la connaissance du Café Central, Cherry Brandy, et les «Vin Sisters ». Les soldats sont restés à Aixe jusqu’à la fin de la guerre. Ils ont rejoint Bordeaux le 1er février 1919 puis après avoir embarqué à Marseille le 6 février sur un navire Italien, le Caserta ils partent pour les États-Unis qu’ils atteindront le 12 mars.

Avant de quitter le Limousin les soldats participent à des cérémonies avec les troupes françaises.

63rd Arty 2 Limoges 12 decembre  63rd Arty 3 decembre  63rd Arty 5

 

    63rd Arty 563rd Arty 1 Limoges63rd Arty 4

 A Limoges le 12 décembre 1918

Nexon n’a pas oublié les soldats américains. 

Le 5 octobre 1919, le conseil municipal décide d’allouer la somme de 100 francs pour participer à la construction du monument qui sera placé à la Pointe de Grave en Gironde, commémorant l’arrivée des premières troupes américaines en France.

delibération 5 oct 1918 pour monument US 1 deliberation 5 octobre 1918 monument US 2

 

Le 20 mars 1960, George A. DUVAL, président de l’association des vétérans du 66th Artillery, C.A.C. vient à Nexon. Ce jour est officiellement déclaré jour de célébration du 41 ème anniversaire du retour de France du 66 ème Coast Artillery Corps par le Gouverneur de l’Etat de Rhode Island, Christopher Del Sesto.

66 coast certificat du gouverneur 1 66 certificat gouverneur 2

George A. DUVAL offre à la commune un drapeau des Etats-Unis ayant flotté sur le Capitole.

drapeau Us tenu par le maire et le secretaire Canard 8 mars 1960

Le drapeau des Etats-Unis tenu par A. CANARD, secrétaire de mairie et L.J. PRADEAU, maire.

En 1962, la France était encore dans le commandement intégré de l’OTAN, des troupes américaines stationnaient en France en particulier au camp de la Braconne, près d’Angoulême. Ce camp a été construit en 1952 sur un terrain de 800 ha. Il abritait 4 000 militaires américains et civils français, avait 12 km de route de ceinture, et 30 km de voies intérieures. Un millier de chars y était stocké. Il y avait un cinéma, et un drugstore, premier supermarché du département. Les Américains ont quitté le camp le 13 mars 1967 et le camp a été reconverti en zone économique.
Le 18 mars 1962 la municipalité de Nexon a invité le colonel RAFTERY, colonel commandant en chef le dépôt américain de la Braconne et des représentants du gouvernement des Etats-Unis à un service religieux à la mémoire des morts et vétérans du 66 ème d’artillerie CAC américain qui séjourna à Nexon pendant la première mondiale, en 1917-1918.

americains a Nexon 6Discours officiels devant la mairie 12 mars 1962

americains a Nexon 1

 

americains a Nexon 5

 

americains a Nexon 2

 

 

americains a Nexon 3 americains a Nexon 4    Un hommage devant le monument aux morts

M. DUVAL, qui habite à Woonsocket dans la Massachusetts a organisé une exposition des photos et articles relatant son séjour à Nexon. Sa commune souhaite des relations entre les deux communes.

M. DUVAL revient à Nexon pour les cérémonies du 11 novembre 1968.

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A l’occasion de ce passage à Nexon, le baron Ferréol de Nexon et son épouse ont offert à M. DUVAL une chasuble ayant appartenu à l’abbé Luc de Nexon. Un article du journal local, le Woonsocket Call du 21 avril 1969 publie un article relatant le voyage en France de M. DUVAL avec une photo ou il est revêtu de la chasuble.

Duval en chasuble

 

 

Le basket à Limoges a bénéficié de la présence des troupes américaines.

Outre l’apport militaire incontestable les américains ont fait découvrir au jeune français le basket, ce qui est particulièrement important à Limoges ou combiné avec l’action des patronages le CSP a pu se hisser sur les plus hautes marches de ce sport en Europe

                                               basket a saint nazaire                 match de basket a Royan  

   Le basket, une des distractions favorite des jeunes soldats américains.

 Dès le moi de juin le général PERSHING confie l’intendance de l’arrière à la YMCA. Beaucoup ignorent encore aujourd’hui ce que signifie ce sigle. Pour certains c’est juste le titre d’un tube disco chanté par les Village People. En fait ce sigle est celui de la Young Men’s Christian Association.  Cette association a été fondée par le pasteur britannique Georges Williams en 1844 pour diffuser la religion protestante par le sport et la culture. C’est un professeur de gymnastique au Spingfield College dans la Massachusetts appartenant à la YMCA qui inventa le basket en 1891. C’est également dans la YMCA que fut inventé le volley ball en 1895. Trois anciens responsable sont reçu le prix Nobel de la Paix.

Au travers des foyers du soldat qui organisaient spectacles, bibliothèques et activités sportives elle a contribué largement à l’implantation du basket-ball et du volley-ball dans les classes populaires françaises. Il est incontestable qu’en 1919 le basket français est principalement développé dans les villes qui se situent sur la ligne de front, là ou l’on trouvait les foyers de soldats américains : Mulhouse, Nacy, Reims, Lille… (Voir N. Séoudi « Histoire d’une contagion. Le basket-ball dans le département du Nord » dans «L’aventure des « grands » hommes: études sur l’histoire du basket-ball , Pulim 2003 ).

A Limoges Albert CHAMINADE (1912-2009), ancien arbitre national et international, ayant occupé plusieurs postes de dirigeants au sein du basket français racontait qu’il avait vu les premiers panneaux de basket dans la cour de l’école normale de filles devant laquelle il passait tous les jours à la fin de la première guerre mondiale. L’école abritait un hôpital militaire et le foyer avait fait poser ces panneaux pour les soldats. Cela lui a donné, quelques années plus tard , l’envie de pratiquer ce sport.

La plupart des villes de garnison de province possèdent un hôpital mixte, civil et militaire, administré par une commission civile pour les salles civiles. Dès le mois d’août 1914, la plupart des salles civiles furent réquisitionnées par l’autorité militaire. Après la déclaration de guerre le 3 août 1914, l’avance allemande est rapide. Il faut évacuer les malades hospitalisés dans les hôpitaux généraux et dans les asiles psychiatriques. Ce flux de malades vient s’ajouter à celui des blessés de plus en plus nombreux sur le champ de bataille. Les hôpitaux permanents ne suffisent plus. Aussi il faut ouvrir de nouveaux établissements.
Il n’est pas facile de se retrouver dans le foisonnement de structures qui ont été créées tant par les autorités de l’État que par des bénévoles.
A côté des hôpitaux permanents (ceux du temps de paix) il y a donc les hôpitaux temporaires (ils n’existent que du temps de guerre) qui comprennent:
-les hôpitaux Complémentaires (HC) dont la gestion est directement assurée par la Direction du Service de Santé (militaire) de la région.
-les hôpitaux Auxiliaires (HA) dont la gestion est assurée par l’une des 3 sociétés d’assistance de la Croix-Rouge, la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM), l’Association des Dames Françaises (ADF) et l’Union des Femmes de France (UFF), toutes homologuées par le ministère de la guerre.
-les hôpitaux Bénévoles (HB), d’initiatives privées, créés par l’arrêté du 21/8/1914.
Ajoutons que, bien que ce mode d’hébergement ait été déconseillé, quelques malades et blessés ont été placés chez des particuliers.
La numérotation des Hôpitaux se faisait par Région Militaire, sans tenir compte du découpage en départements.
Pour les HB il était tenu compte du nom de la société d’assistance et le n° était suivi de « bis »:
– SSBM: n° 1 à 100; au-delà n° dans la série des 300;
– UFF: n° 101 à 200; au-delà n° dans la série des 400;
– ADF: n° 201 à 300; au-delà n° dans la série des 500.
Le décret du 6 août 1874, suivant la loi du 24 juillet 1873 découpe le territoire français en 18 régions. La loi du 5 décembre 1897 met en place la 19e région militaire en Algérie et celle du 8 février 1898 crée une 20e région militaire dans l’Est, en scindant la 6e région militaire. Une 21e région militaire est créée par la loi du 31 décembre 1913 par division de la 7e région.

 

 

Limoges est le chef-lieu de la XIIème Région militaire composée de cinq départements, la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne

En Haute-Vienne il existera une soixantaine de structures, certaines ayant fonctionné quelques mois d’autres pendant toute la durée du conflit.
Dès le 8 aout 1914 un hôpital complémentaire vient soutenir l’hôpital général de Limoges. Il porte la numérotation HC n° 1 Limoges. Il est situé dans les locaux de l’école libre Colbert, 9 rue des Argentiers et compte 280 lits. Il fonctionne du 8 août 1914 au 18 février 1919 et comporte des services d’ORL et de prothèse maxillo-faciale et une école d’infirmières.
De nombreuses annexes vont lui être rattachées. Elles sont situées dans les cliniques privées, dans les orphelinats, au grand séminaire et même dans l’usine de porcelaine Haviland.
Rapidement des établissements et des personnes privées vont mettre à la disposition du service de santé des armées leurs locaux.
A Nexon l’Institution libre de filles, rue du Nord offre très rapidement ses locaux et dès le 30 aout un hôpital bénévole est créé sous le numéro HB n° 5 bis Nexon. Il compte 22 lits et fonctionne du 30 août 1914 au 1er décembre 1917.

Nexon Hopital 5 bis

Enveloppe datée du 11 juillet 1916 avec cachet rond violet » Hôpital Temporaire de Nexon – Le Directeur »

 

Nexon hopital benevole

Enveloppe du 24 mai 1917 avec cachet rond rouge  » Hôpital bénévole N°5 bis Nexon (H-V) Le Directeur)

Une carte postale écrite le 9 octobre 1917 révèle que le malade séjourne dans le château du baron de Nexon. Si l’on en croit le recto de la carte postale il s’agit du château de la garde. Le malade écrit, avec des fautes , « je suis chez un baron, dans son château, tu parle d’une bonne vie il parait que j’en n’ai encore pour 1 mois »

CP hopital 5bis texte

Une feuille avec deux photographies jaunies par le temps présente l’État-major de L’Hôpital bénévole 5bis . Sur la photo de droite ne figurent que des femmes. Il semble que ce soit l’État-major avec la baronne de Nexon comme directrice. Elle est assise au premier rang entourée des mêmes personnes à sa droite et à sa gauche sur les deux photos. Les hommes qui figurent sur la photo de gauche sont des militaires. Comme leur nom n’est pas indiqué on peut supposer que ce sont des malades. la baronne est Gertrude Ricardo, l’épouse du baron Maurice « Auguste » de Nexon. Elle est avec ses deux filles Thérèse née le 18 septembre 1890 et Jeanne née le 12 juillet 1895.

Nexon hopital 5bis

Sur la photo de gauche figurent de gauche à droite au 1er rang : Mme St Ange, Mme de Nexon, Mlle Bragard. Au 2eme rang: Mlle Tarrade, Mlle Bonnafy, Mlle J de Nexon, Mlle T de Nexon, Mlle Lelong.

Sur la photo de droite de gauche à droite au 1er rang : Mme St Ange, Mme de Nexon, Mlle Bragard, Mlle T de Nexon. Au 2eme rang: Mlle Tarrade, Mlle J de Nexon, Mlle Lelong, Mlle Bonnafy .

nexon en 1815

janvier 19th, 2015 | Posted by admin in restauration - (0 Comments)

Le 20 mars 1815, Napoléon entre dans Paris par la barrière d’Italie pendant que Louis XVIII s’enfuit par la barrière de Clichy et s’exile à Gand pendant les Cents-Jours.

Le conseil prête serment à l’Empereur

Le 29 avril 1815 le maire et les conseillers municipaux prêtent serment d’obéissance aux constitutions de l’empire et fidélité à l’Empereur.
Drôle d’époque ou a quelques mois de distance le conseil se renie !

Quelques délibérations du Conseil:

Le 26 mai, devant le Maire GUYOT, se sont présentés les sieurs Mathurin MANDARY de Janailhac et Pierre BARRIERE de Betour, élus Maires et adjoint de la commune de Janailhac en remplacement d’Antoine GLANDUS et J.B. BARNAGAUD qui n’étaient que provisoires, pour prêter serment d’obéissance et de Fidélité.

Le 14 juin le Conseil décide l’ouverture d’un registre à la Mairie pour recevoir les dons volontaires que tout citoyen voudrait faire en faveur de l’État pour subvenir aux besoins actuels d’équipement des gardes Nationaux mobilisés.

Le 18 juin le Maire reçoit le serment de fidélité à l’Empereur du sieur Vincent Barthélémy SAUVAGE, arpenteur géomètre à Limoges qui procède à l’arpentement de la commune de Nexon.

Le 18 juin 1815 c’est la défaite de Waterloo. Le 22 juin Napoléon est contraint d’abdiquer et est exilé à Saint Hélène. Le 8 juillet Louis XVIII regagne Paris et son trône. C’est la seconde restauration.

 

Les taxes sur les débits de boissons sont jugées trop lourdes…

Le 20 aout tous les cabaretiers et débitants de boissons de la commune de Nexon : Henry SALIE du village de l’Articie, Jean PEYRAT de Veyrinas, François MAZERIEUX de Nexon, François MARCHADIER de Bosmarèche, Mathurin BONNET, Pierre LELONG, Vve JOUHAUD, Jean LELONG, LANDRY, Vve SAZERAT, Martial LIMOUSIN, Pierre FAYARD, François BARBARY, Annet LELONG, Marguerite BATAILLE, du bourg se sont présentés à la Mairie et ont exposés que la répartition de la somme de 2 680,35 francs faite par Messieurs les Syndics des Débitants de Boissons le 1er juin dernier était trop considérable et qu’ils ne pouvaient continuer leur profession et qu’ils donnaient leur démission de cabaretiers.

Le 9 octobre, Jean RAYNAUD cordonnier à Valeix, déclare quitter la commune de NEXON.

NEXON 1905

décembre 3rd, 2014 | Posted by admin in Histoire | XX siècle - (3 Comments)

Pierre Dumont, Imprimeur, Éditeur et Libraire à Limoges édite l’Annuaire Dumont, à partir de 1903, puis du Tout-Limoges et Limousin, concurrent et rival de l’Almanach-Annuaire Limousin de Ducourtieux. L’Annuaire 1905, troisième année de son édition, donne une description précise de l’activité économique des communes en particulier celle de Nexon.

Le canton compte 8 communes qui regroupent 11 963 habitants et 3 747 électeurs. ( Le suffrage universel masculin est adopté par le décret du 5 mars 1848 et ne sera plus remis en cause. Sont électeurs les Français âgés de 21 ans et jouissant de leurs droits civils et politiques. Pour voter, il faut résider depuis six mois au même endroit. Les militaires, les Français habitant à l’étranger ne votent pas. Le droit d’être élu est accordé à tout électeur de plus de 25 ans. Le vote devient secret.)
La commune de Nexon a 3 228 habitants et 1 032 électeurs.

