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LOGO2Une visite au moulin de la Mazaurie.

Le moulin de la Mazaurie figure sur le cadastre napoléonien de 1817, feuille H3, avec cette écriture mais également « Masorie » sur le plan d’assemblage de ce cadastre.

Cadastre napoléonien de 1817, feuille H3 (extrait)
Cadastre napoléonien de 1817, extrait de la feuille d’assemblage

I- L’histoire du moulin

Le moulin de la Mazaurie appartenait à la famille Hébrard de Veyrinas. Il a été donné à bail à Jean VENTOUX le 13 septembre 1752.

En 1775 le Sieur de Veyrinas a vendu le moulin à Suzanne MESNIER, veuve de Jean PRADEAU qui devait être le meunier du moulin.

C’est ensuite Léonard PRADEAU, né vers 1770, qui est meunier à la Mazaurie. Marié avec Marguerite AUTHIER ils ont un fils, Jean PRADEAU qui naît le 25 novembre 1797. Il sera lui aussi meunier. Il épousera Marie BRAGARD (1809-1855) qui lui donnera un fils qu’ils prénommeront également Jean.

Jean PRADEAU naît à la Mazaurie le 23 avril 1836. Il y décédera le 29 janvier 1917 à 81 ans.

Acte de naissance de Jean Pradeau, 23 avril 1836. (Archives départementales de la Haute-Vienne)

 Jean PRADEAU épouse, comme son père, une Marie BRAGARD qui lui donne quatre enfants : Augustine, Jean, François et Thérèse. Jean, le premier garçon a le même prénom que son père et que son grand père. Il est né le 7 octobre 1865 et il prendra la suite de son père au moulin.

Acte de naissance de Jean Pradeau, 7 octobre 1865. (Archives départementales de la Haute-Vienne)

 De son mariage avec Catherine GUILHAT, naîtra le 6 novembre 1889 un garçon qu’ils appelleront Emile.

Acte de naissance d’Emile Pradeau, 6 novembre 1889. (Archives départementales de la Haute-Vienne)

Ce garçon ne prendra pas la suite de son père car l’activité du moulin a dû cesser au moment de la guerre de 1914-1918.

 Après avoir épousé Louise CHATEAU à Quimper en 1912 Emile PRADEAU effectue une carrière militaire qu’il termine avec le grade de capitaine. En quittant l’armée il est nommé greffier en chef au Tribunal de Grande instance de Senlis. Le 10 mars 1933 il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur. Il décède à Paris en février 1974.

Le Courrier de l’Oise, 26 mars 1933

Le moulin de la Mazaurie et les terres qui l’entourent étaient convoité depuis plusieurs générations par la famille Mazeaud. En effet l’emplacement sur lequel a été construit la villa de la Vigne a été choisi à cause de la vue qu’il offrait sur le moulin.  La famille craignait que ce moulin soit un jour détruit et remplacé par un hangar ou une hideuse construction. C’en aurait été fini de la belle vue ! Mais Emile est-il décidé à le vendre ? A une date non indiquée, alors qu’il est greffier en chef au TGI de Senlis, il adresse une photo du moulin avec une demande d’insertion de celle-ci dans un journal dont nous n’avons pas le nom.

Emile Pradeau connaissait bien la famille Mazeaud et il ne pouvait pas oublier que les recommandations de Felix, alors Procureur de la République à Lyon, avaient facilité son intégration dans le corps des greffiers. Il consentit d’abord à louer le moulin puis, après bien des manières, il le vend en 1971 à Henri et à ses enfants.

C’est avec Jacques Mazeaud et son fils Denis que je me suis rendu au moulin de la Mazaurie, le 30 juillet 2020.

II- La visite du moulin

Le chemin débouche sur la digue de l’étang. A droite, en contrebas des écuries et le moulin.

Nous traversons et nous nous garons en face d »une grange ancienne avec, devant elle un four à pain en ruine, envahi par la végétation.

Malgré la sécheresse l’étang est bien rempli mais il n’y a plus les nénuphars qui se trouvaient sur la photo prise par Emile Pradeau.

Nous entrons dans le moulin par la maison du meunier.

On pénètre dans la pièce principale avec sa grande table, une maie et la cheminée. A coté la pièce qui servait de chambre à coucher.

A droite de la cheminée un petit escalier mène au moulin. On arrive au dessus de deux paires de meules, signe que le moulin avait une certaine importance.

Chaque meule est composée de deux parties, une fixe, dite dormante et au dessus la meule tournante. En tournant les meules qui sont en granit ou en silex s’usent. Il faut alors les repiquer afin d’obtenir une mouture toujours aussi fine.

C’est le piquage ou le rhabillage de la meule. Si les meules tournent tous les jours il faut réaliser cette opération 2 ou 3 fois dans l’année. C’est un travail difficile car il faut d’abord lever la meule tournante et avec des marteaux et une boucharde frapper avec précision la pierre pour obtenir des sillons rectilignes et fins. Dans les petits moulins ce travail était effectué par le meunier lui-même mais dans les grands moulin c’était l’affaire de spécialistes dont c’était le métier.

Par l’œil, au centre de la meule tournante, le meunier versait le grain dans les meules et la mouture tombait dans le bac, plus bas. Le crochet servait pour lever la meule tournante.

La première paire de meules.

A coté des meules un système de poulies pour relever les meules tournantes.

On descend au rez de chaussée pour aller voir la roue.

Ce qui reste de la roue

La transmission du mouvement se fait par l’arbre qui pénètre dans le moulin, à gauche. Par un jeu d’engrenages, en bon état, la meule entre en mouvement. Sur l’arbre de la roue hydraulique est fixé un rouet muni d’alluchons, les « dents », qui entraînent les fuseaux de la lanterne fixée sur l’axe qui fait tourner la meule allante, tournante ou courante.

La transmission du mouvement de la roue hydraulique à la meule.

Le moulin en lui même n’occupe qu’une toute petite partie du bâtiment. Le vaste espace qui donne sur l’extérieur par le grand portail à deux battants servait à stocker les sacs de céréales, de son, de farine et ranger le matériel du meunier. Deux auges en bois pour la nourriture des cochons sont entreposés.

Les auges en bois

En sortant on a une vue magnifique sur La Vigne, d’où, le soir on peut admirer le moulin illuminé pendant une heure, pour la le bonheur de ceux qui passent sur la route entre Valette et La Mazaurie.

Pour connaitre les autres moulins du pays de Nexon il faut lire le livre très complet de Camille LARCHER, Les anciens moulins du pays de Nexon, Editions « Les Monédières », 2011.

LOGO2La Rue Victor Hugo et ses commerces, hier et aujourd’hui.

Au début du XXe siècle la rue qui part du centre du bourg et mène à l’église s’appelle la Rue du Centre. Sur le coté droit, en montant, toutes les maisons ont un magasin au rez de chaussée et leur commerce est prospère. Sur le coté gauche, un mur clos le jardin de la maison bourgeoise, située à l’angle de la rue d’Arsonval, qui appartenait à la famille BOUTAUD-LACOMBE.

Il y a un caniveau sur le coté gauche par contre à droite un large trottoir facilite la déambulation des clients des nombreux magasins. Les maisons possèdent des mansardes, les toits sont en ardoise ce qui est le signe d’une certaine aisance. En effet, avant l’arrivé du train, dans les régions éloignées des ardoisières, les toitures étaient en tuiles. Seuls les châteaux, les églises et quelques maisons de notables étaient couvertes d’ardoises.

En 1948, comme presque toutes les rues de Nexon, la rue du Centre a vu son nom changer pour devenir la rue Victor HUGO.

Carte postale éditée par Champeaud-Terrasson
Carte postale éditée par Desprats

Prises presque sous le même angle, ces deux cartes postales donnent un bel aperçu de l’importance des commerces. Elles montrent la rue du Centre avant la Première Guerre mondiale à un moment ou de nombreux militaires stationnaient à Nexon à l’occasion de manœuvres.

La première maison en montant coté droit, numéro 2 actuel, était un bureau de tabac. Il est ici depuis 1910, et avant il se trouvait un peu plus haut dans la rue. Pierre DESPRATS est receveur buraliste depuis 1901. Cet emploi était réservé aux anciens combattants, ou victimes de guerre. Il vendait du tabac, monopole dEtat et percevait les taxes sur les alcools et leurs transports. A coté de la vente des timbres et des vignettes il édite des cartes postales. pendant l’année 1918 son bureau est très fréquenté par les soldats américains qui stationnent à Nexon. L’un deux indique au dos de la carte éditée par DESPRATS  » « Post Card Store ».

Par la suite le bureau de tabac a de nouveau changé de place, il a été installé rue Pasteur puis avenue Gambetta.

Au cours des années 1950 c’est une épicerie à l’enseigne DOC qui s’y est installée. Elle était tenue par M. Claude OLIVERO. Il a présidé l’A.S. Nexonnaise de 1985 à 1987.

Après le DOC c’est une compagnie d’assurance qui s’est installée au numéro 2, la compagnie AXA.

Au dessus de la porte d’entrée, la date de construction de l’immeuble, « 1883 ».

L’agence AXA de Nexon a fermé, seule celle de saint Yrieix est ouverte. la vitrine est vide, seul le nom sur la boite aux lettres permet de connaitre le nouvel occupant : Le service équipent des communes du Conseil départemental.

Au numéro 4 se trouvait l’Hotel de France et la pâtisserie BOURDEIX.

Alexis BOURDEIX (1856 -1890) et son fils Raymond (1883 – 1964) étaient pâtissiers. La maison BOURDEIX était très réputée, l’une de ses spécialités appréciée par les nexonnais était le baba au rhum. La maison était également connue pour ses conserves de gibiers. Au décès de son mari en 1890, Madame BOURDEIX prend la direction des affaires. C’est sans doute la qualité de ses produits qui a conduit un officier américain, H.A. GIFFORD, qui séjournait à Nexon, sans doute à l’hôtel, à coller une vignette sur le livre souvenir de son régiment.

The History of Battery E 66th Artillery C.A.C.

Après les BOURDEIX ce sont les CROUZILLE qui prennent la gérance de la patisserie.

Au début des années 1960 un restaurant vient s’adjoindre à la pâtisserie. Le Doc fait l’angle avec la place Fratellini.

Après la fermeture de la pâtisserie, dans les années 1980, c’est une épicerie-primeur PINTEAUX qui s’y installe.

Puis plusieurs restaurants se sont succédés, sans demeurer très longtemps. L’Orchidée a ouvert en 2005.

Puis lui a succédé Chez Fifi, ouvert de mai 2009 à juin 2013.

Après les restaurants ce fut à partir du 15 juin 2016 un dépôt-vente, « L’Armoire Magique ». Fin avril 2017 l’entreprise a déménagé pour s’installer dans un local plus petit, juste à côté au numéro 6.

C’est une entreprise de services à la personne  » Quartier Libre Services  » qui a pris la place.

A côté, au numéro 6, au début des années 1900 il y avait une chapellerie de M. NOUHAUD qui était en même temps coiffeur et barbier.

Le bourrelier Prosper LAPLAUD qui était rue Gambetta y transfert son atelier.

Au début des années 1950 M. Lucien PASQUET qui était installé à Janailhac a ouvert un magasin d’électricité et d’appareils radio à la marque RADIOLA. .

Au début des années 1960 M. PASQUET a transféré son magasin au N° 1 de la rue d’Arsonval.

