Une histoire illustrée de nexon
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I – La guerre de 1914-1918 de mon grand-père Arthur.

Mon grand-père Arthur n’est pas né à Nexon mais il y a passé les 40 dernières années de sa vie. Il y est arrivé en 1945, il a développé son activité, joui de sa retraite et y est enterré depuis 1985.

Né en Belgique en 1894 il avait 20 ans en 1914. Il a donc participé à la Guerre de 14 comme on disait quand j’étais jeune. Mon grand-père  resté fidèle à sa nationalité de naissance bien qu’il ait vécu plus de la moitié de sa vie   en France.

Il bénéficiait d’une carte de résident privilégié mais également d’une carte d’étranger qui lui permettait d’exercer son métier de minotier.

Au moment de la déclaration de la guerre mon grand-père travaillait avec son père dans le commerce de grains que celui-ci tenait dans la banlieue de Liège. Les belges ne s’inquiétaient pas outre mesure de la déclaration de guerre puisque la Belgique était neutre. Mais l’Allemagne n’a pas respecté cette neutralité. Elle lui demande de laisser passer ses troupes sans combattre ce que refuse le roi Albert 1er. Il se rend à cheval au Palais de la Nation et le 4 aout 1914 il prononce devant les Chambres réunies un discours de résistance à l’envahisseur dont un extrait montre la volonté de préserver l’indépendance de son pays et la résistance qu’il manifeste :

« Si l’étranger, au mépris de la neutralité dont nous avons toujours scrupuleusement observé les exigences, viole le territoire, il trouvera tous les Belges groupés autour du Souverain, qui ne trahira jamais son serment constitutionnel, et du Gouvernement investi de la confiance absolue de la nation toute entière. J’ai foi dans nos destinées : un pays qui se défend s’impose au respect de tous, ce pays ne périt pas. Dieu sera avec nous dans cette cause juste. Vive la Belgique indépendante ! »

Cependant, la ville de Liège tombe le 7 août sans résistance, mais les combats de l’armée belge qui durèrent jusqu’au 16 aout, s’appuyant sur les nombreux forts construits dans la campagne, suscita un vif intérêt pour Liège et lui valut la Légion d’honneur décernée par la France. À Paris, on débaptisa le café viennois qui évoquait l’ennemi, pour le renommer café liégeois. Cependant, à Liège, coupée de Paris durant les quatre ans d’occupation, c’est l’expression « café viennois » qui resta en usage. La résistance de l’armée belge en retardant fortement l’avancée allemande a laissé à la France le temps de se reprendre et d’arrêter les troupes allemandes sur la Marne.

Le café liégeois,une glace au café sur du café chaud, de la crème chantilly et un biscuit à la cannelle.

En 1914, les Belges n’ont plus aucune expérience directe de ce qu’est une guerre car depuis le 18 juin 1815 jour de la sinistre défaite française à la bataille de Waterloo, à 20 km au sud de Bruxelles, il n’y a pas eu de grande bataille sur leur territoire national. Les Belges s’apprêtaient à en fêter le centenaire en même temps que le siècle de paix qu’ils venaient de vivre.

Devant l’avancée des armées allemandes, le gouvernement belge gagne la France et s’installe au Havre mais le Roi Albert décide de rester au front, à la tête de ses soldats. Il s’établit, avec son épouse, à La Panne, dernière ville belge avant Dunkerque. Le courage du Roi l’a non seulement fait aimer de ses concitoyens mais aussi des français. Il fut décoré de la Médaille Militaire, reçut une épée d’honneur (mars 1915), et une journée du Drapeau belge fut organisée le 20 décembre 1914 avec quête, vente d’insignes au profit des réfugiés (voir l’article sur ce blog), etc. L’engouement du public conduisit même à débaptiser un dessert d’origine autrichienne qui devint le « café liégeois » !

Ne pouvant pas rester indifférent à la guerre mon grand-père décide de s’engager et de rejoindre une unité belge en France. Il sera un « volontaire de guerre », V.D.G., sigle qui figure sur tous ses documents militaires. Mais il lui est impossible de traverser la Belgique pour rejoindre la France, la ligne de front s’étend tout le long de la frontière. Avec quelques camardes ils décident de passer par la Hollande dont la frontière est à moins de 20 kilomètres, se rendre à Maastricht et de là rejoindre la Grande-Bretagne puis la France.

Il a noté tout son parcours sur un petit carnet noir. Départ de Chênée le mercredi 5 janvier 1915 à 3h30 pour rejoindre une ferme à 3 km, attendre les autres pour finalement partir à 6h30 à neufs dans une charrette et une douzaine qui suivent à pied. Le convoi chemine à travers les champs et les près pour éviter la cavalerie allemande. Leur guide les conduit jusqu’à la frontière qu’ils franchissent en plusieurs endroits. Ils arrivent le 6 janvier vers midi à Maastricht, crottés et mouillés.

Le lendemain ils vont au Consulat de Belgique qui leur délivre un laissez – passer pour aller en France en passant par l’Angleterre.

Le document est signé le 10 janvier 1915. Mon grand-père arrive à Londres le 14 janvier 1915 ou l’accueil est chaleureux. Puis c’est le départ pour Southampton, la traversée jusqu’au Havre et enfin l’arrivée au Centre d’Instruction pour recrues et anciens militaires (CIAM) à  Fécamp, le 15 février 1915.

Il est nommé ordonnance d’officier. Mais dans ce poste il faut passer beaucoup de temps à cheval. Mo grand-père n’a pas l’habitude et cela le fatigue aussi il demande à être versé au corps de transport de l’armée. Son souhait ne sera pas exhaussé et le 18 juin 1915 il est désigné pour la commission de recrutement de Watou, ville belge située près de la frontière française. Il y arrive le 21 juin et commence aussitôt son travail de rédacteur.

Mais ce travail ne convient pas à mon grand-père qui a toujours été habitué à bouger. Renvoyé à Fécamp, le 15 aout il entre à l’hôpital ou il est déclaré inapte au service sédentaire et envoyé au camp d’Autours, près du Mans. C’est un très grand camp de 1 000 hectares, base arrière des armées alliées où les soldats belges et britanniques se reposent et s’entraînent. Les soldats logent dans des tentes de 10 personnes et la nourriture n’est pas bonne.

Mon grand-père suit les cours au centre d’instruction pour brancardiers d’infanterie (C.I.B.I). Il note tout sur son petit carnet. Il s’en servira toute sa vie.

Sur la page consacrée aux antiseptiques on trouve la teinture d’iode, son remède miracle ! Combien de fois l’ai-je vu boire un grand bol de lait chaud dans lequel il avait versé quelques gouttes de teinture d’iode !

Le 14 décembre 1915 il est affecté comme infirmier à l’Hôpital Complémentaire 49 à  dans la Manche.

Au début de la guerre les blessés belges étaient soignés dans les hôpitaux français de la région de Calais. Mais les milliers de soldats belges qui se retrouvaient dans les hôpitaux militaires de Calais posaient des problèmes aux autorités françaises. Aussi le Gouvernement Français décida à la fin février 1915 d’autoriser 32 hôpitaux complémentaires français situés en Bretagne d’hospitaliser des soldats belges. Puis il permet aux autorités belges de créer des hôpitaux à administration exclusivement belge dont celui de Cherbourg qui fonctionnera du 6 mai 1915 au 27 novembre 1918.

En 1917 mon grand-père est ensuite affecté à l’Hôpital Militaire Belge (H.M.B.) à Cherbourg.

Il travaille principalement dans les services de chirurgie ou il découvre les trépanations.

Mais c’est aussi dans cette ville qu’il rencontre celle qui va devenir sa femme. Le mariage à lieu à Cherbourg le 6 décembre 1917. Le 7 mai 1918 naît  une jeune fille qui se prénommée Elise, ma tante.

Mon grand-père et ma grand mère avec ma tante Elise 

Le service militaire de mon grand-père se poursuit à l’hôpital militaire belge de Cherbourg, loin du front mais avec de plus en plus de blessés.

Il aime ce qu’il fait et une fois sa journée effectuée il peut rejoindre son épouse et, plus tard, il aura le plaisir de pouvoir prendre sa fille dans ses bras ou de la promener dans un grand landau.

Après l’armistice les unités militaires belges regagnent la Belgique. L’Hôpital militaire de Cherbourg ferme le 27 novembre 1918. Mon grand-père est affecté à l’Hôpital militaire de Liège. Sa femme et sa fille découvrent la Belgique.

Mon grand-père est mis en congé définitif le 26 aout 1918.

La commune de Chênée éditera un bel album pour tous ses 440 concitoyens engagés dans la guerre de 1914-1918. Mon grand -père y figure avec cette photo :

Entre temps il a eu un fils, Lothaire, mon père, né le 19 juin 1919 à Chênée, comme son père. Belge, il effectuera son service militaire dans son pays et sera fait prisonnier le 5 juin 1940 avec une grande partie de l’armée belge. Il sera libéré le 16 mai 1945 et quelques mois après il arrivera à Nexon avec ses parents qui ont acheté le moulin et la boulangerie du Courdein. Mais c’est une autre histoire…

 

Un bon d’échange blé-pain

 

II – La guerre de 1914-1918 de mon arrière grand père Pierre BOUCHER

Mon arrière grand-père Pierre BOUCHER, que j’ai eu la chance de connaitre, est né le 27 novembre 1873 aux Cars ou ses parents sont colons dans une ferme à La Veyssière.

Quelques années  ses parents font quelques kilomètres et vont s’installer à Bussière Galant, dans le village d’Aurin ou ils exploitent une toute petite propriété, moins de 10 hectares. Après son certificat d’études Pierre travaille à la ferme avec ses parents.

A 25 ans, le 11 juillet 1898 il épouse Catherine VEYRIER. De ce mariage sont nés 4 enfants : Marie, née le 6 septembre 1899 décède quelques mois plus tard ; Martin naît le 7 octobre 1900. Il prendra la suite de son père et exploitera la propriété ; Marguerite, ma grand-mère, naît le 8 juillet 1902 et Thérèse vient au monde le 10 mars 1906.

La maison dans laquelle habite la famille Boucher est simple. Elle ne possède pas l’électricité. L’éclairage est assuré par une lampe à pétrole. Le pain est rangé sur une planche, au-dessus de la table.

 

Pierre Boucher et son épouse devant chez eux.

Dans un premier temps Pierre BOUCHER est dispensé du service militaire car sa mère est veuve. Mais le 13 novembre 1894, il a vingt et un ans, il est incorporé au 153ème RI. Il y reste jusqu’au 24 septembre 1895.

A son retour il travaille la ferme, se marie et a quatre enfants. Quand la guerre éclate en ce funeste mois d’août 1914 il ne pense pas une seconde qu’il y participera : il a 41 ans.

Et pourtant, après la Mobilisation générale décrétée le 1er aout 1914 il sera rappelé.

Il arrive le 4 décembre 1914 au 89ème Régiment Territorial d’infanterie. Le 15 décembre il passe au 97ème Territorial à Riom et le 11 février 1915 il est versé au 34ème Régiment d’infanterie coloniale. Il monte au front du 12 mars au 24 octobre 1915. Il rejoint le 88ème Régiment d’Infanterie le 5 décembre 1915. Il y restera jusqu’au 4 mai 1917.

Il part au front avec le 34ème colonial du 12 mars au 24 octobre 1915 puis avec le 88ème territorial du 5 décembre 1915 au 24 janvier 1916.

Le 10 mars 1916, il écrit à son épouse :

« Ma très chère femme,

…..

Ces jours-ci il est tombé de la neige. Si l’hivers n’a pas été rigoureux au commencement, il le fait bien sentir à la fin. Nous devons être relevés des tranchées le 11 au soir pour prendre quelques jours de repos, pour nous nettoyer un peu. Pendant les 6 jours que nous y avons passé on n’a pas eu beaucoup trop chaud. On n’a pas froid au corps parce que les habits sont bien fourrés mais ce sont les pieds qui nous perdent. On est obligé de toujours taper des pieds sans ça on ne résisterait pas. La privation de sommeil fatigue aussi. Il faut bien en avoir l’habitude pour pouvoir résister à tout ça.

Je ne croyais pas y retourner dans cette saloperie de tranchées mais il y en a parmi nous qui sont encore plus vieux que moi (Pierre à 42 ans et demi).

Je sais bien qu’il y a des régiments de territoriaux qui ne sont jamais allé aux tranchées mais cette fournée ( ?) de 88 de Bretons est sur le front depuis le début. On nous disait quand nous sommes partis de la Champagne qu’on ne monterait plus en première ligne, que l’on resterait pour travailler à l’arrière mais on n’a pas pu trouver de place pour nous … Je vois qu’il y a des faveurs pour les autres, le 88 est toujours bon pour marcher. On a sorti tous les pères de 5 enfants de n’importe quelle classe. Ils sont à l’arrière employés au ravitaillement. Les plus vieux de 93 et 94, également pères de 5 enfants sont allés travailler dans des fermes… En écrivant ma lettre je suis en face de mon créneau, regardant de temps en temps si je vois remuer les boches. Mais on n’en voit pas souvent. Pendant la nuit ils tirent quelques coups de fusils dans la lune pour faire voir qu’ils sont là. Je pense que ça doit être des vieux comme nous autres. Il n’y a que leur artillerie et là notre qui s’échangent quelques obus de temps en temps. Ça ne doit pas être ainsi du côté de Verdun à entendre dire par les journaux. Depuis le milieu de février ça été terrible et la bataille continue toujours. C’est bien malheureux car on ne voit pas venir la fin de tout ça qui cause tant d’ennuis et de malheurs… Ton cher mari… »

On voit dans cette lettre que de nombreux père de famille nombreuse, au moins 5 enfants, âgés de plus de 40 ans sont encore en première ligne en mars 2016. On les envoient juste les plus âgés, 42 et 43 ans, à l’arrière. Ils attendent avec impatience des permissions, non seulement pour retrouver leurs familles mais pour aider au travail des champs.

Les permissions

Comme la guerre devait être courte, il avait été décidé qu’il n’y aurait aucune permission. Il n’y en a donc pas eu avant juillet 1915. Le 30 juin 1915, le général Joffre instaure un régime de permissions pour tous et décide d’accorder 8 jours de permission à tous les soldats, par roulements. Mais en août 1915, on passe de 8 à 6 jours seulement. A compter du 1 octobre 1916 les soldats peuvent de 3 permissions de 7 jours chaque année. Il s’agit de soutenir autant le moral des militaires que celui des civils.

Des permissions agricoles de 15 jours peuvent être accordées à la demande des maires. Des permissions peuvent être également accordées pour des événements familiaux (décès, naissances…). Globalement les soldats se plaignent des injustices dans l’attribution des permissions, du favoritisme et du pouvoir mesquin de certains chefs. Les permissions de convalescence sont plus objectivement attribuées puisqu’elles sont la conséquence de maladies, de blessures ou d’accidents.

A partir du 1er février 1917, les officiers ou hommes de troupe bénéficiaient, tous les quatre mois, d’une permission de détente de 7 jours, délai de route non compris.
La durée de ces permissions est augmentée de délais de route, 1 jour pour 
un trajet aller-retour de 401 à 800 kilomètres, 2 jours pour un trajet aller-retour de 801 à 1600 kilomètres….

La durée des permissions a été modifiée le 1er octobre 1917 : les permissions de détente sont portées à 30 jours en trois périodes de 10 jours (tous les quatre mois) pour la France et Monaco et deux périodes de 15 jours pour les permissionnaires à destination de la Corse. 