Administration 

Conseiller général : Louis Nouhaud, pharmacien

Conseillers d’arrondissement : MM. Valery, Joseph Tarrade, huissier.

Le conseil d’arrondissement était formé par des conseillers élus sur les territoires des cantons, au scrutin majoritaire uninominal à deux tours. Le conseil devait compter un minimum de 9 conseillers, pour 9 cantons. Les fonctions de conseiller d’arrondissement n’étaient pas rémunérées, et elles pouvaient être cumulables avec un mandat parlementaire.
Dès le début du XXe siècle le scrutin d’arrondissement fut très critiqué du fait des inégalités de population, en particulier pour les arrondissements de montagne. Après les pertes dramatiques de population dues à la Première Guerre mondiale les inégalités devinrent encore plus flagrantes.
Mais ce n’est que le 10 septembre 1926 qu’un décret-loi supprima 106 arrondissements, réduisant ainsi leurs nombres de 386 à 280. L’arrondissement de Saint-Yrieix qui avait été créée le 17 février 1800 a ainsi été supprimée le 10 septembre 1926.

Maire : François Lelong

Adjoints : André Grospas et Arsène Bonnafy

Conseillers : François Lelong, Louis Mayéras, Simon Rebeyrol, Ferréol Jouhaud, Jean Doudet, Martial Barret, Léonard Desplanches, Joseph Tarrade, Jean Lathouille, Jean Chirol, Henri Bragard, Bernard Noailhas, Louis Nouhaud, Jean Parthonnaud, Pierre Faure, Henri Pradeau, Jean Barret, Jean Pradeau, Armand de Nexon.

Secrétaire de Mairie : F. Goïau

Gardes champêtres : MM. Piquet et Bregère.

Percepteur : Cyprien Guyonnet.

Juge de paix : Henri Portes.
Greffier du juge de paix : M. Bonnafy.

Huissier : Joseph Terrade

Gendarmerie : MM. Breilloux, maréchal des logis ; Marquet, Février, Quillard, Caillés, gendarmes.

Receveuse des postes et télégraphes : Mme Lestrade, suppléante : Mlle Mérigot.
Receveur buraliste : Pierre Desprats.

Tambour-afficheur : Louis Nouhaud.

Chefs de gare : MM. Bouygues et Rocques

Ecoles

Ecole communale de garçons : MM. Chambon, directeur ; Lamaud et Sicot, adjoints.
Ecole communale de filles : Mme Chambon, directrice ; Mme Sicot, adjointe.
Ecole libre et pensionnat de jeunes filles : Mlle Migaud, directrice.

Bureau de bienfaisance : MM. François Lelong, maire, président. Dr Henri Frugier, Dr Albert Thomas, Gabriel Blanchard propriétaire, Arsène Bonnafy propriétaire, Jean Bonnet débitant, Joseph Tarrade, membres.

Société de secours mutuels : La fraternelle Nexonnaise (6 juillet 1904). MM. Joseph Tarrade, président, Desplanches trésorier, Aupetit, secrétaire, Lombertie, surveillant. La société semble avoir été créée en 1900. Les archives de la Haute Vienne ont des documents des années 1900 à 1939.
En Limousin, ce sont les ouvriers porcelainiers qualifiés qui fondent en 1821 la première société de secours mutuels des peintres porcelainiers. De nombreuses autres suivront et regrouperont les ouvriers par métiers. Le 26 mars 1852, Louis Napoléon Bonaparte légalise par un décret les « sociétés mutualistes » ou « sociétés de secours mutuels ». Le 16 décembre 1888, le Syndicat des Sociétés de Secours Mutuels de Limoges et de la Haute-Vienne est constitué. La loi du 1er avril 1898, dénommée Charte de la Mutualité, précisera leur fonctionnement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Culte 

Curé doyen : Charles Moussard, chanoine, curé doyen de 2eme classe ;
Vicaire : Edmond Giraud.
Noter qu’il a 10 curés dans le doyenné de Nexon.

Les professionnels de santé

Médecins, ils sont quatre : Henri Cubertafon, Henri Frugier, Félix Lelong, Albert Thomas.
Pharmaciens: Paul Bonnet, Louis Nouhaud.
Sages-femmes : Mmes Coulon, née Truchassou et Jouhaud, née Barret.

Foires

Elles ont lieu le 1er de chaque mois de janvier, février, mars, avril, mai, et décembre et le 16 de chacun des mois de janvier, février, mars, avril, mai, juillet, août, octobre, novembre, décembre et les 14 juin, 1er août et 18 septembre.

Les commerçants et artisans

Armuriers : Charreix, Delaty.

Assurances : Belier (L’Aigle), Nicolas, à Meilhac (Centre Mutuel, Océan, Ferme), Gizardin (France), Fournier (Générale).

Aubergistes : Bégot, Bonnet, Bourdeix, Breix, Charreix, Chatard, Couvidou, Defaye, Décubes, Desmaisons, Duroux, Guyot, Jourdes, Lauzeille, Lavaud, Momot, Nouhaud, Pirat, Pruny, Queyroix, Richard, Tarrade, Tombelaine, Tricard , Truchassou. 25 aubergistes, c’est impressionnant !

Banquiers : Blanchard et Lachenaud, Antonin Delaty.

Bières : Couvidou, Faure, Faure (M.), Queyroix.

Bijoutiers-horlogers : Desplanches, Parrot.

Bois (Marchand de) Couvidou, père.

Bois de construction : Laspougeas.

Bonneterie : Lavergne (Vve), Prunet (Vve), Verneuil, Hubert (Vve).

Bouchers : Charreix, Guyot, Antoine Laleu, Cyprien Laleu, Laurent Lelong, Barthelemy Lelong.

Boulangers : Deschamps (Vve), Meynier, Pressicaud, Veyriéras.

Bourreliers : Couvidou fils, Laplaud, Pruny.

Bureaux de tabac : Sallon (Mme), Thomas.

Cafés : Guyonnaud (Vve), Laplaud, Peyrat.

Camionneurs : Laspougeas, Fernand Richard.

Carriers : Dudognon, Guyot.

Cartes à jouer : Pierre Desprats, receveur buraliste.

Chapeliers : Denis, Guyonnaud, Nouhaud, Texier.

Chaisier : Denis.

Charbon : Aupetit.

Charcutier : Bégot.

Charpentiers : Déliran, Laspougeas, Rousseau.

Charrons : Combrouze, Desmaisons, Perrier, Peyrat, Truchassou.
Chaudronniers-Ferblantiers : Charreix, Delaty.

Chaussures (Marchand de) : Adam.

Chevaux (Loueur de) : Fernand Richard.

Coiffeurs : Denis, Guyonnaud, Nouhaud, Texier.

Cordonniers : Adam, Guyot, Lamberty, Marquet, Sazerat, Truchassoux, Verneuil.

Couturières en robes : Mmes Aymard, Breix, Combrouze, Mlle Desmaisons, Mmes Jourde, Rougerie, Texier.

Distillateur : Jouhaud.

Draperie et rouennerie : Mme Hubert, Vve Lavergne, Vve Prunet, Verneuil.

Entrepreneurs : Breix, Dumont, Jules Rousseau.

Épiciers : Breix, Deschamps, Duroux, Imbeau, Lomberty, Limousin, Meaux, Nardot, Pradeau, Prunet (Vve), Pyrat, Suiduiraud.

Experts : Henri Bragard, Léon Bragard, François Lelong.

Ferblantiers-lampistes : Charraix, Delaty.

Fabricant d’enseignes : Charraix, Delaty.

Hôtels : Jean Bonnet ( de la Gare), Bourdeix (Vve) (de France), François Chatard (des Voyageurs), Defaye (de la Poste), Desmaisons (du Faisan), Guyot ( du Champ de foire), Lauzeille (du Nord), Pruny (du Commerce).

Maçons : Breix, Dumont, Meaux, Pélopidas.

Maréchaux-ferrants : Descubes, Imbert, Parvaud, Rapnouille.

Mécaniciens : Louis Aymard, Léonard Peyrat, Pierre Peyrat.

Menuisiers-Ebénistes : Laurent Béchade, Chenu, Gibaud, Grandmagnat, Lanternat, Laurent, Perrier, Ratier.

Merciers : Breix, Charraix, Imbaud, Lomberty, Limousin, Meaux, Prunet (Vve), Verneuil, Pyrat.

Messagers : Laspougeas, Peynichoux, Philippe Rochette.

Monuments funéraires : Dunaud.

Moulins à farine : Gibaud, moulin des moulins ; Latouille, moulin de Biart, Nadomme, moulin Pinton et Barlet ; Thomas, moulin des Ebras ; Brochet, moulin Mazeau ; Chirol, moulin de Meilhac.

Pâtissiers : Bourdeix, Tombelaine.

Peintres : Dupuy, Lafarest, Mariette.

Plafonneurs : Bataille, Dupuy, Fouyaud, Lafarest.

Pressoirs à cidre : Gropas, Laspougeas, Nadomme, Peyrat (Ld); à huile : Laspougeas.

Quincailliers : Charraix, Delaty, Limousin, Suiduiraud.

Sabotiers : Arnault, Aupetit, Bonnet, Estier, Lamour, Latouille, Nouhaud, Perrier.

Serruriers : Aymard, Desmaisons, Grospas, Perrier, Peyrat (Ld), Pierre Peyrat, Combrouze, Thomas.

Tailleurs : Authier, Barraud, Combrouze, Mathieu, Meaux, Rougerie, Truchassoux.

Tailleur de pierres : Dunaud.

Tisserand : Roussel.

Fabricant de tuiles : Duché, René Frugier, Léonard Frugier.

Vins en gros : Léon Bragard, Jouhaud, Lauzeille, Rebeyrol.

Voitures à volonté : Georges Parot, Antoine Peynichou, Arthur Richard, Philippe Rochette.

Voitures publiques : Nexon- Les Cars durée du trajet 1h30.

Propriétaires notables : MM. Blanchard, Bonnafy, Bonnet, Boutaud-Lacombe, Decoulhac, Frugier, Jabet, Lachenaud, Armand de Nexon, Auguste de Nexon, Félix de Nexon, Papel, Thomas, de Veyrinas.

Châteaux

Château de la Garde à Auguste de Nexon ; Château de Nexon à Armand de Nexon ; château du Plantadis à M. Jabet ; Château des Pousses à Émile Lachenaud, Château de Sazerat à Alphonse Lemaire, Château de Varneix à M. le commandant Louis Duboys ; Château de Veyrinas à M. de Veyrinas.

Le baron Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau ; Collections Ville de Périgueux, Musée d'art et d'archéologie du Périgord ; Inv. n° B.1460

Le baron Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau  Collections Ville de Périgueux,
Musée d’art et d’archéologie du Périgord ; Inv. n° B.1460

Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau est né le 29 juillet 1756 à Nexon. Il est le fils de Jean-Baptiste de Verneilh, notaire royal à Nexon, et de Françoise Brun.

Juriste de formation il devient avocat. Il épouse Christine de La Vallade, dame de Puyraseau (Dordogne). Il aura 4 enfants :
• Mathurine-Hélène qui épousera Antoine François Pabot du Chatelard puis de Bertrand Bourdeau.
• Françoise-Geneviève épouse de Pierre-Marie Valade.
• Antoinette-Eulalie épouse de Jean Sasseau de Vigneras.
• Jean-Baptiste époux de Mademoiselle Chassaignac de la Berthonie.
Il quitte Nexon pour exercer en Dordogne. Au moment de la révolution il en partage les idées. Maire de Pluviers (Dordogne) et membre du conseil général il est élu député de la Dordogne le 9 septembre 1791. Il siégea parmi les modérés.
Pendant la Terreur il se retira à la campagne. Après la chute de Robespierre il fut nommé président du tribunal civil de Nontron, puis, en 1799, président du tribunal criminel de la Dordogne.
Rallié à Bonaparte après le coup d’état du 18 brumaire, il fut successivement Préfet de la Corrèze puis Préfet du département du Mont-Blanc (Savoie actuelle). En février 1804 il est révoqué pour avoir refusé de faire condamner 322 familles de conscrits réfractaires.
Sa disgrâce dura peu, car, en mai suivant, il fut nommé directeur des droits réunis dans la Mayenne, mais il refusa. Il se retrouve directeur du bureau des desséchements*
*La priorité accordée aux céréales au XVIIIe siècle et la volonté d’en augmenter la production conduisit à accroître les surfaces labourables. Pour cela il fallait défricher et dessécher. Les principales cibles étaient les étangs et les marais. Les étangs, surtout après la révolution, étaient la première cible pour l’assèchement car, dans l’Ancien régime seul le seigneur décidait de la création et de l’extension des étangs sur sa seigneurie, même si cela se faisait au détriment des terres ou des prés situés autour. Les marais étaient condamnés pour deux raisons; d’abord pour une raison sanitaire, leurs eaux stagnantes étaient accusées d’engendrer de nombreuses maladies et épidémies. Ensuite les marais étaient considérés comme peu productifs car mal gérés du fait qu’une grande partie d’entre eux étaient des biens communaux. Pour une analyse complète de ce sujet lire Jean-Michel DEREX, 13. Le dessèchement des étangs et des marais dans le débat politique et social français du milieu du XVIIIe siècle à la révolution In : Eau et développement dans l’Europe moderne [en ligne]. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2004 ; Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionsmsh/1354>. ISBN : 9782735115761.

Le 10 aout 1810 il est élu député de la Dordogne. Il approuve la chute de Napoléon et en 1814-1815 et le 18 mai 1815 il est élu à la Chambre des Cent-Jours par l’arrondissement de Nontron puis en septembre 1817 il est député du grand collège de la Dordogne. Battu en 1824 il est élu en 1827 et en 1830.
A la Restauration il est fait baron et il est promu chevalier de la Légion d’honneur.
Il meurt à Limoges le 3 juin 1839.
En 1836, il publiera ses mémoires « Mes souvenirs de 75 ans ». Alors qu’il est appelé Jean-Joseph dans toutes les biographies, ses mémoires sont signées « Charles-Joseph » ! Il y a la une énigme ! Quoi qu’il en soit ces mémoires sont intéressantes car elles relatent sa jeunesse à Nexon, les vacances qu’il y passait et les voyages qu’il rendait à ses parents. Elles le sont aussi par la description de la vie à la fin du XVIIIe et au début du XXe siècle.