A la place, M. Raymond LABREGERE a ouvert un atelier de tailleur d’habits. Il avait comme apprenti Gaston LABREGERE. Il réside à Nexon et m’a raconté le travail du tailleur jusqu’à ce qu’arrive l’industrialisation du prêt à porter. Nexon en a profité pendant quelques années lorsque Vet-France a ouvert un atelier, d’abord dans la rue Pierre et Marie Curie puis aux Gannes. Jusqu’à cette arrivée du « prêt à porter » les notables portaient tous les jours le costume et les dimanches ainsi que les jours de fête la plus grande partie des hommes s’habillaient en costume. Ils étaient faits sur mesure par le tailleur. Certains clients en faisaient faire plusieurs chaque année, et général il fallait un costume neuf pour Pâques. Les tissus étaient choisis sur échantillon et M. LABREGERE commandait le métrage nécessaire. Il fallait en moyenne 2 à 3 semaines pour que le costume soit prêt compte tenu du temps de transport du tissu et de l’essayage nécessaire avant les finitions. Mon grand-père, Henri MALARDEAU fabriquait du tissu que les dames appréciaient pour leurs manteaux.

L’Armoire magique qui avait transféré sa boutique du numéro 4 au 6 le 2 mai 2017 l’a fermée le 30 septembre 2017.

Aujourd’hui il n’y a plus de boutique, ce n’est qu’un logement.

Au numéro 8 il y avait jusqu’en 1910 le bureau de tabac, passé ensuite au numéro 2, et Louis CHARREIX. En 1900 le receveur-buraliste était M. SERRE et en 1896 M. ROUSSEL. On voit bien la carotte, nom donné à l’enseigne rouge que l’on trouve à l’entrée de tous les bureaux de tabac depuis 1906, qui se détache du mur, au bout de la rue.

Le bureau de tabac a été remplacé par l’épicerie de Mme IMBAUD. Elle était la sœur de Léonard LASPOUGEAS, forgeron à Saint Priest Ligoure qui a construit la première automobile du Limousin en 1896. L’épicerie est restée fermée au début des années 1960 puis ce fut le dépôt de pain de la coopérative de panification de la Valoine, la BOCOVAL, lorsque les boulangers n’ont plus accepté de faire l’échange-blé pain. Il ne s’y vendait pas de pain la semaine mais il y avait foule le dimanche. Ensuite s’y est installée l’agence d’assurance Générali.

A gauche de la porte d’entrée c’est la boutique d’Henri CHARREIX, ferblantier. C’est un homme éclectique qui est plombier, électricien, monteur de pompes et qui tient en même temps la salle de bal qui se trouvait sur l’actuelle place Fratellini. Après Henri c’est Jean CHARREIX qui a pris la suite. En 1946 il a cédé la moitié du fond à Robert-Jean CHARREIX

Robert-Jean (1908 – 1983) est le fils de Pierre CHARREIX lui même ferblantier rue du Centre.

Le Populaire du Centre 21 juin 1946
Les factures de Robert n’ont pas la beauté de celles d’Henri

Une boucherie a pris la suite du plombier. Ce fut d’abord M. PRADEAU, dit »Saucisson ». Ensuite pendant quelques mois M. AGARD et ensuite Pierre ASTIER. Ouvrier charcutier à Limoges il s’est installé à Nexon en 1963 et à fermé en décembre 1997. Je l’ai rencontré quelques mois avant son décès, en avril 2020. Il avait une mémoire fabuleuse et connaissait toutes les petites histoires du pays. Il m’a expliqué l’évolution de la consommation de viande, les éleveurs à qui il achetait les bêtes, l’arrivée des agriculteurs Normands qui se sont mis à élever des bovins Limousins… Mais sa vie était marquée par le décès de son fils Eric, tué accidentellement alors qu’il avait 47 ans. Il m’a donné une feuille du papier qui servait à emballer la viande, seul souvenir qui lui restait de sa boucherie. Je la trouve très belle.

L’élégant papier d’emballage de la viande de M. ASTIER

Aujourd’hui le cabinet d’architecture Epure occupe les deux boutiques qui hier étaient séparées.

le 1er janvier 2017 M Fabrice GERVILLE REACHE a quitté le cabinet Epure et cédé ses parts à Anne SIMON.

Au numéro 10 se trouvait la mercerie des demoiselles VIALLE.

Les trois sœurs VIALLE

La famille VIALLE était originaire de Corrèze. Des trois sœurs, Elise, Georgette et Françoise. Georgette et Françoise se sont mariées. Françoise a épousé le 11 mai 1925 à Nexon, Jean Baptiste LELONG, boucher Place de l’Eglise. Ils ont eu une fille, Yvette, une des meilleures amies de Rose FORGERON, née VIGNERON.

De chaque côté du magasin il y avait deux grands comptoirs. Du côté mercerie un grand choix de boutons, rubans, dentelles…de l’autre les tissus tout aussi abondants. Toutes les jeunes filles adoraient aller dans ce magasin.

Un magasin de Radio-Télé et Electro-ménager y a été installé dans les années 1970. A l’automne 1986 M. BETHOULE a fermé son magasin de Nexon et a conservé son atelier de Janailhac.

Puis il y eu Alain BUFFAT avec son atelier de réparation d’ordinateurs et d’équipements périphériques de fin 2009 à juin 2016. Le cabinet d’ostéopathie de Mme Elise GONZALEZ a pris la suite.

Le cabinet d’ostéopathie

L’immeuble du numéro 12 est divisé en deux parties. A droite de la porte d’entrée un immeuble d’habitation qui appartenait au début du XXe siècle à la famille JOUHAUD. Le père, Jean JOUHAUD né à Bourganeuf en 1864 était employé de commerce. Il a épousé le 11 janvier 1890 à Nexon Jeanne BARRET qui était sage femme. Il a ouvert un commerce de vin en gros avec un chais rue Saint Ferréol. Ils ont eu quatre enfants. L’aînée Marie Alice a épousé Jean Paulin LASPOUGEAS grand père de Michèle (1944 -1986) ma première épouse, puis Hélène, Renée et Maurice (1905 -1983). Ce dernier a pris la suite de son père. Sa fille Noëlle a épousé Angel VILLESSOT, garagiste à Jumilhac qui a créé une entreprise de transport par autocars que préside son fils Patrick .

A gauche de la porte d’entrée le magasin a été celui de M. MARTY « Nexon Mobilier » .

Ensuite M. Fernand ERBAULT y a transféré son atelier de moulage de porcelaine de la rue Pasteur et son épouse y a développé un commerce de fleurs.

Annuaire téléphonique 1976

Lorsqu’ils ont pris leur retraite ce fut d’abord l’agence immobilière S.T.I.A.

Puis HM Immo.

L’immeuble au numéro 14 a toujours compté une boulangerie le second commerce ayant changé selon les époques.

Il y a eu une auto-école, le dernier a y avoir un bureau était M. H. RAFFIER. Il est ensuite parti à Limoges.

Depuis novembre 2010 c’est la La Sabataria, un atelier de réparation de chaussures et d’articles en cuir de M. François FESNEAU qui y est installé. Autrefois il y avait ici le magasin de tissus des demoiselles DESCHAMPS. C’était celui dans lequel on trouvait les plus beaux tissus.

A coté la boulangerie existait depuis le XIXe siècle mais je n’ai pas retrouvé la trace des anciens propriétaires. Dans les années 1930 il y avait M. BRECZENSKI. Sa fille Janine allait à l’école avec Rose VIGNERON. Ensuite M. TEXEROT.

Après son départ pour la retraite M. TEXEROT a loué son fonds à M. VILLENEUVE, puis à M. COUTEAU et enfin, à partir du 3 novembre 2015 à Mme S. VALADE. La boulangerie a fermé en mars 2017 et elle cherche toujours un repreneur.

LOGO2La rue Pasteur, coté impair, suite. Du numéro 15 à 33.

Un porche sépare les immeubles des numéros 13 et 15.

Au numéro 15 il y a eu pendant de très nombreuses années une boulangerie. Elle a été tenu pendant de nombreuses années par les MEYNIER, une famille de boulangers descendant de Jean MEYNIER né à la Meyze en 1831. Ces trois garçons furent tous les trois boulangers, à La Meyze puis à Nexon pour l’un, Pierre -Buffière et Coussac – Bonneval pour les deux autres. Le troisième, Martial MEYNIER a dû arriver à Nexon vers 1890, commune dans laquelle son premier fils Jean Martial est né en 1895. Son troisième fils, Martial Adrien, né en 1900 a pris sa suite comme boulanger. Dans la famille un des fils MEYNIER est transporteur et pendant la seconde guerre mondiale il est l’un des rares à posséder un camion. Aujourd’hui c’est le Docteur Marie-Claude FURELAUD-MEYNIER qui a vissé sa plaque à la place de l’ancienne boulangerie. Dans le même immeuble, Thierry FURELAUD exerce le métier d’architecte. On accède à son cabinet en passant par le porche. L’immeuble appartient toujours à la famille MEYNIER.

La boulangerie avant 1914.

Après la guerre de 1939-1945, la boulangerie a été tenue par MM. ANDRIEUX, puis GROLLAUD pendant les années 1960 et Michel BARNABET.  Il a ensuite transféré sa boulangerie dans la rue Gambetta

Monsieur FURELAU s’y installe comme architecte et son épouse, le docteur FURELAU-MEYNIER comme médecin.

-L’immeuble situé au numéro 17 appartenait à M. et Mme AYMARD. Après avoir créé son usine électrique M. AYMARD et son épouse ont acquis plusieurs maisons à Nexon. L’avantage des propriétés situées sur la droite en descendant la rue Pasteur, qui à l’époque s’appelait rue du nord, c’est qu’elles donnaient sur la rue de l’usine électrique où Monsieur AYMARD avait son usine électrique et son garage. Après son décès accidentel la maison appartint à sa veuve et à sa fille qui avait épousé M. LENOIR, électricien à Nexon jusqu’au début des années 1930. La famille LENOIR et Mme veuve AYMARD sont parti à Excideuil. En 1939 ils ont vendu leur immeuble à M. et Mme CHIROL.

Cet immeuble est ainsi décrit dans l’acte : « Immeuble situé à NEXON (Haute Vienne) rue du Nord et rue de l’Electricité, comprenant : Maison à usage d’habitation, en façade sur la rue du Nord, composée de rez de chaussée, cellier à coté, premier étage, grenier mansardé au-dessus ; derrière la maison cour avec petites dépendances et Jardin faisant suite au tout et dans son prolongement, bâtiment à usage de garage, cour au-devant sur ladite rue de l’Electricité. »

Après le décès accidentel de Louis AYMARD, Louis VALETTE qui était son mécanicien a pris sa suite.

Il loge dans l’immeuble et expose les modèles des nouvelles voitures au rez de chaussée.

 M. Henri DENIS (1889 – 1950) était locataire de la maison et propriétaire du chais qui donne sur la rue Pierre et Marie Curie. Né à Saint Martin le Vieux, il est rappelé sous drapeaux en 1915 et affecté au 20ème dragon. A la fin de la guerre il devient commis voyageur puis, excellent cavalier, il s’engage dans la gendarmerie à cheval. La vie de gendarme ne convient pas à son caractère alors il change de métiers. Il achète le garage VALETTE et y installe un chais. Il crée un commerce de vin en gros et en en détail. Son fils Maxime DENIS (1914 – 1987) le fera prospérer.

Dans le chais il y a toujours les traces de l’ancien garage avec en particulier le logo CITROËN gravé dans le ciment.

