Une histoire illustrée de nexon
Header

I- Les anciens combattants au niveau national

  Les blessés et mutilés s’organisent avant la fin de la guerre.

Les blessés et les mutilés sont relativement mal pris en charge par l’administration. Ce sont donc des initiatives privées qui vont suppléer les carences de l’administration. Ainsi en août 1915, la première association voit le jour dans un hôpital privé : l’Association générale des mutilés de la guerre (ou AGMG). Les associations de mutilés se multiplient alors partout en France, regroupant des mutilés mais aussi des veuves et même des ascendants. Un premier congrès à l’initiative d’une structure parisienne, l’Union nationale des mutilés et réformés (UNMR), se réunit le 11 novembre 1917 à Paris et jette les bases et les principes de l’Union.

A Lyon, les 23, 24 et 25 février 1918 « l’Union fédérale des associations françaises de blessés, mutilés, réformés, anciens combattants de la grande guerre, veuves, orphelins et ascendants » prend officiellement naissance. Elle devient quelques années plus tard « Union fédérale des associations françaises d’anciens combattants et victimes de guerre (U.F.) ». Son siège est à Paris, rue de Brissac, dans un immeuble acheté en 1928 grâce aux dons de ses groupements et fédérations départementales. Il y est toujours actuellement. L’U.F. a été reconnue d’utilité publique par décret en date du 25 juin 1952.

La guerre terminée les démobilisés sont mécontents.

La révolution russe de 1917 a suscité un immense espoir. Dès la fin de la guerre des grèves éclatent. Le 1er mai 1919 CLEMENCEAU fait quadriller Paris par la troupe, le gouvernement calme la colère des démobilisés en les exonérant, ainsi que les veuves, des impôts dus pour les années de guerre, si leur revenu est inférieur à 5 000 F. Il institue une prime de démobilisation de 250 F, majorée de 20 F par mois de séjour au front.

Mais la parade la plus efficace consiste à organiser les démobilisés avant que la gauche ne le fasse en suscitant la création de l’Union Nationale des Combattants (UNC). A la différence de l’U.F., qui vient d’en-bas, et lentement, l’UNC vient d’en-haut, et vite.

Clemenceau encourage le Père BROTTIER, aumonier militaire, qui demande aux anciens combattants de « rester unis comme au front ». Avec l’appui de l’armée qui autorise l’UNC à faire sa propagande dans les foyers du soldat, des milieux d’affaire et de l’église catholique l’UNC se développe rapidement. Déclarée le 11 novembre 1918, elle compte près de 100.000 membres à sa première assemblée générale, en février 1919. En 1921, avec 317 000 cotisants, elle devance l’UF qui compte 255 000 votants à son congrès.

A coté des anciens combattants il y une catégorie de citoyens qu’il ne faut pas oublier : les orphelins. La proposition de loi initiée par Léon Bourgeois en avril 1915 débouche sur la loi du 27 juillet 1917 qui institue les pupilles de la nation et crée un Office national des pupilles de la nation (ONMR). Enfin, la loi de Finances du 19 décembre 1926 permet la création d’un Office national du combattant (ONC).

En 1922, le 11 novembre devient jour férié.

Il ne suffisait pas d’aider les anciens combattants il fallait leur rendre hommage et tout faire pour qu’un tel conflit ne se renouvelle pas. Aussi la loi du 24 octobre 1922 décide que la république française célèbrera annuellement la commémoration de la victoire et de la Paix et que cette fête sera célébrée le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice. Le 11 novembre devient jour férié.

 

Un défenseur des droits des combattants : René CASSIN, prix Nobel de la Paix

Pendant toute cette période un homme a joué un rôle prépondérant : René CASSIN. Ancien combattant épris de justice, il participe dès 1917 à la création à Aix en Provence, d’une des toutes premières associations de victimes de guerre et à la création de l’Union fédérale. Devenu l’un des dirigeants nationaux les plus écoutés, il participe activement à l’élaboration du texte de loi sur le droit à réparation que le député Georges LUGOL fera adopter le 31 mars 1919. En 1922 il devient président de l’Union fédérale en 1922. En 1926 il est la base de la création de la carte du combattant et de l’O.N.C. En 1929, il est vice-président du conseil supérieur des pupilles de la nation. On l’appelle « le père des pupilles de la nation. » En 1930, il obtient la retraite du combattant ; celle-ci sera alors versée aux intéressés dès l’âge de 50 ans !

Dès le 19 juin 1939 il embarque à Saint Jean de Luz pour rejoindre Londres ou il arrive le 29 juin. Il se présente au Général DE GAULLE, dont il deviendra le juriste.

Dès la fin de la guerre, c’est en tant que représentant de la France dans la commission des droits de l’Homme des Nations unies, qu’en collaboration avec Mrs Eleanor ROOSEVELT, René CASSIN établit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Premier Président de l’Ecole Nationale d’Administration,  qui vient d’être créée, à la tête du Conseil d’Etat de 1944 à 1960 puis membre du conseil constitutionnel du 18 juin 1960 au 22 février 1971 il siège à la cour européenne des droits de l’Homme de 1960 à 1968 et la préside de 1965 à 1968.

Le 10 décembre 1968, vingt ans jour pour jour après la déclaration universelle des droits de l’homme, le prix Nobel de la Paix est attribué à René CASSIN. Il s’est éteint en 1976 à 89 ans.
Le 5 octobre 1987, jour du centième anniversaire de sa naissance, ses cendres ont été transférées au Panthéon.

 

II- Les associations d’anciens combattants en Haute-Vienne.

 

A Limoges c’est d’abord une Œuvre d’Assistance aux Invalides et Mutilés de Guerre qui voit le jour dès 1916. Elle va principalement se consacrer à la rééducation des mutilés dans un Centre de Rééducation ou sont logés plus de 200 élèves avec des infirmiers, des cuisiniers, des lingères… et 29 professeurs. La majorité des élèves rééduqués entre le 1er octobre 1915 et le 1er mai 1918 placés par l’école étaient comptables (81), cordonniers (45), employés (45), instituteurs (29), dessinateurs industriels (18), tailleurs (13) et coiffeurs (12).

En annexe à ce Centre la Fédération a créé, en mai 1917, une Ecole des Soldats blessés aux yeux puis le 5 janvier 1918 un Centre de rééducation agricole dans la ferme école de Chavaignac près de Peyrilhac.

A coté des Centres, la Fédération distribue des secours en numéraire aux Réformés dans le besoin  et aide les mutilés dans toutes leurs démarches administratives.

La Haute-Vienne comptait de nombreuses associations de mutilés et de sections de l’association des combattants du Limousin et du Centre. Un grand nombre d’entre elles décident de s’unir afin d’être plus fortes. Réunies le 8 janvier 1928 à l’hôtel de ville de Limoges elles créent « L’Union Fédérale de la Haute-Vienne des associations d’anciens combattants et victimes de la guerre, de leurs veuves, orphelins et ascendants du département de la Haute-Vienne. » Le même jour est créé le journal « Le combattant du Limousin ».

Le numéro 102, daté de décembre 1937 annonce la tenue du 9ème Congrès départemental dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Limoges, le 16 janvier 1938, sous la présidence de René CASSIN et en présence de 2 ministres, Albert RIVIERE, ministre des pensions et André COT, ministre de l’Air. Ce même jour sera inauguré la maison de l’Union fédérale, au 37bis de la rue Montmailler à Limoges.

Le numéro 112 de décembre 1938 annonce la tenue du Congrès le 26 février 1939.  Pas de ministre cette fois ci et un ton pessimiste. Hitler a en effet annoncé qu’il voulait récupérer les anciennes colonies allemandes qui ont été confisquées en 1919. La menace de la guerre se fait sentir…

 

III- Les Anciens Combattants à Nexon.

 La première manifestation de la municipalité a été le 1er décembre 1919, la décision d’ériger un monument à la mémoire des combattants morts au combat.

Le 20 février 1919 par une annonce dans le Populaire du centre « les mutilés et réformés, les veuves et les anciens combattants du canton de Nexon sont priés d’assister à l’assemblée générale qui aura lieu le dimanche 2 mars à Nexon, salle Defaye, vers 2 heures (heure nouvelle) » en vue de constituer une association pour la défense de leurs intérêts.

Cette association réunit un large public et le but n’est pas de se retrouver amicalement mais de défendre ses intérêts.

La réunion du 2 mars a dépassé les espérances des organisateurs. Il y avait tellement de monde que la salle Defaye était trop petite et les participants se sont déplacés dans la grande salle du Café de la Promenade.

LAPLAUD, instituteur à Saint Priest Ligoure préside la réunion. Il montre la nécessité d’être unis et présente les statuts de la future association ainsi que le règlement intérieur. Les choses avaient donc été préparées à l’avance. Le nom « Association Fraternelle des Anciens Combattants et Victimes de la Guerre du canton de Nexon » est adopté. On constate un léger changement par rapport à la convocation : les anciens combattants figurent en tête du nom et celui des mutilés n’est pas mentionné mais tous sont représentés au bureau par un délégué.

Il n’y a pas de président mais un Secrétaire général, M. J. LAPLAUD avec comme adjoint M. SENIGOUT à La Meyze. Le trésorier est M. Guyot à Nexon et son adjoint M. JARY à Saint Hilaire les Places.

Les délégués sont :

– délégués des Réformés : MM. MARTIN à la Meyze et DEBORD à Nexon.

– délégués des veuves et ascendants : Mmes CHARLINE à La Roche et VILLENEUVE à Saint Priest.

– délégués des anciens combattants : MM. JARRAUD à Fressinet et PEYROT à Saint Priest.

A ces personnes s’ajoutent les délégués de chaque commune.

Au 31 décembre 1919 l’association comptait 151 membres cotisants à 5francs et un membre honoraire ayant versé 50 francs.

Les dépenses s’élèvent à 565, 70 francs dont :

  • 87 cotisations à 2 francs à la Fédération …….. : 174 francs
  • Journaux payés à la fédération ……………… : 110 francs
  • Imprimés (cartes de membre, papier, statuts… : 186,20 francs
  • Déclaration et insertion au Journal Officiel ….. : 60 francs
  • Location de salle pour l’assemblée du 2 mars … : 20 francs

 

Les nexonnais sont 21 cotisants, loin derrière ceux de Saint Priest Ligoure qui sont 36 plus Jean Laplaud qui a payé 50 francs comme membre honoraire. C’est sans doute lui qui a su mobiliser ses compatriotes pour le taux d’adhésion soit aussi élevé.

Les membres nexonnais de La Fraternelle en 1919

L’association n’a pas dû fonctionner par la suite, le cahier ne comporte pas d’autres listes. Il faudra attendre 1928 pour qu’une nouvelle association soit créée.

 

Les associations de Nexon n’ont pas pris part à la création de l’Union départementale en janvier 1928. Elles la rejoindront à la fin de l’année 1928.

Octobre 1928 : La 28eme section départementale de l’UF est créée à Nexon.

Le bureau de la section des Mutilés avait convoqué, pour le 21 octobre 1928, tous les anciens combattants de la commune à une réunion amicale. Beaucoup répondirent à l’appel, la salle de la mairie avait peine à les contenir. M. MELON, le très sympathique président de la section des mutilés remercie les camarades présents d’être venus et les engage à faire de la propagande afin que pas un seul ancien Combattant mutilé ou non reste isolé.

Sur sa proposition l’assemblée est unanime pour décider d’organiser un cortège qui se rendra le dimanche 11 novembre au Monument aux Morts pour y déposer une palme.

, délégué du bureau central de Limoges, explique ensuite que le devoir et l’intérêt des anciens Combattants non pensionnés est de se grouper. Leurs frères dermes, mutilés, ont depuis longtemps donné l’exemple et recueillent aujourd’hui les fruits de leur cohésion. Les non pensionnés ne voudront pas rester plus longtemps inactifs et voudront travailler à améliorer et augmenter les maigres avantages qui leur sont concédés par les lois et règlements en vigueur.