Les Lastours ou Las Tours sont la première baronnie du Limousin selon certains, la seconde selon d’autres [1]. Leurs armes sont « d’azur à trois tours d’argent, 2 et 1, cantonnées de cinq fleurs de lis d’or, 3, 2 et 1 ou d’argent à trois tours de sable accompagnées de 6 fleurs de lis de même, 3 en chef, 2 en fasce et 1 en pointe. Ces armoiries se voient à l’église, au dessus de la porte du fond de la nef. Après la première croisade ils prirent de gueules à un bras armé d’or, du côté senestre de l’écu, et tenant une épée nue d’argent en pal, la garde et la poignée d’or ».

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Le blason des Lastours

La lignée des Lastours trouve sont origine, d’après les chroniques de Geoffroy de Vigeois, avec Gulferius de Lastours cité en 957, 962 et en 988, comme étant le compagnon de lutte et l’allié d’Archambault, vicomte de Comborn, dit « le Boucher » ou encore « Jambe Pourrie ». Gulferius se maria vers 970 et eut deux fils, Guy et Boson de Lastours. L’aîné, Guy de Lastours, surnommé « le Noir » à cause de la couleur de ses cheveux, jouissait d’un grand renom parmi les princes et les jeunes nobles du Limousin. Il était réputé pour sa bravoure entre tous les Seigneurs Limousins.
Son fils, Gouffier de Lastours dit le Grand ou le Vieux est né en 1080 et il est mort en 1135. Lors de la première croisade (1096 à 1099), aux cotés du comte de Toulouse, sa vaillance lui valut d’être considéré par les croisée comme « l’un des plus intrépides et des plus vaillants hommes de la terre » [2]. La chanson d’Antioche rapporte ses exploits [3].

Leur courage fut également mis en valeur lors des batailles contre les anglais où les limousins mettront en déroute les soldats de Richard « Cœur de Lion » après qu’il eu reçu la flèche qui lui fut fatale, le 26 mars 1199, sous les murs du château de Chalus, appartenant alors au vicomte de Limoges.

Au crépuscule du Xe siècle, les Lastours font déjà partie de la haute aristocratie limousine. Ils assoiront cette place privilégiée au sein de la noblesse limousine grâce à des mariages avec les familles de haut lignage. Cette place importante dans le paysage nobiliaire limousin leur vaut des conflits fréquents et parfois violents aux vicomtes de Limoges, qui voient en eux des vassaux quelque peu envahissants.

Durant la première moitié du XIIIe siècle, les querelles de légitimité et d’héritage au sein de la famille conduiront à la perte du prestige et au déclin des Lastours. En effet les représentants des branches indirects mais légitimes revendiquaient et obtenaient leur émancipation assortie d’une donation de parcelle territoriale.
Au XIIIe siècle un premier lien s’établit entre les familles de Lastours et de Nexon quand Agnès, fille de Séguin de Lastours, épousa Guy de Nexon.
En 1263 Ranulphe de Lastours, né vers 1200, chevalier et coseigneur de Lastours, fait dresser « les états et coutumes de la ville de Lastours avec les franchises des habitants portant qu’il était français (c’est à dire du côté du roi de France) et lesdits habitants anglais lesquels ledit seigneur recevra pour ses sujets et serviteurs». Il épousa vers 1270 Mademoiselle de Châteauneuf.

La maison des de Bourdeilles prétendait avoir des droits sur les domaines, suivant une transaction de 1266, passée entre Elbe de Bourdeilles et Ranulphe de Lastours, par médiation d’une vicomtesse de Limoges; mais cette médiation resta sans effet.

Le déclin se poursuit durant une grande partie du XIIIe siècle et la première moitié du XIVe. Vers 1330, Agnès de Lastours épousa Guy de Campagne. Ils eurent trois enfants, Geoffroy (1330-1374), Gouffier (1340-1425) et Guy (1350- ?). En 1354, Gouffier de Lastours, cinquième du nom, sera obligé, faute de descendant direct et légitime, de léguer les restes de la seigneurie à son neveu, le chevalier Geoffroy de Campagne. Ce neveu se verra par ailleurs contraint par les clauses du testament de son oncle à prendre le nom et les armes des « de Lastours » afin que ceux-ci ne disparaissent. Il est « sire de Lastours et de Nexon ».

En 1354 Jean de Gain, fils de Jeanne de Lastours et d’Aymery de Gain reçu la seigneurie de Linars et les dîmes de Nexon selon le testament de son oncle Geoffroy de Campagne, décédé le 3 juillet de cette année, qui était le fils de Guy de Campagne et d’Agnès de Lastours.

Mais au commencement du XIVe siècle, Nexon avait certainement changé de Maître, et appartenait aux vicomtes de Limoges, puisqu’en 1317, un de ces vicomtes donna à Gaucelin de Campagne «le droit de garenne et de Chasse aux faisans, bêtes fauves et autres animaux dans les bois du Chatenet près du bourg». Cet état de chose subsista pendant plus de 150 ans, et c’est durant cette période, en 1445, que fut terminée l’église de Nexon. A ce moment-là, le roi de France, Charles VII, avait déjà reconquis la plus grande partie de son royaume, grâce à Jeanne d’Arc.

Jean de Lastours, chevalier, baron de Lastours, premier baron du Limousin, seigneur de Champagne, Rilhac, Nexon…, conseiller du roi Charles VII en 1452 entra en conflit avec Gauthier des Cars et porta l’affaire devant le Parlement. Il obtint une sentence en sa faveur ainsi que des lettres royales en 1463 prononçant la mise sous séquestre de la seigneurie des Cars pour refus d’hommage. En 1479, Gauthier des Cars reconnaissait ses droits. Tous ces procès interminables qui se prolongeaient parfois sur des siècles entre les familles furent une des causes de la ruine de la noblesse et de l’enrichissement des nouvelles familles de robe.

Plusieurs membres de la famille de Lastours furent curés de Nexon. Jean de Lastours , bachelier en droit civil et canon, fut curé de Nexon, Bussière-Galant et Rilhac. Le 9 février 1496, il fit construire la nef de l’église de Nexon pour 400 livres et 400 setiers de froments. Il mourut vers 1511. Geoffroy, fils de Jean de Lastours, devint prêtre et doyen du Puy-en-Velay en 1501. Il présida en 1505 et 1508 l’assemblée des États du Languedoc tenue à Nîmes, il fut curé de Nexon et autres lieux de 1523 à 1527. Et aussi François de Lastours, protonotaire du Saint-Siège dès I534, abbé de Dalon (Dordogne), doyen du Puy-en-Velay, prévôt de St-Vaulry (Creuse) et curé de Nexon dès 1537. « Il fut frappé en juillet 1546 en revenant de N.D. de Rocamadour de certain coup de canon à St-Robert près de Vignoux duquel il mourut ».
En 1467, par contrat du 4 juin, Alain d’Albret et Françoise de Bretagne, sa femme, vendirent cette seigneurie à Gaucher de Pérusse des Cars, sous la réserve de la justice du bourg et de l’hommage, Au mois d’avril 1499, il en fut fait partage entre la maison des Cars et celle de Lastours. Après être ainsi rentrée dans la maison de Lastours, la terre de Nexon, passa par alliance dans celles d’Abzac et de Hautefort.

château de lastours 081210

Le château de Lastours aujourd’hui

[1] Jean Ruchaud, «Généalogies limousines et marchoises» éditions Mémodoc.

[2] Son tombeau se trouvait dans l’église du Chalard. La pierre qui recouvrait le sépulcre, retrouvée en 1884, porte cette inscription : « Hie Jacet Dominus Golferius de Torribus et de Nexonio, et Dominus Guido, filius ejus, milites …….filia ejus et genus suum qui elegerunt ad opus sui et suorum hic sepulturam. Animoe eorum per misericordiam Dei requiescant in pace. Amen ». Ce qui signifie « Ici repose, le seigneur Gouffier de Lastours et de Nexon, et Gui, son fils, Chevaliers …… sa fille et sa famille qui avaient choisi ici leur sépulture, que leurs âmes, par la miséricorde de Dieu repose en paix. Ainsi soit-il. »
Abbé Lecler, Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne, Limoges, 2 vol 1920-1926. Article « Le Chalard».

[3] La Chanson d’Antioche est une chanson de geste en ancien français, qui relate les événements autour de la conquête d’Antioche par les Croisées en 1098. La version originale a été perdue. Elle aurait été composée par un témoin visuel, Richard le Pèlerin. Il aurait commencé l’écriture au cours du siège qui dura huit mois. Ce texte a été traduit en occitan et complété par Grégori Bechada vers 1125 et en latin par Albert d’Aix vers 1120.

La poste à Nexon

août 19th, 2014 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | Histoire | La poste - (1 Comments)

C’est au XVIIe siècle qu’a été organisé le premier service des postes. Il reprend le modèle du Cursus publicus des Romains, service de poste qui assurait les échanges officiels et administratifs au sein de l’Empire et celui des messageries de l’Université.
Louis XI avait, par un édit du 14 juin 1464, crée la poste royale chargée du transport de la correspondance et des édits royaux. Seule la correspondance d’Etat était concernée. Les plis privés étaient pris en charge par l’Université. En effet l’Université de Paris avait mis en place un système de messageries qui se chargeait du transport des voyageurs, paquets et correspondance entre les différentes provinces qui lui envoyaient ses nombreux étudiants.

Louis XI constitua deux groupes, le premier composé des « courriers du cabinet » chargés de transporter les missives royales et le second, les « postes assises » chargées de fournir les chevaux. Ils deviendront les « maîtres des postes » qui disparaitront en 1873, supplantés par le chemin de fer.

Les relais étaient installés tous les sept lieues (soit 28 kilomètres), distance qu’un cavalier peut parcourir au galop. Seuls les courriers du roi pouvaient aller au galop, les autres cavaliers allaient au trop et ne voyageaient que de jour. Le cavalier changeait de monture à chaque relais et changeait quatre fois de chevaux par jour parcourant ainsi près de 90 kilomètres par jour. Les courriers royaux arrivaient à Limoges quatre jours après leur départ de Paris. Au XIXe le train a mis Paris à quelques heures de Limoges aujourd’hui, avec les messageries électroniques les délais n’existent plus et nous vivons dans l’instantané.

Des employés des relais, les postillons, ramenaient les chevaux au relais d’origine. Les maîtres des postes louaient les montures, sauf aux courriers pour qui elles étaient gratuites, et tenaient des auberges où les voyageurs pouvaient se restaurer et se reposer.

Les voitures de poste empruntaient les routes dont on connaît le tracé par quelques «guides» au départ destinés aux pèlerins, principalement ceux en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle. Le premier Guide imprimé en français et entièrement dédié à la France a été publié en 1551 par Charles Estienne. Intitulé « La Guide et vray enseignement des chemins du royaume de France » il a connu plusieurs éditions corrigées, revues et augmentées. Il donne des renseignements sur les routes, les cours d’eau, les villes et les villages, les grands itinéraires, les relais, les dangers qui guettaient le voyageur, les foires, les monnaies et le change, les monuments archéologiques et artistiques, les manufactures, les fleuves… Ainsi il donne sept itinéraires qui traversent le Limousin. Cinq partent de Paris et rejoignent Toulouse, Cahors ou Agen en passant par Limoges, Felletin, Tulle ou Brive. Les deux autres itinéraires sont celui de Lyon à Bordeaux, par Clermont, Limoges et Périgueux qui suit, en partie, le tracé de la voie romaine de Lyon à Saintes et celui de Guéret à Poitiers. Les premiers relais de chevaux partant de Limoges pour aller à Paris, Toulouse, Bordeaux et Lyon furent établis en 1602.

la poste en 1675

La poste en 1675  (Source : Georges Veyrinaud page 36)

Aucune route signalée à l’époque ne passe par Nexon et pourtant des voies romaines traversaient la commune. Nous en parlerons dans un prochain article. Il faut dire que les routes du Limousin n’étaient pas dans un très bon état et qu’il a fallu attendre l’arrivée de Turgot comme intendant en 1760 pour que les choses s’améliorent.

Peu à peu les messagers royaux prirent en charge des correspondances privées et leur organisation s’étoffera. Grâce à Henri IV et à son ministre Sully qui aimait répéter « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » le service de la poste bénéficia des chevaux qui leur étaient nécessaires. Avec Richelieu, une tarification unifiée est mise en place et à partir de 1622, une périodicité régulière est instaurée. En 1627 le premier tarif des lettres, dit tarif d’Alméras, du nom du contrôleur général des postes, ne concerne que quatre destinations : Bordeaux, Lyon, Toulouse, Dijon. La taxe des lettres simples est de 2 sous entre Paris et Dijon, de 3 sous entre Paris et Lyon, Paris et Bordeaux, Paris et Toulouse.

La Ferme générale des Postes concède au fermier, moyennant un bail de cinq ans, l’exploitation du service postal avec les bénéfices et les privilèges qui lui sont attachés. Les fermiers qui payent cher ces baux, cherchent à éliminer la concurrence des messageries privées qui subsistent et à augmenter leur propre trafic. Ceci va entraîner durant le siècle suivant une expansion constante des relations entre villes et la création de nombreux bureaux. Ils passent de 770 en 1703 à 1323 en 1791. Ces bureaux ont des employés préposés à la réception et à la distribution des lettres et paquets, ainsi qu’à la perception des taxes. En 1719 les messageries universitaires sont définitivement agrégées à la ferme des postes.

Le Calendrier de 1779 et l’Indicateur du diocèse de 1788 indiquent les bureaux des postes où doivent être adressées les lettres pour toutes les paroisses du diocèse et de la Généralité de Limoges et les jours auxquels les courriers partent de Limoges pour ces différents bureaux. Les 878 paroisses sont desservies par 58 bureaux, tous placés sur le bord des routes de poste dont six partent de Limoges :

– De Limoges à Paris par Orléans, 46 postes (par La M)aison Rouge, Chanteloube, Morterolles, Doignon).
– De Limoges à Toulouse par Cahors, Montauban, 36 postes (par
Boisseuil, Pierre-Buffière, Magnac-Bourg, Masseret, Uzerche, Le Bariolet, Donzenac, Brive, Cressensac).
– De Limoges à Lyon par Clermont, Thiers et Roanne, 41 postes (par le Mazet, Saint-Léonard, Sauviat, Bourganeuf, Pontarion, Charbonnier, Aubusson, Le Poux, La Villeneuve).
– De Limoges à Bordeaux par Périgueux, 26 postes (par Aixe, L’Etang, Châlus).
– De Limoges à Angoulême, par Saint-Junien, 10 postes (par La Barre, Saint-Junien, Chabanais, Pont-Sigoulant, Chasseneuil, La Rochefoucauld).
– De Limoges à Poitiers par Bellac et Lussac-les-Châteaux, 26 lieues (par le Petit-Limoges, Maison-Rouge, Berneuil, Bellac, Saint-Bonnet).