Le logo Citroën dans le chais de M. Denis

Lorsque madame CHIROL vend son immeuble Maxime Denis et son épouse l’achètent. Ils y créent des chambres pour l’hôtel et transforment le magasin en studio. Il sera loué, au début des années 1980 il l’est au docteur Marie Claude PEYRICHOUX qui y installera, jusqu’en 1985, son cabinet médical.

L’immeuble, entièrement rénové, est la résidence nexonnaise de M. et Mme LEOBON.

Le numéro 17 en 2020

-Numéro 19.

C’est un immeuble d’habitation qui appartenait à Mlle CHARREIX, employée à la Poste à Limoges.

Il y avait au rez de chaussée un bureau de tabac tenu par M. DESBORDES, mutilé de la guerre de 1914-1918. Il le transfèrera par la suite rue Gambetta.

Monsieur PERRIARD qui était plombier s’y installa puis M. F. ERBAULT qui fabriquait des moules en porcelaine. Il y eu ensuite, à la fin des années 1960, la Maison du Meuble de Mme ADAM.

Ensuite M. Raymond FONCHY achète l’immeuble et passe son activité d’électricien et son commerce d’appareils de radio et de télévision du n° 8 au n° 19 de la rue Pasteur.

Par la suite le magasin a été supprimé et n’est plus qu’un immeuble d’habitation appartenant à la famille FONCHY.

le numéro 19 en 2020.

-Au numéro 21, il y avait un restaurant et une habitation, propriété de de M. et Mme François AUTHIER. François AUTHIER, né à Nexon en 1878, a épousé en 1902, Joséphine AYMARD, la sœur de Louis AYMARD, le futur créateur d’une usine électrique à Nexon. Ils avaient acquis ce bien en 1907 de M. et Mme Pierre BRAGARD.

M. AUTHIER, au moment de son mariage en 1902, était tailleur d’habit et son épouse couturière. Ils sont devenu restaurateurs en 1906, peu de temps avant d’acheter l’immeuble. Ils l’ont vendu en février 1941 à M. et Mme PEYNICHOU.

L’acte notarié décrit ainsi l’immeuble ; « Une maison à usage d’habitation et de restaurant situées Nexon, rue du Nord et rue de l’Electricité, composée au rez de chaussée d’une salle de restaurant d’une cuisine et d’une salle à manger, cave sous le tout, au premier étage, quatre pièces et grenier au-dessus ; attenant à la maison, une cour dans laquelle se trouve un puits avec pompe, waters closets, deux petites étables, hangar et remise en façade dans la cour, le tout d’un seul tenant, figurant au plan cadastral de la commune de Nexon, sous les numéros 47- 48 et 45p de la section A, pour une contenance totale de deux cent vingt mètres carrés environ et confrontant dans son ensemble à la rue du Nord, aux immeubles Dudognon et Estier à la rue de l’Electricité, aux immeubles restant appartenir aux vendeurs et par eux réservés et aux immeubles de Mademoiselle Charreix. »

Après le décès de son père, Marthe PEYNICHOU, épouse de Maxime DENIS, hérite de l’immeuble et de ses dépendances. Elle développe le restaurant. Utilisant son prénom comme enseigne M. DENIS, le dénomme « Chez Maxime ». Mais il n’y avait alors pas besoin d’enseigne. Les jours de foire le restaurant était complet du matin au moment du casse-croûte jusqu’à la fin de l’après-midi. Les repas pour les fêtes de famille, les baptêmes, les communions, les fiançailles, les mariages s’y tenaient régulièrement. Les touristes aimaient y séjourner, des chambres avaient été aménagées au numéro 17.

Madame DENIS, à gauche, avec ses employées et sa fille Rachel au premier rang.

Le restaurant « Chez Maxime » deviendra une table recherchée pour les événements familiaux, baptêmes, communions et mariages mais aussi pour les repas copieux servis les jours de foire.

Pendant les congés, l’hôtel reçoit de nombreux vacanciers, souvent des habitués. Les voyageurs de commerces font partie des clients réguliers.

Des parisiens en vacances à Nexon.

La réputation de la maison résulte non seulement des talents de cuisinière de madame Marthe DENIS mais aussi de la qualité des vins que commercialise Maxime DENIS et que l’on retrouve sur la carte du restaurant. Nous consacrerons un prochain article à un extrait de sa carte.

Après sa retraire Madame DENIS louera son commerce à différents restaurateurs. Le premier d’entre eux fut M. Christian MARSAC au milieu des années 1970.

En 2005 le restaurant devient « Le Petit Chef ». Il est tenu par Bruno ROYER qui le fera prospérer jusqu’en 2010 avant de partir s’installer à Glandon.

Il est remplacé par Cyril TRILLAUD et son épouse. Ils exploitent le restaurant pendant quelques années et en novembre 2015 ils vendent le fond.

Mme Roselyne ROMANO achète le fond et transforme le restaurant en un « bar-crêperie » à l’enseigne « Les deux anges » dont la salle avait été entièrement redécorée.  

Le restaurant fonctionne quelques mois et cesse son activité.

Pour ne plus avoir à subir la succession de plus en plus rapide des gérants, Mme LEOBON rachète le fond et vend l’ensemble de l’immeuble. Il est acheté par un couple d’enseignants qui maintenant y habite.

-Au numéro 23 s’élève une des plus ancienne maison de Nexon. On y accède par un escalier qui descend au rez de chaussé, en contrebas du trottoir. L’immeuble appartenait à M. DESPLANCHES et pendant les années 1945 – 1970, M. et Mme DUDOGNON y sont coiffeurs. Germaine DUDOGNON a son salon installé au 1er étage tandis que se mari, Albert, coupe les cheveux au rez de chaussé. Il tient également, dans l’angle de la maison avec la rue Pierre et Marie Curie, une petite poissonnerie.

L’immeuble en 1984
Le numéro 23 en 2020

Après avoir traversé la rue Pierre et Marie Curie on longe un pré. Il appartenait à Baptiste LELONG dont la boucherie était située en face de l’église.  Il a été amputé de quelques mètres pour faciliter la prise du virage par les camions qui venaient de La Plaine ou de La Meyze. Au belles heures du haras les chevaux du baron étaient conduits régulièrement.  

Au numéro 23 bis se trouve l’entrée dans cet ancien pré devenu un parc au fond duquel un pavillon a été construit.

Au numéro° 25 il y avait autrefois un garagiste, M. GUYONNAUD, le frère du coiffeur de la rue Gambetta. Puis l’épicerie de Mme HELION, dont les crayons de couleur faisaient envie à tous les jeunes écoliers et écolières. Maintenant c’est une habitation.

En remontant vers Cornedie on passe devant les numéro 27 et 27 bis, puis on arrive à la Rue René Cassin qui a été ouverte pour permettre l’accès au lotissement construit sur les prés du baron.

Vue sur le lotissement

Au numéro 29 une belle petite maison avec jardin qui étaient avant-guerre la propriété de Mme Saint-Ange. Elle les a légués à l’Eglise et pendant quelque temps le curé LATZARUS y a habité. Par le suite la propriété a changé de main et appartient à Mme BILLAT.

Sur le côté droit de la maison, juste au-dessus du volet droit quand il est ouvert, une pierre de taille porte gravée l’année 1759.

Au numéro 31 une ancienne grange a été transformée en habitation. Dans les années 1930-1960 y habitait le garde champêtre, M. NARDOT et sa famille. Jusque vers la fin des années 1950 il battait le tambour et lisait, à forte voix, sur les places du bourg et dans les villages, les avis officiels.

Au numéro 33, une belle maison aux volets rouges et dans le coin droit du mur une croix avec gravé : JEAN guyo 1774 -.

Arrivé au bout de la rue, et avant de repartir pour parcourir le côté pair, je remercie une nouvelle fois Madame le docteur FORGERON dont la mémoire parcourt sans fatigue les rues de Nexon, me dressant une trame que je n’ai plus qu’à approfondir. Merci également à Madame LEOBON, redevenue la jeune Rachel DENIS pendant plusieurs heures que nous avons passées à faire revivre le Nexon de notre jeunesse.

LOGO2Rue Gambetta côté impair de 21 à 29.

Au numéro 21, faisant l’angle avec la rue Lavoisier se trouve une belle bâtisse qui abritait autrefois l’hôtel du Nord.

L’hôtel du Nord vers 1906. L’électricité n’est pas encore distribuée partout.
L’hôtel du Nord après 1910. Les poteaux électriques sont maintenant nombreux.
L’hôtel du Nord en 1984

En 80 ans on ne constate pas de changements notables dans la rue si ce n’est les poteaux électriques .L’hôtel du Nord est tenu par la famille de Pierre LAUZEILLE avant la guerre de 1914-1918. Il est en même temps marchande de vin. Leur fils Jean Baptiste, né à Nexon le 16 mai 1875 épouse Marie Thérèse CHARRIER le 11 janvier 1906 à Meilhac. le père est donné hôtelier et marchand de vin et le fils seulement marchande de vin.

A la famille LAUZEILLE a succédé Henri ROUSSEAU puis, quand l’hôtel de la Poste a fermé, la famille de Jean LEYMARIE. Il exerce plusieurs métiers: hôtelier, maçon, transporteur. C’est son épouse qui tient le bar. Leur fille Georgette épousera M. DUDOGNON et ne prendra pas leur suite.

A la fermeture de l’hôtel un salon de coiffure va s’ouvrir tenu par M. et Mme ROCHE. C’est un salon mixte, homme et femme. Ils ont également un salon de coiffure à Cauterets (hautes Pyrénées) qu’ils ouvrent pendant la saison thermale. Les Roche vendent leur fonds de coiffure à M. ERNY et partent s’installer à Limoges.

A la fermeture du salon de coiffure, Dominique BAGUR transforme les locaux en cabinet dentaire. En janvier 2007 M. David MAURY qui a acheté la maison y installe son entreprise de plomberie, chauffage et sanitaire. En septembre 2019 il choisit une autre orientation en devenant enseignant et choisi Alexandre HANGANU de l’entreprise ACPS 87 comme successeur.

Le Populaire 13 septembre 2019

En continuant la rue vers la gare on longe un long et haut mur que surplombe des jardins et en face de la rue La Fontaine, ancienne rue du Pont de la Grange, on tombe sur une borne kilométrique Michelin.

Dès les 1908 André MICHELIN, s’inspirant de l’Angleterre, propose aux communes des panneaux signalant l’entrée dans la commune, qui sont également une publicité pour sa marque.

Dès la fin de la guerre , en 1918, Michelin propose également des bornes d’intersection indiquant les directions et les kilométrages. Pour les fabriquer il utilise des plaques de lave émaillée posées sur un pied en béton armé. Leur production prendra fin en 1971. Beaucoup ont été détruites mais elles méritent d’être conservées comme élément du patrimoine et entretenues.

Juste après la borne , après être passé à coté du magnifique araucaria, on arrive au garage fondé au début des années 1930 par Fernand CHIBOIS, né en 1896 à Saint Yrieix la Perche. Il l’exploite avec son épouse Marguerite qui lui donnera 8 enfants. Yvette est la camarade de Rose FORGERON, née VIGNERON, dont la mémoire sans faille lui permet de retracer l’histoire des commerces que j’enrichi de quelques photos. Parmi les garçons citons Robert, plus jeune, père de Jacques CHIBOIS le célèbre cuisinier de Grace qui n’oublie pas son Limousin natal où il revient chaque année.