Les blessures de Pierre BOUCHER

En décembre 1916 il se fracture la clavicule, il est envoyé à l’Hôpital d’évacuation H.O.E 37-1, « l’achoé » pour le poilu, dans l’Oise puis à l’Hôpital complémentaire n° 8 au Havre. Dans les lettres qu’il écrit quotidiennement à sa « Très chère femme » il lui dit qu’il préfère être ici, malgré son bras « ligoté » qu’être au 88ème Régiment d’Infanterie et pour y retourner le plus tard possible il « dira qu’il a toujours mal ». Dans sa lettre du 20 janvier 1917, toujours au Havre mais à l’Hôpital temporaire n° 10 il écrit qu’il est  » content car je passe l’hivers au chaud ». Paradoxe que l’on retrouvera plus tard ou le soldat préfère être blessé, quand c’est une blessure somme toute peu grave, qu’être au front ou il risque la mort a chaque instant et ou les conditions de vie sont très dures.

Il passe au 64ème RI, toujours au front et il est blessé le 4 mai 1917 au Mont des Singes (Aisne). Un éclat d’obus lui ouvre la cuisse. La bataille du Mont des Singes est l’un des grands moments de l’année 1917. C’est une des clefs de la réussite de l’offensive Nivelle à l’Ouest du Chemin des Dames. La 3e Division d’Infanterie Coloniale (notamment le 7e RIC) attaque le Mont des Singes le 16 avril 1917 au matin à partir du Bois Mortier. Elle parvient à s’en emparer au prix de pertes terribles, mais doit se retirer dans la soirée malgré les ordres de tenir la position coûte que coûte. Dans le Journal des marches et opérations (JMO) on lit : « nos vagues d’assaut tombent sous les feux croisés de mitrailleuses embusquées […] par surcroît, les réseaux ennemis ont été insuffisamment endommagés par l’artillerie. » Le Mont des Singes devient français après la victoire de La Malmaison, le 23 octobre 1917. Repris par les Allemands fin mai 1918, il est à nouveau le lieu de durs combats mi-septembre, lors de la contre-offensive française.

Pierre BOUCHER passe sa convalescence dans l’hôpital de Vert en Drouai, situé à 4 km à l’ouest de Dreux. Cet hôpital a été ouvert dans son château par Bertha Harjes, fille des riches banquiers « Drexel, Morgan, Harjes & Co. » et épouse de Charles Waddington, fils d’un industriel dans le textile.  Il écrit à sa femme le 4 juillet 1917, 2 mois après sa blessure, « ça ne se referme pas à vue d’œil. C’est un peu long naturellement car la plaie était grande comme toute la main ouverte, mais pas bien profonde ». Il ne manque de rien si ce n’est des enveloppes et du papier car il écrit tous les jours a sa femme et il lui précise qu’il n’a pas besoin de tabac car « Tous les dimanches, Madame nous en achète chacun un paquet ».

Le 27 aout, alors qu’il a été transféré à l’hôpital de Dreux il écrit a son épouse et lui raconte que « Dimanche nous sommes revenus à Vert passer la journée chez Madame Waddington. Nous sommes partis le matin à 8 heures. Ça faisait une bonne voiture , on était 16… Nous avons passé une bonne journée qui m’a semblée bien moins longue que de l’avoir passée à Dreux. Nous avons fait deux repas qui ont du coûter quelque chose! Le soir en partant on a eu chacun un petit billet de 5 francs. Nous pourront tous en garder un bon souvenir. J’aurais bien voulu y passer les jours que je suis obligé de passer à Dreux. Ils auraient passés plus vite ». Le 12 septembre il est toujours à l’hôpital de Dreux et il attend avec impatience une permission de convalescence afin de pouvoir retrouver sa femme et ses trois enfants.

On voit ainsi le paradoxe de cette guerre ou les soldats semblent plus heureux quand ils sont blessés et restent à l’hôpital, loin des champs de bataille, du froid et de la boue.

Le 27 novembre 1917, le jour de ses 44 ans, la Commission de Réforme de Lorient constate qu’il n’est plus apte à l’infanterie et propose un changement d’arme. Il est maintenu au Service armée avec une Invalidité inférieure à 10% et le 8 décembre 1917 il est affecté au 28ème régiment d’Artillerie et détaché au centre de bois à Nantes, puis le 6 mars 1918 à la scierie militaire de Vannes.

Le 4 mars 1918 il passe au 65ème RI et il est mis en congé le 18 janvier 1919 par le Dépôt démobilisateur du 63ème RI de Limoges, il a 45 ans et 2 mois.

Le caporal Pierre BOUCHER en juillet 1918.

Il racontait assez facilement cette guerre, les tranchées, les combats à la baïonnette ou celui qui frappe le premier a une chance de sauver sa peau.

 

100 ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, revenons sur quelques chiffres qui nous rappelleront les drames vécus par les familles qui ont vu mourir leurs enfants dans la fleur de l’âge.

La lecture du Journal le 12 novembre 1918 a envahie de joie les familles qui voyaient enfin la Victoire et la Paix.

117 jeunes garçons nés à Nexon sont morts lors de la Première Guerre Mondiale. Le nom de chacun d’entre eux ne figure pas sur le monument aux morts de Nexon, leur décès ayant été transcrit sur les registres d’une autre commune du fait de leur déménagement depuis leur naissance.

J’ai déjà publié la liste des nexonnais qui figure sur le monument aux morts. Mais tous ne sont pas nés à Nexon. Certains nés à Nexon avaient quitté la commune au moment ou ils ont été mobilisés et inversement d’autres qui n’étaient pas nés à Nexon y résidaient lorsqu’ils sont partis au combat. Ainsi sur les 110 noms transcrits à Nexon, 43 sont nés dans cette commune.

Voici la liste des 63 garçons nés à Nexon, morts ou disparu lors de cette guerre, dont le nom a été transcrit dans une autre commune.

Nés à Nexon et morts à la guerre leur nom figure sur d’autres monuments aux morts.

ADAM   Jean Baptiste, né le 21 octobre 1894 à Nexon, Caporal au 14e RI, décédé le 25 décembre 1918 des suites d’une maladie, inscrit à Limoges.

ASTIER Louis, né le 25 août 1886 à Nexon, soldat au 209e RI, tué à l’ennemi le 26 septembre 1914 à Perthes-lès-Hurlus (Marne) inscrit à St. Hilaire-les- Places.

AUDOIN Jean, né le 7 octobre 1890 à Nexon, Soldat au 1e RCA, Tué à l’ennemi le 12 décembre 1914 à Anzin-St-Aubin (Pas-de-Calais) inscrit à Limoges. Né à Mazerieux de père inconnu

AUTHIER Antoine, né le 9 juin 1870 à Nexon, soldat au 102e RI, décédés des suites de blessures le 6 octobre 1915 à     Sains-en-Gohelle (Pas-de-Calais) inscrit à La Roche-L’Abeille

AUZEMERY Pierre, né le 28 avril 1897 à Nexon, Soldat au 135e RI, décédé suite à des blessures de guerre le 20 août 1918 à l’hôpital complémentaire de Beauvais          (Oise), inscrit à Limoges.

AYMARD Louis, né le 02 octobre 1888 à Nexon, Trompette au 52e RAC, tué à l’ennemi   le 28 août 1914 à Moislains (Somme) inscrit à Limoges.

BEAUDEMOULIN Léonard, né le 17 avril 1892 à Nexon, Sapeur au 2e RG, Tué à l’ennemi le 15 mai 1915 au Bois de la Gruerie (Marne) inscrit à Limoges.

BERGER Ferréol né le 27 mai 1879 à Nexon, Adjudant au 50e RI, tué le 1 juillet 1915 à Nevraumont (Belgique) transcrit à Périgueux.

BONNAUD Léonard, né le 29 juin 1884 à Nexon, soldat au 207e RI, Tué à l’ennemi le 7 janvier, tué le 7 janvier 1916 dans les tranchées d’Agny (Pas-de-Calais) inscrit aux Cars.

BORIE Adrien, né le 17 juin 1895 à Nexon, soldat au 122e RI, décédé d’une maladie en service le 3 novembre 1915 à l’hôpital mixte de Saint-Yrieix, transcrit à St. Yrieix.

BOUBY Martial, né le 1 décembre 1881 à Nexon, soldat au 106e RI, décédé à Grand Rattentout près de Dieue (Meuse) le 13 avril 1915 à la suites de blessures, inscrit à Janailhac.

BOYER Jean, né le 29 juin 1885 à Nexon, soldat au 250e RI, Tué à l’ennemi le 13 octobre 1914 à Nesle (Somme) transcrit à Jourgnac.

BREUIL Louis, né le 06 décembre 1888 à Nexon , Brigadier au 53e RA, Tué à l’ennemi le 10 avril 1917 à Soupir (Aisne), transcrit à Limoges.

CHARRIER Pierre, né le 5 juin 1884 à Nexon, soldat au 7e RI, tué à l’ennemi le 2 avril 1916 à La Harazée (Marne), transcrit à Landouge – Limoges.

CHAUSSE Adrien né le 11 avril 1892, soldat au 172e RI, Tué à l’ennemi le 13 février 1915 à Burnhaupt (Alsace) transcrit à La Meyze.

CHAUSSE Jean Baptiste, né le 29 août 1896 à Nexon, soldat au 65e RI, tué à l’ennemi le 23 juin 1916 à Thiaumont (Meuse) transcrit à La Meyze.

CHEMINAUD Pierre, né le 28 mars 1877 à Nexon, soldat au 95e RIT, décédé suite à des blessures de guerre à Bras (Meuse) le 25 octobre 1915, transcrit à Ladignac.

COUDERT Jules  né le 30 juin 1887 à Nexon, Soldat au 204e RI, tué à l’ennemi le 30 mai 1918 à Villers-la-Fosse (Aisne) transcrit à Limoges.

COULON Etienne, né le 8 aout 1886-09-08 à Nexon, soldat au 263e RI, tué à l’ennemi le 22 octobre 1914 à Rouvroy-en-Santerre (Somme) transcrit à Thiviers (Dordogne).

DELOTTE Antoine, né le 21 septembre 1896 à Nexon, soldat au 363e RI, tué à l’ennemi le 16 avril 1917 à Brimont (Marne) transcrit à Pageas.

DENIS Léonard, né le 25 juillet 1884 à Nexon, Soldat au 207e RI, tué à l’ennemi le 29 avril 1917 à Prosnes  (Marne), transcrit à Limoges.

DESBORDES Marius, né le 26 mai 1898 à Nexon, soldat au 279e RI, tué à l’ennemi le 31 juillet 1918 à Fère-en-Tardenois (Aisne), transcrit à Paris.

DESBORDES Pierre, né le 28 novembre 1881 à Nexon, soldat au 4e RG, Tué à l’ennemi le 4 novembre 1918 à Tielt (Belgique) transcrit à Isle.

DIEUAIDE Gabriel Marcel, né le 8 mai 1894 à Nexon, Soldat au 2e RMZ, tué à l’ennemi le 24 mai 1915 sur le Canal de l’Yser (Belgique) transcrit à Limoges.

DINTRAS Pierre, né le 07 octobre 1899 à Nexon, Soldat au 85e RAL, mort de maladie en service le 24 juillet 1919 à l’hôpital militaire Desgenettes à Lyon (Rhône) transcrit à Limoges.

DURAND Jean Baptiste, né le 21 janvier 1894 à Nexon, soldat au 152e RI, tué à l’ennemi le 22 décembre 1915 à Hartmannswillerkopf  (Alsace), transcrit au Vigen (Haute-Vienne)

DUVERNEIX Martial, né le 13 avril 1891 à Nexon, soldat au 127e RI, tué à l’ennemi le 15 mars 1915 à la ferme Beauséjour à Minaucourt (Marne), transcrit à Janailhac.

FAUCHER Jean, né le 10 mai 1887 à Nexon, soldat au 106e RAL, décédé de ses blessures de guerre le 6 avril 1918 à Rouvroy-les-Merles (ambulance 4/6) dans l’Oise, transcrit à Ladignac.

FAURE Marcel, né le 22 octobre 1888 à Nexon, soldat au 412e RI, tué à l’ennemi le 10 avril 1916 à Marson (Marne), transcrit à La Roche-l’Abeille.

FITTE Jean, né le 28 décembre 1880 à Nexon, Adjudant au 155e RI, décédé de maladie en service le 19 juillet 1918 à l’hôpital mixte de Beauvais (Oise), transcrit à Paris.

FONCHY Jean, né le 3 octobre 1884 à Nexon, soldat au 13e RI, décédé de ses blessures de guerre le 8 avril 1918 dans l’ambulance 5/59 à Royallieu (Oise). Transcrit à St. Hilaire-les-Places

FRAISSE Jean, né le 08 décembre 1895 à Nexon, Soldat au 37e RIC, tué à l’ennemi le 4 octobre 1915 au Camp d’Elberfeld en Champagne (Marne). Transcrit à Limoges.

FRUGIER Edouard Marie né le 24 septembre 1886 à Nexon, Soldat au 213e RA, tué le 3 juin 1918 à La Ferté-Milon (Aisne), transcrit à Limoges. Fils du Dr Frugier.

GIBAUD Martial, né le 5 mars 1893 à Nexon, soldat au 21e RI, disparu le 30 septembre 1914 à Souain (Marne). Transcrit à St. Yrieix la Perche.

GRELONNEAU Jean Baptiste, né le 5 avril 1895 à Nexon, soldat au 83e RI, tué à l’ennemi le 3 aout 1915 à Arras (Pas-de-Calais). Transcrit à Rilhac Lastours.

HELIAS Jules né le 07 mars 1889 à Nexon, Caporal au 63e RI, décédé à la suite d’une chute le 6 septembre 1917 à la station sanitaire de Montlieu (Charente-Inférieure). Transcrit à Limoges.

JOUHAUD Jean, né le 10 septembre 1882 à Nexon, caporal au 42e RI, tué à l’ennemi le 27 mai 1918 à Locre (Belgique). Transcrit à Flavignac.

JOUHAUD Louis, né le    1er janvier 1887 à Nexon, soldat au 91e RI, décédé des suites de ses blessures de guerre le 29 avril 1915 à l’hôpital temporaire n°1 à Verdun (Meuse). Transcrit à Thiviers (Dordogne).

LABORIE Léonard, né le 21 septembre 1890 à Nexon, soldat au 78e RI, tué à l’ennemi à Flirey (Meurthe-et-Moselle) le 14 avril 1915. Transcrit à Limoges.

LAMONERIE Louis, né le 31 mars 1883 à Nexon, soldat au 151e RI. Tué à l’ennemi le 28 janvier 1915 à La Harazée (Marne). Transcrit à Périgueux (Dordogne).

LAVERGNE René, né le 26 mars 1898 à Nexon, soldat au 14e RI. Tué à l’ennemi  le 29 novembre 1917 à Gouvieux (Oise). Transcrit à Les Hurlus (Marne).

LELONG Henri Laurent, né le 6 janvier 1873, soldat au 112e RIT, décédé des suites de ses blessures de guerre le 10 décembre 1916 à Suzanne (ambulance 2/67) dans la Somme. Transcrit à Caen (Calvados).

MASSALOUX François, né le 15 décembre 1888 à Nexon, soldat au 100e RI. Tué à l’ennemi le 13 septembre 1915 à La Harazée (Marne). Transcrit à Tulle (Corrèze).

MATHIEU Jean  Baptiste, né le 9 mars 1881 à Nexon. Soldat au 11e RI. Tué à l’ennemi le 4 aout 1916 à Fleury (Aude). Transcrit à Limoges.