De 1764 à 1790 il y avait trois jours d’arrivée du courrier. Le lundi à 8 heures du matin arrivait le courrier de Bordeaux, le mardi soir, les messagers de Confolens, Guéret, Clermont, Moulins, Eymoutiers et le courrier de Paris, le vendredi à midi les courriers de Toulouse,
Aurillac et à 5 heures du soir, le courrier de Poitiers, chargé des paquets de Paris, La Rochelle, Bordeaux, Angoulême.

Il y avait aussi trois jours de départ des courriers. Le mardi matin partait le messager de Saint-Léonard et le soir, le courrier de Poitiers, chargé des paquets pour Paris, La Rochelle, Bordeaux et Angoulême, à 11 h. 30 le courrier de Bordeaux, à minuit, le courrier de Toulouse. Le vendredi à 2 heures de l’après midi partait le courrier de Paris et à 8 heures, le soir les messagers pour Confolens, Guéret, Moulins et Clermont. Le mercredi matin était le jour du messager d’Eymoutiers. A partir de 1773, les mardis et vendredis soir partait le messager de Châlus. Nexon n’était pas desservis directement aussi fallait-il qu’une personne se rende à Limoges pour récupérer le courrier.

Avec la Révolution, les maîtres de poste perdent leur privilège. Les directeurs des bureaux de poste sont élus au suffrage universel. En 1791, la ferme est supprimée et les postes sont exploitées directement par l’État.

Le 8 pluviôse An V (27 janvier 1797) l’assemblée communale de Nexon décide que le bureau de Poste de Limoges est le plus commode pour elle, et de l’intérêt du Canton, le courrier sera porté à Limoges et pris à Limoges par un commissionnaire.

En 1804 la Haute-Vienne compte 11 bureaux de direction de poste situés à Limoges, Arnac, Bellac, Châlus, Chanteloube, Le Dorat, Morterolle, Rochechouart, Saint-Junien, Saint-Léonard et Saint-Yrieix. Un 12eme bureau est créé à Pierre-Buffière en 1812. En 1830 vient s’ajouter celui d’Eymoutiers.

Le 18 juin 1823 le conseil confirme son désir de faire prendre deux fois par semaine par un piéton sa correspondance au bureau de poste de Limoges. A partir de 1824, un piéton fait le service de la poste pour Solignac et Nexon. Il part le mercredi et le samedi.

Création d’un bureau de poste à La Plaine

En 1830 est mis en place un service rural qui permet aux villages d’être desservis par le facteur d’abord tous les 2 jours, puis progressivement tous les jours. Mais le 2 mai 1830 le conseil municipal de Nexon proteste contre la lenteur du courrier. Une lettre postée à Limoges n’arrive à Nexon que 4 ou 5 jours après car le service est fait par un piéton qui va de Limoges à Saint-Yrieix tous les 2 jours. Il demande la création d’un bureau de poste à La Plaine ou au Plantadis où la commune ferait prendre son courrier à ses frais. Cette protestation de Nexon n’était pas la seule et le Conseil général de la Haute-Vienne attachait une grande importance à ce que toutes les communes soient desservies quotidiennement. Entre 1840 et à 1848 il renouvelle ses vœux pour qu’un bureau de poste soit créé dans tous les chefs-lieux de cantons ou dans les localités d’une certaine importance.

La protestation du conseil municipal a été entendue et finalement ce fut La Plaine, sur la route de Limoges à Saint-Yrieix, qui a été choisie pour la création d’un entrepôt de dépêches. Ils sont 6 en Haute Vienne : Châlus (extra-muros), Conore (commune de Peyrilhac), La Maison-Neuve (route d’Eymoutiers), Moulin de la Poitevine (commune de Bussière-Poitevine), La Plaine (commune de Nexon) et Vayres. Les bureaux d’entrepôts reçoivent et expédient les dépêches des directions et distributions qui ne sont pas situées sur le passage des courriers.

Le 4 mai 1846, Jacques PENICAULT, Maitre de Poste, est installé au relais de Poste de La Plaine, par arrêté du Roi, avec engagement d’avoir de nombreux postillons, chevaux et équipages nécessaires et prescrits par le service.

Création d’un bureau de poste à Nexon

En 1848 il y a 21 bureaux de direction, avec ceux d’Aixe, Châteauponsac, Magnac-Laval, Mézières, Nantiat, Nexon, Saint-Germain, Saint-Sulpice-les-Feuilles (le bureau de Razès a remplacé celui de Chanteloube. Nexon a enfin son bureau de poste.

A coté des bureaux de direction il y avait les bureaux de distribution dont les attributions étaient moins étendues. Ils ne recevaient pas de dépôt d’argent, on n’y payait pas de mandats et on n’y recevait pas d’affranchissement pour l’étranger. Il y en a 14 en 1848 situés à Ambazac, Bessines, Châteauneuf, Laurière, Lussac-les-Eglises, Magnac-Bourg, Nieul, Oradour-sur-Vayres, Peyrat-le-Château, Sauviat, Solignac, Saint-Laurent-sur-Gorre, Saint-Mathieu.

Les premiers timbres-poste sont mis en circulation le 1er janvier 1849. Les timbres sont à l’effigie de Cérès, déesse des moissons, et les tarifs généraux sont de 20 centimes pour une lettre jusqu’à 7,5 grammes, de 40 centimes jusqu’à 15 grammes et 1 franc jusqu’à 100 grammes puis 1 franc par tranche de 100 grammes.
Sous le second Empire, à la faveur de l’ouverture de nombreuses routes et du développement des lignes de chemins de fer, la poste prend une grande extension. En 1873 la poste aux chevaux est supprimée.
Le 10 mars 1929 le conseil municipal décide de construire l’actuel Hôtel des Postes. M. SAUTERAUD est désigné comme architecte. Le 25 janvier 1931 un chauffage central est posé à la Poste. Le 20 Juillet 1946 le conseil décide de céder le bureau des Postes à la direction régionale des PTT.
Le 27 octobre 1956 on relève dans la Presse que « Le village de Nexon a été mis en émoi hier, « le facteur Mr G. qui n’avait pas quitté son poste depuis la guerre, « ne fit pas ses tournées habituelles. Les habitants, surpris envoyèrent une délégation chez lui, ils trouvèrent le malheureux les pieds « meurtris, dans une bassine d’eau chaude et soupirant : je ne veux plus porter que des chaussures à semelles de cuir. »

Pour en savoir plus lire :
Paul DUCOURTIEUX, « La Poste en Limousin » dans le bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, TOME LXII-1913

C’est à partir de la Constitution Civile du Clergé du 12 juillet 1790 que les maires qui portent alors le nom d’agents municipaux, sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles.Sont électeurs les citoyens actifs de la commune, c’est à dire ceux qui payent une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

Avec cette Constitution le maire a reçu de nombreuses attributions qui appartenaient auparavant au curé, souvent la seule personne dans les villages sachant lire et écrire. Il n’est pas étonnant qu’aux élections communales de février 1790 un certain nombre de curés ont été élus maires (en Bretagne 20% des maires seront des curés). Dans beaucoup de communes ce sera le médecin ou le notaire. C’était au préfet de trouver dans chaque commune un laïc capable d’assurer les fonctions de maire. Mais beaucoup de préfets se plaignent de ne pas trouver personne. Le Ministère leur demande alors de prendre le moins ignorant.

La constitution du 22 août 1795 (5 fructidor), met en place les municipalités cantonales. Chaque commune élit dorénavant un agent municipal qui participe à l’administration de la municipalité cantonale. L’agent municipal passe sous l’autorité des « présidents des municipalités cantonales ».

Sous le Consulat, la constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants, par le Premier Consul pour les autres.
Avec la loi municipale du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), l’appellation de maire revient et remplace celle d’agent municipal.
La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.
Avec la Seconde République (1848-1851) les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants. Les maires des chefs-lieux d’arrondissement, de département et les villes de 10 000 habitants et plus, continuent d’être nommés par le préfet.
Pendant le Second Empire (1851-1871) les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855.
A partir de 1871 les maires sont élus par le conseil municipal sauf pour les chefs-lieux de département et de canton et les villes de plus de 20 000 habitants où le maire reste nommé par le préfet.
Une loi du 5 avril 1884 étend le principe de l’élection du maire et des adjoints par le conseil municipal, quelle que soit l’importance de la commune (sauf pour Paris). Elle fixe le mandat à quatre ans, durée portée le 10 avril 1929 à six ans. Cette loi est toujours celle qui s’applique. Elle n’a pas été appliquée sous le régime de Vichy où les maires des communes de plus de 10 000 habitants étaient nommés par le gouvernement, ceux des communes de 2000 à 10 000 habitants, par le préfet. Seuls les maires des communes de moins de 2000 habitants étaient élus par le conseil municipal.

Entre élection et nomination…

Quand un pouvoir nomme un maire celui-ci est aux ordres de ce pouvoir. Ce pouvoir change de couleur politique avec le temps. Il royaliste ou républicain, parfois bonapartiste. Lorsqu’il est nommé le maire doit prêter serment de fidélité à celui qui le nomme: l’Empereur, le roi… ou le maréchal Pétain.
Puisque ce maire a été nommé il peut être révoqué. Cela se passe à chaque changement de régime. La révocation est un pouvoir discrétionnaire sous le Premier et le Second Empire. Elle se fait sur avis du Conseil d’État sous la Deuxième République, par décret motivé depuis 1884 et par décret en Conseil des ministres depuis 1982.

Depuis la promulgation de la loi du 28 mars 1882 sur l’organisation municipale qui nous régit encore, le maire est élu par le conseil municipal. Afin d’éclairer le choix des électeurs, il est convenu que la tête de liste aux élections municipales sera normalement la personne que les futurs conseillers municipaux choisiront pour maire. Le choix du maire ne dépend plus du pouvoir central mais de ses électeurs.

Depuis 1e 12 février 1790 Nexon a connu 23 maires. certains ont été réélus plusieurs fois et ont dirigé la commune pendant de nombreuses années. Pour d’autres le passage a été court.
C’est René REBIERE qui détient le record de longévité. Il a dirigé la commune pendant 30 ans, de mars 1965 à juin 1995. Deux autres maires ont exercé leur mandat pendant plus de 20 ans: Jean-Baptiste LIMOUSIN pendant 29 ans ( de juillet 1848 à septembre 1870 puis d’avril 1871 à février 1878) et Albert BOUTAUD LACOMBE maire pendant presque 25 ans (de novembre 1918 à janvier 1943).
Le mandat le plus court a été celui de Pierre SIRIEIX qui a démissionné au bout de 2 mois pour raison de santé. D’autres mandats ont duré moins d’un an, ceux d’Henry LIMOUSIN en 1848, de Roger GAUMY en 1944 et de Mathurin PAULIAT en 1945.

Dossier d'Albert Boutaud Lacombe pour être nommé chevalier de la légion d'honneur en qualité de Maire de Nexon

Dossier d’Albert Boutaud Lacombe pour être nommé chevalier de la légion d’honneur en qualité de Maire de Nexon

 

Liste des maires

Jean Baptiste FAYE, médecin, proclamé maire le 12 février 1790, élu au district de Saint-Yrieix il démissionne le 8 septembre 1790 .
Pierre SIRIEIX, élu le 11 septembre 1790. Démission pour un mois le 23 Brumaire an 2 (13 novembre 1793).
François Louis GUYOT, nommé le 30 nivôse an II (19 janvier 1794).
Jean MAZELLE, nommé le 5 septembre 1806.
Charles de DAVID, Baron des ETANGS, nommé le 11 mars 1824.
Antoine TARRADE, délégué à la place du maire malade, le 9 septembre 1824.
Charles de DAVID, Baron des ETANGS, renommé le 26 décembre 1825.
Armand CUBERTAFOND, notaire, nommé le 20 août 1830.
Arnould CUBERTAFOND, nommé le 11 janvier 1834.
Arnould CUBERTAFOND, nommé le 6 juin 1837.
Henry LIMOUSIN, nommé le 27 février 1848.
Jean-Baptiste LIMOUSIN, élu le 8 juillet 1848.
Jean-Baptiste LIMOUSIN, nommé le 17 juillet 1852.
Jean-Baptiste LIMOUSIN, nommé le 14 juin 1855.
Jean Baptiste LIMOUSIN, nommé le 14 juillet 1860.
Jean Baptiste Paulin LIMOUSIN, désigné le 10 septembre 1870. Frère de Jean Baptiste Henry Limousin.
Jean Baptiste LIMOUSIN, élu le 30 avril 1871.
Jean Baptiste BONNET, nommé le 19 février 1878.
Jean Baptiste BONNET, désigné le 13 février 1881
Jean Baptiste BONNET, élu le 18 mai 1884.
Armand Ferréol GAY de NEXON, élu le 20 Mai 1888.
Gabriel THOMAS, élu le 15 mai 1892.
Gabriel THOMAS, élu le 17 mai 1896.
Gabriel THOMAS, élu le 15 mai 1900.
François LELONG, élu le 15 mars 1904.
François LELONG, élu le 24 janvier 1907.
François LELONG, élu le 8 mai 1908.
François LELONG, élu le 5 mai 1912.
Albert BOUTAUD LACOMBE, élu le 30 novembre 1919.
Albert BOUTAUD LACOMBE, élu le 17 mai 1925.
Albert BOUTAUD LACOMBE, élu le 12 mai 1929.
Albert BOUTAUD LACOMBE, élu le 19 mai 1935.
Albert BOUTAUD LACOMBE, désigné le 1 mars 1941.
François LAPLAUD, désigné le 15 janvier 1943. Démission du conseil le 3 sept 1944.
Roger GAUMY, élu le 22 sept 1944 par un conseil désigné.
Mathurin PAULIAT, élu le 18 mai 1945, démissionne le 17 mars 1946 suite à la perte de confiance du conseil.
Louis Jean PRADEAU, élu le 31 Mars 1946.
Louis Jean PRADEAU, élu en mai 1953.
Louis Jean PRADEAU, élu en mars 1959.
René REBIERE, élu en mars 1965.
René REBIERE, élu en mars 1971.
René REBIERE, élu en mars 1977.
René REBIERE, élu en mars 1983.
René REBIERE, élu en mars 1989.
Liliane JAMIN, élue en juin 1995.
Liliane JAMIN, élue en mars 2001.
Liliane JAMIN, élue en mars 2008.
Fabrice GERVILLE-REACHE, élu en mars 2014.

Le premier Maire

Le 11 février 1790, le sieur Jean Baptiste FAYE, docteur en médecine, a été proclamé Maire de la paroisse de Nexon.

La première délibération du Conseil assemblé chez le Maire, à défaut, est-il dit, de maison commune, eut lieu le 12 Février 1790.

Cette élection s’est faite en plusieurs temps.