A la suite de cet exposé, l’assistance décide la création d’une section d’anciens Combattants à Nexon et nomme immédiatement un bureau provisoire. Sont élus comme :

Président : M. le docteur JUMEAU-LAFOND

Secrétaire : M. TOULEMONT

Secrétaire adjoint : M. PIGNOULET

Trésorier : M. PERIER Baptiste

Trésorier adjoint : M. ROUGERIE J-B

 

La réunion se termine par une courte causerie sur la Retraite Mutuelle de l’Union Fédérale, qui est le système le plus parfait et le plus avantageux d’épargne et de prévoyance pour les vieux jours.

18 novembre 1928 1er congrès de l’Association « Les Combattants du Limousin et du Centre »

22 avril 1929 assemblée générale de la section de Nexon.

Plus de 100 camarades ont répondu à l’appel du président, le docteur JUMEAU-LAFOND. La section de Nexon approuve les décisions du Congrès régional du 14 avril rapportées par leur délégué Perrier. Ils invitent le bureau fédéral à faire pression sur les pouvoirs publics pour voter la retraite du combattant, pour faire accorder aux Anciens Combattants les réductions accordées aux Mutilés par les compagnies de chemin de fer, à leur faire consentir des prêts analogues à ceux accordés aux Mutilés.

Le Combattant du Limousin 15 avril 1933 : « Le 19 mai dernier dans la grande salle Charreix s’est tenue l’Assemblée générale ordinaire des deux sections de Nexon, de l’U. F des Mutilés et Combattants du Limousin.

Le docteur JUMEAU-LAFOND préside, assisté des camarades TOULEMONT et LABIDOIRE. Il présente les camarades du bureau central, SENAMAUD, trésorier général des Mutilés du Limousin, NAUCODIE, président de la mutuelle retraite et FOUCHARD, président de l’U. F. départementale.

SENAMAUD fait l’historique des Associations dans le département. 1925 a vu la création de l’Union Fédérale et c’est en 1933 un faisceau de 25 000 bonnes volontés qui la compose. Il rappelle quelles ont été les réalisations : d’abord un siège social avec une permanence journalière ; un véritable office de renseignement ou plus de cent camarades défilent chaque jour ; un foyer de Mutilés qui donne des repas à des prix abordables ; une société de Mutuelle-Retraite ; la création d’une maison d’hébergement et d’assistance par le travail.

Dans tous les organismes ou l’on s’occupe des victimes de la guerre et des Anciens Combattants l’Union fédérale est présente et souvent la seule représentée.

NAUCIDIE a ensuite la parole pour exposer la question importante de la société Mutuelle de retraite des Combattants et des Victimes de la guerre de l’Union Fédérale du département de la Haute-Vienne.

Au cours d’un récent voyagé à Paris dit-il, j’ai pu parcourir, les services de la France Mutualiste et je puis vous dire que vous pouvez avoir confiance en cet organisme qui possède actuellement plus de huit cents millions d’immeubles et de deux cents en valeurs diverses. C’est d’ailleurs la caisse autonome la plus importante de France.

Il est entièrement sous le contrôle du Ministère des Finances car, vous le pensez bien, si l’Etat majore vos versements de 25 à 60% il est juste qu’il exerce un contrôle journalier sur les opérations qui sont faites par France Mutualiste.

Il invite les camarades Anciens Combattants et leur famille à adhérer à la Mutuelle. Il cite de nombreux exemples, tel celui de l’Ancien Combattant qui âgé de 52 ans arrive à doubler sa retraite à 63 ans s’il se contente de percevoir d’une main et de verser de l’autre à la Société Mutuelle sans pour cela d’ailleurs que le capital soit perdu en cas de décès.

FOUCHARD fait ensuite un exposé très complet sur la situation financière actuelle et les différents projets établis contre les droits acquis des Anciens Combattants par les ministres des finances qui se sont succédé.

Il rappelle qu’avant de consentir des sacrifices, il y a lieu pour le Gouvernement de mettre de l’ordre dans la maison et de supprimer les nombreux abus de toutes sortes que tout le monde connaît et qu’il appartient au Gouvernement de réprimer.

La révision des pensions est également à l’ordre du jour et il fait connaître la position de l’Union Fédérale, qui d’ailleurs a toujours été la même : suppression des pensions dites scandaleuses, par un réexamen des droits à pension, des mobilisés des dépôts et des engagés spéciaux de l’arrière

Les trois exposés furent très applaudis et la réunion se termina par le vote de l’ordre du jour suivant : « Les deux sections de l’Union Fédérale des Mutilés et Combattants du Limousin, réunis salle Charreix à Nexon le 19 mars 1933, après avoir entendu les camarades Sénamaud, Naucodie et Fouchard font confiance à l’Union Fédérale des Mutilés et Combattants du Limousin pour défendre leurs droits, exprimant leur conviction formelle que toute mesure de redressement financier doit comporter la suppression immédiate des abus dans tous les domaines. Déplorent que des Anciens Combattants et Victimes de Guerre trop nombreux n’aient pas obtenus réparation.

Décident qu’avant de demander aux Mutilés et aux Combattants des sacrifices, il est nécessaire d’attendre les résultats définitifs du redressement financier afin de connaître et d’évaluer l’effort exigé de tous, aucun citoyen ne pouvant se dérober à ses devoirs civiques et fiscaux ».

 

L’Assemblée, en raison du décès survenue du père du camarade Melon, décide ensuite de lui envoyer l’adresse suivante : « Les sections des Mutilés et Combattants de Nexon envoient à leur camarade Melon, président de la section des Mutilés du Limousin leurs sympathiques condoléances pour le deuil qui vient de le frapper ».

Les bureaux ont été renouvelés dans leur entier à savoir :

Pour les Mutilés

Président : MELON

Secrétaires : DUROUX, DESPLANCHES

Trésorier : LABIDOIRE

Pour les Combattants

Président : JUMEAU-LAFOND

Secrétaires : TOULEMONT et PERRIER

Trésorier : MOURET

 

1er Juin 1933 : Le camarade MOURET Louis, trésorier de la section des Combattants de Nexon, invite tous les adhérents en retard de leur cotisation de bien vouloir s’en acquitter le plus tôt possible, car passée la date du 31 mai prochain, ces camarades seront avisés de payer leur cotisation par chèque postal et dans le cas où ils ne répondraient pas à cet appel, le journal leur sera supprimé.

Il compte sur la bonne volonté de tous pour l’aider dans sa tache.

 

6 décembre 1933, assemblée générale dans la salle de cinéma présidée par le docteur JUMEAU-LAFOND. Le point principal de cette assemblée est la désignation des délégués du canton au Comité administratif fédéral. Sont élus pour les Combattants : QUEYROI Fernand de Nexon titulaire, RENAUDIE de la Meyze suppléant. Pour les Mutilés : MARQUET Gabriel de Saint Priest Ligoure titulaire, LAMAUD de Rilhac Lastours suppléant.

Le délégué fédéral fustige ceux qui ont démissionné car les avantages accordés aux Combattants et mutilés sont aléatoires et il faut sans cesse batailler pour qu’on ne les supprime pas. Ensuite le délégué des Mutilés s’en prend aux « peinards » qui n’ont pas été mobilisés et se sont enrichis pendant que d’autres souffraient tant moralement que physiquement.

 

Le 11 novembre 1935 les sections des Mutilés et des Combattants de Nexon appartenant à l’Union Fédérale, ont fêté dignement la commémoration de l’armistice.

Le matin, le pèlerinage habituel au monument aux Morts, accompli pour y déposer une palme, eut lieu avec le concours de la plus grande partie de la population, y compris le maire et des représentants du conseil municipal.  Le docteur JUMEAU-LAFOND, président des sections d’Anciens Combattants de l’U. F., en quelques phrases bien de circonstances rappela la raison de cette commémoration et demanda une minute de silence, Après quoi les camarades de l’Union Fédérale se groupèrent pour entendre CLEMENT, délégué du Conseil d’administration de l’U.F. dont il est le président.

La réunion ne fut que de courte durée, parce qu’il était midi et qu’il fallait prendre place au banquet organisé par les camarades de l’U.F. Une centaine de convives se trouvaient réunis dans une salle fort bien aménagée où, durant plus de deux heures des plats nombreux, des mets succulents circulèrent sur les tables. Enfin, lorsque le vin mousseux et pétillant emplit les Verres, on eut le plaisir d’applaudir maints orateurs. Le premier, le Dr JUMEAU-LAFOND eut un mot aimable pour chacun et son discours fut accueilli avec une aimable déférence. Tous ceux qui lui succédèrent furent copieusement applaudis. On eut ensuite le plaisir d’entendre des chanteurs qui, accompagnés par un expert ménétrier, se taillèrent un beau succès. Et quand on se sépara, on songeait que le 11 novembre 1918, la joie n’était pas plus vive qu’elle ne le fut à Nexon en 1935.

Le 25 avril 1937 les adhérents ont tenu leur assemblée générale sous la présidence du Dr JUMEAU-LAFOND, président fédéral et les présidents des Combattants et des Mutilés, BONNET et FILHOULAUD.

A l’unanimité les bureaux ont été constitués comme suit :

Président fédéral : Dr JUMEAU-LAFOND

Mutilés – Président : LABIDOIRE

Secrétaire : DESPLANCHES

Trésorier : DUROUX

Combattants – Président : QUEYROI

Secrétaire : COUEGNAS

Trésorier : MOURET

Trésoriers adjoints : LONGEQUEUE et JOURDE.

On rappelle aux adhérents que dans le département de la Haute-Vienne 17 000 cartes sont délivrées aux membres de l’Union Fédérale sur les 28 000 membres regroupés en association ce qui en fait un acteur efficace auprès de l’Office départemental des victimes de guerre. Mais il y a 7000 personnes titulaires de la carte qui ne sont membres d’aucune association.

Le nombre élevé de membres a permis l’acquisition d’une Maison avec des permanents qui répondent quotidiennement aux adhérents. 26 000 correspondances ont été reçues en 1936.

Les délégués insistent sur l’importance qu’ils attachent à la paix et au rôle que doit jouer pour cela la S.D.N. Son rôle dans la question de la Sarre, l’affaire Ethiopienne et la guerre civile espagnole ont été rappelés. Le but poursuivi est un désarmement total.

 

Le 28 février 1938, les membres des sections de Nexon se sont réunis en Assemblée générale, sous la présidence du Dr JUMEAU-LAFOND. Une centaine d’entre eux étaient présents, et c’est à l’unanimité que les bureaux sortants ont été réélus.

Cette formalité remplie, le camarade CLEMENT, délégué du conseil d’administration, a pris la parole pour évoquer le dernier congrès : « Nous avons eu un beau congrès, a t-il dit, parce que l’U.F. est la plus belle association départementale. » Il insiste sur la nécessité de rester groupés.

CLEMENT termine par un vibrant appel en faveur des groupes de jeunes de l’U.F.

Le fonctionnement de l’Office départemental est présenté avec les aides qu’il peut accorder.

 

Les mutilés et anciens combattants de Nexon, réunis en assemblée générale le 12 février 1939, ont pris connaissance de la lettre de démission de leur camarade LABIDOIRE. Ils lui expriment leurs regrets de le voir abandonner la présidence de la section des mutilés et lui adressent leur témoignage de vive sympathie et souhaitent que son état da santé lui permette, dans un avenir prochain, de revenir sur sa décision.

Après avoir entendu l’exposé de leur camarade PUYNEGRE, délégué par le bureau central, ils font confiance à l’Union fédérale pour la défense de leurs droits et passent à l’ordre du jour

Une quête faite au profit des réfugiés espagnols de Nexon a donné la somme de 102 fr. 50 malgré que de nombreux camarades aient déjà versé sur les listes de souscription qui sont en circulation.