MAUD   Simon, né le 15 aout 1895 à Nexon, soldat au 115e RI. Mort des suites de ses blessures de guerre le 8 mars 1916 à Braux-Sainte-Cohière (Marne). Transcrit à Le Blanc (Indre).

MEINIER Paul, né le 2 avril 1890 à Nexon. Soldat au 134e RA. Décédé d’une maladie en service (Grippe et bronchite) le 7 octobre à 1918-10-07 à hôpital militaire 89 bis de Vizille (Isère). Transcrit à St. Dié (Vosges).

MOUNIER François né le 7 mars 1890 à Nexon, soldat au 78e RI. Mort pour la France le 28 aout 1914 à Raucourt (Ardennes), transcrit à Limoges.

NOUAILHAS Louis, né le 7 octobre 1886 à Nexon. Soldat au 117e RI, tué à l’ennemi le 17 mai 1917 à Moronvilliers (Marne). Transcrit à Burgnac.

PASCAL Henri, né le 26 février 1892 à Nexon, soldat au 78e RI.  Disparu le 28 aout 1914 à Raucourt (Ardennes). Transcrit à             St. Yrieix la Perche.

PATAUD Léonard, né le 22 mai 1882 à Nexon. Soldat au 31e RI. Tué à l’ennemi le 16 mai 1915 à Vauquois (Meuse). Transcrit à Eymoutiers.

PATAUD Pierre, né le 12 avril 1889 à Nexon. Soldat au 78e RI. Tué à l’ennemi le 21 décembre 1914 à Jonchery (Marne). Transcrit à Nedde.

PIQUET Antoine, né le 1er octobre 1893 à Nexon. Caporal au 63e RI. Décédé des suites de ses blessures de guerre le 25 septembre 1915 à Habarcq (Pas-de-Calais). Transcrit à Condat.

PIQUET Antoine, né le 13 avril 1885 à Nexon. Soldat au 151e RI . Tué à l’ennemi le 15 mars 1916 à la Côte du Poivre (Bois d’Haudremont) dans la Meuse. Transcrit à St. Hilaire-les-Places.

PIQUET Martial, né le 2 janvier 1894 à Nexon, soldat au 26e RI. Tué à l’ennemi   le 18 octobre 1915 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Transcrit à St. Hilaire-les-Places.

PLANTADIS Martial, né le 11 aout 1888 à Nexon. Soldat au 7e RI. Tué à l’ennemi le 26 septembre 1914 à Minaucourt (Marne). Transcrit à Beynac         .

PRADEAU Pierre né le 3 aout 1882 à Nexon, soldat au 241e RI. Tué à l’ennemi le 27 juin 1916 à Fleury (Meuse). Transcrit à St. Martin-le-Vieux.

ROCHE Jean, né le 26 avril 1892 à Nexon. Soldat au 138e RI. Disparu le 31 aout 1914 à Terron-sur-Aisne (Ardennes). Transcrit à Burgnac.

TRICARD Guillaume, né le 26 juin 1894 à Nexon. Soldat au 90e RI. Décédé des suites de ses blessures le 27 juin 1915  à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Transcrit à La Meyze.

TRICARD Pierre né le 29 mars à Nexon. Soldat au 90e RI. Décédé des suites de ses blessures le 21 décembre 1914 à Zonnebecke             (Belgique). Transcrit à Bosmie.

VALETTE Paul, né le 31 aout 1884 à Nexon, soldat au 138e RI. Tué à l’ennemi le 11 avril 1916 à Thierville (Meuse). Transcrit à Peyrilhac.

VENTAUD François né le 6 février 1875 à Nexon. Soldat au 135e RI. Tué à l’ennemi le 16 avril 1916 à Marre (Meuse). Transcrit à Beynac.

VEYRETOUT François Paul dit Emile, né le 13 mai 1887 à Nexon, soldat au 7e RI. Tué à l’ennemi le 11 juillet 1916 à Souville (Meuse). Transcrit à Levallois-Perret.

VIGNAUD François né le 28 novembre 1893 à Nexon. Soldat au 9e RI. Tué à l’ennemi le 3 aout 1916 à Fleury     (Meuse). Transcrit à Sainte-Livrade (Lot-et-Garonne). Né de père inconnu.

 

Les premiers tués parmi les soldats nés à Nexon :

Le 18 aout 1914 Léon JOUHAUD, âgé de 21 ans, soldat au 21e RI est porté disparu à Russ en Alsace.

Le lendemain, le 19 aout, Louis BRUNERIE, 21 ans, soldat au 21e RI est tué à Hersbach en Alsace.

Le 22 aout, BERGER Ferréol, âgé de 35 ans, soldat au 50e RI trouvait la mort à Névraumont en Belgique.

Le 24 aout, GUYOT Jean, 26 ans, soldat au 211e RI est tué à Etain dans la Meuse.

Le 28 aout six jeunes sont tués : Louis AYMARD, 25 ans, Trompette au 52e à Moislains (Somme) ; Pierre LACORE, 23 ans, soldat au 63e RI, à La Besace (Ardennes) et Jean MATHIEU, 23 ans, soldat au 100e RI au même endroit. François MOUNIER, 24 ans et PASCAL Henri, 22 ans, tous les deux soldats au 78e RI, sont tués à Raucourt dans les Ardennes. Jean PRADEAU, 29 ans, soldat au 263e RI est tué à Rocquigny (Pas-de-Calais).

Le 31 aout Jean ROCHE, le 26 avril 1892, 22 ans, soldat au 138e RI est porté disparu à Terron-sur-Aisne (Ardennes).

Le dernier mort parmi les garçons nés à Nexon

Le dernier mort a été tué le 4 novembre 1918. DESBORDES Pierre qui servait au 4e RG  a été tué en Belgique à Tielt (ambulance 8/6 SP 180) lors de la reconquête lancée à partir de septembre 1918 par le Roi Albert. Il avait reçu du maréchal Foch le commandement du « Groupe d’armées des Flandres » constitué de l’armée belge, de la Deuxième armée britannique, de même taille (10 divisions britanniques + 2 divisions US), ainsi que de deux corps français (6 divisions), en plus d’une cavalerie.

Il y a eu 3 morts en novembre 1918, tous décédés de maladie. Léon LATOUILLE décédé le 19 octobre à Montmirail (ambulance 239) ; Marcel GUYONNAUD décédé le 9 octobre à l’hôpital n°64 à Arcis-sur-Aube (Aube) ; Paul MEINIER, le 7 octobre à l’hôpital militaire 89 bis de Vizille en Isère.

La grippe espagnole a fait des ravages au cours de l’année 1918. La première vague qui sévit au printemps 1918 fut assez peu virulente. Mais la seconde, à l’automne s’avéra particulièrement agressive pour les jeunes adultes. Du fait de la promiscuité, du manque d’hygiène et de l’affaiblissement physique et de leurs nombreux déplacements de nombreux soldats en furent victimes.

Soldats du camp militaire du Kansas aux Etats Unis, région d’où est partie l’épidémie

Des consignes strictes sont données aux habitants pour limiter la propagation de l’épidémie, les manifestations, spectacles…sont interdites.

Le Populaire 28 septembre 1918

Francisque Poulbot (1879 -1946), célèbre dessinateur et illustrateur dont le nom est devenu le synonyme du titi parisien à illustré la crainte qu’engendrait l’épidémie de grippe espagnole.

Carte postale de Poulbot

 

Les plus jeunes enfants de Nexon tués à la guerre

Le plus jeune est René LAVERGNE tué à 19 ans et 8 mois le 29 novembre 1917 au Village des Hurlus, l’un des 5 villages détruit du camp de Suippes.

Suippes: Monument en mémoire des villages disparus de Champagne

Dix jeunes sont morts alors qu’ils avaient juste 20 ans : Léonard BECHADE, Adrien BORIE, Jean Baptiste CHAUSSE, Marius DESBORDES, Pierre DINTRAS, Jean FRAISSE, Jean Baptiste GRELONNEAU, Marcel   GUYONNAUD, Jean Baptiste GUYOT et Pierre TRICARD. Jean Baptiste GUYOT est mort en captivité au Lazaret n°4 à Trèves.

Ainsi sur les 33 jeunes nés en 1898 à Nexon 10 sont morts à 20 ans. On mesure les ravages faits par cette guerre dans les campagnes !

Mais il n’y a pas que des jeunes qui meurent.

Le plus âgé des nexonnais avait 45 ans. Il s’agit d’Antoine AUTHIER qui était né le 9 juin 1870 au village de Montezol. Ayant perdu un frère au service il est dispensé mais il est appelé le 10 novembre 1891 à l’activité au 63e RI. Il est mis en congé le 22 septembre 1892. Il est rappelé à l’activité par décret du 1er aout 1914. Il arrive au corps le 30 mars 1915, passe au 102e Régiment territorial d’infanterie. Il décède le 6 octobre 1915 des suites de ses blessures de guerre.

Henri LELONG est mort à 43 ans et François VENTAUD à 41 ans.

Jean PERRIER est palefrenier. Au Conseil de révision il tire le numéro 44 et il déclaré propre au service. Appelé au 31e RI le 16 novembre 1897 il est réformé temporairement le 19 mai 1899 pour bronchite chronique suspecte. Rappelé à la suite du décret de Mobilisation générale il arrive au corps le 6 aout 1914 et décède le 7 février 1915, à 39 ans des suites d’une fièvre typhoïde.

Registre militaire de Jean PERRIER

Pierre CHEMINAUD et Jean Baptiste LAMONERIE avaient 38 ans et Ferréol BERGER 35 ans.

 

Registre militaire de Jean Baptiste LAMONERIE 

Tous ces hommes étaient des soldats de 2ème classe.

Les batailles meurtrières

La bataille de VERDUN en 1916.

Elle débute le 21 février 1916 et pendant plusieurs mois des combats féroces vont se dérouler autours des forts construits sur les collines au Nord-Est de Verdun. 4 jeunes y trouvent la mort : Pierre PRADEAU le 27 juin à Fleury, François VIGNAUD le 3 aout également à Fleury, Jean Baptiste MATHIEU le 4 aout et le 8 aout Jean Martial MEYNIER lors de la reprise de l’ouvrage de Thiaumont.

Les lieux de la bataille de Verdun. Thiaumont et Fleury dans le cercle rouge.

L’ouvrage de Thiaumont en 1915 et en 1916 après les bombardements incessants des allemands

En 1917 les offensives du général NIVELLE.

En décembre 1916 JOFFRE qui préparait une offensive est remplacé par le général Robert NIVELLE qui jouit d’une grande popularité en raison de ses succès à Verdun. Il reprend le plan de JOFFRE et souhaite percer le front compris entre Soissons et Reims (environ 40 km) avec deux armées ; une troisième doit exploiter la percée vers la Belgique. Le chemin des Dames constitue une partie du secteur d’attaque (25 km).

L’optimisme du généralissime et les préparatifs gigantesques suscitent un immense espoir, au front comme à l’arrière. Cependant, le haut commandement ne tient pas compte des difficultés que représentent le terrain et les défenses en profondeur allemandes.Après une préparation d’artillerie d’une dizaine de jours, les fantassins français attaquent dans l’Aisne le 16 avril à 6 heures du matin. Dès les premières heures, les hommes réalisent que l’offensive est un échec, avec des pertes importantes. Le désastre est amplifié par les insuffisances logistiques et un service de santé dépassé. Interrompue le 20 avril, l’offensive reprend le 4 mai avant d’être abandonnée le 15 mai.

Le 16 avril Antoine DELOTTE est tué, le 23 avril Léonard DENIS et Henri DUVERNEIX tombent.

Interrompue le 20 avril, l’offensive reprend le 4 mai avant d’être abandonnée le 15 mai. Le ministre de la Guerre PAINLEVÉ remplace alors NIVELLE par PÉTAIN.

Les attaques se poursuivent en particulier à l’Est de Reims avec la conquête du massif de Moronvilliers du 17 avril au 20 mai 1917. Louis NOUAILHAS et Jean PATAUD perdent la vie respectivement le 17 et le 20 mai.

Fin de la Guerre

L’armistice est signé dans le wagon spécial du généralissime Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, le lundi 11 novembre à 5h15 du matin.

 

Après la signature de l’armistice, au premier plan le maréchal Foch, encadré par les amiraux britanniques Hope et Rosslyn Wemyss.

A 11 heures, dans toute la France, les cloches sonnent à la volée.

Au front, les clairons sonnent le « Cessez-le-Feu », la « Marseillaise » jaillit à pleins poumons des tranchées. Même soulagement en face, dans le camp allemand.

I- Les anciens combattants au niveau national

  Les blessés et mutilés s’organisent avant la fin de la guerre.

Les blessés et les mutilés sont relativement mal pris en charge par l’administration. Ce sont donc des initiatives privées qui vont suppléer les carences de l’administration. Ainsi en août 1915, la première association voit le jour dans un hôpital privé : l’Association générale des mutilés de la guerre (ou AGMG). Les associations de mutilés se multiplient alors partout en France, regroupant des mutilés mais aussi des veuves et même des ascendants. Un premier congrès à l’initiative d’une structure parisienne, l’Union nationale des mutilés et réformés (UNMR), se réunit le 11 novembre 1917 à Paris et jette les bases et les principes de l’Union.

A Lyon, les 23, 24 et 25 février 1918 « l’Union fédérale des associations françaises de blessés, mutilés, réformés, anciens combattants de la grande guerre, veuves, orphelins et ascendants » prend officiellement naissance. Elle devient quelques années plus tard « Union fédérale des associations françaises d’anciens combattants et victimes de guerre (U.F.) ». Son siège est à Paris, rue de Brissac, dans un immeuble acheté en 1928 grâce aux dons de ses groupements et fédérations départementales. Il y est toujours actuellement. L’U.F. a été reconnue d’utilité publique par décret en date du 25 juin 1952.

La guerre terminée les démobilisés sont mécontents.

La révolution russe de 1917 a suscité un immense espoir. Dès la fin de la guerre des grèves éclatent. Le 1er mai 1919 CLEMENCEAU fait quadriller Paris par la troupe, le gouvernement calme la colère des démobilisés en les exonérant, ainsi que les veuves, des impôts dus pour les années de guerre, si leur revenu est inférieur à 5 000 F. Il institue une prime de démobilisation de 250 F, majorée de 20 F par mois de séjour au front.

Mais la parade la plus efficace consiste à organiser les démobilisés avant que la gauche ne le fasse en suscitant la création de l’Union Nationale des Combattants (UNC). A la différence de l’U.F., qui vient d’en-bas, et lentement, l’UNC vient d’en-haut, et vite.

Clemenceau encourage le Père BROTTIER, aumonier militaire, qui demande aux anciens combattants de « rester unis comme au front ». Avec l’appui de l’armée qui autorise l’UNC à faire sa propagande dans les foyers du soldat, des milieux d’affaire et de l’église catholique l’UNC se développe rapidement. Déclarée le 11 novembre 1918, elle compte près de 100.000 membres à sa première assemblée générale, en février 1919. En 1921, avec 317 000 cotisants, elle devance l’UF qui compte 255 000 votants à son congrès.

A coté des anciens combattants il y une catégorie de citoyens qu’il ne faut pas oublier : les orphelins. La proposition de loi initiée par Léon Bourgeois en avril 1915 débouche sur la loi du 27 juillet 1917 qui institue les pupilles de la nation et crée un Office national des pupilles de la nation (ONMR). Enfin, la loi de Finances du 19 décembre 1926 permet la création d’un Office national du combattant (ONC).