Premier temps : les officiers Municipaux avaient été nommés par procès-verbal des 8 et 9 Février, le choix ayant été particulièrement difficile par l’assemblée de la paroisse réunie sous l’inspection de Jean BONNET, Maréchal Chef des Officiers du Comité, le sieur FAYE, réunissant presque tous les suffrages, fut élu Président et le sieur GUYOT, notaire Royal, pour la charge de secrétaire. Ces deux personnes ont prêté serment de soutenir de tous leurs pouvoirs la constitution du Royaume et d’être fidèles à la Nation, à la loi et au Roi. L’assemblée prêta le même serment.

Dans un deuxième temps furent désignés trois scrutateurs, toujours à la majorité des voix, en la personne des sieurs DESTHIVER, curé de la paroisse de Nexon, Nicolas GIZARDIN, notaire et Annet TARRADE, chirurgien.

Le président fit observer que, conformément aux ordres reçus de Paris il fallait distinguer parmi les citoyens ceux qui pouvaient être élus de ceux qui ne pouvaient qu’élire et le secrétaire dressa une liste des membres de l’assemblée.

Dans le troisième temps, aussitôt et séance tenante, il fut procédé à l’élection du Maire par bulletin individuel au scrutin secret. Ce fut le sieur FAYE Jean Baptiste, Docteur en Médecine qui obtint la grande et absolue majorité des suffrages.

Le quatrième temps consista, par un autre scrutin individuel et secret d’élire le PROCUREUR de la COMMUNE. Le sieur Louis GUYOT, notaire Royal, fut élu.

Dans un cinquième temps le Président Maire, déclara que la paroisse comptant près de 2 500 âmes, il était nécessaire de désigner cinq Officiers Municipaux par scrutin de liste. La pluralité absolue des suffrages se porta sur Pierre SIRIEIX marchand, Annet TARRADE chirurgien, Jean de COULHAC meunier, Léonard PRADEAU au bourg et Pierre SAZERAT, huissier au bourg.

Enfin la sixième opération, après quelque repos, fut de procéder à l’élection de douze notables pour former le Conseil Général de la Commune. Furent élus à la majorité : Jean LAFARET ainé du Plantadis ; Jean JOUHAUD dit Renard, de Bosmarèche ; Jean DOUDET dit Le JALAP d’Excette ; Léonard CHIROL de Valeix ; Jean LASPOUGEAS des Moulins ; Martial BAUDOU de Biard ; Pierre JOUHAUD dit Tonichou, d’Excette ; Jean GUYOT dit Bigarot, de Valeix ; Jean VERGNON dit Leliard, de Noyéras ; Jean JAYAT dit Cadichou, de Lartissie ; Pierre MARTY dit Pierricaud, de Noyéras et Denis DESCHAMPS de Biard.

Puis ont été déclarés notables de NEXON les sieurs Jean DESPLANCHES dit Planchaud, de Sallas ; Léonard DUVERNEIX dit le Roudier, de Montezol et GAREAU de Biard, et en même temps suppléants en cas d’événement. Ce fut au tour du Procureur de la Commune de prendre la parole. Il expose qu’un grand nombre des habitants de la paroisse serait bien aise que la Municipalité autorisa l’établissement de la Garde Nationale dans le bourg de NEXON, et, qu’au gré de tout le monde, elle serait composée d’un commandant, d’un major, d’un aide-major, de quatre capitaines en premier, de quatre capitaines en second, de quatre lieutenants et de quatre compagnies composées de 32 hommes chacune, dont une de grenadiers.

Les officiers municipaux et le Conseil Général de la commune dressèrent une liste des personnes susceptibles de faire partie de la Garde Nationale.

1824 – NÉCROLOGIE de Joseph Guyot, décédé brutalement. Annales de la Haute-Vienne 13 février 1824.

Une  mort  prompte  et  prématurée vient  d’enlever,  presque  à  la  fleur  de  l’âge,  M.  Joseph  Guyot,  maire  de  Nexon ,  et  notaire  à  la  suite  de  ses  pères. Ce  coup terrible  brise  les  liens  de  la  plus  douce  union,  et  ravit  un  père  à  de  tendres  enfants. Il n’en  eut  pas  fallu  davantage  pour  jeter  la  consternation  parmi  les  habitants de  cette  contrée ;  mais  leur  douleur  s’augmente  encore par  le  souvenir  des  vertus  modestes  et  des  qualités  précieuses,  dont  leur  infortuné  compatriote  leur  donna  l’exemple  pendant  sa  trop  courte  carrière.

Ils  n’oublieront  jamais  le  zèle  éclairé  et  la  probité,  sévère  jointe  au  plus  parlait,  désintéressement qu’il  leur prodigua dans  l’exercice  de  ses  doubles  fonctions ;  et  si  une  pensée  consolante  sur le sort  de  ce  malheureux  père  de  famille s’offre  encore  à  leur  esprit,  c’est  celle  qui  leur  laisse  la  persuasion,  qu’à  ses  derniers  moments ,  il  a  dû  éprouver   la  douce  satisfaction  de  n’avoir  fait   que le  bien ,  et  celle  plus  douce  encore ,  de  transmettre  à  ses  enfants  l’exemple  d’une  vie  pure  et  sans reproche.

1832 – Nomination des maires et adjoints : Nexon. — Maire, M. Cubertafond ; adjoint, M. Tarrade Chatenet. Annales de la Haute-Vienne 29 juin 1832

1855 – Le maire perd son fils -Jean Baptiste Léo Limousin, décède le 14 septembre 1855 à Nexon à l’age de 19 ans. Son père, Jean Baptiste Paulin (1806-1881), propriétaire à Nexon, était marié avec Louise Tarrade. Ils n’avaient pas d’autres enfants. Le maire avait un frère, Jean Baptiste Henry (1809-1886) qui fut médecin à Nexon. Il a eu deux filles. Il a été lui aussi,maire de Nexon.

1855 – Par décret impérial du 14 juin, ont été nommés maires et adjoints des villes et communes ci après du département de la Haute-Vienne : Nexon – maire, M. Limousin ; adjoint, M. Desmaisons;

1865 -Par décret impérial, sont nommés maires et adjoints des villes ci-après : Maire : M. Limousin, Jean-Baptiste-Henri. — Adjoint : M. Demaison, Guy. Le Courrier du Centre 31 août 1865

1867 – Par décret impérial, M. Gizardin a été nommé adjoint du maire de Nexon. Le Courrier du Centre 23 avril 1867

1870 – Par divers arrêtés de M. le préfet de la Haute-Vienne, M. Limousin (Paulin) a été nommé maire de Nexon, en remplacement de M. Limousin (Jean-Baptiste-Henri), docteur en médecine;

1874 – Nomination du maire par décrets du 31 janvier rendus en conseil des ministres : Nexon: maire, M. Limousin, adjoints MM. Boutaud-Lacombe et Combrouze. le même décret nomme Othon Péconnet maire de Limoges. Le Temps 3 février 1874.

1878 – Par décret du 15 février, sont nommés maires ou adjoints au maire des chefs-lieux de canton suivants de la Haute-Vienne : Nexon. — Maire : M. Jean-Baptiste Bonnet ; adjoints : MM. Boutaud-Lacombe, Alfred Desmaison.

Election aux conseils généraux de 1880, profession de foi de M. Bonnet, maire de Nexon, candidat au conseil général, adressée aux électeurs du canton de Nexon : Électeurs, cédant aux instances d’un grand nombre d’entre vous, je pose ma candidature au conseil général. Si j’obtiens de vous le mandat que je sollicite, je me consacrerai avec le plus entier dévouement à la défense des intérêts matériels et moraux de notre département et particulièrement à ceux du canton de Nexon. Enfant du pays, né et élevé au milieu de vous, mes opinions politiques et mes sentiments pour vous n’y sont pas inconnus. Aujourd’hui, comme hier, je suis convaincu que la République est le seul gouvernement désormais possible en France et le seul capable de nous garantir le maintien de la paix, de l’ordre et de la liberté. BONNET, Maire de Nexon et conseiller d’arrondissement. Le Courrier du Centre 29 juillet 1880.

Elections de 1881 : Nous rétablissons ainsi qu’il suit la liste complète des candidats élus à Nexon d’après le document ci-dessous que nous communique M. Bonnet, maire de Nexon : Inscrits : 791. — Votants : 379. MM. Jean Chirol, 371 ; Léonard Guyot, 371 : Martial Nardot, 370; Jacques Perrier, 369 ; Jean Desplanches 368 ; Firmin Tarrade, 368; Jean-Baptiste Bonnet, 367; Paulin Limousin, 365 ; Louis Boutaud-Lacombe, 365 ; Antoine Jouhaud, 364; Léon Laspougeas, 359; Henri Frugier, 357 : Albert Thomas, 357 ; Martial Villoutreix, 354; David Laleu, 353 ; Pierre Lauzeille, 351 ; René Tarrade, 345 ; François Chaule, 330 ; François Faure, 299 ; Théophile Vergnolle, 285. Le Courrier du Centre 15 janvier 1881.

Avril 1888, M. Bonnet annonce qu’il ne se représentera pas aux futures élections pour raison de santé.

M. Bonnet renonce à se présenter pour raison de santé par une lettre au Courrier du Centre du 25 avril 1888 : L’honorable M. Bonnet, conseiller général et maire de Nexon nous adresse la lettre suivante : J ai l’honneur d informer mes concitoyens de la commune de Nexon que je décline toute candidature aux élections prochaines du conseil municipal. Je remercie bien sincèrement les électeurs qui avaient l’intention de m’honorer de leurs suffrages mais pour raison de santé, je ne peux accepter aucun renouvellement de mandat. Le maire de Nexon, B. Bonnet.

Aux élections de mai 1892, les républicains l’emportent. Gabriel Thomas est élu en remplacement du Baron A. de Nexon. Les adjoints sont également républicains.

A Limoges, le docteur Chénieux, également républicain, remplace Emile Labussière, radical socialiste.

15 Août 1897 , M. Gabriel Thomas, agriculteur, maire de Nexon, est nommé officier du mérite agricole. Il était chevalier depuis le 17 mai 1891.

1903 – Par arrêté de M. le ministre des finances, en date du 28 décembre 1903, M. Gabriel Thomas, conseiller général de la Haute-Vienne, maire de Nexon, est nommé percepteur-receveur à Aixe-sur-Vienne, en remplacement de M. Simon, décédé.

1911, démission du Maire. — Nous apprenons que M. Lelong, maire de Nexon, vient de donner sa démission à la suite de divergences de vues entre l’administration municipale et le conseil au sujet de la construction d’un groupe scolaire. Le Populaire du centre 18 janvier 1911

Réélection : M. Lelong, expert, a été réélu maire. Le Populaire du Centre 8 mars 1911

Est nommé chevalier de la Légion d’honneur, au titre du ministère de l’Intérieur, M. Boutaud-Lacombe, maire de Nexon. Le Populaire du Centre 10 août 1930

1925 – REMERCIEMENTS. — Mme François Lelong ; Mlle Françoise Lelong et toute la famille, dans l’impossibilité de répondre personnellement à toutes les marques de sympathie qui leur ont été témoignées, soit en assistant aux obsèques, soit par l’envoi de fleurs, couronnes et condoléances, à l’occasion du décès de leur regretté Monsieur François LELONG, Propriétaire expert, Ancien maire de Nexon, Président du Syndicat agricole du canton de Nexon,  Délégué cantonal, prient les personnes qui les leur ont exprimées de trouver ici l’expression de leurs remerciements émus. Le Populaire du Centre 3 mars 1925

Comme dans toutes les communes de France, l’ordre de mobilisation publié au Journal officiel du 2 aout 1914 va conduire des dizaines de jeunes de Nexon à rejoindre leur unité d’affectation. Beaucoup travaillent dans les fermes. C’est la pleine période des moissons mais c’est le cœur gai qu’ils quittent leur travail et leur famille pour partir faire cette guerre, qu’ils croient rapide , car elle permettra de faire revenir l’Alsace et et la Lorraine dans le giron de la mère patrie.

La plupart va rejoindre un des régiments du 12e Corps d’armée (12e CA) dont l’État Major est à Limoges et qui est composé de régiments dont les casernes sont en Limousin, en Dordogne ou en Charente.
Le 12ème Corps d’armée (général Roques), subordonné à la 4e Armée général (Langle de Cary), a son État Major à Limoges. Il est ainsi composé au moment de la mobilisation:
– 23e division d’infanterie à Angoulême( général Masnou))
• 45e brigade à Limoges (général Petit):
o 63e Régiment d’Infanterie basé à Limoges et Saint Yrieix
o 78e Régiment d’Infanterie basé à Guéret et Limoges
• 46e brigade (Angoulême) :
o 107e Régiment d’Infanterie basé à Angoulême
o 138e Régiment d’Infanterie basé à Magnac Laval et Bellac
Éléments organiques divisionnaires
• Cavalerie :
o 21e Régiment de chasseurs à cheval (1 escadron)
• Artillerie :
o 21e Régiment d’artillerie de campagne (3 groupes 75) basé à Angoulême
• Génie:
o 6e Régiment du génie (compagnie 12/1) basé à Angers
– 24e division d’infanterie
• 47e brigade (Bergerac):
o 50e Régiment d’Infanterie basé à Périgueux
o 108e Régiment d’Infanterie basé à Bergerac
• 48e brigade (Tulle):
o 100e Régiment d’Infanterie basé à Tulle
o 126e Régiment d’Infanterie basé à Brive
Éléments organiques divisionnaires
• Cavalerie :
o 21e Régiment de chasseurs à cheval (1 escadron) basé à Limoges
• Artillerie :
o 34e Régiment d’artillerie de campagne (3 groupes 75) basé à Périgueux
• Génie :
o 6e Régiment du génie (compagnie 12/2) basé à Angers
– Éléments non endivisionnés (ENE)
o 300e Régiment d’Infanterie basé à Tulle
o 326e Régiment d’Infanterie basé à Brive
o 4 escadrons du 21e régiment de chasseurs à cheval basé à Limoges
o 52e Régiment d’artillerie de campagne basé à Angoulême
o Compagnie 12/3, 12/4, 12/16, 12/21 du 12e bataillon du génie rattaché au 6e régiment du génie d’Angers
– Éléments organiques de corps d’armée (EOCA)
• État Major du 12e corps d’armée (Limoges)
• 12e section du train des équipages (Limoges)
• 12e section de secrétaires d’état-major et de recrutement (Limoges)
• 12e section de commis et d’ouvriers militaires d’administration (Limoges)
• 12e section d’infirmiers militaires(Limoges)
• 12e légion de gendarmerie (Limoges)

Les jeunes soldats de Nexon font leur service militaire dans des régiments du 12e CA. Ils se retrouvent souvent à plusieurs de la même commune dans un même régiment. Ceci aura des conséquences dramatiques lorsque, lors d’offensives meurtrières, des compagnies entières sont décimées on a plusieurs jeunes du même village qui meurent le même jour.

