Une histoire illustrée de nexon
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La Fédération Patrimoine-Environnement (http://patrimoine –environnement.fr) organise depuis 2005 un concours national, agréé par l’éducation nationale, dans le but de faire découvrir aux élèves le patrimoine de proximité tout en les initiant aux nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) et au métier de journaliste.
En 2015, 1 512 élèves ont réalisé un petit journal sur le patrimoine de leur commune en lien avec le thème « Le Moyen Âge toujours présent » ; Parmi les 74 petits journaux reçus, celui réalisé par les élèves de la classe de 5ème B du collège Arsène Bonneaud de Nexon.
Sur l’initiative de leur professeur de français, Madame Duhard, et de leur professeur d’histoire-géographie, Monsieur Duranteau, les 26 élèves de la classe ont effectué des recherches aux Archives départementales de la Haute-Vienne, sur Internet, au CDI du collège. Ils ont créé un journal « Nex’presse » rapportant les évènements de Nexon à l’époque de Richard Cœur de Lion.On le trouve sur le site de la Fédération, http://patrimoine-environnement.fr/wp-content/uploads/2015/06/87-Coll%C3%A8ge-Ars%C3%A8ne-Bonneaud-5%C3%A8me.pdf   , et je le mets en ligne.nex presse 1nex presse 2nex presse 3nex presse 1

Leur journal a obtenu le deuxième prix. Félicitations aux élèves et à leurs professeurs.

 

 

 

 

 

 

A ma mère

septembre 26th, 2015 | Posted by admin in Connaissance de Nexon - (0 Comments)

Si je me suis intéressé à l’histoire de Nexon c’est grâce à ma mère. Elle adorait l’histoire, lisait beaucoup, conservait tout les documents sur Nexon. Elle me racontait le Nexon qu’elle a connu quand elle y est arrivée au début des années 1930. J’ai acheté la carte postale de la maison ou elle habitait. Elle me montrait ou était sa chambre, me parlait des voisins, des commerces…

maison Malardeau annees 30

Nous avions encore beaucoup de choses à nous dire mais, bien qu’elle ait fêté ses 91 ans, elle est partie trop tôt, le 6 septembre 2015.

Pour lui rendre hommage je met en ligne le texte que j’ai lu le jour de ses obsèques.

 

« Maman,

Tu nous as quittés trop rapidement. Lorsqu’il y a quelques semaines nous avons fêté tes 91 ans nous avons émis l’hypothèse que tu puisses quitter le Courdein pour passer l’hiver moins seule. Tu nous as regardés et ta réponse a cinglé « où veux voulez vous que j’aille ? Il y a 70 ans que j’habite ici, vous y êtes nés, j’y suis heureuse et je veux y rester».

Tu es effectivement arrivée au Courdein il y a 70 ans, lorsque tu as épousé papa. Tu avais 22 ans, tu étais une belle jeune fille qui avait envie de s’envoler de la cage dorée ou tu vivais avec tes parents et tes deux sœurs, Marie-Thérèse et Marie-Louise. Tu aidais tes parents en t’occupant de la comptabilité de la filature et du commerce de laines que ton père, Henri Malardeau, avait créé à Nexon, au début des années 1930.
Tu es donc venue à Nexon quand tes parents ont quitté la filature qu’ils géraient à Bussière Galant. Une petite filature au pied du village d’Aurin ou ton père est arrivé après la guerre, en 1919. Dans ce petit village vivait une jeune fille, Marguerite Boucher. Les deux jeunes se sont plus, se sont mariés et ils ont eux trois enfants. Tu es née le 19 juin 1924 et tu as vécu ta petite enfance dans ce village ou tu aimais revenir. Tu as effectué ta scolarité d’abord à Bussière puis à Nexon, à l’école religieuse. Tu étais une bonne élève et tu aurais aimé, une fois ton certificat d’études en poche, continuer des études car ton rêve était d’être institutrice. Mais ce n’était pas le choix de ton père. Et à l’époque on ne discutait pas les décisions du père. En plus l’époque n’était pas facile.

Tu avais 16 ans quant la guerre a éclaté. Tu as vécu cette période difficile ou l’on est pris entre le devoir d’obéissance à un gouvernement légitime et celui de résister. Tu n’aimais pas trop en parler mais ce que nous avons retenu c’est que les contraintes de cette période de guerre ne t’ont pas permis de vivre la même jeunesse que celle que nous avons connu, nous tes enfants. Aussi en 1946 lorsque que tu as rencontré un jeune homme nouvellement arrivé à Nexon tu es vite tombée amoureuse ; Il avait 27 ans, il avait passé 5 ans en captivité, il était belge et il travaillait avec son père qui venait d’acheter le moulin et la boulangerie du Courdein. Les fiançailles ont été rapides et le mariage a été célébré dans la foulée. A peine neuf mois après je suis venu au monde. Tu as eu 7 enfants en sept ans, c’est vrai qu’il y avait des jumeaux et tu as assuré avec chaleur mais aussi autorité la lourde charge de mère. Tu as été aussi une belle grand-mère pour tes 19 petits-enfants et tes 14 arrières petits-enfants.

Au delà de notre éducation que tu as voulue très classique tu as milité avec papa pour que les familles puissent assurer l’éducation de leurs enfants dans les meilleures conditions. Papa et toi avez été des membres actifs de l’association familiale, participant aux réunions de formation et de promotion aux nouvelles technologies qu’étaient les machines à tricoter et tu y as converti papa. Tu n’avais pas ton pareil pour tricoter un pull dans la journée et tu n’avais pas besoin de couturière pour t’aider à nous habiller tous et toutes. Nos sœurs n’y ont pas toujours vu que des avantages !

A coté des tâches ménagères c’est toi qui assurais la gestion des affaires. En effet papa a quitté très vite l’atmosphère enfariné du moulin et de la boulangerie préférant le grand air de la petite ferme en friche qu’il a achetée à Saint Hilaire. Dans les faits c’est toi qui dirigeais les affaires : tu étais le chef du personnel d’une petite entreprise agro-alimentaire : du grain de blé au pain tu maitrisais tous les stades de la production. Tu pouvais aussi bien aller donner un coup de main à la ferme ou vendre le pain lors des tournées que nous faisions du lundi au samedi.

Tu étais en même temps capable d’organiser tous les jours les repas pour une douzaine de personnes, en effet nous étions déjà 9, les enfants et vous mais il y avait aussi pépé et mémé, des ouvriers qui étaient nourris et parfois logés et ce qui nous toujours émerveillé c’est qu’’à n’importe quel moment quelqu’un pouvait arriver et tu rajoutais un couvert. La maison était ouverte à tous. Combien de fois lorsque nous étions étudiants sommes nous arrivés avec un ou deux camarades, sans te prévenir, bien sur il n’y avait pas encore de téléphone portable, et avec le sourire tu accueillais tous ceux qui venaient à la maison.
Oui, nous avons été étudiants ! C’est toi qui l’as voulu. Combien de fois t’avons-nous entendu dire « j’aurais voulu faire des études et je n’ai pas pu, alors vous vous ferrez ce que je n’ai pas pu faire ». Je te remercie personnellement pour la volonté que tu as mis à nous pousser au maximum de nos capacités. La contrepartie c’est que papa et toi, vous ne dressiez pas de lauriers. Nous n’avions pas, ou peu de compliments car pour vous le travail était la norme. Mais nous savions par les autres que tu étais très fière de tes enfants. A cet égard tu étais comme la mère poule, les surveillants sans cesse, les voulant toujours sous ton aile. Ce n’était pas sans engendrer quelques réactions de notre part. Quelques semaines avant de nous quitter tu nous parlais comme si nous étions toujours des enfants. Nous en te disions souvent « maman nous ne sommes plus des gamins » mais pour toi, nous étions toujours tes petits. Ce n’est plus vrai aujourd’hui…

Tu as souffert dans ta vie, on ne vit pas plus de 91 ans sans soucis physiques mais ce que tu as du mal à surmonter c’est la mort de notre sœur, ta fille Marie-Andrée. Elle était comme toi, la même énergie, la même gentillesse, le même dévouement ; Une sage femme dont on nous parle encore aujourd’hui emportée en quelques mois alors qu’elle n’avait pas 40 ans. Et puis il y a eu la maladie de papa, son hémiplégie et pendant près de 10 ans tu l’as fait preuve d’un dévouement exemplaire. Son décès, il y a 7 ans à quelques jours près t’a fait vivre une difficile solitude.
Nous pensions qu’il ne pouvait rien arriver à une femme comme toi. La réalité nous a rattrapés et tu es partie mais il nous restera plein de choses de toi. Il nous restera tout ce que tu nous as offert : le courage, la volonté, le gout de l’effort et du travail bien fait, le respect des autres, le sens de la famille, la générosité, la politesse…en un mot l’Amour.

Il nous manquera la chaleur de des baisers, il nous manquera le sourire que tu offrais quand nous arrivions ; Mais je veux être optimiste et en reprenant le poème de William Blake je veux dire :

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
Quelqu’un à côté de moi dit : « Il est parti ».
Parti vers où, parti de mon regard, c’est tout.
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu’un auprès de moi dit : « Il est parti »,
il y en a d’autres qui, le voyant pointer à l’horizon et venir vers eux,
s’exclament avec joie : « Le voilà ».
C’est ça la mort.
Il n’y a pas de morts,
Mais des vivants sur les deux rives. »

 

 

Photos de classe

août 4th, 2015 | Posted by admin in L'école | photos de classe - (3 Comments)

Cette rubrique est d’abord alimentée par mes propres photos ou celles de mes frères et sœurs. Elle demande a être enrichie par ceux qui voudront bien m’envoyer leurs photos.  ( Je les renvois bien entendu!). Le Collège m’a également fait passer des photos que je mettrai en ligne progressivement. Seules les personnes qui sont sur les photos peuvent indiquer leur nom. Ce serait un grand plaisir de retrouver tous ceux avec qui j’étais en classe.

CP 1953 54 JF

En CP

CP Nexon M. GrafeuilleMa classe de CE1 avec M. Grafeuille

CE Nexon M. BarjouMa classe de CE2 avec M. Barjou

Mon parcours scolaire et universitaire a été marqué par la rencontre avec des enseignants qui étaient de véritables » maîtres ». Ce fut le cas des  instituteurs et de l’institutrice que j’ai eu au primaire à Nexon. Guy Barjou occupe une place particulière, non seulement parce-que j’ai eu l’occasion de le retrouver, lui à la retraite et moi toujours en activité, mais aussi parce que le jeune élève, un peu timide que j’étais a beaucoup appris, aussi bien en matière de savoir que de savoir être de ce jeune « maître d’école ». Il revenait juste d’accomplir son service militaire et prenait la suite de Michel Bouchareissas qui partait effectuer ses 18 mois d’armée. Albert Grafeuille me laisse le souvenir d’un maître sévère, faisant beaucoup travailler les élèves. C’est un bon footballeur mais nous ne le savions pas car les cours d’éducation physique n’étaient pas faits par les instituteurs mais par Monsieur Duguet. Il n’était pas enseignant et travaillait dans l’administration fiscale à Limoges. Nous allions au stade, en rang, pour les cours. J’ai retrouvé par la suite Raymond Duguet à la Ligue du centre Ouest de football et au district de football de la Haute Vienne qu’il a présidé.

Mes frères et sœurs à l’école

Ecole maternelle 1953 Daniel Michel

Michel et Daniel à l’école maternelle  1952-53

maternelle 1953 Daniel Michel

1953-54

Ecole 1955 Michel Daniel

1954-55

ecole primaire Alain

Alain à la maternelle 1954-55

cours elementaire 1957 Alain professeur M Thoumieux

Alain dans la classe de M. Thoumieux

1956 Alain

1956-57

Maternelle ou CP filles 1957 marie Andrée

Ma sœur Marie Andrée à la maternelle

 chorale Anne Marie 1960Chorale Anne marie 1 960 61La chorale de l’école de filles en 1960 avec une de mes sœurs

Chorale Nexon Chalus 1962-63 Pierre Leplant Concours UFOLEAChorale Nexon – Chalus avec M. Leplant

Photos anciennes et récentes…

1931

1935

Primaire 1935

Une classe de primaire en 1935. Tous les élèves sont chaussés de galoches et ils portent presque tous une blouse noire. Photo aimablement communiquée par la fille de Georges Maraillat, au 2ème rang avec l’écharpe.

1937

 1941

Novembre 1941

1945-1946

1953

CE en 1953 avec Mme Mathieu. Photo prêtée par Paulette Quantin.

1970

 

5 B 1970 - Copie5ème B 1970

L’école à Nexon

août 3rd, 2015 | Posted by admin in L'école - (0 Comments)

L’école avant la Révolution

Dans les campagnes c’est le curé qui tient et dirige l’école. Dans les statuts synodaux de Philippe de Montmorency, évêque de Limoges, datés de 1519, on relève l’article suivant « Chaque curé aura avec lui un clerc de science médiocre, qui chantera au chœur et tiendra école où il enseignera l’alphabet et les dix commandements de Dieu »
Mais, malgré les prescriptions réitérées de l’autorité ecclésiastique, malgré les termes pressants des statuts synodaux publiés en 1619 par l’évêque de Limoges, Raymond de la Marthonie rappelant aux prêtres qu’une de leur principale fonction était l’instruction des enfants il n’a pas existé beaucoup d’écoles curiales dans les villages.

Le Limousin avait ni école ni université célèbre. Les étudiants avaient des places réservées à Toulouse, au collège de Saint-Martial, créé en 1359 par Innocent VI pour recevoir et nourrir vingt pauvres étudiants dix en droit canon et dix en droit civil dont six de Limoges et dix de Toulouse, et le collège de Sainte-Catherine, fondé par le cardinal Pierre de Monteruc, en 1379, augmenté par les libéralités de son neveu Hugon, évêque d’Agde, et qui pouvait recevoir deux prêtres et dix étudiants en droit canon ou en droit civil. A Paris le collège de Grandmont (Mignon), et celui de Saint-Michel, fondé en 1318 par un prélat de la famille de Chanac, enrichi par un autre et dont l’administration était réservée à des Limousins, enfin le collège de la Marche avec des places gratuites pour les étudiants de cette province.

Les bourgeois appréciaient l’instruction et savaient quel avenir elle ouvrait à leurs enfants. Aussi les voit-on manifester en mainte occasion leur désir que ceux-ci soient mis à l’école et fassent des études

Dans ses mémoires Charles Joseph Verneilh-Puiraseau raconte son éducation. Son père, procureur fiscal, lui a donné ses premières leçons de lecture puis, compte tenu de la situation de son père et du fait que ses ancêtres avaient été co-seigneur de Nexon il lui a été permis de partager l’instruction primaire des enfants de M. de gay de Nexon qui avait engagé un instituteur chez lui. Vers 8 ou 9 ans il fut envoyé à Saint-Yrieix chez un frère de son père, un médecin sans enfants. Il alla à l’école chez un maitre qui faisait l’école chez lui. Avec lui il y avait un autre élève qui était pensionnaire chez le maitre d’école. Celui-ci utilisait facilement le fouet et la férule. Après cette période d’école solitaire, il va chez l’instituteur en titre de Saint-Yrieix. La ils sont 60 élèves. Le maitre qui avait été nommé par le Chapitre de la Collégiale. Le latin, base essentielle de l’enseignement, comme toutes les leçons étaient apprises par cœur. Chaque élève, a tours de rôle, récitait sa leçon devant le maitre, assis dans un fauteuil et tenant un martinet à la main. A la moindre faute de mémoire l’élève recevait un coup de martinet sur la partie des jambes non protégée par le pantalon court.

Dans son ouvrage, « L’instruction primaire en Limousin sous l’ancien régime » publié en 1888, Louis Guibert a examiné les signatures des actes de mariage dans le Limousin. Il constate qu’en 1700 et 1701 il n’y a aucune signature dans le canton de Nexon, une douzaine de cantons dont Bellac, Limoges et Saint Junien dépassent 10%.
En 1789 1790 la proportion est d’à peine 10% dans des cantons comme à Chalus et Saint-Yrieix.
En 1883, sur le désir exprimé par la Société Archéologique et encouragé par M. F. Buisson, inspecteur général de l’université, M. L. Galliard, inspecteur d’académie à Limoges voulut bien adresser à tous les instituteurs du département une circulaire pour prescrire le dépouillement, à des dates fixées d’un commun accord, et à un intervalle moyen de vingt-cinq années, des registres de toutes les anciennes paroisses de la Haute Vienne.

Signatures hommes en %        Signatures femmes en %
1650            5,7                                                       3,8%
1675            7,02                                                     4,1
1700           8,7                                                        5,7
1725         10,02                                                      5,8
1750           8,2                                                         5,4
1800        10,3                                                         7,6
1825        16,8                                                        10,8
1850        26,5                                                        15,4

Pourcentage d’actes de mariage signés en Haute-Vienne

On constate qu’en 2 siècles il y a quatre fois plus d’actes de mariage signés; mais ce progrès montre malgré tout un important illettrisme dans la population de l’académie de Limoges puisque les trois quarts des mariés ne sont pas capables de signer leur acte de mariage. Il est temps que l’école devienne obligatoire et gratuite, ce qui est le corolaire du caractère obligatoire.

L’école à partir du XIXe siècle
Le XIXe siècle oscille donc entre Empire, Monarchie et République. Il est donc partagé entre des tendances diverses émanant de ces changements de gouvernement, que l’on retrouve dans l’évolution de l’école, en particulier l’éducation des filles. Bien que la République soit devenue le régime stable de notre pays, l’éducation va subir au XXe siècle de nombreuses évolutions.

La Monarchie de Juillet (1830-1848)

En 1830, c’est la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe est « roi des français ». La loi du 28 juin 1833 ou loi GUIZOT, va constituer une étape importante dans l’histoire de l’instruction primaire en obligeant les communes de plus de 500 habitants d’entretenir une école primaire de garçons et de payer le maître. Tout individu âgé de dix-huit ans peut exercer librement la profession d’instituteur primaire, à condition d’obtenir un brevet de capacité, délivré à l’issue d’un examen, et de présenter un certificat de moralité.

La réalité cependant était d’une autre nature, les instituteurs mal payés occupaient bien souvent un autre métier. L’enseignement payant fermait la porte à beaucoup d’enfants. En 1848, près de 3 000 000 enfants sont scolarisés dans le primaire.
Qu’elle soit privée ou publique, l’instruction primaire élémentaire comprend nécessairement « l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures » (article 1er). Cependant, une timide notion de laïcité est introduite à l’article 2 : la participation à l’instruction religieuse est laissée à la responsabilité du père de famille.
La IIe république (1848-1852)

La loi FALLOUX du 15 mars 1850 complète la loi GUIZOT en rendant obligatoire également la création d’une école de filles dans toute commune de plus de 800 habitants.
Cette loi place l’Université sous contrôle du clergé et autorise l’ouverture d’établissements privés en dehors du contrôle de cette institution. Elle permit l’essor de l’enseignement catholique en parallèle de l’enseignement public en spécifiant que tous les établissements dits libres pouvaient recevoir des communes, des départements ou de l’État des aides financières ou matérielles.
Le terme « école libre » apparaît en opposition à l’école publique.
Les instituteurs sont choisis par la commune sur une liste d’aptitude dressée par le conseil académique. Ils sont logés et rémunérés par la commune (600F par an). L’école est payante, mais ceux qui ne peuvent pas la payer bénéficient de bourses.

Le second Empire (1852-1870)

Victor DURUY est soucieux de développer l’enseignement du peuple et prend à cet égard de nombreuses mesures. Il propose en 1865 de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit, mais ne peut obtenir la réalisation de ce projet. Dans la lignée des lois GUIZOT et FALLOUX, son œuvre principale, la loi du 10 avril 1867 oblige les communes de plus de 500 habitants à créer une école de filles. Il encourage la gratuité de l’éducation en incitant les communes pauvres à l’instaurer en bénéficiant pour cela de garanties de subventions de l’État. À l’octroi de bourses s’ajoute bientôt la création de Caisses des écoles destinée à aider les élèves issus de familles nécessiteuses.

La IIIe république (4 septembre 1870 – 1940)

Jules FERRY fait voter la loi du 16 juin 1881 qui rend l’enseignement primaire public et gratuit. Ceci permis, ensuite, de rendre l’instruction primaire (6-13 ans) obligatoire par la loi du 22 mars 1882. A l’issue de la scolarité l’élève passe le certificat d’études. Cette loi impose également un enseignement laïque dans les établissements publics.