 

Lettre écrite par Me Cubertafon, notaire, le 18 juin 1849, postée le 19 juin à Nexon, arrivée le 20 juin à Limoges.

Le 20 c Cérès noir a été mis en vente le 1er janvier 1849. Il a été dessiné et gravé par Jacques Jean Barre. C’est un timbre non dentelé. Chaque timbre était découpé aux ciseaux dans une feuille de 150 clichés. Selon l’habileté de la personne les marges étaient plus ou moins régulière, ce qui joue sur la sa valeur marchande, les collectionneurs recherchant les timbres aux marges équilibrées.

41 700 000 timbres ont été tirés sur les presses et 31 100 000 exemplaires ont été vendus au public. Le 20 c Cérès a été retiré de la vente des bureaux de poste entre juillet et fin octobre 1850. Il a été remplacé par le 25 c Cérès bleu, à la suite du changement de tarif postal du 1er juillet 1850.

Pour empêcher la réutilisation du timbre-poste les bureaux de poste l’oblitèrent avec une grille. Dans certains cas le matériel destiné à l’annulation du timbre-poste n’a pas pu être livré à temps. Dans ce cas les anciens cachets à date ont été utilisés donnant une valeur importante à l’ensemble timbre -oblitération. D’où l’importance de conserver les timbres sur leur enveloppe car, parfois, l’oblitération a plus de valeur que le timbre. La philatélie est l’étude et la collection des timbres ; la marcophilie est l’étude et la collection des marques et oblitérations postales.

Une belle gravure en couleur du pavillon de garde situé à l’entrée du château de la Garde. Elle a été publiée dans la revue « L’Habitation pratique  » du 2 avril 1904.  Ce pavillon est l’oeuvre de l’architecte Louis Charles Geay.

 

Louis, Charles GEAY (1843 – 1898) est né à Saint-Georges de Didone (Charente-Maritime). Ingénieur des arts et manufactures il est architecte à Cognac à partir de 1868 ; Il est nommé inspecteur des édifices diocésains de Limoges par arrêté du 31 mars 188.

Il a construit des écoles et des chapelles en Charente, divers bâtiments en Charente-Maritime, Creuse et Haute-Vienne ; restauré les châteaux de Chesnel, Grandmoulin et Lafont en Charente ; construit l’église de Guéret, restauré comme inspecteur les églises du Chalard (Haute-Vienne), du Dorat et Solignac.

Son fils Louis-Charles-Henri GEAY (1875-1945) est également architecte. Il débute sa carrière en 1907 avec la réalisation de la Bourse et de la Chambre de commerce d’Angoulême.

De 1911 à 1929, il occupe le poste d’architecte des monuments historiques de la Haute-Vienne. On lui doit l’immeuble des PTT de l’avenue E. Vaillant mis en service en 1931. De style art déco il se caractérise par sa sobriété et par l’emploi de nouveaux matériaux tels que le béton moulé et la brique.

Le château de La Garde a été réalisé par Paul Blondel (1847 – 1897), Grand Prix de Rome en 1876. Paul Blondel est mort moins d’un an après la fin de la construction du château.

 

Deux mariages franco-américains figurants sur les registres d’état civil. Les deux soldats ont épousé leur marraine de guerre.

Le premier mariage :

Le 6 mai 1918 union de Percy Montfort BELL soldat américain né à Hulut (Minnesota), le 11 Janvier 1881 avec Henriette Clémence HAMON, corsetière née à Bordeaux le 8 Février 1898.

Le couple a eu un fils, Jean Henri, né le 10 Janvier 1919 à Pauillac en Gironde. Ils sont partis aux Etats-Unis en 1919. Par la suite ils ont divorcés. Henriette Hamon est restée aux Etats-Unis ou elle est enterrée. Percy M BELL est décédé le 17 Octobre 1963.

En 2004 la petite fille de ce couple, Judy McCOY effectuait des recherches pour connaitre la famille de sa grand-mère, Henriette HAMON.

Le second mariage :

Le 20 Juin 1918 union de Charles D. RICE soldat américain né à Wheaton (Illinois) le 29 Juillet 1892 avec Odette LAGUZON sans profession, née à PAUILLAC (Gironde) le 30 Janvier 1894.

On perd la trace d’Odette RICE-LAGUZON.

Les marraines de guerre.

La guerre devant être courte, rien n’avait été prévu en 1914 pour soutenir le moral des soldats. Mais lorsque la guerre s’enlise, le moral de certains soldats commence à flancher. Certes de nombreuses associations apportent un soutien aux soldats par l’envoie de colis mais rien ne remplace l’affection d’une mère, d’une épouse ou d’une sœur. De là est née l’idée des marraines de guerre.

Une première association, La Famille du soldat, nait en janvier 1915. Bénéficiant de la publicité gratuite de L’Écho de Paris elle voit affluer les lettres de soldats demandant qu’on leur écrive. Peu à peu d’autres journaux comme La Croix, Le Journal… vont ouvrir leurs colonnes aux soldats. De nombreuses dames patronnesses créent des œuvres. Les mamans qui ont perdu leur fils unique au combat cherche un réconfort en prenant en charge un jeune soldat.

Mais assez vite de patriotiques des relations sentimentales vont naitre dans les échanges épistolaires.  Constatant cette évolution, le 1er mai 1915, une revue bimensuelle légère, Fantasio, crée « Flirt sur le front », une rubrique destinée aux jeunes filles et aux jeunes soldats à la recherche de l’amour. Le succès est fulgurant et en 3 mois ce sont plus de 6000 soldats et marraines qui ont été mis en relation.

                                                                                    

Fantasio mettra un terme à cette action dès novembre 1915 mais d’autres revues prendront la suite, augmentant régulièrement le prix de la ligne d’annonce tant le succès de ce courrier du cœur était grand.

Demandes de marraines toutes domiciliées chez Iris, la principale poste restante privée pendant la Première Guerre Mondiale.

Notons que l’armée ne voit pas d’un bon œil ces échanges de courrier grossir et craint que dans les lettres des informations militaires se glissent, des espions ingénieux ayant pris l’apparence de jeunes filles amoureuses. Les Lettres qui sont envoyées aux journaux avec de simples initiales ou des numéros et celles qui sont adressées en poste restante vont directement au rebus.

Des mariages ont été célébrés entre des soldats et leur marraine. Le hasard fait qu’il y en a eu deux à Nexon.

 

Louis GUIBERT (1840-1940) était un érudit limousin qui a écrit une centaine d’articles sur l’histoire locale. Parmi eux j’ai trouvé ce texte ou il examine en 1898 un manuscrit provenant des archives du château de Nexon écrit par Jacques Sazerac, chirurgien et apothicaire à Nexon de 1675 à 1718, au moins.

A cette époque les chirurgiens et les médecins sont deux professions distinctes et ce n’est qu’après la révolution Française que la chirurgie deviendra une spécialité de la médecine. Quant aux apothicaires ils faisaient partie de la même corporation que les épiciers mais avec une supériorité car depuis l’ordonnance de Louis XII en 1514, « Qui est épicier n’est pas apothicaire, qui est apothicaire est épicier ». Grace aux drogues et poudres comme le tabac qu’il détenait l’apothicaire était considéré comme un notable bourgeois. En 1777 par un décret de Louis XVI, les apothicaires deviennent pharmaciens et obtiennent le monopole de la préparation des remèdes et de la vente des médicaments.

 

Le chirurgien de village de Pieter Jansz QUAST (1606-1647) école hollandaise au musée des Beaux-Arts de Dôle.

 

Médecin de campagne soignant le pied d’un vieil homme ; à l’arrière-plan, son assistant prépare une pommade avec un pilon et un mortier. Gravure d’Adolphe POTEMONT (188328–18), d’après David Teniers le Jeune (1610–1690).

 

Je reproduit l’article de Louis GUIBERT publié dans le Bulletin de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze, Tomme XXe, janvier-mars 1898, pages 466-474.

« Un manuscrit provenant, comme tant d’autres, des archives du château de Nexon, et récemment communiqué, avec la plus bienveillante obligeance, à notre ami et collaborateur J.-B. Champeval, répond à ce desideratum

L’auteur du manuscrit en question est un chirurgien-apothicaire, dont une note écrite sur une des feuilles de garde de son manuscrit nous fait connaître le nom et la résidence : « Le presant livre apartien a Monsr Jaque Sazerac, appotiquere a Nexon »

Il a confié à son papier domestique la note des visites ou opérations faites par lui et des médicaments fournis à ses clients, pêle-mêle avec le mémento des événements survenus à son foyer, et des menus détails de la gestion de son petit domaine.

Les indications relatives aux visites, aux maladies ou blessures, aux médicaments administrés, sont peu explicites et peu variées, quoique nombreuses

Des pleurésies, des fièvres, des fractures ou des contusions ; quelques têtes assez sérieusement cassées ; voilà, avec deux accouchements et quelques dents arrachées, le bilan de notre chirurgien. Nous ne sortons pas de l’arsenal le plus élémentaire de la vieille médication : la saignée et le « lavement laxatif » en sont les agents les plus communs ; Sazerac y ajoute volontiers les ventouses, les emplâtres, le « julep cordial », la « potion émulsive », etc. Il a recours, sans beaucoup d’émotion, au trépan et aux plus énergiques procédés de la chirurgie du temps. Dans les cas graves, il n’opère qu’en présence d’un ecclésiastique et de témoins qu’il a bien soin de nommer à son livre. Souvent, il ne fait qu’assister le médecin et exécuter ses prescriptions : nous devons à ce concours la mention du nom de plusieurs médecins de la fin du XVIIème siècle, entr’autres de MM. Gondinet, de Saint-Yrieix ; Borie de Limoges ; de Malevergne, de La Meyze ; Chambon, qui pourrait bien être en résidence à Nexon même, mais dont notre manuscrit n’énonce pas le domicile.

Aucune note historique ; peu de détails autobiographiques : Sazerac nous apprend néanmoins que, marié le 6 août 1675 à Marguerite Desmoulins de Janailhac, il a, vingt et un jours après ses noces, conduit sa femme dans sa maison de Nexon.

Le jeune chirurgien avait, sans doute, fait déjà son apprentissage, mais il n’était pas encore pourvu de ses brevets et licences ; car on le voit partir pour Toulouse au mois d’avril suivant, entrer « en boutique », c’est – à – dire comme garçon, chez M. Maynier, apothicaire, Grand Rue. Il revient chez lui quatorze mois après et s’installe probablement alors d’une façon définitive. En 1691 il perd sa femme, qui lui laisse un fils et une fille ; cette dernière suit de près sa mère. Un an s’est à peine écoulé sur le veuvage du chirurgien, qu’il se remarie avec Catherine Devantière. Il a au moins un fils.

Sazerac vit encore en 1710 ; il semble même qu’on doive lui attribuer deux notes postérieures, dont la plus récente porte la date du 17 décembre 1718 ; mais la suite régulière des notes s’arrête en 1700 et la dernière que nous ayons relevée de cette année est du 22 août. Bien qu’on trouve à ce registre quelques mentions de faits d’une date plus ancienne, il a été certainement commencé à l’époque du mariage de Sazerac, 6 août 1675.

Le manuscrit du chirurgien de Nexon est un petit in-4° carré (190 mm. sur 138), en papier, de 96 pages, défendues par un parchemin doublé de carton. Sur une des feuilles de garde on lit trois couplets, fort effacés, d’une chanson sans intérêt d’ailleurs, où la versification et l’orthographe sont également maltraitées. — Quelques feuillets ont été déchirés

Inutile d’ajouter que le registre a été commencé par les deux bouts.

