Une histoire illustrée de nexon
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Au 17ème et au 18ème siècles il ne devait pas y avoir d’hôtel à Nexon, seulement des auberges. En effets on ne voyage pas beaucoup à cette époque car les seuls moyens de déplacement sont la marche à pied ou le cheval.

On se déplace pour aller aux foires et aux marchés ou pour des pèlerinages comme celui de Saint Jacques de Compostelle. L’hébergement des gens qui se déplacent est, soit le résultat de l’hospitalité, une valeur fort développée alors, soit un gite offert par le clergé dans les monastères, soit par des commerçants qui exploitent des auberges le long des routes pour que les voyageurs puissent faire reposer leurs chevaux. Les relais de poste s’échelonnent tous les vingt kilomètres entre les grandes villes. Rien de tout cela à Nexon.

1-Les hôtels avant 1861

On a une idée de la manière dont on se logeait juste avant la Révolution française grâce au récit de M. de VERNEILH-PUIRASEAU. Né à Nexon le 29 juillet 1756 dans une famille de l’aristocratie, il sera député de la Dordogne et préfet de la Corrèze et du Mont Blanc. Il a écrit « Mes souvenirs de 75 ans » publiés en 1836 où Il raconte sa vie. Il fit ses études de droit à Toulouse et chaque année jusqu’à la fin de ses études il fit les voyages de Nexon à Toulouse et retour. Il faisait le trajet en partie à pied et en partie à cheval, faisant étape dans des auberges et des hôtels ou bien il frappait à la porte d’une congrégation religieuse ou chez un ami de sa famille. Les lignes qui suivent décrivent quelques-uns de ses voyages au cours desquels il fut amené à coucher à l’hôtel.

Le premier voyage à Toulouse s’effectue avec cinq autres étudiants au départ de Saint Yrieix avec un messager chargé de ramener les montures. Il écrit : « Au moment de notre séparation, après m`avoir donné de sages conseils, il [mon père] me remit quinze louis d’or et quelques écus pour le voyage, puis les yeux gonflés de larmes, il me serra tendrement dans ses bras en me comblent de ses vœux. Mon bon oncle me donna ses pistolets, et déjà je portais un couteau de chasse ; enfin nous voilà partis. Cette nombreuse cavalcade, dans des chemins de traverse, ne manquait pas de faire une certaine sensation, flatteuse surtout pour des écoliers. Nous cheminâmes ainsi, à petites journées, en passant d’abord près du château d’Hautefort… L’hôte de cette dernière ville fut un peu embarrassé pour nous recevoir, pour nous donner à souper et surtout à coucher. Le lendemain nous fûmes dédommagés par un beau jour : en traversant le vaste plateau qui sépare Gourdon de Pont-de-Rodes, où nous allions rejoindre la grande route de Paris à Toulouse, nous apercevions dans le lointain, au sud-ouest, la chaine imposante des Pyrénées, couvertes de neiges. […] En arrivant à Toulouse, la jeune cavalcade descendit un peu au-delà de la porte Matabiau, devant un petit hôtel, déjà connu de presque tous mes compagnons de voyage. Il était tenu par une bonne vieille appelée madame Laurelian. C’était la pension la plus ordinaire des étudiants limousins ». (Pages 37-38)

Le retour de Toulouse à Nexon

« Nous voilà désormais tous trois, nos épées en bandoulière, cheminant à pied vers Montauban ; et c’était aux premiers jours de juillet. Nous n’y pûmes arriver que le lendemain, de grand soleil, bien poudreux et bien fatigués. Notre premier soin fut de nous mettre au lit, après avoir commandé un bon souper pour les six heures du soir, et prie notre hôte de s’informer si nous pourrions trouver une voiture d’occasion pour Cahors.

Notre hôte n’avait pu découvrir aucune voiture d’occasion ; le service des diligences n’était pas connu encore ; il fallut nous remettre à cheminer comme la veille, marchant la nuit et dormant une partie du jour. La seule bonne fortune que nous eûmes durant ce pénible voyage, ce fut une voiture de retour, à vide, dans laquelle nous fîmes quelques dix lieues : et cela n’avait fait que nous gâter. Etant parvenus au pénultième relais, en deçà de Brive, par un temps chaud et lourd, l’idée nous vint de prendra la poste à franc étrier ; et bien vite, chacun de nous enjamba son bidet. Ainsi nous courions la poste en culottes courtes, sans bottes ni éperons, nos épées en bandoulière et bien halés par le soleil. Au bout du second relais, nous voilà enfin aux portes de Brive. C’était le soir, il faisait beau ; au lieu d’aller modestement descendre chez notre hôte ordinaire (hôtel de Toulouse), nous eûmes la fantaisie de vouloir faire au galop tout le tour des boulevards de cette jolie ville… J’avais trouvé à l’hôtel le cheval de mon père : il m’y attendait depuis trois ou quatre jours, et le domestique s’en était retourne. Je me séparai à regret de mes deux amis, après les avoir bien remerciés de leur extrême complaisance. » (Pages 44-45)

Nexon n’est pas un lieu de passage, la grand route de Limoges à Saint Yrieix passe à La Plaine. Il n’y a donc pas de relais de poste, mais des auberges ou les gens se retrouvent les jours de marché et les jours de fête.

2- Les hôtels de 1861 à 1925.

Pourquoi cette date ? parce que le 26 aout 1961 la ligne de chemin de fer Limoges-Périgueux est inaugurée. Les premiers voyageurs arrivent à la gare de Nexon. Le 20 décembre 1875 c’est autour de la ligne Limoges-Brive d’entrer en service.

Le train est la cause de la première révolution dans les déplacements. Il entraine un très important développement des échanges en permettant le transport de marchandises lourdes et volumineuses et il permet aux gens d’aller rapidement d’un point à un autre. Nexon a la chance qu’une gare ait été construite, certes en dehors du bourg, mais le trafic ferroviaire va générer une nouvelle activité qui va profiter à la fois au quartier de la gare et au bourg.

Le premier document que j’ai trouvé faisant référence à un hôtel à Nexon est une annonce publiée le 23 août 1884 dans le Courrier du Centre : « A LOUER, le Grand Café de la Patrie, Nexon (Haute-Vienne) ; immense matériel. Ce vaste établissement, le mieux situé de la ville, se compose de nombreux Appartements et peut servir pour un hôtel. — S’adresser à M. Boutaud-Lacombe, notaire à Nexon. » Le propriétaire du Grand café de la Patrie pense donc que son établissement peut devenir un hôtel.

En 1886 il y a le Grand Hôtel de Nexon dont le propriétaire est A-F RABY.

L’activité de l’hôtellerie va connaitre un développement rapide puisqu’en 1905 il y avait 8 hôtels à Nexon : l’hôtel de la gare, l’hôtel de France, l’hôtel des Voyageurs, l’hôtel de la Poste, l’hôtel du Faisan, l’hôtel du champ de foire, l’hôtel du Nord et l’hôtel du Commerce.

-Jean BONNET est le propriétaire de l’hôtel de la gare ; La famille BONNET développe un commerce de produits du sol, principalement des pommes de terre et des céréales.

Les hôtels de la gare

– Mme Vve BOURDEIX, hôtel de France ;

L’hôtel est situé rue du centre, actuelle rue Victor Hugo. La famille Bourdeix tient une pâtisserie, alors réputée et l’hôtel de France. Elle est également connue pour ses conserves de gibiers.

Cette photographie ainsi que la vignette datent d’avant 1914, époque ou il n’y a que très peu d’automobiles. Les gens se déplacent en calèches aussi il faut que l’hôtel possède une écurie et une remise pour les voyageurs. Ces mentions sont peintes sur la façade et figurent sur l’étiquette de promotion.

– François CHATARD, hôtel des Voyageurs ;

-DEFAYE, hôtel de la Poste ;

– L. DESMAISON, hôtel du Faisan ;

– GUYOT, hôtel du champ de foire ;

– LAUZEILLE, hôtel du Nord. En 1900 Madame Lauzeille, dont le mari est marchand de vin à la même adresse, est la patronne de l’Hôtel du Nord, puis c’est son fils Jean Baptiste qui en devient le patron en 1905.

-Au début des années 1900 M. PRUGNY est propriétaire de l’hôtel du Commerce, rue du Nord, actuelle rue Gambetta puis c’est Prosper LAPLAUD qui l’exploite en même temps qu’il est sellier-bourrelier.

3- Les hôtels de 1925 à 1970.

Une nouvelle révolution a eu lieu en matière de transport : le développement de l’automobile. La combinaison du train et de l’automobile favorise le développement de l’activité économique et le nombre d’hôtels augmente. L’annuaire DUMONT de 1934 en recense 12 : Louis BEYRAND, hôtel de la Gare ; Raymond BOURDEIX, hôtel de France ; Jean CHAMBON, hôtel de l’avenue de la gare ; Jean COUDERT, hôtel des Voyageurs ; Pierre DESCUBES ; Louis DESMAISON, hôtel du Faisan ; François GOURINCHAS, hôtel du Commerce ; GUYOT ; LEYMARIE, hôtel du Nord ; Paul MORELLO, route de Biard ; Jean NOUAILHAS, hôtel du champ de foire ; Emile LATHIERE, Buffet de la gare. 9 ont un nom d’hôtel et 3 un nom de personne. Il s’agit sans doute de quelques chambres disponibles dans une maison de maitre comme celle de Paul MORELLO, marchand de vin en gros route de Biard dont le commerce sera repris par A. REBIERE.

L’hôtel du Nord est maintenant la propriété de Monsieur Leymarie qui est en même temps entrepreneur de travaux publics et transporteur.

L’hôtel du Commerce est tenu par François GOURINCHAS qui exploite en même temps une épicerie au nom du « Planteur de Caïffa ».

L’hôtel de l’avenue de la gare fait une publicité dans l’annuaire Dumont de 1934 ou il met en avant sa salle des fêtes, son cinéma, son salon particulier et son billard russe.

Juste à la fin des années 1930 l’hôtel de la Poste disparaît et l’ensemble du bâtiment devient une grande épicerie. Sur la place, la boulangerie Pressicaud a été démolie et à la place un nouveau bâtiment abrite le « café Moderne » qui fait également hôtel et restaurant. Il est tenu par la famille MASSY.

 

Après la fin de la guerre l’hôtel de France ferme ainsi que l’hôtel de l’avenue de la gare et le mouvement va s’accélérer à partir de 1950. Les voyageurs, qu’ils soient des professionnels ou des touristes veulent retrouver dans l’hôtel où ils séjournent le confort qu’ils ont chez eux.   Très peu de patrons d’hôtels ruraux ont pu réaliser les investissements nécessaires à obtenir un classement tel qu’il est défini par l’arrêté du 24 juin 1950. En effet à partir de cette date, pour la première fois, les hôtels pouvaient se voir attribuer entre une et quatre étoiles selon la présence de salle de bain ou de toilettes dans les chambres, la qualité des installations, les équipements (ascenseur, téléphone…). L’hôtel du Nord, l’hôtel du commerce… vont fermer.

A la gare la fin des foires et la diminution du trafic de marchandises à la gare du fait du développement des transports par camions font perdre de l’activité. La SNCF en avait bien conscience puisqu’elle créait en 1970 le Service National de Messagerie (SERNAM) qui devint une filiale en 2002 avant d’être privatisé en 2005. Les hôtels de la gare périclitent et ferment les uns après les autres. Dans le bourg l’activité hôtelière baisse également, comme dans toutes les communes rurales.

Il ne reste aujourd’hui aucun hôtel à Nexon. Le gout des consommateurs a changé. L’hôtellerie de plein air, c’est-à-dire les campings sont devenus la première forme d’hébergement touristique. Les communes ont aménagé des huttes sur les campings, les chambres d’hôtes, les gites ont remplacés les vieux hôtels…

des professionnels ou des touristes veulent retrouver dans l’hôtel où ils séjournent le confort qu’ils ont chez eux.   Très peu de patrons d’hôtels ruraux ont pu réaliser les investissements nécessaires à obtenir un classement tel qu’il est défini par l’arrêté du 24 juin 1950. En effet à partir de cette date, pour la première fois, les hôtels pouvaient se voir attribuer entre une et quatre étoiles selon la présence de salle de bain ou de toilettes dans les chambres, la qualité des installations, les équipements (ascenseur, téléphone…). L’hôtel du Nord, l’hôtel du commerce… vont fermer.

A la gare la fin des foires et la diminution du trafic de marchandises à la gare du fait du développement des transports par camions font perdre de l’activité. La SNCF en avait bien conscience puisqu’elle créait en 1970 le Service National de Messagerie (SERNAM) qui devint une filiale en 2002 avant d’être privatisé en 2005. Les hôtels de la gare périclitent et ferment les uns après les autres. Dans le bourg l’activité hôtelière baisse également, comme dans toutes les communes rurales.

Il ne reste aujourd’hui aucun hôtel à Nexon. Le gout des consommateurs a changé. L’hôtellerie de plein air, c’est-à-dire les campings sont devenus la première forme d’hébergement touristique. Les communes ont aménagé des huttes sur les campings, les chambres d’hôtes, les gites ont remplacés les vieux hôtels…

La manufacture de chaussures ADAM

Jean Baptiste ADAM, né à Nexon le 1er mai 1872 était cordonnier rue du Nord (rue Gambetta aujourd’hui) à Nexon. Son fils, Albert ADAM, né à Nexon le 4 mars 1899, travaillait avec son père. Sa femme, Marie ROUDIER, tenait le magasin de chaussures qui était attenant.

A la fin de la guerre de 14-18, Jean Baptiste ADAM décide de créer un atelier de fabrication de galoches, chaussures dont le dessus est en cuir et la semelle en bois. Ce sont des chaussures modernes pour la campagne et elles vont progressivement remplacer les sabots en bois. Il crée son atelier au bas de l’avenue de la gare, en descendant à droite. Le magasin de chaussure est racheté par M. ROUSSEAU, puis par M. BUISSON qui lui aussi fabriquait des galoches et ensuite par sa belle-fille.

M. ROUSSEAU et sa famille devant son magasin

 

Albert ADAM était associé de son père et s’occupait de la partie commerciale. Il démarchait les commerçants en chaussures pour écouler la production, on disait alors qu’il était voyageur de commerce.

Le 6 janvier 1928, 18 paires de bottes sont envoyées à un sabotier en Dordogne 

L’entreprise débute avec deux ou trois salariés et très rapidement l’effectif augmenta pour atteindre une cinquantaine d’ouvriers avant la guerre de 39-45. Parmi les clients l’usine compte la maison Heyraud. Les cuirs étaient teintés et vernis, et ils séchaient au soleil, dans la cour entre le trottoir et le mur de l’usine.

M. Adam, père est à l’extrême droite et son fils au centre.

En 1937, un incendie provoqué par des braises tombées du foyer d’une cuisinière de l’appartement situé sur partie de l’étage détruisit entièrement l’usine. On voyait les flammes et la lueur de l’incendie de très loin. Il paraît que la lueur était visible de Limoges. La chaleur était telle que les glaces et vitre du café IMBAUD situé en face, de l’autre côté de l’avenue, avaient éclaté et fondu.

Devant l’usine, quelques employés. A gauche René Lagorce, coupeur.

 

L’activité reprit dès l’achèvement des travaux de reconstruction. Pendant la guerre de 39-45 l’activité se réduit du fait de la baisse des commandes et parce qu’un certain nombre d’ouvriers qui avaient été mobilisés ont été fait prisonniers. L’usine fabriquait des bottes en cuir sur semelle de bois et des galoches.

Le 29 novembre 1942, 25 paires de bottes sont envoyées en Dordogne

Après la guerre la désaffection du public pour la galoche se fait jour. Elles deviennent principalement des chaussures de travail portées par les commerçants des halles à Limoges et maintenant par les personnels soignants dans les hôpitaux. Pour compenser cette baisse de production l’usine fabrique des sandalettes. Malgré cela l’activité décline lentement mais inexorablement. L’usine a été fermée au début de l’année 1961 et a été transformée en appartements.

Ceux qui y ont travaillé ont gardé le souvenir de patrons humains et soucieux du bien-être de leurs salariés. Josette, dont les parents travaillaient à l’usine me racontait qu’un arbre de Noel était organisé chaque année pour les enfants des salariés et pour sa communion solennelle elle a reçu une paire de chaussures blanches et elle a été invitée à passer une semaine de vacances dans la villa de la famille ADAM à Royan


M.BUISSON dans son atelier sous le regard de M. ADAM

Cette photo est extraite d’un article publié dans LIMOUSIN MAGAZINE, n° 172 de mai 1976. L’article est reproduit ci après :

UN CORDONNIER S’IL VOUS PLAIT !

Un petit escalier de bois dans un vétuste bâtiment à deux pas de la mairie de Nexon. Deux billots couverts de chutes de châtaignier. Des sabots alignés comme à la bataille sur des étagères où trônaient autrefois des produits pharmaceutiques… Dans cet univers où l’odeur du cuir de vache se mêle aux relents de colle et de bois, le temps a, depuis belle lurette, suspendu son vol.
M. BUISSON, coiffé de son béret auréolé de poussière, le tablier bleu noué autour de la taille, fabrique encore une centaine de paires de galoches par mois. Tandis que sa femme tient le magasin de chaussures, l’artisan de Nexon réalise l’assemblage des galoches en compagnie de M.ROUSSE qui vient apporter son aide au clouage des souliers quelques heures par jour. Préposé au bureau des P. et T. de la localité, l’homme se tourne vers le travail manuel quelques heures par semaine.

Si M. BUISSON maintient la ligne des ventes tant bien que mal, le « patron » est conscient de la grande misère de sa corporation. Songez en effet que la cité a perdu ses derniers cordonniers. Mme BUISSON se contente d’expédier vers Le Vigen les chaussures destinées à être ressemelées…
Là-bas, M. SADARNNAC joue un perpétuel  » one man show ». Adjoint au maire, ce dernier est, en effet, aux dires de Mme BUISSON assureur, cordonnier et… propriétaire d’un bureau de tabac. A l’ère de cette fameuse revalorisation du
travail manuel. il serait temps d’étudier la question. Et de redonner vie à des métiers qui ont leur raison d’être.

Dans son Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne édité par la maison par Ducourtieux en 1920, André LECLER recense 43 villages ou hameaux pour la commune de Nexon. L’annuaire des mairies en compte plus de 80. L’orthographe des lieux-dits n’ayant jamais fait l’objet d’une normalisation on peut trouver diverses orthographes pour un même lieu.

Nous reprenons la plupart de ces lieux en essayant d’en donner l’étymologie. Leurs noms tirent leur origine d’une dizaine de sources dont les trois premières sont liées à la forme extérieure du sol (mont, puy…), à sa nature (bois, pierre, sable) ou à sa situation (belle vue, exposition au Midi…) ; on trouve ensuite les noms en relation avec l’eau (étang, rivières, sources…), avec les végétaux (foret, taillis, chêne…), avec les animaux (loup, renard…) ou avec les habitations (grange, moulin…) ou avec les chemins (embranchement, pont…). Des faits historiques, souvent militaires, contribuent également à nommer un lieu (Garde, temples…). Enfin il y a tous les lieux qui ont pris le nom de ceux qui y habitaient (chez Durand…) ou le nom de leur métier (moulin…) ou le nom de celui que l’on voulait honorer (saint X…).

Dans la liste suivante les noms en gras sont ceux qui figurent dans la liste du chanoine LECLER.

 

Villages de la commune de Nexon. 

Age (L’) : Jean Baptiste de Verneilh était sieur de l’Age en 1550 et coseigneur de Nexon en 1595. Ce nom est issu du germanique « hagja » qui évoque une haie vive formant une clôture naturelle de protection ou de délimitation du domaine. Le nom du lieu est devenu un nom propre Delage et ses équivalent Delahaie, Delahaye.

Aixette ou Excette : awk (rivière) vient d’Aixe, nom du village ou la rivière Aixette se jette dans la Vienne.  Aixe, écrit « Axia » à l’époque carolingienne, pourrait dériver d’un nom de personnage latin, Axius.

Le village d’Aixette , croquis de Jacques Célérier (Nexon croqué, Office de Tourisme, 1999)

Artissie (L’), Larticie.

Beaurichard, Bostrichard. C’est le bois (bos en ancien français) de Richard. Ce hameau fait partie aujourd’hui de la commune de Meilhac.

Bel Air :  Les sens de beau lieu, éventuellement belle lande, se retrouve dans les noms Belair, Bellair.

Belle Jardinière (La). Même explication que Bel Air.

Bellevue. Même explication que Bel Air.