La loi obligea les communes et les départements, avec l’aide de l’État, à créer des collèges pour filles. Jusqu’alors les filles ne pouvaient poursuivre un enseignement secondaire que dans des institutions religieuses.
Ces réformes furent accompagnées par un réel effort financier puisque le budget de l’Éducation a été multiplié par six entre 1880 et 1914.
Il faut dire que l’objectif de Jules ferry était ambitieux. Il s’agissait d’introduire les idées républicaines dans les régions de France les plus isolées. Les instituteurs, les « hussards noirs » doivent prouver que la République est le seul système capable de permettre le Progrès. Une conséquence de cette scolarisation massive a été la diminution de l’usage des langues régionales. En outre le développement de l’éducation avait pour but de donner une instruction aux jeunes français au moins équivalent à celle qu’avaient les allemands. En effets certains considéraient qu’une des raisons de la défaite contre la Prusse venait du fait que les soldats allemands étant jugés mieux instruits que les Français. L’idée de revanche était donc sous-jacente aux réformes Ferry.
Le régime de Vichy (1940-1945).

Le gouvernement ferma les Écoles Normales et mis en place de nouveaux programmes pour les cours complémentaires en introduisant la physique et chimie dès la 6ème.

La IVe République (1944-1958)

Les Écoles normales sont rouvertes et le Brevet élémentaire, délivré par l’enseignement primaire, est remplacé par le Brevet d’études du premier cycle de l’enseignement secondaire (BEPC).
L’école primaire est encore la seule voie possible d’accès à l’éducation pour la majorité des enfants « du peuple » mais on assiste à un affaiblissement de l’idéologie républicaine et les « leçons de morale » disparaissaient de bien des classes. L’obligation de scolarité est portée à 16 ans, l’enseignement est réparti en 4 cycles :
Le cycle élémentaire 6-11 ans.
Le cycle d’observation 11-13 ans.
Le premier cycle 13-15 ans.
Le second cycle 15-18 ans.

La Ve République (1958 -…)

Le décret BERTHOIN du 6 janvier 1959 rendit obligatoire la scolarité jusqu’à 16 ans, au lieu de 14. Ce même décret créait le collège d’enseignement général (ou CEG) collèges qui distribuaient un enseignement court à coté des Collèges d’enseignement secondaire (CES) dont les élèves poursuivaient en général leurs études dans le second cycle long.

La loi HABY du 11 juillet 1975 crée un « collège unique » sur la base des CEG et des CES.
La structure actuelle est la continuation de celle mise en place en 1975:
– École maternelle jusqu’à 6ans.
– L’école primaire en 5 ans.
– Tous les élèves entrent au collège pour une formation secondaire générale sans distinction.

L’instituteur ou l’institutrice dans un village
L’école à Nexon a suivi le schéma décrit précédemment. Il est marqué par le fait que Nexon est une commune rurale ce qui rend les enseignants plus visibles de l’ensemble de la population.

Nous n’avons trouvé de récits d’instituteur ou d’institutrice racontant sa vie à Nexon mais elle ne devait pas être sensiblement différente de celle décrite par ailleurs. Pour connaître ce qu’était la vie d’une institutrice on peut se référer au roman de Léon FRAPIE, «L’Institutrice de Province» publié en 1897. Quelques années plus tard, en 1904, il poursuit dans la même veine avec son roman « La maternelle ». Il reçoit le prix Goncourt, le deuxième dans l’histoire de ce prix. Léon FRAPIE était un modeste fonctionnaire à la préfecture de la Seine. Il raconte que c’est par le mariage qu’il est venu à l’écriture, inspiré par l’expérience de sa femme, Léonie MOUILLEFERT, épousée en 1888. Elle était institutrice affectée au service d’une école installée dans un quartier populaire. La presse couvre de lauriers le nouveau prix Goncourt pour son réalisme et sa fibre sociale. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec lui, certaines institutrices vont dans son sens, d’autres mettent en évidence la fierté qu’elles ont d’exercer ce métier. On peut aussi relire des romans qui mettent en scène l’école et sur la période 1860-1914 on citer Le Petit Chose d’Alphonse DAUDET (1868), Sans famille d’Hector MALOT (1878), L’Enfant de Jules VALLES (1881), Poil de carotte de Jules RENARD (1894), Claudine à l’école de COLETTE (1900) ou Le Grand Meaulnes d’Alain FOURNIER en 1913. Pour une analyse universitaire une référence est la volumineuse étude de Jacques et Mona OZOUF, La République des instituteurs, Hautes Études, Gallimard, Le Seuil, Paris, 1992.

Les instituteurs et les institutrices mènent une vie austère. Les salaires sont bas, les débuts de carrière sont difficiles. Les premiers mois, le salaire est trop faible pour les dépenses de la vie courante, comme payer la pension à l’auberge. Ils sont alors obligés de trouver des revenus supplémentaires. Les compléments habituels sont le secrétariat en mairie, les cours aux adultes ou encore le travail chez un notaire, comme le recopiage des actes de ventes. D’une manière générale, 1 instituteur sur 2 a d’autres revenus que son salaire mais seulement 1 femme sur 5, cela peut être expliqué par l’isolement plus important que subissent les institutrices.

La loi du 19 juillet 1889 a fait des instituteurs des fonctionnaires d’État. Leur rémunération est de 700 F auxquels s’ajoute un supplément de traitement dont le montant varie versé par la commune. Les paysans considèrent que c’est un bon salaire et « qu’il pleuve, ou qu’il vente il est payé ». Instituteurs et paysans ne se comprennent pas toujours : quand l’un travaille dur dans les champs l’autre est en vacances ! Pour eux seul le certificat compte et pourtant ils font porter des œufs, des légumes, des fruits… à l’instituteur. Il est le lettré du village mais pour autant il ne peut pas être considéré comme un bourgeois. Il se sent inférieur et ne les fréquente pas beaucoup. L’instituteur est souvent seul mais c’est encore plus vrai pour les institutrices. Elles ne peuvent envisager un mariage avec un jeune paysan ni un fils de bourgeois, elles restent donc célibataires, ce qui fait dire à certains auteurs que c’est un « métier à vieille fille ».

C’est pour éviter cette solitude que l’administration, en particulier l’École normale, recommande les mariages entre instituteurs. On trouve des conseils à ce propos dans les livres de morale à l’École normale : quand elles quittent l’école, les institutrices doivent par exemple, « rester célibataire au moins 3 ans pour reconnaître les bienfaits de l’État et faire son service le mieux possible sans charges d’intérieur pour le ménage ou rechercher si possible le compagnon avec lequel, on pourra lire le même livre ».

L’accueil que la population réserve à l’instituteur est déterminant. Il accentue ou atténue son isolement dans le village. Les instituteurs classent donc les cantons ou les communes en fonction de cet accueil.

Les instituteurs se heurtent à l’absentéisme très fréquent des élèves. Les motifs d’absence sont nombreux. Il y a les premières communions, les confirmations, les lendemains de fête et surtout les travaux agricoles, principalement les récoltes. Il ne faut pas oublier les maladies et les épidémies qui sont fréquentes a ces époques ou personne n’est vacciné et ou les antibiotiques n’ont pas encore été découverts.

Malgré cet absentéisme ils font face à des classes nombreuses. Ils ont souvent plus de 100 élèves, répartis en plusieurs niveaux. Il faut dire qu’à cette époque la discipline était stricte. Les coups de règles sur les doigts, les tirages de cheveux, les mises au piquet et les bonnets d’ânes faisaient partis de la panoplie largement utilisée. Pourtant un règlement de 1882 interdisait les châtiments corporels et permettait seulement les mauvais points, la réprimande, la privation de récréation ou la retenue après la classe.

bonnet d'ane

Quelques dates pour l’école à Nexon

Le 15 mai 1818 le conseil décide de nommer un deuxième instituteur en la personne de M. RISPAL, ancien avoué à St-YRIEIX.

Dans les dépenses de la commune pour l’année 1827 on note que 100 Francs ont été alloués comme indemnité aux deux instituteurs.

Le 4 Mai 1829, le conseil municipal autorise la dame BESSE née TARRADE à exercer les fonctions d’institutrice primaire du 2° degré dans la commune de Nexon.

L’acte de naissance de l’école primaire publique est signé par la loi Guizot du 28 juin 1833. Celle-ci, dans son article 8, précisa la notion d’école publique « celles qu’entretiennent en tout ou partie, les communes, les départements ou l’État ».

Le 6 septembre 1833, le Conseil, faute de ressources, refuse la création à Nexon d’une école d’enseignement supérieur.
Il décide que la rétribution mensuelle revenant à l’instituteur sera payée par les élèves à raison de 2 francs pour les commençants et de 3 francs pour ceux qui recevront les premiers principes d’écriture et de calcul.
M. Pierre-Philippe BESSE, instituteur, recevra un logement et une indemnité de 100 francs de la commune.

A coté de l’école publique il existe une communauté des « Sœurs de l’enfant Jésus » qui accueille des élèves. Outre Nexon, il y a des établissements à Blond, Chalus, Jourgnac, La Meyze, Saint-Hilaire-Lastours,

En 1836, la demoiselle Léonarde BEAUDOU de Solignac est nommée institutrice à Nexon.

Le 14 mars 1840, le Conseil désigne Jean LIMOUSIN, docteur-médecin, et TARADE, huissier, comme membre du Comité local de surveillance de l’école.

Le 22 mars 1847, le Conseil municipal adresse des félicitations à l’instituteur BESSE pour ses bonnes méthodes d’enseignement.
Le 6 Février 1851, 19 enfants sont admis gratuitement à l’Ecole de Nexon, les parents étant incapables de payer. Le traitement de l’Instituteur est fixé ainsi :
1. 1, 50 franc pour ceux qui apprennent à lire seulement
2. 2 francs pour ceux qui lisent et qui commencent à écrire
3. 3 francs pour ceux qui sont plus avancés,

Le 8 Novembre 1858 Mr VIGNERAS est nommé instituteur.

Le 7 mai 1862 il est décidé d’aménager une deuxième classe dans les bâtiments de l’Hôtel de Ville et de faire réparer celles existantes qui sont très vétustes. 1000 francs sont votés à cet effet.

place mairie animme

L’ancienne école est au fond, à droite

Le 30 octobre 1863, Louis NADAUD est nommé instituteur.

Le 6 décembre 1867, Jean BEYRAND est nommé instituteur.

Le 24 février 1869, le Conseil décide l’installation d’un bureau télégraphique à Nexon qui sera installé dans une partie de l’Ecole Libre. Le Directeur en sera le Frère REVERSAT, homme instruit, bon, honnête et aimé et si ce dernier est malade le frère FLORENTIN le suppléera.

Le 27 février 1869, Anne Marie Rosalie LIABEUF, sœur ÉMILIENNE est nommée institutrice à l’Ecole communale de Nexon.

Le 23 novembre 1869, Louis REBEYROLLE est nommé instituteur.

Le 18 novembre 1870, la Commission décide que l’instituteur appelé à remplacer Mr. BESSE soit un laïque, repoussant de toute son énergie tout instituteur congréganiste et demande que FOURNIER remplisse ce poste.

Le 6 avril 1871, le conseil fait droit à la demande de Mr FOURNIER instituteur communal de prendre des élèves pensionnaires.

Le 15 Janvier 1872, François GOUET est nommé instituteur adjoint.

Le 3 juillet 1872, Alexandre MANGAUD est nommé instituteur adjoint.

En Mai 1873, l’école de filles compte 100 élèves, une deuxième institutrice est demandée d’urgence.

Le 5 janvier 1874 Madame JOUTE Joséphine est nommée institutrice à l’école communale de filles.
Le 21 Octobre 1874, Mr CHATEAU Joseph est nommé instituteur adjoint.

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Le 16 Mai 1880, Monsieur l’Inspecteur a été frappé par l’insuffisance d’instituteurs pour l’école de Nexon qui compte 192 élèves.

Le 25 septembre 1881, le Conseil décide l’agrandissement des classes d’école, le déplacement des lieux d’aisances, la création d’une cour de recréation et l’achat de mobilier scolaire. M. FOURNIER est toujours instituteur. Il a un adjoint. L’institutrice communale est encore une religieuse, Sœur Odilon.

Le 17 décembre 1882, le conseil désigne une commission pour choisir un emplacement pour construire l’école.

Le 14 Mai 1883, Mr Antoine JOUHAUD fait rapport au conseil que la commission a désigné le jardin de M. SUIDURAUD pour l’édification de l’école et que le propriétaire est prêt à le céder pour la somme de 25,000 F. Le conseil refuse cette proposition,

Le 12 juin 1885, le conseil décide la création d’une école au hameau d’Aixette, (projet qui n’a jamais été réalisé). M. FOURNIER est toujours instituteur mais il a deux adjoints.

depenses-ecole-1887

Le 15 février 1903, le conseil demande l’affectation du presbytère aux classes scolaires.

1905, M. CHAMBON est directeur. MM. LAMAUD et SICOT sont adjoints. Pour les filles Mme CHAMBON est directrice et Mme SICOT adjointe.

1908, M. BUREAU est directeur. Il a deux adjoints. Mme BUREAU est directrice avec une adjointe.

Les enseignants de 1906 à 1921

1906

Directeur : M. Sicot

Instituteurs : M. Lamaud

Institutrices : Mme Chambon et Mme Sicot

1907

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud et Baronet

Institutrices : Mme Baronet et Mme Bureau

 

indemnite-residence-ecole-1907indemnite-residence-ecole-1907-verso

 

1908

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud et Baronet

Directrice Mme Bureau, à la suite de la création d’un poste supplémentaire d’institutrice

Institutrices : Mme Baronet et Melle Jarraud (emploi nouveau)

1909

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud, Baronet et Aymard

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet et Melle Jarraud

1914

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud, Baronet et Aymard

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lominé

1915

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Baronet et Aymard

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lominé

1916

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Baronet, Melle Lominé

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lherbet

1919

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Baronet et Aymard, Mme Freneix

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lherbet

1921

Directeur : M. Royer

Instituteurs : Mlles. Dublondet, Chaleyer et Faure

Directrice Mme Royer

Institutrices : Mlles Quinque, Brousse et Lapouyade

1936

Directeur : M. Couégnas

M. Couégnas est au centre avec a gauche son épouse. La deuxième en partant de la droite est madame Pauzet qui a été ensuite directrice de l’école des filles.

1939 : Monsieur Couégnas est directeur

L’équipe enseignante photographiée le 27 octobre 1939. Monsieur Couégnas est au milieu, au second rang.

Le nombre des enfants augmente régulièrement et  la vieille école qui se situait dans l’actuel centre Agora, ne comptait que quatre classes, deux au rez-de-chaussée, deux à l’étage. Elle avait une capacité d’accueil de 120 élèves, et ne pouvait pas en accueillir davantage. Les besoins en nouvelles classes primaires étaient cruciaux. Dès lors, on comprend la décision en 1912 du conseil municipal de Nexon de construire un nouveau groupe scolaire.
Le programme de l’opération comprend huit classes classes, 4 de garçons et de 4 classes de filles. 4 logements étaient prévus pour les instituteurs. En annexe il y avait une classe maternelle avec un logement pour la directrice et un pour la femme de service. En sous sol deux préaux, deux cours et deux salles pour la justice de paix. La capacité d’accueil est doublée et passe de 120 à 240 élèves. La construction débute en 1913. Le bâtiment est réceptionné par le maître de l’ouvrage le 23 Septembre 1914, et est investi dans l’année.

 

ecole 1

La cour de l’école est coupée en deux parties distinctes par un mur en pierres , fille d’un coté, garçon de l’autre. Les W.C. sont adossés au mur. Les préaux occupent une grande partie du rez-de-chaussée, sous les classes, et la cantine se situe sous les appartements des instituteurs, dans la zone centrale du bâtiment. L’hiver le confort des élèves est assuré par des poêles à bois et charbon.

ecole 2

En 1945, une cantine est installée dans les locaux de la justice de paix.

En 1946, il y a création du Cours complémentaire, ce qui entraîne une augmentation du nombre des élèves. La municipalité fait construire trois classes, sans aucune subvention.

En 1948 ouverture d’une 2ème et 3ème classe, équivalent des 6ème et 5ème d’aujourd’hui. En effet, l’immédiat après guerre constitue la période de forte croissance initiale du second degré, ce qui deviendra le collège à part entière.

En 1949, tous les niveaux du second degré sont ouverts à Nexon avec les classes allant de la 6ème à la 3ème actuelle. L’établissement compte également des classes « couture » adaptées.

L’école privée qui se trouvait dans l’ancien couvent de la rue Gambetta, subventionnée jusqu’en 1944, fermera définitivement ses portes en 1953.

ancien couventNexon ecole libreL’école privée dans l’ancien couvent

Le chauffage central au charbon est installé dans les années 1950 puis c’est une chaudière au fuel.

Le cours complémentaire se développe régulièrement et en 1958 la municipalité demande la création d’une quatrième classe et le 4 mars 1958 elle dépose un projet d’agrandissement du groupe scolaire. Pour cela elle achète le terrain nécessaire, terrain Papel.

Le 22 novembre 1958, le conseil approuve le projet de construction de trois classes plus une salle de sciences dans les préaux. Ce projet est classé en 39ème position par le Conseil général pour l’obtention des subventions. Une première tranche de travaux est financée grâce à un emprunt de 11 millions de francs. Cette première tranche a fait disparaître les anciens préaux. Les élèves sont de plus en plus nombreux et il est difficile de les accueillir.

Pendant les années 1960 et 1961 le maire et son conseil interviennent aussi bien auprès de l’État que du Conseil général pour faire reconnaître l’urgence d’agrandir le groupe scolaire. Malgré ces interventions le dossier n’est pas classé comme prioritaire. Pourtant il y avait pour l’année scolaire 1960-1961: 145 élèves au Collège, 116 à l’école de garçons, 122 à l’école de filles et 72 à l’école maternelle.

A la rentrée de septembre 1961 le Collège d’enseignement général (C.E.G.) est dirigé par M. DUPUY. Mademoiselle BOTTON, professeur de français, histoire et géographie est remplacée par M. BOULAUD.  Madame BARRET est professeur d’anglais, M. PICAT professeur de sciences et mathématiques, M. THOURAUD professeur de sciences et français. M. GEANDILLOU est nommé comme professeur de lettres au CEG et pour la classe de fin d’études.

A l’école de filles Madame PAUZET est directrice . Mesdames RAYMOND, ROUSSIN et ROUSSIN sont institutrices.

A l’école de garçon M. DUPUY est directeur. Mesdames THOUMIEUX et DUPUY sont institutrice et M. THOUMIEUX instituteur.

Pour accueillir les nouveaux élèves le conseil décide le 2 mai 1963, de faire construire 3 classes préfabriquées dans le jardin de la gendarmerie.

Le conseil du 15 juin 1963 adopte le principe d’un emprunt de 150 000 francs auprès de la caisse des dépôts pour financer l’agrandissement et il décide l’achat de deux classes préfabriquées. Le 26 août une adjudication de 670 000 francs est lancée.

Jusqu’en 1965, la cour de l’école est coupée en deux parties par un mur en pierre, les filles d’un coté, les garçons de l’autre. Les toilettes, non chauffées, sont adossés au mur. Le mur et les toilettes sont démolis par Gaston BETHOULE à la demande de la municipalité. Le mur est remplacé par une grille et des toilettes neuves au confort moderne sont créées entre les nouveaux préaux. La mixité qui était fréquente depuis les années 1930, notamment à cause des nombreuses classes uniques des petits villages de France. Elle se généralise dans les années 1960, sauf en éducation physique, activité pour laquelle il faut attendre les années 1980…

En août 1999 le chauffage central passe au gaz de ville puisque qu’à cette date, Nexon se trouve approvisionné par cette nouvelle énergie.

college nexon

Il n’y a ni mur, ni grillage  mais une seule grande cour

Le collège a pris le nom de « Collège Arsène-BONNEAUD». Né à Oradour Saint-Genest le 3 août 1884, Arsène BONNEAUD est d’abord professeur de physique en lycée puis à l’Ecole de médecine. Après la guerre il passe les diplômes de pharmacien puis de médecin tout en continuant à enseigner à l’école de médecine. A partir de 1942 il entre dans la résistance, il s’investit dans la distribution des journaux clandestins, la dissimulation des armes et explosifs, les contacts avec les agents de liaisons. Arrêté par la Gestapo le 29 mars 1943, il est emprisonné à Limoges, puis à Romainville, mis au secret, son calvaire s’achèvera en mars 1944 au camp de Buchenwald.

100 du collège affiche

2012-2013
L’école maternelle est composée de 4 classes soit 104 élèves.
Les enseignantes sont : Mme GAUDY, directrice, Mme CANCÉ, Mme TEULÉ et Mme PRADEAU
L’école élémentaire est composée de 7 classes soit 159 élèves.
Les enseignants sont : Mme LAMONNERIE, Directrice, Mme CHAUVIER, Mme BAYLET, Mme DAVID, Mme TRARIEUX, Mme DARDILHAC et M. DELIGNAT-LAVAUD.
Le collège est composé de 12 classes soit 300 élèves.
Ils sont répartis en 3 classes de 6ème (69 élèves), 3 classes de 5ème (75 élèves), 3 classes de 4ème (72 élèves) et 3 classes de 3ème (84 élèves).

2013-2014

A la rentrée de septembre 2013, l’école élémentaire a accueilli 175 élèves répartis en sept classes. 96 étaient dans les quatre classes de l’école maternelle. Le collège comptait 270 élèves.