Louis Guibert. »

Notes pour comprendre le texte de Sazerac :

– Les prix dans l’Ancien Régime étaient calculés en livres, sous et deniers. Une livre vaut 20 sous ou 240 deniers. J’ai indiqué les livres monnaies avec une guillemet   « , les sous avec un s et les deniers avec un d.

– L’unité de poids est la livre (489,5 grammes). Elle était divisée en 2 mars de 244,75 grammes. Chaque marc vaut 8 onces de 30, 59 grammes et chaque once était divisée en grains…

Quand Sazerac achète 12 livres de porc à 2 sous la livre cela lui coute 24 sous soit 1 livre et 4 sous.

-L’écriture a évolué en 350 ans ! La femme s’écrit « famme », fille est « fillie », épouser s’écrivait « espouzé », le veau est « velle » … Comment s’écrira le français en2350 ? Entre temps il y aura eu beaucoup de réformes de l’orthographe et on aura oublié le nom de leurs auteurs et les polémiques que ces réformes auront suscité.  

Il pratique beaucoup de saignées à 5 sous la saignée et la pose de ventouses. Il ajoute le prix de la journée qui varie en fonction du déplacement. Comme il est apothicaire il fournit les médicaments qui ont été prescrit par les médecins et applique leur traitement comme les lavements.

 

REGISTRE DE NOTES DOMESTIQUES ET MEMENTO PROFESSIONNEL DE JACQUES SAZERAC, CHIRURGIEN ET APOTHICAIRE A NEXON (6 août 1675 — 22 août 1700) avec quelques notes de 1700 à 1718

« Le presant livre apartien a Monsr Jaque Sazerac, appotiquere a Nexon ».

Le sixsiesme août 1675, j’ay espouzé a Janeliac ma famme, Marguerite Desmoulins, fillie de Jan Desmoulins et Jullie de Combrouze, du lieu des Pras, susdite paroisse. Mr de Combrouze, curé, nous a espouzé. Nota que nostre contra de mariage a esté fait et passé par Mre Jan Glandus, notaire royal, Juge de Janeliac, le 18e juliet 1675. La-dite Jullie de Combrouze me doit rendre la moytiet des fres que je faire pour la despansse de nostre mariage, qu’elle m’a promis verballement.

Pour nostre faitte (sic), j’ay achepté un charge de vin : 9  » ; — plus, de viande de velle : 38″ à 2s : 3 « . 16 s.; — douze livres de porc (?) a 2s. :1″. 4s. ; — deux quartiers de mouton :18s. ; — quatre douzenes de pain : 4″. 16s. ; — plus, de sel, pour 5s. 6d.

Le 8° août 1675, Jan Bariere, du Pouret, a thué une porche dans son blet. Je suis esté a St Priet, faire informer a la requette de ma belle mère, et ay fourni pour les fres de la procédure, 9″.

Plus me doit ma belle mère un setier de segle du 9 aoûts 1675, que j’ay prins a Rongeras, a 2 ». 106. ; plus, de viande de boucher de Nexon, le 10e susdit jour (sic) et an, pour le commun de la maison, pour 17s.

Ay fourny, pour les journées et nouritures de trois focheur de Valette, pour Jullie de Combrouze, 18s, et 12s de vin, au 23 de julliet 1675….

Aujourdhuy, 27e août 1675, ma famme et moy nous sommes retirés a Nexon, ches moy…

Le 14 janvier 1676, j’ay payé au boulanger deux tourtes pour ma belle mère : 12 sols.

Le dix sept apvril 1676, je suis partit de Nexon pour aller avec Père (sic) Bellet, marchant voyturier, a Thoulouse, et y sont arivé le 26. Le 29 apvril 1676, je suis entré en bouptique a Toulousse, ché Mr Maynier, me appre, a la Grand’Rue.

Le 23e juin 1677, je suis arivé de mon voyage de Languedoc a Jeneliac. Le 26 susdit, ma famme s’en est retournée a Nexon, avec mon beu frère et ma seur.

La presante année, j’ay fait focher le prêt de ma belle mère…pour les journées ou nourritures des manœuvres : 5″. 10s.

Le 29 juliet 1686, j’ay mis ma petite a nourise ches Pierre Pouze… Je luy dois payer 35 sol tous les moys.

Le 19 7bre 1690, je suis esté appelé parle vallet de Barlet de Sazerac (aujourd’hui Sazerat) et Martialle Deguilhat, pour aller a Sazerac panser son beu frère François Sazerac, mre talieur d’abis, ou je l’ay trouvé alité avec fiebvre, esmoragie de sang, cauzée par deux grandes playes a la teste : une de la longueur d’un grand demy pied, et l’autre de cinq grand travers de doit, profondant jusques a l’os coronal et pariétal avec trois grandes fractures et embarures des os (on note qu’il n’écrit rien sur les causes de l’accident !).

  1. 1690. — Mr de la Jaye me doit, pour Jolet, 5 saigniées a bras et une au pied, des moys de 9hre et Xbre : 1″. 5s. : plus, pour luy, une saigniée au bras : 5s. ; pour onguent : 12s.

Previllie, de Pleuvier (Commune de Piegut), mre clotier, me doit, du 12 mars 1691, pour avoir esté voir sa fillie,ma journée : 1’ ; plus a luy ay faict prandre une prinze de confaiction… avec l’oppiate Solomonis (Le Sigillum Salomonis, vulg. Sceau de Salomon (Polygonatum vulgare), est une plante de la famille des Smilacées. « Sa racine est détersive et astringente ; on s’en sert pour les fleurs blanches des femmes, pour purifier le sang étant prise en décoction On attribue à ses bayes la vertu de purger par haut et par bas ». Nicolas Lemery, Traité universel des drogues simples, Paris, 1714) : 6s. Plus luy ay laissé pour luy faire prendre autres trois prinze desdits cardiaques pour trois matins consécutifs : 18s. Plus un emplâtre de gommes (Il est probable qu’il s’agisse ici d’un emplâtre de gomme-gutte. La gomme-gutte, gummigulla, était employée dans l’ancienne médecine « pour purger violemment par haut et par bas les humeurs séreuses et bilieuses » ; on s’en servait pour « l’hydropisie, pour la galle, pour la grosse vérole ». Nicolas Lemery, loc. cit.) préparé pour luy faire distiler les eaux et fluction de ses jambes : 5s. Plus, du 22 mars, une autre journée : 1″. Plus l’ay pansée d’une fistulle, etc

Le 4 may 1691, ma famme Marguerite des Moulins a fait son testemant: et donne vingt livres de messes, paya dans deux ans appres son deces, au Cordelier ; 5″ a la servante ; son prêt a son fils et le boys de La Vayse a sa fillie, en par sa filhe donner 90″ a Jan son frère,lorsqu’elle entrerat en posesion dudit boys, les substituant a moy; et me leigue les droits maternels : ledit testament receut par Mre Léonard Jourde, notaire…

Elle est decedée le samedi au soir, a unze heures, 13e may. Le 14″ dudit a esté inumé son corps dans mes tombes, proche le gran tombeu, ou j’ay faict a Mr Jobert, viquere, une nouvelle fondation de 5″ une foy payé, et une messe anuelle et perpétuelle, le jour de Ste Margueritte.

Le nebou de la Plasa me doit, pour luy, du 20 7bre, une médecine purgative : 1″. 10s.

Aujourdhuy, segond novembre 1691, est decedée ma fillie, Marie Sazerac, et de defuncte ma famme, Marie Desmolins, et esté inhumée dens mestumbeaux dans la grant esglize de Nexon, le mesme soir et an, par Mr Jobert, viquere dudit Nexon.

Le 20 9bre 1691, j’ay donné a sécher nos chatagnies a Pierre ches Catounaud du Plantadis, en nombre de 41 eminals. (L’émine ou éminal est une unité de mesure faisant la moitié d’un setier. Cette mesure était utilisée pour le grain et sa valeur variait d’une commune à l’autre et allait de 150 à 300 litres).

Memoyre du 10e juin 1692, par lequel j’ay passé contract de mariage avec damoyzelle Chaterine de Vantiere, ma famé, au Carts, Reseut par Vergniolle, notaire royal de Nexon.

…Monsieur de la Seyline doit, pour luy, du 4e juin 1693, a la Seyline, une saigniée, outre les trois dernières que je fit ches luy, pour luy, son frère et sa seur, don je reseut deux coupes de blet noir : 15s. Plus, du 5e, un lavement purgatif et compozé : 15s plus le voyage, plus une boutelle emulsion :

15s ; du 6e. pour luy, en compagnie de Mr Borie, médecin, une saigniée et le voyage : 15s ; du mesme soir, par ordre du médecin, un lavement purgatif et le voyage : 1″ ; plus, du 8, un lavement réitéré qu’il n’a volut prendre : 15s. — Reseut troys livres quatre sol.

La seur de Jan de la Leyre doit au 6e jun 1693, une saigniée que j’ay faict ches le couzint Laurant : 5s. — Elle m’a assi[s]té a fener, et l’ay croizée (C’est-à-dire rayé de la liste des débiteurs).

Le 3e août 1693, au raport de Jan (?), vallet de La Margot, elle a recolligé dens la terre de La Vignie soixante treize gerbes ; plus du 4, dans la terre des Couders, soixante et dix huy.

Ledit jour, j’ay faict batre la poincte de ving gerbes, et avet les engrains, j’ay faict vaner cuinq quartes de blet seigle, que j’ay reseut et ay resté compte avec la charget (?) de ma despansse, depuis dimanche au soir, a 31 sols.

Le Grand Peli doit, du 3e de 7bre 1693, une visite pour sa nore (sa bru), avec le sr de Malevergnie, médecin, 10s ; du 5 dudit, pour ladite nore, par ordre du sr médecin, une médecine laxative compozée et le voyage : 2″.

Le 10e 8bre 1693, j’ay vandu les chatagnies de Bomareche 12″ a Jan De Faye l’esné, et trente sol de vin qu’il doit payer.

Le 13 octobre 1693, j’ay vandu les chatagnies de Somier a Jan Fayette, dit le Renard, 1″ 10s.

Le 14 susdit, j’ay vandut les chatagnies de mon boys de Lavaysex a Jan Maziera, mersier, pour 12″ la moytié: il me doit amaser ma part, et mo.y luy payer un sol tous les jours pendant qu’il y seront deux, et 5 sous de paint toutes les sepmenes, réservé les jour de festes et dimanches.

Le 20e 8bre, a esté inumée dens l’esglise de Nexon, sr Simon Lymousy, sr de la Brugere, qui avoit decedé le jour de devant au lieu des Moulins, en qualité de fermier. (Jacques Sazerac nomme dans cette partie de son registre, plusieurs de ses confrères : M. Gondinet, médecin de Saint-Yrieix ; MM. de Malevergne, Borie, Chambon et d’autres) … Léonard, dit Rebiere, a La Brugiere, le 27 janvier 1694. Plus, j’ay esté ches luy le panser le 28, et aporté un pot onguent ; plus du 30, un voyage ; des 2 et 13, deux voyages, ou je luy ay sorti quatre pieses d’os de sa teste, de notable grandeur.

Peyrot, du Plantadis, pour avoir araché une dant a sa filie, du 12 février 94 : 5s.

Le sr de La Juinchere (sic,) me doit, pour Glandus son nepveu, du 21 apvril 1694, pour le fréter d’une pleurisie, un lavement purgatif compozé: 15s.

Plus une saigniée : 5s.

Du mesme jour, la saigniée réitérée et journée : 1″ 5s.

Plus,du 22, l’appliquation des vantouses sur son coté et ma journée : 1″ 10s.

Plus, du 23, une médecine purgative par ordre du sr Malevergnie, médecin de La Meyze, et ma journée : 2’’.