En 1922, le 11 novembre devient jour férié.

Il ne suffisait pas d’aider les anciens combattants il fallait leur rendre hommage et tout faire pour qu’un tel conflit ne se renouvelle pas. Aussi la loi du 24 octobre 1922 décide que la république française célèbrera annuellement la commémoration de la victoire et de la Paix et que cette fête sera célébrée le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice. Le 11 novembre devient jour férié.

 

Un défenseur des droits des combattants : René CASSIN, prix Nobel de la Paix

Pendant toute cette période un homme a joué un rôle prépondérant : René CASSIN. Ancien combattant épris de justice, il participe dès 1917 à la création à Aix en Provence, d’une des toutes premières associations de victimes de guerre et à la création de l’Union fédérale. Devenu l’un des dirigeants nationaux les plus écoutés, il participe activement à l’élaboration du texte de loi sur le droit à réparation que le député Georges LUGOL fera adopter le 31 mars 1919. En 1922 il devient président de l’Union fédérale en 1922. En 1926 il est la base de la création de la carte du combattant et de l’O.N.C. En 1929, il est vice-président du conseil supérieur des pupilles de la nation. On l’appelle « le père des pupilles de la nation. » En 1930, il obtient la retraite du combattant ; celle-ci sera alors versée aux intéressés dès l’âge de 50 ans !

Dès le 19 juin 1939 il embarque à Saint Jean de Luz pour rejoindre Londres ou il arrive le 29 juin. Il se présente au Général DE GAULLE, dont il deviendra le juriste.

Dès la fin de la guerre, c’est en tant que représentant de la France dans la commission des droits de l’Homme des Nations unies, qu’en collaboration avec Mrs Eleanor ROOSEVELT, René CASSIN établit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Premier Président de l’Ecole Nationale d’Administration,  qui vient d’être créée, à la tête du Conseil d’Etat de 1944 à 1960 puis membre du conseil constitutionnel du 18 juin 1960 au 22 février 1971 il siège à la cour européenne des droits de l’Homme de 1960 à 1968 et la préside de 1965 à 1968.

Le 10 décembre 1968, vingt ans jour pour jour après la déclaration universelle des droits de l’homme, le prix Nobel de la Paix est attribué à René CASSIN. Il s’est éteint en 1976 à 89 ans.
Le 5 octobre 1987, jour du centième anniversaire de sa naissance, ses cendres ont été transférées au Panthéon.

 

II- Les associations d’anciens combattants en Haute-Vienne.

 

A Limoges c’est d’abord une Œuvre d’Assistance aux Invalides et Mutilés de Guerre qui voit le jour dès 1916. Elle va principalement se consacrer à la rééducation des mutilés dans un Centre de Rééducation ou sont logés plus de 200 élèves avec des infirmiers, des cuisiniers, des lingères… et 29 professeurs. La majorité des élèves rééduqués entre le 1er octobre 1915 et le 1er mai 1918 placés par l’école étaient comptables (81), cordonniers (45), employés (45), instituteurs (29), dessinateurs industriels (18), tailleurs (13) et coiffeurs (12).

En annexe à ce Centre la Fédération a créé, en mai 1917, une Ecole des Soldats blessés aux yeux puis le 5 janvier 1918 un Centre de rééducation agricole dans la ferme école de Chavaignac près de Peyrilhac.

A coté des Centres, la Fédération distribue des secours en numéraire aux Réformés dans le besoin  et aide les mutilés dans toutes leurs démarches administratives.

La Haute-Vienne comptait de nombreuses associations de mutilés et de sections de l’association des combattants du Limousin et du Centre. Un grand nombre d’entre elles décident de s’unir afin d’être plus fortes. Réunies le 8 janvier 1928 à l’hôtel de ville de Limoges elles créent « L’Union Fédérale de la Haute-Vienne des associations d’anciens combattants et victimes de la guerre, de leurs veuves, orphelins et ascendants du département de la Haute-Vienne. » Le même jour est créé le journal « Le combattant du Limousin ».

Le numéro 102, daté de décembre 1937 annonce la tenue du 9ème Congrès départemental dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Limoges, le 16 janvier 1938, sous la présidence de René CASSIN et en présence de 2 ministres, Albert RIVIERE, ministre des pensions et André COT, ministre de l’Air. Ce même jour sera inauguré la maison de l’Union fédérale, au 37bis de la rue Montmailler à Limoges.

Le numéro 112 de décembre 1938 annonce la tenue du Congrès le 26 février 1939.  Pas de ministre cette fois ci et un ton pessimiste. Hitler a en effet annoncé qu’il voulait récupérer les anciennes colonies allemandes qui ont été confisquées en 1919. La menace de la guerre se fait sentir…

 

III- Les Anciens Combattants à Nexon.

 La première manifestation de la municipalité a été le 1er décembre 1919, la décision d’ériger un monument à la mémoire des combattants morts au combat.

Le 20 février 1919 par une annonce dans le Populaire du centre « les mutilés et réformés, les veuves et les anciens combattants du canton de Nexon sont priés d’assister à l’assemblée générale qui aura lieu le dimanche 2 mars à Nexon, salle Defaye, vers 2 heures (heure nouvelle) » en vue de constituer une association pour la défense de leurs intérêts.

Cette association réunit un large public et le but n’est pas de se retrouver amicalement mais de défendre ses intérêts.

La réunion du 2 mars a dépassé les espérances des organisateurs. Il y avait tellement de monde que la salle Defaye était trop petite et les participants se sont déplacés dans la grande salle du Café de la Promenade.

LAPLAUD, instituteur à Saint Priest Ligoure préside la réunion. Il montre la nécessité d’être unis et présente les statuts de la future association ainsi que le règlement intérieur. Les choses avaient donc été préparées à l’avance. Le nom « Association Fraternelle des Anciens Combattants et Victimes de la Guerre du canton de Nexon » est adopté. On constate un léger changement par rapport à la convocation : les anciens combattants figurent en tête du nom et celui des mutilés n’est pas mentionné mais tous sont représentés au bureau par un délégué.

Il n’y a pas de président mais un Secrétaire général, M. J. LAPLAUD avec comme adjoint M. SENIGOUT à La Meyze. Le trésorier est M. Guyot à Nexon et son adjoint M. JARY à Saint Hilaire les Places.

Les délégués sont :

– délégués des Réformés : MM. MARTIN à la Meyze et DEBORD à Nexon.

– délégués des veuves et ascendants : Mmes CHARLINE à La Roche et VILLENEUVE à Saint Priest.

– délégués des anciens combattants : MM. JARRAUD à Fressinet et PEYROT à Saint Priest.

A ces personnes s’ajoutent les délégués de chaque commune.

Au 31 décembre 1919 l’association comptait 151 membres cotisants à 5francs et un membre honoraire ayant versé 50 francs.

Les dépenses s’élèvent à 565, 70 francs dont :

  • 87 cotisations à 2 francs à la Fédération …….. : 174 francs
  • Journaux payés à la fédération ……………… : 110 francs
  • Imprimés (cartes de membre, papier, statuts… : 186,20 francs
  • Déclaration et insertion au Journal Officiel ….. : 60 francs
  • Location de salle pour l’assemblée du 2 mars … : 20 francs

 

Les nexonnais sont 21 cotisants, loin derrière ceux de Saint Priest Ligoure qui sont 36 plus Jean Laplaud qui a payé 50 francs comme membre honoraire. C’est sans doute lui qui a su mobiliser ses compatriotes pour le taux d’adhésion soit aussi élevé.

Les membres nexonnais de La Fraternelle en 1919

L’association n’a pas dû fonctionner par la suite, le cahier ne comporte pas d’autres listes. Il faudra attendre 1928 pour qu’une nouvelle association soit créée.

 

Les associations de Nexon n’ont pas pris part à la création de l’Union départementale en janvier 1928. Elles la rejoindront à la fin de l’année 1928.

Octobre 1928 : La 28eme section départementale de l’UF est créée à Nexon.

Le bureau de la section des Mutilés avait convoqué, pour le 21 octobre 1928, tous les anciens combattants de la commune à une réunion amicale. Beaucoup répondirent à l’appel, la salle de la mairie avait peine à les contenir. M. MELON, le très sympathique président de la section des mutilés remercie les camarades présents d’être venus et les engage à faire de la propagande afin que pas un seul ancien Combattant mutilé ou non reste isolé.

Sur sa proposition l’assemblée est unanime pour décider d’organiser un cortège qui se rendra le dimanche 11 novembre au Monument aux Morts pour y déposer une palme.

, délégué du bureau central de Limoges, explique ensuite que le devoir et l’intérêt des anciens Combattants non pensionnés est de se grouper. Leurs frères dermes, mutilés, ont depuis longtemps donné l’exemple et recueillent aujourd’hui les fruits de leur cohésion. Les non pensionnés ne voudront pas rester plus longtemps inactifs et voudront travailler à améliorer et augmenter les maigres avantages qui leur sont concédés par les lois et règlements en vigueur.

A la suite de cet exposé, l’assistance décide la création d’une section d’anciens Combattants à Nexon et nomme immédiatement un bureau provisoire. Sont élus comme :

Président : M. le docteur JUMEAU-LAFOND

Secrétaire : M. TOULEMONT

Secrétaire adjoint : M. PIGNOULET

Trésorier : M. PERIER Baptiste

Trésorier adjoint : M. ROUGERIE J-B

 

La réunion se termine par une courte causerie sur la Retraite Mutuelle de l’Union Fédérale, qui est le système le plus parfait et le plus avantageux d’épargne et de prévoyance pour les vieux jours.

18 novembre 1928 1er congrès de l’Association « Les Combattants du Limousin et du Centre »

22 avril 1929 assemblée générale de la section de Nexon.

Plus de 100 camarades ont répondu à l’appel du président, le docteur JUMEAU-LAFOND. La section de Nexon approuve les décisions du Congrès régional du 14 avril rapportées par leur délégué Perrier. Ils invitent le bureau fédéral à faire pression sur les pouvoirs publics pour voter la retraite du combattant, pour faire accorder aux Anciens Combattants les réductions accordées aux Mutilés par les compagnies de chemin de fer, à leur faire consentir des prêts analogues à ceux accordés aux Mutilés.

Le Combattant du Limousin 15 avril 1933 : « Le 19 mai dernier dans la grande salle Charreix s’est tenue l’Assemblée générale ordinaire des deux sections de Nexon, de l’U. F des Mutilés et Combattants du Limousin.

Le docteur JUMEAU-LAFOND préside, assisté des camarades TOULEMONT et LABIDOIRE. Il présente les camarades du bureau central, SENAMAUD, trésorier général des Mutilés du Limousin, NAUCODIE, président de la mutuelle retraite et FOUCHARD, président de l’U. F. départementale.

SENAMAUD fait l’historique des Associations dans le département. 1925 a vu la création de l’Union Fédérale et c’est en 1933 un faisceau de 25 000 bonnes volontés qui la compose. Il rappelle quelles ont été les réalisations : d’abord un siège social avec une permanence journalière ; un véritable office de renseignement ou plus de cent camarades défilent chaque jour ; un foyer de Mutilés qui donne des repas à des prix abordables ; une société de Mutuelle-Retraite ; la création d’une maison d’hébergement et d’assistance par le travail.

Dans tous les organismes ou l’on s’occupe des victimes de la guerre et des Anciens Combattants l’Union fédérale est présente et souvent la seule représentée.

NAUCIDIE a ensuite la parole pour exposer la question importante de la société Mutuelle de retraite des Combattants et des Victimes de la guerre de l’Union Fédérale du département de la Haute-Vienne.

Au cours d’un récent voyagé à Paris dit-il, j’ai pu parcourir, les services de la France Mutualiste et je puis vous dire que vous pouvez avoir confiance en cet organisme qui possède actuellement plus de huit cents millions d’immeubles et de deux cents en valeurs diverses. C’est d’ailleurs la caisse autonome la plus importante de France.

Il est entièrement sous le contrôle du Ministère des Finances car, vous le pensez bien, si l’Etat majore vos versements de 25 à 60% il est juste qu’il exerce un contrôle journalier sur les opérations qui sont faites par France Mutualiste.

Il invite les camarades Anciens Combattants et leur famille à adhérer à la Mutuelle. Il cite de nombreux exemples, tel celui de l’Ancien Combattant qui âgé de 52 ans arrive à doubler sa retraite à 63 ans s’il se contente de percevoir d’une main et de verser de l’autre à la Société Mutuelle sans pour cela d’ailleurs que le capital soit perdu en cas de décès.

FOUCHARD fait ensuite un exposé très complet sur la situation financière actuelle et les différents projets établis contre les droits acquis des Anciens Combattants par les ministres des finances qui se sont succédé.

Il rappelle qu’avant de consentir des sacrifices, il y a lieu pour le Gouvernement de mettre de l’ordre dans la maison et de supprimer les nombreux abus de toutes sortes que tout le monde connaît et qu’il appartient au Gouvernement de réprimer.

La révision des pensions est également à l’ordre du jour et il fait connaître la position de l’Union Fédérale, qui d’ailleurs a toujours été la même : suppression des pensions dites scandaleuses, par un réexamen des droits à pension, des mobilisés des dépôts et des engagés spéciaux de l’arrière

Les trois exposés furent très applaudis et la réunion se termina par le vote de l’ordre du jour suivant : « Les deux sections de l’Union Fédérale des Mutilés et Combattants du Limousin, réunis salle Charreix à Nexon le 19 mars 1933, après avoir entendu les camarades Sénamaud, Naucodie et Fouchard font confiance à l’Union Fédérale des Mutilés et Combattants du Limousin pour défendre leurs droits, exprimant leur conviction formelle que toute mesure de redressement financier doit comporter la suppression immédiate des abus dans tous les domaines. Déplorent que des Anciens Combattants et Victimes de Guerre trop nombreux n’aient pas obtenus réparation.

Décident qu’avant de demander aux Mutilés et aux Combattants des sacrifices, il est nécessaire d’attendre les résultats définitifs du redressement financier afin de connaître et d’évaluer l’effort exigé de tous, aucun citoyen ne pouvant se dérober à ses devoirs civiques et fiscaux ».

 

L’Assemblée, en raison du décès survenue du père du camarade Melon, décide ensuite de lui envoyer l’adresse suivante : « Les sections des Mutilés et Combattants de Nexon envoient à leur camarade Melon, président de la section des Mutilés du Limousin leurs sympathiques condoléances pour le deuil qui vient de le frapper ».

Les bureaux ont été renouvelés dans leur entier à savoir :

Pour les Mutilés

Président : MELON

Secrétaires : DUROUX, DESPLANCHES

Trésorier : LABIDOIRE

Pour les Combattants

Président : JUMEAU-LAFOND

Secrétaires : TOULEMONT et PERRIER

Trésorier : MOURET

 

1er Juin 1933 : Le camarade MOURET Louis, trésorier de la section des Combattants de Nexon, invite tous les adhérents en retard de leur cotisation de bien vouloir s’en acquitter le plus tôt possible, car passée la date du 31 mai prochain, ces camarades seront avisés de payer leur cotisation par chèque postal et dans le cas où ils ne répondraient pas à cet appel, le journal leur sera supprimé.

Il compte sur la bonne volonté de tous pour l’aider dans sa tache.