En février 2014 le rectorat annonce la fermeture de deux classe au collège ce qui entraîne un mouvement de grève…

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les ostensions

mai 2nd, 2015 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | religion - (2 Comments)

 

Les ostensions

Les 72èmes Ostensions du Limousin se déroulent en 2016. Elle débutent traditionnellement le lundi de Pâques à Rochechouart et à Esse, en Charente. En plus d’Esse et Abzac en Charente limousine, deux communes de la Creuse, Crocq et Guéret organisent des ostensions, toutes les autres communes organisatrices sont situées en Haute-Vienne. Elles ont été solennellement ouvertes à Limoges le dimanche 3 avril 2016. Elles ont eu lieu à Nexon le 17 avril.

 

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Date des Ostensions de 2016 , Ville ostensionnaire et Saints honorés:
28 mars 2016, lundi de Pâques à Rochechouart le matin et Abzac l’après-midi : Saints Lucius et Emerite
Samedi 2 et dimanche 3 avril à Limoges ouverture diocésaine : Saint Martial (1er évêque de Limoges), Saint Aurélien (son successeur), saint Loup (évêque de Limoges) et sainte Valérie.
10 avril à Saint-Just-le-Martel: Saint Just.
17 avril à Nexon : Saint Ferréol évêque de Limoges du VIe siècle.
24 avril après-midi à Saint-Victurnien : Saint Victurnien, ermite venu d’Écosse.
5 mai à Javerdat : Saint Blaise.
7 mai à Aixe-sur-Vienne : Notre-Dame d’Arliquet et son saint patron Alpinien, compagnon de saint Martial.
8 mai à Saint-Léonard-de-Noblat : Saint Léonard, ermite du Ve siècle
15 mai à Rochechouart : Saint Julien de Brioude, soldat romain martyrisé en 304.
16 mai Esse (Charente) Saint Étienne.
22 mai au Dorat : Saint Israël et saint Théobald, chanoines du XIe siècle.
29 mai à Charroux : Saint-Sauveur et Notre-Dame.
5 juin à Saint-Yrieix : Aredius ermite du VIe siècle, futur Saint-Yrieix.
12 juin à Chaptelat : Saint Éloi, conseiller du roi Dagobert, fondateur de Solignac en 632.
19 juin à Eymoutiers Saint Psalmet
26 juin à Saint-Junien : Saint Junien et son maître Saint Amand de Coly
Samedi 2 juillet à Limoges clôture des Ostensions.
3 juillet après-midi à Aureil : Saint Gaucher et Saint Faucher.
10 juillet à Crocq: Ssaint Éloi
2 octobre à Pierre-Buffière : Saint Côme et saint Damien.
9 octobre à Guéret : Saint Pardoux, Saint Valéric et Saint Roch.
13 novembre Clôture des Ostensions limousines

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L’origine des ostensions.
Ces fêtes religieuses seraient nées en 994, alors que le Limousin, comme d’autres provinces du royaume, se trouvait aux prises avec le mal des ardents, ou ergotisme. Cette épidémie causée par la consommation de pain de seigle contaminé par un champignon parasite, l’ergot de seigle, se déclenche à la fin des moissons. Elle provoque d’atroces brûlures d’où l’appellation « ardent », du latin ardere, brûler auxquelles s’ajoutent des crises de convulsions, des maux de tête, des vomissements. Dans les cas les plus graves les membres noircissent, se nécrosent et tombent. L’origine de ce mal a été ignoré pendant tout le Moyen-âge et jusqu’au XVIIIème siècle. Ce n’est qu’en 1776, grâce aux travaux de l’abbé Tesier, que la responsabilité de l’Ergot de seigle a été établie.
En 994, cette maladie comme toutes les épidémies est perçue comme un châtiment de Dieu. Des cérémonies sont organisées dans les églises pour implorer Dieu de faire cesser le mal. Et comme on ne s’adresse pas directement à Dieu on passe par l’intermédiaire des saints, les saints les plus honorés localement et bien sur la Vierge Marie.
A Limoges Monseigneur Hilduin, évêque, et son frère Geoffroy, abbé de Saint Martial décident d’organiser une grande cérémonie au cours de laquelle seront exposées les reliques des saints limousins. C’est ainsi que le 12 novembre 994, après trois jours de prières et de jeûne, le corps de saint Martial, premier évêque de Limoges, est sorti de son tombeau et déposé dans une châsse d’or. Elle sera portée en procession jusqu’au mont Jovis (Montjovis). De nombreux prélats sont venus des provinces voisines ainsi que Guillaume IV, duc d’Aquitaine, ainsi qu’une foule de pèlerins. Le 4 décembre, alors que le corps de saint Martial est ramené jusqu’à son tombeau, l’épidémie a cessé de sévir. Les chroniques de l’époque font état de plus de sept mille guérisons.
Cette manifestation a été la première ostension, nom que lui donna Bernard Itier, moine bibliothécaire de l’abbaye Saint-Martial en 1211en tirant ce nom du verbe latin ostendere, qui signifie montrer, exposer.

Développement du rite

Le récit du miracle des Ardents se répand dans le royaume grâce aux manuscrits de l’abbaye Saint-Martial. Mais la pratique des Ostensions n’est qu’occasionnelle. Les reliques sont exposées lors de la venue à Limoges du Roi ou d’un personnage important ou en cas de catastrophe. Ce n’est qu’à partir des XVe-XVIe siècles qu’elles vont devenir régulières en ayant lieu tous les sept ans.

Les dernières ostensions de l’ancien régime eurent lieu en 1792. Elles ont été interrompues, pour cause de révolution en 1799 et reprirent en 1806.

Hymne pour les ostensions de 1876

Les ostensions de 1862 à Limoges décrites dans un article du courrier du Centre, le Lundi 28 avril 1862
« La cérémonie de l’ostension des reliques des saints a eu lieu hier dimanche, par le temps le plus magnifique.
Tout s’est passé, du reste, selon le programme arrêté par Mgr l’évêque de Limoges et avec le plus grand ordre.
La messe a été chantée à Saint-Michel par Mgr Desprez, archevêque de Toulouse, et l’homélie a été faite par Mgr Cousseau, évêque d’Angoulême, qui a développé, avec un rare bonheur, ce texte des paroles de Jésus-Christ à se s Apôtres: pax vobis.
A l’issue de la messe, la procession, partie de la cathédrale à dix heures, s’est remise en marche et a parcouru successivement les rues et boulevards désignés dans le programme . Elle n’a pas duré moins de quatre heures sous un soleil brûlant. Rien n’était intéressant à voir comme celte longue file de jeunes filles vêtues de blanc, de jeunes enfants portant des oriflammes aux diverses couleurs et de membres des diverses congrégations et confréries religieuses. Les reliques renfermées dans de riches châsses portées par des personnes de tout âge et de toutes conditions, et les bannières occupaient le milieu de la colonne; puis venaient la musique de notre nouveau régiment de hussards et NN.SS. les évêques, précédés du clergé. Des arcs-de-triomphe, des couronnes et des guirlandes de verdure, étaient placés de loin en loin, et les maisons étaient pavoisées, souvent avec beaucoup d’élégance et de goût, sur tout le parcours de la procession.

Mais le moment le plus solennel a été celui où, de retour sur la place d’Aisne, le cortège s’est massé, après diverses évolutions faites avec ordre. NN.SS. de Toulouse, d’Angoulême, de Tulle et de Limoges sont alors montés sur l’estrade élégante dressée sur les marches du palais de justice, et ont béni le peuple avec les reliques des saints.
Il y avait à ce moment, en cet endroit, un coup d’œil magnifique : toutes les châsses des saints, les bannières, les oriflammes, les diverses communautés, les confréries, etc., avec leurs costumes variés, formaient un ensemble pittoresque et grandiose, que terminait heureusement le reposoir qui venait se marier harmonieusement avec la façade du palais de justice.
La cérémonie était alors en quel que sorte achevée, car la procession, reprenant sa marche, est rentrée définitivement à la cathédrale. »

 

Les Ostensions de 1946 marquaient, à peu de chose près, le 950e anniversaire du miracle des Ardents. Aussi, tant pour célébrer cet anniversaire que pour donner aux Ostensions une note plus missionnaire, Mgr l’Évêque de Limoges eut l’idée d’organiser le Grand retour de saint Martial. Précédée d’équipes de missionnaires (quarante au total, Dominicains et Oblats de Marie), la châsse de saint Martial, à partir du 14 avril 1946 et durant sept semaines, a parcouru les deux départements de Haute-Vienne et de Creuse et visité plus de deux cents paroisses, où ont eu lieu des cérémonies solennelles

Les Ostensions au XXIème siècle

Les Ostensions limousines sont des manifestations qui mêlent la foi catholique, la tradition, le patrimoine et le tourisme. Leur organisation mobilise de nombreux bénévoles qui fabriquent des milliers de fleurs en papier plusieurs mois avant, décorent les rues et les façades des maisons. Des confréries y participent, en particulier à Limoges et à Saint Junien.

La 8ème session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui s’est déroulée à Bakou (Azerbaïdjan), du 2 au 7 décembre 2013, a voté l’inscription des Ostensions septennales limousines sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

La justice a été saisie à propos des subventions

De nombreuses collectivités territoriales interviennent pour subventionner ses manifestations considérées comme appartenant au patrimoine local. Ainsi, pour l’organisation des Ostensions 2009, le Conseil général avait versé 26 360€, le Conseil régional 41 497€ et toutes les communes concernées sauf une avaient octroyé aux comités ostensionnaires des subventions d’un moment variable de 2 000 à 20 000€.
En mai 2009, 21 Laïques et Libres penseurs de Haute-Vienne et de Creuse ont demandé au Tribunal Administratif de Limoges de juger l’illégalité de subventions publiques aux ostensions et ainsi de faire respecter la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Par un jugement en date du 24 décembre 2009 le Tribunal administratif de Limoges a donné raison aux plaignants. Suite à ce jugement, les sommes versées aux confréries et comités coorganisateurs des ostensions ont été restituées aux collectivités publiques.
Cette décision du Tribunal a été contestée devant la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux en 2010 par 6 confréries et comités, par la commune du Dorat et par le Conseil Régional du Limousin. Celle-ci, par des arrêts rendus le 21 décembre 2010, a confirmé le jugement du Tribunal administratif de Limoges.

Quelques photos des ostensions passées …

drapeau ostensions

1953

L’auteur de ces pages participe aux ostensions avec l’un de ses frères

ostensions nexon 1953 Jf et Michel

1960

Un de mes frères  au fond, à peine visible

ostensions 1960 michel au fond a droite

1967

Mes sœurs et mon plus jeune frère

ostensions 1967 AM et MAostensions 1967 Pilloux

1995

La décoration du parcours mobilise de nombreux bénévoles qui pendant plusieurs semaines confectionnent des milliers de fleurs en papier.

Josette Dugot en plein travail

fabrication des fleursJosette prepare les fleurs

De Notre dame des garennes à l’église…

Chapelle des garennes

Denardou

La gendarmerie aussi est décorée!

gendarmerie

librairieepicerie Lagorce

boulangerie Gaby Quinque devantassurance Dauriac

pharmacie

malardeau

champ de foire

clinique Farrando

Saint Ferreol porte JC Dugot

face eglisecoiffeur G Andre

etoileentree Nexon

Le buste de Saint Ferréol est exposé dans plusieurs autres communes, comme ici à Aixe sur Vienne, le 27 mai 1995.

Aixe sur Vienne 27 mai 95 St Ferreol

2002

vers la Poste

2009

ostensions 2009

ostensions-nexon4

Ostensions 10 mai 2009

Ostensions de 2002

nexon devant l'egliseostensions 2009 saint ferreol

ostensions 2009 evequeostensions 2009 pretres

ostensions 2009 foule devant eglise

ostensions 2009 entree eglise

ostensions 2009 entree chateauostensions 2009 chateau parc

Dimanche 17 avril 2016

Les ostensions se déroulaient le dimanche 17 avril sous un ciel couvert et quelques averses. les reliques étaient protégées sous des housses en plastiques et les parapluies étaient de sortie.

La procession a s’est mise en route à partir de la Chapelle des Garennes pour rejoindre le parc du château  où Mgr Kalist, le père Pierre Kiedrowski, curé de Nexon, accompagnés de plusieurs prêtres  ont célébré une messe.

 

Plusieurs photos proviennent du site de la confrérie de saint Loup et ont été réalisée par Marie Alice Foucher.

 

https://confreriedesaintloup.wordpress.com/category/ostensions-2016/

drapeau

Départ de la chapelle des garennes

chapeele des garennes

La traversée du bourg sous la pluie

sous la pluie

Les représentants de la Confrérie de Saint Loup n’avaient pas oublié leurs parapluie

la confrerie de saint Loup

sortie de nexon

Une éclaircie pour Aredius

saint Yrieix devant la poste (Capteur87)

La pluie n’épargne pas le clergé

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Arrivés devant l’église la pluie n’a toujours pas cessé…

entree eglise

Monseigneur Kalist arrive au château

Mgr kalist et la lieutenance de saint lazare

messe devant le chateau

Les curés de Nexon

mars 24th, 2015 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | religion - (0 Comments)

L’Église catholique de l’Ancien Régime était constituée du bas et du haut clergé. Le bas clergé regroupait le curé et ses vicaires, se trouvant en bas de la hiérarchie religieuse dans les paroisses. Selon les ressources des paroisses, il était souvent assez pauvre, ne vivant que de la portion congrue de la dîme.
Le haut clergé regroupait les évêques, dirigeant le diocèse, placés en haut de la hiérarchie religieuse et les archevêques, les cardinaux… Ces ecclésiastiques étaient généralement riches, du fait des ressources foncières importantes de chaque siège épiscopal et des biens de leurs propres familles nobles.

XIV, XV siècle et XVIe siècle
Hélie de Campagne est mort en 1323 et Guy de Brugère en 1346.

Jean Julien était curé en 1404.

Plusieurs membres de la famille de Lastours furent curés de Nexon. Jean de Lastours , bachelier en droit civil et canon, fut curé de Nexon, Bussière-Galant et Rilhac. Le 9 février 1496, il fit construire la nef de l’église de Nexon pour 400 livres et 400 setiers froments. Il mourut vers 1511. Geoffroy, fils de Jean de Lastours, devint prêtre et doyen du Puy-en-Velay en 1501. Il présida en 1505 et 1508 l’assemblée des Etats du Languedoc tenues à Nîmes, il fut curé de Nexon et autres lieux de 1523 à 1527. Et aussi François de Lastours, protonotaire du Saint-Siège dès I534, abbé de Dalon (Dordogne), doyen du Puy-en-Velay, prévôt de St-Vaulry (Creuse) et curé de Nexon dès 1537. »Il fut frappée en juillet 1546 en revenant de N.D de Rocamadour de certain coup de canon à St-Robert près de Vignoux duquel il mourut ».

Jean Tectoris, dit Pénicaille, curé de Nexon et chanoine de la cathédrale, consentit le 2 juillet 1556 à l’union de la cure de Nexon au chapitre de la cathédrale conformément à une bulle du pape Paul III du 1er avril 1546 qui l’autorisait. Le chapitre nommait un vicaire et la cure versait un quart de ses revenus. Pour obtenir ce revenu les chanoines mettaient en avant les couts élevés que le chapitre devait supporter pour l’entretien de la cathédrale à la suite des conflits avec les anglais.
Jean Delombre a été nommé curé en décembre 1557.
Joseph Chambon nommé en 1565.
Jean Thomas nommé en 1582.

XVIIe siècle

François Maledent en 1600.

François Fellines était curé en 1638.

Laurent Jean, est porté dans le registre en 1672, comme prieur de la Madeleine et prêtre de Nexon. M. Perrault croit que ce prieuré concerne une fondation faite dans le courant du XVe siècle par deux prêtres de la famille de Gay à l’autel de Sainte Marie Madeleine la Repentie, dans l’église de Saint-Léonard-de-Noblat.
Une des conditions de cette fondation était que le chef de la famille de Gay aurait le droit d’en nommer le titulaire. C’est à François de Gay, seigneur de Nexon, que Laurent Jean devait le titre sous lequel il figure dans les registres paroissiaux.

Pierre Croisier nommé en 1673.

Pierre Juge est curé de 1687 à 1709. A sa demande, le parlement de Bordeaux par un arrêté du 9 aout 1687 déclara l’union avec la cathédrale abusive.

En 1693, Morin est vicaire et Bouthet en 1695.
Le relevé des baptêmes des enfants de Jean de Gay de Nexon, seigneur de Nexon et de Marguerite de Trion, son épouse, commence en 1695 pour la naissance de Campaigne, leur premier fils. Il est baptisé par M. Juge, curé de Nexon qui baptisera cinq autres enfants. Les vicaires Bouté, Breuil et Guerin baptiseront les autres. La lecture de ces actes montre la forte variation dans l’écriture d’un même mot d’une année à l’autre et l’évolution de l’orthographe en moins de trois siècles !
On notera aussi qu’entre 1695 et 1710, Madame de Nexon a mis au monde douze enfants soit une naissance tous les quinze mois en moyenne. Elle est morte le 10 avril 1712 âgée de 35 ans, laissant vivant trois garçons et sept filles.

Mon fils Campaigne. 1- Le 1 septambre 1695, ma fame s’est accouchée, jour de samedy, a huit heures du soir de nostre fils ayné ; a esté batissé le 17 dudit mois par Mr Juge, curé de Nexon. A esté son parein Messire Pierre de Trion, seigneur de Panvilier, et mareine Jeanne de Gay, dame de la Judie, ma sœur. Son nom de batesme est Pierre. Mort le 12 aoust en l’ennée 1712 en Allemagne.

Ma fillie de Nexon. 2.- Le 19 octobre 1696, ma fame s’est accochée a six heures et demy du soir, jour de vendredy ; et si a esté batisé le … (laissé en blanc) par Mr Juge, curé de Nexon. A esté son parein Monsieur le compte de Chataumorand, et sa maraine Madamoiselle de Panvilier. Le nom de batesme de ma fillie est Gabrielle.

Mon fils le chevalier [de Campaigne, a present mon fils ayné].- Le 2 novembre 1697, jour de samedy, ma fame s’est accouchée, environ deux heures apres midy, d’un garson, et a esté batisé par Mr Bouté, viquere de ladite paroisse. Son nom de batesme est Philippe et Igniase. A heu pour parein Mr de Ley[c]urat, et maraine Madame de La Bastide.

Ma Fillie de Campaigne 4- Le 15 fevrier 1699, ma fame s’est accouchée d’une fillie, un jour de dimanche, antre neuf et dix heures du matin. A esté batisée par Mr Bouté viquaire. Son parain est André de Nemon, baron des Monts, et sa maraine Thoinete de Gay, dame de La Grange, ma sœur. Son nom de batesme est Anthoinete.

Ma fillie de Lagrange. 5. Le 3 mars 1700, est naye ma troysieme fille apellé Marie ; a esté batisée dans l’eglise de Nexon par Mr Juge, curé. Son parein, Mr le chevalier de Panvilier , son oncle, et sa maraine Marie de Tavau, dame de Salmase et des Pouses. Batisée le 7 du dit mois.

6- Le 23 mars 1701, ma fame s’est accouchée d’une fillie. Elle s’apelle Mariane-Marguerite. Sont parain est Monsieur de La Judie, mon beau frere, et la maraine est Madame de Lesgurat, ma belle sœur. Elle a esté batisée dans l’eglise de Nexon, par Mr Juge, curé de ladite paroisse.
7- Le 5 novembre 1702, ma fame s’est accouchée de sa cinquieme fille a midy et trois quarts, jour de dimanche. Elle s’apelle Gabrielle. Son parein est Mr de La Bastide, mon oncle, et sa maraine est Madame de Sescheres, ma tante. Elle a esté batisée le 12 present mois, dans l’eglise de Nexon, par Mr Juge, curé.
8.- Le 6 fevrier 1704 ma fame s’est accouchée de sa sisiesme fillie a mydy, jour des Sandres. Elle s’apelle Marie-Severine. Son parein est Mr de La judie le fils, mon neveuf, et sa maraine et Madame de Lestant. Elle a esté batisée dans l’eglise de Nexon par Breuil, vicaire.

9.- Mon troisieme fils Francois Alexis qui s’apelle Lagrange, … (a present le chevalier)- Le 6 mai 1705, ma fame s’est accouchée de son troisieme garson. Son parain est Mr l’abbé de Chateaumorand, et la marraine Madame la presidante de Nemond, de Paris.

10.- Mon quatrieme fils, Jean Fereol, qui s’apelle Lagarde. Le 14 mars 1707, ma fame s’est accouchée de mon quatrieme fils, a neuf heures et demy du soir, jour de mardy au soir ; et s’apelle Jean Fereol. Son parain a esté son frere le chevalier, et la maraine la Minette, sa seur. Il a esté batisé le 15 courant par M. Guerin, fesent la fonction de viquaire a l’eglise de Nexon.- Mort.