Plus, pour 8 sol de confection hiasaincte (« La racine de la jacinthe est détersive, astringente, agglutinante. Sa semence est apéritive, étant prise en poudre au poids de demi dragme ou d’une dragme » Nicolas Lemery, loc. cit.) pour l’usage de ses boulions : 8S. Plus, pour l’esprit de vitriol (« Le vitriol… est purgatif, il évacue par haut et par bas, si l’on en prend par la bouche depuis douze grains jusqu’à deux scrupules ; il est apéritif et il excite les urines, si l’on en prend douze grains dissous dans quatre livres d’eau commune, comme on prend une eau minérale ; on s’en sert aussi extérieurement en collyre pour les maladies des yeux ». Nicolas Lemery) et poudre (?) dans ses boulion, et pour le sudorifique animal du 24e : 15s.

Plus, pour ma journée : 1’.

Plus, du 30e, une médecine purgative et ma journée : 1’.10s.

Je luy ay aporté pour quinze sol de sucre fin, d’une piesse de trente deux sol 6d….

Le 26e julliet 1693, j’ay été appelle par Marie, fame de Martial Peret, tiserant au vilage d’Excepté, paroysse de Nexon, pour panser son mary, dont elle m’a repondut de me payer. Et j’ay faict insizion crusialle a la tête, en presances de M. Bouté, viquere de Nexon et me Pierre (le nom est resté en blanc) …me lalieur et autres ; ou j’ay trouvé une grande frature de la longeur de demy piet, occupant les os pariétal et coronal, avec enfonsure du test, ou j’ay apliqué le trepant le 27 dudit, en presance du sr Bouté et autres ; ou j’ay enlevé trois esquilies de desus la dure mère, qui estoy enfonsés. — Continué de le panser tous les jours.

Le vingt quatriesme septembre mil six centz nonante quatre, ma fame, Chaterine Devantiere c’et acouchée d’un fils malle, jour de vandredy, a dix heures de soir. Et a esté baptizé en l’eglize de Nexon, le dimanche, 26 dudit, par Mr Morin, viquere de Nexon. A esté son parin Mre Jan de Verneilh, pratisien, et marene, ma seur, Chaterine Sazera. — Dieu le fase sainct !

SAZERAC, peire.

Aujourdhuy, 20 mars 1695, je suis esté avec ma belle seur au Puytren, ches Mr du Gravier.

Le 2e apvril 1695, ma belle seur estant alictée et attainle d’une douleur de cotté avec fièvre continue, a faict donnation entre vif et irevocable a Chaterine de Vantiere, ma fame, reseue par Vergniolle, notaire royal de Nexon. Elle est decedée le 3e apvril 1695, a unze heures du soir, et a esté ensevelie le lundy au soir.

Pour l’année 1697, je suis talié (c’est-à-dire porté au rôle de la taille) de grande talie : 2″ 9E; pour l’ustansille : 1’ 5s; 2″ pour la capitation. J’ay payé a Jan Bonnet, talieur de Nexon, qui fait la levée, 4’ et 8 sol de despans. Apres, son fils m’a faict exsecuter pour le reste ; et a pris deux grand plat et deux escuelles d’estain.

Aujourdhuy 22me aouts 1700, j’ay achepté de Monsieur de Nexon son cheval d’Aras, le boyteux, la somme de soixante livres, que a luy doit payer dens un ant.

Sazerac

 

1 -Les jeunes années d’Adrienne

Adrienne Clotilde CHANEL est née le 5 avril 1882 à Saintes (Charente-Maritime) et sa naissance a été enregistrée le lendemain. Son père, Henri Adrien CHANEL (1832-1916), âgé de 49 ans est marchand ambulant. Sa mère Virginie Angéline Fournier (1836 – 1912) a 44 ans et elle est sans profession. Elle a épousé Henri Adrien en 1854 dont elle a eu 19 enfants dont Henri-Adrien, né en 1856 qui a donc 26 ans de plus que sa sœur Adrienne. Lorsque le 19 août 1883 naîtra à Saumur, Gabrielle, fille d’Henri-Adrien CHANEL, tante et nièce n’ont qu’un an de différence. COCO en jouera beaucoup quand elles étaient jeunes en faisant souvent passer sa tante pour sa sœur.

On ne connait pas les premières années de sa vie mais la notoriété de sa nièce, Gabrielle CHANEL, va faire que l’on va s’intéresser aussi à elle et la suivre à partir du moment la nièce et la tante vont se retrouver ensemble.

Son père l’aurait alors placée avec ses deux sœurs, dans l’orphelinat de l’abbaye cistercienne d’Aubazine en Corrèze. À l’orphelinat, elle aurait appris la couture et mené une vie austère et rigoureuse pendant les six années qu’elle y aurait passées.

Ce séjour de Coco Chanel à Aubazine est controversé, en particulier par Henri PONCHON . Dans son livre « L’enfance de Chanel » publié en juin 2016 aux Éditions Bleu Autour, l’auteur montre qu’au printemps 1896, Gabrielle Chanel vivait à Thiers chez une cousine germaine de sa mère ou elle était  « bonne d’enfants et domestique ». Elle ne pouvait donc pas être à Aubazine ! La légende d’Aubazine aurait été créée par Edmonde Charles-Roux dans son livre « L’Irrégulière » publié chez Grasset en 1974, soit 3 ans après la mort de COCO, sans véritable enquête sur la jeunesse de Coco CHANEL.  Les révélations d’Henri Ponchon sont remises en cause par ceux qui se demandent pourquoi Coco Chanel est venue plusieurs fois à Aubazine, entre 1950 et 1970 ?

En 1901 Gabrielle et Adrienne se retrouvent à l’Institut Notre Dame à Moulins ou elles vont rester deux ans. En 1903 elles sont placées comme commis dans une maison spécialisée dans la dentelle tenue par la famille Grampayre. Sur l’enseigne de la boutique on lit : « A Sainte Marie, soieries, dentelles et rubans ».

A gauche la boutique ou travaillaient Adrienne et Gabrielle Chanel en 1903

Adrienne et Gabrielle étaient logées par leur employeur et partageaient la même chambre ce qui accroit leur complicité. Chargées des commandes et des retouches elles sont vite appréciées par les clientes. Elles sont alors affectées au rayon confection pour dames et fillettes ou elles ont comme clientes les familles bourgeoises de Moulins.

Après quelques mois Gabrielle prend une chambre rue du Pont Ginguet dans un quartier populaire de Moulins ou elle est rejointe par Adrienne. Elles profitent de leurs heures de loisir pour confectionner des vêtements et se constituent ainsi clientèle fidèle.

Gabrielle et Adrienne qui avaient en commun la beauté et l’élégance sont toujours ensemble si bien qu’on les prend pour deux sœurs, ce qu’elles ne démentent pas. Elles sortent ensemble, fréquentent le Grand Café, la Rotonde… Pendant l’hivers 1905 elles vont à Vichy ou une clientèle fortunée vient en cure. Elles y admirent les beaux vêtements et les belles coiffures.

Gabrielle et Adrienne à Vichy en 1905

De retour à Moulins Gabrielle séduit un jeune officier, Étienne Balsan, héritier d’une riche famille. Passionné de chevaux il renonce à la carrière militaire pour se consacrer à l’élevage et aux courses. Il va faire découvrir ce monde à Gabrielle qui accepte de le suivre à Royallieu, son domaine de la forêt de Compiègne en 1907. Leur idylle ne dura que quelques mois, mais il lui permis de rencontrer des gens de la haute société qui influenceront son destin.

Adrienne était aussi séduisante que sa nièce mais elle ne fréquentait pas les mêmes personnes aussi elle ne reste pas à Moulins et choisi d’habiter à Souvigny, à une douzaine de kilomètres de Moulins chez Maud Mazuel. Gabrielle vient souvent la voire et toutes les deux continuent à vivre de leurs travaux de couture.

2- Adrienne et sa nièce Gabrielle rencontrent les jeunes aristocrates.

L’année 1908 va être importante pour toutes les deux. Au cours de randonnées à cheval Gabrielle rencontre un joueur de polo et homme d’affaires anglais, Boy Capel, qui deviendra son grand amour. Adrienne rencontre Maurice de Nexon.

En 1909, Gabrielle ouvre un atelier à Paris dans la garçonnière d’Etienne Balsan, au rez-de-chaussée du 160 boulevard Malesherbes. Elle vie avec Boy Capel qui l’encourage et l’aide à ouvrir en 1910 sa première boutique de chapeaux, « Chanel Modes », au 21 rue Cambon.

Adrienne n’oublie pas ses parents. Elle leur rend régulièrement visite par le train. Lorsqu’elle arrive à la gare de Varennes sur Allier elle fait l’admiration des habitants peu habitués à voir arriver une femme aussi élégante dans leur village.

Gabrielle continue sa marche vers la notoriété et le 29 mai 1913 ouvre une boutique rue Gontaut-Biron à Deauville. Elle y vend ses chapeaux à larges bords sobrement ornés d’une plume ou d’un ruban, mais surtout, elle propose à des clientes aisées des tenues de plein air qui rompent avec le style « Belle Epoque » corsetée et surchargée de mise jusqu’alors. Pour l’aider elle a fait venir sa jeune sœur Antoinette et sa tante Adrienne. Toutes les trois se promènent sur la jetée avec les vêtements et chapeaux de COCO qu’elles changent tous les jours.

Gabrielle avec Adrienne à Deauville en 1913, devant la première boutique Chanel

Adrienne , sans doute au Maroc

Son amoureux, le baron Maurice de Nexon en 1913 aux ventes de Yearling

Au mois d’aout 1914, lorsqu’éclate la Première Guerre Mondiale, Adrienne n’a pas le cœur à être à Deauville, loin de son amoureux, le baron Maurice qui est mobilisé. Elle vient quand même rejoindre Gabrielle pour la saison.

La pénurie de tissus due à la Première Guerre mondiale, ainsi que le manque relatif de main-d’œuvre domestique ont créé de nouveaux besoins pour les femmes de ce milieu, et Chanel perçoit ces besoins. Elle achète à Rodier des pièces entières d’un jersey utilisé à l’époque uniquement pour les sous-vêtements masculins, et lance la marinière. Adrienne sera toujours la première à porter les vêtements que sa nièce aura conçu.

3- Adrienne n’est pas acceptée par la famille de son amoureux

La relation du baron ne plait pas à sa famille. Le baron Auguste de Nexon n’apprécie pas que son fil ainé fréquente une roturière. Il craint qu’Adrienne ne soit qu’une courtisane qui pourrait ruiner son fils et lui briser le cœur. Malgré de refus de son père de recevoir Adrienne, le jeune baron resta ferme et ne quitta pas Adrienne. Mais pour ne pas risquer les foudres de son père il vit discrètement avec Adrienne à Paris et à Vichy jusqu’à ce que la mort de son père.

A la fin de l’année 1914 Adrienne a la tristesse de perdre son père, un an après le décès de sa mère . Elle fait inhumer les deux à Vichy.

En septembre 1915 Gabrielle ouvre sa première maison de couture à Biarritz et de nouveau fait venir sa sœur Antoinette et sa tante Adrienne. Celle-ci ne répond pas immédiatement car elle a rendu visite à son amoureux qui est au front. Gabrielle n’aime pas qu’on ne réagisse pas immédiatement à ses appels et elle répondait sèchement « Ton plus tard est désormais trop tard »[1].

A la fin de la guerre Coco Chanel avait créé son style : des vêtements qui libèrent le corps, simples et confortables…

Le 11 novembre 1919 Antoinette, la jeune sœur de Gabrielle, épouse Oscar Flemming, un canadien chez qui elle va partir. Elle a comme témoins Arthur Capel et Maurice de Nexon. En 1921 le baron Maurice est le témoin de Jeanne sa jeune sœur pour son mariage avec M. de Lauzun. Il est seul puisque son père n’accepte pas de recevoir Adrienne.

