De la rue du Midi à la rue saint Ferréol

La rue saint Ferréol est une ancienne rue de Nexon, c’est une des seules qui n’ait pas de trottoirs. Jusqu’au milieu du 19ème siècle elle s’est appelée rue du Midi. Elle était le voie normale pour accéder à la place de l’église. En effet comme on le constate sur le plan napoléonien établi en 1817 pour la commune de Nexon, un bâtiment (parcelle 105) en interdit l’accès par le moyen actuel.

Pour traverser le bourg depuis la chapelle des Garennes vers La Meyze ou La Plaine il fallait suivre la rue du Nord qui recouvrait le tracé de l’actuelle rue Gambetta et de la rue Pasteur ou bien passer par la rue du Midi.

Cadastre napoléonien 1817

Au recensement de 1823 l’immeuble sur la parcelle 80 et les jardins 79 et 81 appartiennent à Léonard SAZERAT, cultivateur à Nexon. L’immeuble contiguë de la parcelle 83 appartient à Pierre DUPUYTREN, huissier, et c’est une boulangerie. L’immeuble n°88 appartient à Martial LIMOUSIN dit Champagnac ainsi que les parcelles 85 et 86. A côté, au 89, c’est un immeuble de Pierre DUPYTREN et mitoyen, le 92 est à Antoine TARRADE, greffier du Juge de Paix propriétaire de la grange au 92 et du jardin derrière n°91. Sur la parcelle 94 se trouve un grange de Laurent LELONG, boucher, avec derrière, le jardin n°93. La maison qui fait l’angle avec le passage vers la place de l’église numérotée 96 au cadastre et qui porte le n° 5 aujourd’hui appartient à Pierre DUPUYTREN, huissier, qui possède comme on vient de le voir plusieurs parcelles dans cette rue. La numérotation revient en arrière avec le 97 qui appartient à Valérie NICOT, veuve JOUHAUT. A côté, au 98, une étable à Antoine TARRADE, greffier, puis un bâtiment d’Aimé LELONG, boucher, n° 99, et un ensemble bâtiment avec cour, n° 100 à Antoine DESBORDES propriétaire aux Combes.

Ce n’est pas dans la rue mais je signale la parcelle 100 qui sera démolie pour laisser passer la rue Victor Hugo est un cabaret appartenant à Jean BAUDOU. On remarque qu’il n’y a pas de construction sur le côté Nord de l’église.

Au milieu du 19ème siècle la rue du Centre a été ouverte en traversant les parcelles 70, 71 et 105.

Tracé de 1866

Le tracé actuel n’a pas changé depuis celui de 1866 mais l’activité économique n’est plus la même. On ne passe plus par la rue saint Ferréol que lorsqu’on y est obligé, il n’y a plus de commerçants et le presbytère est presque désert.

Le cadastre actuel fait démarrer la rue saint Ferréol à partir du numéro 4 de la place Fratellini.

Cadastre 2020

Les plaques indiquant le nom de la rue sont récentes, elles ont été posée au début des années 2000. Il serait intéressant de rappeler que pendant plusieurs siècles c’était la rue du midi.

Le numéro 2, situé du côté droit en montant, est composée d’une grange et d’une ancienne boutique.

N°2, 2bis et 4

Après la deuxième guerre la maison appartenait à M. LELONG qui utilisait le pré derrière pour y faire paître ses animaux. En 1967, la maison a été achetée par M. et Mme ERBAULT. Madame ERBAULT, née Louise FILLOUX, y entreposait des fleurs qu’elle vendait dans sa boutique du 12 rue Victor Hugo. Fernand, son mari, stockait dans la grange les céramiques qu’il fabriquait dans son atelier de l’autre côté de la rue, au n°1.

En 2002-2003, JERRICO s’établi comme installateur d’eau et de gaz puis la maison a été rachetée par Damien O SHEA, comédien d’origine britannique qui a fait de gros travaux pour y créer un petit théâtre qu’il a nommé « Piccolo teatro ».