11- Mon cinquieme garçon s’apelle Gaspard. .- Le 2 avril , jour de mardy, environ minuit, ma fame s’est accouchée d’un garson ; et a esté batissé par Mr Juge, curé de Nexon, le 5 du mesme mois. Et son parein a esté Mr l’abbé de La Lande, curé de Cougniac, et chanoine de l’eglise royalle de St Spire de Corbeil sur Cene, proche Paris, et la maraine a esté Mademoiselle de la Judie. Et s’est acouchée le 2 avril 1709- Mort.

12.- Ma septieme fillie s’apelle Marie Charlotte.- Le 29 octobre, jour de mescredy, en l’année 1710, entre dix et onse heures du soir, ma fame s’est accouchée de sa septieme fillie. Son parain a esté Monsieur le chevalier de Chateaumorand, et sa maraine a esté Marie de Couet, fillie a Mr de la Qoir…

XVIIIème siècle.

Breuil, vicaire en 1704
Marc Antoine Romanet (Roumanet ?), bachelier de Sorbonne est curé de 1717 à 1739.

Le 6 septembre 1737, Madame de Campaigne s’est accouchée, a onze du matin, d’un garson, tresieme de la famille. Elle a esté batissé a l’eglise de Nexon, par Mr Roumanet aîné, curé de la paroisse.

1745 Rouvenar est nommé curé de Nexon

Jean Pierre Amable de Cosnac, nommé en 1760 meurt en 1780. L’abbé Guyot est vicaire en 1766.

François Desthèves, fut le dernier curé de l’ancien régime et joua un rôle de premier plan dans l’administration municipale de Nexon au début de la Révolution.
La Constitution civile du clergé.

À l’automne 1789 commencent à la Constituante les débats sur la nouvelle organisation de l’Église de France, l’ordre du clergé ayant été aboli à la suite de la Nuit du 4 aout 1789. Le comité ecclésiastique, présidé par Treilhard, est chargé d’élaborer un projet. L’idée des Constituants est de construire une Église de France indépendante du pape dans la lignée des « libertés gallicanes ». La réforme doit également permettre à l’Église de retrouver sa pureté primitive en mettant en place un gouvernement démocratique des communautés paroissiales et diocésaines. La loi sur la Constitution civile du clergé est votée le 12 juillet 1790. Louis XVI promulgue le décret le 24 août 1790.
Cette loi provoque la division du clergé entre les constitutionnels et les réfractaires.

Le serment obligatoire : décret du 27 novembre 1790

Le texte du serment élaboré par l’Assemblée nationale constituante était le suivant : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse [ou du diocèse] qui m’est confiée, d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi. »

Le 7 Mars 1790 la Municipalité suivie de la Garde Nationale, ayant à sa tête son commandant et ses majors, se sont rendus à l’Eglise, en deux lignes et au son du tambour, où la messe fut chantée. Celle-ci terminée, le Procureur requis la bénédiction. Le commandant pris le drapeau de la Légion et le major celui de la loi Martiale et Mr le curé les fit avancer et procéda dans les formes ordinaires de droit à la bénédiction. Mr le Curé prêta le premier serment de fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution et les décrets de l’Assemblée Nationale.
Le 24 mai sont lus et affichés les décrets des 14 et 20 avril 1790 nationalisant les biens du clergé et mettant à la charge des dépenses publiques le traitement des ecclésiastiques. Ces décrets ne génèrent aucune protestation tant la dime était décriée à la fois du fait de la charge qu’elle représentait pour le peuple mais aussi car les contribuables voyaient que les curés et vicaires des paroisses rurales n’en profitaient pas, certains satisfaisant tout juste leurs besoins. Inutile de dire que les pauvres des paroisses n’étaient pas non plus bénéficiaires des largesses du haut clergé !

Le 10 mars 1791 le pape Pie VI demande aux membres du clergé n’ayant pas encore prêté serment de ne pas le faire, et à ceux qui ont déjà prêté serment de se rétracter dans l’espace de quarante jours. Les élections épiscopales et paroissiales sont déclarées nulles et les consécrations d’évêques sacrilèges. De nombreux prêtres se rétractent et l’Église de France est divisée en prêtres constitutionnels, désignés comme « intrus », et prêtres insermentés, désignés comme « réfractaires ».

A Nexon François Desthèves refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé et fut remplacé, en 1791, par un prêtre schismatique, Martial Dumoulin.
Les biens que possédait l’abbé Desthèves furent saisis et vendus nationalement, tandis qu’il prenait le chemin de l’exil en Italie, à Rome, ou il mourut.
De son côté, Martial Dumoulin démissionna de sa cure de Nexon en frimaire an II.

Le 12 Février 1791 il se produisit un incident à l’occasion du serment de fidélité que devait prêter l’abbé Metayer, un des vicaires de NEXON. A l’issue de la Grande Messe, la Municipalité et le Conseil des Notables se réunirent dans l’église, pour faire prêter serment au dit Vicaire. Mais ce dernier, au moment de le faire apporta des restrictions et des interprétations à ce serment, comme le lui indiquait sa conscience.
Il fut invité à prêter ce serment purement et simplement, il refusa à nouveau et le Conseil Général refusa de le recevoir dans d’autres formes.

Ce Conseil resta fort longtemps dans l’église et comme le vicaire et Mr Labesse, curé, ne se présentaient pas malgré l’ordre qui leur en fut donné par la Garde, il fut dressé un procès-verbal de défaut. Le Conseil Général en informa le district de Saint-Yrieix le 9 Mars en priant ce dernier de bien vouloir nommer un nouveau curé en la personne du sieur Élie Martial du Village des Moulins. Ce dernier reçu l’agrément de Monseigneur GAY DE VERNON, évêque de LIMOGES, et du district de Saint-Yrieix et il fut installé curé de la paroisse de Nexon le 10 avril dans les formes suivantes : Le Conseil Général de la Commune, la Municipalité se transportèrent à l’église de Nexon, où le peuple avait été convié à son de trompe de tambours et de cris, par la Garde Nationale. Là, Mr le curé Martial prêta le serment, puis fut accompagné par la Garde Nationale à l’autel de l’église où il prononça un discours au Peuple, célébra une grande messe et signa à la sacristie le procès-verbal de son installation.

Le 6 juin 1791 se présenta de bonne heure devant la municipalité le Commissaire de la Commune, qui donna un arrêté du Directoire du Département ordonnant la fermeture de toutes les églises et chapelles autres que celles paroissiales, et que le culte ne pourrait y être célébré à nouveau que sur autorisation de l’évêque.

Le 8 juin 1791 il fut procédé à la mise sous scellés des chapelles de Veyrinas, des Moulins et des Pousses. Mais le 25 juin, le sieur Des Reneaudies fit porter un pli par un sieur DAVY des Pousses, par lequel il protestait contre ces fermetures, le décret ne visant que les lieux où était célébré un culte ouvert au public, et non celui des lieux particuliers, où n’assistent au culte que les personnes de la maison. Il fut fait droit à sa demande et les scellés levés sur les trois chapelles.

Le 15 Octobre 1791, réunion pour décider de l’entretien et de la conservation du Presbytère, des cloches, des sanctuaires et retables de la paroisse, le curé Labesse émigré à l’étranger, ayant emporté les fonds destinés aux réparations. La municipalité constata que des réparations étaient urgentes et qu’il fallait trouver de l’argent. Il fut donc décidé de faire une saisie arrêt sur les sommes dues au curé Labesse, ce qui fut fait le même jour par le Juge de Paix et le Procureur. Le sieur Desplanches collecteur d’impôts étant chargé de l’exécution.

Le décret contre les réfractaires du 29 novembre 1791.

Les commissaires envoyés en Vendée pendant l’été 1791 indiquent dans leurs rapports que les troubles qui se développent dans cette province sont dus aux prêtres réfractaires auxquels la population reste attachée.
Dans le même temps, au club des Jacobins, Robespierre réclame une politique de répression. L’Assemblée législative dénonce les prêtres réfractaires et vote, le 29 novembre, un décret interdisant à tout prêtre réfractaire d’invoquer les droits de la Constitution ; En conséquence tout réfractaire sera traité en suspect, soumis à une surveillance particulière et il perdra tout traitement ou pension. Quelques jours auparavant, le 23 novembre, il avait été décrété que les églises seraient réservées uniquement au clergé constitutionnel.

Texte du décret du 29 novembre 1791 :
« Le serment civique sera exigé dans le délai de huit jours. Ceux qui refuseront seront tenus suspects de révolte et recommandés à la surveillance des autorités. S’ils se trouvent dans une commune où il survient des troubles religieux, le directoire du département pourra les éloigner de leur domicile ordinaire. S’ils désobéissent, ils seront emprisonnés pour un an au plus ; s’ils provoquent à la désobéissance, pour deux ans ».

Le 8 mars 1792, jour de dimanche, le 4ème de la Liberté Française, à sept heures du matin, dans l’église de Nexon, la Municipalité et le peuple se rassemblèrent pour la prestation de serment de fidélité du sieur Léonard Tarrade, choisi comme vicaire par le curé de Nexon. Ce vicaire prononça un discours au Peuple et jura fidélité à la République.

Le 26 août 1792, un décret bannit les réfractaires qui pourront choisir leur lieu d’exil. Selon le préambule cette « mesure générale, [est] justifiée par le danger de la patrie et l’obligation de rétablir l’union entre les Français. » Les prêtres infirmes ou âgés de plus de soixante ans peuvent rester en France, rassemblés dans les chefs-lieux de département et sous la surveillance de sa municipalité. Tous les membres du clergé qui n’avaient pas été contraints de prêter le serment à la Constitution civile peuvent être arrêtés sur une simple dénonciation. Les prêtres réfractés doivent « sortir du royaume sous le délai de quinze jours ».
Les prêtres infirmes ou âgés de plus de soixante ans peuvent rester en France, rassemblés dans les chefs-lieux de département et sous la surveillance de sa municipalité. Tous les membres du clergé qui n’avaient pas été contraints de prêter le serment à la Constitution civile peuvent être arrêtés sur une simple dénonciation. Les prêtres réfractés doivent « sortir du royaume sous le délai de quinze jours ».
Le 22 novembre 1792 les registres tenus par les curés furent clos et arrêtés pour être remplacés par l’Etat Civil. En 1824, le 11 mars, Charles de David des Etangs, maire, constate : « Ayant ensuite vérifié les registres de l’Etat civil nous avons reconnu qu’ils datent de 1634 et que jusqu’en 1727 ils sont réunis en liasse et sont très mal en ordre ».

Le 10 mars 1793 le citoyen curé Dumoulin présente une pétition en vue de la réduction de ses impôts fixés par le district à 953 livres 48 deniers et disant que jamais pareille injustice fut faite à son égard. Le Conseil ramène la somme à 50 livres.

Le 18 frimaire an 2 (8 décembre 1793), le curé Elie Martial Dumoulin donna sa démission de curé de Nexon et ne plus exercer ses fonctions sacerdotales.
Le 1er Ventôse an 2 (19 février 1794), Martial Dumoulin ancien curé de Nexon, déclara à la Municipalité qu’il voulait ouvrir une école publique pour l’enseignement du 1er degré d’instruction.

Le 6 germinal an 2 (26 mars 1794) le sieur Guyot, notaire public, rendit compte de la gestion des biens Destheves, curé de Nexon, qui avait été déporté et qui était le frère de son épouse. Il avait vendu diverses marchandises et vin pour une somme de 994 livres 5 sols. Mais les dépenses s’élevaient à 835 livres 10 sols et parmi celles-ci des notes de la femme de Tistou, de la Paulie Durand, de la Catherinaude, toutes les trois fileuses; le logement et la nourriture des deux vicaires, et les soins pour traitements médicaux par Tarrade, de Bonnet maréchal pour ferrement des chevaux. Et puis la plus intéressante, une somme de 80 livres que ce brave notaire avait dû donner à des brigands venus lui rendre visite et sous menace de mort, afin qu’ils ne boivent pas son vin.

Le 24 Messidor an 3 (12 juillet 1795), Joseph D’Arsonval prêta serment comme prêtre curé de Nexon.
Ce même jour moyennant 2425 livres marché est passé avec les sieurs Guillaume Rougerie et François Meunier menuisiers à Limoges faubourg St-Antoine pour le rétablissement du principal autel de l’église.

Le 1er Thermidor an 3 (19 juillet 1795) serment de Pierre ROCHE comme curé de Nexon et son traitement est fixé à 6 000 livres pour sa nourriture, son entretien celle d’un domestique et d’un cheval. Il sera logé au presbytère.

XIXème siècle

Régime concordataire français de 1801

Le concordat de 1801 fut signé le 26 messidor an IX à minuit entre Joseph Bonaparte, frère du Premier consul, l’administrateur Emmanuel Crétet et le cardinal Consalvi, secrétaire d’État et représentant du pape Pie VII. Un mois plus tard, le pape ratifie le texte, avec la bulle Ecclesia Christi (15 août 1801). Le régime concordataire fut introduit, sous le Consulat, par la loi du 18 germinal an X (8 avril 1802), relative à l’organisation des cultes. Ce régime restera en vigueur dans toute la France de 1801 à 1905, date de la séparation des Églises et de l’État sauf en Alsace-Moselle, où il est toujours en vigueur.
Le 16 messidor an 12 (4 juillet 1804) de la République, le Préfet de la Haute-Vienne prend un arrêté ordonnant que la somme de 156 F 40, excédent de recettes de l’an 11, soit affectée au rétablissement du culte catholique conformément aux vœux du Gouvernement. Ces dépenses seront affectées aux réparations de l’Église, de la maison du Presbytère et achat d’ornements.

Une autre somme de 464 F est dépensée comme suit :
Le sieur Palette qui a pavé l’Église…………………………… 85 F
Gizardin qui a posé un cadre à l’horloge…………………. 160 F
Objets du culte, curé Mazérieux….,………………………….. 84 F
Le reste, 1 65 F, a été payé à ceux qui l’avaient avancé.
Il fut encore réglé diverses réparations ou achat dont :
Pierre Texier qui a fait les bâtons du dais………………….. 20 F
Morgiére qui a raccommodé la croix…………………………. 24 F
Suisse vitrier………………………………………..………………..9,50 F
Simonet vitrier……………………………………………………. 61,50 F
Au vicaire Régent pour objets nécessaires au culte……… 32 F

Le 19 décembre 1816 le Conseil charge Mr le Curé Jean-Pierre Hervy de prendre les renseignements nécessaires pour dresser la liste des indigents de la commune. Il demande l’ouverture d’un atelier à Nexon pour venir au secours des indigents valides et leur assurer du travail. Il désigne Mr le Curé pour dresser la liste des femmes et vieillards infirmes de la commune et lui ordonne de lancer du haut de sa chaire une invitation à tous les citoyens aisés de la commune à faire des dons en argent et en denrées. Il ordonne également que pareille invitation soit faite à l’issue de la messe par Mr le Maire et que les dons que feront les âmes bienfaisantes seront reçus par le Curé.

Jean-Pierre Hervy, né à Limoges le 31 décembre 1747, membre de la Société de la Sorbonne, fit ses études de latin au collège de Magnac-Laval, puis sa théologie à Paris de 1763 à 1770. Professeur de philosophie à Orléans, puis à Limoges, il fut nommé archiprêtre de Saint-Michel de La Meyze en 1778. En mars 1789, il fut désigné premier secrétaire pour la rédaction du cahier de doléances en vue de la réunion des États Généraux. Prêtre réfractaire, il émigra en Espagne de septembre 1792 à mars 1801. Rentré en France gravement malade, il fut affecté à la cure de Nexon le 24 avril 1803. Sa santé en avait souffert et, fatigué, il lui fallu un vicaire pour le suppléer. Pierre Louis Mazérieux fut nommé vicaire gérant en 1805. Jean Pierre Hervy est mort en 1825, Pierre Louis Mazérieux fut alors nommé curé-doyen le 6 juillet 1825.

Laurent Pradeau a été nommé le 25 aout 1845.

Pierre Gaspard Molinié est nommé le 10 février 1872. L’abbé Charzat est vicaire;

Émile Jean-Baptiste Pinchaud nommé le 18 septembre 1882.

Jean-Baptiste Maurelet, nommé le 22 juin 1890. Il meurt en juin 1896.

Charles Moussard, nommé le 7 juillet 1896. L’abbé Manhes est vicaire.

 

XXème siècle.

1903 Le conseil demande l’affectation du presbytère aux classes scolaires.

1905, Charles Moussard est curé, Edmond Giraud, vicaire.

1907 M. le curé Moussard quitte le presbytère

Léonard-André Michelet, de Janailhac, prêtre, vicaire à Nexon, soldat-brancardier, mort à l’hôpital militaire de Châlons-sur-Marne, le 8 février 1915, des suites d’une maladie contractée au service.
1914, Gustave Tournaud nommé en 1914.

1932, Paul Latzarus est nommé curé de Nexon.

Avril 1935, Paul Latzarus se voit confier, en plus de Nexon, les paroisses de Meilhac et de Lavignac.

L’abbé Latzarus, curé de Nexon et de Saint-Hilaire-les-Places, 1941

cure-lazarus

Abbé Delhoume, dit « le gros »

Jean Delhoume

1965 Abbé Redor (1965-1976)

1973, décès de Louis Mouret (1877 – 1973)dit le « Père Mouret » une figure incontournable de l’église de Nexon pendant un demi siècle. Tertiaire de saint François il a servi plusieurs curés comme sacristain, il donnait de son temps à l’école religieuse ou il avait été élève, il assurait le catéchisme, il était brancardier à Lourdes..Forte personnalité, parfois un peu rude il a marqué son époque.

1976 Abbé Rollet, (octobre 1976 – juillet 1981)

1981 Abbé Jacques Brenac, (aout 1981- septembre 1989)

2012 Nexon (paroisse Saint-Aurélien) P. Michel Lamy, curé.

2014 : Père Pierre Kiedrowski.

 

Les vicaires

Les auxiliaires du curé de Nexon étaient le plus souvent au nombre de deux. Toutefois, pendant de courtes périodes on n’en trouve qu’un seul mais c’est l’exception.

La plus grande partie des actes paroissiaux rédigés par les vicaires les plus anciens, ceux dont on retrouve la signature, les Jouhaud – les Désazérat -les Tarade – les Guyot – les Vergnolle, étaient des enfants du pays.

Initiés aux us et coutumes de l’endroit, ils ont fixé d’une façon exacte et correcte les noms des personnes et des localités. Leurs actes rédigés sans formule réglementée, d’après l’impression du moment, abondent en détails intéressants, ils émulèrent avec complaisance les titres, qualités et professions de chacun. Sans eux, il serait impossible de chercher à établir avec certitude l’état social des générations qui ont grandi à Nexon avant la Révolution. Mais à ces précurseurs succédèrent trop souvent des étrangers venus un peu de partout ignorant les mœurs et le langage de leurs ouailles, et dans ces cas-là, la rédaction des actes devient une Tour de Babel.
Par exemple, sous leur plume, les villages de Plantadis, Lombertie, Montezol, l’Arstissie, deviennent Plante-dix, Lombardie, Montessaut, l’Artiche. L’un d’eux pour désigner le hameau de Montcuq paroisse de Flavignac écrit irrévérencieusement Moncul. De même pour les personnes Martial de la Vigne est fils de Pierre de Laveynia car jusqu’au milieu du 18e siècle la moitié de la population au moins n’avait pour nom que celui du village dont elle était originaire.

Malheureusement la majeure partie des registres antérieurs à 1700 est perdue. Le plus ancien date de 1634.

Il n’y avait pas de formule, pour les baptêmes. A Nexon, on baptisait d’ordinaire les enfants le jour même où le lendemain de leur naissance. Quand la saison était trop rigoureuse ou les chemins trop mauvais les gens des villages éloignés allaient à la paroisse la plus voisine. C’est ainsi qu’on trouve la transcription de nombreux actes de baptême faits à Rilhac-Lastours, St-Hilaire ou St-Martinet avec la mention : « Vu la mauvaise saison et la difficulté des chemins ».

Pendant une certaine période, vers 1730 le nom de l’enfant n’est même pas indiqué ; il faut en déduire qu’il recevait invariablement le nom de son parrain, ce qui d’ailleurs est conforme à la tradition. Mais c’était plutôt le fait d’un vicaire peu consciencieux qui rédigeait parfois ses actes après coup, en les tronquant à l’occasion et en ajoutant en interligne « Vide infra ».

Pour les enterrements, rien de fixe non plus. Certains vicaires citent des témoins, les autres non. S’il s’agit de personnes mariées de femme surtout, les uns indiquent le nom du conjoint, les autres s’abstiennent, ce qui est toujours relaté, ce sont les morts subites, ou accidentelles, et en général tous les cas qui avaient empêché l’administration des sacrements.