Une fois la guerre terminée le baron Maurice va s’adonner à sa passion : les chevaux. Depuis 1912 il est propriétaire du haras de Nexon avec son père, le baron Auguste de Nexon. Remarquable cavalier il dispute sa première course en 1904. Elle sera suivie de de nombreuses autres couronnées de plus de 170 victoires. Il consacre beaucoup de temps à l’administration des courses et dès 1919 il est élu  au comité et commissaire de la Société des Sports de France qui possède les hippodromes du Tremblay et de Colombes. En 1925 il est membre de la Société des Steeple Chase de France. Adrienne l’accompagne sur les champs de course, ceux ou ses chevaux courent et ceux où il est commissaire. Le baron Maurice est également propriétaire du château mais compte tenu de l’hostilité de son père à l’égard d’Adrienne il n’y séjourne pratiquement pas.

4- Adrienne épouse le baron Maurice de Nexon

Le mardi 29 avril 1930, à la mairie du 17ème arrondissement de Paris, « Mademoiselle Gabrielle Chanel, costumière, résidant au 29 rue Faubourg Saint-Honoré », était le principal témoin d’Adrienne pour son mariage avec son amoureux dont le témoin était son frère, Robert de Nexon. Certains des anciens amis de Royallieu, dont Etienne Balsan, étaient présents ce jour-là par ailleurs heureux.

Maurice de Nexon et Adrienne

Aux courses à Vichy

Le 22 janvier 1932 le baron Auguste de Nexon décède. Si son fils à la douleur de perdre son père, ce décès le libère et lui permet de venir à Nexon dans le château dont il hérite en tant que fils ainé.

C’est également en 1932 que Pierre Wertheimer, principal actionnaire des « Parfums Chanel » et habitué des champs de course, cherche un dirigeant pour les parfums Bourjois. Il recrute un dirigeant d’Esso Standard : Robert de Gay de Nexon. Mais s’il dirige Bourjois, Robert de Nexon qui, comme toute la famille , « est né avec les étriers aux pieds », pousse Pierre Wertheimer à louer un haras en Normandie, à Saint-Léonard-des Parcs et c’est lui qui va s’en occuper. Maurice et Robert non seulement sont frères mais, directement ou indirectement, ils sont liés aux Chanel.

Une des premières affiche du n° 5, en 1921

Soir de Paris, lancé en 1928

Maurice continue à étoffer son palmarès de brillant cavalier en disputant les courses de gentlemen comme ici au Tremblay en 1938. Son épouse l’accompagne sur les champs de course ou elle fait briller les couleurs Chanel.

La guerre éclate et Robert qui est officier de réserve est mobilisé. Une fois libéré du camp de prisonnier ou il était retenu en Allemagne, il reprend en main Bourjois et l’écurie de Pierre Wertheimer dont les pur-sang courront sous les couleurs des Nexon,  casaque grise, brassards rouges et toque grise.

Revenu en France à la fin de la guerre Pierre Wertheimer gardera une profonde estime à Robert de Nexon et lorsque celui-ci, à la fin de sa vie, sera obligé de se retirer dans une maison de retraite, Pierre puis son fils Jacques subviendront à ses besoins jusqu’à son dernier souffle, le 10 septembre 1967.

5- Adrienne à Nexon

Une fois mariée et son beau-père décédé, Adrienne peut venir à Nexon. Elle passera son temps entre sa résidence à Paris, 60 rue de Lisbonne, près du parc Monceau et le château de Nexon. Les nexonnais l’ont croisée, toujours élégante, vêtue des tailleurs Chanel  dont elle était toujours une parfaite ambassadrice. Ma mère m’a souvent raconté le plaisir qu’elle avait de pouvoir admirer ses vêtements lorsqu’Adrienne les amenait à la teinturerie de mon grand-père pour qu’ils soient nettoyés.

 

              

 

                                                  

Une série de photos prises à Nexon entre 1940 et 1943. Assis à droite d’Adrienne, Foulques du Bourdieu.  ( collection Ferreol de Nexon)

 

Adrienne et le jeune Pierre de Longuemar dans le parc du château.

Son époux était toujours très occupé par ses responsabilités dans les sociétés hippiques, en particulier la Société de Sport de France qu’il préside de 1937 à 1966, date à laquelle la Ville de Paris lui rachète l’hippodrome du Tremblay qu’elle avait fait construire en 1906. Mais il n’oublie pas qu’il est, malgré son âge, un excellent cavalier et le 5 mai 1951 à Fontainebleau, alors qu’il a 67 ans, il remporte sa 176e victoire.

Adrienne décède le jeudi 22 novembre 1956 au château de Nexon à l’âge de 74 ans. Elle est inhumée dans la chapelle du Parc. Son mari continue à fréquenter les hippodromes et gérer son haras. Il décède le 27 mai 1967 au château de Nexon. Il est inhumé dans la chapelle du parc.

[1] Edmonde Charles Roux, L’irrégulière ou mon itinéraire Chanel, Grasset 1974.

Georges de LA FOUCHARDIERE ( 1874- 1946) était journaliste au Canard enchaîné et à l’Oeuvre. C’est dans ce journal qu’il écrit un article ironique sur le procès intenté par le chef de gare de Nexon a deux voyageurs qui ont chanté la fameuse Complainte du chef de gare. Chantée sur l’air de Il était un petit navire,  elle a été  détournée par les soldats pendant la Première Guerre mondiale avec son refrain : il est cocu le chef de gare …

Le Populaire du Centre du 11 décembre 1927 reprend l’article sous le titre   » Un chef de gare qui n’aime pas la musique. »

« Le chef de gare de Nexon (Haute-Vienne) a arrêté un train pour chants séditieux ; la police a arrêté les chanteurs et les a accompagnés au violon, et puis le tribunal correctionnel de Limoges les a condamnés à un mois de prison, sans sursis.

Ainsi se propagent par la voie ferrée, en province, les méthodes de dressage mussolinistes dont bénéficient les Parisiens par la grâce de la police municipale… Car bientôt nous ne serons plus tolérés sur la voie publique qu’à condition de marcher au pas de l’oie, à l’alignement, en prodiguant aux agents stationnaires de fréquentes marques extérieures de respect, et après avoir prouvé, par un certificat émanant du commissaire de notre quartier, que notre présence dans la rue a un but excessivement vertueux.

Voici qu’il n’est plus permis de chanter dans les trains pour charmer les loisirs de l’attente ambulante. Notez que les deux jeunes gens condamnés par le tribunal de Limoges ne chantaient point la sanguinaire Marseillaise, ni même la pacifique Internationale, ni un cantique composé par le général de Castelnau à la gloire de sainte Geneviève, maréchale de France.

Ils chantaient la plus antique chanson du folklore ferroviaire, la Complainte du chef de gare, consacrée par une respectable tradition et par les voix de générations innombrables, civiles et militaires qui, roulant vers le plaisir ou vers la peine, vers la mort ou vers la gloire, jetaient en passant à chaque station, comme un hommage harmonieux, les échos obstinés d’une touchante légende.

Car la Complainte du chef de gare est légendaire, et nul ne saurait s’offenser d’une telle fiction. De toutes les professions exercées par les hommes aucune, plus que la profession de chef de gare, ne présente de garanties contre une disgrâce.

C’est pourquoi les chefs de gare, lorsqu’ils entendaient chanter la Complainte du chef de gare, souriaient avec bonnommie. Ils ne prenaient pas ça pour eux, ni pour le collègue de la station suivante ; car, parmi les chefs de gare, les uns sont célibataires, et les autres ne lâchent leur femme que pour leur petit drapeau et leur petit sifflet, très momentanément… Il faudrait vraiment que les dames des chefs de gare mettent dans la trahison une rapidité exceptionnelle qui la rendrait aussi fugitive que le passage d’un express.

Le chef de gare dont il est question dans la chanson est un chef-de-gare-fantôme, issu d’une vieille légende : il y eut une fois un chef de gare qui fut trompé par sa femme, sous Mac-Mahon, et la chose parut si invraisemblable, si inouïe, si prodigieuse, qu’on en fit une chanson.

Cet événement miraculeux se serait-il renouvelé de nos jours ?

Car enfin, voilà le chef de gare de Nexon qui prend ce refrain pour une allusion personnelle… Il s’écrie : « C’est moi le chef de gare en question… On m’insulte en me venant corner aux oreilles l’aventure désagréable dont je fus le héros… ».

Eh ! cherchez une autre explication à la colère du chef de gare de Nexon.

Les deux jeunes gens si durement condamnés ne savaient pas… Mais, à l’avenir, nous saurons…

Quand nous passerons à la station de Nexon, nous chanterons l’Hymne du Père Dupanloup, qui est aussi un chant ferroviaire, très joli, plus varié même que la Complainte du chef de gare, encore que plus difficile à apprendre (je connais peu d’érudits qui en connaissent par cœur les vingt-trois couplets).

Et nous regarderons discrètement par la portière opposée à la gare, ne voulant pas qu’un regard apitoyé par une exceptionnelle infortune semble à l’infortuné une volontaire injure…  » (L’Œuvre) G. DE LA FOUCHARDIÈRE ; Le Populaire 11 décembre 1927

 

Quelques jours après cette publication, M. DEPARDAY, le chef de gare de Nexon, écrit au Populaire :

« LE CHEF DE GARE DE NEXON NOUS ECRIT

On sait que notre éminent collaborateur La Fouchardière a pris dernièrement agréablement à partie le chef de gare de Nexon, à l’occasion de l’affaire qui l’amena à témoigner en l’audience correctionnelle de lundi 5 décembre. A ce propos, nous recevons une lettre du modeste agent de la Compagnie d’Orléans, qui rétablit les faits tels qu’ils se sont passés et déclare avec bonne grâce qu’il est, pour la chanson célèbre, bien plus indulgent qu’on ne le croit.

Voici sa lettre :

Nexon. Le 12 décembre 1927.

Monsieur le Directeur du journal, « Le Populaire » à Limoges.

Je me permets de répondre à votre article me concernant intitulé : « Un chef de gare qui n’aime pas la musique ».

Je regrette de vous dire que votre information est complètement fausse et vos renseignements inexacts.

Voici les faits tels qu’ils se sont passés : Le 9 août dernier, les nommés Furner et Demartin, sujets italiens, occupés comme manœuvres à une entreprise pour la réfection des voies, ont voulu pénétrer de force sur les quais de la gare pour prendre le train, sans billet ; m’y étant opposé, ils m’ont insulté, me traitant des noms les plus grossiers et ont voulu me frapper. Tels sont les faits qui ont motivé leur comparution devant le tribunal de Limoges.

Il ne s’agit donc pas d’une plainte pour avoir chanté la chanson connue ; d’ailleurs, peut-être même que ces étrangers ne la connaissaient pas. Depuis 16 ans que je suis chef de gare, j’ai entendu bien des fois ce couplet sans y prêter aucune importance et ne m’en suis jamais froissé, au contraire, comme mes collègues, j’en ai ri.

Je vous prie, Monsieur le Directeur, de bien vouloir faire le nécessaire pour faire connaître à vos lecteurs l’exacte vérité concernant cette affaire.

Veuillez agréer. Monsieur le Directeur, mes bien sincères salutations.

DEPARDAY, Chef de gare, Nexon (Hte-Vienne).

A notre tour, nous adressons à M. le chef de gare de Nexon nos bien sincères salutations et l’assurons que nous n’avons jamais douté de son esprit de conciliation en matière de chants irrévérencieux. En France on sait rire de tout quand c’est faux. » Le Populaire mardi 13 décembre 1927

La chanson paillarde est un détournement du texte de la chanson Il est content le chef de gare, chantée en 1912 par Mansuelle sur l’air de Il était un petit navire. 

La chanson était ironique comme le montre les paroles et le refrain :

« J’étais l’autre jour dans l’train d’plaisir

Avec ma femme et mes trois gosses

Ma belle-mère, l’ami Casimir

On voulait s’en payer une tranche

Le wagon était plus que plein

Au départ jugez d’notre colère

Au lieu d’être dix on était vingt

Alors j’appelle par la portière : Chef de gare ! Chef de gare !