 

6 décembre 1933, assemblée générale dans la salle de cinéma présidée par le docteur JUMEAU-LAFOND. Le point principal de cette assemblée est la désignation des délégués du canton au Comité administratif fédéral. Sont élus pour les Combattants : QUEYROI Fernand de Nexon titulaire, RENAUDIE de la Meyze suppléant. Pour les Mutilés : MARQUET Gabriel de Saint Priest Ligoure titulaire, LAMAUD de Rilhac Lastours suppléant.

Le délégué fédéral fustige ceux qui ont démissionné car les avantages accordés aux Combattants et mutilés sont aléatoires et il faut sans cesse batailler pour qu’on ne les supprime pas. Ensuite le délégué des Mutilés s’en prend aux « peinards » qui n’ont pas été mobilisés et se sont enrichis pendant que d’autres souffraient tant moralement que physiquement.

 

Le 11 novembre 1935 les sections des Mutilés et des Combattants de Nexon appartenant à l’Union Fédérale, ont fêté dignement la commémoration de l’armistice.

Le matin, le pèlerinage habituel au monument aux Morts, accompli pour y déposer une palme, eut lieu avec le concours de la plus grande partie de la population, y compris le maire et des représentants du conseil municipal.  Le docteur JUMEAU-LAFOND, président des sections d’Anciens Combattants de l’U. F., en quelques phrases bien de circonstances rappela la raison de cette commémoration et demanda une minute de silence, Après quoi les camarades de l’Union Fédérale se groupèrent pour entendre CLEMENT, délégué du Conseil d’administration de l’U.F. dont il est le président.

La réunion ne fut que de courte durée, parce qu’il était midi et qu’il fallait prendre place au banquet organisé par les camarades de l’U.F. Une centaine de convives se trouvaient réunis dans une salle fort bien aménagée où, durant plus de deux heures des plats nombreux, des mets succulents circulèrent sur les tables. Enfin, lorsque le vin mousseux et pétillant emplit les Verres, on eut le plaisir d’applaudir maints orateurs. Le premier, le Dr JUMEAU-LAFOND eut un mot aimable pour chacun et son discours fut accueilli avec une aimable déférence. Tous ceux qui lui succédèrent furent copieusement applaudis. On eut ensuite le plaisir d’entendre des chanteurs qui, accompagnés par un expert ménétrier, se taillèrent un beau succès. Et quand on se sépara, on songeait que le 11 novembre 1918, la joie n’était pas plus vive qu’elle ne le fut à Nexon en 1935.

Le 25 avril 1937 les adhérents ont tenu leur assemblée générale sous la présidence du Dr JUMEAU-LAFOND, président fédéral et les présidents des Combattants et des Mutilés, BONNET et FILHOULAUD.

A l’unanimité les bureaux ont été constitués comme suit :

Président fédéral : Dr JUMEAU-LAFOND

Mutilés – Président : LABIDOIRE

Secrétaire : DESPLANCHES

Trésorier : DUROUX

Combattants – Président : QUEYROI

Secrétaire : COUEGNAS

Trésorier : MOURET

Trésoriers adjoints : LONGEQUEUE et JOURDE.

On rappelle aux adhérents que dans le département de la Haute-Vienne 17 000 cartes sont délivrées aux membres de l’Union Fédérale sur les 28 000 membres regroupés en association ce qui en fait un acteur efficace auprès de l’Office départemental des victimes de guerre. Mais il y a 7000 personnes titulaires de la carte qui ne sont membres d’aucune association.

Le nombre élevé de membres a permis l’acquisition d’une Maison avec des permanents qui répondent quotidiennement aux adhérents. 26 000 correspondances ont été reçues en 1936.

Les délégués insistent sur l’importance qu’ils attachent à la paix et au rôle que doit jouer pour cela la S.D.N. Son rôle dans la question de la Sarre, l’affaire Ethiopienne et la guerre civile espagnole ont été rappelés. Le but poursuivi est un désarmement total.

 

Le 28 février 1938, les membres des sections de Nexon se sont réunis en Assemblée générale, sous la présidence du Dr JUMEAU-LAFOND. Une centaine d’entre eux étaient présents, et c’est à l’unanimité que les bureaux sortants ont été réélus.

Cette formalité remplie, le camarade CLEMENT, délégué du conseil d’administration, a pris la parole pour évoquer le dernier congrès : « Nous avons eu un beau congrès, a t-il dit, parce que l’U.F. est la plus belle association départementale. » Il insiste sur la nécessité de rester groupés.

CLEMENT termine par un vibrant appel en faveur des groupes de jeunes de l’U.F.

Le fonctionnement de l’Office départemental est présenté avec les aides qu’il peut accorder.

 

Les mutilés et anciens combattants de Nexon, réunis en assemblée générale le 12 février 1939, ont pris connaissance de la lettre de démission de leur camarade LABIDOIRE. Ils lui expriment leurs regrets de le voir abandonner la présidence de la section des mutilés et lui adressent leur témoignage de vive sympathie et souhaitent que son état da santé lui permette, dans un avenir prochain, de revenir sur sa décision.

Après avoir entendu l’exposé de leur camarade PUYNEGRE, délégué par le bureau central, ils font confiance à l’Union fédérale pour la défense de leurs droits et passent à l’ordre du jour

Une quête faite au profit des réfugiés espagnols de Nexon a donné la somme de 102 fr. 50 malgré que de nombreux camarades aient déjà versé sur les listes de souscription qui sont en circulation.

 

Deux mariages franco-américains figurants sur les registres d’état civil. Les deux soldats ont épousé leur marraine de guerre.

Le premier mariage :

Le 6 mai 1918 union de Percy Montfort BELL soldat américain né à Hulut (Minnesota), le 11 Janvier 1881 avec Henriette Clémence HAMON, corsetière née à Bordeaux le 8 Février 1898.

Le couple a eu un fils, Jean Henri, né le 10 Janvier 1919 à Pauillac en Gironde. Ils sont partis aux Etats-Unis en 1919. Par la suite ils ont divorcés. Henriette Hamon est restée aux Etats-Unis ou elle est enterrée. Percy M BELL est décédé le 17 Octobre 1963.

En 2004 la petite fille de ce couple, Judy McCOY effectuait des recherches pour connaitre la famille de sa grand-mère, Henriette HAMON.

Le second mariage :

Le 20 Juin 1918 union de Charles D. RICE soldat américain né à Wheaton (Illinois) le 29 Juillet 1892 avec Odette LAGUZON sans profession, née à PAUILLAC (Gironde) le 30 Janvier 1894.

On perd la trace d’Odette RICE-LAGUZON.

Les marraines de guerre.

La guerre devant être courte, rien n’avait été prévu en 1914 pour soutenir le moral des soldats. Mais lorsque la guerre s’enlise, le moral de certains soldats commence à flancher. Certes de nombreuses associations apportent un soutien aux soldats par l’envoie de colis mais rien ne remplace l’affection d’une mère, d’une épouse ou d’une sœur. De là est née l’idée des marraines de guerre.

Une première association, La Famille du soldat, nait en janvier 1915. Bénéficiant de la publicité gratuite de L’Écho de Paris elle voit affluer les lettres de soldats demandant qu’on leur écrive. Peu à peu d’autres journaux comme La Croix, Le Journal… vont ouvrir leurs colonnes aux soldats. De nombreuses dames patronnesses créent des œuvres. Les mamans qui ont perdu leur fils unique au combat cherche un réconfort en prenant en charge un jeune soldat.

Mais assez vite de patriotiques des relations sentimentales vont naitre dans les échanges épistolaires.  Constatant cette évolution, le 1er mai 1915, une revue bimensuelle légère, Fantasio, crée « Flirt sur le front », une rubrique destinée aux jeunes filles et aux jeunes soldats à la recherche de l’amour. Le succès est fulgurant et en 3 mois ce sont plus de 6000 soldats et marraines qui ont été mis en relation.

                                                                                    

Fantasio mettra un terme à cette action dès novembre 1915 mais d’autres revues prendront la suite, augmentant régulièrement le prix de la ligne d’annonce tant le succès de ce courrier du cœur était grand.

Demandes de marraines toutes domiciliées chez Iris, la principale poste restante privée pendant la Première Guerre Mondiale.

Notons que l’armée ne voit pas d’un bon œil ces échanges de courrier grossir et craint que dans les lettres des informations militaires se glissent, des espions ingénieux ayant pris l’apparence de jeunes filles amoureuses. Les Lettres qui sont envoyées aux journaux avec de simples initiales ou des numéros et celles qui sont adressées en poste restante vont directement au rebus.

Des mariages ont été célébrés entre des soldats et leur marraine. Le hasard fait qu’il y en a eu deux à Nexon.

 

Du fait de l’absence de millions d’hommes mobilisés, prisonniers ou morts, les femmes ont joué un rôle éminent dans la guerre. Dès le 2 août 1914 le président du Conseil, René Viviani, fait appel à elles dans une affiche placardée sur tous les murs de France. Il y écrit notamment : « Je vous demande de maintenir l’activité des campagnes, de terminer les récoltes de l’année et de préparer celle de l’année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. (…) Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n’y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l’action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde »

 

Il y a six figures féminines emblématiques de la Grande guerre.

1/ Les marraines de guerre

Ce sont des femmes, souvent des jeunes femmes qui vont être choisies pour correspondre avec des poilus et ainsi leur remonter le moral. Il y aura des histoires extraordinaires de rencontres après la guerre et de mariages.

2/ Les anges blancs (ce sont les infirmières)

Elles vont être emblématiques de tout le système de santé et elles seront souvent à la pointe des innovations pour aller soigner les blessés au plus près du front.

L’équipe des infirmière de l’hôpital bénévole n°5 ouvert par Madame de Nexon. Au premier rang, de gauche à droite, Madame St Ange, Madame de Nexon, Mlle Bragard, Mlle Thérèse de Nexon. Au deuxième rang, de gauche à droite, Mlle Tarrade, Mlle Jeanne de Nexon, Mlle Bonnafy, Mlle Lelong.

3/ Les munitionnettes (ce sont les femmes qui deviennent ouvrières dans les usines)

Elles vont fabriquer l’armement et notamment les obus dont la demande de l’artillerie est très importante.

A Limoges de nombreuses femmes vont être employées dans les manufactures de porcelaine. Une nouvelle production va naître : les têtes de poupées et de fèves.
Plusieurs porcelainiers se lancent dans cette production : Jean Boyer, Léon Couty, Martial Ducongé, William Guerin, Alfred Lanternier… les têtes de poupées sont estampillées « Limoges France ». On estime à plus de 320 000 têtes la production de l’année 1917.

Au début le l’année, après  rencontre avec M. Blémond, pâtissier de Limoges, la manufacture Ducongé se lance dans la fabrication des fèves qui jusque là étaient fabriquées en Allemagne.

4 / Les veuves.

Figure qui ne va cesser de croître et d’être visible puisqu’elles sont toutes de noir vêtu et elles portent le voile en crêpe noir. Elles seront 650.000 à la fin de la guerre.

5/ L’épouse seule et travailleuse qui prend les rênes de la ferme, travaille aux champs.

C’est elle qui set célébrée par les autorités et qui est mise en exergue sur l’iconographie patriotique.

6/ La mère qui élève seule les enfants et veille sur les anciens des générations passées.

Elle aussi elle est méritante et ainsi célébrée par les autorités.

L’idée du vote ouvert aux femmes fait son chemin. Ainsi, à partir de 1916, des projets de loi se font jour dont même celui de l’ultra-conservateur Maurice Barrès qui propose de donner le droit de vote aux veuves, sorte de «Suffrage des morts». En mai 1919, le projet dit Dussaussoy qui ouvre le suffrage universel à toutes les femmes à partir de l’âge de 30 ans est adopté par la Chambre des députés mais le Sénat, très conservateur et très misogyne refusera d’examiner ce projet. Et rien ne se passera avant la Libération.

 

 

Année 1914

10 mai 1914 élections législatives, arrondissement de Saint-Yrieix : M. Nouhaud élu avec 4.765 voix, contre 3.067 voix à Albert Chauly et 3.854 à M. Roux.

1er août 1914, Ordre de mobilisation générale en Allemagne et en France.

Le 18 août 1914, le conseil vote diverses allocations aux mobilisés et décide l’établissement d’une ambulance militaire dans l’immeuble de Mr de Nexon.

Mercredi 21 septembre 1914, à 9 heures, à la mairie, conseil de révision, pour la formation de la classe 1915

Le 11 octobre 1914 le conseil vote 500 francs pour achat de vêtements chauds aux militaires.

Le 21 décembre 1914 la réception provisoire du groupe scolaire est faite.

 

Année 1915

La commune de Nexon a fait remettre à M. le Préfet de la Haute-Vienne, une somme de 502 fr. 10, montant de la vente du petit drapeau belge.Merci à tous les généreux donateurs et aux organisateurs pour leur zèle dévoué. (Le populaire 18 janvier 1915)

Mardi 12 janvier 1915, à 9 heures, à la mairie, conseil de révision, pour la formation de la classe 1916

Mercredi 2 juin 1915 à 9 h, à la mairie, opérations du Conseil de révision pour la formation de la classe 1917

Année 1916

Mardi 16 mai 1916 à la mairie à 9 heures, Conseil de révision, pour l’examen des ajournés des classes 1913, 1914, 1915, 1916 et 1917, et des exemptés des classes 1915, 1916 et 1917.

Dimanche 18 décembre 1916 a eu lieu à Nexon la conférence organisée par le comité de l’or, une nombreuse assistance appartenant à toutes les classes de la société avait répondu à son appel et se pressait dans la salle de la mairie. Après avoir, en termes aimables, souhaité la bienvenue aux délégués : M. Delpeyron, président de la société d’agriculture, Rolland, substitut du procureur général et Crévelier, inspecteur d’Académie, M. Lelong, maire de la commune a donné la parole à ce dernier qui, dans un langage aussi élevé qu’impressionnant a développé avec son talent habituel les raisons qui imposent à tout bon citoyen de verser son or pour la défense nationale.

A son tour, M. Nouhaud, député de la Haute-Vienne, qui assistait à cette réunion a fait appel, en termes aussi éloquents qu’énergiques, à tous les patriotes et les a engagés à faire leur devoir. Des applaudissements répétés ont salué les paroles des deux orateurs.

A la suite de la séance, un comité local a été organisé pour activer la propagande dans le canton de Nexon. Le Populaire 26 décembre 1916

Année 1917

Le 2 septembre 1917 le conseil institue un comité de surveillance des prix des denrées composé de 4 commerçants et 4 consommateurs.

 

Année 1918

Samedi 16 février 1918 à 9 heures à la mairie, opérations des Conseils de révision pour la formation de la classe 1919,

Le 15 juillet 1918, le conseil municipal, réuni en session ordinaire, a décidé de consacrer une somme de 26 francs à l’achat d’ouvrage sur la guerre, destinés à la bibliothèque scolaire de la commune.

Une subvention supplémentaire de 200 fr. est votée pour le bureau de bienfaisance.

Pour perpétuer le souvenir des morts pour la Patrie, une subvention de 10 francs est accordée à l’œuvre de la Concorde du Souvenir.

Une autre subvention do 20 francs sera versée à l’Association des Orphelins de la guerre.

L’Association départementale antituberculeuse de la Haute-Vienne recevra une somme de 50 francs.

Une indemnité mensuelle de 20 francs est accordée à chacun des trois cantonniers communaux.

Le prix des livres et fournitures scolaires ayant augmenté sensiblement, le crédit de 350 francs destiné à l’achat desdites fournitures pour les indigents est insuffisant. Une somme de 150 francs destinée primitivement à l’achat de livres de prix sera employée à cet effet, ainsi qu’une subvention supplémentaire de 200 francs.