Le 5 août, le régiment au complet est passé en revue par le colonel Arlabosse puis embarqué en trois trains dans la nuit du 5 au 6 août vers une destination souvent inconnue. Pour beaucoup se sera Sainte Ménéhould.

le 78e RI  à la gare de Limoges le 2 aout 1914

Le 5 aout le 63e RI quitte Limoges sous le commandement du Lieutenant colonel Paulmier pour l’Argonne, dans la région de Valmy.

                                                                                               drapeau 63e RI63e RI Historique
Les deux régiments du Limousin, le 63e RI et le 78e  au sein de la 23è division d’infanterie sont dirigés vers la frontière belge afin d’empêcher la progression ennemie. Le 28 aout les combats deviennent très durs face aux mitrailleuses allemandes auxquels se joignent les tirs violents de l’artillerie. Les pertes sont très sérieuses. Il y a moins de 15 jours la plus part des jeunes soldats étaient dans les champs. Ils sont maintenant face à un ennemi qui les force à reculer.

le 78e RI à la bataille de la Marne en septembre 1914

 

Les premiers soldats tués

Le 18 aout 1914 les deux premiers jeunes de Nexon sont tués. Ils avaient le même âge et appartenaient au même régiment. Pierre FAYE né le 24/12/1893 à Saint Yrieix sous Aixe et domicilié à Nexon et Léon JOUHAUD né à Nexon le 14/11/1893 ont été tués le 18 aout à Russ dans le Bas Rhin.
Leur régiment, le 21° RI, le plus vieux régiment de France, crée en 1619, avait quitté sa garnison de Langres le 1er aout. Le 14 aout le régiment descend la vallée de la Bûche vers l’Est. Le 18 aout de violent combats ont lieu près de Rus dans le Bas Rhin, a environ 40 km à l’ouest de Strasbourg. Il y a de nombreux tués et disparus et parmi eux nos deux jeunes nexonnais.
Ces sacrifices ne sont pas vains, l’effort ennemi est momentanément brisé dans les Vosges

Pour qu’un soldat soit déclaré mort, il fallait que de l’attaque, reviennent deux témoins pour l’attester. L’officier d’état civil du régiment pouvait établir un acte de décès officiel. Faute de quoi le soldat était déclaré disparu. Comme il n’y avait pas d’acte de décès la succession ne pouvait pas être réglée ; Il fallait donc une décision d’un tribunal pour que le disparu soit déclaré officiellement comme étant mort pour la France à la date fixée par le jugement rendu par le tribunal. Ce jugement était ensuite transcrit à l’état-civil pour valoir ce que de droit. Pour Pierre Faye le jugement a été rendu le 22/02/1922 par le tribunal de St-Yrieix et transcrit le 02/03/1922 à Nexon. Pour Léon JOUHAUD le jugement a été rendu le 29/04/1920 par le tribunal de Saint-Yrieix

La famille devait attendre au minimum 3 ans à partir de la date de l’acte de disparition avant que le décès, à la date indiquée par l’acte de disparition, soit déclaré par un tribunal civil.

Le premier mort français est Jules André PEUGEOT, caporal au 44e RI. Né le 11 juin 1893 à Etupes il a été tué à l’ennemi le 2 août 1914 à Joncherey (Territoire de Belfort).

Le 1er tué de la Haute Vienne a été Jean BRUN, brigadier au 11e Dragons. Il était né le 16 novembre 1891 à Oradour-sur-Glane et il a été tué le 7 août 1914 à Altkirch.

le conseil municipal prend plusieurs décisions pour aider les soldats:

– Le 18 août 1914, le conseil municipal vote diverses allocations aux mobilisés et décide l’établissement d’une ambulance militaire dans l’immeuble de Mr de Nexon.
– Le 11 octobre 1914 le conseil vote 500 francs pour achat de vêtements chauds aux militaires.

 

Le désenchantement sera grand lorsque, les mois passants, le guerre s’enlise dans les tranchées de l’Est de la France et que plusieurs fois par mois le maire doit aller annoncer aux famille que l’un de leur fils a été tué face à l’ennemi. Ils sont 137 enfants nés à Nexon à ne pas être revenus au village. Un drame pour chaque famille mais une catastrophe pour notre pays qui a perdu près d’un tiers de ses jeunes garçons, une catastrophe pour l’économie qui a perdu ses travailleurs potentiels, une catastrophe pour le monde rural qui s’enfoncera progressivement dans la désertification.

Monument aux mort de Nexon

Monument aux mort de Nexon

Le monument aux morts avait été érigé sur la place de l’ancienne mairie et financé en partie par une souscription publique ouverte  le 9 mars 1919. Le monument a été transféré en 1950, par l’entreprise ROUSSIN, au carrefour du Souvenir Français, à proximité immédiate du cimetière et de la chapelle des Garennes.

138 jeunes de Nexon, 54 qui y étaient nés et 84 nés dans une autre commune ont perdu la vie au cours de ces quatre années de guerre. Certains ont été tués au combat et leur corps a été rendu à leur famille mais pour d’autres le corps n’a jamais été retrouvé, enseveli sous les tonnes de terre remuées par les obus. D’autres sont morts à la suite de leurs blessures ou à cause de maladies contractées au front. Lorsque le corps n’était pas retrouvé il fallait une décision du tribunal confirmant le décès. Cela prenait plusieurs années, reculant d’autant la réalisation du deuil.

Le graveur n’a pas respecté scrupuleusement l’ordre alphabétique, plusieurs noms sont rajoutés en fin de liste et il semble bien qu’il ait réalisé des fautes: CLERMOUTEIL doit être CLERMONTEIL, FOUCHY doit être FONCHY…

Le plus jeune mort de Nexon était Marcel GUYONNAUD. Il était né le 30 aout 1898. Il avait 16 ans lors de la déclaration de guerre.

Le plus âgé  était Jean Baptiste LAMONERIE. Il était né le 04 mai 1880.

Les premiers tués tombent le même jour, le 18 aout 1914. Pierre FAYE  et Léon JOUHAUD disparaissent et pour tous les deux il a fallu une décision  du tribunal pour transcrire leur décès.

Le dernier mort est Jean Baptiste ADAM, décédé des suites de maladie le 25 décembre 1918. Un autre jeune est mort après l’armistice, Jean Baptiste GUYOT, décédé en captivité en Allemagne le 23 novembre 1918. Quant au dernier mort au combat, il s’agit de Jean CALINAUD tué à l’ennemi le 19 aout 1918.

 

Liste des tués de la guerre de 1914-1918 inscrits sur le monument aux morts

Liste des garçons nés à Nexon (54) :

ADAM Jean Baptiste, né le 21/10/1894, caporal au 14e R.I., mort des suites de maladie le 25/12/1918 à Limoges.
AUMAITRE Léon, né le 10/09/1893, dragon au 12e R.D., tué à l’ennemi le 24/09/1914 à Bouconville dans la Meuse.
AUZEMERY Pierre, né le 28/04/1897, soldat au 135e R.I, mort des suites de blessures le 11/01/1917 à l’Hôpital complémentaire 43 de Beauvais.
AYMARD Jean, né le 21/09/1885, soldat au 207e R.I, mort des suites de ses blessures le 09/09/1914 à Saint-Ouen-Domprot dans la Marne.
BERGER Henri né le 24/10/1894, soldat au 416e R.I., tué à l’ennemi le 25/12/1916 aux Bois des caurières dans la Meuse.
BONNAFY Louis, né le 30/07/1894, soldat au 68e R.I., mort des suites de ses blessures le 10/01/1917 à Eclusier dans la Somme.
BONNAUD Martial, né le 01/04/1896, soldat au 18e R.I., tué à l’ennemi le 05/05/1917 à Craonne.
BOUBY Martial, né le 01/12/1881, soldat au 106e R.I., mort des suites de ses blessures le 13/04/1915 à Dieue-sur-Meuse.
BOYER Antoine, né le 27/07/1892, caporal au 2e R.G., tué à l’ennemi 21/02/1916 au Bois des corbeaux dans la Meuse.
BRUNERIE Louis, né le 04/03/1893, soldat au 21e R.I., tué à l’ennemi le 19/08/1914 à Hersbach dans le Bas-Rhin. Jugement rendu le 08/01/1920 par le tribunal de Saint-Yrieix. Transcrit le 18/01/1920 à Nexon.
CALINAUD Jean, né le 25/04/1887, sous-lieutenant au 5e R.T., tué à l’ennemi le 19/08/1918 à Plessis-le-Roye dans l’Oise.
CHARBONNIERAS Noël, né le 25/01/1889, soldat au 78e R.I., tué à l’ennemi le 15/09/1914 à Vitry-le-François dans la Marne.
CHATARD Henri, né le 09/08/1892, soldat au 312e R.I., tué à l’ennemi le 08/09/1916 à Mort-Homme dans la Meuse.
COULON Raymond Paul , né le 12/06/1891, soldat au 63e R.I, mort des suites de ses blessures le 27/09/1915 à Habarcq dans le Pas de Calais.
DEFAYE Jean, né le 31/3/1888, habitant Saint-Hilaire-les-Places, soldat au 63e R.I tué à l’ennemi le 31/12/1914 à Jonchery dans la Marne.
DEVAUD Jean Pierre, né le 03/07/1894, soldat au 152e R.I., tué à l’ennemi le 25/03/1915 à Hartmannswillerkopf dans le Haut Rhin.
DOUDET Jacques, né le 14/10/1893, caporal au 69e R.I., tué à l’ennemi le 06/07/1916 à Maricourt dans la Somme.
DUVERNEIX Henri, né le 06/03/1887, soldat au RICM, tué à l’ennemi le 29/04/1917 à Ailles dans l’Aisne.
DUVERNEIX Henri Pierre, né le 22/01/1893, chasseur au 5e B.C.P., tué à l’ennemi le 09/09/1914 au Col-de-Mandray dans les Vosges.
DUVERNEIX Jean Baptiste, né le 06/09/1895, soldat au 207e R.I., tué à l’ennemi le 20/12/1914 à Hurlus dans la Marne.
FAURE Léon, né le 10/09/1895, Caporal au 418e R.I., tué à l’ennemi le 19/07/1917 au Fort de Vaux.
FOUCHY Jean, né le 03/10/1884, soldat au 13e R.I, mort des suites de ses blessures le 08/04/1918 à Compiègne-Royallieu dans l’Oise.
FRUGIER Edouard, né le 24/09/1886, brigadier au 213e RAC, tué à l’ennemi le 03/06/1918 à La Ferté-Milon dans l’Aisne.
GAYOT Léon, né le 10/08/1892, chasseur au 15e B.C.P., tué à l’ennemi le 14/06/1915 à Winterhazel dans le Haut-Rhin.
GUILHAUMAUD Marc, né le 01/08/1882, soldat au 63e R.I., tué à l’ennemi le 30/05/1916 à la Cote du Poivre Louvemont dans la Meuse.
GUYONNAUD Marcel, né le 30/08/1898, soldat au 410e R.I., mort des suites de maladie le 09/10/1918 à Arcis-sur-Aube.
GUYOT Jean, né le 26/06/1888, soldat au 211e R.I., tué à l’ennemi le 24/08/1917 à Étain dans la Meuse.
GUYOT Jean Baptiste, né le 20/09/1893, soldat au 230e R.I., mort en captivité le 23/11/1918 à Trèves en Allemagne (ex Prusse).
JOUHAUD Jean Baptiste, né le 06/11/1889, soldat au 43e R.I., disparu au combat le 05/04/1915 à Hennemont dans la Meuse.
JOUHAUD Léon, né le 14/11/1893, soldat au 21e R.I., disparu le 18/08/1914 à Russ dans le Bas-Rhin. Jugement rendu le 29/04/1920 par le tribunal de Saint-Yrieix. Nécropole nationale Grendelbruch.
LABORIE Léonard, né le 21/09/1890, soldat au 78e R.I, tué à l’ennemi le 14/05/1915 à Flirey dans la Meurthe et Moselle.
LAMONERIE Jean, né le 04/05/1880, soldat au 330e R.I., tué à l’ennemi le 29/08/1918 dans l’Aisne.
LAMONERIE Louis, né le 31/03/1883, soldat au 151e R.I., tué à l’ennemi le 28/01/1915 à La Harazée dans la Marne.
LANTERNAT Jean Baptiste, né le 21/06/1894, caporal au 31e R.I., mort des suites de ses blessures le 02/03/1915 à Clermont-en-Argonnes dans la Meuse.
LATOUILLE Jean, né le 29/11/1886, caporal au 233e R.I., tué à l’ennemi le 20/10/1917 dans la Forêt-d’Houthulst (Belgique).
LATOUILLE Léon Jean, né le 27/03/1891, caporal au 63e R.I, mort des suites de maladie contractée en service le 19/10/1918 à Montmirail (Marne).
LEYMARIE Martial, né le 05/12/1886, soldat au 211e R.I., tué à l’ennemi le 14/10/1914 au Bois de Vaux-les-Palameix dans la Meuse.
MASSALOUX François, né le 15/12/1888, soldat au 100e R.I., tué à l’ennemi le 13/09/1915 à La Harazée dans la Marne.
MATHIEU François, né le 06/05/1897, soldat au 201e R.I., tué à l’ennemi le 25/03/1918 à Marest-Dampcourt dans l’Oise.
MAZEAU Antoine Lucien, né le 12/12/1890, soldat au 50e R.I., mort des suites de ses blessures le 28/09/1915 à Aubigny-en-Artois dans le Pas de Calais.
MEYNIER Charles, né le 14/02/1895, soldat au 81e R.I., tué à l’ennemi le 08/08/1916 à Thiaumont dans la Meuse.
MOREAU Mathieu Henri, né le 02/03/1894, soldat au 32e R.I., tué à l’ennemi le 30/04/1915 à Pilkem en Belgique.
NOUHAUD Léonard, né le 10/09/1883, soldat au 7e R.I., tué à l’ennemi le 30/05/1915 à Saint-Nicolas dans le Pas de Calais.
PATAUD Jean, né le 21/05/1889, soldat au 1er RMZ, tué à l’ennemi le 20/05/1917 au Mont-Cornillet dans la Marne.
PATAUD Jean, né le 12/09/1882, soldat au 107e R.I., tué à l’ennemi le 23/01/1916 à Ecurie dans le Pas de Calais.
PENOT Léonard, né le 23/03/1881, soldat au 106e R.I. (venu du 107e), tué à l’ennemi le 27/09/1915 à Souain dans la Marne.
PIQUET Antoine, né le 01/10/1893, caporal au 63e R.I., mort des suites de ses blessures le 25/09/1915 à Habarcq dans le Pas-de-Calais.
PIQUET Antoine, né le 13/04/1885, soldat au 151e R.I., tué à l’ennemi le 15/03/1916 à la Côte-du-Poivre Louvemont dans la Meuse.
PIQUET Martial, né le 01/02/1891, soldat au 138e R.I., mort des suites de ses blessures le 05/10/1914 à Albi.
RAYMONDIE Léonard, né le 15/11/1893, soldat au 138e R.I., tué à l’ennemi le 04/09/1914 à la Ferme-Navarin dans la Marne.
REREYROL Léonard Jean Baptiste, né le 15/11/1892, caporal au 32e R.I., tué à l’ennemi le 16/06/1915 à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais.
ROCHE Jean, né le 26/04/1892, caporal au 138e R.I., mort pour la France le 31/08/1914 à Terron-sur-Aisne dans les Ardennes, inhumé dans la Nécropole nationale Sedan-Torcy.
ROUX François, né le 16/06/1893, maréchal des logis au 34e RAC, mort des suites de ses blessures le 29/06/1918 à Vicenza en Italie.
THOMAS Albert, sous-lieutenant au 4e RAC, tué à l’ennemi le 01/09/1914 à Anould dans les Vosges.