Une publicité en 1965
Publicité en 1980

Après M. CHIBOIS plusieurs garagistes se sont succédés, en juillet 1996 c’est Daniel GOSSELIN qui s’est installé et au début de l’année 2017 il a été remplacé par MJ. AUTO.

La rue ne s’appelle plus rue du Nord mais Avenue de la Gare. Dans la grande maison du numéro 25 il y une boutique, manifestement fermée, mais je ne l’ai pas identifiée. La maison appartenait à Mme PRUNET et après la fin de la guerre de 1914-1918 la boutique est supprimée. A la place il y des chambres qui sont louées . Mme PRUNET était veuve et tenait une épicerie dans le bourg. Elle a fait éditer plusieurs cartes postales comme celle ou il y les croix sur sa maison. Elle possédait à Limoges, rue Beyrand une fabrique de chapeaux en feutre.

La vue a été prise avant 1905, on voit la boutique.
Cette carte est éditée par la Vve Prunet. Elle est écrite par 2 sœurs qui travaillent dans le bâtiment de la perception. Elles ont marqué de croix l’endroit où elles habitent. On voit encore sur le mur les traces de l’ancienne boutique.

Ce fut ensuite le cabinet dentaire de M. BOISSEUIL. C’était un cabinet secondaire, le cabinet principal était à Limoges, place Jourdan ou il habitait.

En 1985 EUROP’AMBULANCE s’y installe.

Publicité de 1986

Puis M. Bernard PRADEAU y transfère ses bureaux de Montezol. Les compagnies représentées évoluent avec les restructuration que connait le secteur pendant les années 1970 -2000. Un long parcours a débuté en avril 1998, après la prise de contrôle des AGF par Allianz pour aboutir en 1998 à la fusion des AGF avec Athena et Allianz France. Cela se traduit par le passage, en mars 2000, à des enseignes communes, puis au lancement, courant 2000, de gammes communes de produits. En 2009, la marque commerciale AGF disparaît au profit d’Allianz France.

Publicité de 2006

Christophe et Aurore BONNEVAY sont actuellement agents généraux Allianz à Nexon et à Limoges.

La maison du numéro 27 ne ressemble plus à celle des années 1900. En 1905 comme en 1920 on voit une boutique à laquelle on accède par trois marches. C’était une modiste qui fabriquait des chapeaux pour femme, le terme chapelier étant réservé à la fabrication de chapeaux pour homme. Avant la guerre de 1939-1945 les femmes devaient absolument avoir un chapeau, en feutre l’hiver, en paille l’été. Les hommes portaient un chapeau l’hiver et l’été un canotier et en toute saison une casquette. la dernière modiste dans cette boutique a été Mme FOUILLAUD et avant elle Mme JOFFRE.

Les numéros 25 et 27. De la boutique de modiste on voit encore les trois marches. le garage a été rajouté.

Ensuite il y avait autrefois un vaste terrain à l’état de prairie qui appartenait à M. PRADIER. La partie la plus proche du cimetière était clôturée et louée au Dr. JUMEAUX-LAFOND qui y menait son cheval. Pendant la guerre, étant donné la pénurie d’essence , les médecins se déplaçaient ou à pied, ou à cheval, le Dr JUMEAUX-LAFOND en selle et le Dr LELONG en voiture légère à 2 roues.

C’est sur ce grand terrain, acheté par la commune qu’a été construite la gendarmerie. Elle porte le numéro 29.

La gendarmerie au 29 rue Gambetta.

A coté de la gendarmerie a été construit le centre de secours des pompiers. Il a été inauguré le 17 juin 1972 par M. Olivier PHILIP, préfet de région.

En longeant le mur du cimetière et sa rangée de tilleul on arrive à la chapelle des garennes, dédiée à Notre-Dame des Garennes. La statue est atypique, la vierge tient l’enfant Jésus de la main gauche et une quenouille de la main droite.

La chapelle et au fond le monument aux morts.

LOGO2Rue Gambetta, coté impair n° 11 à 19

Au numéro 11 se trouve la maison la plus récente de ce côté de la rue, ce qui explique le recul du 1er étage par rapport au rez de chaussée. A l’étage se trouve un appartement et au rez de chaussé une boucherie tenue par Jean Gabriel GUYOT, né à Châlus le 27 août 1890, décédé à Nexon le 23 juin 1972. Garçon boucher il avait épousé Eugénie DESPLANCHES le 18 décembre 1919 à Nexon. Leur fils, Albert Charles GUYOT et son épouse Yvette GRANET ont pris leur suite.

Acte du mariage de Jean Baptiste Gabriel GUYOT avec Eugénie DESPLANCHES

A leur retraite la boucherie a été reprise successivement par plusieurs bouchers. Le Grillon Limousin a fonctionné pendant une dizaine d’année avant de déposer son bilan en juin 2005.

Le fond a été repris par M. Jérôme CHABAUDIE et Mme Virginie VILLEMONTEIX puis a été vendu en 2012 à la société LES DÉLICES DE LIONEL dont le siège était à Payzac en Dordogne. Elle exploitait la boucherie de Nexon comme établissement secondaire. Dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire la boucherie a été cédée à Gregory MICHAS. Il a commencé l’exploitation en décembre 2013 et a cessé son activité en septembre 2019. Le fonds n’a pas été repris.

Le numéro 13 était la maison d’habitation de la famille de Jean Baptiste Gabriel GUYOT. Le rez de chaussée a été transformé en magasin dans les années 1960. Ce fut d’abord M. LABORIE qui y installa un studio de photographe annexe de celui d’Aixe sur Vienne. En juin 1982 M. Francis Mazars y a créé son bureau d’étude en architecture.

Une publicité en 1985

Au numéro 15 il y avait un magasin de chaussure et une cordonnerie. Il sont tenus par la famille MARQUET qui partira ensuite à Limoges. C’est la famille ROUSSEAU qui pris la suite, madame ROUSSEAU au magasin et monsieur ROUSSEAU ressemelait les chaussures. A l’époque les chaussures étaient solides, ne se démodaient pas et on les faisait ressemeler deux ou trois fois.

La famille ROUSSEAU avec leur fille Camille.

Au départ des ROUSSEAU ce sont M. et Mme BUISSON qui ont repris le commerce. M. Emile BUISSON fabriquait des galoches qu’il assemblait avec le concours de M. ROUSSE, préposé à la Poste, qui venait quelques heures par jour l’aider pour le cloutage.

Publicité pour la manufacture de galoches en 1965
M. BUISSON travaille sous le regard de M. ADAM,
On ne parle plus de galoches mais de chaussures …

Après la retraite de M. BUISSON, en janvier 1997, M. Jean Michel LADRAT y a installé son magasin et atelier photo et vidéo. Trois vitrines occupent le rez de chaussé de cette maison.

Au numéro 17, il y avait autrefois une pâtisserie. Elle était tenue par M. BESSE dont le frère était boulanger rue Pasteur. Madame le docteur Rose FORGERON garde le souvenir du délicieux pain de mie qu’il vendait pendant la guerre, et sans ticket ! C’était seulement un peu cher et donc réservé aux dimanches. C’est ensuite une auto-école qui s’y est installée, c’est l’une des quatre agences de l’auto école MOREAU.

L’auto école au numéro 17

Au 17 bis, situé dans le même immeuble il y eu un salon de coiffure pour femmes, tenu par Mme GUYONNAUD. Un pressing s’y installa ensuite et maintenant c’est le cabinet des infirmières libérales.

Le cabinet des infirmières au 17 bis rue Gambetta

Le 19 était autrefois un salon de coiffure pour hommes à coté duquel il y avait une buvette. Le tout appartenait à M. Albert GUYONNAUD dont le frère Alexandre était garagiste rue Pasteur. Albert était né en mars 1895 son frère Alexandre, né le 29 juin 1904, a trouvé la mort enseveli sous une maison le 15 juin 1940 à Tonnerre dans l’Yonne. Il était brigadier au 308e régiment d’artillerie lourde.

Le salon de coiffure et la buvette de M. GUYONNAUD

Pendant la guerre de 1940-1945 M. et Mme REBEYROL ont pris la suite. Et depuis la fin de l’année 1985 Mme Nathalie BURBAUD y a créé un institut de beauté.

Une publicité de 2006
L’institut de beauté Nathalie

Avant d’arriver à la rue Lavoisier que l’on appelait « casse-toupie » il y avait un hangar. Il a abrité pendant la fin des années 1950 et le début des années 1960 l’atelier de réparation de vélos et vélomoteurs de M. FAUCHER. Il l’a ensuite transféré rue Pasteur. Aujourd’hui une partie a été aménagée. Le grand mur contre lequel cette construction s’appuie soutient le parc des BONNAFY dont on aperçoit la cime des magnifiques arbres.

En haut, les arbres du parc BONNAFY.

LOGO2Rue Gambetta n° 28 à 38

Autrefois, entre l’actuelle rue Lafontaine et la rue Jean Jacques Rousseau, il y avait un grand mur derrière lequel se trouvaient deux institutions religieuses. Il s’agissait de deux écoles, l’une pour les filles, l’autre pour les garçons. L’école des filles, la première en venant du bourg et en allant vers la gare, dépendait des Sœurs de l’enfant Jésus, congrégation née au Puy au XVIIe siècle. Celle des garçons située après correspondant aux numéros 32 à 38 actuels, dépendait des Frères du Sacré Cœur, congrégation fondée à Lyon en 1827 par le Père André COINDRE. L’école de garçon, comme celle des filles, a été créée par la volonté du baron Astolphe de NEXON qui a mis à disposition le terrain et apporté un financement. L’histoire de ces institutions figure sur ce blog au chapitre « Les écoles religieuses à Nexon ».

Les cartes postales anciennes montrent le long mur mais, à ma connaissance, il n’y a de vues en gros plan sur les écoles.

Le premier bâtiment en allant vers la gare abrite l’école de filles, le suivant l’école de garçons.

N° 28 -30 : ce sont les bâtiments qui correspondent à l’ancienne école de filles.

Les bâtiments du pensionnat de jeunes filles ont été vendus à Monsieur Paul BITAUD. Il a fait démolir le mur et agrandir l’aile gauche où il a transféré son commerce de quincaillerie. Il l’a baptisé « SAM SUFFY », nom que l’on peut lire aujourd’hui encore sur le mur du magasin d’optique.

On trouvait de tout chez M. BITAUD. Les marchandises sont exposées jusque sur le trottoir et la cour sert également de dépôt.

La boutique est trop petite, le trottoir sert d’étal…
Monsieur Bitaud devant sa camionnette abondamment chargée !

Après le décès de M. Paul BITAUD en 1950, son épouse Marie BITAUD avec sa fille et son gendre M. Armand DENARDOU ont dirigés l’affaire.

M. DENARDOU qui était électricien a ajouté son métier à celui de ses beaux-parents.

Puis c’est M. F. LE GUEN, fille DENARDOU qui a dirigé les galeries nexonnaises de 1981 à 2002.

Le commerce change ensuite de nature. Pendant quelques mois un commerce de fleurs a pris la suite, MILLE FLEURS GALERIES NEXONNAISES, un établissement secondaire de Mme E. FORINO. Ensuite un opticien M. Lionel BERTRAND – GERBAUD à ouvert NEXON OPTIQUE.  

Dans le prolongement de Nexon Optique on trouve d’autres commerces.

On trouve d’abord un salon de toilettage pour animaux. Il y eu A QUAT PAT puis Mme Romane CORRET a ouvert PILS POILS.