Biard : Fréquent en Normandie et en Bretagne c’est le plus souvent un nom de lieu en l’occurrence un verger, un enclos (begar en picard médiéval). C’est aussi un nom de famille dérivé de de bigard, bigardi, nom formé du préfixe « bi» qui signifie « près de » et « gard » « jardin » ce qui donne « jardin près de la maison ». D’un nom de lieu c’est devenu également le nom du propriétaire, Bigard, avec des diminutifs comme Biardeau, Biardeaud, Biardel, Biardot, Biardou, Biardoux.

Bommaresche, Bosmarèche. Bois de Maréchal ?

Bonnetie, cette terre appartenait à la famille des Pousses.

Boule de Neige (La). Le bel arbuste qui porte ce nom, en fait un viorne obier, a une floraison si éclatante qu’il a donné son nom à la maison devant laquelle il était planté.

Brouillet (Le). Brouillet est un diminutif de Breuil, grand bois qui entoure un château. C’est donc un petit bois clôturé.

Champagnac, ou Campagnac terres que possédait la maison des Pousses. On trouve ce nom dans le Cantal et il pourrait s’agir du domaine de Campanius, nom latin. Champagnat dans le Massif central est sans doute une variante de Champagnac.

Chantelauve. Le verbe chanter est souvent associé à des noms d’animaux pour désigner le lieu où l’on entend ces animaux chanter ou crier. C’est le cas avec Chanteloup, le lieu où hurle le loup et avec Chanteloube, Chantelouve, chantelauve, endroit ou hurle la louve.

Chez-Gerlou. La maison ou habitait Gerlou. Le gerlou est une sorte de palette utilisée pour retourner les galettes dans la poêle.

Clos de Nicot. Le terrain de Nicolas.

Combrouze ou Combrouse. L’occitan Combrosa est un dérivé évolutif du gaulois comboros, qui désignait une rencontre et donc un confluent, la rencontre de deux vallées. Ce nom de lieu est assez fréquent en Auvergne et en Limousin ; Il a été donné à l’origine comme surnom aux personnes originaires de ces lieux.

Courdien ou Courdein.

Croix de Leycuras (La), La Croix de Valette, La Croix du Parc, La Croix Sainte Valérie.

Font Paradis (La). Les bons fonds portent les noms de Paradis.

Garde (La). Le mot évoque un point de surveillance, un poste de guet.

Garennes (Les). Une garenne est un espace boisé ou herbeux où vivent des lapins sauvages. La chasse y était souvent interdite jusqu’à la nuit de 4 aout 1789 ou le droit de garenne a été l’un des privilèges abolis par l’Assemblée nationale constituante.

Graisses (Les).

Grange (La) : Ce mot provient du latin populaire granica, dérivé de granum, qui désigne l’endroit où l’on entrepose les grains. Par extension, il s’applique à une ferme, à un petit domaine.

Grave (La), fréquent dans le Sud-Ouest, c’est un nom désignant un lieu caillouteux.

Grillières (Les), désigne un terrain exposé au midi, et de ce fait brulé par le soleil. Il peut également avoir été défriché par le feu Ce nom peut aussi évoquer le grillon.

Hébras (moulin des). Sans doute une variante ou un diminutif de Hébrard, nom de personne d’origine germanique, sans doute Eberhard (eber = sanglier + hard = dur).

Jalinier (Le). C’est un endroit où se trouve un poulailler.

Jaye (La) ou Lajaye. C’est un nom de l’ancien français venant du latin cavea, « cavité » qui désigne un trou.

Laboueyne, La Bouenne.  Bouenne désigne une borne.

La lande, les landes : En occitan, landa désigne une lande, une terre pauvre.

Lauzet a la même racine que lauze, l’ardoise utilisée pour la couverture des toits. C’était aussi un cépage de vigne. Comme ce lieudit est proche de La Vigne ont peut penser qu’il y avait autrefois des vignes.  Le lauzet était aussi le prix payé pour faire aiguiser les instruments de labourage.

Lescuras, Leycuras, vient du mot occitan escura qui signifie fenil, grange. Le nom Lescure a la même origine.

Leyraud, du bas latin airale, espace vacant, emplacement, terrain vide qui est à l’entour d’une habitation.

Lombertie.

Mas (Le). Le nom, très répandu en pays occitan et catalan, désigne celui qui habitait un mas, c’est à dire une exploitation agricole dont les terres rayonnent autour de la maison d’habitation. Le mot vient du latin mansus

Masmonde, Masmondeix. La maison, la ferme de Mondeix, sans doute un diminutif de Raymond.

Mazaurie (La). La maison de quelqu’un dont le nom est une variante d’Alaric comme Auric.

Mazérieux, vient du latin maceria(e) = mur de pierre, puis ruines. Ce nom et ses dérivés Mazeiras, Mazère, Mazeroles, peut aussi avoir le sens de grange.

Montbessier, Bes vient du latin vulgaire bettius et signifie bouleau. En latin classique le bouleau se dit betula ce qui a donné Betoulle et ses dérivés…

Montbessier (Clos), désigne un lieu planté de bouleaux. Vient du gaulois betu = bouleau, et du limousin betol, beçou, beçolhaud.

Moutezot, Montezol.

Moulins (Les).

Noyéras, peut-être un lieu planté de noyers ?

Pintou (Moulin). Le moulin de Pintou.

Plaine (La). Le nom parle de lui-même.

Plantadis, désigne une terre nouvellement plantée en arbres et surtout en vigne.

Pousses (Les). C’est un endroit poussiéreux ou boueux. C’est le lieu d’origine de la famille des Pousses qui possédait ici un château et plusieurs autres terres dans le voisinage.

Puyravaud, Puyraveau : De l’occitan puei qui signifie colline, sommet. Raveau est sans doute une variante de Ravel diminutif du latin rivus = cours d’eau.

Puy la Roche (Le)

Réserves (Les)

Rochilles (Les). Hameau construit sur les rochers.

Sallas. Ce nom vient du germanique salla = la salle. On pense qu’il désignait au départ une maison fortifiée puis une grande maison.

Sazerat

Seine (La).   Source sacrée ?

Sélive (La). La Sélive était la surface qu’un homme pouvait faucher en un jour, environ 4.000 pas.

Trouly (Moulin de), Truly.

Le moulin Trouly

Tuilerie. Il y avait une fabrique de tuiles.

Valeix Valette, Vialette. Un des noms formés à partir du latin vallis = la vallée. Le diminutif -ette indique qu’il s’agit d’une petite vallée.

Le village de Valette, croquis de Jacques Célérier (Nexon croqué, Office de Tourisme, 1999)

Vaneaux (Les). Le mot peut désigner l’oiseau du même nom. On notera cependant qu’en moyen français il y avait deux autres sens pour le mot « vanel » : soit un petit van, soit une sorte de brique.

Le village se trouve à la source de La Vanelle. Le nom est une variante de venelle, terme désignant une ruelle mais aussi un van, sorte de panier plat pour nettoyer le grain. Compte tenu de la localisation c’est cette origine qui est la plus vraisemblable.

Varnet. En Savoie c’est un nom dérivé d’un épicéa, mais en Limousin on penchera plutôt pour l’aulne (vergne).

Veyrinas. En occitan, veirinas est une verrerie, un atelier de verrier

Le château de Veyrinas

Vigne (La). Il devait y avoir des vignes autrefois. Elles ont disparu avec la crise du phylloxéras à partir de 1868

L’ELECTRICITÉ ET L’ECLAIRAGE

Depuis le milieu du XIXe siècle les grandes villes avaient installé l’éclairage au gaz mais dans les bourgs de campagne rien de tel ! Aucun éclairage des rues, les seules lueurs provenaient des lampes à huile, à pétrole ou à carbure, des bougeoirs, des maisons ou des écuries ou des lanternes des carioles.

Ce qui peut nous surprendre aujourd’hui c’est qu’au moment où l’électricité fait son apparition on pense qu’elle va principalement servir à l’agriculture. Lors de l’Exposition internationale de l’électricité qui se tient à Paris en 1881, de nombreuses expériences sont présentée comme le labourage électrique, l’électroculture… et grâce à la simplicité du moteur électrique on imagine un développement rapide du machinisme agricole.

Du fait de cette vision on n’envisage pas l’utilisation de l’électricité comme source d’éclairage dans les campagnes. Cette idée subsistera jusqu’au début des années 1910. Pendant ce temps l’électricité industrielle se développe tandis que l’électricité agricole ne décolle pas.

Si l’usage de l’électricité comme source d’éclairage ne se développait pas c’est que les experts avaient démontré que la lampe à incandescence était impossible. Heureusement que Thomas Edison, parce qu’il était autodidacte ne croyait pas aux experts ! Il procéda à de nombreuses expériences en utilisant des filaments en fibres végétales, notamment en bambou et le 20 octobre 1879, il fit brûler pendant 48 heures une lampe à incandescence dont le filament était du fil de coton carbonisé. Le 31 décembre 1879 il illumine la rue de Menlo Park, ville du New Jersey ou il a installé son laboratoire.

Par le retentissement de l’Exposition internationale de l’électricité à Paris en 1881, dont un moment important a été la visite d’Edison, de nombreux inventeurs se sont mis à produire de l’électricité et à électrifier leur ville. La première à être électrifiée, dès 1884, a été Bellegarde sur Valserine dans l’Ain. La deuxième localité est La Roche-sur-Foron, petit village des Alpes. Le journal Le Figaro du 16 décembre 1885 faisait sa Une avec un article intitulé « Une ville lumière dans les Alpes ». Le journaliste, Pierre Giffard, écrit « Et cette ville, que je tiens à qualifier de Ville Lumière, ce n’est ni Paris, ni Londres, ni Berlin, ni Moscou, ni rien de semblable. C’est une toute petite cité savoyarde blottie dans la neige à dix lieues du Mont Blanc ; ce n’est même pas un chef-lieu d’arrondissement, c’est un vulgaire chef-lieu de canton répondant au nom de La Roche ». En 1886, Bourganeuf dans la Creuse a été la troisième ville Française à recevoir l’électricité et en 1889 elle fut la première ville française à recevoir l’électricité depuis un lieu de production éloigné.

Bien sur Paris bénéficiait d’un éclairage électrique depuis l’Exposition universelle de 1878 mais il était temporaire et limité à l’avenue de l’Opéra et à quelques monuments. On considérait en effet que ce système était plus coûteux que l’éclairage au gaz mais le tragique incendie de l’Opéra-comique le 27 mai 1887 précipita la marche vers l’électrification de la capitale qui prend son essor en 1889.

Lire :  Alain Beltran. La difficile conquête d’une capitale : l’énergie électrique à Paris entre 1878 et 1907. Histoire, économie et société, 1985, 4ᵉ année, n°3. pp. 369-395.

 

L’ELECTRICITE A NEXON GRACE A LOUIS AYMARD

Les plus anciens habitants de Nexon se souviennent que l’actuelle rue Pierre et Marie Curie s’appelait RUE DE L’ELECTRICITE. Cette dénomination évoquait la présence dans cette rue de l’USINE ELECTRIQUE.

Dans le Bulletin Municipal de septembre 1967, Monsieur GRAMMAGNAT écrivait : (…) »Les enfants de ce temps qui liront ces lignes se souviendront de ce que représentait pour eux cette usine. Que de nez se sont écrasés sur ces vitres ! Le halètement du moteur, le sifflement des courroies, les battements des manivelles, la vue de ce gigantesque volant tournant à toute vitesse et l’odeur d’ozone qui se dégageait de tout cela nous attirait et aussi nous remplissait d’effroi(…) ».

Qui avait construit cette usine ? C’est un jeune serrurier, Louis AYMARD, inventeur, bricoleur dont l’imagination créatrice a sans doute été stimulée par le désir de voir entrer chez lui « la fée électricité ».

  • Louis AYMARD, un génial inventeur

Louis AYMARD est né au bourg, dans une maison de l’actuelle rue Pasteur, le 15 mars 1877. Son père Jean AYMARD est sabotier et sa mère, Marie DEFFAYE est tailleuse. Les témoins sont Nicolas ANDRIEUX, tisserand et Jean PERNET, menuisier.

Acte de naissance de Louis Aymard

Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Il va à l’Ecole des Frères, à Nexon, mais garçon turbulant il ne poursuit pas de longues études et entre en apprentissage chez un serrurier, Monsieur GROPAS. Son patron le juge très adroit.

Louis AYMARD se marie à Nexon le 4 mars 1899. Il épouse Philomène PARAUD, fille de François PARAUD, marchand de moutons. Les témoins du marié sont Jean AYMARD, coupeur d’habits à Limoges et Louis DEFAYE, cultivateur. Les témoins de la mariée sont ses beaux-frères, William SARGENT, entraîneur et Constant TOMBELAINE, fondeur à Limoges.

Ceux qui l’ont connu le décrivaient comme un homme intelligent, curieux, novateur et inventif. C’était un bricoleur entreprenant et doué qui fabriquait pour son plaisir tricycle, tandem… Il a monté de ses mains « son usine ».

Mais il était aussi plein d’humour, volontiers facétieux, boute-en-train, bon vivant et joyeux.

  • Sa première passion, l’électricité

Génial et adroit artisan, l’exercice de son métier de serrurier lui a donné l’habileté manuelle, son intelligence ouverte sur toutes les nouveautés et son esprit d’entreprise ont fait le reste.

Au début des années 1900, la seule force motrice à Nexon ce sont les quelques locomobiles qui actionnaient les batteuses et de rares scieries. Il n’y a pas de moteurs électriques et l’éclairage était assuré par des lampes à pétrole et, les jours de fêtes brillait la lumière des lampes à carbure.

Louis AYMARD rêvait d’installer l’électricité à Nexon. Il ne fut pas beaucoup encouragé et il était souvent traité de fou. Mais il était persévérant et seul, sans connaissances particulières, avec des renseignements puisés un peu partout, avec des pièces achetées à la récupération, il commença à concrétiser son rêve.

Petit à petit l’usine prenait corps. Aidé par un seul ouvrier sans aucune notion de mécanique, avec obstination, il a triomphé de tous les obstacles techniques et financiers. La force motrice était fournie par un moteur à gaz pauvre alimenté au charbon, par des jeux de pistons, de bielles, de manivelles, inspirés des machines à vapeur et un énorme volant qui communiquait, grâce à une courroie, son énergie à un alternateur aux bornes duquel devait sortir le précieux courant électrique.

Carte postale envoyée le 8 septembre 1906. L’usine électrique est à gauche en montant.

Carte postale envoyée le 24 septembre 1915. L’usine électrique est à droite en descendant.

Et tout cela, se fit dans un climat de scepticisme et souvent de moquerie. Il ne suffisait pas de monter une usine et la faire fonctionner, il fallait aussi trouver une clientèle et distribuer le courant. Louis AYMARD réussit à convaincre la Municipalité de le laisser installer 3 ou 4 lampes pour éclairer la place de la mairie, anticipant le futur éclairage public. Il parvint à installer une dizaine de lampes chez des particuliers, sans doute plus par amitié que par l’espoir de voir un jour ces lampes s’allumer.

La plaque posée sur la maison de Louis Aymard, rue Pierre et Marie Curie.

Dommage qu’elle le soit à 3 mètres de hauteur sur le coté gauche de la maison, dans l’allée qui va vers le dojo!

Enfin, en Septembre 1906, quelques jours avant la frairie, le grand jour arriva. Comment allait se comporter cette installation ? La machine tournerait-elle ? La dynamo ferait-elle son office ? Le courant atteindrait-il les lampes installées.  Autant de motifs d’angoisse pour Louis AYMARD. Mais son appréhension majeure était de voir le lourd volant éclater sous l’effet de la force centrifuge. Aussi, il tint à agir seul ! Il éloigna tous les curieux et même son collaborateur. Esprit généreux il ne voulait pas partager les risques, Et il mit en action ces mécanismes compliqués et si laborieusement élaborés. Les regards de tous les Nexonnais convergeaient vers les lampes installées. C’était au crépuscule et tous attendaient avec un grand mélange de sentiment un allumage problématique. Et le miracle se produisit ! Toutes les lampes se mirent à scintiller d’une belle lumière, franche et sans faiblesses.

Ceux qui doutaient le plus furent les plus émerveillés et ce fut une ruée pour obtenir la lumière électrique. Tous la voulaient et tout de suite. Louis AYMARD était payé de ses efforts et de ses angoisses, Le fou de la veille devenait l’homme du jour, envié et admiré. L’électrification faite avec des ouvriers de fortune donna lieu à des scènes pittoresques. Des lampes ne pouvaient s’allumer, d’autre refusaient systématiquement de s’éteindre et Louis AYMARD se multipliait de chantier en chantier. Peu de temps après, la plupart des foyers Nexonnais étaient éclairés avec une ou plusieurs lampes. Nexon peu après le Centre de Limoges était la première commune du département à bénéficier d’une installation électrique. L’usine fournissait un courent d’une qualité exceptionnelle pour l’époque. Dans ses débuts, elle ne fonctionnait que du crépuscule à l’aube. Mais les demandes d’installation de moteurs, de fers à repasser obligèrent Louis AYMARD à installer une batterie d’accumulateurs en bacs de verre et la fourniture du courant devint permanente. Les enfants n’eurent plus besoin d’avoir le nez écrasé sur ses vitres pour lire. Le halètement du moteur, le sifflement des courroies, les battements des manivelles, la vue de ce gigantesque volant tournant à toute vitesse et l’odeur d’ozone qui se dégageait de tout cela les attirait et les remplissait d’effroi.

Une fois installée la première ligne Louis AYMARD va solliciter chaque année la municipalité pour obtenir le financement de lignes supplémentaires ou l’augmentation du prix de l’abonnement de la commune du fait de la hausse des couts de production de l’électricité.  Les délibérations du Conseil municipal de Nexon pour répondre aux sollicitations de Louis AYMARD permettent de suivre l’extension du réseau d’éclairage public mais aussi l’augmentation du nombre des abonnés privés avec le lot de tricheurs et de resquilleurs…

-Le 23 février 1908, le Conseil donne son accord à la prolongation de la ligne d’éclairage électrique vers la gare jusqu’à la maison QUEYROI en plaçant une lampe à la maison VERNEUIL, une deuxième entre les maisons IMBERT et LELONG, une troisième face à la gendarmerie et la quatrième face à la maison QUEYROI.

-Le 19 juin 1909, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation pour l’abonnement des lampes communales. Le cahier des charges approuvé par le préfet le 25 janvier 1908 oblige à fournir la lumière électrique moyennant une rétribution annuelle de 20 francs par lampe de 10 bougies. Le conseil vote une somme de 150 francs pour l’année 1909 pour indemniser les pertes.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent la suppression pour les particuliers de l’éclairage à forfait à cause des abus constatées : certains abonnés installent des lampes d’une plus forte intensité que celle prévue au contrat. Le conseil décide que ceux qui refusent de payer en fonction de la consommation effective soient tenus de payer une juste indemnité pour les contraventions qui seront dûment constatées.

-11 mars 1911 : MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification.

La commune accorde 100 francs compte tenu  » de la grande négligence dans l’entretien des lampes communales, plusieurs fonctionnent mal et laissent souvent plusieurs jours de suite certains quartiers plongés dans l’obscurité  » et  » qu’ils ne se conforment pas au cahier des charges notamment les jours de foire où ils doivent donner de la lumière toute la nuit, ce qu’ils ne font pas. »

-Le 21 février 1912 MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification d’au moins 200 francs. Le conseil accorde 150 francs.

-Le 25 août 1912, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation de 20 francs par an par lampe de 20 bougies. Le conseil accorde 10 francs soit au total une gratification de 300 francs au lieu des 150 francs accordés en 1911.

-Le 4 décembre 1912, lettre de MM. AYMARD et TOMBELAINE qui acceptent l’offre de 10 francs par lampe mais ils considèrent que cela ne permet pas de couvrir leurs frais. Ils demandent, avec l’accord de leurs clients, à porter de 0,07 francs à 0,08 francs le prix de l’hectowatt. Le Conseil accepte.

-12 juillet 1914, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation du prix de l’électricité. Il est voté une contribution de 315 francs pour les 31,5 lampes de 1913.

 

La Guerre et la pénurie de charbon interrompirent l’activité de l’usine et Nexon fut de nouveau plongé dans le noir et à regret les lampes à pétrole ressortirent des placards.

En 1919 l’usine reprit du service avec beaucoup de difficultés. L’inaction n’avait rien arrangé. Cependant la demande était de plus en plus importante. Quelques artisans s’étaient équipés de machines outils actionnées par des moteurs électriques, les fers à repasser électriques devenaient de plus en plus nombreux et on comptait même quelques radiateurs. L’usine tournait de plus en plots longtemps pour satisfaire tous les besoins et les usagers étaient pleinement satisfaits.

Après la guerre l’usine électrique changea de propriétaire et en 1924 le secteur électrique fut racheté par la société S.I.D.

