En examinant avec attention les vases utilisés régulièrement pour fleurir l’église Mme Geslin a remarqué une signature sur le fond de l’un d’entre eux. Ayant demandé à M. Jean Marc REYNAUD, vice président des amis du musé Adrien Dubouché, une expertise celui ci a identifié deux vases réalisés par l’Ecole Nationale d’Art Décoratif (ENAD) de Limoges au début du XXe siècle.
Cette école a été crée en 1881 prenant la suite de l’école municipale d’art créée en 1868 par Adrien DUBOUCHE.
Auguste LOUVRIER de LAJOLAIS qui était directeur de l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris se voit adjoindre en 1881 les écoles de Limoges et d’Aubusson. En 1890 il propose à Charles Bichet d’enseigner à Limoges ( voir sa biographie en fin d’article); Peintre et aquarelliste reconnu il est d’abord très classique puis il adopte l’impressionnisme et le postimpressionnisme. cette évolution se retrouve dans son enseignement à Limoges où il est responsable des cours de dessin, de peinture, de gravure.
Chaque année l’école retient des œuvres des élèves et elles figurent sur le site de l’ENAD de Limoges classées par année et par élève. Les deux vases de l’église de Nexon figurent sur ce site : https://enad-limoges.com/445655323/445702718
Le premier vase:
De couleurs rose, marron clair et marron foncé il est daté de 1909 et signé Jeanne Favré.


Le vase mesure 23 cm de hauteur et 15 cm de diamètre. Il porte en creux les marques AD ( Art Décoratif), n° 110 et 1909, année de la réalisation. Il est signé en brun J Favré et porte le numéro de sortie 6986.
Il est décrit ainsi: » Vase en porcelaine blanche, de forme en tronc de cône, à décor grand feu en pâte de couleur rapportée, de style Art déco représentant des vagues stylisées en rose, marron clair et marron foncé.
Le haut du col reprend en frise un motif identique de vagues dans les mêmes tons.
Jeanne Favré est née à Vierzon le 17 aout 1891. Elle est entrée à l’ENAD en 1908, à 17 ans. Son père qui travaillait à la Compagnie des chemins de fer Paris Orléans était chef de la gare des Bénédictins à Limoges. Elle quitte l’école en 1913.
Il existe une photo d’elle, avec ses camarades et leur professeur, Charles Bichet:


Nous n’avons d’informations sur sa vie; Elle ne semble pas avoir été mariée et elle décède à Dourdan le 3 novembre 1985 à 94 ans.
Le second vase


Ce second vase n’est pas signé mais il est réalisé en 1909 , il a la même forme et il porte le numéro de sortie 6987 qui suit celui de Jeanne Favré. On peut penser que c’est elle qui l’a réalisé mais alors pourquoi ne l’a t’elle pas signé?

Il mesure 23 cm de hauteur et 15 cm de diamètre, c’est un vase en porcelaine blanche, de forme en tronc de cône, à décor grand feu en pâte de couleur rapportée, de style Art déco représentant des figures géométriques stylisées d’inspiration vaguement mauresque en vert tendre et deux tons de bleu, l’un tendre et l’autre cobalt.
Ces deux vases ayant toujours été utilisés ensemble il est possible qu’il aient été offerts à l’église en même temps et par la même personnes. Toutes les informations sur ces deux vases seront appréciées.
Charles BICHET
Il est né à Paris le 15 décembre 1865 de François Bichet et Hélène Jungers. Son père est chimiste et sa mère ne travaille pas. Il fait ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris et très vite il donne des cours de dessin dans les écoles de Paris. Il va se lancer dans la peinture et lorsqu’il se marie le 23 mai 1890 à Paris, il se déclare artiste peintre. Il épouse Marie Pacitti, née en Italie le 20 septembre 1878. Elle habite avec lui et les parents Bichet au 139 Bd. Voltaire à Paris.
A peine marié il accepte le poste de professeur à l’Ecole nationale des arts décoratifs à Limoges. Avec son épouse ils s’installent à Limoges, 12 rue d’Antony. Ils ont deux filles, Marguerite et Charlotte. La dernière épousera Louis Jouhaud, médecin le 15 janvier 1908 à Limoges, le mariage étant célébré par le maire lui même, François Chénieux, ce qui est rare.
Charles Bichet a progressivement acquis une confortable notoriété, à la fois comme professeur mais aussi comme peintre. Classique jusqu’en 1903 date à laquelle il s’oriente vers l’impressionnisme et le post impressionnisme. Il peint des paysages, des portraits où il fait jouer les couleurs du Limousin.
Il décède en son domicile le 28 mars 1929. C’est son gendre Léon Jouhaud qui déclare son décès mais il n’est plus médecin, il est devenu émailleur à partir de 1906. Son beau père sera son maitre.
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