A côté on trouve une supérette. Elle fut d’abord ouverte à l’enseigne SITIS, un groupe de supérettes indépendantes de proximité puis à l’enseigne VIVAL du groupe CASINO.

Aujourd’hui la cour est moins encombrée de marchandise, elle sert de parking pour les clients.

De l’autre côté de la cour, dans un grand local qu’il a fait construire, Georges DENARDOU a créé un commerce de meuble que gère son épouse et sa fille tandis qu’il s’occupe de l’installation d’appareils de chauffage, de plomberie, d’électricité…

Quand on remonte la rue on arrive au deuxième bâtiment, celui qui abritait à l’origine l’école de garçon.

Après la fin de la guerre de 1939-1945 l’école de filles a rejoint celle des garçons. L’école était dirigée par Mlle ARCHAMBAUT. On voit sur cette carte postale le groupe des jeunes filles avec leur maîtresse.

Aujourd’hui le mur est toujours là mais l’école a disparu.

Numéro 32 : L’école a été fermée en 1953 et les bâtiments vendus. Ils ont été achetés par M. C. REALLE. Il a fait construire des logements à gauche de la cour et a rénové l’ancien bâtiment.

Son fils Robert y a transféré une partie de l’activité de l’activité produits du sol et depuis 1982 le siège de l’entreprise de transport.

Au numéro 34 on trouve des logements de particuliers

N° 36, ce sont également des appartements de particuliers.

Avec le numéro 38 on termine le coté pair de la rue Gambetta. La porte donne sur un jardin qui permet d’accéder au coté du bâtiment.

LOGO2De la vinaigrerie au moulin et à la boulangerie du Courdein.

La propriété du Courdein sur le terrain de laquelle se trouvaient les bâtiments à usage industriel appartenait à Charles de VIGNERAS, avocat, demeurant à Angoulême. Il s’agissait d’un moulin qui a du fonctionner grâce à la chute d’eau de l’étang de La Lande. Il n’y a pas de traces écrites de son existence mais Camille LARCHER dans son ouvrage « Les anciens moulins du pays de Nexon » aux éditions Les Monédières écrit « qu’un moulin de première génération a bien existé sur ce site ».  M. de VIGNERAS a vendu ce bien à Martial Antoine MORTEROL par acte du 17 novembre 1860 chez Me PEYROT notaire à Chalus.

1- La Société anonyme des Distilleries du Limousin (1881 – 1896)

A la mort de Martial Antoine MORTEROL en 1881, son fils Antoine Ernest MORTEROL hérite de la propriété du Courdein. Il en fait apport à la Société anonyme des Distilleries du Limousin qui a été constituée suivant acte reçu par Me Thézard, notaire à Limoges, le 30 Juin 1887.

Cette société a été dissoute par délibération de l’assemblée générale des actionnaires en date 21 octobre 1889 à Limoges qui a nommé Me COUTY comme liquidateur. Celui-ci a fait publier cette dissolution dans le Courrier du centre.

« Le courrier du centre » du 10 novembre 1889.

La Société générale des distilleries agricoles de France dont le siège était à Paris au 51 de la rue de la Chaussée d’Antin puis au 5 rue de Provence a fait l’acquisition de la propriété au terme d’un acte du 7 novembre 1893. Cette acquisition a eu lieu au prix de 16 000 francs. Moins de deux ans plus tard cette société a été admise au bénéfice de la liquidation judiciaire par jugement du tribunal de commerce de la Seine du 12 juin 1895 et dissoute par l’assemblée générale des actionnaires tenue à Paris le 24 aout 1895.

2- La propriété de Henry DELATY (1896 – 1923)

Une vente aux enchères a été organisée pour les biens ainsi désignés : « Divers immeubles situés au Courdein, commune de Nexon, autrefois à usage de distillerie et de vinaigrerie consistant en divers bâtiments, celliers, hangars atelier magasins bureaux, un hectare environ de terrain avoisinant les bâtiments suivant bornes plantées contradictoirement avec Monsieur MORTEROL, un étang de trente ares environs ensemble tous les objets mobiliers, immeubles par destination autrefois à l’usage de la distillerie qui se tenait encore dans le dit immeuble à titre de matériel fixe ou roulant sans aucune exception ni réserve. »

Une première enchère, avec mise à prix à 10 000 francs, le 8 février 1896 avait été infructueuse. Une seconde a eu lieu le 9 avril 1896 au cours de laquelle Henry DELATY, plombier demeurant à Nexon a, pendant que les bougies brûlaient, élevé le prix principal à 7000 francs et lorsque toutes les bougies ont été éteintes il a été déclaré adjudicataire de la Société générale des distilleries agricoles de France.

Henri DELATY qui écrit son prénom parfois Henry avec un y et d’autre fois Henri avec un i était un artisan inventif ce qui lui a valu de nombreuses récompenses dans diverses expositions et en particulier la croix de chevalier du Mérite agricole qui lui a été remise à l’Exposition d’Angoulême par M. le ministre des colonies le 13 mai 1893.

Cette distinction honorifique est la juste récompense des inventions de notre compatriote, pour le progrès de l’industrie, du commerce et de l’agriculture, et pour lesquelles il avait obtenu de nombreuses récompenses dans les diverses expositions.

Monsieur DELATY n’a sans doute pas développé l’activité de distillerie et il a cherché à louer les locaux comme on le constate sur cette annonce publiée dans le Courrier du Centre le 25 mai 1905.

le Courrier du cente 25 mai 1905

On ne trouve pas beaucoup de traces de la vinaigrerie, si ce n’est une carte postale éditée par M. LABIDOIRE, avec comme légende « Sous-bois près de l’Etang de la Vinaigrerie ». Au travers des arbres on distingue l’étang, bien mieux visible sur une autre carte postale, plus ancienne, éditée par CHAMPEAU-TERRASSON.

Cet étang est antérieur à 1829 car il figure sur la carte de CASSINI. Il n’a pas changé sinon qu’il ne sert plus à alimenter la turbine. Son ouverture sur la chaussé n’a été conservée qu’à titre de souvenir.

L’ouverture de la turbine, aujourd’hui désaffectée.

A quel moment un moulin et une boulangerie ont remplacé la vinaigrerie ?

3- La minoterie des frères SEGURE (1923 – 1935)

Dans l’acte de vente du 30 avril 1923 par M. DELATY aux frères SEGURE la désignation des biens est ainsi rédigée : « Une usine dite du Courdein comprenant une maison d’habitation avec grenier et fournil, étables, hangar avec appartement servant de bureau, un chai, un bâtiment servant de cave, un groupe de bâtiment ayant servi de distillerie avec grande cheminée et roue hydraulique, un étang, jardins et prés le tout pour une contenance de un hectare et vingt-neuf ares et un centiare environ ».

Pour la première fois il fait état d’un fournil mais on ne trouve pas, à cette date, de boulangerie située au Courdein dans les commerces à Nexon.

Par contre ce sont les frères SEGURE qui ont transformé la distillerie en minoterie et lui ont redonné l’activité qu’elle avait avant 1887. Les deux frères Pierre et Henri SEGURE étaient tous les deux minotiers à Saint Yrieix. Ils ont acheté la propriété en indivision pour moitié entre eux au prix de 50 000 francs payables en 10 ans avec un taux d’intérêt de 5%. Ils ont équipé leur moulin de matériel moderne, ils ont abandonné la turbine à eau et utilisé l’électricité faisant de leur moulin un des plus moderne et des plus important des environs.

4 – La boulangerie et la minoterie GIRARDY (1935 – 1945)

En 1935 les frères SEGURE vendent leur propriété à M. Georges GIRARDY. L’acte signé chez Me A. GARRAUD, notaire à Nexon, spécifie dans la désignation des biens : « Deux petites maisons d’habitation, toits, écuries, remises. Un corps de bâtiment dans lequel existent trois fours de boulanger et un garage. Un groupe de bâtiments dans lequel est exploité un moulin à farine, garage avec quai, hangar, autres dépendances diverses. Cour, jardins, terre, bruyère, étang et taillis pour une contenance de un hectare cinquante-sept ares quarante et un centiare. » La vente est effectuée pour le prix de 70 000 francs payables en quatre ans au taux de 5,5%.

On constate dans ce descriptif que la boulangerie arrive avant le moulin. Elle comporte trois fours ce qui fait d’elle une importante boulangerie. Ce n’est pas étonnant car M. GIRARDY est boulanger. C’est ce qu’indique sa fiche militaire. Minotier a été rajouté après qu’il a acheté le moulin du Courdein.

Livret militaire de Georges GIRARDY

Cette fiche est intéressante car elle retrace son parcours. Au moment du recensement il est boulanger à la Geneytouse. Il est incorporé le 18 avril 1917, il a presque 19 ans. Il est donné comme « disparu au combat de Tilloloy dans la Somme le 28 mars 1918 ». Le 27 mars les allemands ont lancé une offensive vers Montdidier et prennent plusieurs villages dont Tilloloy. M. GIRARDY est « rapatrié à Limoges le 11 décembre 1918. Libéré le 6 mai 1920 il se retire à La Geneytouse ou il est boulanger.

En mars 1926 il a un accident de voiture en effectuant sa tournée comme le relate Le Populaire du 24 décembre 1926.

Le Populaire du Centre 24 décembre 1926.

En 1931 il part à Issy les Moulineaux ou il reste jusqu’en 1935, puis il revient à Saint Denis des Murs ou il reste quelques mois avant d’acheter la boulangerie du Courdein.

Livret militaire de G. GIRARDY

Bien que boulanger, M. GIRARDY ne néglige pas le moulin, d’autant plus qu’il bénéficie d’un droit de moudre de 10 579 quintaux de blé, ce qui en fait un moulin important dans la région. En effet depuis l’arrêté du 8 juin 1937 pris pour lutter contre la surproduction de farine, chaque moulin dispose d’un plafond d’activité, appelé « contingent », qui ne peut être dépassé.

Attestation du contingent autorisé

Un ouvrier minotier qui loge sur place s’occupe du moulin. Le papier à entête est établi au nom de la minoterie ainsi que les étiquettes pour l’expédition.

Pendant la deuxième guerre mondiale la famille GIRARDY se déclare prête à accueillir des jeunes enfants réfugiés.

En 1945, Georges GIRARDY vend son affaire. Mon grand-père, Arthur NYS, meunier de profession avait quitté le moulin familial en Belgique et il exploitait une ferme dans le Cher. La nostalgie du moulin était forte aussi quand son fils Lothaire a été libéré après presque 5 ans de captivité, Arthur a souhaité reprendre son métier de minotier. Leur recherche d’un moulin les amène à Nexon. Ils sont séduits par le site et le potentiel d’activité, un moulin et une boulangerie cela fait du travail pour deux ! Son fils Lothaire, mon père, n’est pas boulanger mais malgré ses 26 ans il était hors de question de discuter les propositions du père. Elles étaient claires : je m’occupe tu moulin et toi de la boulangerie. Tu n’auras qu’à apprendre sur le tas.

La décision est prise, et le 31 octobre 1945 l’acte de session du moulin et de la boulangerie est signé chez Maître GARRAUD, notaire à Nexon.

5 – Minoterie-Boulangerie NYS et fils (1945-1972)

Mon grand-père, Arthur NYS, son épouse Marguerite et leur fils Lothaire s’installent au Courdein en novembre 1945. Arthur retrouve avec bonheur son métier de meunier et son fils commence, sans enthousiasme, son apprentissage de la boulangerie. Il rencontre vite une jeune fille de Nexon, Andrée MALARDEAU. Ils se marient le 27 juillet 1946 et comme dans les belles histoires, ils auront beaucoup d’enfants !