Les ingénieurs de cette société furent surpris de la qualité des installations.

  • Une autre passion : l’automobile

Il va construire de ses mains un autobus à vapeur, qui faisait la joie de ses compatriotes, avant de s’intéresser aux moteurs à explosion. Les Nexonnais de l’époque, grâce à lui ont vu circuler les premières « Delaunay-Belleville », « Rochet-Schneider » et autres « De Dion-Bouton ».

Dès 1908 Louis AYMARD anticipe le développement des transports en commun et il répond à l’appel d’offre du Conseil général pour la concession de lignes de transport de Chalus à Nexon et de saint Mathieu à Chalus.

 

COMPAGNIE FRANÇAISE DES TRANSPORTS AUTOMOBILES

PROJET DE CAHIER DES CHARGES POUR LA LIGNE AUTOMOBILE CHALUS-NEXON

L’an 1906,

Entre les soussignés : M. xxxx, Préfet de la Haute-Vienne, agissant au nom du Département, en vertu de la délibération du Conseil général en date du

Et M. Le Grand, agissant tant en son nom qu’au nom de la Compagnie française des transports automobiles, 111 bis, rue de Courcelles, à Paris, d’autre part : Il a été dit et convenu ce qui suit :

Article premier. — Une ligne de transports automobiles entre les villes de Nexon et Chalus     sera l’objet d’une concession à M. Le Grand pour une durée de six années, dans les conditions qui seront déterminées par les articles suivants, constituant le cahier des charges de la concession.

Art. 2. — Les voitures qui seront employées à ce service, seront des voitures munies d’un moteur de 16 chevaux minimum. Leurs roues seront munies de bandages en caoutchouc plein. Elles auront les deux freins adoptés généralement. Le service à assurer consistant en quatre voyages journaliers dans chaque sens, le concessionnaire devra disposer au moins de deux voitures, l’une en service, l’autre ou les autres en réserve.

Ces voitures seront des omnibus fermés par des vitres, et contiendront au moins seize places, et pourront transporter 400 kilos de bagages.

Le poids de ces voitures ne devra pas dépasser 3.500 kilos en charge

Art 3—  le trajet sera quotidien…

Art 4 — Aux têtes de ligne, Châlus et Nexon, il pourra être retenu des places à l’avance pour le parcours total, moyennant un supplément de dix centimes.

Art 5 — Il est interdit d’introduire dans les voitures des chiens ou autres animaux, ou d’y transporter des matières dangereuses ou explosives.

Art 6 — Les individus en état d’ivresse, les aliénés et les porteurs d’armes à feu chargées ne seront pas admis dans les voitures.

Art 7 — Il est interdit de fumer dans les voitures.

Art 8 —Tout contrevenant aux articles 6 et 7, serait expulsé des voitures, sans qu’on soit tenu à aucun remboursement à son égard.

Art 9 — Les voitures devront réaliser une vitesse commerciale, vitesse moyenne arrêt compris, de 20 kilomètres à l’heure.

Art 10 — La durée de la concession est fixée à six ans

En compensation des charges acceptées par le concessionnaire, le département lui accordera pendant la durée de la concession, une subvention annuelle de 8.500 francs, payable par trimestres échus…

Art 11 — Si une invention nouvelle dans la traction automobile apportait une amélioration dans le service et que cette invention ait fait ses preuves sur une route au profil analogue à celui de Châlus à Nexon, le concessionnaire serait tenu d’adopter ce nouveau mode de traction, dans un délai de huit mois, après mise en demeure par l’Administration

Art 13 — Le prix des places sera fixé comme suit :

CHALUS NEXON- GARE
Les Cars 0.70 Nexon 0.15
Rilhac 0.90 Flavignac 0.45
Flavignac 1.30 Rilhac 0.85
Nexon 1.65 Les Cars 1.05
Nexon-gare 1.75 Chalus 1.75

Il ne sera pas fait de déduction pour les enfants.

Pour les bagages, la taxe est fixée à 5 francs par 100 kilogrammes, les voyageurs n’ayant droit à aucune franchise

Art 21 — Le contrôle effectif du service, tant au point de vue de l’état des routes qu’au point de vue du fonctionnement du service en général, sera confié à l’Administration des ponts et chaussées. MM. les Ingénieurs du service du contrôle auront libre accès dans les voitures, les garages et les bureaux du concessionnaire

Fait en triple à Limoges, le        1906

 

Il propose de créer un service d’autocar au départ de Nexon à Chalus en passant par Les Cars, Flavignac et Rilhac Lastours. Sa demande est présentée au Conseil général lors de la séance du 27 avril 1911. Dans le rapport qu’à lu M. Roche à ses collègues on note que « ce service comprendrait deux voyages par jour dans chaque sens, avec des voitures couvertes contenant de six à dix voyageurs assis … Si l’exploitation de ce service vient à donner les résultats favorables espérés, M. AYMARD s’engage à prendre la ligne de Chalus à Saint Mathieu…Le tarif par voyageur et par kilomètre a été fixé à 0 fr.10 et à 0 fr. 01 par kilomètre et par 5 kilogrammes de messagerie… »

Le Conseil général a accepté de voter une subvention de 3 125 francs pour ce service au titre de l’année en cours qui a commencé à fonctionner le 10 mai 1911.

Lors de la séance du 26 aout 1911 le Conseil général a adopté le principe d’une subvention de 9 000 francs pour 1912.

Le 9 mars 1912, M. BONAFOUS, ingénieur en chef adresse un rapport au Conseil général sur les premiers mois de fonctionnement de la ligne. Il précise que « le matériel roulant se compose de trois voitures : deux de sept places et une pouvant contenir dix personnes et porter 200 kilogrammes de bagages ». En juin les recettes ont été de 316, 40 francs et elles ont régulièrement augmenté pour atteindre 493,50 francs en septembre. Elles ont légèrement diminué ensuite et M. BONAFOUS conclue : « D’après ces résultats on doit compter sur une recette totale annuelle de 5 000 francs. Ce chiffre fait ressortir l’utilité que présente pour le public le service de transport par automobiles et nous estimons qu’il y a lieu de le continuer. »

Au cours de l’année 1912 on constate que le trafic quotidien est faible au-delà des Cars. Il est décidé de réduire la ligne à la section de Nexon aux Cars par Flavignac. Ce service est mis en place le 10 novembre 1912. Malgré la réduction du trajet les recettes des mois de novembre et de décembre 1912 ont été légèrement supérieures à celles des mêmes mois en 1911. La recette totale de l’année 1912 a été de 5 325 francs 30 et de 5 273 francs 05 pour l’année 1913, mais elle baisse en 1914 et s’élève à 4 221 francs 45.

Rapport de l’ingénieur en chef au Conseil Général de la Haute Vienne le 10 mars 1915.

Après une interruption de deux mois, motivée par le manque absolu de pneus, le service public d’automobiles de Nexon aux Cars a repris ses trajets en février 1919 en doublant le prix des places et en réduisant le service à un seul voyage par jour dans chaque sens au lieu de deux.

Louis AYMARD a vite compris l’importance des déplacements en automobile. Il installe un garage dans un local situé dans la même rue que son usine. Ce garage deviendra plus tard le Garage VALETTE.

A la fin de la Guerre de 14-18, Louis AYMARD rachète des Camions à l’Armée, les démonte et fait le commerce des pièces détachées.

Il dépose également des brevets comme celui-ci : « le 4 avril 1919, AYMARD Louis, mécanicien à NEXON, Haute-Vienne, de nationalité française, lequel nous a déclaré vouloir prendre un brevet d’invention de quinze ans pour une éclisse pour supprimer le ressaut des véhicules au passage des joints des rails ». S’agissait-il d’une sorte d’amortisseur ?

D’autres projets avaient mûri dans la tête du génial inventeur qu’était Louis Aymard. Il voulait par exemple monter une grande minoterie, relier le bourg a la gare par une ligne de tramway mais la mort ne lui laissa pas le temps de les réaliser.

En effet Louis AYMARD devait être victime de sa nouvelle passion, l’automobile. Le 23 juillet 1922, en revenant d’Uzerche il est victime d’un accident mortel au lieu-dit Le Breuilh, sur la commune de Salon-la-Tour en Corrèze. Il était parti essayer un nouveau modèle d’automobile en compagnie de son fidèle mécanicien, M. VALETTE, qui fut blessé dans l’accident.

Les témoins qui ont signé l’acte de décès sont : François AUTIER, son beau-frère, tailleur d’habits à NEXON et Jean CHAVANT, un ami, hôtelier à UZERCHE (Corrèze).

Le Populaire du 26 juillet 1922 rendit compte de l’accident : « Au Breuil, près de Salon-la-Tout (Corrèze) M. Aymard, concessionnaire de l’Industrie électrique à Nexon (H.­V.), et conseiller d’arrondissement, est tué au volant de son automobile, à la suite d’une violente rencontre de sa voiture avec celle de M. Bénédictus, négociant en draperies, à Paris lui-même légèrement blessé ».

 

 

Biblio

Porcher, M., L’Électricité à la campagne, distribution, utilisation, Paris, Hachette, 1924.

Arnaud Berthonnet, L’électrification rurale ou le développement de la « fée électricité » au cœur des campagnes françaises dans le premier XXe siècle, Histoire & Sociétés Rurales, 2003/1 (Vol. 19), pages 193 – 219.

Beltran, Alain, La fée électricité, Paris : Gallimard, 1991

Nexon – Bulletin municipal n° 42- février, mars 1967 et n° 43- avril, mai 1967

 I- La création des corps de sapeurs-pompiers en France

Pendant des siècles nos ancêtres ont cherché à maîtriser le feu et le créer à volonté. Mais parfois ce feu échappe à la volonté des hommes et il devient incendie. Il faut alors lutter contre sa propagation et l’éteindre. Pour cela, dès l’Antiquité des rondes de nuit sont organisées dans les cités Grecques et en Egypte. Mais c’est à Rome, entre 22 avant J.C. et 6 après J.C., que l’Empereur Auguste crée des cohortes de vigiles ayant pour mission de lutter contre les incendies et d’assurer la sécurité la nuit.

En France le guet nocturne va prendre la suite des vigiles romains. Une ordonnance Clotaire II de l’an 595 en règle l’exercice. En 1254 Louis XI crée le Guet Bourgeois, tenu par les bourgeois et les habitants du bourg. A Paris, du fait de la taille de la ville ce système était insuffisant et a été complété par le guet royal. Ce système disparaîtra en 1750.

Mais les pompiers, agents intégralement affectés à la lutte contre les incendies ne naîtront qu’avec le développement des pompes à incendie, au 17e siècle.  François DUMOURIER du PERRIER qui était comédien, sociétaire de la Comédie Française découvre les pompes à incendie lors d’un voyage aux pays Bas. Il en rapporte une en France et la présente à Louis XIV.

En 1699, le roi lui accorde le privilège de la fabrication et de la commercialisation de ces pompes et en 1716, Louis XV le nomme directeur général des pompes de la ville de Paris. En 1722, le roi crée la Compagnie des Gardes-pompes du Roy dont DUMOURIER sera directeur jusqu’à son décès l’année suivante. Son fils lui succédera.

Plaque commémorative sur la façade de l’ancien Hôtel des Pompes, 30,rue Mazarine, à Paris

Dès lors, la plupart des grandes villes et des communes importantes se mettent à acheter des pompes à incendie et créent un corps de gardes-pompe : Rouen en 1729, Limoges en 1730, Bourges en 1732, Lille en 1733…

A ces époques les incendies dans les villes font des dégâts considérables. Les maisons sont en bois et en torchis et sont presque toutes mitoyennes. Ainsi à Limoges, le 6 septembre 1790, lorsque le feu prend dans un local inoccupé de la rue Manigne, actuelle rue Charles-Michels, il va durer 36 heures et détruire tout un quartier : 210 maisons, deux couvents, une salle de spectacles, des écuries, des hangars et laisser près de 1.500 personnes à la rue. Il fait partie des grands incendies qui ont marqué l’histoire de Limoges puisqu’il va entraîner la transformation totale du quartier et donner naissance, trois ans après, au corps municipal des pompiers de Limoges.

Le dimanche 1er juillet 1810, à l’occasion d’un bal organisé à l’ambassade d’Autriche en l’honneur du mariage de l’Empereur Napoléon et de Marie Louise le renversement d’une bougie sur une draperie provoque un départ de feu qui embrase rapidement l’ensemble du bâtiment entraîna la mort d’une dizaine de personnes dont la princesse de Schwartzenberg.

Tirant les conséquences de ce drame dès le 10 juillet 1811 Napoléon dissous le corps des gardes-pompes et le remplace par un corps militaire de sapeurs du génie de la Garde impériale. C’est le premier corps militaire de sapeurs-pompiers de l’Histoire. Le 18 septembre suivant, Napoléon réforme complètement ce corps en créant le bataillon des sapeurs-pompiers de Paris, corps militaire sous les ordres du préfet de police. C’est depuis ce décret que le terme sapeur-pompier est utilisé officiellement. Elle rencontre alors une forte hostilité de la part des officiers supérieurs du génie qui considèrent que ces pompiers ne sont pas des sapeurs car ils « ne savent rien de l’art de la sape des sièges ».

A Limoges un autre grand incendie a marqué les esprits. Dans la nuit du 15 au 16 août 1864, un incendie se déclare dans le quartier des Arènes et détruit 109 maisons. Il n’y a pas de victime mais près de 2000 habitants sont sans abri. Les 80 pompiers de Limoges ne sont pas assez nombreux et le matériel n’est pas performants. Ils reçoivent l’aide de leurs collègues de Périgueux, Argenton, Saint-Marcel et Châteauroux, arrivés par trains spéciaux. Au 15 août les fontaines ne donnent pas beaucoup d’eau aussi le maire, Othon Péconnet réquisitionne les transporteurs pour aller puiser de l’eau dans la Vienne.

Après cet incendie, un grand élan de solidarité s’est manifesté, des dons arrivent de l’Empereur, de l’archevêque de Paris, du roi d’Espagne…des souscriptions furent organisées dans toute la France pour aider les victimes.

Dessin de Jacques-Joseph Maquart, extrait d’un album unique de 12 dessins et trois plans qu’il offrit au Conseil municipal de Limoges.

L’historien Romain Valadour revient sur cet événement et décrit le quotidien dans ce quartier avant le drame, les circonstances du sinistre et les conséquences sur l’urbanisme et l’aménagement puisque de nombreuses rues ont dû être reconstruites.

Romain VALADOUR, L’incendie de Limoges – 1864, le brasier des Arènes, Les Ardents Éditeurs Limoges 2015

En 1867, sous Napoléon III, le bataillon devint le Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris, nom qu’il conservera jusqu’au 1er mars 1967 où il devint la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris.

Le premier camion à vapeur hippomobile pour lutter contre les incendies, inventé en 1829 ne fut guère employé avant les années 1860. Les pompes à incendie à moteur à combustion interne arrivèrent en 1907. Construites aux États-Unis, elles menèrent au déclin et à la disparition des moteurs à vapeur vers 1925.

2-L’histoire des sapeurs-pompiers volontaires

A Paris les premiers pompiers étaient les moines des ordres mendiants, Capucins, Cordeliers, Jacobins, Augustins et Carmes assistés par les prostituées qu’on appelait des « Ribaudes » comme le spécifiait un arrêté royal du 8 décembre 1472 : « toutes les femmes de joie doivent porter des seaux vers les feu ». Moines et prostituées étaient facile à joindre et étaient suffisamment nombreux pour faire la chaîne et porter les seaux d’eau nécessaires.

L’important est d’aller vite car comme le disait le préfet de Police de Paris Louis Lépine, l’inventeur du « Concours Lépine », « On peut éteindre n’importe quel feu dans sa première minute avec un verre d’eau, dans la deuxième il faut un seau, dans la troisième un tonneau et ensuite il faut des torrents… ou encore prendre la fuite ».

Par la suite à Paris et en province les volontaires pour lutter contre les incendies étaient principalement les artisans et ouvriers du bâtiment, maçons, menuisiers, charpentiers, plombiers car ils savaient manier la hache, percer un mur et découvrir un toit…

Une circulaire du 6 février 1815 du Ministre de l’Intérieur invite les préfets à créer dans chaque commune un service de secours contre l’incendie exclusivement civil. Puis la loi du 21 mars 1831 autorise chaque commune à transformer former une partie de la Garde Nationale en Corps de Sapeurs-Pompiers. Lorsque qu’en 1852 la Garde Nationale a été en partie supprimée avant de l’être définitivement par la loi du 25 août 1871 les Corps de Sapeurs-Pompiers sont maintenus.

Un décret du 29 décembre 1875 défini l’organisation communale des corps de Sapeurs-Pompiers dont les missions sont précisées. Ils sont rattachés au Ministère de l’Intérieur. Ils sont dotés d’un uniforme mais il n’est obligatoire que dans les communes de plus de 3000 habitants.

A partir de cette date de nombreuses communes vont créer leur corps de sapeurs-pompiers, acheter des pompes et de tuyaux pour la lutte contre l’incendie… Lorsqu’elles ne disposent pas d’un corps de sapeurs-pompiers ce matériel est mis en œuvre par les employés municipaux et la population.

En 1884, la publication du Code des communes rappelle aux maires leurs responsabilités en matière de prévention et de lutte contre l’incendie.

Le 10 novembre 1903, un nouveau décret complète celui de 1875 et rappelle que la mission principale des sapeurs-pompiers est la lutte contre l’incendie. Le texte prévoit également les conditions de recrutement des officiers et des hommes du rang. Ces derniers sont français, âgés d’au moins 18 ans et issus des métiers du bâtiment.

L’armement est facultatif et un habillement minimum est fourni.

La Première Guerre mondiale vide de leurs effectifs un grand nombre de corps. Les équipements en véhicules motorisés qui avaient commencé en 1910 sont stoppés et une partie du matériel est réquisitionné.

Le 13 août 1925, un décret supprime définitivement l’armement des sapeurs-pompiers. Les départements sont invités à créer des postes « d’inspecteur des services d’incendie et de secours » mais comme le financement des pompiers relève toujours des communes, les conseils généraux ne répondent pas massivement à cette invitation pour ne pas engendrer des dépenses pour un domaine qui ne semble pas les concerner.

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les corps de sapeurs-pompiers sont fortement démunis. La plupart des véhicules à moteur ont été réquisitionnés ou détruits.

En 1947, les véhicules des sapeurs-pompiers deviennent prioritaires et leur couleur rouge obligatoire.

Sainte Barbe, patronne des pompiers.

Tous les 4 décembre, les pompiers célèbrent Sainte Barbe, leur patronne. Originaire d’Orient au milieu du 3ème siècle, Barbara, fille de Dioscore, se convertit au christianisme alors que, refusant de se marier, son père l’a enfermée dans une tour. Elle subit les pires supplices : on lui arrache les seins avec des peignes de fer, la brûle avec des lames rougies, la fouette. Mais par la grâce de Dieu, elle ne ressent pas la douleur.

Le « martyre de Sainte Barbe » a incité plusieurs corps de métiers en lien avec la foudre et le feu à se tourner vers la protection de cette sainte patronne : les mineurs, les canonniers, et bien sûr les pompiers.

La fête de la Sainte-Barbe s’est généralisée chez les sapeurs-pompiers sous la Troisième République. Cette fête a traditionnellement une dimension conviviale : c’est un moment privilégié pour réaffirmer la cohésion du groupe et rendre hommage aux disparus.

3 -Les sapeurs-pompiers à Nexon.

Les chefs de Corps et les chefs de Centre

 

LASPERAS René, – mai 1970

BOSBATY Emile, juin 1970- mai 1978

BOULESTEIX Jean Pierre, juin 1978- décembre 2000

BOUTAUDON Bernard, janvier 2000 –

 BUISSON Eric – 2011

DEFORGE Grégory, 2011-

En mars 1912, un habitant de Nexon, Mr Henri CHARREIX père de Jean et de Robert CHARREIX, songent à créer un corps de Sapeurs Pompiers à Nexon. Il s’était entretenu à cette époque avec Aubin DESPROGES, entrepreneur à AIXE SUR VIENNE qui lui même voulait créer un corps de sapeurs dans cette localité. D’ailleurs ce corps avait été créé, mais la municipalité d’AIXE refusa de voter les crédits qui à cette époque s’élevaient à 3.000 francs pour l’achat de matériel et d’équipement.

A Nexon, Robert CHARREIX fit la même proposition au Conseil Municipal et déposa un modèle de délibération qui avait été dressé par Monsieur GUYONNAUD, commandant les Sapeurs Pompiers de la Haute-Vienne. Cette demande ne fut pas acceptée et il fallut attendre 1931 pour que Nexon soit doté d’un corps de Sapeurs-Pompiers.