Aussitôt v’là qu’à l’unisson de tous les côtés on répond :

Refrain :

Il est content le chef de gare

Il est content le chef de gare

Il est près d’sa femme qui vient d’accoucher (bis)

Ohé ! Ohé ! Qui vient d’accoucher.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats qui reviennent en permission se retrouvent dans la même situation que Casimir avec des wagons bondés et détournent les paroles et en font  Il est cocu le chef de gare. Son usage est si courant en 1916 que les autorités militaires décident de l’interdire tandis que la presse se moque de cette censure.

, à l’image du Filon, qui dénonce l’arbitraire et l’inefficacité du veto :

 

 

1926

Le 21 mars 1926 recherche de l’eau aux Landes, coût 3.000 Francs.

Le 14 Novembre 1926, fouille d’eau dans les taillis de l’étang de la Lande par un puits de 14 mètres. Roulhac est chargé de ces travaux pour le prix de 6 000 Francs, boisage en plus.

Le 5 décembre 1926 la recherche d’eau dans les taillis de l’étang de la Lande se poursuit.

 

Année 1927

Le 1er Mai 1927 les recherches d’eau sont terminées.

Le 10 Juillet 1927 le conseil décide l’agrandissement du cimetière.

Le 22 Septembre 1927 incendie de l’immeuble Precicaud.

Le 13 Novembre 1927 concession de l’éclairage public à la Société Interrégionale de distribution d’énergie électrique.

 

Année 1928

Le 19 février 1928 Création d’une commission pour achat d’une pompe incendie.

Monsieur DONZET dresse l’avant projet d’adduction d’eau en partant des anneaux.

Le 9 décembre 1928 création d’un Syndicat Intercommunal d’Électrification de la Région de Nexon pour électrifier les campagnes.

Année 1929

Le 10 mars 1929 décision est prise de construire l’actuel Hôtel des Postes. M. SAUTERAUD est désigné comme architecte.

Les 5 et 12 Mai 1929 sont élus comme conseillers : Laspougeas, Sanciaud, Jumeaux Laffond, Queyroi, Boutaud-Lacombe, Rebeyrol, Bonnet, Jourde, Barret, Faucher, Redon, Duroux, Chirol, Mathieu, Guyot, Pradeau, Desplanches, Dezon, Authier, Jouhaud.

BOUTAUD LACOMBE est élu Maire par 16 voix. REBEYROL et SANCIAUD sont élus adjoints.

Le 9 juin 1929 le projet d’adduction d’eau des Vanneaux est adopté. Le conseil rejette la demande de construction d’un terrain de sport.

Il rejette une demande de DESBORDES du Brouillet qui réclame 400 F. pour dégâts causés par la route du Brouillet.

 

Année 1930

Le 26 Octobre 1930, adjudication des travaux d’adduction d’eau.

Le 7 décembre 1930 pétition des habitants des Garennes qui réclament l’eau, l’éclairage et la voirie.

Le 21 décembre 1930, création d’un centre de Secours contre l’incendie et achat d’une motopompe.

Le 25 janvier 1931 pose du chauffage central à la Poste. Paiement de 3.000 Francs à Mr PAUZET pour le captage des Vanneaux.

Le 31 mai 1931 Fixation du prix des concessions d’eau à 50 francs par an pour 50 M3, prix du mètre cube supplémentaire 1 franc.

 

Année 1932

Le 3 avril 1932 le conseil décide la construction du chemin de Valeix au Pécher.

Achat de 210 mètres de tuyaux pour le Service d’Incendie.

De nouvelles lampes sont posées dans le bourg.

Le 22 mai 1932 construction du chemin de Valeix à la route de Flavignac.

Réparations au Groupe Scolaire.

Le 11 septembre 1932 autorisation est donnée à Mr le curé pour le remplacement d’une cloche.

 

Année 1933

Le 5 novembre 1933 le conseil décide de réparer le lavoir de La Grange.

Le conseil demande que l’école ménagère vienne à Nexon.

 

Année 1934

Le 24 Septembre 1934 le poste de Secrétaire de Mairie étant vacant, 5 candidats ont postulé : Messieurs Picot; Gibaud, café;  Guerien Limoges;  Coinaud, gendarme en retraite et Faure, gendarme en retraite.

Le conseil désigne Mr FAURE.

Le 21 octobre 1934 un costume est acquis pour le Garde Champêtre.

M. BEZIAU, vétérinaire, est désigné comme inspecteur des tueries.

 

Année 1935

Le 17 Mars 1935 ; 11 sapins du cimetière sont vendus.

Les 5 et 12 mai sont élus conseillers municipaux : Boutaud -Lacombe, Laspougeas, Jumeaux-Lafond, Rebeyrol, Nouhaud, Chirol, Barret, Queyroi, Bonnet, Duroux, Faucher, Sanciaud, Pradeau, Jourde, Guyot, Authier, Pialloux, Lallet, Ribière, Villoutreix, Mathieu.

Election du Maire le 19 Mai : BOUTAUD LACOMBE 14 voix, PIALLOUX 5 voix.

Adjoints : REBEYROL 14 voix, NOUHAUD 13 voix, DUROUX 13 voix, SANCIAUD 13 voix.

 

La commune de NEXON ayant intenté un procès à la Sté GAZ et ELECTRI­CITE DU LIMOUSIN est déboutée par le Conseil de Préfecture et condamnée aux dépens. Le conseil décide de consulter un avocat du Conseil d’Etat pour voir s’il y a lieu de faire appel.

Les artisans, entrepreneurs ou commerçants ayant effectué des travaux où des fournitures pour le compte de la commune, sont priées de remettre leurs factures en double exemplaire à la Mairie avant le 20 décembre dernier délai.

Le 21 Juillet 1935 le Conseil décide la mise à l’étude de la route de La Plaine à Montezol.

20 octobre 1935 : élections sénatoriales. Les 3 candidats SFIO , Léon Betoulle, Achille Fevre et le Docteur Nicolas sont élus.

Il demande le concours du Génie Rural pour la construction des chemins des Réserves et de Bonetie.                                                                        Le 15 Décembre 1935 le Conseil demande au Génie Rural d’établir un projet d’abattoir municipal.

Le téléphone sera installé à Aixette.

 

Année 1936

26 avril 1936, 1er tour des élections législatives. Gabriel DEBREGEAS, député sortant, est réélu au premier tout dans la circonscription de Saint Yrieix avec 6502 voix sur 11 998 suffrages exprimés. A NEXON les résultats ont été les suivants : DEBREGEAS, 385 voix; BASSET, 252; LAGANNE, 72 ; PACHERIE, 55; RENÉ, 24.

Le 3 mai, lors du deuxième tour les quatre candidats SFIO, S. VALIERE, M. VARDELLE, G. TESSIER et L. ROCHE sont élus. La Haute-Vienne compte 5 députés socialistes. Au niveau national le Front Populaire obtient la majorité absolue avec 380 députés contre 238 dans l’opposition.

Le 24 Mai 1936 sont installées les cabines téléphoniques du Plantadis et d’Aixette. Le Conseil décide l’achat de 89 volumes pour la bibliothèque scolaire pour le prix de 570 F.

Il décide de supprimer l’heure d’ouverture des foires, qui étaient fixées à 7 heures, et le droit des pauvres est également supprimé.

Il décide la suppression de 5 arbres route de la Grange.

Il décide de sursoir à la demande de construction d’un abattoir à la Gare de Nexon.

Il donne un avis favorable pour le déplacement du lavoir et l’acquisition d’une parcelle à Mr De GAY de NEXON rue des Ecoles pour sa nouvelle implantation.

Le 23 Août, création d’une cabine téléphonique à Valette.

Messieurs JOURDE, PRADEAU, AUTHIER et VILLOUTREIX sont désignés pour faire partie du Comité des Fêtes.

Les réparations à la Chapelle des Garennes sont approuvées.

Le 18 Septembre 1936, le Conseil se réuni pour examiner la proposition de Mr JOUHAUD, marchand de vins, rue St-Ferréol à Nexon, qui propose la cession gratuite â la commune de sa partie de grange soumise à l’alignement pour élargir la rue du Presbytère, mais à la condition de lui faire reconstruire son mur et de l’indemniser pour sa couverture, le tout évalué à 10.000 Francs. Mr JOUHAUD fut invité à cette réunion et il lui fut offert 6 000 F. Cette offre ne fut pas acceptée et M. JOUHAUD demanda 27.500 Francs au lieu de. 10.000 car le solide était parait-il difficile à trouver pour les fondations de la nouvelle grange. En définitive le conseil rejette cette demande comme trop élevée.

Le 29 Octobre 1936 il demande le concours du Génie Rural pour étudier le projet de construction d’un lavoir et de bains douches.

Il vote une subvention de 350 F. au Comité des Fêtes et une de 2.000 F. au Corps de Sapeurs Pompiers et une de 2.000 F. à la Société de musique.

Par suite de la prolongation scolaire, deux postes d’instituteurs vont être créés.

Diverses réparations aux chemins sont approuvées ainsi qu’aux places et rues de Nexon.

 

Année 1937

Le 18 Avril 1937 le conseil demande la construction des chemins ruraux des Réserves et de Montezol. La subvention étant de 40% par l’Etat et de 30% par le Conseil Général, 30% restent à la charge de la commune.

La société « Les Amis de la Gaité » reçoit une subvention de 180 F.

Location d’une grange à Mr JOUHAUD pour loger le matériel incendie.

Le 8 août 1937 il décide d’acquérir 250 métrés de tuyaux pour les Pompiers.

Réparations à diverses rues du bourg.

Installation du téléphone pour les Pompiers chez Mr CHARREIX.

 

Année 1938

Le 27 Février 1938 il décide de construire le chemin de Leyraud,

Mr GUYOT demande la suppression du chemin public des Rochilles au Courdein qui surplombe sa carrière. Avis favorable est donné et Mr GAUMY est désigné pour établir ce Projet.

Les portes du cimetière seront fermées de 7 heures du soir à 7 heures du matin.

Achat de vestes de cuir pour les Pompiers.

Le 13 Mai 1938 M. GAUMY, Agent voyer, est désigné pour la gestion des chemins ruraux de la commune.

Le 28 Août, un emprunt de 20,000 Francs est contracté.

Les fournitures scolaires aux enfants nécessiteux de l’Ecole Libre seront payées par la commune.

Le conseil demande le classement du chemin rural de Cornedie.

Avant la deuxième guerre mondiale on ne joue pas au foot à Nexon mais au rugby. D’ailleurs on parle de Football Rugby pour désigner le rugby et de Football Association, puis seulement d’Association pour désigner le football. L’image du football dans les années 1930 est peu flatteuse. En lisant l’article suivant, publié dans le Populaire en 1933, on comprend que les jeunes garçons préfèrent le rugby !

« L’ART DE JOUER AU FOOTBALL.

Il n’est pas mauvais d’imiter les profanes, s’il en reste, au noble jeu du football association. C’est ce que fait dans « Marianne », avec beaucoup d’humour, M. Michel Duran : Un arbitre est désigné pour faire respecter certaines règles du jeu ou plus exactement à obliger le joueur a beaucoup d’astuce pour ne pas les suivre tout en ayant l’air de les observer avec scrupule.

Un joueur, par exemple, sait qu’il ne doit pas « se servir de ses mains, ni faire de croche-pied, mais le tout est de n’être pas vu de l’arbitre quand il s’accroche au maillot d’un joueur adverse qui court vraiment trop vite, ou bien de mettre ses jambes devant celles de l’autre sans avoir l’air de le faire exprès.