La famille habite dans la vieille maison ou naîtront les trois premiers enfants de la famille.

La maison en 1948. Je suis sur les marches.
Quelques personnes viennent chercher du pain mais l’essentiel est vendu en tournée.

Au moulin mon grand-père travaille avec un ouvrier, Raoul VOISIN qui était déjà employé par M. GIRARDY. Puis ce sera Léon ADAM.

Présentant que la famille allait grandir mon grand père a fait construire une nouvelle maison sur la boulangerie. la vieille maison servait de grenier, de cave, de débarras…

La boulangerie…

Mon père doit s’occuper le la boulangerie. Ce n’est pas son métier. Il est agriculteur et travailler la nuit ne lui convient pas. Il va cependant passer des nuits à la boulangerie afin de connaitre le métier auprès d’un ouvrier boulanger qualifié, un brigadier, d’abord Adrien FRUGIER, puis Léon DUREISSEIX … Mais mon père va s’attacher à organiser les tournées pour porter le pain à domicile. Il n’y a pas de magasin et toute la production est vendue à la porte des clients. La fourgonnette passait trois fois par semaine dans le bourg de Nexon et dans celui de La Meyze et deux fois par semaine dans les campagnes de Saint-Hilaire les Places à l’Aiguille, de Rilhac Lastours à Saint Maurice les Brousses. Une tournée moyenne, celle de La Meyze durait 3h30, le livreur parcourait 33 km et emportait 30 mêlées de 2 kg, 120 pains d’un kilo dont quelques un sans sel, certains étaient dits « tournés », les autres « lamés », et 25 baguettes. A cela s’ajoutaient des biscottes, des gâteaux secs et plus tard des tartes. Mais il y avait aussi de la farine, du son …

Le pain tourné est une spécialité courante du Limousin, en particulier de la Haute-Vienne. Il doit son nom à sa forme de torsade. on appelle encore « pains tordus » ou « pain rond ». Sa croûte dorée est croquante et épaisse, ce qui lui assure une conservation assez longue. Sa mie est très alvéolée. Le pain lamé est également appelé « pain plat »

Il n’était pas rare de livrer 5 mêlées, voire plus, dans certaines fermes. Le pain a été la base de l’alimentation dans les campagnes. En 1900 chaque français consommait en moyenne 900 grammes de pain par jour. En 1950 la consommation était tombée à 350 grammes et elle n’a pas cessé de baisser passant à 200 grammes en 1970 et 120 grammes en 2016.

Les paysans qui produisaient du blé sur leurs terres pratiquaient presque tous l’échange blé-pain. Cet échange était un droit qui mettait en relation le paysan producteur de blé, le meunier et le boulanger. En pratique l’agriculteur livrait son blé chez le meunier de son choix qui le transformait en farine et la livrait chez un boulanger désigné par l’agriculteur.

Ayant passé mon permis poids lourd je vais chercher le blé dans les fermes…
Arrivé au moulin déchargement avec mon ami Patrice

Pour livrer la farine au boulanger le meunier devait, en partant du moulin, rédiger un acquit pour le transport des farines panifiables en indiquant le jour et l’heure de départ du moulin, le boulanger destinataire, le moyen de transport, la durée du transport, la nature des marchandises et leur poids.

Ces deux acquits du 1er septembre 1944, concernent dix sacs de dix quintaux de farine que sont venus chercher les deux boulangers du bourg de Nexon, MM. ANDRIEUX et BESSE, tous les deux en voiture hippomobile. Le premier est parti à 15h15 et le second à 15h30 pour une durée de transport d’une heure. Le transport de farine était très contrôlé et les gendarmes vérifiaient fréquemment que ce document était bien en possession du conducteur du véhicule transportant la farine.

Dans le cas du Courdein, la boulangerie et le moulin appartenant à la même personne, les relations étaient plus simples. Les sacs de farine traversaient la cour mais un acquit devait cependant être rédigé.

Avec l’échange, pour chaque sac de blé de 80 kg rendu au moulin l’agriculteur recevait, au début des années 1960, 30 bons pour une mêlée de 2 kg ou 60 bons pour un pain d’un kilo. L’augmentation régulière des coûts, tant pour le meunier que pour le boulanger, a conduit d’abord à une baisse du poids du pain car les pouvoirs publics ne voulaient pas que le prix du pain augmente afin de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs. Ainsi la mêlées est progressivement passée de 2 kg à 1,7 kg, le pain de 1 kg à 700 puis 600 grammes. En même temps le paysan ne recevait plus 30 bons mais 29 puis 28.  

L’augmentation des coûts de transport touchait d’autant plus les boulangers qu’ils vendaient une part importante de leur production en tournée, pour la boulangerie du Courdein c’était l’intégralité.

Le syndicat des boulangers a proposé de faire payer ce service en majorant de 3 centimes le prix de la mêlée et de 2 centimes celui du petit pain. Cette décision syndicale a été entérinée lors d’une réunion organisée à Nexon le 8 décembre 1963 pour les boulangers de Nexon et des environs. Les quatre boulangers de Nexon, BARBE, BARNABET, NYS et TEXEROT étaient présents.

Le 25 juillet 1967, le Syndicat des boulangers, arguant de l’augmentation des taxes, décidait de réduire le poids de pain fourni. Les représentants agricoles et les boulangers ne purent pas s’entendre et l’échange blé-pain fut supprimé. Mais avec amertume les agriculteurs constatèrent qu’en achetant leur pain ils n’obtenaient que 16 pains pour le prix d’un sac de blé !

le Populaire 6 aout 1967

La Fédération des syndicats d’exploitants de la Haute-Vienne et d’autres organisations agricoles décidèrent de créer leur propre boulangerie sous forme coopérative. Deux ont vu le jour, l’une la Boulangerie Coopérative de la Valoine (BOCOVAL) à Limoges, dans la zone industrielle de Magré, l’autre la Société Coopérative Briance-Breuilh à Magnac-Bourg.

La BOCOVAL ouvre un magasin à Nexon, rue Victor Hugo. Cela se traduit par une diminution sensible de l’activité de la boulangerie du Courdein.

Mon frère Daniel qui a choisi le métier de boulanger, après un apprentissage chez BARBE à Nexon, vient travailler au Courdein ou il prendra la responsabilité de la fabrication du pain. Il y a deux fours, le plus utilisé un four a vapeur à deux étages et un vieux four à chauffe directe, pour un usage moins fréquent.

Michel Buisson devant le four à vapeur en 1963
Mon frère Daniel en 1967 défournant des mêlées cuites dans le vieux four.

En 1968 Daniel effectue son service militaire et c’est Maurice BAZERT qui le remplace.

Revenu de l’armée Daniel reprend sa place jusqu’en aout 1972. Il part alors à Paris pour suivre sa future femme, mes parents décident alors de fermer la boulangerie.

Le moulin…

Le moulin, quant à lui, a fonctionné avec mon grand-père Arthur aidé de Léon ADAM et de mon père. Pendant les années d’après-guerre il fallait bien être trois pour en assurer la bonne marche. Après cinq années de guerre la France manquait de tout, en particulier de céréales. Elle en importait des Etats-Unis, du Canada mais aussi d’URSS. Tous les mois ou presque un wagon de céréale, blé ou maïs, arrivait en gare de Nexon. Il fallait le décharger, moudre les céréales et expédier la farine, toujours par wagon vers le Midi ou le Nord de la France.

Sur la lettre de l’Agence Générale de Navigation annonçant l’envoi d’un wagon de 150 sacs de maïs on peut lire que ses sacs sont arrivés sur le cargo Thimoni et qu’un autre bateau est attendu le lendemain, toujours en provenance d’Amérique puis un autre venant de Tunisie.

livraison de 150 sacs de maïs en provenance des Etats-Unis déchargés au port de Sète.

Le commerce du blé et celui de la farine ont toujours été étroitement contrôlés par les pouvoirs publics. Dans l’Ancien Régime l’objectif était d’éviter les famines, au XXème siècle c’était pour garantir un juste prix du blé pour les agriculteurs et maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs en fixant le prix du pain. Le débat a toujours existé entre les partisans de la liberté du commerce et ceux qui prônent son contrôle. Le contrôle redevient la règle avec le gouvernement de Léon Blum qui, pour lutter contre la surproduction de farine, crée en juin 1936 l’Office du Blé. Il deviendra l’Office National Interprofessionnel des Céréales (ONIC) par la loi du 17 novembre 1940.

Pour lutter contre les excédents une partie du blé est « dénaturée ». ce blé est alors utilisé pour l’alimentation des animaux.

Les politiques interventionnistes se traduisent toujours par des taxes à payer, des limitations dans les productions. Il en résulte des contrôles pour en vérifier la bonne application. Le fait d’exercer à la fois sur le même lieu les métiers de minotier et de boulanger incitait l’administration a effectuer de fréquents contrôles. Combien de fois étant enfants avons-nous vu « débarquer » des contrôleurs arrivants avec deux voitures, l’une par la route, l’autre par le chemin du moulin, entrant dans toutes les pièces de notre maison pour vérifier qu’il n’y ait pas de sacs de farine entreposés…C’était presque caricatural !

Pendant les années 1950 le moulin continue à produire de la farine pour les besoins locaux mais aussi pour des expéditions dans toute la France. On expédie également du blé, comme on le constate sur le récépissé d’une expédition de 250 sacs de blé à la Coopérative agricole de Puiseaux dans le Loiret le 19 décembre 1958.

Le début des années 1960 sont celles d’une vie intense. Nous sommes 7 enfants et avec nos parents nous sommes toujours 9 à table. Souvent un des boulangers est nourri et logé. Il y a de quoi nourrir tout ce monde, non seulement avec le pain mais dans la cour du moulin courent des poules, des canards, des dindes. Le pigeonnier compte plusieurs couples de pigeons, la vache nous garantit le lait et le jardin les légumes.  

Au début des années 1960, mon plus jeune frère dans la cour du moulin.

Après la mort de ma grand-mère en décembre 1958 Arthur a été moins présent et en aout 1959 il est parti habiter à Nexon chez Marie BITAUD qu’il a épousée. Léon ADAM assure seul la marche du moulin dont l’activité s’est réduite du fait de la concurrence des grands moulins de Paris, de Pantin, de Corbeil…Il n’y a plus d’expéditions par wagon entiers loin du Limousin. Les seuls clients sont les boulangers, les pâtissiers et quelques charcutiers dont plusieurs de Limoges. Le principal acheteur, la boulangerie du Courdein ayant cessé son activité le moulin tourne au ralenti.

Une très forte baisse d’activité à partir du 2ème semestre 1972.

On est loin des 10 579 quintaux autorisés. Il faut arrêter la production et vendre le contingent. Mais le nombre des acheteurs se réduit car le nombre de minotiers diminue.

Cette baisse s’inscrit dans un vaste mouvement séculaire. Au début du XIXe siècle la France a compté près de 100 000 moulins, mais avec la diffusion de la machine à vapeur, les petits moulins vont rapidement disparaitre si bien qu’au début du XXe siècle on ne compte plus que 30 000 minoteries. La chute va s’accélérer et le nombre de moulins tombe à 1 200 en 1985 et à moins de 300 en 2019.

Finalement le contingent est vendu à la coopérative du moulin de Batardeau à Auxerre et l’activité de minoterie cesse au 1er janvier 1974.