1931 : création du Corps des sapeurs-pompiers de Nexon

Le 29 Octobre 1936 le conseil vote une subvention de 2.000 F. au Corps de Sapeurs-Pompiers qui compte 20 membres tous bénévoles. Ils perçoivent chacun une indemnité annuelle de 100 francs, ce qui correspond en pouvoir d’achat à  73,40 Euros en 2017.

Le 8 août 1937 le conseil municipal décide d’acquérir 250 mètres de tuyaux pour les pompiers et fait installer le téléphone pour les Pompiers chez Mr CHARREIX.

Le 27 Février 1938 : Achat de vestes de cuir pour les pompiers.

Le 20 octobre 1944 : Les indemnités des sapeurs-pompiers sont relevées.

Le 30 septembre 1947, arrêté Préfectoral créant dans la commune de Nexon un corps à effectif de 15 hommes, gradés compris.

Janvier 1946  le conseil décide d’acheter deux enveloppes de deux chambres à air pour équiper une bicyclette devant etre mise au service du Corps des pompiers!

Extrait du registre des délibérations du conseil municipal

Le 1er mars 1946 le conseil décide la construction d’un garage pour les Sapeurs-Pompiers.

22 novembre 1949 : acquisition d’un appareil de désinfection des bottes pour les Sapeurs-Pompiers, un extincteur pour le Service Incendie.

1 juin 1951 signature par le Maire du Règlement de Service, approuvé par le Préfet le 6 juin 1951.

Ce règlement comporte 53 articles précisant les modalités de recrutement (articles 3 à 9),le conseil d’administration (articles 10 à 12), l’organisation (articles 13 à 24), l’habillement et l’entretien du matériel (articles 25 à 30), les attributions des sous-officiers (article 32), les concours (article 33), la discipline (articles 34 à 36), honneurs et récompenses. Avantages, secours (articles 38 à 50), obsèques (articles 51 et 52), dissolution (article 53). par l’article 54 le Chef de corps est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Les peines disciplinaires prévues à l’article 34 s’échelonnent en 8 degrés, de la réprimande à la radiation.

« Pour le décès du maire, d’un adjoint ou d’un membre actif du Corps, l’effectif entier assiste aux obsèques, en grande tenue » (article 51)

Le 4 aout 1951, achat de deux médailles pour les sapeurs-pompiers JOURDE Jérémie et DESBORDES Henri.

Le 15 janvier 1952, achat de tenues de drap et de tuyaux de refoulement.

Le 27 juillet 1952, achat de 3 médailles pour les sapeurs-pompiers décorés : M.M. SANCIAUD, FOUILLAUD Guillaume et ROUSSIE Théophile.

1er novembre 1952, le maire L.J. Pradeau décore le sergent Sanciaud

Le 24 juillet 1954, achat de 15 tenues de toile pour les sapeurs-pompiers.

Le 28 juillet 1955 vote d’une subvention à l’amicale des Sapeurs-Pompiers qui vient d’être créée.

Le 10 décembre 1955, achat d’habillements pour les sapeurs-pompiers.

Le 4 février 1956, achat de 2 médailles pour les sapeurs-pompiers Lamonerie et Clermonteil, décorés de la médaille d’honneur.

Le 15 décembre 1956, achat de deux médailles pour les sapeurs-pompiers LASPERAS et NOUILHAS, décorés de la médaille d’honneur.

1957

1958

1960

1961

Le Centre de Secours de Nexon dessert 13 communes : NEXON, BURGNAC, FLAVIGNAC, JANAILHAC, JOURGNAC, LA MEYZE, LAVIGNAC, MEILHAC, SAINT-HILAIRE LES PLACES, SAINT MARTIN LE VIEUX, SAINT MAURICE LES BROUSSES, SAINT-PRIEST-LIGOURE, RILHAC-LASTOURS.

Téléphone n°1 NEXON

Chef de Corps : Sous-Lieutenant LASPERAS René, Place de l’Eglise

Sergent-chef : SANCIAUD Jean

Sergent : LAMONERIE Pierre

Caporal-chef : CLERMONTEIL Martial

Caporal : BOSBATY Emile

Conducteurs Mécaniciens : DEBORD Jean Pierre et CHIBOIS Robert

Sapeurs : CHARREIX Jean, DESSELAS Paul, PRADEAU René, BARNABET Henri, PARTHONNAUD Pierre, REALLE Claude, LABETOULE Gilbert, FAURE Lucien.

Médecin du Centre de Secours : Médecin Lieutenant LACOUR André rue Victor Hugo à NEXON

Le 5 octobre 1961 le Corps de sapeurs de Pompiers été doté d’une moto-pompe d’épuisement, destinée à vider les caves, les puits…

11 novembre 1961, Jean Sanciaud, Sergent-chef du corps des sapeurs pompiers de Nexon a reçu la médaille d’honneur de vermeil des sapeurs pompiers pour ses bons services et son dévouement. Il fait partie du Corps depuis sa création le 10 janvier 1931.

1er décembre 1961 : Le sergent-chef Jean SANCIAUD est promu au grade d’adjudant et les sapeurs Jean CHARREIX et Paul DESSELAS sont élevés à la première classe.

Bilan de l’année 1961 : 33 sorties ainsi réparties : 15 feux de cheminée dont 9 à Nexon et 3 à La Meyze; 12 incendies dont 5 à Nexon et 3 à saint Hilaire les Places; 2 assistances aux asphyxiés; 3 opérations diverses

A cela il faut ajouter 11 manœuvres, une par mois sauf un mois de vacances.

1962

Le 12 aout 1962 le Maire donne lecture de l’arrêté nommant René LASPERAS au grade de Lieutenant du Corps des Sapeurs Pompiers. Puis ce dernier donna lecture de la décision portant les nominations suivantes :

Le Caporal Chef CLERMONTEIL Martial au grade de Sergent

Le Caporal BOSBATY Emile au grade de Caporal-chef

Le Sapeur de 1ère classe CHARREIX Jean au grade de Caporal

Le Sapeur PARTHONNAUD Pierre élevé à la 1ère classe.

Le Sergent LAMONERIE Pierre, atteint par la limite d’âge, quitte le corps après 27 ans de service, effectués avec le plus grand dévouement et la meilleure camaraderie ; le Chef de Corps lui adresse les remerciements des Sapeurs Pompiers et l’assure de sa gratitude.

Le Maire dans une courte allocution adressa les félicitations de son Conseil et les siennes aux nouveaux promus. Il les assura de son soutien, et se félicita de la bonne tenue du Corps qui est exemplaire. Il rappela que ces nominations sont méritées, elles viennent récompenser des hommes qui se dévouent constamment pour lutter contre le feu et intervenir dans de nombreux cas. Il remercie les nombreux conseillers municipaux présents et adresse au Sergent LAMONERIE et à sa famille ses vœux les meilleurs pour une retraite bien méritée en reconnaissante de son dévouement sans limite pendant 27 ans. Le Maire lui fait connaître qu’en accord avec le Conseil et le Chef de Corps, l’honorariat lui est conféré avec maintien de sa tenue de sortie. Et il leva son verre à la santé de tous les présents. Ce fut une manifestation toute empreinte de camaraderie et c’est dans cette joyeuse ambiance que se termina cette promotion.

René Rebiere, maire , décore le lieutenant Lasperas, chef de corps. 

1963

Avril 1963 : remplacement de la première moto-pompe acquise en 1931 par une pompe moderne de type GP 57-403 équipée au refoulement avec 2 sorties DSP de 65/70. Pompe Guinard GP57-403

Le dimanche 8 décembre 1963, pour fêter la Sainte Barbe, les pompiers se sont retrouvés pour un repas amical servi au restant Denis. Il était présidé par M. Pradeau, maire. Ce fut l’occasion d’accueillir Raymond FONCHY, électricien, comme nouvelle recru du Corps des Sapeurs-Pompiers. L’après-midi et en soirée la salle des fêtes recevait une affluence record au bal animé par l’orchestre Camille LAROTTE.

1964

Septembre 1964, atteint par la limite d’âge fixée à 60 ans par décret du 7 mars 1953, le sergent-chef SANCIAUD quitte le Corps des sapeurs-pompiers.

6 décembre, bal avec l’orchestre de Roland Dubreuil.

1965

La sirène est placée à la brigade de gendarmerie qui donne l’alerte.

Un rappel sur la manière dont l’alerte était donnée aux pompiers

Jusqu’à la fin des années 1940, en cas d’incendie, un pompier parcourait les rues de Nexon à vélo et soufflait dans un clairon pour appeler ses collègues. Chacun cessait ses occupations et rejoignait le centre de secours, à pied ou à vélo. Puis la sirène fut utilisée pour appeler les pompiers qui quittaient alors leur lieu de travail pour rejoindre le garage. La première sirène fut installée sur le toit de la mairie, devenue le centre Agora aujourd’hui. Le garage se trouvait aux Rochilles où il avait été construit sur un ancien court de tennis. Ce garage a été démoli en 1983 pour laisser la place à la construction du gymnase, le nouveau garage avait été pour sa part construit rue Gambetta en 1971.

L’appel des secours passait par la gendarmerie qui recevaient l’appel téléphonique. Le gendarme de service notait les renseignements destinés aux pompiers et actionnait la sirène. Lorsque le corps des pompiers était composé en majorité de volontaires qui demeuraient dans le bourg, la sirène malgré sa faible puissance, malgré les vents contraires qui réduisaient sa portée elle suffisait à alerter toute une équipe.

Le nombre de coups de sirène indiquait la nature du sinistre et chacun savait s’il devait intervenir ou non. Un coup de sirène signalait un feu de cheminée ou une destruction d’insectes ; deux coups, un accident et trois coups, un incendie.

Lorsque la caserne fut transférée rue Gambetta, il y avait deux avantages : facilité d’accès et de départ en centre-bourg, et proximité de la caserne de gendarmerie, nouvelle elle aussi. Mais la sirène plus puissante installée sur le toit de la gendarmerie ne permettait pas toujours d’alerter les pompiers dispersés par leur travail ou habitant loin du bourg. Il fallut réinstaller une sirène sur l’ancienne gendarmerie qui était située près des écoles, rue Champlain et qui a été transformée en appartements.

Aujourd’hui, grâce à l’appel individuel, les sirènes ne sont plus utilisées. Mais elles restent en place et leur fonctionnement est testé une fois par mois, le premier dimanche du mois à midi. Il n’y a plus d’écoliers traumatisés par leur hurlement intempestif.

1966

1967

1968

Bilan de l’année 1968

L’été particulièrement sec et le nombre sans cesse croissant des accidents de la route ont fait croître le nombre d’interventions des sapeurs-pompiers bénévoles. Leur répartition est la suivante : 15 feux de bâtiments et de voitures, 3 feux de forets-importants, 4 feux de forets moyens, 22 feux de cheminées, 16 secours routiers., 1 noyade, 4 opérations diverses et inondations soit un total de 65 interventions. Ajoutons à ce nombre douze manœuvres ou séances d’instruction.

Ces chiffres sont cités dans le Bulletin municipal  » pour bien mettre en évidence la nécessité urgente de porter l’effectif total du Corps de Sapeurs pompiers à un minimum de 19 hommes. Il y a du matériel pour faire face à des sinistres importants mais il est arrivé qu’il y ait en même temps plusieurs interventions à faire et nous voyons difficilement comment les véhicules pourraient se mettre en route sans personnel ». (Bulletin municipal N°47 janvier 1969)

1969

En septembre 1969 Nexon a connu un des plus grave incendie de son histoire, celui du dépôt électrique de la gare et des trois appartements qui y étaient accolés. Un vent d’est, sec et chaud, soufflait depuis un peu plus de trois semaines. Le feu s’est déclaré dans les dépendances d’un des logements. L’intervention des pompiers bien que très rapide se révéla très vite impuissante en raison du retard pris au raccordement de la moto-pompe aux réservoirs d’eau de la gare, vestiges de la traction à vapeur ; le chef de gare avait mis beaucoup trop de temps à trouver les raccords nécessaires au branchement des tuyaux sur la réserve d’eau de 2 fois 50 mètres cubes. Les flammes ont atteint la charpente en bois de pin, très sec, et la progression des flammes attisées par le vent d’est fut d’une rapidité étonnante. Les pompiers de Limoges, appelés en renfort, aidèrent les Nexonnais à noyer les décombres. La SNCF avait décidé de démolir les deux châteaux d’eau. Elle accepta de retarder de plusieurs années les travaux de démolition.

1970

Le 15 juin 1970, le lieutenant LASPERAS, atteint par la limite d’âge quitte le commandement du Corps des sapeurs pompiers de Nexon après 37 ans de service. L’adjudant BOSBATY le remplace. Le 1er octobre 1971, il est nommé Sous-lieutenant stagiaire.

Bilan 1970 : 63 interventions dont 27 feux de cheminées, 7 accidents de circulation, 12 incendies (7 feux d’immeuble et 5 feux de forêt ou de broussailles), 13 destructions d’essaims de frelon, 3 accidents divers, 1 noyade…

1971

18 avril 1971, banquet annuel à l’hôtel Moderne.

1972

17 juin 1972, inauguration du nouveau garage des pompiers par M. Olivier PHILIP, préfet de région.

1973

Bilan de l’année : 75 interventions. Elles se décomposent en 13 incendies, 23 feux de cheminée, 18 secours routiers et 21 opérations diverses.

1974

3 février 1974, réception du nouveau fourgon normalisé par le lieutenant Bosbaty. Il peut transporter 8 hommes, 2 dévidoirs à tuyaux, une échelle et tracter une pompe. A l’issue de cette réception les pompiers se réunissent au restaurant Lamonerie pour leur banquet annuel.

 

Le lieutenant E. Bosbaty en présence du Commandant Le Clei et de R. Rebiere, maire de Nexon réceptionnent le nouveau fourgon.

Bilan de l’année : 84 interventions. Elles se décomposent en 14 incendies, 17 feux de cheminée, 14 secours routiers et 39 opérations diverses

1975

Bilan de l’année 1975 : 97 interventions. Elles se décomposent en 16 incendies (6 bâtiments et 10 bois), 18 feux de cheminée, 18 secours routiers et 23 opérations diverses.

1976

Bilan de l’année 1976 : 130 interventions. Elles se décomposent en 20 incendies, 14 feux de cheminée, 27 secours routiers et 69 opérations diverses. A ces interventions il faut ajouter 12 exercices.

On constate à partir de cette année, une augmentation régulière des interventions. Elles sont principalement dues aux secours routiers, puis à partir des années 1980 aux interventions de destruction d’essaims de guêpes et de frelons.

1978

Le conseil municipal décide d’acheter un véhicule 4L Renault pour les interventions de feux de cheminées au prix de 18 477 francs soit 10 577 euros de 2017. Ce véhicule remplacera la Juvaquatre Renault qui, du fait de sa faible valeur marchande ne sera revendue mais sera utilisée par le garde champêtre. Il est également acheté des tuyaux pour 11 279 francs, de l’habillement pour 5 750 francs et des matelas coquille pour 3 779 francs. La dépense engagée par la commune sera intégralement remboursée par le service départemental.

7 mai 1978, décès de René LASPERAS, ancien chef de corps.

Après 27 ans de service, le lieutenant BOSBATY quitte, pour raison de santé, le commandement du corps qu’il dirigeait depuis le 11 juin 1970.

Le 1er juin 1978, Jean Pierre BOULESTEIX est nommé sous-lieutenant stagiaire et chef de corps. Deux nouveaux sapeurs intègrent le corps : Jean Pierre ZEDDE et Raymond PENOT.

En juillet deux nouvelles recrues augmentent l’effectif du corps, Jean Marie PARTHONNAUD et Marcel ROYER. Malgré ce nouveau renfort il manque 7 pompiers au Corps.

1979

Achat d’un camion-citerne pour feux de forêts moyens (CCFFM) équipé par la CAMIVA sur châssis Saviem avec 2000 litres d’eau. Afin de pouvoir le garer le vieux fourgon LAFFLY, réformé depuis plusieurs années, est vendu à M. GIGNERS de Chalus pour 600 francs (343€ de 2017). Il a été également acheté une station mobile radio Thomson CSF pour 8 996 francs.

Paul DESSELAS prend sa retraite et de nouveaux volontaires sont incorporés dans l’effectif MM. BOUTAUDON et LATHIERE et le Docteur COLAS.

Devant le nombre de faux appels le maire en publie la liste dans le bulletin municipal :

Bulletin municipal d’information n°107, 4e trimestre 1979

Bilan de l’année 1979 : 141 interventions dont 17 incendies, 27 feux de cheminée, 55 transports de blessés et 42 sorties diverses.

1980

Trois nouvelles recrues Christian BETHOULE, Patrick GALINET et Jean Pierre GRATADE portent l’effectif du Corps à 21 pompiers pour un effectif théorique de 22.

Bilan de l’année 1980 : 127 interventions dont 11 incendies, 15 feux de cheminée, 45 transports ambulance, 56 sorties diverses.

1981

Bilan de l’année 1981 : 145 interventions dont 9 incendies, 27 feux de cheminée, 37 accidents de circulation, 26 transports ambulance, 4 inondations, 86 destructions d’essaims, 10 sorties diverses et 5 sorties sans intervention.

1982

Bilan de l’année 1982 : 261 interventions dont 4 incendies, 4 feux de bois, 16 feux de cheminée, 13 inondations, 16 accidents de circulation, 20 transports ambulance, 130 destructions d’essaims, 11 sorties diverses et 4 sorties sans intervention.

Le nombre élevé de sorties pour inondation est dû à la tempête qui a sévi les 6, è et 8 novembre 1982.

Le parc automobile compte 5 véhicules : 1 voiture légère, 1 véhicule de secours aux blessés, 1 fourgon d’incendie normalisé, 1 fourgon pompe tonne, 1 fourgon feu de forêt léger.

1983

Bilan de l’année 1983 : 211 interventions dont 16 incendies, 27 feux de cheminée, 4 inondations, 37 accidents de circulation, 26 transports ambulance, 86 destructions d’essaims, 10 sorties diverses et 5 sorties sans intervention.

1984

Bilan de l’année 1984 : 303 interventions dont 24 incendies, 28 feux de cheminée, 40 accidents de circulation, 19 accidents de personnes, 12 transports ambulance, 149 destructions d’essaims, 22 sorties diverses et 9 sorties sans intervention.

1985

Bilan de l’année 1985 : 217 interventions dont 19 incendies, 28 feux de cheminée, 28 accidents de circulation, 36 autres accidents, 12 transports ambulance, 80 destructions d’essaims, 30 sorties diverses.

1986

Bilan de l’année 1986 : 222 interventions dont 12 incendies, 40 feux de cheminée, 1 feu de véhicule, 26 accidents de circulation, 104 sorties diverses.

1987

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix et les sapeurs pompiers de Nexon

Au cours de l’année 1987, l’activité du corps a été de 234 interventions réparties comme suit : 92 accidents et transports de personnes, 47 incendies et 95 sorties diverses.

1988

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (4ème à partir de la gauche) et les sapeurs pompiers de Nexon

Le dimanche 7 février 1988 le lieutenant BOULESTEIX, chef de Corps et le lieutenant BOSBATY, ancien chef de corps, le médecin commandant COLAS avec les pompiers actifs et retraités, accompagnés de leurs épouses se sont retrouvés à la salle des fêtes de Nexon pour fêter la Sainte Barbe. Monsieur R. REBIERE, maire et Conseiller Général ainsi que l’adjudant MAYERAS, commandant la brigade de gendarmerie, honoraient de leur présence cette manifestation.

8 mai 1988 décoration du Sergent BONNET Jean-Claude et du Caporal ROCHE Georges pour 20 années, de dévouement et de volontariat, passées au sein d’un corps de sapeurs-pompiers :

Bilan de l’activité 1988

Au 26 décembre les sapeurs pompiers ont effectué 202 interventions qui se répartissent ainsi : 10 incendies de bâtiments, 2 incendies de véhicules, 6 feux de forêts, 32 feux de cheminées, 59 interventions pour destruction de nids d’insectes, 8 interventions diverses, 3 interventions pont inondation, 5 sorties sans action, 35 accidents de la circulation dont 1 mortel, 42 transports de malade.

Au cours du mois de mai 1988, les sergents Bernard BOUTAUDON et Jean Claude VALETTE ont suivi un stage d’adjudant et ils ont obtenus respectivement la 1ère et la 2ème place sur 14 reçus. Mais l’effectif du Corps des sapeurs pompiers de Nexon ne lui a pas permis de posséder deux Adjudants. Le sergent BOUTAUDON a été promu au grade d’Adjudant le 1er juin et le sergent VALETTE a été élevé au grade de Sergent-chef à la même date.