Pour frais de bureaux, une subvention de 50 francs est votée au nom du secrétaire de la commission cantonale des allocations.

Le montant des frais de réparation de la bascule communale, soit 195 francs, sera versé à M. Fayard, d’Aixe-sur-Vienne.

Une indemnité de cherté de vie de 400 fr. est attribuée au secrétaire de mairie ; une autre de 200 francs est accordée aux instituteurs chargés du service des cartes d’alimentation.

Divers crédits s’élevant à 278 francs sont votés pour l’école maternelle.

La préposée au service de cette école recevra un supplément de traitement de 300 fr.

Enfin, un crédit de 150 francs est voté pour achat de drapeaux et emblèmes américains. Le Populaire 16 aout 1918.

Pour les réfugiés. — Les municipalités de Nexon et de Saint-Priest-Ligoure ont voté chacune une subvention de 20 francs destinée à venir en aide aux réfugiés des régions envahies qui résident actuellement dans l’arrondissement et pour lesquels un comité de secours a été constitué à Saint-Yrieix. Le Populaire 26 août 1918.

Mercredi 18 septembre 1918 à 9 h, à la mairie, opérations du Conseil de révision pour fa formation de la classe 1920.

Le 11 Novembre 1918, Mr PERRIARD décore et illumine les édifices communaux pour la somme de 75 Francs.

 

Année 1919

Le 9 mars 1919 uns souscription publique est ouverte pour l’édification du monument aux morts.

Le 20 avril 1919 le conseil décide la démolition de la Mairie vétuste et dangereuse et installe la Mairie dans l’ancien presbytère.

Dimanche 10 août 1919, adjudication de matériaux de construction.

« Le dimanche 10 août 1919, à 2 heures du soir, il sera procédé en séance publique, à la mairie de Nexon, à la mise en adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des matériaux ci-dessous désignés :

Premier lot : Démolition de la mairie et des anciennes salles de classe, matériaux de toutes sortes, bols de charpente et de menuiserie, ardoises, pierres de taille et moellons, parquets, etc. Mise à prix, 500 francs.

Deuxième lot : Démolition d’une grange et d’un hangar attenant à l’ancien presbytère : matériaux de toutes sortes, bois de charpente et de menuiserie, tuiles, pierres de taille et moellons. Mise à prix 100 francs.

Le cahier des charges est déposé à la mairie de Nexon, où chacun peut en prendre connaissance tous les jours, de 9 à 16 heures » Le Populaire 25 juillet 1919

Dimanche 12 octobre, grand concours et comice agricole. Toute la journée se tiendront des Jeux de toutes sortes, loteries, chevaux de bois. A 2 heures, lancement d’un ballon ; à 8 heures du soir, grand feu d’artifice, retraite aux flambeaux. Bals de jour et de nuit. Les forains ne paieront que demi-place.

Le 30 novembre 1919 sont élus conseillers : Laspougeas P., Boutaud Lacombe, Barret, Chirol, Rebeyrol, Laspougeas P., Queyroi, Bonnet, Deschamps, Desplanches, Authier, Pradeau, Duroux, Pradeau, Doudet, Bonnet, Bragard, Faucher, Parthonnaud, Boutet, Lelong, Rattier. Boutaud Lacombe est élu maire, Rebeyrol et Authier, adjoints.

Décembre 1919, Conseil général. — M. Debrégeas, maire de La Meyze, socialiste indépendant, 1.147 voix, élu ; M. Nouhaud, 801.

Conseil d’arrondissement. — M. Bonnet, 1.016 voix, élu ; M. Eymard, 1.176, élu ; M. Nouhaud, 737

 

Année 1920

Le 2 mars 1920 le conseil établit une taxe d’entrée sur le bétail les jours de foire.

 

Année 1921

Le 1er avril 1921, Descubes adjudicataire des droits d’entrée des animaux demanda qu’un gendarme soit mis à sa disposition aux entrées du bourg des jours de foire pour éviter les disputes et menaces

 

Année 1923

Le 11 février 1923, révocation de CATHINAUD, Secrétaire de Mairie et son remplacement par Mr SOUBRANNE.

Le 15 juillet 1923, le conseil décide ;

-Réparations de la bascule

-Achat de chaises pour la Mairie

-Construction de cabinets d’aisance.

Le conseil constate que de très nombreuses fouilles ont été faites pour amener l’eau à Nexon mais qu’elles, n’ont rien donné. Il décide de capter les sources de l’étang de la Lande.

 

Année 1924

Le 25 Mai 1924 il supprime les droits d’entrée des animaux les jours de foire,

 

Année 1925

Le 8 février 1925 subvention de 200 francs à l’Association Sportive et 500 Francs à la Société de musique.

Le 17 mai 1925, sont élus conseillers : Authier, Pauliat, Picot, Lacorre, Frugier, Jouhaud, Debord, Dezon, Béchade, Sanciaud, Boutaud Lacombe, Faucher, Bonnet, Rebeyrol, Duroux, Queyroi, Barret, Jourde, Laspougeas, Chirol, Redon.

BOUTAUD LACOMBE est élu Maire, Rebeyrol et Sanciaud, Adjoints.

 

Le 20 décembre 1914, dans toutes les villes de France étaient vendus dans les rues des « petits drapeaux belges ». Cette « Journée du petit drapeau belge » était la première journée de solidarité créée en France durant la guerre. Organisée par un comité central franco-belge elle avait pour but de collecter des fonds pour venir en aide aux réfugiés.

Afin de préparer cette journée au niveau national, le gouvernement avait envoyé courant novembre un télégramme aux préfets leur demandant d’établir un bilan estimatif de la recette globale afin d’envoyer une quantité suffisante de drapeaux.

Ce jour-là, le Petit Journal consacre toute sa une à la journée du drapeau belge. Des portraits de la famille royale et l’emblème de ce “peuple de lions” sont reproduits, ainsi qu’une grande photo de la halle aux drapiers et de l’hôtel de ville d’Ypres. Hugues Delorme a créé pour cette occasion un long poème, “Noir, jaune et rouge”…

Presque tous les journaux ont fait la promotion de cette journée. Ainsi La France de Bordeaux et du Sud Ouest:

La Journée a été un succès. Une réception a été organisée à l’hôtel de ville de paris ou était reçu M. Carton de Wiar, Vice-président du Conseil des Ministres de Belgique. Le soir les membres du Gouvernement belge étaient invités à l’Elysée, à un dîner offert par le Président de la République

Le Comité franco-belge avait fait parvenir le petit drapeau au Président de la République et à Mme Poincaré ; ils y ont répondu par l’envoi de mille francs. La vente du petit drapeau belge a rapporté 350.000 francs à Paris et dans la banlieue ; 120.000 francs à Marseille et dans la banlieue ; 20.000 francs dans le département de la Loire ; 32.000 francs dans le Morbihan ; 20.000 francs dans la Seine-et-Marne, cependant éprouvée par l’invasion – ; 56.000 francs dans l’Hérault, 35.000 francs dans le Calvados.

La Haute-Vienne et Nexon n’ont pas boudé cette manifestation.

Le bi-mensuel « Limoges-illustré » de janvier 1915 donnait un compte rendu de de cette opération.

Malgré le temps affreux qu’il a fait le dimanche 20 décembre, la vente des petits drapeaux belges a été très fructueuse à Limoges, grâce au dévouement des charmantes petites filles qui ont affronté tout le jour la pluie et le vent pour offrir le noble emblème belge qui, selon l’expression de Maeterlinck, « a palpité comme un symbole d’amour et de reconnaissance dans toutes les mains françaises.»

L’amicale belge du Limousin a fait éditer cette carte postale en souvenir de cette journée.

A Nexon les petits drapeaux ont été vendus et le maire, M. Lelong, à remis à Madame Bertouin une gravure du roi Albert 1er. je n’ai pas trouvé les chiffres de la collecte réalisée à Nexon, ni les traces de Mme Bertouin.

Si je m’intéresse à la Belgique et à ses relations avec le Limousin c’est parce que mon grand père était belge. Il a effectué la plus grande partie de son service militaire de 1915 à 1918 à Cherbourg ou l’armée belge avait ouvert un hôpital militaire. C’est dans cette ville qu’il a rencontré ma grand mère. Mon père lui même était belge, il a effectué son service militaire en 1939  et comme en 1914, l’armée belge a été vaincue en quelques jours, mon père comme des milliers de ses compatriotes faits prisonniers et le gouvernement belge a quitté la Belgique.  Regroupé en partie à Limoges pendant quelques jours on peut considérer que cette ville a été la capitale de la Belgique. le 31 mai 1940 les parlementaires votent la résolution  suivante: « Les sénateurs et représentants belges résidant en France, et ici à Limoges, exprimant à l’unanimité leurs sentiments, flétrissent la capitulation dont Léopold III a pris l’initiative et dont il porte la responsabilité devant l’histoire […] et se déclarent solidaires du gouvernement qui a constaté l’impossibilité juridique et morale pour Léopold III de régner ».

Mon grand père et sa famille sont venu à Nexon en 1945 après que mon père ait été libéré. Mon père a épousé une jeune fille de Nexon. Il a demandé a être naturalisé français et je suis né un mois après la publication du décret qui lui accordait la nationalité française…

Le 6 avril 1917, le Congrès américain vote l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Empire allemand. Des milliers de jeunes soldats américains doivent être recrutés car le service militaire n’est pas obligatoire aux États-Unis, formés, acheminés vers la France avec leur matériel. C’est une organisation complexe qui va voir des trains de soldats américains passer par la gare de Nexon et des soldats séjourner à Nexon avant de partir au front.

Le 19 août 1918 la lettre d’une dame de Nexon est publiée dans le « Ashland Tidings », journal de la ville d’ Ashland dans l’Oregon. C’est aujourd’hui une ville de près de 20 000 habitants et la majorité des jeunes soldats américains qui ont séjourné en Haute-Vienne en 1918 étaient originaires de cet État.

lettre de nexonLa page du Ashland Tidings du 19 août 1918, publiant la lettre d’une femme de Nexon

Le texte est le suivant:

Frenchwoman mothers American soldiers

Mrs E. McClintock of Roseburg has two sons with the United States forces in France; recently she receive the following letter from a French woman in which the beautiful spirit of fellowship and love for the Yankee soldiers boys who have gone to that country’s assistance is shown:

Nexon France
Juliet 19-1918

Madame,

I am keeping a promise I have made to your two good sons. First of all I am happy to be able to tell you that your two children are in splendid health. Since the arrival Monsieur Leon at nexon I have considered him as my son and he calls me his mother in France. Since he came to nexon he is not unhappy. But one thing he misses and that is the caresses of his American mother. I do not known Monsieur John very well, as he not been in nexon very long, but they are very happy to be together. When your receive this letter I thing they will no longer to be here, they will go to —,— and then to the front.
I pray God, Madame, that the war will soon be over , and your children will return to kiss you.
Not knowing English I hesitate to write you but your son says his American mother can have it read to her. I am sending you a little view of the village where your children are. After the war Monsieur Léon has promised to bring you and his father in France. You will see, Madame, that I seek to distract and amuse them, to make life in France as pleasant as possible.

Just receive for yourself, Madame, and your family my sincere regard.

 

La traduction donne: Mme E. McClintock, de Roseburg a deux fils avec les forces des États-Unis en France; récemment, elle a reçu la lettre suivante d’une femme française dans laquelle transparait le bel esprit de fraternité et d’amour pour les soldats yankees qui sont allés à l’aide de ce pays:

Nexon France 19 juillet 1918

Madame,

Je réalise une promesse que j’ai faite à vos deux bons fils. Tout d’abord, je suis heureuse de pouvoir vous dire que vos deux enfants sont dans une splendide santé. Depuis l’arrivée à Nexon de M. Léon je l’ai considéré comme mon fils et il m’appelle sa mère en France. Depuis son arrivée à Nexon il n’est pas malheureux. Mais une chose lui manque, ce sont les caresses de sa mère américaine. Je ne connais pas très bien M. John, car il n’est pas resté très longtemps à Nexon mais ils sont très heureux d’être ensemble. Lorsque vous recevrez cette lettre, je pense qu’ils ne seront plus ici, ils iront à —, — et ensuite au front.
Je prie Dieu, Madame, que la guerre soit bientôt finie, et que vos enfants reviennent vous embrasser.

Ne sachant pas l’anglais, j’hésite à vous écrire, mais votre fils, dit sa mère américaine peut faire cette lettre. Je vous envoie une petite vue du village où sont vos enfants. Après la guerre, M. Léon m’a promis de vous amener en France avec son père. Vous voyez, Madame, que je cherche à distraire et amuser vos enfants pour leur rendre la vie en France aussi agréable que possible.

Recevez, Madame, ainsi que votre famille ma sincère amitié.

On remarque d’abord que la lettre postée de Nexon le 19 juillet est publiée un mois après dans un journal de l’Oregon. Il fallait au moins 8 jours pour traverser l’Atlantique et ensuite sans doute le même temps pour aller de New York jusque dans l’Oregon. Le ton de la lettre est celui d’une mère qui écrit à une autre mère. Toutes les lettres que l’on peut lire et tous les témoignages des jeunes américains révèlent un accueil chaleureux de la population française. Pour comprendre ces sentiments retraçons le chemin parcouru par ces jeunes américains partis de la côte Ouest des États-Unis pour venir combattre au côté des jeunes français.

L’entrée en guerre des États-Unis

Après 32 mois de neutralité, les États-Unis d’Amérique déclarent la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Ils le font après que l’état-major allemand, désireux d’accélérer la fin d’un conflit qui s’enlise, joue son va-tout et, au risque de heurter les États-Unis, proclame le 31 janvier 1917 la reprise de la guerre sous-marine à outrance. Les Allemands avaient suspendu la guerre sous-marine après le torpillage du paquebot britannique le 7 mai 1915. À la suite du naufrage qui a fait 128 victimes américaines, le président des États-Unis, W. Wilson menaça l’Allemagne et exigea réparation. Inquiet de l’éventuelle entrée en guerre des États-Unis dans la guerre, l’Allemagne décide le 27 août 1915 de restreindre son offensive sous marine.
Le 3 mai 1917 les États-Unis créent l’American Expeditionary Force (AEF). Disposant dans un premier temps d’effectifs et de matériel militaire limités, l’armée américaine fait appel à ses immenses ressources industrielles, prévoyant en effet que le conflit se prolongerait jusqu’en 1922 !
Le transport des soldats et du matériel de guerre.

carte pour soldats quitant les etats Unis

Les jeunes soldats partent soit de la côte Ouest des États-Unis et après avoir embarqué à Seattle ou San Francisco ils rejoignent New York par le canal de Panama, soit ils sont déjà à l’Est et ils sont regroupés dans un immense camp avant d’embarquer vers l’Europe.