Pour aller plus loin:
J. Aulagne, Un siècle de vie ecclésiastique en province. La réforme catholique du XVIIe siècle dans le diocèse de Limoges, Paris-Limoges, 1906.
Michel Cassan, Le temps des guerres de religion. Le cas du Limousin (vers 1530 – vers 1630), Paris, Publisud, 1996, p. 128-141.
Louis Pérouas, Les Limousins. Leurs saints, leurs prêtres, du XVe au XXe siècle, Paris, Le Cerf, 1988.
Pouillé du diocèse de Limoges, manuscrit du grand séminaire de Limoges, par l’abbé Nadaud, curé de Teyjac édité avec de nombreuses additions sous forme de Dictionnaire géographique de la Marche et du Limousin par M. l’abbé Texier, Société archéologique et historique du Limousin, 1859.

La plupart des villes de garnison de province possèdent un hôpital mixte, civil et militaire, administré par une commission civile pour les salles civiles. Dès le mois d’août 1914, la plupart des salles civiles furent réquisitionnées par l’autorité militaire. Après la déclaration de guerre le 3 août 1914, l’avance allemande est rapide. Il faut évacuer les malades hospitalisés dans les hôpitaux généraux et dans les asiles psychiatriques. Ce flux de malades vient s’ajouter à celui des blessés de plus en plus nombreux sur le champ de bataille. Les hôpitaux permanents ne suffisent plus. Aussi il faut ouvrir de nouveaux établissements.
Il n’est pas facile de se retrouver dans le foisonnement de structures qui ont été créées tant par les autorités de l’État que par des bénévoles.
A côté des hôpitaux permanents (ceux du temps de paix) il y a donc les hôpitaux temporaires (ils n’existent que du temps de guerre) qui comprennent:
-les hôpitaux Complémentaires (HC) dont la gestion est directement assurée par la Direction du Service de Santé (militaire) de la région.
-les hôpitaux Auxiliaires (HA) dont la gestion est assurée par l’une des 3 sociétés d’assistance de la Croix-Rouge, la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM), l’Association des Dames Françaises (ADF) et l’Union des Femmes de France (UFF), toutes homologuées par le ministère de la guerre.
-les hôpitaux Bénévoles (HB), d’initiatives privées, créés par l’arrêté du 21/8/1914.
Ajoutons que, bien que ce mode d’hébergement ait été déconseillé, quelques malades et blessés ont été placés chez des particuliers.
La numérotation des Hôpitaux se faisait par Région Militaire, sans tenir compte du découpage en départements.
Pour les HB il était tenu compte du nom de la société d’assistance et le n° était suivi de « bis »:
– SSBM: n° 1 à 100; au-delà n° dans la série des 300;
– UFF: n° 101 à 200; au-delà n° dans la série des 400;
– ADF: n° 201 à 300; au-delà n° dans la série des 500.
Le décret du 6 août 1874, suivant la loi du 24 juillet 1873 découpe le territoire français en 18 régions. La loi du 5 décembre 1897 met en place la 19e région militaire en Algérie et celle du 8 février 1898 crée une 20e région militaire dans l’Est, en scindant la 6e région militaire. Une 21e région militaire est créée par la loi du 31 décembre 1913 par division de la 7e région.

 

 

Limoges est le chef-lieu de la XIIème Région militaire composée de cinq départements, la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne

En Haute-Vienne il existera une soixantaine de structures, certaines ayant fonctionné quelques mois d’autres pendant toute la durée du conflit.
Dès le 8 aout 1914 un hôpital complémentaire vient soutenir l’hôpital général de Limoges. Il porte la numérotation HC n° 1 Limoges. Il est situé dans les locaux de l’école libre Colbert, 9 rue des Argentiers et compte 280 lits. Il fonctionne du 8 août 1914 au 18 février 1919 et comporte des services d’ORL et de prothèse maxillo-faciale et une école d’infirmières.
De nombreuses annexes vont lui être rattachées. Elles sont situées dans les cliniques privées, dans les orphelinats, au grand séminaire et même dans l’usine de porcelaine Haviland.
Rapidement des établissements et des personnes privées vont mettre à la disposition du service de santé des armées leurs locaux.
A Nexon l’Institution libre de filles, rue du Nord offre très rapidement ses locaux et dès le 30 aout un hôpital bénévole est créé sous le numéro HB n° 5 bis Nexon. Il compte 22 lits et fonctionne du 30 août 1914 au 1er décembre 1917.

Nexon Hopital 5 bis

Enveloppe datée du 11 juillet 1916 avec cachet rond violet » Hôpital Temporaire de Nexon – Le Directeur »

 

Nexon hopital benevole

Enveloppe du 24 mai 1917 avec cachet rond rouge  » Hôpital bénévole N°5 bis Nexon (H-V) Le Directeur)

Une carte postale écrite le 9 octobre 1917 révèle que le malade séjourne dans le château du baron de Nexon. Si l’on en croit le recto de la carte postale il s’agit du château de la garde. Le malade écrit, avec des fautes , « je suis chez un baron, dans son château, tu parle d’une bonne vie il parait que j’en n’ai encore pour 1 mois »

CP hopital 5bis texte

Une feuille avec deux photographies jaunies par le temps présente l’État-major de L’Hôpital bénévole 5bis . Sur la photo de droite ne figurent que des femmes. Il semble que ce soit l’État-major avec la baronne de Nexon comme directrice. Elle est assise au premier rang entourée des mêmes personnes à sa droite et à sa gauche sur les deux photos. Les hommes qui figurent sur la photo de gauche sont des militaires. Comme leur nom n’est pas indiqué on peut supposer que ce sont des malades. la baronne est Gertrude Ricardo, l’épouse du baron Maurice « Auguste » de Nexon. Elle est avec ses deux filles Thérèse née le 18 septembre 1890 et Jeanne née le 12 juillet 1895.

Nexon hopital 5bis

Sur la photo de gauche figurent de gauche à droite au 1er rang : Mme St Ange, Mme de Nexon, Mlle Bragard. Au 2eme rang: Mlle Tarrade, Mlle Bonnafy, Mlle J de Nexon, Mlle T de Nexon, Mlle Lelong.

Sur la photo de droite de gauche à droite au 1er rang : Mme St Ange, Mme de Nexon, Mlle Bragard, Mlle T de Nexon. Au 2eme rang: Mlle Tarrade, Mlle J de Nexon, Mlle Lelong, Mlle Bonnafy .

Le Haras de Nexon

décembre 19th, 2014 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | Le haras - (1 Comments)

LE HARAS DE NEXON.

Des papiers de famille de Nexon établissent que l’on s’occupait d’élever des chevaux de luxe à Nexon dés le commencement du 17° siècle. Ainsi en 1602 un habitant reconnaît tenir de M. de Gay une polène de l’âge de 18 mois. Même déclaration en 1603 pour une pouliche à Damoyselle Barbe de Chenaud, veuve de M. de Gay.

En 1656 François de Gay vend à M. de Lescurs, seigneur de Puy Galhard à Oradour sur Vayres un cheval moyennant 1000 livres. Celui-ci le trouvant trop cher, le vendeur lui répond que ce cheval de 6 ans est un coureur et le plus rapide de la province et qu’il vendait ses chevaux jusqu’à 2000 livres.

En 1634, inventaire du Château : 1 cheval d’aratz (étalon originaire du pays basque espagnol), 1 cheval de service, 2 juments et une poulaine.

Au 18ème siècle un grand nombre de poulinières existait à Nexon et presque tous leurs produits étaient vendus pour les écuries du Roi et pour les officiers supérieurs de l’armée. Les haras de Pompadour en achetèrent plusieurs.
On trouve ainsi en 1734, 24 chevaux recensés dans un inventaire des différentes fermes. En 1750 achat d’un étalon. Le roi donne le privilège de le tenir à titre de garde étalon pour le service des juments de son Canton.

En 1786, lettre du régisseur du Comte des Cars offrant les services d’un cheval Limousin de Pompadour qu’il détient.
Lorsque furent importés les chevaux d’orient on leur livre un grand nombre de juments. Un de ces étalons se distingue par la supériorité de ses produits. M. de Nexon se le procure.

Au moment de la révolution le haras possède une trentaine de poulinières dont presque tous les produits sont achetés par la maison du roi et pour les officiers supérieurs de l’armée. Les chevaux d’une bonne conformation, issus d’étalons arabes, étaient conservés comme producteurs et certains étaient achetés par les haras de Pompadour. Mais pendant la Révolution les chevaux furent vendus ou pris pour la remonte de l’armée. Le cheval de  » remonte  » remplace celui qui est jugé inapte à la mission et au travail demandés (âge, maladie, blessures etc.). La remonte du cheval de selle à toujours été un gros problème. Les chevaux étaient achetés dans des régions bien spécifiques. La Normandie fournissait des montures pour les cuirassiers, les dragons et les lanciers; la Bretagne les montures de trait destinées à l’artillerie et au train des équipages et le Sud-Ouest les chevaux de la cavalerie légère (hussards, chasseurs à cheval).

Ferréol de Gay de Nexon se plaint au Directoire de St Junien. Dès l’an VII on retrouve des chevaux à la Sélive. Trois juments échappèrent aux ravages de la Révolution et c’est avec elles que Mr de Nexon reconstitua sa race.

L’ancienneté de l’écurie et le titre de vraie race limousine qu’elle avait mérité ont donné à Mr de Nexon l’avantage de choisir au Haras de Pompadour, parmi les chevaux arabes, les étalons qui lui convenaient le mieux. En 1813 le directeur de Pompadour acquiert un cheval 2024 francs à M. de Nexon.

Celui-ci réorganise son haras avec les poulinières récupérées dont « L’Andalouse », fille d’un cheval andalou, don du Roi d’Espagne au roi de France.

Depuis 1821 le registre des poulinières a été tenu sans discontinuer.

Le premier baron de Nexon dont le nom figure sur les listes d’engagement pour les courses en limousin est Astolphe (1817-1876). En 1841 il achète au haras de Pompadour, Koeyl, un étalon arabe dont la descendance sera nombreuse et durable Amine, Gamba, Moheleda, Garba…
Dès 1840 le Baron importa d’Angleterre deux juments de race pure et il commença à faire courir. Chaque année, par la suite, il continua à importer des juments poulinières et des étalons dont les plus marquants ont été Weathergage, Malton et Pyrrhus the first, gagnant du Derby à Epson en 1846, chevaux qui furent tous achetés par l’Administration des Haras et qui contribuèrent grandement à l’amélioration de la race pure en France.

Ce n’est qu’après avoir fait réaliser un piste d’entrainement que les couleurs des de Nexon vont briller sur les champs de course. Le baron adopte définitivement la souche anglaise et il n’hésite pas à envoyer ses juments à la saillie en Angleterre.
La liste des principales juments présentent en 1839 (Seine, Lionne, Colombe…) figure dans l’ouvrage du Comte Achille de Montendre « Des institutions hippiques et de l’élève du cheval dans les principaux États de l’Europe », Tome II, Paris 1840 pages 337-338.

Il poursuivi dans cette voie avec ses fils Armand (1847-1912) qui épousa Marie Antoinette de Chérade de Montbron (1872-1934), et Auguste (1853-1932) qui épousa Gertrude Hainguerlot (1859-1886) dont il eut deux enfants, Maurice né en 1884 et Alice née en 1885 ; après son décès, il épouse en seconde noces, le 30 novembre 1889, une anglaise, Gertrude Ricardo.

A la mort de son père, survenue en 1878, le baron Armand de Nexon dirige le haras ses deux avec ses deux frères, Félix et Auguste. A la mort de Félix, en 1898, il continue avec Auguste seul, et, à partir de 1910, avec le fils de celui-ci, Maurice, qui continuera les grandes traditions sportives de la famille. Ses couleurs — casaque grise, toque cerise — étaient populaires dans le Sud-ouest où elles triomphèrent six fois dans le Derby de Bordeaux, avec Loustic {1810), Lutine (1873), Marquis (1875), Mascaret (1878), Loterie (1881), et Weber II (1908).

Au 31 décembre 1910 le haras comptait : 6 chevaux de service, 12 juments de pur sang et leurs 7 poulains de l’année, plus 18 nés en 1909 et 17 en 1908.

Les petits fils Maurice, né en 1884, Robert (1892-1967) et Georges vont poursuivre l’œuvre de leur grand père. Ferréol de Nexon héritier du domaine et des terres, abandonne peu à peu l’élevage chevalin devenu peu rentable. Après avoir cédé le château à la municipalité en 1983, il vend sa dernière poulinière en 1990 et met fin, à 500 ans d’histoire de sa famille et de l’élevage du cheval dans le bourg de Nexon.
La casaque gris perle, toque cerise du Baron de Nexon était l’une des trois couleurs les plus anciennes de France.
Sources :

Philippe Grandcoing « Le cheval en limousin dans la première moitié du XIX siècle » page 216 in « Cheval Limousin, chevaux en Limousin » sous la direction de Bernadette Barriere et Nicole de Blomac. Pulim, Limoges 2006.

Comte Achille de Montendre « Des institutions hippiques et de l’élève du cheval dans les principaux Etats de l’Europe », Tome II, Paris 1840.

chevaux 1 chevaux 2 chevaux 3 chevaux 4 chevaux 5 chevaux 6 couleur chevaux 8 chevaux avec nom cheval Weber II

Un ouvrage du baron d’Etreillis publié en 1873 consacré à la « Physionomie des écuries de courses françaises » analyse la situation dans les écuries de Province et décrit celle du baron de Nexon auquel il rend un brillant hommage.
Pour que les non spécialistes du cheval comprennent la description des chevaux quelques précisions.
Les deux couleurs de robe des chevaux du haras de Nexon sont alezan ou bai:
Alezan est une couleur très fréquente, caractérisée par un pelage composé de poils roux à brun plus ou moins foncés, les crins et les extrémités étant de la même couleur ou d’une nuance plus claire que la robe, mais jamais plus foncés que celle-ci. On distingue plusieurs types de robes alezanes, d’alezan clair à alezan brûlé, couleur du café torréfié, quasiment marron.
Bai est également une couleur fréquente. Le pelage est dans les tons roux, marron à chocolat. La crinière, la queue, le contour des oreilles et le bas des membres sont noirs.
Il y a aussi des robes blanches, grises ou noires.

robe chevaux

Le cheval peut présenter diverses marques en tête, suivant leur taille et forme, ces marques blanches portent un nom différent :
L’en-tête est une tache de poils blancs sur le front du cheval.
La pelote est une tache ronde ou ovale sur le front.
La liste est une marque verticale généralement située au milieu de la tête, qui descend sous la ligne des yeux.

Différentes possibilités de marques en tête :

marques en tete
Fortement en tête prolongé par liste
Faiblement en tête prolongé par fine liste
En tête prolongé par liste, boit dans son blanc et ladre
En tête irrégulier et mélangé prolongé par liste irrégulière déviée à gauche et boit dans son blanc
Liste interrompue
Belle-face
Petite pelote en tête
Pelote en tête
En tête en losange prolongée par fine liste
En tête irrégulier à droite
Grisonné
Boit dans son blanc

Les membres peuvent eux aussi présenter différentes marques, suivant la taille et forme, elles portent un nom différent.
La balzane est une tache de poils blancs sur les jambes. La balzane chaussée monte jusqu’au-dessous du genou (membre antérieur) ou du jarret (membre postérieur), la balzane haut chaussée englobe le genou ou le jarret.

balzanes

Différents cas de balzanes :
Balzane chaussée
Grande balzane
balzane
petite balzane
principe de balzane
trace de balzane.

PHYSIONOMIE DES ÉCURIES DE COURSES FRANÇAISES
PROPRIÉTAIRES – ENTRAINEURS – JOCKEYS
PAR LE BARON D’ÉTREILLIS (NED. PEARSON)
PARIS J. ROTHSCHILD, ÉDITEUR 13, RUE DES SAINTS-PÈRES, 13
1873

Deux chapitres concernent les écuries de Nexon. Le premier, « Les écuries en Province. Circonscription du Midi », pp. 425-429, rend hommage aux propriétaires du Midi pour leur action en faveur du cheval malgré des conditions moins favorables que pour les élevages du Nord.
Le second, «Écurie de M. le baron de Nexon », pp. 430 – 434, présente l’élevage du baron de Nexon et décrit 18 de ses chevaux.

LES ÉCURIES EN PROVINCE CIRCONSCRIPTION DU MIDI

Le mouvement fiévreux des courses, leur concentration de plus en plus accentuée sur les hippodromes de Paris et de Chantilly, et peut-être aussi les tendances un peu trop exclusivement spéculatives du public ordinaire, empêchent pendant le cours de la saison de prêter aux écuries de province toute l’attention qu’elles comportent. Au point de vue général et sérieux, leur importance est cependant plus réelle que celle de bon nombre d’établissements sans physionomie bien définie, nés d’hier pour mourir demain et dont le rôle parasite se borne à glaner toujours sur un champ qu’ils n’ensemencent jamais. Les courses ont une raison d’être justifiée, à la condition de demeurer l’expression de doctrines se rattachant à une idée pratique, applicable aux besoins généraux du pays. Réduites à un spectacle ou une occasion de jeu, elles ne tarderaient pas à perdre le caractère qu’il est indispensable de leur conserver. Les éléments qui tentent de les entraîner dans cette voie seraient impuissants à les alimenter, et réussiraient seulement à convertir en une industrie douteuse une œuvre féconde et utile. L’influence des propriétaires de province est sous ce rapport beaucoup plus directe. Occupant tous une position considérée dans le pays qu’ils habitent, vivant au milieu des éleveurs, ils sont mieux à même de les familiariser avec cette idée de course appliquée à la production générale et presque toujours si mal comprise dans notre pays. Des hommes comme MM, de Nexon, Vanteaux et de Beauregard, par exemple, ont beaucoup plus fait pour l’amélioration générale, que des réunions de courses isolées, ayant lieu annuellement dans des localités où le lendemain de la solennité on ne se préoccupe plus de ces questions.

La circonscription du Midi est surtout, sous ce rapport, digne d’intérêt et d’encouragements. Non seulement c’est un des centres d’élevage de pur sang les plus considérables et les plus intelligents, mais encore une des rares contrées où on ne se contente pas de faire des chevaux, et l’on forme en même temps des hommes de chevaux. Presque tous les propriétaires de la division MM. de Vanteaux, Nexon fils, de Beauregard, Prat, s’ils ne président pas exclusivement à la préparation de leurs chevaux, y prennent part activement ; tous montent ou ont monté leurs produits en public, chaque fois qu’ils en ont eu l’occasion ; ils les appliquent à tous les usages des réunions ordinaires. Il est aisé de comprendre l’influence d’un semblable exemple ; aussi le Midi est-il de toute la France le pays où le cheval de pur sang est le plus et le mieux apprécié en dehors de sa spécialité de coureur. Ce résultat est en grande partie dû aux écuries résidant sur les lieux mêmes et à l’intelligente direction de leurs propriétaires…
Les propriétaires du Midi ne sauraient affronter la concurrence des écuries du Nord dans des conditions d’égalité indispensables pour y courir équitablement leur chance. Non pas que la production soit intrinsèquement partout inférieure à celle du Nord, mais ils manquent, pour la préparation de leurs chevaux, des ressources que l’on trouve sans peine à Chantilly et à Compiègne. Il leur faut suppléer à cette insuffisance par des dépenses et des soins qui n’atteignent encore le but qu’imparfaitement. M. le baron de Nexon a dû faire préparer une piste d’entraînement de 2,000 mètres, sur sa propriété même. De semblables moyens sont à la portée de peu de personnes, et ne compensent pas d’ailleurs les avantages d’une préparation comme celle que les chevaux du Nord sont à même de recevoir. Les écuries du Midi disparaîtraient donc forcément, si de justes et sages restrictions ne leur garantissaient pas les moyens de se soustraire à une aussi redoutable concurrence. L’avantage de décharge accordé aux chevaux divisionnaires a justement été supprimé. Il est contraire au principe même de grandes courses caractéristiques, qui doivent toujours être gagnées par le meilleur cheval, en dehors de toute autre considération. Mais nous regrettons de ne pas voir les intérêts de la division du Midi mieux sauvegardés par un plus grand nombre de prix réservés exclusivement aux chevaux de cette provenance, et d’autres courses où les chevaux du Nord seraient admis avec une surcharge. Le Midi est sous ce rapport à peu près abandonné à sa propre initiative, et on ne saurait le blâmer d’appliquer la plus grande partie de ses ressources à ses intérêts directs, dont personne ne prendrait souci, s’il ne s’en préoccupait lui-même.

C’est à ces mesures protectrices que l’élevage du Midi doit d’avoir pu conserver son homogénéité, malgré la tourmente que nous venons de traverser. Si elles étaient étendues davantage, on pourrait donner une juste satisfaction à de légitimes intérêts. Telles qu’elles sont constituées, l’ensemble des écuries du Midi constituent cependant un précieux auxiliaire pour le développement de la race de pur sang en France et la propagation des doctrines dont elle est l’expression.