Pour maintenir leur ferme physique, les sapeurs pompiers ont créé une équipe de football qui rencontre des équipes locales le vendredi soir.

Début septembre, pour augmenter son efficacité, le Centre de Secours a été doté par le Département d’un Fourgon Pompe-Tonne.

1989

Le 18 février 1989 le Corps de Sapeurs Pompiers de Nexon était en deuil. Il perdait un de ses membres. C’est avec une très grande tristesse que le 20 février 1989 les hommes du Lieutenant BOULESTEIX et une délégation départementale rendaient un dernier hommage au Lieutenant BOSBATY Emile, ancien Chef de Corps. Le Bulletin municipal n° 144 de mars 1989 lui rendait hommage en ces termes :

« UN DEUIL CHEZ NOS SAPEURS POMPIERS

 Il est des événements qui vous frappent de plein fouet et vous laissent sans réaction. C’est ce qui nous est arrivé le 18 février lorsque nous avons appris le décès d’Emile BOSBATY, ancien Chef de Corps des Sapeurs Pompiers. Nous l’appelions familièrement « Milou ». II était entré au Corps de Sapeurs Pompiers volontaires le 02 janvier 1951. Il avait gravi tous les échelons, Caporal en 1958, Caporal-chef en 1962, Sergent en 1964, Sergent-chef en 1967, Adjudant en 1970, Sous-lieutenant le 1er octobre 1973 et Lieutenant le 1er octobre 1973. Il avait été nommé Chef de Corps le 16 juin 1970 après le décès du regretté René LASPERAS, et avait cessé ses fonctions le 1er juin 1978 après plus de 27 ans de bons et loyaux services. Il était titulaire de la Médaille d’Honneur des Sapeurs Pompiers. La maladie l’a enlevé à l’affection des siens et nous a privés de son amitié alors qu’il pouvait espérer jouir longuement d’une retraite bien méritée. Une foule d’amis et de pompiers l’a accompagné à sa dernière demeure.

Que son épouse, ses enfants et petits-enfants, trouvent ici l’expression de notre émotion et l’assurance de note sympathie. »

 

Début-juillet 1989, pour augmenter son efficacité, le Centre de Secours a été doté par le département, d’un véhicule neuf de secours routier type tout terrain. Il remplace l’ancienne « estafette », qui fut achetée par la Commune pour transporter le matériel de désincarcération.

8 mai 1989 décoration du Sapeur LASCAUX Georges pour 20 années, de dévouement et de volontariat, passées au sein d’un corps de sapeurs-pompiers

11 novembre 1989 décoration du Lieutenant BOULESTEIX Jean-Pierre pour 20 années, de dévouement et de volontariat, passées au sein d’un corps de sapeurs-pompiers

1er octobre 1989, le Sapeur BOULESTEIX Sylvain (fils aîné du Chef de Corps) est venu grossir l’effectif. Ce dernier est titulaire du B.N.S.

Bilan de l’activité en 1989.

Beaucoup de travail en 1989 : en moyenne une intervention toutes les 28 heures (pour mémoire en 1988, une intervention toutes les 43 heures). Soit un total de 305 interventions au 31 décembre réparties de la façon suivante : 10 incendies de bâtiments, 3 incendies de véhicules, 2 feux de forêts, 42 feux de cheminées, 133 destructions de nids d’insectes, 6 interventions diverses, 13 sorties sans action, 31 accidents de la circulation, 45 secours aux malades et 2 sorties pour fausse alerte.

1990

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

Les pompiers ont reçu un nouveau fourgon pompe tonne lourd à moteur diesel. Pour faire face à toutes pannes de batteries ou incidents la commune achète un chargeur démarreur d’une puissance de 700 A. Son prix est de 6 985 francs (1 640 euros 2017) dont 2485 francs à la charge de la commune.

Devant l’accroissement régulier de l’activité des pompiers le maire lance un appel pour que des jeunes s’engagent pour compléter le Corps qui ne compte que 17 sapeurs-pompiers alors que le besoin est estimé à 30 par le préfet.

Bulletin Municipal d’informations N° 150 Septembre 90

Le samedi 29 septembre 1990 une cérémonie amicale était organisée au centre de Secours pour fêter le départ à la retraite du caporal Georges ROCHE après 23 années d’activité. Jean Pierre ZEDDE ayant cessé son activité professionnelle à Nexon il a quitté le corps depuis le 1er janvier 1990.

Pour compenser ces 2 départs et pour répondre à l’appel lancé à la population, 4 volontaires ont rejoint le corps : Eric BUISSON, Alain DURAND, Marc MIGOT et Daniel SAINTONGE.

Malgré cela l’effectif est insuffisant et le Maire renouvelle son appel aux volontaires.

1991

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

1992

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (2ème rang et 3ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

1993

1994

 

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

1995

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (6ème à partir de la gauche) et les sapeurs pompiers de Nexon

1996 

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (au centre au 1er rang) et les sapeurs pompiers de Nexon

C’est l’année de la départementalisation. En effet la loi du 3 mai 1996 a substitué la départementalisation à l’organisation communale. Cette départementalisation comportait le transfert des corps de sapeurs-pompiers municipaux en un corps départemental unique, toutes les réformes d’organisation afférentes, et la substitution progressive du département aux communes et intercommunalités dans le financement du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS).

Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Haute Vienne a été créé en application de cette loi. C’est un établissement public administratif départemental placé sous la double autorité du président de son conseil d’administration, responsable de la gestion administrative et financière du service, et du Préfet, responsable de la mise en œuvre opérationnelle de l’ensemble des moyens de secours en Haute Vienne.

1997

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (au centre au 1er rang) et les sapeurs pompiers de Nexon

1998

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (debout 3e rang à gauche) et les sapeurs pompiers de Nexon

1999

écusson du SDIS 87

Dans le cadre de la départementalisation le transfert des personnels a été effectif le 1er janvier 1999. La commune doit mettre à disposition du service départemental, à titre gratuit, les locaux du centre d’incendie et de secours. La commune assure l’entretien courant des locaux ainsi que l’approvisionnement en carburant des véhicules. Les dépenses inhérentes sont remboursées par le SDIS sur la base d’un état trimestriel certifié par le Maire

En application de l’arrêté du 2 août 2001 définissant les nouveaux critères de classement des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), le SDIS de la Haute Vienne est classé en 4ème catégorie sur une échelle de un à cinq, la catégorie 1 classant les SDIS les plus importants.

Organigramme du SDIS 87

2000

Du fait de la tempête de la fin décembre 1999 l’activité des pompiers a connu une intense activité que l’on estime à 350 interventions.

A celles-ci s’ajoutent 316 interventions classiques : 96 accidents de voie publique dont 26 avec désincarcération, 97 prompt secours, 16 feux de broussaille, 16 feux de maison et bâtiments, 26 feux de cheminée,15 autres feux (véhicules) 39 interventions diverses (inondations, destruction d’insectes…) et 1 autres interventions.

Le sapeur de 1ère classe Jean Pierre GRATADE a reçu la médaille d’argent en témoignage de ses 20 ans d’activité. Le sergent Michel BONNET et le lieutenant Jean Pierre BOULESTEIX ont reçu la médaille d’or pour plus de 30 années d’activité passées au service de la population.

Le lieutenant Jean Pierre Boulesteix (debout 2e  au 3e rang à droite) et les sapeurs pompiers de Nexon

2001

3 février 2001, hommage à Jean Pierre BOULESTEIX qui après 32 années passées au centre de Secours de Nexon dont 23 en tant que Chef de centre passe le relais à Bernard BOUTAUDON.

28 février 2001, tous les pompiers sont équipés de « B.I.P. ». La sirène ne sonnera donc plus. Toutefois elle doit rester en état de fonctionnement et un essai mensuel sera effectué, chaque premier dimanche du mois à 12 heures.

Le centre de secours a effectué 321 interventions en 2001, 288 sur son secteur et 33 renforts vers les centres voisins.

Stéphane DESROCHES a quitté le corps pour raison professionnelle et Jean Claude VALETTE pour jouir de sa retraite. Leur départ a été compensé par l’arrivée d’Arnaud CASSO, Florent DEFORGE et Julien PINTEAUX.

2002

Le Major Bernard Boutaudon ( au milieu du 1er rang) et Liliane Jamin, maire de Nexon avec les sapeurs-pompiers de Nexon

 

Les anciens se retrouvent. De G à D : Valette JC,  Debet R, Labethoule G, Roche G, L Jamin maire, Boulesteix JP, Penot R, Manhes A et Barnabet H.

Les 22 sapeurs-pompiers du centre ont effectué 288 interventions qui se décomposent ainsi : 193 secours aux asphyxiés et blessés, 23 secours routiers, 93 sorties du véhicule léger médicalisé, 52 fourgon pompe tonne, 21 camion-citerne feux de forêts, 33 camion d’interventions diverses.

Véronique RIBIERE et Murielle FAURIE ont intégré les rangs du centre de secours tandis que Thomas QUINTANE a suspendu son activité.

2003

2004

2005

Le major Bernard Boutaudon ( 1er à droite au 1er rang) avec les sapeurs-pompiers de Nexon

2006

Le bilan de l’année est de 457 interventions dont 139 sur la commune de Nexon, qui se décomposent ainsi :

  • Accidents de la voie publique, secours à personne : 289 sorties soit 6+4%
  • Secours routiers : 48 sorties soit 11%
  • Incendies (habitations, bâtiments, feu de véhicule…) 61 sorties soit 14%
  • Incendies (feu de forêt, broussailles…) 38 sorties soit 9%
  • Interventions diverses (épuisement, cave, dégagement voie publique…) 105 sorties soit 23%

Remarque : certaines sorties sont comptées dans plusieurs rubriques.

Le Centre compte un effectif de 25 sapeurs-pompiers et possède un parc de 6 véhicules : 1 ambulance, 1 véhicule de secours routiers, 1 fourgon incendie, 1 camion feux de forêts, 1 véhicule interventions diverses, 1 véhicule de commandement).

Au cours de l’année 3 nouvelles recrues ont intégré les rangs du centre de secours : Romain HOCHART, Didier MEYNIER, Aurélie BERNIER.

2007

Le major Bernard Boutaudon ( 2ème à droite au 1er rang) avec les sapeurs-pompiers de Nexon

En début d’année Cédric BLANCHARD rejoint le centre de secours.

2008

14 juin 2008, journée nationale des sapeurs pompiers

14 juin 2008, le docteur Colas est fait lieutenant colonel honoraire 

Le bilan de l’année est de 371 interventions : 62 incendies, 49 accidents de la circulation, 217 secours à personnes et 43 opérations diverses.

2009

2010

 L’adjudant Eric Buisson et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

Le bilan de l’année est de 352 sorties

2011

Liliane Jamin, entourée du conseil municipal, a retracé les événements de l’année écoulée en commençant son allocution par un coup de chapeau aux pompiers désormais placés sous la responsabilité de Grégory DEFORGE qui a succédé à Eric BUISSON. Elle a souligné l’activité importante du centre d’incendie et de secours de Nexon et salué l’initiative de l’organisation d’une journée « Portes ouvertes ».

2012

2013

2014

Zone d’intervention du Centre de Nexon

Bilan 2014, du Centre de secours de Nexon sur les 21 communes où il intervient :

138 sorties ont eu lieu sur la Commune de Nexon dont 74 pour des urgences à domicile. Sur l’ensemble de la zone on compte 428 sorties dont 78% sont effectuées pour des secours à victimes et seulement 15% pour des incendies.

2015

Le lieutenant Gregory Deforge (2e rang, 6e à partir de la droite) et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

2016

Le lieutenant Gregory Deforge et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

2017

2018  

Le lieutenant Gregory Deforge (en haut à droite) et les sapeurs pompiers de centre de Nexon

Bonne année 2018

janvier 1st, 2018 | Posted by admin in Connaissance de Nexon - (1 Comments)

Que cette jeune limousine apporte la joie et le bonheur à tous les lecteurs et toutes les lectrices de ce blog ainsi qu’à leur famille.

Vous êtes de plus en plus nombreux et nombreuses à le lire régulièrement mais il faut aller encore plus loin, laissez des commentaires, proposez moi des documents (je les scannes  et je vous les rends rapidement), proposez moi des sujets d’article. Il y a beaucoup de photos dans les tiroirs qui permettraient d’illustrer l’histoire de Nexon. Beaucoup trop de vieux papiers, de vieilles factures, de vieilles photos, celles des équipes de sport, des fêtes, des manifestations diverses…terminent leur vie dans les poubelles. Ne jetez rien, tout m’intéresse, tout document permet d’écrire l’histoire.

Merci à ceux et celles qui m’ont fait confiance, m’ont prêté des documents et ont passé du temps à me raconter leurs souvenirs, en particulier au Docteur Rose Forgeron, dont la mémoire est fabuleuse et le grenier est rempli de trésors. Je ne peux pas oublier les nombreuses heures passées avec René Rebiere et le regret de ne plus pouvoir décrochez mon téléphone pour lui demander une précision, une détail sur la vie à Nexon qu’il connaissait remarquablement bien. Merci à Fabrice Gerville-Reache, maire de NEXON et à Martine Fougeras pour l’accès aux archives municipales.

Il y a encore beaucoup de choses à écrire. Je compte sur votre aide…

Jean François Nys

Charles Joseph Verneilh-Puiraseau « MES SOUVENIRS DE 75 ANS » Limoges 1836

Quelques extraits :

Je naquis au bourg de Nexon, en Limousin, le 29 juillet 1756, un an environ après le fameux tremblement de Lisbonne, un an environ après la naissance de Louis XVI, dont il m’était réservé de voir de bien près un jour les dernières infortunes. Après environ trois quarts de siècle et les tourmens d’une longue révolution, le jour anniversaire de ma naissance devait en voir éclater une nouvelle : Dieu veuille que ce soit la dernière ! C’était l’époque d’un grand mouvement dans les esprits, dans les mœurs, dans les arts. L’expulsion des jésuites était peu éloignée.
L’élan de nouvelles doctrines était l’avant-coureur des réformes politiques; l’esprit de critique et de controverse devait amener l’esprit d’opposition.
Les Français, a dit l’abbé Raynal, qui, sous le ministère de trois cardinaux, n’avaient pu s’occuper d’idées politiques, osèrent enfin écrire sur des matières solides et d’un intérêt sensible. L’entreprise d’un dictionnaire universel des sciences et arts mit tous les grands objets sous les yeux, tous les esprits en activité. L’esprit des lois parut et l’horizon du génie fut agrandi. C’est vers le même temps que chez nos voisins, au patriotisme éclairé inspira l’entreprise de ces nombreux canaux qui sillonnent leur territoire et qui ont tant concouru à la prospérité de leur pays. C’était aussi, il faut le dire, l’époque d’un scepticisme irréligieux qui devait enlacer le reste du XVIIIe siècle.
J’eus le bonheur d’en être préservé de bonne heure par de bons conseils et de bons exemples. Et depuis, soit les troubles et les peines de la révolution, soit même l’expérience de l’irréligion, semblent avoir ramené parmi nous le dogme consolant des croyances religieuses.

Avant ma naissance, mon père avait perdu deux autres fils; cette circonstance ajoutait encore, s’il eût été possible, à sa tendresse pour moi, à son désir d’obtenir ma conservation de celui qui dispose de la vie; aussi, né faible et malingre, avais-je été voué à tous les saints, à toutes les vierges, particulièrement à celles de La Roche-l’Abeille et de Rocamadour.

Ma famille était ancienne et honnête, mais loin d’être riche dans les derniers temps. Ce vieux proverbe de chevalerie : Cent ans bannière et cent ans civière, s’applique aussi plus ou moins à toutes les conditions de la Société. Dès l’an 1600, le chef de ma famille, Jean de Verneilh, était coseigneur de Nexon : ce titre se lisait, dans ma jeunesse, sur deux cloches de notre église, dont il avait été parrain. Tous les ans, avant la révolution, on annonçait au prône, à certain jour de dimanche, un service solennel pour son fils aîné, François de Verneilh, sieur Delage et coseigneur de Nexon. Suivant un acte du 13 juillet 1665 (de Jouhaud, notaire royal), il était en même temps conseiller du Roi et son assesseur à l’élection de Limoges ; la fille unique de celui-ci porta la coseigneurie de Nexon à Simon Descoutures, avocat du Roi, dont on trouve plusieurs mentions honorables dans les Annales du Limousin, notamment celle-ci : qu’après la mort d’Henri IV, il fut député, avec un autre consul, pour porter à Louis XIII les premiers hommages de fidélité de la ville de Limoges. Cette terre avait passé ensuite, par mariage, dans la maison Rogier-des-Essarts, dont le nom s’est éteint dans l’émigration. Le second fils de Jean de Verneilh était venu gendre chez Jean Longeaud, notaire royal à Nexon, dans la maison même où je suis né. La mère de mon père, Marie Dubois-de-Ménièras (sa sœur avait épousé un pauvre gentilhomme nommé Guespin-de-la-Jugié ) se flattait de descendre de Simon Dubois, dont le président de Thon parle avec tant d’éloges. Enfin ma mère était petite-fille de Pierre Bourdeau, ancien Garde-du-Corps (de 1680 à 1697) et d’Anne d’Albiac-de-Mardaloux, fille et sœur de chevaliers de Saint-Louis. On attribue à Simon Dubois, entre autres ouvrages, Ratiastum Lemovicum (in-8°, chez Hugues Barbou, 1580). Feu M. Linguaud, homme érudit et très-zélé pour l’honneur de sa ville natale, m’avait communiqué son épitaphe, telle qu’on la lisait sur une lame de cuivre dans l’église de Saint-Pierre de Limoges, en ces termes : Hanesto loco natus, apud meos in honore vixi. Prœfectus huic Lemovicensium provinciœ cuique pro causœ oequitate jus dixi; parùm rei angendœ cupidus plurimum honestœ existimationis parandœ. Le président de Thon, dans son histoire in-4° (tom. 7, pag. 134, édit de Londres), parle ainsi de Simon Dubois : Je me souviens que le Jour même que le Roi entra dans Lyon (Henri III à son retour de la Pologne), je me trouvai chez Jean de Tournes, à qui la république des Lettres est si redevable; Simon Dubois, lieutenant-général de Limoges, célèbre par ses écrits et plus encore par son habileté dans les affaires, s’y rencontra; il me dit que bien des gens ne pensaient pas du Roi comme le commun, et qu’ils assuraient qu’on le verrait dans la suite tenir une conduite dont la fin serait peut être funeste, et tromper ainsi toutes les espérances que ses sujets et les étrangers avaient conçues de la gloire de son règne. Je me révoltai d’abord à ce discours ; je lui fis même quelques objections que le penchant que nous avons à nous flatter me suggéra sur-le-champ; mais cet homme sage, qui n’aimait pas la dispute, me répondit froidement que ce n’était pas sans chagrin qu’il me parlait de la sorte; que je me souvinsse de ce qu’il me disait, et que j’en jugerais par l’événement. Était-ce de lui-même qu’il me parlait, ajoute M. de Thon, et par quelque connaissance que son habileté dans l’astrologie lui eût donnée de l’avenir? Plusieurs l’ont cru…Quoiqu’il en soit, j’ai toujours beaucoup estimé la science profonde de ce grand homme, et j’ai cru que la chose méritait d’être rapportée.

Jean Longeaud avait acheté sa maison de Martial Lambert, écuyer (lors de la vérification des titres de noblesse, en 1598, il y avait des gentilshommes de ce nom à Saint-Maurice-les-Brousses, commune aujourd’hui réunie à celle de Jourgniac). Quoique cette maison fût tenue noblement et même en franc-alleu, Messieurs Degay-Nexon avaient prétendu y avoir droit à une rente (de deux chapons) en vertu d’une reconnaissance de 1593. Mais, par une transaction de 1618, bien rongée par les mîtes et que j’ai en mon pouvoir, ils renoncèrent à leur prétention.