Nés dans une autre commune (84) :

ANDRILLOUX François, né le 14/03/1897 à Meilhac (87), soldat au 328e R.I., tué à l’ennemi le 30/07/1917 au Bois-d’Avocourt (Meuse).
AUVERT Pierre, né le – 05/02/1891 à Meilhac (87), soldat – 138e R.I., mort des suites de ses blessures 11/09/1914 au Le Meix-Thiercelin (Marne).
AYMARD Jean Baptiste, pas d’information.
BARRIERE Jean, né le 01/03/1898 à La Meyze (87), soldat au 7e RIC, Tué à l’ennemi le 11/08/1918 dans la Marne.
BARRY Pierre, né le 20/09/1880 à Ladignac-le-Long (87), Soldat – 47e R.I. Mort des suites de blessures le 12/10/1916 dans l’Ambulance 1/51 (Somme).
BARUCHE Léonard, pas d’information.
BECHADE Léonard, pas d’information.
BERGER Féréol, pas d’information.
BEYRAND François, né le 24/12/1888 à Flavignac (87), soldat au 307e R.I., mort des suites de ses blessures le 01/11/1918 à Saint-Quentin-le-Petit dans les Ardennes.
BONNET Thomas, né le 18/09/1877 à Saint Jean Ligoure (87), soldat au 338e R.I., Tué à l’ennemi le 30/10/1916 à Ablaincourt dans la Somme.
BOURDEAU Pierre, né le 25/08/1889 à Saint Jean Ligoure (87), soldat au 108e R.I., mort des suites de ses blessures le 17/10/1915 à Dinant en Belgique.
BREUIL Jean, né le 16/11/1881 à Saint-Hilaire-les-Places (87), soldat au 100e R.I., mort des suites de blessures le 28/06/1915 à Montauville (Meurthe-et-Moselle) inhumé dans la Nécropole nationale Le Pétant (Meurthe-et-Moselle).
BUISSON François, né le 25/03/1875 à Flavignac (87), soldat au 89e R.I.T., tué à l’ennemi le 20/08/1917 aux Carrières-d’haudremont (Meuse).
CELERIER Jacques, né le 31/12/1891 Janailhac (87), dragon au 11e R.D., tué à l’ennemi le 28/05/1915 à Thuisy dans la Marne.
CHEPPE Jean, né le 04/02/1889 à Rilhac Lastour (87), soldat au 21e RAC – Mort des suites de maladie le 11/12/1916 à Marcelcave-les-Buttes dans la Somme.
CLERMOUTEIL Léonard, pas d’information.
COMBROUZE Guillaume, né le 27/06/1895 à Janailhac (87), soldat au 13e R.I., tué à l’ennemi le 04/05/1916 aux Monthairons dans la Meuse.
COUVIDOU François, né le 11/08/1891 au Vigen (87), soldat au 8e R.I., disparu à l’ennemi le 09/03/1915 aux Éparges dans la Meuse.
COUVIDOU François, né le 01/09/1876 au Vigen (87), soldat au 21e RAC , Mort des suites de maladie contractée en service le 03/08/1918 à Vérone (Italie).
CROZE Ernest Antoine, pas d’information.
DEFAYE Jean, né le 31/03/1888 à Saint Hilaire les Places (87), soldat au 63e R.I., tué à l’ennemi le 31/12/1914 à Jonchery dans la Marne.
DENARDOU François, pas d’information.
DESCHAMP Jean, né le 15/10/1890 à Janailhac (87), soldat au 50e R.I., tué à l’ennemi le 12/03/1916 à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais.
DESCHAMP Mathieu, né le 03/06/1897 à Janailhac (87), chasseur au 70e B.C.A., tué à l’ennemi le16/08/1918 à Villers-les-Royes dans la Somme.
DESMAISON Pierre, né le 01/10/1891 à Janailhac (87), chasseur au 1er B.C.P., mort des suites de ses blessures 19/11/1914 à Amiens dans la Somme.
DESPLANTIER Jean, pas d’information.
DESROCHES Henri, né le 18/04/1896 à Saint Priest Ligoure (87), soldat au 112e R.I., tué à l’ennemi le 10/06/1918 à Chevincourt dans l’Oise.
DESROCHES Jean, né le 11/12/1893 à Saint Maurice les Brousses (87), soldat au 21e R.I., tué à l’ennemi le 16/03/1915 à Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais.
DIANAUD Jean, né le 18/12/1897 à Janailhac (87), soldat au 12e R.I., tué à l’ennemi le 16/03/1917 à Bezonvaux dans la Meuse.
DOUDET François, pas d’information.
DUDOGNON François, pas d’information.
DUPUYDENUS Pierre Joseph, né le 18/03/1879 à Burgnac (87), soldat au 144e R.I., tué à l’ennemi le 26/03/1918 à Lagny dans l’Oise.
DUROUX Léon Pierre, né le 18/08/1897 à Saint Jean Ligoure (87), caporal au 418e R.I., mort des suites de ses blessures le 19/07/1918 à Verberie dans l’Oise.
DUVERNAIH Pierre, né le 03/07/1892 à Couzeix (87), chasseur au 15e B.C.P., tué à l’ennemi le 08/07/1915 à Sondernach dans le Haut-Rhin.
DUVERNEIX Léonard, né le 27/05/1889 à La Meyze (87), soldat au 59e R.I., mort des suites de ses blessures le 06/06/1918 à Apremont dans la Meuse.
FAUCHER Jean, né le 19/01/1874 à La Meyze (87), soldat au- 89e R.I.T., tué à l’ennemi le 26/04/1917 à Sillery dans la Marne.
FAYE Pierre, né le 24/12/1893 à Saint Yrieix sous Aixe, domicilié à Nexon, soldat au 21e R.I.décès le 18/08/1914 à Russ dans le Bas Rhin fixé par jugement rendu le 22/02/1922 par le tribunal de Saint-Yrieix – Transcrit le 02/03/1922 à Nexon.
GAYOT Léonard, né le 30/04/1884 à Saint Germain les Belles (87), soldat au 50e R.I., mort des suites de ses blessures le 17/10/1915 à Abbeville (Somme).
GIBAUD Martial, pas d’information.
GUYOT Jean Baptiste, pas d’information.
GUYOT Laurent, pas d’information.
HUSSE Joseph Auguste, pas d’information.
LACORRE Pierre, pas d’information.
LACOTTE Jean François, pas d’information.
LAGORCE François, né le 21/04/1883 à Janailhac (87), caporal au 2e Génie, tué à l’ennemi le 30/06/1916 à Souville dans la Meuse.
LALANDE Jean Marie, pas d’information.
LARCHER Jean, né le 03/05/1893 à Saint Hilaire les Places (87), soldat au 417e R.I., mort des suites de ses blessures le 05/03/1916 à Berny-Rivière dans l’Aisne.
LARUE Pierre, né le 04/12/1895 à Saint Priest Ligoure (87), soldat au 33e R.I., disparu le 19/04/1917 à Craonnelle (Aisne).
LASCAUX Jean, né le 27/12/1887 à Saint Jean Ligoure (87), soldat au 418e R.I., tué à l’ennemi le 02/03/1916 à Douaumont (Meuse).
LATOUILLE Pierre né le 08/03/1898 au Vigen (87), Soldat au 107e R.I., mort des suites de maladie contractée en service le 09/03/1918 à Hôpital temporaire n°10 à Compiègne (Oise).
LAVEYSSIERE François, pas d’information.
LEVEQUE Pierre, né le 09/03/1873 à Chaillac (87), gendarme à pied à la 12e L.G., mort des suites de blessures le 29/12/1915 à l’hôpital complémentaire de Bussang (Vosges).
MARCHAT Jean Pierre, pas d’information.
MATHIEU Jean, pas d’information.
MAUD Jean, pas d’information.
MAUD Simon, pas d’information.
MERGNAC Germain, né le 04/10/1880 à Lubersac (19), soldat au 250e R.I., tué à l’ennemi le 05/10/1914 à Andéchy dans la Somme.
MICHELET André Léonard , né le 30/11/1882 à Janailhac (87), soldat à la 12e S.I.M., mort des suites de maladie contractée en service le 08/02/1915 à Châlons-sur-Marne.
MOURGUET Clément, pas d’information.
MOUROUVEIX Pierre, né le 13/05/1880 à Aixe sur Vienne (87), soldat au 7e R.I. – Disparu le 27/09/1914 à Wargemoulin dans la Marne.
NOUAILHAS François, né le 01/07/1894 à Meilhac (87), soldat au 42e R.I., tué à l’ennemi
NOUAILHAS Pierre, né le 01/07/1894 à Meilhac (87), soldat au 22e R.I., tué à l’ennemi le 23/10/1917 à Allemant (Aisne).
PATAUD François Henri, pas d’information.
PERRIER Jean, pas d’information.
RAFIER Michel, né le 02/11/1883 à Rilhac-Lastours (87), soldat au 11e R.I., disparu le 15/03/1915 à Sedan, jugement du Tribunal de Saint Yrieix la Perche le 31/08/1921.
RAGOT Félix, pas d’information.
ROBERT Louis, pas d’information.
ROCHE Jean Baptiste, pas d’information.
ROLLET Jean, pas d’information.
ROUX Martial, né le 25/10/1886 à Meilhac (87), soldat au 209e R.I., tué à l’ennemi le 09/04/1916 dans les Bois-d’Avocourt (Meuse).
SAZERAT Jean, né le 05/11/1882 à Meilhac (87), soldat au 14e R.I., tué à l’ennemi le 14/09/1914 à Ippécourt dans la Meuse.
SYLVAIN Jean, né le 16/05/1894 à Saint Hilaire les Places (87), caporal au 63e R.I., tué à l’ennemi à Roclincourt dans le Pas-de-Calais.
TABARAUD Léon Pierre, né le 16/04/1882 à Feytiat (87), sergent au 126e R.I., tué à l’ennemi le 26/04/1915 au Bois-Haut dans la Meuse.
TALLANDIER Léon, pas d’information.
TARRADE Jean, pas d’information.
TARRASSE Léonard, pas d’information.
TEILLOT Martial, pas d’information.
THOURAUD Léon Michel, pas d’information.
TOMBELAINE Gustave, né le 02/11/1872 à Limoges (87), soldat au 64e R.I.T., Disparu le 15/12/1916 au Fort de Douaumont (Meuse), jugement le 08/01/1919 par le tribunal de Saint-Yrieix la Perche.
TRUCHASSOUT Pierre, né le 29/12/1883 à Saint Sand (24), soldat au 11e R.I., disparu au combat le 17/09/1914 à Minaucourt dans la Marne.
VALETTE Rémy, pas d’information.
VAUGELADE Robert, né le 24/03/1897 à Rilhac (87), soldat au 30e R.I., tué à l’ennemi le 30/09/1917 à Allemant (Aisne).
VERGNENEGRE François, né le 31/08/1889 à Saint Hilaire les Places (87), soldat au 63e R.I., tué à l’ennemi le 21/12/1914 à Jonchery-sur-Suippe dans la Marne.
VILLOUTREIX Jean, pas d’information.

Au cimetière de Nexon on peut encore voire quelques tombes avec de belles plaques de porcelaine au nom de soldats morts lors de la première guerre mondiale. Les nom de François BEYRAND et de Jean LATOUILLE sont inscrits sur le monument aux morts, les autres non. Bien qu’enterrés dans le cimetière de Nexon ils ne résidaient pas dans cette commune au moment de leur incorporation.

François Beyrand , mort le 1er novembre 1918, à 29 ans

François Beyrand , mort le 1er novembre 1918, à 29 ans.

Jean Massaloux, mort à 31 ans d'une maladie contractée au front.

Jean Massaloux, mort à 31 ans d’une maladie contractée au front.

Jean Valery, soldat au 142e RI, mort le 6 aout 1916 à 22 ans

Jean Valéry, soldat au 142e RI, mort le 6 aout 1916 à 22 ans.

Léon Duverneix, décédé à 27 ans des suites de la guerre

Léon Duverneix, décédé à 27 ans des suites de la guerre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L’appel aux femmes françaises

Beaucoup d’hommes étant partis à la guerre les femmes vont petit à petit prendre leur place, d’abord dans les puis plus tard dans les entreprises. En pleine période de moisson, René Viviani (1863/1925), président du Conseil depuis le 13 juin 1914 , dans un discours du 6 aout 1914 repris et placardé par voie d’affiche dans toutes les communes il exhorte les femmes à remplacer les hommes dans les champs. Il joue sur le parallèle avec ceux qui sont sur le champ de bataille et sur la fibre patriotique des femmes françaises.

« Aux Femmes françaises

La guerre a été déchaînée par l’Allemagne malgré les efforts de la France, de la Russie et de l’Angleterre pour maintenir la paix. A l’appel de la Patrie, vos frères, vos fils et vos maris se sont levés et demain ils auront relevé le défi. Le départ pour l’armée de tous ceux qui peuvent porter des armes laisse les travaux des champs interrompus. La moisson est inachevée, le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la Nation tout entière groupée derrière lui je fais appel à vos vaillances, à celles des enfants que leur âge seul et non leur courage dérobe au combat.
Je vous demande de maintenir l’activité des campagnes, de terminer les récoltes de l’année et de préparer celle de l’année prochaine.
Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. Ce n’est pas pour vous, c’est pour Elle que je m’adresse à votre cœur.
Il faut sauvegarder votre subsistance, l’approvisionnement des populations urbaines et surtout l’approvisionnement de ceux qui défendent à la frontière, avec l’indépendance du pays, la Civilisation et le Droit.
Debout donc femmes françaises, jeunes filles et fils de la Patrie !
Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille.
Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés !
Il n’y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l’action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde.
Vive la République! Vive la France !
Pour le Gouvernement de la République : le Président du Conseil des Ministres

René VIVIANI »

Viviani-Femmes-Francaises

René Viviani est né en Algérie et devint avocat. Militant socialiste il fut élu député de la Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1910, de la Creuse de 1910 à 1922 puis sénateur de la Creuse en 1922. Il est cofondateur du journal L’Humanité avec Jean Jaurès. Il a été ministre du Travail (1906-1910), ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts (1913-1914) et ministre de la justice de 1915 à 1917. Un ouvrage lui a été consacré par Jean-Marc Valentin, « René Viviani, 1863-1925. Un orateur, du silence à l’oubli » Rencontre des Historiens du Limousin, Presses universitaires de Limoges, 2013.

