Les tempêtes

La tempête de décembre 1999 a marqué les esprits mais Nexon a connu, dans le passé des tempêtes violentes.

Parmi les plus violentes celle de 1879 a commis de nombreux dommages dans la région et a tué plusieurs personnes, en particulier en Auvergne. L’Univers illustré du 08 mars 1879, N° 1250 écrit : « OURAGANS ET INONDATIONS

La tempête qui a sévi, le 20 février dernier, a causé plus d’un désastre dans nos départements du Sud et de l’Ouest, et a produit un grand nombre de sinistres dans la navigation côtière.

A Angoulême, à Niort, à Châlons, à Mâcon, à Agen, à Toulouse, à Périgueux, à Tarbes, des murs ont été effondrés, des cheminées enlevées, des palissades de chemin de fer renversées, les arbres des promenades déracinés.

Dans le petit port de Fou(d)ras, aux environs de Rochefort sept chaloupes ont été jetées à la côte, et la force du vent a fait instantanément varier le niveau de l’Océan de 60 centimètres de hauteur. C’est à Bordeaux surtout que la tempête s’est déchaînée avec le plus de fureur. Pendant plus de sept heures, la ville a été assaillie par une affreuse bourrasque, mêlée de pluie, de grêle et de tonnerre. Dans la rade, les navires n’étaient plus en sûreté, et l’on compte vingt-deux bâtiments ayant chassé sur leurs ancres ou leur mouillage ; plusieurs ont éprouvé de sérieuses avaries, entre autres l’Avo-Giuseppe, que représente une de nos gravures, et qui, après avoir eu ses chaînes de corps-mort brisées est allé se jeter sur la côte de Queyrie, ans qu’on pût lui porter aucuns secours. Beaucoup d’autres vaisseaux n’ont pu échapper à quelque désastre qu’en sacrifiant volontairement leur mâts… ».

 

I – La tempête du 20 Février 1879 à Nexon et dans les environs.

La presse en a fait le compte rendu suivant :

Nexon, 23 février 1879.

Nexon et toutes les communes du canton ont été victimes, dans la journée du jeudi 20 février, d’une violente tempête qui a causé des dégâts matériels très considérables.

Le vent s’est déchaîné avec une telle impétuosité, vers une heure, que les habitations ont été menacées du danger de s’écrouler. La rafale a duré jusqu’à quatre heures, répandant la consternation parmi les populations. On ne se rappelle pas d’avoir vu chose pareille.

Les arbres de toutes sortes, renversés par l’ouragan sur les routes, étaient tellement nombreux, qu’ils ont mis obstacle à la circulation, et ce dans tout le canton.

Il n’y a pas eu d’accidents de personnes à déplorer, mais les maisons ont été toutes plus ou moins endommagées :

1° Au Courdein, en cette commune, la toiture d’une maison de maître, nouvellement construite, a été en partie emportée ;

2° Aux Pouces, la couverture d’une grange appartenant à M. Thomas, de Nexon, a été enlevée ;

3* A Chamessouse, commune de Janailhac, plusieurs toitures de maisons ont été en partie enlevées ;

4° A Sazerat, commune de Nexon, tous les beaux arbres fruitiers de M. Combrouse, ont été arrachés et complètement déracinés ;

5° A Meilhac, plusieurs beaux arbres, qui avaient plus de quatre-vingt ans, et qui entouraient le château de M. Muret de Bort pour en faire l’ornementation ont été déracinés ou coupés par le milieu du tronc ;

6° A Rilhac, la toiture de la maison du nommé Jouhaud a été emportée ainsi que celles d’une maison et d’une grange de Mme Guillot du Puyfaucon, même commune ;

7° A la Meyze et à la Roche-l’Abeille, les ravages ont été plus grands que partout ailleurs ; des maisons, mêmes nouvellement construites, ont eu leurs toitures complètement emportées ; les bois châtaigniers ou autres, ont été bouleversés.

En somme la dégradation des toitures des bâtiments de toute nature fait que les tuiles qui se vendaient primitivement 15 fr. à 20 fr. le mille, se vendent maintenant 40 fr. ; et malgré cette augmentation, il n’y en pas assez pour ceux qui en veulent.

Cette terrible bourrasque restera dans la mémoire des habitants de Nexon et des environs.

 

Saint-Yrieix, 23 février.

La tempête du 20 février commença vers midi et demi. A une heure elle avait atteint sa plus grande violence. Le vent soufflait avec une fureur inouïe ; de toutes parts les tuiles pleuvaient dans les rues, il était impossible de sortir, et l’eût-on voulu que l’on n’aurait pu marcher contre le vent…

Les mêmes constats sont faits à Ambazac, La Chapelle Monbrandeix, Nantiat, Saint Sulpice les Feuilles…

Le Journal ajoute : « Il nous arrive aujourd’hui de toutes parts, dit le Charcutais, des renseignements sur les innombrables dégâts causés dans la ville et en divers points de notre département par l’ouragan qui a fait rage pendant les premières heures de l’après-midi d’hier. Malheureusement, comme nous l’avons dit dans notre dernier numéro, tout ne se borne pas à des pertes matérielles. Aux accidents de personnes que nous avons déjà mentionnés, nous devons ajouter celui dont plusieurs artistes de l’Alcazar ont été victimes pendant une répétition…

Nous lisons dans le Périgord : « Une véritable tourmente s’est déchaînée jeudi sur notre ville, causant sur plusieurs points des dégâts graves. Sur Tourny, les vieux arbres centenaires qui avaient vu passer tant d’hivers rigoureux et résisté aux violences de tant d’orages ont été hier fort endommagés par le vent terrible qui les a secoués. Un d’entre eux a été complètement déraciné, un autre très ébranlé; presque tous ont eu de grosses branches cassées…

Jeudi, entre deux et trois heures, dit le Courrier de la Vienne, un ouragan violent, entremêlé de pluie s’est déchainé sur Poitiers. Une partie importante du faîtage des bâtiments du palais de justice situés du côté du passage connu sous le nom &Echelle an Palais est tombée avec un fracas épouvantable sur la plate-forme de l’escalier…

L’ouragan n’a pas épargné la Creuse. On écrit de Montluçon au Courrier de la Creuse qu’un accident très grave est arrivé à un train en marche entre Saint-Bonnet et Gannat ; trois wagons chargés de paille ont été renversés par un coup de vent excessivement élevé et ont été précipités dans la Sioule qui coule au bas. Deux serre-freins ont été tués ; un seul cadavre a été trouvé. Le reste du train n’a pas éprouvé de dommages et a pu continuer sa marche

Le Courrier du Centre 24 février 1879

 

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