Sacra domus sanctique Pénates/ Je ne la revois jamais sans éprouver une douce émotion, cette maison où je vis le jour, où s’écoula ma débile enfance, au milieu des tendres soins de mon père et de ma mère; tout ce qui s’y rattache m’intéresse. J’ai donc voulu déchiffrer péniblement un vieux procès-verbal d’état, en date du 12 décembre 1608, que le nouvel acquéreur en fit dresser devant le juge de Nexon. Il y était parlé d’une vieille tour bien lézardée et servant d’escalier, que surmontait une girouette, qui y tourne encore aujourd’hui. On y parle aussi d’armoiries sculptées sur la porte d’entrée et sur une cheminée, qui n’ont disparu que depuis 1793. La salle où l’on entrait sous un arceau gothique comme dans la pièce voisine, avait une grande cheminée en ceintre. Son pavé était en petites pierres, artistement configurée. Quoiqu’assez spacieuse cette salle n’était éclairée que par deux petits jours, grillés en fer, de deux pieds de longueur environ, sur deux et demi de hauteur; dans la pièce voisine, au-dessous d’une fenêtre de même dimension que les précédentes, il y avait une canonnière, pour tirer au besoin des coups d’arquebuse. Pour plus grande sûreté du petit castel, les portes étaient toutes barricadées, au moyen de barres enfoncées dans le mur et que l’on retirait à volonté. Enfin l’escalier consistait en de gros madriers de bois de chêne, dont la pointe s’appuyait dans un arbre planté au milieu. Tout porte à croire que ce modeste logis eut autrefois l’honneur de recevoir à la fois la personne et le dernier soupir d’un grand prince. Le duc des Deux-Ponts, Wolfgang de Bavière, était venu comme on sait, du fond de l’Allemagne, à la tète d’une armée de Reytres, au secours des Calvinistes, ses coreligionnaires. Cette armée, après avoir traversé la France, s’était réunie prés de Chalus, à celle de l’amiral Coligni, appelée des Princes, où se trouvaient le jeune Henri, prince de Béarn et le prince de Condé. Cette réunion avait lieu, avec de grandes acclamations, en présence de Marie d’Albret, qui était venue tout exprès de la Rochelle; tandis que, de son côté, Catherine de Médicis était venue au château d’Isle, près de Limoges, pour être témoin des exploits de son fils bien-aimé, (le duc d’Anjou depuis Henri II). Mézeray (tom. 3, in-fol., pag. 202) raconte, à ce sujet, que le duc des Deux-Ponts mourut à Nexon d’un excès qu’il avait fait à l’Allemande, pour guérir une plèvre quarte qui le travaillait depuis qu’il était sorti de son pays. Ce fut le 18 juin 1569 que le prince y mourut dans les bras de Louis de Nasseau, prince d’Orange, six jours avant la bataille de La Roche- L’abeille, où les Protestants furent vainqueurs. Le corps du prince fut embaumé et transporté d’abord à Angoulême, puis à La Rochelle et enfin dans ses états après la conclusion de la paix. Ses entrailles avaient été déposées dans un tombeau de serpentine, découvert, il y a peu d’années, au bord de mon jardin, tout près de la voie publique; ce tombeau était placé en regard d’un monument sépulcral, érigé en dehors de l’ancien cimetière (aujourd’hui place publique devant l’église). Il n’est pas présumable, en effet, que les Protestants, vainqueurs à La Roche-l’Abeille et restés maîtres du Limousin pendant plus de trois mois, eussent voulu quitter ce pays, sans y laisser quelque souvenir en l’honneur d’un puissant allié, qui y était mort victime de son dévouement à leur cause. Le monument consiste en une pierre de granit, en forme de carré long, posée de champ et percée de part en part, d’un grand trou circulaire de plus d’un pied de diamètre. La face méridionale de cette pierre est traversée horizontalement par une rainure qui coupe le cercle eu deux, de manière à figurer deux arches de pont, armes parlantes du duché des Deux-Ponts. L’élévation actuelle de la pierre au dessus du sol est de quatre pieds environ, sur trois et demi de largeur. On distingue encore, mais avec peine à deux de ses angles supérieurs, de petites croix dont elle était empreinte, comme sur son sommet on remarque un trou dans lequel avait été plombée une croix de fer ou d’autre métal. Il y a quelques années que l’on découvrit dans u coin de ma cour deux tombes l’une à coté de l’autre, ce qui prête à croire que la maison fat habitée anciennement par des Calvinistes. Enfin le château actuel de Nexon n’existait point encore en 1569. Toutes ces circonstances semblent prouver que mon modeste toit paternel eut autrefois l’insigne honneur que je réclame pour lui.

Mes souvenirs d’enfance les plus reculés se rapportent, l’un à la fondation de notre grange, qui porte sur une pierre, comme moi sur le front, le millésime 1756 ; l’autre, à la mort d’une de mes sœurs, appelée Judith, (filleule de madame de Verthamon). Ma mère m’ayant porté dans ses bras à l’endroit où l’on venait de poser la première pierre de cette grange, elle m’y fit jeter, de ma petite main, un écu de six franc pour la cimenter. Quant à la pauvre Judith, je perdais en elle ma meilleure amie, la plus rapprochée de mon âge. Notre sœur aînée fondait en larmes; je faisais tous mes efforts pour l’imiter, mais je ne pouvais, je ne savais pas pleurer. Un peu plus tard, comme je jouais avec un enfant de mon âge, dans une chambre basse où il y avait une canonnière, un malheureux chat étant sorti de sous une armoire, nous lui donnions la chasse; l’animal ne voyant pas d’autre issue pour s’échapper, s’était précipité dans la canonnière et y resta engagé, de manière à ne pouvoir ni avancer ni reculer : et nous d’accourir dans le jardin pour voir sa détresse. Il miaulait de toutes ses forces et ses yeux semblaient lui sortir de leur orbite; sans doute avec
le temps il se serait débarrassé, mais dans notre joyeuse impatience nous le refoulâmes cruellement sur lui-même. Parlerai-je aussi d’un de ses analogues antipathiques? Les rats abondaient dans la vieille maison ; ils m’eussent d’un peu plus brouté les oreilles. Ils montaient, dans la nuit, faire leurs ébats jusque sur le ciel de mon lit, dont ils avaient bien maltraité les rideaux. Je résolus de leur rendre guerre pour guerre : je me procurai donc un piège en fer, qui les saisissait par le cou, au moyen de deux cercles dentelés. Chaque soir je le dressais à la porte de ma chambre, en le fixant par une petite corde, pour qu’ils ne puissent pas l’enlever. Un jour que j’avais omit cette précaution, le piège était disparu du palier de l’escalier où je l’avais placé. Je montai de suite une douzaine de marches dans la tour, et je le trouvai devant un trou de mur qui communiquait au grenier; ne pouvant y entrer autrement, le rat s’y était glissé à reculons, de manière qu’il n’offrait en dehors que la tète et les épaules. Je m’empressai d’enlever le piège qui était en fer et avait plus d’un bon pied de longueur, et je fus alors bien surpris de voir que le reste du corps du pauvre diable avait été mangé par ses frères. Ces animaux seraient donc une espèce d’anthropophages.

Mon père m’avait donné les premières leçons de lecture. Aussi vif de caractère que tendre pour moi, il m’avait un jour châtié assez rudement; c’était la veille d’un jour de fête ou de ballade à La Roche l’abeille. Comme pour me consoler, il m’y mena en trousse derrière lui; je n’étais plus sorti de la maison, j’allais faire, à cheval, un voyage de plus d’une lieue. Quelle bonne fortune ! Que d’objets nouveaux allaient frapper mes avides regards ! A mesure que nous trottions y il me semblait voir les moissons, les prés et les bois s’enfuir derrière nous, comme le rivage d’une rivière. La petite bourgade était tout encombrée de monde; l’embarras de la circulation pour arriver à un cabaret était encore augmenté par les nombreux étalages de petits marchands de comestibles, de riortes* d’Aixe et d’autres objets de toute espèce. La foule pressée entrait dans l’église par une porte et en sortait par l’autre; de là elle se dirigeait en silence, un cierge ou chapelet à la main, vers une croix de pierre, à travers un champ rocailleux, parsemé par intervalles de rares brins d’herbe ou de mousse et cependant plusieurs des fidèles y marchaient nu-pieds. On cheminait ainsi à pas lents, au milieu des clameurs d’un grand nombre de pauvres étendus çà et là et montrant des plaies sanguinolentes : spectacle hideux, peut-être fruit de la fraude et qu’on ne tolère sans doute plus aujourd’hui ; il m’en est toujours resté une impression pénible. Pendant notre station dans l’église, j’avais adressé à Marie la prière de l’innocence; et depuis, malgré toute la philosophie de notre époque, je me suis plu à l’invoquer avec ferveur dans plus d’une circonstance de ma vie. Mon père avait en elle une dévotion sincère que j’ai dû respecter; il avait fait en son honneur un pieux voyage à Rocamadour, peut-être pour lui demander ma conservation. J’eusse été bien curieux de la voir, cette chapelle que l’on disait avoir été bâtie dès les premiers temps du christianisme, au sommet d’un très-grand rocher. Longtemps après j’ai vu dans l’histoire que Henri le Jeune, un des trois fils de Henri II, duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre, y était allé en dévotion, et qu’il était mort dans ces environs, des suites d’une blessure qu’il avait reçue au siège de la cité de Limoges.

* C’est une couronne de pain de blé fabriquée à Aixe sur Vienne à partir du XIème siècle. Elle était populaire dans tout le Limousin. Ces pains sont appelés  » Rédorte ou Riorte » à cause de leur forme. En effet en patois limousin riorte désigne un lien de bois formant un anneau. La Rédorte est un pain fantaisie en forme de couronne tournée en spirale et composée de farine de froment et d’un levain spécial qui lui donne son goût particulier.
Elle a pour origine le fait que l’on récompensait les soldats romains vainqueurs en leur promettant une couronne d’or à leur retour. En réalité, on leur remettait une  » Couronne de pain de blé ».

M. de Gay-de-Nexon avait pris chez lui, pour la première éducation de sa famille, un instituteur appelé M. Boin, homme d’un certain âge et d’une grande mansuétude. Outre la bienveillance de M. de Nexon pour mon père, procureur fiscal de cette châtellenie, madame de Nexon, fille d’une Delomenie, avait des attentions particulières pour ma mère. A ce double titre, il me fut permis de partager l’instruction primaire de leurs enfants. J’étais de la même classe, du même âge et du même prénom (Joseph) que le chevalier, auquel par la suite échut en partage la belle terre de Cognac, possédée aujourd’hui par mon cousin Bourdeau. M. l’abbé actuel de Nexon, son frère ainé, était un peu plus avancé que nous; il était devenu grand-vicaire auprès de M. de Villoutreix-Defaye, son parent, évêque d’Oléron, quand la révolution le jeta par-delà les Pyrénées. Il vit encore (1836) révéré de tous, au sein d’une famille heureuse de le posséder. Quel plaisir j’ai à le retrouver, chaque fois que je peux aller voir mes Dieux Pénates ! Lorsque depuis le retour des Bourbons je siégeais à la chambre des députés, je présentai un jour au Ministre des Finances (M. le baron Louis) une note de recommandation relative à la place de percepteur à Nexon. Quoi? Nexon! me dit le Ministre avec empressement, j’ai fait mon séminaire à Saint Sulpice avec un abbé de ce nom; c’était bien le plus excellent homme! — Vous l’aviez bien jugé, Monseigneur, lui répondis-je : il m’honore de son amitié, et je lui dirai que vous ne l’avez point oublié.

A peine âgé de huit à neuf ans, je fus envoyé à Saint-Yrieix, chez un frère de mon père, qui y exerçait la médecine et n’avait point d’enfant. Sa belle-mère, que tous appelaient maman à cause de sa bonté, m’amenait souvent à un petit castel appelé de la Tranchardie, chez une vieille dame, sa parente; j’étais sûr d’y trouver toujours de bons fruits et quelque friandise. Ma sœur aînée, depuis madame Guyot, était pensionnaire dans un couvent de la même ville; les bonnes sœurs eussent voulu en faire une de leurs compagnes, et ma sœur semblait y être assez disposée. Quoiqu’il en soit, lorsque j’allais au parloir, je me ressentais des attentions qu’on avait pour elle. A propos du titre de Madame que l’on donne aujourd’hui à toutes les femmes mariées, il était alors réservé à la noblesse d’une manière tellement exclusive, que les femmes des magistrats au sénéchal, n’étaient appelées que Mademoiselle. Mais aussi on commença bientôt à se mettre en progrès, comme on dit aujourd’hui; et, dès 1789, cette révolution de pure courtoisie et de convenance s’était opérée presque partout d’elle-même. Mon oncle était bien avec les meilleures maisons de la ville, et on m’y traitait comme si j’eusse été son fils ; j’allais souvent, à ce titre au Clos-de- Barre, campagne habitée par M. Gentil-de-Lafaye, Chevau-Léger de la garde du Roi. Il y avait de jeunes personnes de mon âge; j’étais sûr d’y trouver bon accueil et d’innocens amusemens.

C’est dans la même propriété que furent découvertes en 1765 ou1766 ces belles terres à porcelaine qui ont acquis tant de célébrité et qui sont devenues si précieuses pour l’industrie de la ville de Limoges. J’ai toujours gardé, pour la mémoire de ce second père, un profond sentiment de respect et de reconnaissance.
Toute sa modique succession a passé à un parent de sa femme ; mais le meilleur héritage qu’il put nous laisser, c’était de faciliter comme il le fit, ma première éducation, et après moi celle de mes deux frères.

Mon premier maître d’école à Saint Yrieix fut M. Bardinet; il demeurait dans une maison canoniale près du Moutier, dans laquelle on entrait par une petite tour bien antique et bien décharnée. Dans un voyage que j’y fis naguères, je fus curieux de la revoir cette maison de ma première école, ainsi que celle de mon oncle ou je passai ma première jeunesse.

…/…

En sortant de l’école solitaire de M. Bardinet, je fus envoyé à celle de M. Dumonteil, qui avait bien une soixantaine d’écoliers; c’était l’instituteur en titre de la ville. Il avait été nommé par le Chapitre, qui lui laissait la jouissance d’un petit borderage ; cette jouissance, avec une modique rétribution de la part de chaque écolier, servait à l’entretien de sa nombreuse famille. Dans la suite il se brouilla avec le Chapitre qui l’avait durement destitué, quoiqu’il eût élevé la plupart de ses membres. Chaque fois que j’allais à Saint-Yrieix, j’avais soin d’aller le voir, et je n’ai point oublié combien ma petite visite d’intérêt et de reconnaissance lui était agréable. Il demeurait d’abord an fond du quartier des Barris, au-dessous de la halle publique; là, dans une grande chambre basse, non pavée ni planchée, on avait posé contre terre deux longues poutres équarries, sur lesquelles nous étions rangés les uns à la suite des autres, sans aucun feu, même an plus fort de l’hiver. La cloche de Matines appelait à la fois les chanoines ou prébendés et les écoliers, chacun à leur poste. Cette cloche me semblait bien matinale; lorsque je ne l’avais pas entendue ou que je voulais composer avec elle, ma bonne tante me criait, de son lit. J’étais aussi souvent appelé par mes jeunes camarades Crézeunet et Villouvier, qui passaient devant la maison. Je me joignais à eux et nous cheminions ensemble vers l’école avec nos petits sabots et nos livres sous le bras, grelottant de froid dans la saison et déplorant par fois le sort des pauvres écoliers. M. Dumonteil alla ensuite demeurer au Foiral, dans le quartier haut de la ville. Nous y étions mieux, ou moins mal et beaucoup plus sainement.

Comme nous étions divisés en plusieurs classes, lorsqu’une d’elles avait dit sa leçon, on obtenait aisément, sous quelque prétexte, un permis de sortir, et nous courrions bien vite au pré Broussaud pour y faire nos ébats. Dans l’hiver, nous glissions à l’envi sur une petite pêcherie glacée où l’on tombait souvent les uns sur les autres, ou bien l’on s’amusait à faire des boules de neige, les plus grosses que l’on pouvait, et puis, pour les grossir encore, on les faisait rouler jusqu’au fond de la prairie. Dans un voyage que je fis dernièrement à Saint-Yrieix, j’étais logé chez la dame Belin. Le matin, en ouvrant ma fenêtre qui donnait sur la campagne, je m’écriai tout joyeux, comme Rousseau en voyant de la pervenche : Ah! voilà le pré à Broussaud ! Une seule composition nous avait rangés dans l’ordre suivant : Laborderie, Dumaine, moi, Crézeunet, Senemaud, Foucault, dit Toutou, Gondinet-d’Arfeuille, etc. Toutou, déjà grand garçon, fut condamné au fouet pour quelque grande faute; il s’était résigné à se mettre en devoir derrière un paravent pour subir sa peine. Mais, au premier coup de martinet, il se lève furieux et saute aux cheveux du maître, en le traitant de tous les noms, notamment de Cardeur; c’est le sobriquet que nous lui donnions dans nos petites colères. Eh bien! telle était l’habitude de l’obéissance que cet étrange incident ne dérangea pas le moins du monde l’ordre général de l’école. Toutou sortit après s’être rajusté au plus vite, et M. Dumonteil, vivement ému, se remit dans son fauteuil. Le surlendemain, nous vîmes revenir ce pauvre Toutou, conduit cette fois par son père M. Foucault-de-Malembert; il fit ses excuses, et la chose n’alla pas plus loin; Toutou ne revint plus à l’école, et deux ou trois ans après il portait une épaulette d’officier.

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L’enseignement de la langue latine était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui; il n’existait encore aucune méthode pour l’apprendre si ce n’est le rudiment de Gaudin et un certain Despautère, auquel je n’ai jamais rien compris. Il fallait apprendre les livres par cœur, sans aucune explication qui en eût préparé l’intelligence. Chaque écolier était appelé à venir réciter à son tour sa leçon devant le maître assis gravement dans un fauteuil et tenant son martinet à la main : on appelait ainsi une espèce de fouet à long manche de bois, composé de cinq ou six courroies en parchemin, bien tordues et nouées par le bout. A la moindre faute de mémoire, le récitant était fouaillé aux jambes, qui n’étaient pas comme aujourd’hui protégées par un pantalon ; mais on ne trouvait pas mauvais qu’il arrivât muni de son chapeau à trois cornes, avec lequel parait les coups du mieux qu’il pouvait. Cependant, à force de temps et d’études, j’étais parvenu à connaître assez bien les principes de la latinité. On croyait que je serais admis dans la classe de Seconde an collège de Limoges; je ne pus être reçu qu’en Troisième. A la première composition en thème, je fus le premier, ce qui me donna la prétention de vouloir, à l’examen de Pâques, monter en Seconde; mais M. l’abbé Marcoul, mon régent, me rendit l’important service de me retenir. De cette manière, j’eus dans sa classe et dans les deux suivantes le premier prix, appelé d’Excellence. Je me rappelle à ce sujet, que dans une distribution générale des prix je reçus une couronne des mains de M. Turgot, alors intendant de la Province; il avait avec lui madame la duchesse de La Rochefoucault-Damville et son fils, que je vis depuis, en 1792, président du Directoire du département de la Seine, et dont je dirai plus tard la cruelle fin.

En Seconde j’eus pour professeur M. l’abbé Vitract, ce zélé panégyriste de nos Limousins célèbres. Sa première oraison funèbre avait été prononcée en 1774, dans une solennelle distribution des prix, en l’honneur de Marc-Antoine Muret, né au lieu de ce nom en 1526, dans les environs de Grandmont; la seconde le fut l’année suivante, en l’honneur du poète Jean Dorat (Dinemandi ou Dinematin); la troisième fut prononcée en 1776 en l’honneur du savant Baluze, né à Tulle en 1630; enfin la quatrième et malheureusement la dernière, fut prononcée en 1779, en l’honneur du pape Grégoire XI, Pierre Roger, qui était né en 1329 près de Pompadour. Infatigable dans ses recherches, l’abbé Vitract avait rassemblé de nombreux matériaux pour d’autres éloges, quand la révolution vint le jeter au-delà des Pyrénées, pour refus d’un serment qui répugnait à sa conscience. Pendant son exil en Espagne il vivait du produit des sermons qu’il composait. Après sa rentrée en France, il fut nommé curé de Saint-Michel de Limoges, sa ville natale. Quand j’étudiais sous lui, un écolier nommé Desrats avait composé, sur le compte de tous les professeurs, une espèce de philippique en vers qui fit grand bruit. Au lieu de s’en tenir pour offensé, M. l’abbé Vitract aimait à nous lire, en badinant, la strophe qui le concernait. Ce respectable pasteur mourut à Limoges le 27 avril 1805, justement regretté de tous. Digne panégyriste des Limousins célèbres, il méritait d’en avoir un lui-même; espérons qu’il l’aura un jour.