Une équipe, je l’ai dit, se compose de onze joueurs : cinq avants, trois demis, deux arrières et un gardien de but. Les avants attendent les passes que doivent leur faire les demis et sont chargés de marquer les buts. Ce sont des êtres excessivement affectueux qui s’embrassent volontiers quand l’un d’eux a envoyé la balle dans les filets.

Les demis ont pour tâche d’empêcher de jouer les avants du camp d’en face et, si possible, envoyer le ballon aux leurs. Il faut, pour occuper ce poste, beaucoup de souffle et une grande technique du croche-pied innocent dont il est parlé plus haut.

Ce qui fait la classe d’un arrière, c’est de savoir mettre l’avant adverse en position de hors jeu sans avoir l’air d’y toucher. Un bon arrière est un garçon résolu qui n’hésite pas non plus à courir sur l’adversaire qui avance avec le ballon et à donner un grand coup de pied, dit de dégagement… et on voit l’avant du camp d’en, face s’en aller à cloche-pied ou rester étendu sur le gazon.

Le gardien de but est un monsieur qui a un beau chandail, une jolie casquette et un fétiche qu’il accroche dans « ses bois ». Il connaît des sorts contradictoires. Le jour où son équipe domine, il passe l’après-midi à lutter contre le froid en piétinant sur place et en se frictionnant. Le dimanche suivant, il est bombardé et ne s’arrêta de sauter, plonger dans la boue que pour aller chercher la balle dans ses filets. Et il quitte le terrain le chandail boueux, la casquette chiffonnée, son fétiche en disgrâce. Pendant ce temps, le dirigeant compte sa recette et calcule les bénéfices. » Le Populaire du Centre, 13 septembre 1933

 

I – La naissance de l’A.S. Nexonnaise 

En 1941, le 24 février, est déclaré à la préfecture de la Haute-Vienne, l’Association Sportive Nexonnaise dont le but est la pratique des sports et notamment du football association. La publication est faite au Journal Officiel le 11 mars 1941.

Le président est le docteur Jumeau-Lafond. Les réunions ont lieu chez M. Laspéras. Parmi les membres du bureau il y a MM. Longequeue, Gaumy et Adam Albert.

Une série de photos m’ont été confiées par Madame le docteur Forgeron, fille de Madame Vigneron qui a photographié de nombreux événements de Nexon pendant près de 40 ans. Aucune date ne figure sur ces clichés. Peut-être que certains reconnaîtrons des personnes, joueurs, dirigeants ou spectateurs photographiés.

A droite, avec un béret, M. Laspéras qui doit être le président. A gauche, en costume sombre et avec un béret, René Laspougeas, le célèbre « Fleflette » et sa voiture à cheval. Parmi les joueurs je reconnais Robert Fouillaud, au 1er rang, deuxième en partant de la gauche. Il sera président de l’ASN dans les années 1970. M. Jouve, au premier rang, tient le fanion. Au second rang avec la main sur l’épaule de René Laspougeas, M. Chauvier, puis M. Lagorce, M. Vilard, cheminot.

Une autre photo de l’équipe. Au premier rang, au milieu, Jean Laspougeas. Au second rang, le deuxième en partant de la gauche doit être Maurice Queyroix, en maillot de corps avec un maillot sur les épaules M. Trial, puis Maurice Deschamps…M. Lagorce est le 3ème en partant de la droite.

Le match devait être important si l’on se fie au grand nombre de spectateurs. Il doit se dérouler le 28 septembre 1941, jour de la remise des fanions de la légion aux sections du canton de Nexon. Pendant que les parents regardent le match, les enfants jouent.

 

30 Mars 1941, à Nexon — Base aérienne de Limoges-Feytiat contre A. S. nexonnaise (1). En lever de rideau, Saint-Yrieix contre A. S. nexonnaise (2). Le Populaire 29 mars 1941

 

Le 3 avril 1941, Le Populaire titre :  » BONS DÉBUTS DE L’A. S. NEXONNAISE » – Dimanche, l’A. S. Nexonnaise recevait, sur son terrain, l’équipe de la Base Aérienne de Limoges qui, après une partie très disputée, battit l’équipe locale de 4 à 0. Beau match dans l’ensemble. Très bon arbitrage de M. Gros. » (Le Populaire 3 avril 1941).

 

On trouve une référence à l’A.S.N. avec l’annonce des sessions du Brevet sportif national qui se déroulent à Nexon en 1942. Le 31 mai a lieu la première session, les repêchages sont prévus les 19 juillet et 20 septembre. Il est indiqué que : « Pour tous renseignements, s’adresser ou écrire à M. Maisongrande, secrétaire de l’A. S. Nexonnaise, instituteur à Nexon. » (Le Populaire 14 mai 1942)

Les déplacements s’effectuent dans la camionnette de M. QUEYROI, marchand de bières.

Mai 1941 – CHALUS GAGNE LE TOURNOI DE NEXON – Dimanche, Nexon avait organisé une belle manifestation sportive avec le concours du 16e bataillon de chasseurs et sa musique ; un match triangulaire, disputé entre le 16e bataillon de chasseurs, Nexon et l’A. S.C., a vu le succès des couleurs chalusiennes qui surent s’imposer, vaincre tour à tour le 16° bataillon et Nexon, par 2 à. 1 après deux parties très disputées, et remporta la coupe offerte par son cran et son courage à vouloir la victoire. Le Populaire du Centre, 22 mai 1941

Novembre 1941, A.S. NEXON BAT A. S. NIEUL PAR 2 BUTS A 1 – Partie intéressante à suivre et magistralement arbitrée. Nexon domina et avec un peu de chance, aurait pu gagner avec un score plus élevé. A signaler à Nexon, Pierre Fouillaud, Allemand et Tibi. Nieul, équipe sympathique pratiquant un jeu très correct ; l’arrière émergea du lot. Le Populaire du Centre, 24 novembre 1941

 

1942

 

 

Brevet Sportif National à Nexon. — Première session : 31 mai. Premier repêchage : 19 juillet ; deuxième repêchage : 20 septembre. Pour tous renseignements, s’adresser ou écrire à M. Maisongrande, secrétaire de l’A. S. Nexonnaise, instituteur à Nexon. Le Populaire 14 mai 1942.

 

1945

Demande de match – A. S. Nexonnaise (football). — Demande match sur son terrain le 30 septembre. Ecrire ou tél. 26. Pour autres matches toutes dates libres, sauf 21 octobre. Le Populaire 27 septembre 1945.

 

1946

Bal de l’A. S. N. — L’Association Sportive Nexonnaise organise un grand bal avec surprises dimanche 28 octobre, en matinée et soirée, salle Charreix. Le Populaire du centre, 20 octobre 1946

 

Sans doute pour couper tous les liens avec la période de Vichy, une nouvelle association a été créée le 28 juillet 1948 et homologuée en 1949 sous le n° 2679.

N° d’affiliation à la F.F.F. : 509539

Couleurs : ROUGE ET BLANC

Dans la séance du Conseil municipal du 26 octobre 1946, le maire L.J. PRADEAU rappelle que par une délibération en date du 15 avril 1945 le Conseil avait décidé d’acheter un terrain à M. Maurice de Nexon. Celui-ci avait fixé un prix de 538 000 francs que le Conseil avait trouvé trop élevé. L’administration l’estimait à 140 000 francs. Afin d’éviter une procédure d’expropriation, M. De Nexon propose un autre terrain au prix de 80 000 francs l’hectare.

Le conseil municipal, les instituteurs et les personnes déléguées à la préparation militaire se sont rendus sur place et ont considéré que le terrain convenait. Le conseil a donc décidé d’acheter 2 hectares de terrain pour y faire construire le stade.

Une fois le stade construit la déclaration de constitution de l’Association sportive Nexonnaise a été déposée à la préfecture de la Haute-Vienne le 21 octobre 1949.

 

Les présidents de l’ASN de l’origine à aujourd’hui :

1949 – 1953 : Jean BUSSIERE

1953 – 1954 : Maurice LAMBOTTE

1954 – 1957 : Jean CROUZILLAC

1957 – 1960 : Jean LASPOUGEAS

1960 – 1965 : Jean CROUZILLAC

1965 – 1972 : Jean LASPOUGEAS

1972 – 1981 : Robert FOUILLAUD

1981 – 1983 : Jean Pierre TIGOULET

1983 – 1985: Achille THEODORESCO

1985 – 1987: Claude OLIVERO

1987 – 1993: Gilbert JOACHIM

1993- 1995 : Lucien MAZIERE

1995 – 2008 : Jean Pierre TIGOULET

2009- 2010 : Jean Pierre TIGOULET et Marcel JAVERLIAT

2010-2017 : Marcel JAVERLIAT

2017 – Jean-Luc BONNAFY

Du fait de l’absence de millions d’hommes mobilisés, prisonniers ou morts, les femmes ont joué un rôle éminent dans la guerre. Dès le 2 août 1914 le président du Conseil, René Viviani, fait appel à elles dans une affiche placardée sur tous les murs de France. Il y écrit notamment : « Je vous demande de maintenir l’activité des campagnes, de terminer les récoltes de l’année et de préparer celle de l’année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. (…) Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n’y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l’action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde »

 

Il y a six figures féminines emblématiques de la Grande guerre.

1/ Les marraines de guerre

Ce sont des femmes, souvent des jeunes femmes qui vont être choisies pour correspondre avec des poilus et ainsi leur remonter le moral. Il y aura des histoires extraordinaires de rencontres après la guerre et de mariages.

2/ Les anges blancs (ce sont les infirmières)

Elles vont être emblématiques de tout le système de santé et elles seront souvent à la pointe des innovations pour aller soigner les blessés au plus près du front.

L’équipe des infirmière de l’hôpital bénévole n°5 ouvert par Madame de Nexon. Au premier rang, de gauche à droite, Madame St Ange, Madame de Nexon, Mlle Bragard, Mlle Thérèse de Nexon. Au deuxième rang, de gauche à droite, Mlle Tarrade, Mlle Jeanne de Nexon, Mlle Bonnafy, Mlle Lelong.

3/ Les munitionnettes (ce sont les femmes qui deviennent ouvrières dans les usines)

Elles vont fabriquer l’armement et notamment les obus dont la demande de l’artillerie est très importante.

A Limoges de nombreuses femmes vont être employées dans les manufactures de porcelaine. Une nouvelle production va naître : les têtes de poupées et de fèves.
Plusieurs porcelainiers se lancent dans cette production : Jean Boyer, Léon Couty, Martial Ducongé, William Guerin, Alfred Lanternier… les têtes de poupées sont estampillées « Limoges France ». On estime à plus de 320 000 têtes la production de l’année 1917.

Au début le l’année, après  rencontre avec M. Blémond, pâtissier de Limoges, la manufacture Ducongé se lance dans la fabrication des fèves qui jusque là étaient fabriquées en Allemagne.

4 / Les veuves.

Figure qui ne va cesser de croître et d’être visible puisqu’elles sont toutes de noir vêtu et elles portent le voile en crêpe noir. Elles seront 650.000 à la fin de la guerre.

5/ L’épouse seule et travailleuse qui prend les rênes de la ferme, travaille aux champs.

C’est elle qui set célébrée par les autorités et qui est mise en exergue sur l’iconographie patriotique.

6/ La mère qui élève seule les enfants et veille sur les anciens des générations passées.

Elle aussi elle est méritante et ainsi célébrée par les autorités.

L’idée du vote ouvert aux femmes fait son chemin. Ainsi, à partir de 1916, des projets de loi se font jour dont même celui de l’ultra-conservateur Maurice Barrès qui propose de donner le droit de vote aux veuves, sorte de «Suffrage des morts». En mai 1919, le projet dit Dussaussoy qui ouvre le suffrage universel à toutes les femmes à partir de l’âge de 30 ans est adopté par la Chambre des députés mais le Sénat, très conservateur et très misogyne refusera d’examiner ce projet. Et rien ne se passera avant la Libération.