Il s’y joue des pièces de théâtre au rythme des créations, sévèrement perturbé par la crise sanitaire.

A côté, l’immeuble dont la façade a été refaite porte le n° 2 bis. Elle est habitée par M. Lucien GRATADE, dernier garde champêtre de Nexon à la manière ancienne. Il a joué du tambour au début de sa carrière mais les temps avaient changé par rapport à son prédécesseur M. GUILHAT et le tambour a vite été rangé, détrôné par les journaux, la radio puis par Internet.

n° 2 bis

M. GRATADE a transformé en garage la grange qui servait à remiser la remorque de René LASPOUGEAS (1897-1971) qui, « camionneur hippomobile ». Il était correspondant de la SNCF et prenait tous les colis qui arrivaient à la gare et les distribuait aux habitants du bourg. Il était très bavard et à chaque maison où il livrait un colis il discutait, buvait un verre, et parfois plus, et même cassait la croûte. Pendant ce temps sa jument était libre. Elle avançait avec son attelage brouter l’herbe des fossés sans tenir compte du code de la route. Il colportait les nouvelles qu’il avait apprises lors de ses différents arrêts en les arrangeants à sa manière. Parfois les jeunes qui revenaient à pied de la gare s’asseyaient sur la remorque. « Fleflette » était une figure de Nexon.

Puis au numéro 4 une maison qui a du abriter un commerce autrefois. N’hésitez pas à m’en donner le nom, je ne l’ai pas retrouvé.

n°4

Au numéro 6 il y avait un marchand de chaussures, Pierre LONGEQUEUE. Il est décédé en juin 1959. Son épouse à pris alors des locataires, Maurice LAGNEAU et son épouse qui ont continué à vendre des chaussures. Madame LAGNEAU fabriquait des petits chaussons en feutre pour bébé pour une société.

La maison a été vendue en 1997, le commerce a été fermé et la vitrine a été supprimée. On voit encore la poutre qui dessinait la vitrine. Depuis juin 2028, Mme Camille LEVEQUE y exploite une activité dans le design.

n°6

Au numéro 8 c’était un marchand de vin. L’immeuble n’est pas bien entretenu et pourtant ce fut avec au moins deux familles entre les années 1900 et 2000 un très beau commerce.

Dans les années 1900 – 1940 cet immeuble appartenait à la famille JOUHAUD. Jean JOUHAUD était marié à Jeanne BARRET qui était sage-femme.

Recensement de 1906

Ils ont eu trois enfants, Alice, Renée et Maurice (1905-1983) qui vivent avec leur parents ainsi qu’une servante qui s’appelait également JOUHAUD mais n’était pas de la famille.  

En 1921 Alice ne vit plus chez ses parents et la famille n’a plus de servante à demeure. Alice, dès ses 18 ans, a épousé Paulin LASPOUGEAS qui exploitait une scierie avenue de la gare. Au décès de son père Maurice a continué le commerce de vin. Il a eu deux filles, Noelle et Jeannette. Noelle a épousé Angel VILLESSOT, garagiste à Jumilhac le Grand. Leur fils Patrick VILLESSOT a développé l’entreprise vers le transport en car.

Acte de naissance de Maurice JOUHAUD – ADHV

C’est ensuite Marcel SIMON qui a exploité le commerce de vin jusqu’en 1964.

A la fin de l’année 1964 M. Alfred REMINIERAS a ouvert un commerce de vin qu’il a fermé le 31 novembre 1987.