6- Le Courdein après la fermeture du moulin et de la boulangerie (1974 – 2019)

La vie continue aussi active. Les enfants ont grandis, ils sont devenus parents et souvent le dimanche la salle à manger retrouve les grandes tablées des années 1960.

Peu à peu le lierre envahi les murs, la toiture prend l’eau… Mon père démonte toutes les machines du moulin et les fours de la boulangerie.

Mais il y moins de mouvements, la nature s’impose, l’herbe pousse dans la cour, le lierre grimpe après les murs, mon père démonte les machines dans le moulin et les fours dans la boulangerie.

Le 31 janvier 1997 mon père est victime d’un AVC qui le laisse hémiplégique. Pendant presque 10 ans il consacrera son énergie à garder le maximum d’autonomie. Il décède le 18 septembre 2007. Ma mère vivra seule dans ce domaine qui a connu une intense activité. Elle ne voulait pas entendre parler de maison de retraite, elle était heureuse au Courdein avec ses chats, sa petite chienne, l’âne Bambou et les ponettes et surtout ses fleurs.

La vieille maison et les fleurs qu’entretenait maman.

Elle a vécu 70 ans au Courdein et elle est partie le 6 septembre 2015.

Nous avons gardé la propriété, nous avons pris soin de notre âne Bambou et du poney Pompon mais il a fallu nous rendre à l’évidence, nous ne pouvions pas laisser sans vie cette propriété. Nous avons décidé de vendre.

Le 6 juillet 2019 nous avons vendu la propriété du Courdein.

7 – Le 6 juillet 2019 une nouvelle vie commence au Courdein…

Constatant le mauvais état du bâtiment qui abritait le moulin les nouveaux propriétaires ont décidé de le faire écraser. J’ai pu assister à ce travail impressionnant par la facilité avec laquelle la puissante pelle mécanique arrachait les pans de murs, créant un trou béant qui laissait apparaître ce qui avait été les entrailles du moulin. A chaque mouvement les vieilles pierres mêlées aux poutres centenaires s’effondraient. Et à la fin, comme par pudeur, c’est caché par un immense nuage de poussière que les derniers pans ont été arasés.

Je n’ai pas éprouvé de tristesse à voir disparaître ce témoin de ma jeunesse. Les souvenirs sont gravés dans ma mémoire, l’odeur de la farine fraîchement moulue, le bruit des cylindres et surtout celui du planchistère, les 80 kilos des sacs de blé qui semblaient légers à nos épaules de 18 ans, un peu moins les 100 kg des sacs de farine, que Léon s’amusait à faire « bon poids » quand nous les prenions sur le dos pour aller du moulin à la boulangerie, le pain chaud qui sort du four…

Autrefois, il y avait un moulin ….

Une fois partis tous les murs l’espace semble réduit. Il est difficile d’imaginer qu’un imposant moulin s’élevait à cet endroit. Seule la mémoire en garde le souvenir et ce blog est le moyen de la faire vivre.

Une nouvelle vie va se développer au Courdein et nous souhaitons aux nouveaux propriétaires d’y trouver le même bonheur que celui que nous avons connu.

LOGO2La rue Gambetta, ancienne rue du Nord. Le côté pair de 22 à 26.

N° 22 : Le bâtiment fait l’angle de la Rue Gambetta avec l’impasse Gay-Lussac.

N°22 Rue Gambetta

Le magasin qui donne sur la rue, bordé par une galerie en bois, a été occupé par l’épicerie LAGORCE. Puis ce fut le bureau de tabac tenu par M. Robespierre CADIN qui était chef de la Clique nexonnaise. Après le départ à la retraite de M. CADIN à la fin de l’année 1984, il y eu des occupations épisodiques et maintenant le magasin n’est plus utilisé.

L’épicerie Lagorce, Pâques 1964
La rue Gambetta vers le bourg en 1943

N° 24 : l’immeuble a été construit après la première guerre mondiale ; Sur les cartes postales anciennes il y a un grand jardin entre la maison à l’angle de la rue Gay Lussac et celle à l’angle de la rue Lafontaine

Il n’y a pas de construction entre les numéros 26 et 22 actuels mais un mur avec un jardin en contre-bas.

M. DUFROIS, sabotier fait construire une grande maison en deux parties semblables. A droite c’est son magasin et son habitation. Son gendre M. CHENAVIER y habite également avec sa fille Andrée, une camarade de Madame le docteur FORGERON lorsqu’elle était jeune fille et habitait chez ses parents, M. et Mme VIGNERON.

L’imposant immeuble du n° 24 avec ses deux magasins en 1984

La partie gauche était louée d’abord à M. LAMARCHE qui tenait une épicerie primeur puis à M. LAGORCE qui y transporta son épicerie. La caisse d’épargne y ouvrit son agence avant de la transférer au 2 place de la République.

Puis les deux magasins ont été réunis et une construction a été ajoutée sur la droite. Il y a un bar-tabac-journaux, L’EDEN, tenu par M. Jean-Yves FAYEMENDI jusqu’en mai 2005. Messieurs Rémy et Richard DIDIER lui ont succédé puis M. Richard DIDIER seul.

L’Eden au numéro 24. On remarque les modifications de la façade
Un agrandissement a permis de réaliser un vaste espace commercial Bar, Presse, Tabac…

A la fin de l’année 2018, L’EDEN a été repris par M.et Mme MASSY, propriétaires du restaurant situé 17 avenue Charles de Gaulle.

Un jardin en contre bas sépare l’Eden de l’immeuble du n°26.

N° 26 : le bel immeuble construit à la fin du 19ème siècle abritait la Poste jusqu’à la construction de la nouvelle poste, place de la République, autre fois le champ de foire.

Deux cartes postales, l’une éditée en 1908 par l’Hirondelle, plus haut dans le texte, montre tout le personnel devant la porte, les facteurs en uniforme et une femme portant un barbichet. La seconde, sans nom d’éditeur, date de la même époque mais avec un plan plus large elle permet d’apprécier à la fois les dimensions de l’immeuble et la perspective vers le centre du bourg.

A l’exception du personnel, absent sur cette carte postale, les deux clichés sont identiques et datent de 1907

Après le déménagement de la poste c’est la librairie -journaux de madame GRAMAGNAT qui s’y est installée. Puis ce fut Madame SENAMAUD et maintenant il n’y a plus de commerce.

Le 26 de la rue Gambetta en 1942
Les traces de la vitrine sont encore visibles à gauche de la porte

LOGO2La fille d’un nexonnais, Antoine Félix GIZARDIN, patronne du magasin de chaussures « A la Grâce de Dieu ».

M. Louis Félix BERTRAND est né le 18 mai 1824 à Saint-Ciers-sur-Bonnieure en Charente de parents cultivateurs.  Marchand de chaussures à Périgueux il épouse 11 janvier 1854 à Mansle (Charente) Marguerite « Elise » PIRET. L’année suivante il ouvre à Limoges un magasin de chaussures à Limoges, place Saint-Martial, à l’angle de la rue Pont-Hérisson, la rue du Clocher n’était pas encore percée. Il le nomme « A la Grâce de Dieu ».

On remarque sur cette carte postale que la rue Jean Jaurès n’est encore réalisée. La photo est prise de la Place saint Martial, future rue Jean Jaurès à la fin de la guerre en 1919.

L’idée d’utiliser des chromos pour faire de la publicité est venue d’Aristide Boucicaut, propriétaire des grands magasins parisiens, « Au Bon Marché ». En 1850, tous les jeudis, il donnait personnellement aux enfants venus avec leur mère, une image. Ainsi ils étaient incités à revenir au magasin le jeudi suivant pour avoir une autre image.

Il va rapidement être imité et dans toutes les grandes villes des commerçants se mirent à distribuer des images au verso desquelles se trouvait leur publicité. M. BERTRAND a utilisé cette méthode pour faire connaitre ses produits et leur prix.

Chromo « Berlin – Le palais Royal » avec au verso quelques tarifs des articles du magasin « A LA GRACE DE DIEU » F. BERTRAND toujours situé Place St Martial à Limoges

Avant d’utiliser la Presse, lue par petit nombre des clients des magasins qui cherchent à avoir une large clientèle, les commerçants vont avoir recours à d’autres supports. En particulier des pièces de monnaies « privées », les jetons de nécessité, crées pendant les périodes de crise et les jetons de transport.

Une trentaine de compagnies de tramways électriques ont émis des jetons de transport : Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg … et Limoges. La ville de Limoges a confié la concession des transports par tramway à MM. Grammont et Faye le 13 février 1897. Ils créèrent la Compagnie des Tramways Electriques de Limoges (T.E.L.). L’exploitation débuta avec cinq lignes de 12 km au total, avec une trentaine de motrices Grammont.

La compagnie a émis des jetons de transport d’une valeur de 10 centimes.  L’originalité est que sur l’autre face il y avait de la publicité, à l’époque on disait « réclame ». Pour les pièces en aluminium c’était soit l’Atelier de construction Grammont, soit la pharmacie Brunot et pour la pièce en laiton, les chaussures Bertrand.

De son mariage Louis Félix Bertrand aura cinq enfants trois garçons et deux filles. Les garçons vont tous embrasser des carrières qui les éloigneront du commerce de chaussures.

L’ainé, Pierre BERTRAND (1855 – 1902), sera magistrat et après avoir commencé sa carrière comme substitut à Tulle il la terminera comme Avocat général près la Cour d’Appel de Douai. Ulric « Joseph » Pierre BERTRAND (1870 – 1926), ingénieur des Arts et manufactures, créera une entreprise de papiers peints à Paris. Louis Marie Henri BERTRAND (1878 – 1915), Saint Cyrien est morts pour la France le 15 octobre 1915. Il était capitaine. Les trois fils ont été décorés de la Légion d’Honneur.

Angèle Marie BERTRAND, née à Périgueux le 7 avril 1860 épouse un négociant, Jean Paul ROBIN et ils s’installent à Agen. Marie Berthe BERTRAND (Elisabeth Bertrand), née le 25 septembre 1864 épouse le 31 mars 1883 à Limoges, « Antoine » Félix Frédéric GIZARDIN, né à Nexon.

Les GIZARDIN sont une vieille famille nexonnaise. Mathurin GIZARDIN (1692 – 1762) était notaire comme son fils Nicolas. Ce dernier a eu six enfants, certains sont restés à Nexon comme Gabriel (1789- 1866) cafetier place de l’église ; d’autres comme Léonard, né en 1771, s’installa à Vialotte sur la commune de Saint Hilaire les Places où il fut adjoint au maire.

La maison des GIZARDIN à Saint Hilaire les Places

Antoine est né le 5 septembre 1849 au bourg de Nexon ou son père possède une auberge.

Lorsqu’Antoine épouse Berthe BERTRAND son père est décédé et c’est sa mère qui fait part du mariage de son fils.

Celui-ci a lieu à Limoges où il est célébré par Marcelin BECHADE, adjoint au maire de Limoges.

Les témoins pour le marié sont Albert THOMAS docteur en médecine âgé de 26 ans demeurant à Nexon et Ferdinand GIZARDIN, propriétaire âgé de 40 ans demeurant aussi à Nexon. Pour la mariée son frère Pierre, substitut du procureur à Tours, âgé de 28 ans et Gustave GENEIX, agent d’assurance, âgé de 30 ans et demeurant à Limoges.

L’acte de mariage précise qu’Antoine est « sans profession » ce qui est étonnant pour un garçon de 34 ans. Son épouse à 15 ans de moins que lui et elle aussi est « sans profession ».