ÉCURIE DE M. LE BARON DE NEXON

– ENTRAINEUR: W. SARGANT
– JOCKEYS GREEN ET W. COOPER

 

La plus importante des écuries de la circonscription est celle de M. le baron de Nexon. Elle est constituée sur les bases d’une existence qui, malheureusement, tend tous les jours à disparaître de notre organisation sociale. M. le baron de Nexon habite la terre de son nom ; il dirige lui-même son haras et la préparation de ses chevaux. L’un et l’autre, annexés à une grande exploitation agricole, en sont en quelque sorte la conséquence. M. de Nexon élève dès chevaux à peu près depuis sa naissance ; mais, en 1840 seulement, il a eu l’idée de joindre à son haras un certain nombre de poulinières, qu’il est allé chercher lui-même en Angleterre. Depuis, l’accessoire a emporté le principal, c’est-à-dire que la production de pur sang est devenue la branche la plus importante du haras de Nexon, qui ne compte pas moins de soixante-dix animaux de toute provenance. Une prairie de cinquante hectares est uniquement réservée à cette destination, les chevaux peuvent à l’aise y galoper dans tous les sens.
M. le baron de Nexon porte un si constant intérêt à ses produits, qu’il n’a pu se résigner à les envoyer entraîner loin de sa surveillance. Depuis douze ans, ils reçoivent leur préparation à Nexon même, où leur propriétaire a fait disposer une piste de sable de 2,000 mètres et une de gazon de même étendue.
Le fils aîné de M. le baron de Nexon seconde activement son père dans un goût qui semble un don de famille ; il assiste à l’exercice et est connu sur tous nos hippodromes comme l’un des meilleurs gentlemen riders français. Il apporte dans ces luttes, assez rares aujourd’hui, l’avantage d’une, constante condition qui, généralement, fait défaut aux plus habiles cavaliers.
L’intervention de M. le baron de Nexon dans l’élevage de pur sang français s’est manifestée à tous les points de vue ; il a importé en France plusieurs étalons de mérite, entre autres Pyrrhus The First, que l’Administration des Haras s’est hâtée d’acheter dès qu’ils ont eu fait leurs preuves. Les constants succès de M. le baron de Nexon dans la division du Midi sont une juste récompense de longs sacrifices et d’une organisation complète et intelligente. On doit regretter qu’il ne se produise pas plus souvent sur les hippodromes du Nord, où tout le monde serait heureux de voir M. de Nexon gagner une grande course. Ce serait la légitime consécration d’une longue carrière, consacrée à l’une des principales industries du pays qu’il habite, et d’un constant dévouement aux doctrines dont la propagation de la race pure est l’expression.

CHEVAUX DE CINQ ANS

Princeps.– Par Zouave et Princess. Alezan brulé ; balzane postérieure gauche, petite lisse en tête, très gros, grand et fort.
Kaolin. — Par Zouave et Dainty. Bai ; balzane herminée postérieure.
Royale. — Par Zouave et Auréole. Baie ; petite en tète, très grande.

CHEVAUX DE QUATRE ANS

Francœur. – Par Zouave et Day Spring. Alezan ; deux balzane postérieure gauche haut chaussées, une antérieure droite, une grande tache blanche aux sangles du côté gauche, buvant dans son blanc. Très régulier, très joli cheval mais un peu petit.
Monaco II. — Par Zouave et Ada Mary. Bai; petite balzane postérieure gauche; quelques poils blancs en tête.
La Mouette. — Par Zouave et Reine de Naples. Alezan doré ; balzane postérieure gauche haut chaussé ; lisse blanche en tète.

CHEVAUX DE TROIS ANS

Gringalet. — Par Marengo et Mico. Alezan ; balzane antérieure gauche, demi-lune blanche en tête, petit cheval régulier.
Volontaire. — Par Marengo et Smala. Alezan ; petite balzane postérieure gauche, quelques polis blancs en tète. Grand, très élégant cheval.
Moblot. — Par Marengo et Pierrette. Alezan. Petite balzane antérieure droite, trace de lisse en tête. Grand poulain, très décousu, ayant besoin de prendre de la force
Lutide. — Par Zouave et Eming. Brun zain. Grande pouliche, avec beaucoup de sang, sœur de Loustic.
Mauviette. — Par Zouave ou Marengo et Misadventure. Baie zain, Petite jument très régulière, sœur de Cantinière.

CHEVAUX DE DEUX ANS

Archiduc. — Par Zouave et Reine de Naples. Alezan brulé; quelques poils blancs en tête. Joli poulain élégant et fort sans être très grand.
Le Chambigier — Par Marengo et Vesta. Alezan; petite pelote en tête. Régulier mais petit cheval.
Aventurier. — Par Zouave et Day Spring. Bai; balzane postérieure gauche, lisse en tête. Assez grand, bien membré.
Ludonnais. — Par Bagdad et Equation. Alezan ; deux balzanes postérieures, grande lisse en tête. Très régulier, élégant, un peu court, très fort.
Chambord. — Par Zouave et Auréole. Alezan brulé rubican; deux balzanes postérieures ; deux lisses en tête. Très grand poulain, très fort de membres, frère de Glaïeul.
Dragée. — Par Tourlourou et Zizi. Baie ; deux balzanes postérieures, grande lisse. Petite pouliche très compacte.
Pistache. — Par Marengo et Espérance, Baie ; petite pelote en tête, pouliche très réguliers, assez grande.

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Un peu plus tard, en 1906, une prestigieuse  revue, Le SPORT UNIVERSEL ILLUSTRE , a également consacré un article au haras de Nexon.

Le  premier numéro de SPORT UNIVERSEL ILLUSTRE a été publié le 1er Octobre 1895. Son objectif était d’informer le public sur » tous les sports et l’élevage, en conservant la plus large part au cheval et au cycle, qui se partagent actuellement le gout du public. » Si la rédaction écrit ceci c’est qu’en 1895 le cheval est encore le premier moyen de locomotion. Paris en compte plus de 80 000. Toutes les grandes familles possèdent des chevaux et elles aiment se faire photographier avec leurs plus beaux spécimen. Ce journal, publié deux fois par mois met l’accent sur la photographie « dont l’absolue exactitude écartera les erreurs qui proviennent souvent de l’interprétation » écrit le rédacteur en chef dans le premier numéro. Ce numéro est le produit de la fusion avec la luxueuse revue La Photographie hippique fondée par Jean Louis Delton et ses fils Louis Jean et Georges. Le père, Jean Louis Delton, ancien officier de cavalerie avait créé en 1862 un studio de photographie où toute l’aristocratie et la bourgeoisie se faisait photographier. Il a ainsi fait poser, montés sur leurs chevaux préférés, posant devant de gigantesques toiles peintes la famille impériale, le roi de Prusse…Du studio ils sont passé à l’extérieur et en 1884 réalisent les premières photos de chevaux en mouvement.

En décembre 1906 un long article est consacré au Haras de Nexon. Il sera publié en 3 fois dans les numéros du 16 décembre, du 23 décembre et du 30 décembre.

haras histoire 1     haras histoire 3

Le baron Armand de Nexon à coté de la tribune au milieu de la piste que le baron a fait construire sur sa propriété

 

haras suite 1haras suite 2haras suite 3

 

haras la piste

Vue de la piste avec au centre la tribune pour observer les galops

 

 E-H BRIDGELAND : brillant jockey puis entraineur.

Élevé à l’école d’Henri Jennings, après avoir passé chez M. Lupin et chez Jack Cunnington qui entraînait les chevaux du vicomte de Trédern, Bridgeland a débuté sur les hippodromes en 1879, portant la casaque de M. Fould. Il resta attaché à cette écurie jusqu’à la fin de 1887.

bridgeland 4

Bridgeland (n°4) avec les meilleurs jockeys de France en 1890

L’année suivante, il devenait premier jockey du baron de Soubeyran. Jean-Marie Georges Girard, baron de Soubeyran (1828-1897) fait des études de droit et effectue une carrière de Haut fonctionnaire dans les ministères puis au Crédit Foncier de France. Homme politique il est réélu sans interruption député de la Vienne entre 1863 et 1893. Fortuné, il rachète en 1873 le quotidien Le Soir, fondé en 1869 par le banquier Merton, et impose une ligne éditoriale plus conservatrice. Il crée la Banque d’Escompte de Paris ainsi que différents établissements financiers ou d’assurances. Entre 1881 et 1890, il dirige les haras de Saint-Georges, près de Moulins dans l’Allier, qu’il a rachetés avec le vicomte d’Harcourt et le duc de Castries. Bridgeland est l’un des quatre jockeys du baron. Quatre années de suite il est arrivé premier sur la liste des jockeys gagnants en portant la casaque blanche.

À la suite d’irrégularités, le Tribunal de commerce de la Seine prononce la faillite de la Banque d’Escompte de Paris en février 1894. Le baron de Soubeyran est d’abord arrêté puis libéré. Ses biens sont liquidés. Ruiné, il meurt trois ans plus tard.

  Le vicomte d’Harcourt se l’ait attaché lorsque l’association d’Avermes fut dissoute. Et le brave jockey a défendu vaillamment les intérêts de son propriétaire jusqu’au moment où la monte américaine s’est imposée.

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Bridgeland (n°21 ) avec les meilleurs jockeys de France en 1895

Les vingt -deux meilleurs jockeys de plat et d’obstacle en 1895 sont , comme en 1890, en majorité des anglais. 1 Edward Watkins – 2 Wycherley – 3 Tom Lane – 4 Kearney – 5 Hartley – 6 Belle – 7 Hunter – 8 A. Newby- 9 J. Watkins –10 Dodd – 11 Storr – 12 T. Franch – 13 Rolfe – 14 J. Childs – 15 Collier – 16 Barlen – 17 W. Pratt – 18 J. Cooke — 19 Dodge– 20 Albert Johson – 21 Bridgeland – 22 Boon

Bridgeland pèse 47 kilos. Il fait partie des jockeys de poids moyen (moins de 50 kilos). Les lourds pèsent entre 50 et 55 kilos. On y trouve Dodge (55) T. Lane (53,5). Les légers pèsent moins de 45 kilos. Les jockeys sont jeunes et doivent faire attention à ne pas grossir. Ils ne montent en général pas plus de 10 années.
A. Richard Penart dans LES COURSES RAISONNÉES GUIDE DU PARIEUR publié en 1895 décrit Bridgeland ainsi :Bridgeland « est ce qu’on peut appeler un bon jockey ; généralement monte bien, mais s’il s’entend bien avec certains chevaux, il en est d’autres aussi avec lesquels il fait très mauvais ménage. Je n’aime pas beaucoup Bridgeland dans les courses de fond. On a dit, l’année dernière, que Bridgeland avait perdu plusieurs courses, de sa faute, par suite de manque d’énergie à l’arrivée. Cette faiblesse de sa part était très excusable, car Bridgeland passait la plupart de ses nuits en chemin de fer, sur la route de Moulins, et rien ne fatigue davantage que cette déambulation perpétuelle »
A Limoges, sur l’hippodrome de Texonnieras, en mai 1904, à la troisième course, Bridgeland, montant Malakoff, au baron de Nexon, est tombé au dernier tournant et s’est fracturé la clavicule. C’est la fin de sa carrière de jockey. Comme un certain nombre d’entre eux il devient entraineur. Il reste au service du baron de Nexon.

chevaux Bridgland recto chevaux Bridgland verso

Carte postale postée le 4 décembre 1904 signée par E. Bridgeland et adressée à l’entraineur Flatman pour lui demander s’il a bien reçu les châtaignes qui lui ont été envoyées.

L’effectif de l’écurie de courses de Nexon atteignait, au début de 1907, plus de cinquante têtes, exactement 54. Pour la campagne de 1908, Bridgeland n’a plus que deux chevaux de 5 ans, quatre chevaux de 4 ans sous sa direction ; en revanche il n’a pas moins de quinze trois ans et trente-trois poulains de 2 ans. Ce dernier chiffre excède de beaucoup celui de la production du haras, même en y comprenant les élèves de Combas, que M de Neuville envoie régulièrement essayer à Nexon, car il possède une part d’associé dans l’écurie. Le surplus est formé par les yearlings de M. Cornet, à Bagnères-de-Bigorre et du marquis d’Ambelle, dans la Dordogne.

bridgeland entraineur

Bridgeland devant sa maison d’habitation à Nexon

Barthélémy BOUTINAUD : un amoureux des chevaux

A peine âgé de 16 ans le jeune Boutinaud s’engage comme palefrenier – cavalier chez M. de Rovira qui possède un haras dans son domaine de Capeillans à Saint Cyprien.

 

B. Boutinaud jeune

Il y reste deux ans et quitte cette maison au grand regret du propriétaire. Le 30 mars 1921 il lui écrit une lettre de recommandation et espère qu’après son service militaire il reviendra travailler chez lui.

B. Boutinaud lettre de recommandation

C’est un jeune homme élégant qui pose en tenue de gentleman farmer

B. Boutinaud pose

Il effectue son service militaire, mais sans doute que les chevaux lui manque car la joie ne se lit pas sur son  visage ni sur celui de ses camarades.

B. Boutinaud soldat

Son service effectué, la passion des chevaux ne quitte pas le jeune Boutinaud. Il commence une carrière de jockey et sa licence de jockey de 1936 atteste qu’il a déjà gagné 15 courses..

licence B. Boutinaud

Sur la photo suivante c’est lui qui monte le cheval en train de gagner la course.

B. Boutinaud victoire

Les parcours son particulièrement bien étudiés ainsi qu »en témoigne le schéma suivant:

B. Boutinaud reconnaissance parcours

Puis  il entre en contact avec le baron de Nexon et c’est ainsi qu’il va pendant plusieurs dizaines d’années s’occuper des chevaux à la fois comme palefrenier, jockey et homme de confiance. Il conduit les chevaux sur les champs de course…

 

B. Boutinaud retour a l'écurie

…et prend soin d’eux a l’écurie…

M. Boutinaud dans écurie

 

…et avec sa famille il prend quelques moments de repos dans le parc du château…

B.Boutinaud dans le parc

…et son épouse apprécie les fleurs des parterres.

Mme Boutinaud dans le parc en octobre 1961

La famille Boutinaud logeait dans une des maison du parc, a proximité des chevaux qui ont été à la fois une passion et un travail.

barthelemy boutinaud devant le logement

 

Cet article fait suite a ma rencontre avec la petite fille de Barthélémy Boutinaud. Les documents qui l’illustrent sont sa propriété.

Charles Joseph Verneilh-Puiraseau « MES SOUVENIRS DE 75 ANS » Limoges 1836

Quelques extraits :

Je naquis au bourg de Nexon, en Limousin, le 29 juillet 1756, un an environ après le fameux tremblement de Lisbonne, un an environ après la naissance de Louis XVI, dont il m’était réservé de voir de bien près un jour les dernières infortunes. Après environ trois quarts de siècle et les tourmens d’une longue révolution, le jour anniversaire de ma naissance devait en voir éclater une nouvelle : Dieu veuille que ce soit la dernière ! C’était l’époque d’un grand mouvement dans les esprits, dans les mœurs, dans les arts. L’expulsion des jésuites était peu éloignée.
L’élan de nouvelles doctrines était l’avant-coureur des réformes politiques; l’esprit de critique et de controverse devait amener l’esprit d’opposition.
Les Français, a dit l’abbé Raynal, qui, sous le ministère de trois cardinaux, n’avaient pu s’occuper d’idées politiques, osèrent enfin écrire sur des matières solides et d’un intérêt sensible. L’entreprise d’un dictionnaire universel des sciences et arts mit tous les grands objets sous les yeux, tous les esprits en activité. L’esprit des lois parut et l’horizon du génie fut agrandi. C’est vers le même temps que chez nos voisins, au patriotisme éclairé inspira l’entreprise de ces nombreux canaux qui sillonnent leur territoire et qui ont tant concouru à la prospérité de leur pays. C’était aussi, il faut le dire, l’époque d’un scepticisme irréligieux qui devait enlacer le reste du XVIIIe siècle.
J’eus le bonheur d’en être préservé de bonne heure par de bons conseils et de bons exemples. Et depuis, soit les troubles et les peines de la révolution, soit même l’expérience de l’irréligion, semblent avoir ramené parmi nous le dogme consolant des croyances religieuses.

Avant ma naissance, mon père avait perdu deux autres fils; cette circonstance ajoutait encore, s’il eût été possible, à sa tendresse pour moi, à son désir d’obtenir ma conservation de celui qui dispose de la vie; aussi, né faible et malingre, avais-je été voué à tous les saints, à toutes les vierges, particulièrement à celles de La Roche-l’Abeille et de Rocamadour.

Ma famille était ancienne et honnête, mais loin d’être riche dans les derniers temps. Ce vieux proverbe de chevalerie : Cent ans bannière et cent ans civière, s’applique aussi plus ou moins à toutes les conditions de la Société. Dès l’an 1600, le chef de ma famille, Jean de Verneilh, était coseigneur de Nexon : ce titre se lisait, dans ma jeunesse, sur deux cloches de notre église, dont il avait été parrain. Tous les ans, avant la révolution, on annonçait au prône, à certain jour de dimanche, un service solennel pour son fils aîné, François de Verneilh, sieur Delage et coseigneur de Nexon. Suivant un acte du 13 juillet 1665 (de Jouhaud, notaire royal), il était en même temps conseiller du Roi et son assesseur à l’élection de Limoges ; la fille unique de celui-ci porta la coseigneurie de Nexon à Simon Descoutures, avocat du Roi, dont on trouve plusieurs mentions honorables dans les Annales du Limousin, notamment celle-ci : qu’après la mort d’Henri IV, il fut député, avec un autre consul, pour porter à Louis XIII les premiers hommages de fidélité de la ville de Limoges. Cette terre avait passé ensuite, par mariage, dans la maison Rogier-des-Essarts, dont le nom s’est éteint dans l’émigration. Le second fils de Jean de Verneilh était venu gendre chez Jean Longeaud, notaire royal à Nexon, dans la maison même où je suis né. La mère de mon père, Marie Dubois-de-Ménièras (sa sœur avait épousé un pauvre gentilhomme nommé Guespin-de-la-Jugié ) se flattait de descendre de Simon Dubois, dont le président de Thon parle avec tant d’éloges. Enfin ma mère était petite-fille de Pierre Bourdeau, ancien Garde-du-Corps (de 1680 à 1697) et d’Anne d’Albiac-de-Mardaloux, fille et sœur de chevaliers de Saint-Louis. On attribue à Simon Dubois, entre autres ouvrages, Ratiastum Lemovicum (in-8°, chez Hugues Barbou, 1580). Feu M. Linguaud, homme érudit et très-zélé pour l’honneur de sa ville natale, m’avait communiqué son épitaphe, telle qu’on la lisait sur une lame de cuivre dans l’église de Saint-Pierre de Limoges, en ces termes : Hanesto loco natus, apud meos in honore vixi. Prœfectus huic Lemovicensium provinciœ cuique pro causœ oequitate jus dixi; parùm rei angendœ cupidus plurimum honestœ existimationis parandœ. Le président de Thon, dans son histoire in-4° (tom. 7, pag. 134, édit de Londres), parle ainsi de Simon Dubois : Je me souviens que le Jour même que le Roi entra dans Lyon (Henri III à son retour de la Pologne), je me trouvai chez Jean de Tournes, à qui la république des Lettres est si redevable; Simon Dubois, lieutenant-général de Limoges, célèbre par ses écrits et plus encore par son habileté dans les affaires, s’y rencontra; il me dit que bien des gens ne pensaient pas du Roi comme le commun, et qu’ils assuraient qu’on le verrait dans la suite tenir une conduite dont la fin serait peut etre funeste, et tromper ainsi toutes les espérances que ses sujets et les étrangers avaient conçues de la gloire de son règne. Je me révoltai d’abord à ce discours ; je lui fis même quelques objections que le penchant que nous avons à nous flatter me suggéra sur-le-champ; mais cet homme sage, qui n’aimait pas la dispute, me répondit froidement que ce n’était pas sans chagrin qu’il me parlait de la sorte; que je me souvinsse de ce qu’il me disait, et que j’en jugerais par l’événement. Etait-ce de lui-même qu’il me parlait, ajoute M. de Thon, et par quelque connaissance que son habileté dans l’astrologie lui eût donnée de l’avenir? Plusieurs l’ont cru…Quoiqu’il en soit, j’ai toujours beaucoup estimé la science profonde de ce grand homme, et j’ai cru que la chose méritait d’être rapportée.

Jean Longeaud avait acheté sa maison de Martial Lambert, écuyer (lors de la vérification des titres de noblesse, en 1598, il y avait des gentilshommes de ce nom à Saint-Maurice-les-Brousses, commune aujourd’hui réunie à celle de Jourgniac). Quoique cette maison fût tenue noblement et même en franc-alleu, Messieurs Degay-Nexon avaient prétendu y avoir droit à une rente (de deux chapons) en vertu d’une reconnaissance de 1593. Mais, par une transaction de 1618, bien rongée par les mîtes et que j’ai en mon pouvoir, ils renoncèrent à leur prétention.