Pendant ma Troisième et ma Seconde, je demeurais en pension franche chez un de mes parens, le chevalier Verthamon-de-Ménieras; il m’avait demandé à mon Père, soit pour le faciliter dans mon éducation, soit pour que je donnasse les premiers soins à celle de son fils unique. Ce parent avait été capitaine au régiment de Montboissier; il demeurait rue Gagnole, n° 20, en face de la maison n°22 que j’habite et dans laquelle il était né. Du cabinet un peu haut, où je trace ces lignes, je plonge mes regards dans mon ancienne chambre d’écolier, dans cette chambre où je dormais si bien du sommeil de l’adolescence, qu’un certain soir on fut obligé, pour m’éveiller, d’en briser la porte.
Chaque matin, en ouvrant ma fenêtre, j’ai plaisir à la revoir; de-là aussi, j’entends parfois la cloche argentine du collège, qui m’appelait il y a, hélas! plus de soixante ans; elle n’appelle plus que mes petits-enfans, mais aussi au nombre de cinq, (deux de mon nom et trois de nom Bourdeau.) Mon jeune élève et cousin avait une sœur presque de mon âge et déjà pensionnaire dans un couvent. Quand les vacances furent venues, toute la famille s’était retirée à Larfouillère, dans une maison de campagne entourée de six bons domaines et de laquelle on apercevait, au sud, les ruines historiques de Chaslucet.

Cette campagne n’était qu’à une lieue de ma famille, où je faisais, le plus que je pouvais, d’agréables excursions; j’y fus atteint d’une maladie inquiétante, pour laquelle le célèbre médecin Faye, de Nexon, vint me voir. Depuis plusieurs jours j’étais tourmenté d’une grosse fièvre, avec délire; c’est au point qu’on avait envoyé chercher le confesseur. J’étais impatient de le voir arriver, à cause d’un rêve tort singulier, dont j’étais tourmenté. Ma bonne cousine se tenait le plus souvent auprès de mon lit pour me donner des soins. Je rêvais que j’avais été changé en un oiseau n’ayant qu’une aile; je croyais que si j’eusse été confessé, je les aurais toutes deux. Je demandai ainsi plusieurs fois, avec chagrin: M. l’abbé est-il venu ? Voyant que je gémissais à chaque réponse négative, une cousine imagina, pour me tranquilliser, de dire : Oui, il est arrivé. Aussitôt il me poussa une autre aile et je franchis l’espace. Je m’élevais en l’air à tire-d’aile, comme l’alouette en un beau jour, lorsque je fus rencontré par un autre oiseau de même plumage, qui descendait de l’Ethérée. On se prend tous deux par le bec et nous voilà rendus à la terre. Pauvre esprit humain! Ne dirait-on pas un songe fait à plaisir? Et pourtant c’était un véritable songe. Le confesseur arriva bientôt. Je lui contai, comme je pus, mes peccadilles, et dés le lendemain la petite-vérole se fut déclarée. C’était le vicaire de Saint-Jean-Ligoure, cet aimable abbé Richard qui a fait de si jolies chansons en patois limousin. Je n’ai plus eu occasion de le revoir; mais bien des années après, et depuis sa mort, je m’étais entendu avec M. Linguaud pour faire imprimer ses chansons en deux petits volumes; j’ai même eu le plaisir d’en offrir un exemplaire à M. Raynouart, comme analogue, sous quelques rapports, à son ouvrage, encore inédit, sur la langue romane.

Je fis ma rhétorique sous M. l’abbé Desthèves; ce respectable prêtre était né à Saint-Silvestre, dans les montagnes de Grandmont; il m’était réservé de le voir un jour curé de ma paroisse natale, une des plus recherchées du diocèse. Ses vénérables père et mère, dont la vieillesse me rappelait celle des miens, étaient venus le joindre à Nexon; c’est là que fut célébrée avec une sorte de pompe filiale, la cinquantième année de leur mariage. Ils espéraient, en mourant, qu’un jour les ossemens de leurs fils viendraient reposer auprès des leurs ; mais la cruelle destinée en avait décidé autrement. M. Desthèves fut déporté, pour refus du serment à la constitution civile du clergé ; ses deux vicaires, messieurs Labesse et Meytadier, furent les constans compagnons de son exil.

Pendant les premières années de leur déportation, ils ne s’étaient point séparés, ayant conservé l’espoir de revenir un jour au commun presbytère. Aux approches du 18 fructidor (4 septembre 1797), un rayon vivifiant d’espérance avait relui sur eux : ils s’étaient avancés jusque sur le Mont Cenis, joyeux de revoir bientôt leur patrie, lorsque ce coup d’Etat les refoula brutalement de l’autre côté des Alpes. Cependant leurs ressources étaient épuisées. Hélas ! que faire, que devenir ! Nos trois lévites, désolés de ne plus pouvoir vivre ensemble, se voient forcés de se séparer; ils s’embrassent, l’œil en larmes, au milieu des sanglots, et chacun tourne de son côté, à la garde du Dieu consolateur des opprimés ! M. l’abbé Desthèves alla mourir à Rome ou dans les environs; l’abbé Meytadier passa dans la Croatie et s’y fit religieux dans un couvent. Enfin l’abbé Labesse, après avoir longtemps erré en Italie, était rentré sous le consulat de Bonaparte…peu de temps après son retour en Limousin, M. Labesse fut nommé à la cure cantonale d’ Ambazac, lieu de sa naissance.

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Étudiant à Toulouse

Le moment était venu où mon éducation et celle de mes frères allaient être plus couteuse; mon père vendit, pour y faire face, un petit domaine qu’il avait à Clairefaye, dans la commune de Sèrillac. J’allais partir pour étudier le Droit à Toulouse, dans la plus célèbre Université de l’époque. Je venais de vêtir la robe virile; j’étais plein de vie et d’avenir, sans autre ambition pourtant quo de revenir un jour faire l’avocat consultant et mourir sous le toit de mes pères. Je devais partir de Saint-Yrieix avec cinq autres étudiant, tous à cheval, ainsi que le messager, chargé de ramener nos montures. Mon père m’y avait accompagné.
Au moment de notre séparation, après m’avoir donné de sages conseils, il me remit quinze louis d’or et quelques écus pour le voyage, puis les yeux gonflés de larmes, il me serra tendrement dans ses bras, en me comblant de ses vœux. Mon bon oncle me donna ses pistolets, et déjà je portais un couteau de chasse; enfin nous voilà partis. Cette nombreuse cavalcade, dans des chemins de traverse, ne manquait pas de faire une certaine sensation, flatteuse surtout pour des écoliers. Nous cheminâmes ainsi, à petites journées, en passant d’abord près du château d’Hautefort, berceau du vaillant troubadour Bertrand-de-Born, qui résista longtemps an roi Richard ensuite par Labachellerie, Sarlat et Gourdon. L’hôte de cette dernière ville fut un peu embarrassé pour nous recevoir, pour nous donner à souper et surtout à coucher. Le lendemain nous fumes dédommagés par un beau jour : en traversant le vaste plateau qui sépare Gourdon de Pont-de-Rodes, où nous allions joindre la grande route de Paris à Toulouse, nous apercevions dans le lointain, au sud-ouest, la chaîne imposante des Pyrénées, couvertes de neiges. L’impression que j’éprouvai à la vue de ce magnifique amphithéâtre, fut beaucoup plus vive que celle que j’éprouvai dans la suite à la vue des Alpes, sans doute parce que je voyais de trop près ces dernières montagnes.

En arrivant à Toulouse, la jeune cavalcade descendit un peu au-delà de la porte Matabiau, devant un petit hôtel, déjà connu de presque tous mes compagnons de voyage. Il était tenu par une bonne vieille appelée madame Laurelian. C’était la pension la plus ordinaire des étudians limousins; la bonne dame leur faisait crédit au besoin ou même les aidait de sa bourse. Plusieurs de mes camarades y restèrent, et nous nous y réunissions par fois, en banquet toujours joyeux. J’allais, moi, m’établir dans une chambre rue du Taur, afin d’être plus près de l’Université, et j’allais manger presque vis-à-vis chez d’autres compatriotes. Un traiteur que nous appelions le bon père Rodes, nous y envoyait à manger dans une grande corbeille, à raison de 15 francs par mois, non compris le pain et le vin, qui étaient l’un et l’autre à très-bon marché. Le nom de Luquets était donné par dérision aux écoliers de la première année; il avait pris son origine de ce que les écoliers des collèges devaient rentrer en général, dès la Saint-Luc,à Lucalibus. Ce sobriquet populaire était une sorte d’injure et l’on aimait à jouer des tours à ceux qui le portaient;

Année 1900

Le 15 Mai 1900 sont élus conseillers municipaux : THOMAS, LELONG, DOUDET, MAYERAS, REBEYROL, CHIROL, JOUHAUD, GROSPAS, BARRET, LATOUILLE, DESPLANCHES, PRADEAU Henri, DE NEXON Armand, BOUTAUD LACOMBE Albert, GUYOT, SUIDUIRAUD, MORTEROL, PARTHONNAUD, FAURE et PRADEAU Jean. THOMAS Gabriel est élu Maire, LELONG et GROPAS, adjoints. ROUSSEAU Jules et GROPAS André sont délégués à l’exposition de 1900 comme ouvriers qualifiés.

Année 1903

Le 15 février 1903 avis favorable est donné pour la création de huit foires à JANAILHAC.

Sont créées à Nexon les foires du 1er de chaque mois.

Le conseil demande l’affectation du presbytère aux classes scolaires.

Il est décidé d’afficher les cours du marché de la Villette à la porte de la Mairie le matin de chaque foire.

Le 21 juin 1903 création de nombreux chemins vicinaux et abandon aux particuliers des vieux chemins publics.

Avis favorable est donné pour la création d’un bureau de tabac à Aixette.

 

Année 1904

Le 15 mars 1904 sont élus conseillers municipaux : LELONG François, BONAFY Arsène, JOUHAUD Ferréol, BARRET Martial, MAYERAS Louis, REBEYROL Simon, DOUDET Jean, DESPLANCHES Léonard, TARRADE Jean, LATOUILLE Jean, CHIROL Jean, BRAGARD Pierre, GROPAS André, NOUILHAS Baptiste, NOUHAUD Léonard, PARTHONAUD Jean, FAURE Pierre, PRADEAU Pierre, BARRET Jean, PRADEAU Jean, DE NEXON.

LELONG François est élu Maire par 19 voix sur 21. GROPAS 1er adjoint et BONAFY 2ème adjoint. Les conseillers républicains envoient à Mr COMBES, avec leur témoignage de Sympathie, leurs plus vives félicitations pour sa lutte courageuse contre les ennemis de la République.

Le 20 Mai 1904 le Gouvernement envoya au Conseil une lettre de remerciements.

Des panneaux sont posés aux alentours du bourg invitant les automobilistes à traverser la localité à une allure modérée.

 

Année 1906

Le 8 juillet 1906 il est décidé de construire des caniveaux dans le bourg et des trottoirs dans l’avenue de la Gare.

Avis favorable est donné pour la création de 12 foires à MEILHAC.

Le 21 octobre 1906, le conseil décide la pose de 22 lampes électriques pour l’éclairage du bourg.

 

Année 1907

Le 13 janvier 1907 la commune a pris possession du presbytère le 15 décembre 1906. Deux classes de filles sont faites au rez de chaussé avec le hangar pour préau. L’écurie servira de bûcher et les autres pièces seront suffisantes pour loger les 3 instituteurs adjoints. M. le curé MOUSSAT quitte le presbytère.

La réfection de la rue du Nord qui est en très mauvais état est décidée ainsi que l’alignement de la rue Demie Lune.

Une somme de 10 francs est votée pour l’érection du Monument à la mémoire de Jules FERRY.

Le 9 juin 1907 une grande partie de la séance du conseil est consacrée à l’examen des « demandes d’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables » selon les dispositions de la loi du 14 juillet 1905.

Ce jour-là 12 « vieillards » et 1 infirme ont été secourus. Parmi les « vieillards », le plus âgé, Léonard PENOT, a 85 ans, les plus jeunes, Jean AYMARD, Léonard FRUGIER, et Marie MARTIN ont 72 ans.

440 francs sont votés pour couvrir les frais de l’éclairage électrique fourni par les 22 lampes installées dans les rues et sur les places qui a commencé à fonctionner régulièrement à partir du 1er avril 1907.

Le 15 septembre 1907, TARRADE est élu adjoint au second tour avec 10 voix, devant TARRADE 7 voix et NOUHAUD, 1 voix sur 18 suffrages exprimés.

Le conseil refuse de s’associer au vœu de la ligue antialcoolique demandant l’interdiction de la vente de l’absinthe.

Le 8 décembre 1907, François LELONG est élu maire avec 15 voix sur 17 suffrages exprimés.

 

Année 1908

Le 24 janvier 1908 une prime de 3 francs est allouée pour chaque renard capturé.

Le 23 février 1908, accord est donné à Messieurs AYMARD et TOMBELAINE qui ont l’intention de prolonger la ligne d’éclairage électrique vers la gare jusqu’à la maison QUEYROI en plaçant une lampe à la maison VERNEUIL, une deuxième entre les maisons IMBERT et LELONG, une troisième face à la gendarmerie et la quatrième face à la maison QUEYROI.

Pétition des habitants pour une lampe au milieu de la rue des Miots et une au milieu de la rue des grands Près.

Le commandant de gendarmerie de St Yrieix demande qu’une lampe de 10 bougies soit installée dans le bureau du chef de brigade de gendarmerie de Nexon.

Le 8 mai 1908 sont élus conseillers municipaux : DOUDET, DESPLANCHES, CHIROL, MAYERAS, LELONG, JOUHAUD, REBEYROL, PRADEAU, BRAGARD, BARRET, LATOUILLE, PRADEAU, PARTHONNAUD, BARRET J.B., NOUHAUD, TARRADE, GROPAS, FAURE, DUROUX, SAZERAT, DESPLANCHES Henri.

Le 25 mai 1908, LELONG François est élu Maire, GROPAS et TARRADE, Adjoints.

Le conseil fait choix d’un architecte pour la construction du groupe scolaire,

L’assainissement du quartier de Cornedie est décidé n’ayant aucune rue praticable.

Le conseil demande la construction d’un abattoir public.

Avis favorable est donné pour la création d’une succursale de la Caisse d’Epargne. M. GOIAU secrétaire de la Mairie est désigné comme caissier.

Nomination de Pierre COMBROUSE, tailleur d’habit, pour le transport des télégrammes à domicile dans toute la commune pour un salaire annuel de 300 francs en remplacement de Pierre VERGNIOLLE, démissionnaire.

 

Année 1909

Le 31 janvier 1909 destruction des renards par appâts empoisonnés.

M.M. PLANCKAERT et CROUZILLARD sont désignés comme architectes pour étudier et faire le plan de l’Hôtel de ville et du groupe scolaire.

Le 28 février 1909 le conseil après étude du procès-verbal sur les tueries particulières et les protestations contre ces tueries, confirme sa délibération du 16 août 1908 adoptant le principe de la construction d’un abattoir public à Nexon pour « débarrasser cette localité des causes d’insalubrité produites par les odeurs nauséabondes qui proviennent des tueries particulières ». Compte tenu des perturbations que leur interdiction causerait aux bouchers, le conseil décide de les tolérer en invitant les bouchers à se conformer aux règles d’hygiène jusqu’à ce que la commune puisse faire construire un abattoir.

Continuation des trottoirs avenue de la gare.

Le 19 juin 1909, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation pour l’abonnement des lampes communales. Le cahier des charges approuvé par le préfet le 25 janvier 1908 oblige à fournir la lumière électrique moyennant une rétribution annuelle de 20 francs par lampe de 10 bougies. Le conseil vote une somme de 150 francs pour l’année 1909 pour indemniser les pertes.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent la suppression pour les particuliers de l’éclairage à forfait à cause des abus constatées: certains abonnés installent des lampes d’une plus forte intensité que celle prévue au contrat. Le conseil décide que ceux qui refusent de payer en fonction de la consommation effective soient tenus de payer une juste indemnité pour les contraventions qui seront dûment constatées.

Le 9 août 1909,  adoption du plan d’alignement du quartier de Cornedie.

 

Année 1910

Le 23 janvier 1910, création d’une caisse de secours mutuels scolaire à l’initiative de M. BUREAU, directeur d’école publique et président de la Mutualité scolaire.

Le 28 mars 1910 une somme de 100 francs est votée pour les victimes des inondations de Paris. Cette somme est versée pour venir en aide aux victimes de la crue de la Seine de janvier-février 1910, la plus importante depuis 1658. L’eau a envahi les rues ou la circulation se fait en barque. 20 000 immeubles sont inondés. Les dégâts sont considérables…

Le conseil décide de construire le groupe scolaire sur le terrain communal augmenté des immeubles MATHIEU, PAPEL et LASPOUGEAS.

Le conseil envoie plusieurs mises en demeure à des propriétaires qui ont empiété sur les communaux.

Le 13 juin 1910, création de 4 nouvelles foires, les 1er juin, juillet, octobre, novembre et décembre. Le conseil décide en outre qu’à partir du 1er janvier 1911 il sera tenu 2 foires par mois , les 1er et 16 des mois de janvier, février, mars, avril, mai, juillet, août, octobre, novembre, décembre, les 1er et 14 juin et les 1er et 18 septembre.

A la suite de cette décision, le 26 Juillet 1910, le journal La Croix publie un article sur les foires à Nexon.

« Le maire de Nexon (Haute-Vienne) a cru devoir prendre l’arrêté suivant : « A partir du 1er janvier 1911, les foires de Nexon se tiendront les 1er et les 16 des mois de janvier, février, mars, avril, mai, juillet, août, octobre, novembre et décembre, 1er et 14 juin, 1er et 18 septembre. Ces dates seront immuables, et les foires se tiendront indifféremment les dimanches et jours fériés lorsqu’ils coïncideront avec les dates ci-dessus. »
A cet arrêté inattendu, les bouchers de Limoges, qui ont conservé toutes leurs traditions et les défendent vaillamment, ont répondu : « Vu la décision de M. le maire de Nexon, le Syndicat de la boucherie de Limoges a l’honneur d’informer MM. les propriétaires du canton de Nexon, qu’ils ne se rendront pas aux foires de Nexon qui seraient tenues les dimanches et jours fériés. »

Le maire de Nexon comprendra-t-il et aura-t-il le bon esprit de retirer son étrange arrêté ?»

Le 27 novembre 1910, le conseil demande que les travaux de réparation de la rue du Nord avec la pose du macadam se terminent.

 

Année 1911

Le 15 janvier 1911 le conseil organise le service d’inspection des tueries particulières et des viandes destinées à la consommation.

Après une séance houleuse et fort longue le conseil ne peut décider de l’emplacement du groupe scolaire, les 18 votants étant partagés en 9 voix de chaque côté. Le Maire démissionne.

Le 5 mars 1911, séance extraordinaire pour élire le maire. Au premier tour du scrutin sur les 21 bulletins on compte 2 nuls, 15 LELONG, 2 GROPAS, 1 NOUHAUD et 1 TARRADE.  M. LELONG est élu maire.

Le 11 mars le conseil se met d’accord sur l’emplacement des écoles. Il adopte l’emplacement des Rochilles, emplacement actuel, appartenant à M. COMBROUSE, d’un coût moins élevé que les emplacements précédemment envisagés.

MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification.

La commune accorde 100 francs compte tenu  » de la grande négligence dans l’entretien des lampes communales, plusieurs fonctionnent mal et laissent souvent plusieurs jours de suite certains quartiers plongés dans l’obscurité  » et  » qu’ils ne se conforment pas au cahier des charges notamment les jours de foire où ils doivent donner de la lumière toute la nuit, ce qu’ils ne font pas. »

Mais le 11 juin NOUHAUD dépose une protestation écrite sur cet emplacement et passant aux voix le conseil maintient sa décision.

Le 22 juillet 1911 le drapeau de la Mairie ayant été brûlé accidentellement, il est décidé d’en acquérir un nouveau pour le prix de 60 francs.

Achat de 5 boites aux lettres pour les villages de Valleix, Aixette, Brouillet, Combrouse, Veyrinas pour 60 francs. Le prix de chaque boite est de 24 francs dont la moitié est payé par l’administration des Postes. Les villageois les placent à leurs frais.

Le traitement du secrétaire de mairie est porté de 800 à 1000 francs à compter du 1er juillet 1911.

Le 9 septembre l’avant-projet du groupe scolaire est approuvé.

Une subvention de 50 francs est votée pour la fête patronale (c’est la première subvention pour cet objet).

REBEYROL François est nommé cantonnier et PIQUET Jean est nommé Garde-champêtre.

Le 15 octobre 1911, le « Bail à ferme de l’enlèvement des boues, terreaux, immondices et autres débris des rues et places publiques de Nexon » arrive à expiration le 31 décembre 1911. Un nouvel appel d’offre sera lancé.

M. COMBROUSE, propriétaire aux Rochilles accepte de baisser le prix de son immeuble de 20 000 à 16 500 francs pour l’emplacement du groupe scolaire.