La traversée n’est pas de tout repos car les sous marins allemands sont dangereux. Les bateaux sont camouflés pour être moins visibles. Ce camouflage, appelé Razzle Dazzle aux États-Unis, repose sur un motif complexe formé d’un enchevêtrement de lignes irrégulières et de couleurs très contrastées, afin de briser la silhouette du navire.

mauritenia camouflé

Le Mauritania

Le 13 juin 1917 le général PERSHING, chef de l’American Expeditionary Force (AEF), débarque avec son état-major à Boulogne sur Mer. Le 26 juin, la 1ere division américaine commandée par le général W. L. SIBERT arrive à Saint-Nazaire à bord de l’USS Tenadores. Mais pour accueillir le flux de soldats et de matériel qui va arriver il faut une organisation sans faille. On passe en effet de 12 000 hommes débarquant en juin 1917 à 30 000 en septembre, 50 000 en décembre, 100 000 en mars 1918, 270 000 en juin …
Au total 2 millions de soldats américains seront sur notre sol en Novembre 1918 dont 1 million sur le front. Il faut faire vivre tout ce monde avec non seulement tout ce qui est indispensable à la vie des armées, mais ce qui est nécessaire aux loisirs, à l’époque principalement le cinéma mais aussi la santé avec les hôpitaux militaires.
Pour accueillir ces hommes et ce matériel il a fallu répartir les arrivages sur tous les ports français disponibles de la façade Atlantique car ceux de la Manche étaient à pleine charge du fait du trafic franco-anglais et que ceux de la Méditerranée étaient difficiles à utiliser du fait de la guerre sous-marine. Parmi les ports de l’Océan, Brest, seul port en eau profonde, ainsi que Saint-Nazaire et Bordeaux verront débarquer la plus grosse part des arrivages. Nantes, La Pallice, Rochefort seront aussi largement utilisés et il sera même fait appel, mais de façon accessoire, à des ports secondaires : Grandville, Saint-Malo, Les Sables-d’Olonne, Marans, Tonnay-Charente, Bayonne.

Arrivée des troupes à Bordeaux, port de Bassens
Plus spécialement affecté à la réception des matériels et des approvisionnements, le choix de Bordeaux est entériné le 21 juin 1917 et devient ainsi le Quartier Général de la base n°2 du Service of Supply.

L’extension du port de Bordeaux qui avait été entreprise en 1915 s’accélère avec l’arrivée des troupes américaines. A la mi-septembre 8000 hommes des labour batallions, partagés en 3 équipes travaillant chacune 8 heures par jour, se mettent au travail. Dès le 15 mars 1918, les premiers cargos américains, d’un tirant d’eau de 7m à 7,50 m, s’ancrent dans Bassens américain. Le 1er mai, 5 postes sont complètement terminés. Le 1er juillet, tous les postes sont déjà en service.

arrivée troupes US a bordeaux

Le George Washington à Brest en 1918 revêtu de son camouflage de guerre. Il transportera le Président W. Wilson pour les négociations du Traité de Versailles en 1919.

Les opérations de déchargement sont effectuées avec une rapidité exceptionnelle pour l’époque grâce à des équipements révolutionnaires pour l’époque comme des grues électriques à portique et des tracteurs électriques mais grâce aussi au système de desserte des postes en boucle par un service continu. A cela s’ajoute l’esprit de compétition entre les ports qu’à développé le Général PERSHING. Jusqu’en août 1919, 739 navires américains arrivent dans l’estuaire.

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Fête de l’Independance Day à Bordeaux, le 4 juillet 1918

Les chemins de fer pour le transport des troupes américaines
Les américains relient chacun de leurs ports et de leurs camps par des voies ferrées. Au printemps 1918, 5 000 hommes et 10 000 tonnes de matériel empruntent chaque jour ces lignes.
Une ligne Nord part de Saint-Nazaire pour aller vers Saint-Dizier et le front par Nantes, Tours, Vierzon, Auxerre. A Vierzon se rejoignent la ligne qui part de Brest et passe par le Mans et Tours ainsi que celle qui part de La Rochelle pour aller à Niort et Saumur. Compte tenu de l’importance de Vierzon un immense camp a été implanté à Gièvres dans le Loir et Cher. C’est à la fois une immense gare régulatrice et le plus grand dépôt installé par l’AEF. Il y a deux gares de triage avec 145 hectares de stockage, un dépôt pétrolier, un arsenal pour les munitions, un atelier de 200 locomotives, plus de 200 hangars d’une superficie totale de 36 ha couverts, une usine frigorifique pouvant contenir 8 000 tonnes de viande, 400 baraques de cantonnement où logeaient entre 20 000 et 30 000 hommes.
Une ligne Sud, relie Bordeaux, Périgueux, Limoges, Issoudun, Bourges, Nevers, Dijon, Is sur Tille puis le front vers Saint-Dié et Belfort. La gare de triage d’Is sur Tille est une partie de la base avancée no 1 où près de deux millions de soldats américains et environ quatre millions de tonnes d’approvisionnements sont passés entre l’automne 1917 et le printemps 1920.
Presque toutes ces lignes empruntaient des voies transversales à profil accidenté, mal outillées pour faire face à un trafic intense. Il faudra donc exécuter d’énormes travaux à une époque où manquaient tant les ouvriers exercés que les matériaux.

carte des hopitaux Us en 1918

lignes chemin fer utilisées par l'armée américaine

On constate sur ces cartes que la ligne Bordeaux- Limoges-Issoudun passe par Nexon. Elle dépend de la compagnie Paris-Orléans (P.O.) qui installe de nouveaux postes sémaphoriques, allonge des garages, augmente les moyens de triage et de garage des gares de Coutras, Limoges, Châteauroux, Saint- Pierre-des-Corps, Vierzon, ouvre au service de nuit des gares habituellement fermées, entretient avec plus de soin les voies et les signaux.

A Nexon le pont de la route de Biard est élargi. On peut encore lire sur les briques du parapet, en venant de l’usine en direction de la gare,la signature « U 18 S ». Il y a d’autres lettres mais l’usure du temps fait qu’elles sont difficiles à lire.

 

Comme il n’y a pas suffisamment de matériel en France pour acheminer ce volume d’hommes et de matériel on établit un programme qui comportait, dès le printemps 1918, l’emploi de trains complets américains. Des moniteurs français donnèrent aux mécaniciens, chauffeurs, garde freins américains une instruction théorique sur les règlements français sur les lignes et les gares où ils devaient circuler. A cause de la différence des langues chaque convoi était accompagné par un chef de train français.
En novembre 1918, le personnel américain du chemin de fer, même s’il a été inférieur de 40% aux prévisions, s’élève à plus de 30 400 agents pour un parc de 14 000 wagons et de 1 380 locomotives.

Le parcours des jeunes soldats américains de l’Oregon à Nexon
Pour rejoindre l’Europe dans le cadre de l’AEF les États-Unis vont créer 6 nouveaux régiments, les 54e, 55e, 56e, 59e, 60e et 65e Régiment d’artillerie de côte (Coast Artillery Corps). L’ordre de les mettre sur pied est donné le 15 Décembre 1917.
Le 65e régiment du Corps de l’artillerie de côte (CAC) en fait partie. Retraçons leur voyage avant que certains d’entre eux découvrent Nexon.

Le 2 mars 1918 le voyage commence en partant de San Francisco pour rejoindre New York en passant par le canal de Panama qui est emprunté le 9 mars.
Le 16 mars c’est l’arrivée à New York. Les hommes débarquent et prennent le train pour Camp Merritt, immense base construite en quelques mois ou sont réunies les troupes avant leur départ pour l’Europe.
Le 23 mars les hommes embarquent sur le HMS Mauritanie. Il y a également à bord le 55e Régiment d’’artillerie de côte qui vient de la région de Boston et 200 infirmières de la Croix-Rouge.

MauretaniaLe Mauritania à son arrivée à Liverpool

Le 25 mars le HMS Mauritanie lève l’ancre. Il accoste à Liverpool, en Angleterre le 1er avril. Les deux régiments débarquent et gagnent Southampton en train.
Le 5 avril les hommes embarquent à bord d’un bateau à vapeur pour traverser la Manche
Le 6 Avril le bateau est à quai au Havre. Il y a plus d’un mois que les jeunes soldats ont quitté San Francisco. En arrivant en France les soldats devaient envoyer à leur famille un carton indiquant qu’ils étaient bien arrivés »sains et sauf ». Ils ne devaient donner aucune indication mais le soldat qui a renvoyé ce carton n’a pas respecté la consigne.

carte pour signaler son arrivée en franceCarton d’arrivée « sain et sauf »

Puis, par train, le régiment va rejoindre Limoges. La description du voyage est savoureuse. Les soldats découvrent les wagons à bestiaux. S’ils sont fascinés par la beauté des paysages qu’ils traversent et par la gentillesse des gens à chaque arrêt en gare, (ils racontent que leurs gourdes n’étaient pas remplies seulement avec de l’eau !) ils ont du mal à s’allonger et à dormir sur le plancher en bois.

le havre Aixe en train

Wagons dans lesquels voyagent les soldats américains

Le matin du quatrième jour, le train arrive à Limoges. Comme ils sont plus ou moins abattus par leur long trajet, les hommes n’ont pas sauté de joie quand ils sont enfin arrivés dans la caserne de pierre, au cœur de la ville, autrefois occupé par le 20e régiment de dragons.

Le régiment dans ses premiers jours à Limoges a subi un nettoyage sévère. Tous les hommes ont été autorisés à visiter la ville et les bains douches semblaient être les attractions les plus populaires. Très vite ils comprennent que la première nécessité est d’apprendre la langue française car, dans les magasins, très peu de gens comprenait la langue américaine. Mais grâce à l’utilisation de dictionnaires français-américain, ils ont pu faire quelques achats.
Les habitants ont traité les soldats américains comme s’il était des héros envoyé pour les délivrer des envahisseurs. Dans tous les commerces et dans toutes les maisons ils ont été reçus à bras ouverts. Ils ont sympathisé avec les jeunes filles, des idylles sont nées.

L’entrainement est intense avec de nombreux exercices physiques et des marches dans la campagne Limousine. Il faut apprendre à conduire les camions sur les routes de france avant de passer au maniement du canon.

camion du 63 et son embleme

Après quelques semaines de formation, le régiment a été divisé en 3 bataillons. Le premier bataillon a été envoyé à Nexon, le deuxième bataillon à Pierre-Buffière et le troisième bataillon ira plus tard à Nexon.

Les soldats américains à Nexon

Le 1er bataillon du 65 th artillery CAC était en cours de formation à Nexon lorsque le 31 Juillet 1918 le calendrier de l’instruction a été interrompu. Le bataillon a du rejoindre le camp de La Courtine pour s’entraîner au tir avec les canons « BL 9.2 inches Mk I & Mk II Howitzer ». Ces canons au diamètre impressionnants (234 mm) ont été mis en service par l’armée britannique à l’été 1914 ; le 65e CAC a été un des premiers régiments américain a en être doté. Le 21 Août 1918 le bataillon quitte La Courtine en train pour rejoindre le front.
Le 3ème bataillon est arrivé à Nexon le 24 mai. Il y est resté jusqu’au 2 août, date à laquelle il a rejoint le camp de la Courtine.

Dans le texte de cette carte écrite le 11 mai 1918 la personne écrit  » tante Angèle ne pourra pas venir car sa chambre est réquisitionnée par des Américains, il y en a 2000 à présent pour un certain temps et ceux-ci partis d’autres les remplaceront ». Le chiffre de 2000 est très exagéré car il ne correspond pas aux effectifs d’un bataillon et on ne voit pas comment Nexon aurait pu accueillir 2000 soldats pendant plusieurs mois. Mais au delà de la réalité du nombre on mesure bien le poids de cette présence pour les habitants.

americains a nexon 11 mai 1918

Les troupes s’entraînent dans les près situés autours du bourg.

troupes sur pré drapeau en tete troupes gros plan

 

troupe et musique troupe et musique gros plan

 

Des cérémonies sont organisées sur la place, comme celle photographiée ici:

 

ceremonie place de la mairieceremonie place de la mairie 1918

 

Le Journal « ASHLAND TIDINGS» a publié le 30 septembre 1918 des lettres d’Harold Simpson datées du 23 juillet et du 1er août 2018. Le jeune homme y décrit son voyage à Bordeaux, les vignobles, les paysages, sa rencontre avec des prisonniers allemands, les frites. Il raconte un jour de foire à Nexon. Il est content des femmes qui lavent son linge et le raccommodent mais il est très surpris de la manière dont on coupe le poulet car il n’arrive pas à reconnaître les morceaux !

Voici le texte de ces deux lettres que l’on peut retrouver à cette adresse:http://oregonnews.uoregon.edu/lccn/sn85042399/1918-09-30/ed-1/seq-8.pdf
Nexon. France, July 23, 1918.
Dear Mamma and Papa:
Back again to our little village and after quite a trip, too. I was very glad to have the chance to make this trip as it gave me a chance to use some of the knowledge I gained at the truck school.
We left here on trucks. 13 of us from this battery and 14 from F.
We went to xxx, where we took the train, regular third class compartment coaches.
We transferred at xxxx and rode in the baggage car. We arrived at our destination at 1:30 a.m., rode out to a casual camp and remained there the rest of the night.
This camp is located at an old amusement park, and we slept in what appeared to lie the dance hall.
We were in Bordeaux for a couple of days, and had a few hours off a couple of times.
It is a large city, more modern and American looking than Paris. There were squares, statues and monuments, as in all French cities. There were some especially nice ones there and modern and well kept stores. A dandy « Y » there, hotel, restaurant, canteen and library combined.
We ran into a couple of the « Blue Devils, » the French soldiers who were in the states for the
Fourth and paraded in New York. One of them told us for is trip. Said I was soon going back to the front.
We came back from Bordeaux with trucks.
The first part of our trip was through vineyards, one after another. I had expected to find many vineyards in France, but these were the first I had seen in large amount.
As we drove along the vineyard gradually gave way to fields of grain, pasture or garden plots, and we passed through many towns, slept in a number, so saw a good deal of the country.
American soldiers were everywhere, doing all kinds of things and always on the best of terms with the French people.
There were a number of German prisoners at Bordeaux, unloading baggage. They were unguarded and seemed well satisfied. I talked to them a little. I could understand them fairly well and they seemed to « compree » my « Deutsch. » We passed several of scrub corn on our trip. The vineyards are located on the most level ground In France and the grain fields are in the rolling country, just reverse conditions of the United States.
It was a good tip. We worked hard but we don’t mind that, when we feel we are accomplishing something. We slept on the ground, and It was rougher than the Rocky Mountains. We « shore » did sleep.
The name of my French friend, of Paris, is Maurice Averill. He is at the front now as a dispatch rider. He promised to write, but hasn’t yet.
The boys just now are telling yarns of our trip, and of course, improving them each time they are told.
The French and Yankees have been landing the Germans a « few » the last few days.
It makes the American soldiers feel good and it tickles the French most to death.
Love.
HAROLD.