Sacra domus sanctique Pénates/ Je ne la revois jamais sans éprouver une douce émotion, cette maison où je vis le jour, où s’écoula ma débile enfance, au milieu des tendres soins de mon père et de ma mère; tout ce qui s’y rattache m’intéresse. J’ai donc voulu déchiffrer péniblement un vieux procès-verbal d’état, en date du 12 décembre 1608, que le nouvel acquéreur en fit dresser devant le juge de Nexon. Il y était parlé d’une vieille tour bien lézardée et servant d’escalier, que surmontait une girouette, qui y tourne encore aujourd’hui. On y parle aussi d’armoiries sculptées sur la porte d’entrée et sur une cheminée, qui n’ont disparu que depuis 1793. La salle où l’on entrait sous un arceau gothique comme dans la pièce voisine, avait une grande cheminée en ceintre. Son pavé était en petites pierres, artistement configurée. Quoiqu’assez spacieuse cette salle n’était éclairée que par deux petits jours, grillés en fer, de deux pieds de longueur environ, sur deux et demi de hauteur; dans la pièce voisine, au-dessous d’une fenêtre de même dimension que les précédentes, il y avait une canonnière, pour tirer au besoin des coups d’arquebuse. Pour plus grande sûreté du petit castel, les portes étaient toutes barricadées, au moyen de barres enfoncées dans le mur et que l’on retirait à volonté. Enfin l’escalier consistait en de gros madriers de bois de chêne, dont la pointe s’appuyait dans un arbre planté au milieu. Tout porte à croire que ce modeste logis eut autrefois l’honneur de recevoir à la fois la personne et le dernier soupir d’un grand prince. Le duc des Deux-Ponts, Wolfgang de Bavière, était venu comme on sait, du fond de l’Allemagne, à la tète d’une armée de Reytres, au secours des Calvinistes, ses coreligionnaires. Cette armée, après avoir traversé la France, s’était réunie prés de Chalus, à celle de l’amiral Coligni, appelée des Princes, où se trouvaient le jeune Henri, prince de Béarn et le prince de Condé. Cette réunion avait lieu, avec de grandes acclamations, en présence de Marie d’Albret, qui était venue tout exprès de la Rochelle; tandis que, de son côté, Catherine de Médicis était venue au château d’Isle, près de Limoges, pour être témoin des exploits de son fils bien-aimé, (le duc d’Anjou depuis Henri II). Mézeray (tom. 3, in-fol., pag. 202) raconte, à ce sujet, que le duc des Deux-Ponts mourut à Nexon d’un excès qu’il avait fait à l’Allemande, pour guérir une plèvre quarte qui le travaillait depuis qu’il était sorti de son pays. Ce fut le 18 juin 1569 que le prince y mourut dans les bras de Louis de Nasseau, prince d’Orange, six jours avant la bataille de La Roche- L’abeille, où les Protestants furent vainqueurs. Le corps du prince fut embaumé et transporté d’abord à Angoulême, puis à La Rochelle et enfin dans ses états après la conclusion de la paix. Ses entrailles avaient été déposées dans un tombeau de serpentine, découvert, il y a peu d’années, au bord de mon jardin, tout près de la voie publique; ce tombeau était placé en regard d’un monument sépulcral, érigé en dehors de l’ancien cimetière (aujourd’hui place publique devant l’église). Il n’est pas présumable, en effet, que les Protestants, vainqueurs à La Roche-l’Abeille et restés maîtres du Limousin pendant plus de trois mois, eussent voulu quitter ce pays, sans y laisser quelque souvenir en l’honneur d’un puissant allié, qui y était mort victime de son dévouement à leur cause. Le monument consiste en une pierre de granit, en forme de carré long, posée de champ et percée de part en part, d’un grand trou circulaire de plus d’un pied de diamètre. La face méridionale de cette pierre est traversée horizontalement par une rainure qui coupe le cercle eu deux, de manière à figurer deux arches de pont, armes parlantes du duché des Deux-Ponts. L’élévation actuelle de la pierre au dessus du sol est de quatre pieds environ, sur trois et demi de largeur. On distingue encore, mais avec peine à deux de ses angles supérieurs, de petites croix dont elle était empreinte, comme sur son sommet on remarque un trou dans lequel avait été plombée une croix de fer ou d’autre métal. Il y a quelques années que l’on découvrit dans u coin de ma cour deux tombes l’une à coté de l’autre, ce qui prête à croire que la maison fat habitée anciennement par des Calvinistes. Enfin le château actuel de Nexon n’existait point encore en 1569. Toutes ces circonstances semblent prouver que mon modeste toit paternel eut autrefois l’insigne honneur que je réclame pour lui.

Mes souvenirs d’enfance les plus reculés se rapportent, l’un à la fondation de notre grange, qui porte sur une pierre, comme moi sur le front, le millésime 1756 ; l’autre, à la mort d’une de mes sœurs, appelée Judith, (filleule de madame de Verthamon). Ma mère m’ayant porté dans ses bras à l’endroit où l’on venait de poser la première pierre de cette grange, elle m’y fit jeter, de ma petite main, un écu de six franc pour la cimenter. Quant à la pauvre Judith, je perdais en elle ma meilleure amie, la plus rapprochée de mon âge. Notre sœur aînée fondait en larmes; je faisais tous mes efforts pour l’imiter, mais je ne pouvais, je ne savais pas pleurer. Un peu plus tard, comme je jouais avec un enfant de mon âge, dans une chambre basse où il y avait une canonnière, un malheureux chat étant sorti de sous une armoire, nous lui donnions la chasse; l’animal ne voyant pas d’autre issue pour s’échapper, s’était précipité dans la canonnière et y resta engagé, de manière à ne pouvoir ni avancer ni reculer : et nous d’accourir dans le jardin pour voir sa détresse. Il miaulait de toutes ses forces et ses yeux semblaient lui sortir de leur orbite; sans doute avec le temps il se serait débarrassé, mais dans notre joyeuse impatience nous le refoulâmes cruellement sur lui-même. Parlerai-je aussi d’un de ses analogues antipathiques? Les rats abondaient dans la vieille maison ; ils m’eussent d’un peu plus brouté les oreilles. Ils montaient, dans la nuit, faire leurs ébats jusque sur le ciel de mon lit, dont ils avaient bien maltraité les rideaux. Je résolus de leur rendre guerre pour guerre : je me procurai donc un piège en fer, qui les saisissait par le cou, au moyen de deux cercles dentelés. Chaque soir je le dressais à la porte de ma chambre, en le fixant par une petite corde, pour qu’ils ne puissent pas l’enlever. Un jour que j’avais omit cette précaution, le piège était disparu du palier de l’escalier où je l’avais placé. Je montai de suite une douzaine de marches dans la tour, et je le trouvai devant un trou de mur qui communiquait au grenier; ne pouvant y entrer autrement, le rat s’y était glissé à reculons, de manière qu’il n’offrait en dehors que la tète et les épaules. Je m’empressai d’enlever le piège qui était en fer et avait plus d’un bon pied de longueur, et je fus alors bien surpris de voir que le reste du corps du pauvre diable avait été mangé par ses frères. Ces animaux seraient donc une espèce d’anthropophages.

Mon père m’avait donné les premières leçons de lecture. Aussi vif de caractère que tendre pour moi, il m’avait un jour châtié assez rudement; c’était la veille d’un jour de fête ou de ballade à La Roche l’abeille. Comme pour me consoler, il m’y mena en trousse derrière lui; je n’étais plus sorti de la maison, j’allais faire, à cheval, un voyage de plus d’une lieue. Quelle bonne fortune ! Que d’objets nouveaux allaient frapper mes avides regards ! A mesure que nous trottions y il me semblait voir les moissons, les prés et les bois s’enfuir derrière nous, comme le rivage d’une rivière. La petite bourgade était tout encombrée de monde; l’embarras de la circulation pour arriver à un cabaret était encore augmenté par les nombreux étalages de petits marchands de comestibles, de riortes* d’Aixe et d’autres objets de toute espèce. La foule pressée entrait dans l’église par une porte et en sortait par l’autre; de là elle se dirigeait en silence, un cierge ou chapelet à la main, vers une croix de pierre, à travers un champ rocailleux, parsemé par intervalles de rares brins d’herbe ou de mousse et cependant plusieurs des fidèles y marchaient nu-pieds. On cheminait ainsi à pas lents, au milieu des clameurs d’un grand nombre de pauvres étendus çà et là et montrant des plaies sanguinolentes : spectacle hideux, peut-être fruit de la fraude et qu’on ne tolère sans doute plus aujourd’hui ; il m’en est toujours resté une impression pénible. Pendant notre station dans l’église, j’avais adressé à Marie la prière de l’innocence; et depuis, malgré toute la philosophie de notre époque, je me suis plu à l’invoquer avec ferveur dans plus d’une circonstance de ma vie. Mon père avait en elle une dévotion sincère que j’ai dû respecter; il avait fait en son honneur un pieux voyage à Rocamadour, peut-être pour lui demander ma conservation. J’eusse été bien curieux de la voir, cette chapelle que l’on disait avoir été bâtie dès les premiers temps du christianisme, au sommet d’un très-grand rocher. Longtemps après j’ai vu dans l’histoire que Henri le Jeune, un des trois fils de Henri II, duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre, y était allé en dévotion, et qu’il était mort dans ces environs, des suites d’une blessure qu’il avait reçue au siège de la cité de Limoges.

* C’est une couronne de pain de blé fabriquée à Aixe sur Vienne à partir du XIème siècle. Elle était populaire dans tout le Limousin. Ces pains sont appelés  » Rédorte ou Riorte » à cause de leur forme. En effet en patois limousin riorte désigne un lien de bois formant un anneau. La Rédorte est un pain fantaisie en forme de couronne tournée en spirale et composée de farine de froment et d’un levain spécial qui lui donne son goût particulier.
Elle a pour origine le fait que l’on récompensait les soldats romains vainqueurs en leur promettant une couronne d’or à leur retour. En réalité, on leur remettait une  » Couronne de pain de blé ».

M. de Gay-de-Nexon avait pris chez lui, pour la première éducation de sa famille, un instituteur appelé M. Boin, homme d’un certain âge et d’une grande mansuétude. Outre la bienveillance de M. de Nexon pour mon père, procureur fiscal de cette châtellenie, madame de Nexon, fille d’une Delomenie, avait des attentions particulières pour ma mère. A ce double titre, il me fut permis de partager l’instruction primaire de leurs enfants. J’étais de la même classe, du même âge et du même prénom (Joseph) que le chevalier, auquel par la suite échut en partage la belle terre de Cognac, possédée aujourd’hui par mon cousin Bourdeau. M. l’abbé actuel de Nexon, son frère ainé, était un peu plus avancé que nous; il était devenu grand-
vicaire auprès de M. de Villoutreix-Defaye, son parent, évêque d’Oléron, quand la révolution le jeta par-delà les Pyrénées. Il vit encore (1836) révéré de tous, au sein d’une famille heureuse de le posséder. Quel plaisir j’ai à le retrouver, chaque fois que je peux aller voir mes Dieux Pénates ! Lorsque depuis le retour des Bourbons je siégeais à la chambre des députés, je présentai un jour au Ministre des Finances (M. le baron Louis) une note de recommandation relative à la place de percepteur à Nexon. Quoi? Nexon! me dit le Ministre avec empressement, j’ai fait mon séminaire à Saint Sulpice avec un abbé de ce nom; c’était bien le plus excellent homme! — Vous l’aviez bien jugé, Monseigneur, lui répondis-je : il m’honore de son amitié, et je lui dirai que vous ne l’avez point oublié.

A peine âgé de huit à neuf ans, je fus envoyé à Saint-Yrieix, chez un frère de mon père, qui y exerçait la médecine et n’avait point d’enfant. Sa belle-mère, que tous appelaient maman à cause de sa bonté, m’amenait souvent à un petit castel appelé de la Tranchardie, chez une vieille dame, sa parente; j’étais sûr d’y trouver toujours de bons fruits et quelque friandise. Ma sœur aînée, depuis madame Guyot, était pensionnaire dans un couvent de la même ville; les bonnes sœurs eussent voulu en faire une de leurs compagnes, et ma sœur semblait y être assez disposée. Quoiqu’il en soit, lorsque j’allais au parloir, je me ressentais des attentions qu’on avait pour elle. A propos du titre de Madame que l’on donne aujourd’hui à toutes les femmes mariées, il était alors réservé à la noblesse d’une manière tellement exclusive, que les femmes des magistrats au sénéchal, n’étaient appelées que Mademoiselle. Mais aussi on commença bientôt à se mettre en progrès, comme on dit aujourd’hui; et, dès 1789, cette révolution de pure courtoisie et de convenance s’était opérée presque partout d’elle-même. Mon oncle était bien avec les meilleures maisons de la ville, et on m’y traitait comme si j’eusse été son fils ; j’allais souvent, à ce titre au Clos-de- Barre, campagne habitée par M. Gentil-de-Lafaye, Chevau-Léger de la garde du Roi. Il y avait de jeunes personnes de mon âge; j’étais sûr d’y trouver bon accueil et d’innocens amusemens.

C’est dans la même propriété que furent découvertes en 1765 ou1766 ces belles terres à porcelaine qui ont acquis tant de célébrité et qui sont devenues si précieuses pour l’industrie de la ville de Limoges. J’ai toujours gardé, pour la mémoire de ce second père, un profond sentiment de respect et de reconnaissance.
Toute sa modique succession a passé à un parent de sa femme ; mais le meilleur héritage qu’il put nous laisser, c’était de faciliter comme il le fit, ma première éducation, et après moi celle de mes deux frères.

Mon premier maître d’école à Saint Yrieix fut M. Bardinet; il demeurait dans une maison canoniale près du Moutier, dans laquelle on entrait par une petite tour bien antique et bien décharnée. Dans un voyage que j’y fis naguères, je fus curieux de la revoir cette maison de ma première école, ainsi que celle de mon oncle ou je passai ma première jeunesse.

…/…

En sortant de l’école solitaire de M. Bardinet, je fus envoyé à celle de M. Dumonteil, qui avait bien une soixantaine d’écoliers; c’était l’instituteur en titre de la ville. Il avait été nommé par le Chapitre, qui lui laissait la jouissance d’un petit borderage ; cette jouissance, avec une modique rétribution de la part de chaque écolier, servait à l’entretien de sa nombreuse famille. Dans la suite il se brouilla avec le Chapitre qui l’avait durement destitué, quoiqu’il eût élevé la plupart de ses membres. Chaque fois que j’allais à Saint-Yrieix, j’avais soin d’aller le voir, et je n’ai point oublié combien ma petite visite d’intérêt et de reconnaissance lui était agréable. Il demeurait d’abord an fond du quartier des Barris, au-dessous de la halle publique; là, dans une grande chambre basse, non pavée ni planchée, on avait posé contre terre deux longues poutres équarries, sur lesquelles nous étions rangés les uns à la suite des autres, sans aucun feu, même an plus fort de l’hiver. La cloche de Matines appelait à la fois les chanoines ou prébendés et les écoliers, chacun à leur poste. Cette cloche me semblait bien matinale; lorsque je ne l’avais pas entendue ou que je voulais composer avec elle, ma bonne tante me criait, de son lit. J’étais aussi souvent appelé par mes jeunes camarades Crézeunet et Villouvier, qui passaient devant la maison. Je me joignais à eux et nous cheminions ensemble vers l’école avec nos petits sabots et nos livres sous le bras, grelottant de froid dans la saison et déplorant par fois le sort des pauvres écoliers. M. Dumonteil alla ensuite demeurer au Foiral, dans le quartier haut de la ville. Nous y étions mieux, ou moins mal et beaucoup plus sainement.

Comme nous étions divisés en plusieurs classes, lorsqu’une d’elles avait dit sa leçon, on obtenait aisément, sous quelque prétexte, un permis de sortir, et nous courrions bien vite au pré Broussaud pour y faire nos ébats. Dans l’hiver, nous glissions à l’envi sur une petite pêcherie glacée où l’on tombait souvent les uns sur les autres, ou bien l’on s’amusait à faire des boules de neige, les plus grosses que l’on pouvait, et puis, pour les grossir encore, on les faisait rouler jusqu’au fond de la prairie. Dans un voyage que je fis dernièrement à Saint-Yrieix, j’étais logé chez la dame Belin. Le matin, en ouvrant ma fenêtre qui donnait sur la campagne, je m’écriai tout joyeux, comme Rousseau en voyant de la pervenche : Ah! voilà le pré à Broussaud ! Une seule composition nous avait rangés dans l’ordre suivant : Laborderie, Dumaine, moi, Crézeunet, Senemaud, Foucault, dit Toutou, Gondinet-d’Arfeuille, etc. Toutou, déjà grand garçon, fut condamné au fouet pour quelque grande faute; il s’était résigné à se mettre en devoir derrière un paravent pour subir sa peine. Mais, au premier coup de martinet, il se lève furieux et saute aux cheveux du maître, en le traitant de tous les noms, notamment de Cardeur; c’est le sobriquet que nous lui donnions dans nos petites colères. Eh bien! telle était l’habitude de l’obéissance que cet étrange incident ne dérangea pas le moins du monde l’ordre général de l’école. Toutou sortit après s’être rajusté au plus vite, et M. Dumonteil, vivement ému, se remit dans son fauteuil. Le surlendemain, nous vîmes revenir ce pauvre Toutou, conduit cette fois par son père M. Foucault-de-Malembert; il fit ses excuses, et la chose n’alla pas plus loin; Toutou ne revint plus à l’école, et deux ou trois ans après il portait une épaulette d’officier.

…/…

L’enseignement de la langue latine était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui; il n’existait encore aucune méthode pour l’apprendre si ce n’est le rudiment de Gaudin et un certain Despautère, auquel je n’ai jamais rien compris. Il fallait apprendre les livres par cœur, sans aucune explication qui en eût préparé l’intelligence. Chaque écolier était appelé à venir réciter à son tour sa leçon devant le maître assis gravement dans un fauteuil et tenant son martinet à la main : on appelait ainsi une espèce de fouet à long manche de bois, composé de cinq ou six courroies en parchemin, bien tordues et nouées par le bout. A la moindre faute de mémoire, le récitant était fouaillé aux jambes, qui n’étaient pas comme aujourd’hui protégées par un pantalon ; mais on ne trouvait pas mauvais qu’il arrivât muni de son chapeau à trois cornes, avec lequel parait les coups du mieux qu’il pouvait. Cependant, à force de temps et d’études, j’étais parvenu à connaître assez bien les principes de la latinité. On croyait que je serais admis dans la classe de Seconde an collège de Limoges; je ne pus être reçu qu’en Troisième. A la première composition en thème, je fus le premier, ce qui me donna la prétention de vouloir, à l’examen de Pâques, monter en Seconde; mais M. l’abbé Marcoul, mon régent, me rendit l’important service de me retenir. De cette manière, j’eus dans sa classe et dans les deux suivantes le premier prix, appelé d’Excellence. Je me rappelle à ce sujet, que dans une distribution générale des prix je reçus une couronne des mains de M. Turgot, alors intendant de la Province; il avait avec lui madame la duchesse de La Rochefoucault-Damville et son fils, que je vis depuis, en 1792, président du Directoire du département de la Seine, et dont je dirai plus tard la cruelle fin.

En Seconde j’eus pour professeur M. l’abbé Vitract, ce zélé panégyriste de nos Limousins célèbres. Sa première oraison funèbre avait été prononcée en 1774, dans une solennelle distribution des prix, en l’honneur de Marc-Antoine Muret, né au lieu de ce nom en 1526, dans les environs de Grandmont; la seconde le fut l’année suivante, en l’honneur du poète Jean Dorat (Dinemandi ou Dinematin); la troisième fut prononcée en 1776 en l’honneur du savant Baluze, né à Tulle en 1630; enfin la quatrième et malheureusement la dernière, fut prononcée en 1779, en l’honneur du pape Grégoire XI, Pierre Roger, qui était né en 1329 près de Pompadour. Infatigable dans ses recherches, l’abbé Vitract avait rassemblé de nombreux matériaux pour d’autres éloges, quand la révolution vint le jeter au-delà des Pyrénées, pour refus d’un serment qui répugnait à sa conscience. Pendant son exil en Espagne il vivait du produit des sermons qu’il composait. Après sa rentrée en France, il fut nommé curé de Saint-Michel de Limoges, sa ville natale. Quand j’étudiais sous lui, un écolier nommé Desrats avait composé, sur le compte de tous les professeurs, une espèce de philippique en vers qui fit grand bruit. Au lieu de s’en tenir pour offensé, M. l’abbé Vitract aimait à nous lire, en badinant, la strophe qui le concernait. Ce respectable pasteur mourut à Limoges le 27 avril 1805, justement regretté de tous. Digne panégyriste des Limousins célèbres, il méritait d’en avoir un lui-même; espérons qu’il l’aura un jour.