Au numéro 10 l’immeuble est en retrait, c’est le seul dans toute la rue.

n° 10

Au numéro 12 se trouve le presbytère. C’est vers 1910 que l’immeuble est devenu la résidence du curé de Nexon. On l’y trouve pour la première fois pour le recensement de 1911 car le presbytère était jusqu’en 1907 place de la mairie. Le curé doyen est alors Charles MOUSSARD âgé de 68 ans. Il vit dans la cure le jeune vicaire de 29 ans, l’abbé Léonard MICHELET et leur cuisinière Marie RUCHATON-DURIEUX.

recensement 1911 – ADHV

Ce sont succédés ensuite les abbés MOUSSARD qui décède en 1914, l’abbé TOURNAUD qui décède en 1932 et lui succède l’abbé LATZARUS jusqu’en 1941. En 1936 il vivait avec sa mère et sa sœur.

recensement 1936 – ADHV

Ensuite il y eu l’abbé DELHOUME dit le gros, puis Jean DELHOUME jusqu’en 1965, les abbés REDOR de 1965 à 1976, ROLLET de 1976 à 1981, BRENNAC de 1981 à 1989, CHARPENTIER de 1990 à 2012, LAMY de 2012 à 2014, KIEDROWSKI de 2012 à 2018. A partir de 2015 le curé de Nexon a eu la charge de la paroisse de Saint Yrieix de sorte qu’il n’a plus résidé à Nexon comme c’est le cas du curé en charge de la paroisse en 2022, le père Michel LATERAS.

Le presbytère n’est ouvert que deux demi-journées par semaine.

Au numéro 14 une belle maison dont le crépi a été enlevé pour laisser les pierres apparentes. Les 4 immeubles des n° 14-16 et 18 appartiennent aux familles SIBILOT et BLOCH.

Au n° 20 on trouve une belle grange qui était autrefois l’abattoir de la boucherie charcuterie LELONG située place de l’église. Le Docteur Rose FORGERON me racontait que, petite fille elle allait jouer avec son amie Yvette LELONG dans le jardin derrière l’abattoir et que parfois, en revenant, elle était effrayée par la vue des carcasses ensanglantées.

La rue se termine en longeant le mur des anciennes écuries du château et débouche sur la place de l’église.

 Le côté pair

Au n° 1 et 1B, en 1967 M. ERBAULT avait installé son atelier de céramique. En juillet 1999, Karim OULDTATA a pris sa place toujours avec un atelier de céramique. Il l’a fermé le 17 juin 2002. Par la suite plusieurs entreprises de construction mécanique se sont installées, certaines pour quelques mois seulement. D’abord Dimitri FARGEOT de janvier 2003 à juillet 2004, puis Frédéric MAZARD quelques mois en 2004 et THERMOCONCEPT de juin 2005 à juillet 2008.

C’est ensuite un commerce de boisson de Christian PEYRONNET « Aux vers de vin » qui a déménagé de la place de la république pour s’établir 1 bis rue saint Ferréol.

En 2021 M. Nicolas DANGLES a ouvert un atelier d’aménagement pour véhicules utilitaires « Rêve en VAN ».

On arrive au n° 3 après avoir longé un long mur. On est alors face à une grande maison dont la façade a été refaite. Elle appartenait juste après la guerre au coiffeur Georges André dont le salon était place de l’église.

L’immeuble a été rachetée par M. FURELAUD, architecte à Nexon qui l’a rénové pour la location.

Au n° 5 l’immeuble est perpendiculaire à la rue et il marque l’angle qui oriente la rue vers l’église. Dans les années 1970 Madame Marthe LACAYROUSSE y exerçait le métier de couturière.

En remontant la rue saint Ferréol on trouve l’arrière des maisons de la place de l’église. Au n° 7 une belle maison en pierre apparentes. A côté, au n°9, un bardage en bois modifie l’allure générale de l’immeuble.

Et la belle maison au n° 11 qui communique avec le n°8 de la place de l’église vient d’être achetée par « Le Sirque ».

Et on arrive au bout de la rue.

Il y a eu dans les années 1960 un ambulancier, M. LAGNEAU, dans la rue saint Ferréol mais je n’ai pas encore identifié ou il se trouvait.

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