Antoine ne va pas rester longtemps sans avoir un métier. Il ouvre un magasin de chaussure place Saint Michel et il cherche à louer l’hôtel que possède ses parents à Nexon.

Le Courrier du Centre des 18 avril et 2 mai 1886

Le magasin qu’il ouvre va prendre comme nom « A Saint Michel ». On voit ici la ressemblance qu’il y a avec le magasin de ses beaux parents : « A la Grâce de Dieu ». Il va faire de la publicité dans la presse, en particulier dans Le Courrier du Centre, adaptant son message à la période de l’année : Noel, Chasse…

Lors de la Foire de la saint Loup, est une foire créée en l’honneur de Loup, évêque de Limoges, qui existe depuis le XIV e siècle. Elle est devenue progressivement la plus importante foire de Limoges et du Limousin. Généralement organisée le 22 mai, elle a lieu maintenant le dernier weekend de mai. L’activité des commerces est fortemnt liée au temps qu’il fait au moment de la foire.

On constate que même lorsque le temps n’est pas clément, le magasin de chaussure d’Antoine GIZARDIN réalise de bonnes affaires. c’est ce qui se passe en 1898. Le journaliste du Courrier du Centre qui fait le reportage constate que malgré le mauvais temps M. GIZARDIN est l’un des rares commerçnts à avoir fait de meilleures affaires qu’en 1897.

Le Courrier du Centre 25 mai 1898

Moins d’un an après le mariage d’Antoine et Berthe, le 10 janvier 1884 naît une petite fille que les parents appellent Agnès. Elle sera le seul enfant du couple GIZARDIN. On peut supposer qu’elle a eu l’éducation classique des jeunes filles de la bourgeoisie limousine. S’il fallait une preuve on la trouverait dans la cérémonie religieuse de son mariage avec Pierre Paul LATHELIZE, fabricant de chaussures. La cérémonie civile a lieu à la mairie de Limoges le 19 juillet 1904.

On peut remarquer la belle signature de Pierre Paul ce qui permet d’imaginer qu’il avait le même sens de l’esthétique pour dessiner ses modèles de chaussures.

La cérémonie religieuse à lieu le lendemain en l’église Saint Michel. Les deux familles faisaient partie de la bourgeoisie commerçante de Limoges et Le Courrier du Centre ainsi que le magazine Limoges illustré en rendent compte signalant les prestations de la chanteuse Louise RUBEN, du violoniste Léon FURELAUD, de l’organiste PERMANN ….

Le Courrier du Centre 21 juillet 1904
Limoges illustré 1er aout 1904

De ce mariage naitront trois enfants : Maurice LATHELIZE (1905-1981), André LATHELIZE (1908 – x) et Joseph LATHELIZE (1913-1987).

Assez rapidement Paul LATHELIZE va prendre les rênes du magasin. Le nom de BERTRAND disparait et celui de LATHELIZE lui est progressivement substitué.

Paul développe l’affaire en recourant à la publicité. Avant 1914 on pouvait lire sur un dépliant « Chaussures pour hommes cousues mains à 14,95 F pour le modèle Derby en veau suiffé ou 22 F pour le modèle Alpin en veau blanc double semelle ou à 15,95 F les bottines en chevreau glacé ». Le magasin se définissait comme « maison de premier ordre, la plus ancienne de la région ».

En 1911 les deux noms, BERTRAND et LATHELIZE figurent sur les documents. Paul LATHELIZE précise qu’il est le petit-fils du fondateur.

Après la guerre seul le nom de LATHELIZE apparaît.

Publicité pour la saison 1934

En 1943 le style des chaussures a changé. le magasin met en avant une création des chaussures HEYRAUD.

Magazine « Notre Province 1943 »

dans les années 1960 les devantures des magasins vont changer de style. La rue du clocher est une des plus commerçante de Limoges et l’enseigne « A la grâce de Dieu » est toujours la même. Elle n’a pas changé depuis plus de 100 ans.

Aujourd’hui le magasin « ELLES » a laissé la place à un fast-food mais en face c’est toujours un commerce de chaussure et si l’enseigne a changé la façade au premier étage conserve le nom d’origine …

LOGO2La rue Gambetta, ancienne rue du Nord. Le côté pair de 16 à 20 bis.

La rue du Nord vers 1905

Au numéro 16 il y avait un bureau de tabac. Il a d’abord été tenu par M. PRUNY puis par M. LABIDOIRE. Tous les deux ont édité ou fait retirer des cartes postales. M. Pierre LABIDOIRE était blessé de guerre. Amputé d’une jambe il marchait péniblement avec un pilon et une grande béquille en bois. Les buralistes occupaient des « emplois réservés ».

Outre le tabac avec de nombreuses variétés à chiquer et à priser, ils vendaient les timbres quittances et les timbres pour les vélos. En effet on ne pouvait rouler à bicyclette, y compris les enfants, qu’en payant une vignette annuelle de circulation à fixer sur le cadre du vélo.

L’origine de la plaque de vélo française est la loi du 28 avril 1893. Cette plaque a été émise sans discontinuer de 1893 à 1958. Les modèles changeaient chaque année, a l’exception des années 1900-1907. Les plaques émises annuellement étaient tour à tour en laiton jaune pour les années paires et en métal blanc pour les années impaires.

En 1942, la plaque fut imprimée sur du carton comme fac-similé de la plaque en métal. En 1943, la plaque de vélo a été émise sous la forme d’un timbre.

A partir de 1949, le timbre sera remplacé par un formulaire nominatif qui gardera le nom de « plaque de vélo ». Toujours vendu dans les bureaux de tabac il sera émis en cinq couleurs différentes. Puis ce sera une vignette. Le dernier formulaire a été émis pour l’année 1959, un arrêté ministériel du 30 décembre 1958 ayant supprimé l’impôt français sur les vélocipèdes.

Monsieur LABIDOIRE était assis à son comptoir caisse et, dans l’autre moitié de la boutique, Mme LABIDOIRE tenait un bar. M. LABIDOIRE était secrétaire de la fanfare.

M. LABIDOIRE est décédé dans sa 55 ème année au début du mois de février 1947.


Le Populaire, Mardi 4 Février 1947

Cette carte postale, prise sous le même angle que celle de 1905 a été éditée par M. LABIDOIRE.

On remarque que maintenant, juste avant la guerre de 1939-1945, les trottoirs sont faits, les façades ont changé et on commence à voir des automobiles et des motos.

Après M. LABIDOIRE, pendant plusieurs années M. MORTALLIE y avait son magasin d’appareillage électriques et électroménager puis il l’a transféré au 20 bis quand M. PERRIARD a pris sa retraite.

Publicité de 1965

Une boulangerie l’a remplacé, d’abord tenue par M. BOUCHER pendant quelques mois puis M. Michel BARNABET a transféré dans la rue Gambetta sa boulangerie qui était rue Pasteur, à quelques mètres de la boulangerie BARBE.

Après la retraite de Michel BARNABET la boulangerie sera reprise par MM. Christian TANTY, Firmin BOUCHET puis Jérôme et Julie LECONTE.


En 2014 Jérôme et Julie LECONTE continuent l’exploitation de la boulangerie dont ils font refaire la vitrine.

Au numéro 18 il y avait un hôtel, l’hôtel du Commerce. Au début des années 1900 M. PRUGNY en est le propriétaire puis c’est Prosper LAPLAUD qui l’exploite en même temps qu’il est sellier-bourrelier.

Puis dans les années 1920 l’hôtel du Commerce est tenu par François GOURINCHAS.

 Il exploite en même temps une épicerie au nom du « Planteur de Caïffa ». A chaque achat on reçoit un « ticket prime » qui par la suite se transforme en cadeaux. M. GOURINCHAS faisait des tournées dans la campagne en fourgonnette. Elle fonctionnait au gazogène pendant la guerre de 1939-1945.

Il y avait trois filles dans la famille GOURINCHAS, Thérèse était couturière et avait son atelier, au fond à droite, les deux autres s’occupaient de l’hôtel et du bar. Elles resteront célibataires.

Le commerce est tenu ensuite par M. VERGONZANE qui, au début des années 1960, vend son affaire à Monsieur Pierre MAPAS qui arrive d’Issoudun. Il tient à la fois une épicerie, une buvette et une mercerie. L’épicerie était à l’enseigne du Disque bleue. C’était une société familiale de grossiste en épicerie intégrant des détaillants, dirigée par Charles et Jean Valentin, fondée à Limoges en 1954. En 1968 le groupe Disque bleu deviendra DB et ouvrira le premier super marché à Limoges, rue Wagner. En 1989, le Groupe Disque Bleu associé à Euromarché se composait de 7 hypermarchés et de 60 supermarchés localisés dans le Centre et le Sud-Ouest.

L’essor fulgurant de la grande distribution que l’on constate alors mets à mal une grande partie du monde des petits commerçants. Déjà au milieu des années 1950, emmené par Pierre POUJADE (1920-2003), l’Union des commerçants et des artisans (UDCA) secouait le pays. A la fin des années 1960, une autre personnalité, Gérard NICOUD fonde le Comité d’information et de défense (CID) et s’associe à l’Union nationale d’action des travailleurs indépendants pour protéger les commerçants et artisans en s’opposant à l’État et aux magasins de grandes surfaces. Le 27 décembre 1973, Jean Royer (1920-2011) maire de Tours et ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, fera voter une loi réglementant l’urbanisme commercial. L’activité des épiciers traditionnel diminue et M. MAPAS le ressent. Il cessera son activité le 31 mars 1991.

Depuis il n’y a plus de commerce au numéro 18 et l’immeuble a été transformé en appartements.

Au numéro 18 il n’y a plus de boutique.

Au numéro 20 il y avait un commerce de grains, semences et produits du sol tenu par la famille de Marcel ALIPHAT.

Après 1945, M. Claude REALLE a développé une activité de matériaux de construction tout en conservant la vente de graines fourragères et potagères et de produits du sol.

Son fils Robert a continué ces activités en y ajoutant le commerce des engrais.

M. REALLE a par la suite développé une entreprise de transport au n° 30 de cette rue.

Ensuite c’est Alain FAVARD qui continue le commerce de grains et engrais avant de la transformer en boutique de fleurs..

Pendant quelque temps Martine PRADEAU a dispensé des cours de yoga au numéro 20 puis au 20 bis de ce fait il n’y a plus ni commerce ni activité de service dans l’immeuble du numéro 20.

Au numéro 20 bis il n’y avait au début des années 1900 qu’un bâtiment sans étage qui servait de remise.

Après la guerre, Monsieur PERRIARD a fait construire un immeuble de deux étages. Au rez de chaussée il y avait un magasin ou étaient exposés les chaudières et les équipements pour salles de bain qu’installait M. PERRIARD. Avant cela le magasin se trouvait juste en face, route de la barrière devenue rue gay-Lussac, comme on le voit sur cette photo prise le 8 mai 1945. Henri PERRIARD travaillait avec ses trois fils, Georges, Henri et Pierre.

En 1945, le 8 mai…
Il n’y a plus de commerce au numéro 20, et au 20 bis c’est un salon de coiffure

Juliette PERRIARD a épousé René Pradeau qui a travaillé dans l’entreprise de son beau-père. Elle habite toujours au 20 bis de la rue Gambetta.

La famille PERRIARD ayant pris sa retraite, M. MORTALLIE a occupé le magasin. Il a par la suite été transformé en boutique de vêtements de sport puis en salon de coiffure, aujourd’hui à l’enseigne « Connivence ».