Pendant ma Troisième et ma Seconde, je demeurais en pension franche chez un de mes parens, le chevalier Verthamon-de-Ménieras; il m’avait demandé à mon Père, soit pour le faciliter dans mon éducation, soit pour que je donnasse les premiers soins à celle de son fils unique. Ce parent avait été capitaine au régiment de Montboissier; il demeurait rue Gagnole, n° 20, en face de la maison n°22 que j’habite et dans laquelle il était né. Du cabinet un peu haut, où je trace ces lignes, je plonge mes regards dans mon ancienne chambre d’écolier, dans cette chambre où je dormais si bien du sommeil de l’adolescence, qu’un certain soir on fut obligé, pour m’éveiller, d’en briser la porte.
Chaque matin, en ouvrant ma fenêtre, j’ai plaisir à la revoir; de-là aussi, j’entends parfois la cloche argentine du collège, qui m’appelait il y a, hélas! plus de soixante ans; elle n’appelle plus que mes petits-enfans, mais aussi au nombre de cinq, (deux de mon nom et trois de nom Bourdeau.) Mon jeune élève et cousin avait une sœur presque de mon âge et déjà pensionnaire dans un couvent. Quand les vacances furent venues, toute la famille s’était retirée à Larfouillère, dans une maison de campagne entourée de six bons domaines et de laquelle on apercevait, au sud, les ruines historiques de Chaslucet.

Cette campagne n’était qu’à une lieue de ma famille, où je faisais, le plus que je pouvais, d’agréables excursions; j’y fus atteint d’une maladie inquiétante, pour laquelle le célèbre médecin Faye, de Nexon, vint me voir. Depuis plusieurs jours j’étais tourmenté d’une grosse fièvre, avec délire; c’est au point qu’on avait envoyé chercher le confesseur. J’étais impatient de le voir arriver, à cause d’un rêve tort singulier, dont j’étais tourmenté. Ma bonne cousine se tenait le plus souvent auprès de mon lit pour me donner des soins. Je rêvais que j’avais été changé en un oiseau n’ayant qu’une aile; je croyais que si j’eusse été confessé, je les aurais toutes deux. Je demandai ainsi plusieurs fois, avec chagrin: M. l’abbé est-il venu ? Voyant que je gémissais à chaque réponse négative, une cousine imagina, pour me tranquilliser, de dire : Oui, il est arrivé. Aussitôt il me poussa une autre aile et je franchis l’espace. Je m’élevais en l’air à tire-d’aile, comme l’alouette en un beau jour, lorsque je fus rencontré par un autre oiseau de même plumage, qui descendait de l’Ethérée. On se prend tous deux par le bec et nous voilà rendus à la terre. Pauvre esprit humain! Ne dirait-on pas un songe fait à plaisir? Et pourtant c’était un véritable songe. Le confesseur arriva bientôt. Je lui contai, comme je pus, mes peccadilles, et dés le lendemain la petite-vérole se fut déclarée. C’était le vicaire de Saint-Jean-Ligoure, cet aimable abbé Richard qui a fait de si jolies chansons en patois limousin. Je n’ai plus eu occasion de le revoir; mais bien des années après, et depuis sa mort, je m’étais entendu avec M. Linguaud pour faire imprimer ses chansons en deux petits volumes; j’ai même eu le plaisir d’en offrir un exemplaire à M. Raynouart, comme analogue, sous quelques rapports, à son ouvrage, encore inédit, sur la langue romane.

Je fis ma rhétorique sous M. l’abbé Desthèves; ce respectable prêtre était né à Saint-Silvestre, dans les montagnes de Grandmont; il m’était réservé de le voir un jour curé de ma paroisse natale, une des plus recherchées du diocèse. Ses vénérables père et mère, dont la vieillesse me rappelait celle des miens, étaient venus le joindre à Nexon; c’est là que fut célébrée avec une sorte de pompe filiale, la cinquantième année de leur mariage. Ils espéraient, en mourant, qu’un jour les ossemens de leurs fils viendraient reposer auprès des leurs ; mais la cruelle destinée en avait décidé autrement. M. Desthèves fut déporté, pour refus du serment à la constitution civile du clergé ; ses deux vicaires, messieurs Labesse et Meytadier, furent les constans compagnons de son exil.

Pendant les premières années de leur déportation, ils ne s’étaient point séparés, ayant conservé l’espoir de revenir un jour au commun presbytère. Aux approches du 18 fructidor (4 septembre 1797), un rayon vivifiant d’espérance avait relui sur eux : ils s’étaient avancés jusque sur le Mont Cenis, joyeux de revoir bientôt leur patrie, lorsque ce coup d’Etat les refoula brutalement de l’autre côté des Alpes. Cependant leurs ressources étaient épuisées. Hélas ! que faire, que devenir ! Nos trois lévites, désolés de ne plus pouvoir vivre ensemble, se voient forcés de se séparer; ils s’embrassent, l’œil en larmes, au milieu des sanglots, et chacun tourne de son côté, à la garde du Dieu consolateur des opprimés ! M. l’abbé Desthèves alla mourir à Rome ou dans les environs; l’abbé Meytadier passa dans la Croatie et s’y fit religieux dans un couvent. Enfin l’abbé Labesse, après avoir longtemps erré en Italie, était rentré sous le consulat de Bonaparte…peu de temps après son retour en Limousin, M. Labesse fut nommé à la cure cantonale d’ Ambazac, lieu de sa naissance.

…/…

Le moment était venu où mon éducation et celle de mes frères allaient être plus couteuse; mon père vendit, pour y faire face, un petit domaine qu’il avait à Clairefaye, dans la commune de Sèrillac. J’allais partir pour étudier le Droit à Toulouse, dans la plus célèbre Université de l’époque. Je venais de vêtir la robe virile; j’étais plein de vie et d’avenir, sans autre ambition pourtant quo de revenir un jour faire l’avocat consultant et mourir sous le toit de mes pères. Je devais partir de Saint-Yrieix avec cinq autres étudiant, tous à cheval, ainsi que le messager, chargé de ramener nos montures. Mon père m’y avait accompagné.
Au moment de notre séparation, après m’avoir donné de sages conseils, il me remit quinze louis d’or et quelques écus pour le voyage, puis les yeux gonflés de larmes, il me serra tendrement dans ses bras, en me comblant de ses vœux. Mon bon oncle me donna ses pistolets, et déjà je portais un couteau de chasse; enfin nous voilà partis. Cette nombreuse cavalcade, dans des chemins de traverse, ne manquait pas de faire une certaine sensation, flatteuse surtout pour des écoliers. Nous cheminâmes ainsi, à petites journées, en passant d’abord près du château d’Hautefort, berceau du vaillant troubadour Bertrand-de-Born, qui résista longtemps an roi Richard ensuite par Labachellerie, Sarlat et Gourdon. L’hôte de cette dernière ville fut un peu embarrassé pour nous recevoir, pour nous donner à souper et surtout à coucher. Le lendemain nous fumes dédommagés par un beau jour : en traversant le vaste plateau qui sépare Gourdon de Pont-de-Rodes, où nous allions joindre la grande route de Paris à Toulouse, nous apercevions dans le lointain, au sud-ouest, la chaîne imposante des Pyrénées, couvertes de neiges. L’impression que j’éprouvai à la vue de ce magnifique amphithéâtre, fut beaucoup plus vive que celle que j’éprouvai dans la suite à la vue des Alpes, sans doute parce que je voyais de trop près ces dernières montagnes.

En arrivant à Toulouse, la jeune cavalcade descendit un peu au-delà de la porte Matabiau, devant un petit hôtel, déjà connu de presque tous mes compagnons de voyage. Il était tenu par une bonne vieille appelée madame Laurelian. C’était la pension la plus ordinaire des étudians limousins; la bonne dame leur faisait crédit au besoin ou même les aidait de sa bourse. Plusieurs de mes camarades y restèrent, et nous nous y réunissions par fois, en banquet toujours joyeux. J’allais, moi, m’établir dans une chambre rue du Taur, afin d’être plus près de l’Université, et j’allais manger presque vis-à-vis chez d’autres compatriotes. Un traiteur que nous appelions le bon père Rodes, nous y envoyait à manger dans une grande corbeille, à raison de 15 francs par mois, non compris le pain et le vin, qui étaient l’un et l’autre à très-bon marché. Le nom de Luquets était donné par dérision aux écoliers de la première année; il avait pris son origine de ce que les écoliers des collèges devaient rentrer en général, dès la Saint-Luc,à Lucalibus. Ce sobriquet populaire était une sorte d’injure et l’on aimait à jouer des tours à ceux qui le portaient;

La poste à Nexon

août 19th, 2014 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | Histoire | La poste - (1 Comments)

C’est au XVIIe siècle qu’a été organisé le premier service des postes. Il reprend le modèle du Cursus publicus des Romains, service de poste qui assurait les échanges officiels et administratifs au sein de l’Empire et celui des messageries de l’Université.
Louis XI avait, par un édit du 14 juin 1464, crée la poste royale chargée du transport de la correspondance et des édits royaux. Seule la correspondance d’Etat était concernée. Les plis privés étaient pris en charge par l’Université. En effet l’Université de Paris avait mis en place un système de messageries qui se chargeait du transport des voyageurs, paquets et correspondance entre les différentes provinces qui lui envoyaient ses nombreux étudiants.

Louis XI constitua deux groupes, le premier composé des « courriers du cabinet » chargés de transporter les missives royales et le second, les « postes assises » chargées de fournir les chevaux. Ils deviendront les « maîtres des postes » qui disparaitront en 1873, supplantés par le chemin de fer.

Les relais étaient installés tous les sept lieues (soit 28 kilomètres), distance qu’un cavalier peut parcourir au galop. Seuls les courriers du roi pouvaient aller au galop, les autres cavaliers allaient au trop et ne voyageaient que de jour. Le cavalier changeait de monture à chaque relais et changeait quatre fois de chevaux par jour parcourant ainsi près de 90 kilomètres par jour. Les courriers royaux arrivaient à Limoges quatre jours après leur départ de Paris. Au XIXe le train a mis Paris à quelques heures de Limoges aujourd’hui, avec les messageries électroniques les délais n’existent plus et nous vivons dans l’instantané.

Des employés des relais, les postillons, ramenaient les chevaux au relais d’origine. Les maîtres des postes louaient les montures, sauf aux courriers pour qui elles étaient gratuites, et tenaient des auberges où les voyageurs pouvaient se restaurer et se reposer.

Les voitures de poste empruntaient les routes dont on connaît le tracé par quelques «guides» au départ destinés aux pèlerins, principalement ceux en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle. Le premier Guide imprimé en français et entièrement dédié à la France a été publié en 1551 par Charles Estienne. Intitulé « La Guide et vray enseignement des chemins du royaume de France » il a connu plusieurs éditions corrigées, revues et augmentées. Il donne des renseignements sur les routes, les cours d’eau, les villes et les villages, les grands itinéraires, les relais, les dangers qui guettaient le voyageur, les foires, les monnaies et le change, les monuments archéologiques et artistiques, les manufactures, les fleuves… Ainsi il donne sept itinéraires qui traversent le Limousin. Cinq partent de Paris et rejoignent Toulouse, Cahors ou Agen en passant par Limoges, Felletin, Tulle ou Brive. Les deux autres itinéraires sont celui de Lyon à Bordeaux, par Clermont, Limoges et Périgueux qui suit, en partie, le tracé de la voie romaine de Lyon à Saintes et celui de Guéret à Poitiers. Les premiers relais de chevaux partant de Limoges pour aller à Paris, Toulouse, Bordeaux et Lyon furent établis en 1602.

la poste en 1675

La poste en 1675  (Source : Georges Veyrinaud page 36)

Aucune route signalée à l’époque ne passe par Nexon et pourtant des voies romaines traversaient la commune. Nous en parlerons dans un prochain article. Il faut dire que les routes du Limousin n’étaient pas dans un très bon état et qu’il a fallu attendre l’arrivée de Turgot comme intendant en 1760 pour que les choses s’améliorent.

Peu à peu les messagers royaux prirent en charge des correspondances privées et leur organisation s’étoffera. Grâce à Henri IV et à son ministre Sully qui aimait répéter « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » le service de la poste bénéficia des chevaux qui leur étaient nécessaires. Avec Richelieu, une tarification unifiée est mise en place et à partir de 1622, une périodicité régulière est instaurée. En 1627 le premier tarif des lettres, dit tarif d’Alméras, du nom du contrôleur général des postes, ne concerne que quatre destinations : Bordeaux, Lyon, Toulouse, Dijon. La taxe des lettres simples est de 2 sous entre Paris et Dijon, de 3 sous entre Paris et Lyon, Paris et Bordeaux, Paris et Toulouse.

La Ferme générale des Postes concède au fermier, moyennant un bail de cinq ans, l’exploitation du service postal avec les bénéfices et les privilèges qui lui sont attachés. Les fermiers qui payent cher ces baux, cherchent à éliminer la concurrence des messageries privées qui subsistent et à augmenter leur propre trafic. Ceci va entraîner durant le siècle suivant une expansion constante des relations entre villes et la création de nombreux bureaux. Ils passent de 770 en 1703 à 1323 en 1791. Ces bureaux ont des employés préposés à la réception et à la distribution des lettres et paquets, ainsi qu’à la perception des taxes. En 1719 les messageries universitaires sont définitivement agrégées à la ferme des postes.

Le Calendrier de 1779 et l’Indicateur du diocèse de 1788 indiquent les bureaux des postes où doivent être adressées les lettres pour toutes les paroisses du diocèse et de la Généralité de Limoges et les jours auxquels les courriers partent de Limoges pour ces différents bureaux. Les 878 paroisses sont desservies par 58 bureaux, tous placés sur le bord des routes de poste dont six partent de Limoges :

– De Limoges à Paris par Orléans, 46 postes (par La M)aison Rouge, Chanteloube, Morterolles, Doignon).
– De Limoges à Toulouse par Cahors, Montauban, 36 postes (par
Boisseuil, Pierre-Buffière, Magnac-Bourg, Masseret, Uzerche, Le Bariolet, Donzenac, Brive, Cressensac).
– De Limoges à Lyon par Clermont, Thiers et Roanne, 41 postes (par le Mazet, Saint-Léonard, Sauviat, Bourganeuf, Pontarion, Charbonnier, Aubusson, Le Poux, La Villeneuve).
– De Limoges à Bordeaux par Périgueux, 26 postes (par Aixe, L’Etang, Châlus).
– De Limoges à Angoulême, par Saint-Junien, 10 postes (par La Barre, Saint-Junien, Chabanais, Pont-Sigoulant, Chasseneuil, La Rochefoucauld).
– De Limoges à Poitiers par Bellac et Lussac-les-Châteaux, 26 lieues (par le Petit-Limoges, Maison-Rouge, Berneuil, Bellac, Saint-Bonnet).

De 1764 à 1790 il y avait trois jours d’arrivée du courrier. Le lundi à 8 heures du matin arrivait le courrier de Bordeaux, le mardi soir, les messagers de Confolens, Guéret, Clermont, Moulins, Eymoutiers et le courrier de Paris, le vendredi à midi les courriers de Toulouse,
Aurillac et à 5 heures du soir, le courrier de Poitiers, chargé des paquets de Paris, La Rochelle, Bordeaux, Angoulême.

Il y avait aussi trois jours de départ des courriers. Le mardi matin partait le messager de Saint-Léonard et le soir, le courrier de Poitiers, chargé des paquets pour Paris, La Rochelle, Bordeaux et Angoulême, à 11 h. 30 le courrier de Bordeaux, à minuit, le courrier de Toulouse. Le vendredi à 2 heures de l’après midi partait le courrier de Paris et à 8 heures, le soir les messagers pour Confolens, Guéret, Moulins et Clermont. Le mercredi matin était le jour du messager d’Eymoutiers. A partir de 1773, les mardis et vendredis soir partait le messager de Châlus. Nexon n’était pas desservis directement aussi fallait-il qu’une personne se rende à Limoges pour récupérer le courrier.

Avec la Révolution, les maîtres de poste perdent leur privilège. Les directeurs des bureaux de poste sont élus au suffrage universel. En 1791, la ferme est supprimée et les postes sont exploitées directement par l’État.

Le 8 pluviôse An V (27 janvier 1797) l’assemblée communale de Nexon décide que le bureau de Poste de Limoges est le plus commode pour elle, et de l’intérêt du Canton, le courrier sera porté à Limoges et pris à Limoges par un commissionnaire.

En 1804 la Haute-Vienne compte 11 bureaux de direction de poste situés à Limoges, Arnac, Bellac, Châlus, Chanteloube, Le Dorat, Morterolle, Rochechouart, Saint-Junien, Saint-Léonard et Saint-Yrieix. Un 12eme bureau est créé à Pierre-Buffière en 1812. En 1830 vient s’ajouter celui d’Eymoutiers.

Le 18 juin 1823 le conseil confirme son désir de faire prendre deux fois par semaine par un piéton sa correspondance au bureau de poste de Limoges. A partir de 1824, un piéton fait le service de la poste pour Solignac et Nexon. Il part le mercredi et le samedi.

Création d’un bureau de poste à La Plaine

En 1830 est mis en place un service rural qui permet aux villages d’être desservis par le facteur d’abord tous les 2 jours, puis progressivement tous les jours. Mais le 2 mai 1830 le conseil municipal de Nexon proteste contre la lenteur du courrier. Une lettre postée à Limoges n’arrive à Nexon que 4 ou 5 jours après car le service est fait par un piéton qui va de Limoges à Saint-Yrieix tous les 2 jours. Il demande la création d’un bureau de poste à La Plaine ou au Plantadis où la commune ferait prendre son courrier à ses frais. Cette protestation de Nexon n’était pas la seule et le Conseil général de la Haute-Vienne attachait une grande importance à ce que toutes les communes soient desservies quotidiennement. Entre 1840 et à 1848 il renouvelle ses vœux pour qu’un bureau de poste soit créé dans tous les chefs-lieux de cantons ou dans les localités d’une certaine importance.

La protestation du conseil municipal a été entendue et finalement ce fut La Plaine, sur la route de Limoges à Saint-Yrieix, qui a été choisie pour la création d’un entrepôt de dépêches. Ils sont 6 en Haute Vienne : Châlus (extra-muros), Conore (commune de Peyrilhac), La Maison-Neuve (route d’Eymoutiers), Moulin de la Poitevine (commune de Bussière-Poitevine), La Plaine (commune de Nexon) et Vayres. Les bureaux d’entrepôts reçoivent et expédient les dépêches des directions et distributions qui ne sont pas situées sur le passage des courriers.

Le 4 mai 1846, Jacques PENICAULT, Maitre de Poste, est installé au relais de Poste de La Plaine, par arrêté du Roi, avec engagement d’avoir de nombreux postillons, chevaux et équipages nécessaires et prescrits par le service.

Création d’un bureau de poste à Nexon

En 1848 il y a 21 bureaux de direction, avec ceux d’Aixe, Châteauponsac, Magnac-Laval, Mézières, Nantiat, Nexon, Saint-Germain, Saint-Sulpice-les-Feuilles (le bureau de Razès a remplacé celui de Chanteloube. Nexon a enfin son bureau de poste.

A coté des bureaux de direction il y avait les bureaux de distribution dont les attributions étaient moins étendues. Ils ne recevaient pas de dépôt d’argent, on n’y payait pas de mandats et on n’y recevait pas d’affranchissement pour l’étranger. Il y en a 14 en 1848 situés à Ambazac, Bessines, Châteauneuf, Laurière, Lussac-les-Eglises, Magnac-Bourg, Nieul, Oradour-sur-Vayres, Peyrat-le-Château, Sauviat, Solignac, Saint-Laurent-sur-Gorre, Saint-Mathieu.

Les premiers timbres-poste sont mis en circulation le 1er janvier 1849. Les timbres sont à l’effigie de Cérès, déesse des moissons, et les tarifs généraux sont de 20 centimes pour une lettre jusqu’à 7,5 grammes, de 40 centimes jusqu’à 15 grammes et 1 franc jusqu’à 100 grammes puis 1 franc par tranche de 100 grammes.
Sous le second Empire, à la faveur de l’ouverture de nombreuses routes et du développement des lignes de chemins de fer, la poste prend une grande extension. En 1873 la poste aux chevaux est supprimée.
Le 10 mars 1929 le conseil municipal décide de construire l’actuel Hôtel des Postes. M. SAUTERAUD est désigné comme architecte. Le 25 janvier 1931 un chauffage central est posé à la Poste. Le 20 Juillet 1946 le conseil décide de céder le bureau des Postes à la direction régionale des PTT.
Le 27 octobre 1956 on relève dans la Presse que « Le village de Nexon a été mis en émoi hier, « le facteur Mr G. qui n’avait pas quitté son poste depuis la guerre, « ne fit pas ses tournées habituelles. Les habitants, surpris envoyèrent une délégation chez lui, ils trouvèrent le malheureux les pieds « meurtris, dans une bassine d’eau chaude et soupirant : je ne veux plus porter que des chaussures à semelles de cuir. »

Pour en savoir plus lire :
Paul DUCOURTIEUX, « La Poste en Limousin » dans le bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, TOME LXII-1913