Louis Nouhaud, député de la Haute Vienne

Louis Nouhaud est né le 20 février 1855 à Nexon et décédé à l’âge de 67 ans, le 17 octobre 1922 à Nexon.

Louis Nouhaud (

Louis Nouhaud (1855-1922)

Pharmacien à Nexon il devient conseiller général du canton puis le 8 mai 1910, au second tour il est élu député dans la circonscription de Saint-Yrieix. Il remplace alors Boutard qui avait retiré sa candidature après le premier tour.

Défenseur des idées républicaines il préconise l’élection des sénateurs au suffrage universel, la réduction de l’armée et de la marine, la diminution des droits de succession et l’établissement des retraites ouvrières.

Il fut réélu en 1914, également au second tour, face à Marcel Roux. Il se fit le partisan du scrutin d’arrondissement.

Lors de son premier mandat, il déposa plusieurs propositions de loi. L’une portait sur la création d’une distinction « l’Emulation agricole », une autre sur l’ouverture d’un crédit extraordinaire pour venir en aide aux cultivateurs du plateau central dont les troupeaux de moutons avaient été décimés par la cachexie aqueuse, ou pour la régularisation de la situation des membres de l’enseignement supérieur et secondaire publics ayant séjourné dans des établissements d’enseignement à l’étranger. Lors de son deuxième mandat, il déposa de nouvelles propositions pour la rééducation professionnelle agricole des blessés et mutilés de la guerre, pour l’institution d’une allocation spéciale en faveur des mobilisés sans foyer, sans famille et sans ressources le jour de leur libération à la cessation des hostilités, pour apporter plus de méthode dans l’attribution des permissions agricoles de façon à les rendre plus fécondes dans le résultat.

Aux élections du 16 novembre 1919, faites au scrutin de liste, alors qu’il menait la liste d’union républicaine il obtint 45, 3% des voix et fut battu par la liste socialiste.

 

 

 

1814 c’est la chute de l’Empire et la fin des guerres napoléoniennes ;

Après la désastreuse campagne de Russie de 1812, Napoléon du faire face à une nouvelle coalition regroupant l’Angleterre, la Russie, la Prusse et la Suède. Ayant refusé les propositions de paix de l’Autriche celle-ci rejoignit la coalition et Napoléon se retrouva avec toute l’Europe contre lui. Il perd la bataille de Leipzig (octobre 1813) et bat en retraite laissant  60 000 soldats sur le champ de bataille.

Dès janvier 1814 s’engage la campagne de France au cours de laquelle Napoléon tente d’empêcher l’invasion de la France. Malgré plusieurs victoires et après l’entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, napoléon abdique le 6 avril 1814  et part en exil à l’ile d’Elbe.

C’est la fin de 23 années de guerres qui ont mobilisé près de 2,8 millions de Français dans l’armée de terre et 150 000 sur mer.

Le Limousin a donné les généraux Jourdain, Brune, Souham et le futur Maréchal Bugeaud – présent comme caporal à Austerlitz.  De nombreux jeunes garçons de Nexon ont parcourus l’Europe, soit avec les armées révolutionnaires soit avec les armées napoléoniennes.

1914 début de la première guerre mondiale

Cent ans plus tard débute ce qui sera le premier conflit mondial. Au cours de celui-ci la France aura mobilisé 7,8 millions d’hommes et perdu 1,4 de ses soldats. De nombreux jeunes de Nexon ont participé à ce conflit et 137, en moyenne 3 par mois, y ont perdu la vie.

2014…

La France vit la plus longue période de paix de toute son histoire. Le dernier jeune nexonnais mort au champ d’honneur a été tué en Algérie et depuis la loi du 28 octobre 1997 le  service militaire est suspendu.

Nexon en 1814

Combien de jeunes ont été participés aux campagnes napoléoniennes. Le comptage n’est pas fait mais on sait combien étaient encore vivants en 1857. En effet, le 15 avril 1821, pendant son exil de Sainte-Hélène, Napoléon dicte son testament. Une partie concerne les soldats qui  avaient combattu à ses coté a qui il lègue la moitié de son patrimoine privé, qu’il estime alors à 200 millions de francs. Mais ces biens ont été confisqués au bénéfice du trésor Royal en vertu du traité de Fontainebleau, du 11 avril 1814, qui avait décidé que les biens que l’empereur possédait encore, au moment de son abdication, revenaient à la Couronne.

Lorsque son neveu Napoléon III est devenu Empereur il a décidé d’honorer la parole de son oncle. Le 12 août 1857, un décret signé à Saint-Cloud, institue la médaille de Sainte-Hélène, destinée  à « rappeler à tous ceux qui avaient servi dans nos armées, la dernière pensée de leur chef. »

Les archives ayant disparu dans l’incendie du palais de la Légion d’Honneur durant la Commune, on estime à environ 400 000 titulaires, en France et à l’étranger,  le nombre de titulaires de cette médaille. Cette estimation résulte du travail de centaines de bénévoles qui ont dépouillé les archives. Le travail a été totalement réalisé pour la Haute Vienne. Il est disponible sur le site http://www.stehelene.org .

Les médaillés ont tous plus de 60 ans. Ils ont survécus à la violence des combats, à la fatigue des longues marches, aux blessures… .  La première distribution a eu lieu le 15 août 1857. Le premier médaillé est Jérôme Bonaparte, le plus jeune frère de Napoléon, âgé de 75 ans. Le célèbre  capitaine Coignet est parmi les récipiendaires.

A Nexon 9 anciens recevront la médaille :

  • BREIX Louis, soldat au 2° régiment de chasseurs à cheval
  • BROUHAUD  J. Baptiste-Armand, brigadier au 7° régiment de Chasseurs,  Médaillé le 06/01/1858
  • BROUHAUD  Léonard, journalier,  Médaillé le 22/04/1858
  • CHEVALIER  Antoine-Blaise-Léonard, soldat au 2° régiment de tirailleurs de la Jeune garde et au  6°Voltigeurs à cheval, Médaillé le 06/01/1858
  • DENIS  Antoine, soldat au 2° régiment de Voltigeurs de la Garde,  Médaillé le 06/01/1858
  • DESPLANCHES  Martial, né à Nexon en 1788, Cultivateur résident à JOURGNAC, vétérans du 56° puis 5° régiment de ligne et du  3° régiment de la Jeune Garde comme chasseurs à pied. Mobilisé de 1805 à Waterloo il est resté au milieu des morts de Waterloo avec le nez coupé en deux. Médaillé le 15/11/1858.
  • GUYOT  François-Louis, soldat aux Lanciers de la garde,  Médaillé le 06/01/1858
  • LELONG  Annet, soldat au  4° régiment de ligne,  Médaillé le 06/01/1858
  • MEMERY  Jean, soldat au 16° régiment léger,  Médaillé le 06/01/1858.

Que note-t-on dans les délibérations du Conseil municipal ?[1]

Depuis la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) le maire n’est pas le représentant des citoyens qui l’élisent mais il est un fonctionnaire public, soumis à l’autorité du sous-préfet et du préfet. Il est nommé pour cinq ans et révocable par le chef de l’État dans les communes de plus de 5 000 habitants et par le préfet dans les autres communes. François Louis GUYOT, élu maire en 1794 le restera pendant près de trente ans. Son long exercice ne sera interrompu que pendant une courte période de moins de 3 ans pendant laquelle sera nommé  Jean MAZELLE.

Dans les communes de moins de 2 500 habitants, comme Nexon, le Conseil est formé de dix membres nommés par le préfet pour trois ans. A partir de 1802 ils sont élus pour dix ans par les assemblées de canton sur la liste des cent citoyens les plus imposés du canton. Ils peuvent être révoqués par le préfet ou le chef de l’État.

Au fur et à mesure des guerres napoléoniennes les coalisés reprennent l’avantage et au début de l’année 1814 la Campagne de France va voir les armées de Napoléon reculer et malgré quelques manœuvres de retardement il ne peut empêcher les alliés de prendre Paris le 31 mars. Réunis au Congrès de Vienne les coalisés hésitent sur le successeur à donner à Napoléon. Malgré son impopularité ils finissent par choisir Louis XVIII, frère de Louis XVI. Le 5 avril il monte sur le trône, débarque à Calais le 24 avril et entre dans Paris le 5 mai.

 1. Le conseil se félicite de la chute de  Napoléon.

Le 18 avril 1814 le Conseil se félicite des heureux événements qui sont arrivés à Paris depuis le 28 mars dernier et ont donné une adhésion pleine et entière aux actes du Sénat, du Corps législatif et du  gouvernement provisoire en répétant plusieurs fois : VIVE LA PAIX, VIVE LOUIS XVIII.

 2. Le conseil délibère sur les troupes espagnoles.

Le 9 juillet 1814 le Conseil délibère sur la nourriture et la subsistance des troupes espagnoles stationnées à Nexon et dans la commune. Pourquoi ces troupes ?

En 1808  Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, a été installé sur le trône d’Espagne. Le peuple de Madrid s’étant soulevé il subit une terrible répression (2 et 3 mai 1808) .A la suite de ces évènements, de nombreux prisonniers espagnols vont être déportés en France. Pour éviter tout retour en Espagne après une éventuelle évasion ils sont envoyés vers le nord.  Leur route passe souvent par la Haute Vienne. Ainsi du 29 décembre au 31 janvier 1809, 1480 d’entre eux arrivent à Limoges[2]. On est en plein hiver, le voyage s’est déroulé dans des conditions très pénibles. Ils sont logés dans les salles de l’ancien séminaire. Pour la plupart, ce n’est qu’une étape mais certains, trop faibles pour reprendre la route, vont rester à Limoges. En moins de deux mois, plus de trente limougeauds meurent frappés de ce qu’on appelait la peste espagnole contractée auprès des prisonniers espagnols qu’elles avaient soignés. Parmi les Espagnols il y eut aussi de nombreux décès. Une panique s’est alors répandue à Limoges et dans tous les environs.

En janvier 1810 le maire de Chalus envoie un appel de détresse au préfet de la Haute Vienne : «3 800 espagnols doivent faire étape chez moi. Même en les installant en plein champ je n’aurai pas assez de bois pour les chauffer  tous … ils sont dans un état déplorable de fatigue, de misère et d’épuisement». Il est demande au préfet de faire préparer à l’avance soupe et viande que le chef de détachement acquittera avec les 25 sous par homme et par jour qui lui ont été attribués.

En janvier 1811 un convoi de 1600 espagnols est annoncé. Ils sont 8000 en février 1812. Au total 65000 espagnols ont été déportés en France lors des guerres de l’Empire[3]. Certains sont restés en France. A Limoges on cite le cas de Salby GUYCHER qui exerçait le métier de chapelier; Il épousa Jeanne Gibus, une des sœurs du perruquier Pierre Gibus cousins des frères Gibus, nés à Limoges qui inventèrent  en 1834 le chapeau-claque, un chapeau haut-de-forme pliant.

Il n’est donc pas étonnant que des troupes espagnoles soient passées à Nexon, ce qui explique la délibération du 9 juillet qui, malgré l’amnistie accordée à ces troupes par le roi d’Espagne, autorise le Maire, assisté du Percepteur, à dresser une liste des plus riches propriétaires et de placer chez chacun d’eux un de ces militaires, de leur assurer les fournitures ordinaires et cuisinées en pareil cas et de les garder jusqu’à leur départ. Chaque militaire sera tenu de mener une vie régulière et de se conformer aux usages locaux, de ne commettre ni vol ni malversation. Ils devront se coucher à 8 heures du soir et se rendre utiles à leur hôte et répondre à la revue qui aura lieu chaque dimanche à 10 heures sur la Place publique.

Le Maire signalera au Ministre de la Guerre la malheureuse position de la commune et réclamera le départ de ces troupes ou obtenir des vivres.

3. Le conseil délibère sur le nouveau cimetière

Depuis octobre 1807 la commune demande l’autorisation de créer un nouveau cimetière, l’actuel étant situé au milieu du bourg entraine de la gène pour les constructions nouvelles et des risques sanitaires.

Après plusieurs années d’atermoiement, une enquête de commodo et incommodo fut ouverte en 1812. Elle fut réalisée par Antoine DELIGNAT-LAVAUD, Maire de Saint Hilaire Lastours. Le rapport établi à cet effet relate, entre autres choses, que les maisons environnantes devenaient parfois inhabitables en été, à cause des mauvaises odeurs.

La 8 novembre 1814 le conseil dresse le devis estimatif et descriptif de la clôture du nouveau cimetière qui coûtera 1 222 francs. La vente des noyers de l’ancien cimetière n’ayant produit qu’une somme de 480 francs le conseil demande à l’Empereur de prendre en charge la différence, la commune étant déjà trop imposée. L’ancien cimetière n’ayant produit qu’une somme de 480 francs, le Conseil demande à l’Empereur de prendre en charge la différence, la commune étant déjà trop imposée.

Mais le manque de ressources et la chute de l’Empire firent encore reculer la construction du nouveau cimetière. La translation de l’ancien vers le nouveau ne devint effective qu’à la fin de 1817.

La commune de Nexon n’eut rien à débourser comme prix du terrain. L’emplacement du cimetière fut échangé par Gabriel Tarade, arpenteur du bourg, contre une parcelle de l’ancien. Celui-ci fut immédiatement transformé en place publique ou champ de foire, destination qu’il a conservée jusqu’ aux années 1970.


[1] D’après les archives et documents officiels consultés et publiés dans le Bulletin municipal n°3 de la Ville de Nexon. La suite fut publiée dans les numéros suivants, d’une manière variable, jusqu’en 1968

[2] A. Lecler : « La maladie des Espagnols à Limoges en 1809 », Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, LV, 1905, pages 217-240

[3]  Jean-René Aymes «  La déportation sous le 1er Empire – Les Espagnols en France – 1808-1814 » Publications de la Sorbonne, Paris, 1983, p.170