COÛT DU GROUPE SCOLAIRE

-Construction du groupe scolaire( 4 classes de garçons, 3 classes de filles, une école maternelle et les logements des instituteurs) : 118 000 francs

-Construction et aménagement d’une cuisine de réfectoire pour la cantine scolaire :                                                                                         3 300 francs

-Construction d’un pavillon pour le logement d’un concierge :                                                                                                                                6 000 francs

Total des constructions                                                                                                                                                                                                   127 300 francs

-Acquisition de l’emplacement                                                                                                                                                                                           16 500 francs

COÛT TOTAL                                                                                                                                                                                                                      143 800 francs

 

Par lettre du 27 octobre le Directeur des Postes n’accepte que 2 boites, Valleix et Aixette, les deux autres occasionnent un surcroît de parcours trop considérable aux facteurs qui desservent ces villages. Le conseil maintien sa demande pour les 3 villages.

 

Le 21.12 1911 il y avait :

64 habitants au Courdein

55 aux Rochilles

16 à La Grange

12 à Varnet

42 au Mas

1030 au centre du bourg.

 

Une somme de 5 francs est votée pour la destruction des vipères. En cas de morsure, les chances de survie n’étaient pas celles que nous connaissons. Il n’y avait pas de voitures, pas de téléphone… Donner l’alerte demandait du temps et le médecin qui généralement se déplaçait à cheval n’arrivait pas rapidement. Les chasseurs de vipères vivantes apportaient leurs prises chez les pharmaciens qui les expédiaient à un laboratoire afin de récupérer le venin.

Année 1912

Le 21 février 1912, 5 francs sont voté pour la destruction de vipère.

MM. AYMARD et TOMBELAINE se plaignent de la cherté des combustibles et de l’augmentation du salaire des ouvriers employés et qu’ainsi ils ne couvrent pas leurs frais. Ils demandent une gratification d’au moins 200 francs. Le conseil accorde 150 francs.

Le 5 mai 1912 sont élus conseillers : DOUDET J., LELONG F., LASPOUGEAS P., BARRET L., DESPLANCHES L, DELOMENIE, CHIROL J, REBEYROLE S., JOUHAUD F., BRAGARD P., TARRADE J., PARTHONNAUD, PRADEAU J., DUROUX P., PRADEAU H., DESCHAMPS P., AUTHIER F, FAURE P., SAZERAT J.B., ARPHE P., RATTIER Aubin.

Le 19 mai 1912 séance extraordinaire pour l’élection du maire et des adjoints. Sur 21 bulletins on décompte 1 blanc et 20 voix pour LELONG François. Il est élu Maire. Pour le poste de premier adjoint TARRADE est élu avec 20 voix. Pour celui de deuxième adjoint DOUDET Jean est élu avec 19 voix.

Le 2 juin 1912 la séance est largement consacrée aux demandes d’allocation de MM. FAURE, JOUHAUD, BREUIL, RABIER, AUVERT.

Par lettre du 28 mars 1912 le Directeur des Postes informe le Conseil que la commune de Nexon est classée en catégorie urbaine et de ce fait les boites aux lettres coûtent 34, 50 francs. Le Conseil confirme l’achat de 2 boites.

Le 25 août 1912, MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation de 20 francs par an par lampe de 20 bougies. Le conseil accorde 10 francs soit au total une gratification de 300 francs au lieu des 150 francs accordés en 1911.

Le 12 novembre 1912, le Conseil vote le principe d’un emprunt de 99 015 Francs sur une durée de 30 ans pour le prix de la construction du groupe scolaire.

Le 22 novembre, en session extraordinaire, l’emprunt est voté auprès de la Caisse nationale des retraites pour la Vieillesse au taux de 3,85%.

Le 4 décembre 1912, lettre de MM. AYMARD et TOMBELAINE qui acceptent l’offre de 10 francs par lampe mais ils considèrent que cela ne permet pas de couvrir leurs frais. Ils demandent, avec l’accord de leurs clients, à porter de 0,07 francs à 0,08 francs le prix de l’hectowatt. Le Conseil accepte.

Année 1913

Le 6 avril 1913, le Conseil demande l’achèvement des trottoirs de l’avenue de la gare en ces termes :  » Considérant que depuis plus de 12 années un projet de construction de trottoirs entre le bourg et la gare a été adopté, que ce projet qui devait être exécuté en quelques années est encore inachevé dans la partie la plus dangereuse et la plus pratiquée de l’avenue … prie M. le Préfet de bien vouloir faire dresser un projet pour l’achèvement de ces trottoirs en 1913 ou au moins en 1914″.

Le 12 octobre 1913, demande de construction d’un trottoir par M. DESPLANCHES, horloger place de la Mairie. M. PRESSICAUD, boulanger place fontaine Mazerolle (pl. Fratellini) sollicite et obtient l’autorisation de construire un trottoir avec bordures devant son immeuble.

Refus de la couverture du groupe scolaire en tuiles, proposée par les entrepreneurs. Le Conseil confirme la demande d’une couverture en ardoises.

Année 1914

12 juillet 1914, Achèvement des trottoirs de l’avenue de la gare et vote de 1 500 francs.

MM. AYMARD et TOMBELAINE demandent une augmentation du prix de l’électricité. Il est voté une contribution de 315 francs pour les 31,5 lampes de 1913.

Le 18 août 1914, établissement d’une ambulance de 20 lits dans l’immeuble de l’école libre de filles.

 

-Le clocher est frappé une première fois en 1784

« La nuit du 18 au 19 juillet 1784, la foudre renversa la pointe du clocher de Nexon, qui s’élevait assez haut en forme de pyramide octogone Une cloche a été cassée par la chute d’une des pierres {Feuille hebdomadaire de Limoges, 1784).  Le même journal fournit les indications suivantes touchant la refonte de cette cloche : « On nous écrit de Nexon, paroisse de ce diocèse, un phénomène singulier, et sur lequel nous aurions même peut-être osé former des doutes, si les témoignages les plus respectables n’en avaient attesté la vérité. On a parlé dans ces Feuilles d’un orage terrible qui causa, il y a deux ans, les effets les plus surprenants sur l’église de Nexon. Une partie du clocher avait été renversée, et on avait trouvé une cloche fêlée, sans savoir cependant positivement si cet accident venait de la foudre, ou avait été occasionné par la chute des pierres qui s’étaient détachées du sommet de la flèche. On a entrepris depuis peu de refondre celle cloche. Un ouvrier connu, et d’une expérience de quarante ans, s’était chargé de la mettre en fusion. Après huit heures consécutives du feu le plus ardent, la matière ne coulait point encore, elle paraissait seulement noire et réduite en petits grains. On ranime le feu, et après six heures la matière parait fondue. Elle coule en effet un moment, et se fige presque aussitôt dans le conduit et même dans le fourneau. On répète cinq ou six fois les mêmes épreuves, et le résultat est constamment le même. L’ouvrier étonné change ses fourneaux ; depuis sept heures du matin jusqu’à quatre heures du soir il donne au feu toute l’activité dont il est susceptible. Ces nouvelles tentatives, ces nouveaux soins ne sont pas suivis d’un succès plus heureux. On n’a jamais pu obtenir dans le moule que deux quintaux à peu près de métal, qu’on avait ajouté à celui de la cloche.  » Voilà le phénomène que nous laissons aux réflexions des savants et des métallurgistes : nous accueillerons avec reconnaissance les éclaircissements qui nous seront communiqués à cet égard. Tout ce qui peut concourir au progrès des sciences et à la perfection des arts, sera toujours pour nous des objets infiniment précieux. On voudrait savoir surtout, par la voie de nos Feuilles, les moyens qu’on doit employer pour réussir, s’il est possible, dans le projet de fondre celte cloche ». {Feuille hebdomadaire de Limoges, n° du 14 juin 1786).

-En 1867, la foudre tombe une deuxième fois sur le clocher.

Cloche qui avait été fêlée en 1874 a été de nouveau frappée et elle a dut être à nouveau refondue en 1868.

 

 -Le 1er septembre 1997, la foudre endommage pour la troisième fois le clocher

Ce lundi 1er septembre, peu avant midi, la foudre frappe la pointe couronnée d’une croix en pierre sur plus de trois mètres de hauteur, projetant des débris sur l’ensemble du parvis, heureusement sans faire de victime.

Le Populaire mardi 2 septembre 1997

« La déflagration a été telle que j’ai cru d’abord qu’un avion venait de se crasher dans les environs » racontait Jean Louis Trarieux, secrétaire de mairie. « Le souffle nous a fait reculer de deux bons mètres tandis qu’une boule de feu s’abattait sur l’église » déclarait Gilles Valette qui sortait de l’Office de Tourisme.

Le clocher est entièrement construit en pierres de granit. L’explosion a projeté des blocs de plus de 50 kilos sur la toiture de l’église qui a été perforée en plusieurs endroits ainsi que sur les façades des maisons voisines.

Le clocher décapité

Paul Lacore, adjoint au maire, constate les dégâts

La fête des mères

novembre 23rd, 2017 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | famille | XX siècle - (0 Comments)

Contrairement à une idée reçue la Fête des mères n’a pas été créée sous Vichy mais elle est née en en 1908 aux Etats-Unis.

A cette époque Anna Jarvis organise une fête dans son église de Grafton en Virginie occidentale pour célébrer la mémoire de sa mère, morte trois ans plus tôt, et fêter toutes les autres mères. Elle était la 10ème de treize frère et sœurs, dont 7 morts avant sa naissance. Sa mère a consacré sa vie à aider les autres mères et leurs enfants face aux diverses maladies comme la rougeole, la diphtérie ou la fièvre typhoïde qui faisaient des ravages parmi les enfants… Après sa fête, elle milite pour qu’une “journée des mères” soit organisée au plan national. Malgré les ricanements de certains hommes politique son idée fait son chemin. Elle est reprise dans de nombreux Etats américains et s’exporte au Canada, au Japon et en Europe.

En 1914, le Congrès américain décide de faire du second dimanche de mai le “jour de la mère”, Mother’s Day et le président Woodrow Wilson en fait une journée nationale.

Avec l’arrivée des troupes américaines en France à partir de 1917, la « journée des mères » va être célébrée dans plusieurs villes françaises. C’est à Lyon, le 16 juin 1918, que naît la première grande fête des mères organisée par “La Plus Grande Famille” d’Auguste Isaac, association qui honorait les pères de familles de cinq enfants et plus. Il s’agissait d’organiser une « journée des familles nombreuses” comme il s’en faisait dans les milieux natalistes pour s’opposer à l’attitude malthusienne de ceux qui craignaient que la France ne puisse pas nourrir une trop grande population. Mais l’un des organisateurs, le Colonel de Lacroix-Laval propose de s’inspirer des Américains et de la baptiser “journée des Mères”.

 

Après la guerre il devint évident qu’il fallait repeupler la France. Les familles sont invitées à avoir des enfants et « Les mères de familles nombreuses »”sont honorée avec l’attribution de « médaille d’honneur de la famille française » créée par décret du 26 mai 1920. La première « Journée nationale des mères de famille nombreuse  » a lieu le 19 décembre 1920 au Tocadero à Paris devant 7000 personnes. A l’occasion de cette fête seront éditées des cartes postales illustrées par Henri de Nolhac (1884-1948).

Les deux cartes postales dessinées par Henri de Nolhac

Par la suite, chaque année, on remet aux mères de familles nombreuses la Médailles de la Famille française mais cette manifestation n’a jamais eu grand succès jusqu’en 1941.

En 1941, le régime de Vichy dans la logique de sa politique familiale donne à la fête des Mères une dimension particulière en associant l’école aux mouvements familiaux catholiques à son organisation. La mère est représentée comme le pilier de la famille. Elles doivent s’y consacrer totalement et pour cela le travail des femmes mariées est interdit, le divorce est impossible avant 3 ans, puis uniquement pour sévices graves et répétés. Des messes sont célébrées, des spectacles sont organisés, des médailles sont distribuées. Lors de la journée de 1942, chaque enfant reçoit 100 grammes de confiture, 75 grammes de pain et 50 grammes de chocolat.

L’affiche de 1941 est de Alain Saint-Ogan (1895-1974) le créateur de Zig et Puce en 1925:

Les affiches suivantes sont de Pierre Grach (1898-1987), qui signa aussi Phili:

 

Après-guerre, en 1946 avec la nouvelle constitution française, les droits de l’homme seront reconnus comme étant aussi ceux des femmes et le décret n° 47-2109 du 22 octobre 1947 réforme le régime de la médaille de la famille française. Puis la loi du 24 mai 1950 dispose que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d’une journée consacrée à la célébration de la « Fête des mères » », organisée par le ministre chargé de la Santé avec le concours de l’UNAF (article 1). Elle en fixe la date au dernier dimanche de mai (sauf si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, auquel cas elle est repoussée au premier dimanche de juin) (article 2), et prévoit l’inscription des crédits nécessaires sur le budget du ministère (article 3). Ces dispositions ont été intégrées au Code de l’action sociale et des familles lors de sa création en 1956, et l’organisation de la fête a été assignée au ministre chargé de la Famille à partir de 2004.

Le décret du 28 octobre 1982 ( n° 82-938 ) a modifié les conditions d’obtention de cette distinction, puis celui du 16 janvier 1962 (n° 62-47), enfin, le décret n° 2013-438 du 28 mai 2013 a changé le nom de cette décoration en « Médaille de la Famille » et ajoute à la liste des récipiendaires des personnes ne répondant pas aux conditions générales mais qui ont rendu des services exceptionnels dans le domaine de la famille. Il tire les conséquences de la disparition de la Commission supérieure de la médaille de la famille et prévoit qu’un seul modèle de médaille sera dorénavant attribué ( et non plus trois en fonction de la taille de la famille ).

La fête des mères à Nexon

Je n’ai pas trouvé de traces de manifestations pour fêter les mères avant 1942. Le 31 mai 1942 l’église était décorée en « Honneur aux mères ».

 

En 1962, le décret du 16 janvier précise :

Art. 1er. — La médaille de la famille française est une distinction honorifique accordée, dans les familles françaises, aux mères qui élèvent ou ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leur mérite et de leur témoigner la reconnaissance de la nation.
Ne peuvent obtenir cette distinction que les mères de famille de nationalité française dont le mari et tous les enfants sont Français et qui, par leurs soins éclairés, leur activité laborieuse, leur dévouement et leur exemple, ont fait un constant effort pour élever leurs enfants dans les meilleures conditions matérielles et morales, et leur inspirer le sentiment de l’honneur, l’amour du travail, l’attachement au foyer et le souci de leurs devoirs sociaux et patriotiques. La médaille de la famille française ne peut être accordée si la conduite du mari ou celle des enfants donne lieu à des réserves.

Art. 2. — La médaille de la famille française comporte trois modèles.
Aux mères de famille qui réunissent les conditions prévues à l’article 1er du présent décret sont attribuées :
La médaille de bronze lorsqu’elles ont, ou ont eu, cinq, six ou sept enfants légitimes simultanément vivants ;
La médaille d’argent lorsque le nombre des enfants est de huit ou de neuf ;
La médaille d’or lorsque ce nombre est de dix, ou plus.

 

Les trois médailles, bronze, argent et or , modèle 2017

A Nexon la famille SEREZAC reçoit du maire, L.J. Pradeau, la médaille d’or pour ses 10 enfants et la famille DELBURG la médaille de bronze pour ses 5 enfants.

En 1954 ma mère a reçu la médaille de bronze pour les six enfants qu’elle avait alors.

C’était le Premier modèle, utilisé depuis le 26 mai 1920. L’étoiles à huit branches en bronze entoure une partie centrale ronde avec la  gravure d’une mère portant son enfant par Léon Deschamps. entourée de l’inscription  FAMILLE  FRANÇAISE. Sur le revers, l’inscription  LA  PATRIE  RECONNAISSANTE  surmonte un emplacement destiné à la gravure du nom du titulaire, est entourée par la légende  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE  et  MINISTÈRE  DE  LA  SANTE  PUBLIQUE.

1965

Le dimanche 30 mai avait lieu à la mairie la remise de la médaille de la famille française à Mesdames COUDERT et BESSE. Après une brève allocution du nouveau maire, René REBIERE qui insista sur le mérite des mères de famille et les félicita. Un vin d’honneur clôturait cette manifestation à laquelle assistaient plusieurs conseillers municipaux, le lieutenant LASPERAS, chef du Corps des Sapeurs Pompiers, Mme PAUZET, MM. DEBORD et NYS des associations familiales, Mme SANCIAUD, sage -femme, Mlle DEBORD, assistante sociale.

Les récipiendaires et leur famille avec le Maire et les personnalités 

1973

La fête des mères a été célébrée avec éclat cette année à Nexon. Le 27 mai à 11 heures à la Mairie, le maire, accompagné d’une délégation du Conseil municipal et plusieurs personnalités locales remettait la médaille de bronze de la famille française à Sept mères de famille, Madame MARCHIVE Clémence, 7 enfants, Madame FAUCHER Jeanne 6 enfants, Madame CHAMINADE Jacqueline 5 enfants, Madame DEBORD Suzanne 5 enfants, Madame DURAND Denise 5 enfants, Madame FAUCHER Marguerite 5 enfants, Madame FAURE Suzanne 5 enfants.Après avoir mis l’accent sur le mérite des mères de famille et rappelé l’importance capitale du rôle de la mère de famille dans l’éducation des enfants, le Maire remettait des diplômes, offrait au nom de la Municipalité une médaille et un bouquet de roses à chacune des mères de famille à l’honneur. Les pères et enfants étaient bien sur de la fête et un vin d’honneur avec pâtisserie et jus de fruit pour les enfants complétait cette petite mais bien sympathique fête familiale.

1985

Le 2 juin 1985 au cours d’une cérémonie organisée à la mairie, le maire célébrait le mérite des mamans et et remettait à Madame MORTEROL la médaille d’argent des Familles et la médaille de bronze à Mesdames MAZEAU et VILLENEUVE. Après quoi un vin d’honneur était servi à la nombreuse assistance.

1986

Le 25 mai 1986 les mères de familles nombreuses étaient honorées au cours d’une manifestation à la mairie au cours de laquelle le maire a remis la Médaille d’argent des Familles à Mesdames BUISSON et NYS et la médaille de bronze à Mesdames ASTIER, GARRAUD et GUILMAN. Un vin d’honneur était offert à la nombreuse assistance.

Le diplôme et la médaille de ma mère

Cette fois ci la médaille est celle du deuxième modèle. Elle est ronde en bronze argenté avec sur l’avers un groupe familial entouré, sur le bas, de branches de laurier et, sur le haut, par l’inscription  FAMILLE  FRANÇAISE. Sur le revers la légende  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE  surmonte un emplacement destiné à la gravure du nom du titulaire.

1987

Pour la fête des mères le maire a remis la médaille d’or des familles à Madame DESVALOIS et la médaille de bronze à Madame LAGUENY. Un vin d’honneur était offert aux participants.

1988

Le 29 mai, à la mairie, au cours d’une manifestation en l’honneur des mamans, Madame R. MEYRAUD a reçu la médaille d’argent des familles et Madame O. ROGER la médaille de bronze.

1989

A l’occasion de la fête des mères deux médailles d’or des familles ont été remises, l’une à Madame Andrée MASNEUF qui a élevé 11 enfants et l’autre à Madame Anne Marie LASCAUX qui a élevé 8 enfants. Madame Marie BRUN a reçu la médaille d’argent  et Madame Jeanine MAURILLEGANT la médaille de bronze.

1990

La salle des fêtes était comble à l’occasion de la remise de médailles de la famille Française à trois mères de la commune par René REBIERE, Maire et Conseiller général. Les trois récipiendaires étaient Madame Marie BOBEAU qui a élevé 8 enfants recevait la médaille d’or, Madame Marguerite PENOT qui a élevé 7 enfants a reçu la médaille d’argent et Madame Michelle GOURGOUSSE qui a élevé 4 enfants a reçu la médaille de bronze.

1991

Le 26 mai 1991 René REBIERE, Maire et Conseiller général a remis la médaille de bronze de la Famille Française à 4 mères de familles : MM. Marie Augustine GRANET, 5 enfants, Marie Thérèse JAVERLIAT, 5 enfants, Marie Raymonde PUYMIRAT, 5 enfants et Claudie FAYE, 4 enfants.

1999

A l’occasion de la Fête des Mères, Liliane JAMIN, Maire , a remis la médaille de bronze à trois mamans qui ont élevé chacune quatre enfants : Mesdames Marie Thérèse LABETOULE, Marie Jeanne JOUHAUD et Andrée FAURE.

2000

Le 28 mai 2000, à l’occasion de la Fête des Mères, madame Jeannine SYLVESTRE qui a élevé 5 enfants a reçu des mains de Liliane JAMIN, Maire, la médaille d’argent de la Famille Française et madame Amélie BUSSIERE, la médaille de bronze pour avoir élevé 4 enfants.