Nexon, France, August 1,1918.
Dear Mamma and Papa: August first and sure enough August weather, hot, dry and sultry.
The band gave us a concert last night.
They play well and are improving all the time.
They nearly always start the concerts with « Arrah Go On, I Want to Go Back to Oregon, » and finish with the « Marseillaise » and « Star Spangled Banner. » The French inhabitants turn out « en masse » every time the band plays. A bunch of casuals came in last night during the concert.
The little river that through this town is far more beautiful than the Seine.
It has been dammed at Intervals to provide water power for various industries along its banks, and is a succession of still mirror like pools, then falls and rapids, and all along it flows through meadows and woods. The reflections are very clear and distinct, where it is still.
It’s a very popular place for fishermen.
Just had some lemonade at the “Y”. It was good and Ice cold. Ice is scarce in France. American camps are about tho only places where Ice is to be found, although everybody drinks and beer gardens and wine shops are everywhere.
I just came over to the schoolhouse to fill my fountain pen and on the blackboard is a colored drawing of the American and French flags with crossed staffs and written under it in English,
« Hurrah for America. »
One of the teachers here speaks a little English. The teachers live right in the schoolhouses here, and the people usually live over their stores and places of business.
I never tire of watching the French people and trying to talk to them.
Not long ago we had a « Fair day in a fair little village, » and the streets were crowded.
Cattle, sheep and pigs for sale. And merchandise stands and people everywhere, and those merchandise stands! There’s everything for sale from candy to millinery. There was close on bolts, pins, oranges, hats (both for ladies and men), postal cards, glass ware, laces, ribbons, baskets, meat, and everything else you can mention.
Everybody everywhere comes to these fairs for miles around, bringing everything they have to sell, and there is the greatest bargaining, wrangling and trading you ever saw.
The French women here do our washing and they do it well and are very reasonable about it.
They also do the mending when necessary.
They spin their own yarn for darning and I have watched them spinning the yarn for the sox
(chausettes, they call them.) There is a little restaurant here where we eat, when we « eat out ».
In nearly all of these restaurants the kitchen is in the front and you have to go through it to get into the dining room and the cooking it done over a fireplace.
Lawson and I got hungry for fried chicken Sunday, so we went out in the country, got a chicken, and gave it to the little French lady at the restaurant and Monday evening we marched down for our chicken. We had « pomes de terre, » « frites, » « salade, » chocolate and
« du pain » (French fried potatoes, bread, etc.).
Well, the chicken was good, but there was so many parts we couldn’t identify, for instead of cutting the chicken at the joints as we do, it was cut right through the bones. We didn’t care particularly for the head as its eyes were open. It reminded me of the story of the newly-wed who told the butcher to be sure and close the eyes of the turkey as she « Just couldn’t stand to put it in the oven with its eyes open. » I never expected to have it so clearly demonstrated, however.
There is quite a routine to go through with to get a meal at this little restaurant, but it is clean and the cooking usually good. The other day we bought some mutton chops, got tomatoes at a store and she fixed them for us and made some crepes (hot cakes which are sweeter than
American ones), baking them over the fireplace.
Must close for tonight. We are expecting to leave here soon for another training camp.
It seems to take lots of training for this class of artillery.
Love
HAROLD.

Il y a sans doute des relations amoureuses entre des soldats américains et des jeunes filles de Nexon. J’ai trouvé un message sur un site généalogique dans lequel une Californienne cherchait des informations sur la grand mère de son mari. Elle savait seulement ceci: « Henriette Clémence HAMON née le 8 février 1898 à Bordeaux était l’épouse de guerre de Percy BELL, un soldat américain de Minnesota. Il est né le 11 janvier 1881. Ils se sont mariés en Nexon, Haute-Vienne, le 6 mai 1918. Leur enfant premier, Jean Henri, est né le 10 janvier 1919 à Pauillac, Gironde. Ils ont émigré aux États-Unis en 1919 ». Cette demande n’a pas reçu de réponse.

Pendant son séjour en France, il ne semble pas que le régiment ai subit de lourdes pertes. Lors du retour du 65e sur le sol américain, le Ashland Tindings du 25 février 1919 se réjouissait du faible nombre de morts et de blessés parmi les jeunes soldats de l’Oregon. Il fait état d’un tué au combat et de trois blessés parmi ceux de l’Oregon pour un total de 3 morts et 99 blessés pour l’ensemble du régiment.

Témoignages de soldats américains dans les communes voisines de Nexon.

D’autres régiments américains ont séjourné dans les environs de Nexon. Le 59e à Aixe sur Vienne, le 67e CAC à Chalus puis à Aixe sur Vienne. Le 63e est celui qui va rester le plus longtemps. Arrivé à Aixe le 2 août 1918 en provenance du Havre le régiment ne sera pas appelé au front du fait de l’armistice. La vie quotidienne des soldats est contée par  John Brown qui tenait un Journal et de nombreuses photos. Nous en extrayons les passages qui montrent la différence de vie entre les États-Unis et les villages du Limousin en 1918.

livre de route du soldat Brown 63 CACJournal d’un bleu

Avant de rejoindre les maisons qui leur sont assignés les militaires sont logés dans tous les magasins vacants, les granges et les étables que le village pourrait épargner. En plein mois d’août ils apprécient l’eau de l’Aixette et de la Vienne.

Soldats Us aixe 1918Au bord de l’Aixette

A peine arrivés ils se précipitent pour prendre un bain dans la Vienne. Ils sont surpris d’y voir des femmes en train de laver leur linge en utilisant des « battoirs ». L’un d’entre eux prend cette photo :

lavage du linge aixeLaveuse à Aixe sur Vienne en août 1918

Les jeunes sont également très surpris de voir les hommes avec leurs sabots et de découvrir les charrettes comme moyens de locomotion.

charette qui surprend les americains a AixeThis was the transportation of the Local French people

La visite du cimetière est également un étonnement pour le jeune Brown. Il écrit dans son journal que les tombes sont décorées de guirlandes de fleurs d’imitation fabriqués à partir de perles de couleurs variées, et beaucoup datent de plusieurs centaines d’années. Dans un coin, un tas de crânes et d’ossements du défunt dont les parents survivants avaient omis de payer le loyer de leurs tombes.

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Le cimetière d’Aixe sur Vienne en août 1918

Les Aixois sont très intéressés par les objets que possèdent les soldats. Les vieux rasoirs, le savon, le tabac et le cirage sont vendus et avec l’argent obtenu les jeunes font la connaissance du Café Central, Cherry Brandy, et les «Vin Sisters ». Les soldats sont restés à Aixe jusqu’à la fin de la guerre. Ils ont rejoint Bordeaux le 1er février 1919 puis après avoir embarqué à Marseille le 6 février sur un navire Italien, le Caserta ils partent pour les États-Unis qu’ils atteindront le 12 mars.

Avant de quitter le Limousin les soldats participent à des cérémonies avec les troupes françaises.

63rd Arty 2 Limoges 12 decembre  63rd Arty 3 decembre  63rd Arty 5

 

    63rd Arty 563rd Arty 1 Limoges63rd Arty 4

 A Limoges le 12 décembre 1918

Nexon n’a pas oublié les soldats américains. 

Le 5 octobre 1919, le conseil municipal décide d’allouer la somme de 100 francs pour participer à la construction du monument qui sera placé à la Pointe de Grave en Gironde, commémorant l’arrivée des premières troupes américaines en France.

delibération 5 oct 1918 pour monument US 1 deliberation 5 octobre 1918 monument US 2

 

Le 20 mars 1960, George A. DUVAL, président de l’association des vétérans du 66th Artillery, C.A.C. vient à Nexon. Ce jour est officiellement déclaré jour de célébration du 41 ème anniversaire du retour de France du 66 ème Coast Artillery Corps par le Gouverneur de l’Etat de Rhode Island, Christopher Del Sesto.

66 coast certificat du gouverneur 1 66 certificat gouverneur 2

George A. DUVAL offre à la commune un drapeau des Etats-Unis ayant flotté sur le Capitole.

drapeau Us tenu par le maire et le secretaire Canard 8 mars 1960

Le drapeau des Etats-Unis tenu par A. CANARD, secrétaire de mairie et L.J. PRADEAU, maire.

En 1962, la France était encore dans le commandement intégré de l’OTAN, des troupes américaines stationnaient en France en particulier au camp de la Braconne, près d’Angoulême. Ce camp a été construit en 1952 sur un terrain de 800 ha. Il abritait 4 000 militaires américains et civils français, avait 12 km de route de ceinture, et 30 km de voies intérieures. Un millier de chars y était stocké. Il y avait un cinéma, et un drugstore, premier supermarché du département. Les Américains ont quitté le camp le 13 mars 1967 et le camp a été reconverti en zone économique.
Le 18 mars 1962 la municipalité de Nexon a invité le colonel RAFTERY, colonel commandant en chef le dépôt américain de la Braconne et des représentants du gouvernement des Etats-Unis à un service religieux à la mémoire des morts et vétérans du 66 ème d’artillerie CAC américain qui séjourna à Nexon pendant la première mondiale, en 1917-1918.

americains a Nexon 6Discours officiels devant la mairie 12 mars 1962

americains a Nexon 1

 

americains a Nexon 5

 

americains a Nexon 2

 

 

americains a Nexon 3 americains a Nexon 4    Un hommage devant le monument aux morts

M. DUVAL, qui habite à Woonsocket dans la Massachusetts a organisé une exposition des photos et articles relatant son séjour à Nexon. Sa commune souhaite des relations entre les deux communes.

M. DUVAL revient à Nexon pour les cérémonies du 11 novembre 1968.

img117

A l’occasion de ce passage à Nexon, le baron Ferréol de Nexon et son épouse ont offert à M. DUVAL une chasuble ayant appartenu à l’abbé Luc de Nexon. Un article du journal local, le Woonsocket Call du 21 avril 1969 publie un article relatant le voyage en France de M. DUVAL avec une photo ou il est revêtu de la chasuble.

Duval en chasuble

 

 

Le basket à Limoges a bénéficié de la présence des troupes américaines.

Outre l’apport militaire incontestable les américains ont fait découvrir au jeune français le basket, ce qui est particulièrement important à Limoges ou combiné avec l’action des patronages le CSP a pu se hisser sur les plus hautes marches de ce sport en Europe

                                               basket a saint nazaire                 match de basket a Royan  

   Le basket, une des distractions favorite des jeunes soldats américains.

 Dès le moi de juin le général PERSHING confie l’intendance de l’arrière à la YMCA. Beaucoup ignorent encore aujourd’hui ce que signifie ce sigle. Pour certains c’est juste le titre d’un tube disco chanté par les Village People. En fait ce sigle est celui de la Young Men’s Christian Association.  Cette association a été fondée par le pasteur britannique Georges Williams en 1844 pour diffuser la religion protestante par le sport et la culture. C’est un professeur de gymnastique au Spingfield College dans la Massachusetts appartenant à la YMCA qui inventa le basket en 1891. C’est également dans la YMCA que fut inventé le volley ball en 1895. Trois anciens responsable sont reçu le prix Nobel de la Paix.

Au travers des foyers du soldat qui organisaient spectacles, bibliothèques et activités sportives elle a contribué largement à l’implantation du basket-ball et du volley-ball dans les classes populaires françaises. Il est incontestable qu’en 1919 le basket français est principalement développé dans les villes qui se situent sur la ligne de front, là ou l’on trouvait les foyers de soldats américains : Mulhouse, Nacy, Reims, Lille… (Voir N. Séoudi « Histoire d’une contagion. Le basket-ball dans le département du Nord » dans «L’aventure des « grands » hommes: études sur l’histoire du basket-ball , Pulim 2003 ).

A Limoges Albert CHAMINADE (1912-2009), ancien arbitre national et international, ayant occupé plusieurs postes de dirigeants au sein du basket français racontait qu’il avait vu les premiers panneaux de basket dans la cour de l’école normale de filles devant laquelle il passait tous les jours à la fin de la première guerre mondiale. L’école abritait un hôpital militaire et le foyer avait fait poser ces panneaux pour les soldats. Cela lui a donné, quelques années plus tard , l’envie de pratiquer ce sport.

La plupart des villes de garnison de province possèdent un hôpital mixte, civil et militaire, administré par une commission civile pour les salles civiles. Dès le mois d’août 1914, la plupart des salles civiles furent réquisitionnées par l’autorité militaire. Après la déclaration de guerre le 3 août 1914, l’avance allemande est rapide. Il faut évacuer les malades hospitalisés dans les hôpitaux généraux et dans les asiles psychiatriques. Ce flux de malades vient s’ajouter à celui des blessés de plus en plus nombreux sur le champ de bataille. Les hôpitaux permanents ne suffisent plus. Aussi il faut ouvrir de nouveaux établissements.
Il n’est pas facile de se retrouver dans le foisonnement de structures qui ont été créées tant par les autorités de l’État que par des bénévoles.
A côté des hôpitaux permanents (ceux du temps de paix) il y a donc les hôpitaux temporaires (ils n’existent que du temps de guerre) qui comprennent:
-les hôpitaux Complémentaires (HC) dont la gestion est directement assurée par la Direction du Service de Santé (militaire) de la région.
-les hôpitaux Auxiliaires (HA) dont la gestion est assurée par l’une des 3 sociétés d’assistance de la Croix-Rouge, la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM), l’Association des Dames Françaises (ADF) et l’Union des Femmes de France (UFF), toutes homologuées par le ministère de la guerre.
-les hôpitaux Bénévoles (HB), d’initiatives privées, créés par l’arrêté du 21/8/1914.
Ajoutons que, bien que ce mode d’hébergement ait été déconseillé, quelques malades et blessés ont été placés chez des particuliers.
La numérotation des Hôpitaux se faisait par Région Militaire, sans tenir compte du découpage en départements.
Pour les HB il était tenu compte du nom de la société d’assistance et le n° était suivi de « bis »:
– SSBM: n° 1 à 100; au-delà n° dans la série des 300;
– UFF: n° 101 à 200; au-delà n° dans la série des 400;
– ADF: n° 201 à 300; au-delà n° dans la série des 500.
Le décret du 6 août 1874, suivant la loi du 24 juillet 1873 découpe le territoire français en 18 régions. La loi du 5 décembre 1897 met en place la 19e région militaire en Algérie et celle du 8 février 1898 crée une 20e région militaire dans l’Est, en scindant la 6e région militaire. Une 21e région militaire est créée par la loi du 31 décembre 1913 par division de la 7e région.

 

 

Limoges est le chef-lieu de la XIIème Région militaire composée de cinq départements, la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne

En Haute-Vienne il existera une soixantaine de structures, certaines ayant fonctionné quelques mois d’autres pendant toute la durée du conflit.
Dès le 8 aout 1914 un hôpital complémentaire vient soutenir l’hôpital général de Limoges. Il porte la numérotation HC n° 1 Limoges. Il est situé dans les locaux de l’école libre Colbert, 9 rue des Argentiers et compte 280 lits. Il fonctionne du 8 août 1914 au 18 février 1919 et comporte des services d’ORL et de prothèse maxillo-faciale et une école d’infirmières.
De nombreuses annexes vont lui être rattachées. Elles sont situées dans les cliniques privées, dans les orphelinats, au grand séminaire et même dans l’usine de porcelaine Haviland.
Rapidement des établissements et des personnes privées vont mettre à la disposition du service de santé des armées leurs locaux.
A Nexon l’Institution libre de filles, rue du Nord offre très rapidement ses locaux et dès le 30 aout un hôpital bénévole est créé sous le numéro HB n° 5 bis Nexon. Il compte 22 lits et fonctionne du 30 août 1914 au 1er décembre 1917.

Nexon Hopital 5 bis

Enveloppe datée du 11 juillet 1916 avec cachet rond violet » Hôpital Temporaire de Nexon – Le Directeur »

 

Nexon hopital benevole

Enveloppe du 24 mai 1917 avec cachet rond rouge  » Hôpital bénévole N°5 bis Nexon (H-V) Le Directeur)

Une carte postale écrite le 9 octobre 1917 révèle que le malade séjourne dans le château du baron de Nexon. Si l’on en croit le recto de la carte postale il s’agit du château de la garde. Le malade écrit, avec des fautes , « je suis chez un baron, dans son château, tu parle d’une bonne vie il parait que j’en n’ai encore pour 1 mois »

CP hopital 5bis texte

Une feuille avec deux photographies jaunies par le temps présente l’État-major de L’Hôpital bénévole 5bis . Sur la photo de droite ne figurent que des femmes. Il semble que ce soit l’État-major avec la baronne de Nexon comme directrice. Elle est assise au premier rang entourée des mêmes personnes à sa droite et à sa gauche sur les deux photos. Les hommes qui figurent sur la photo de gauche sont des militaires. Comme leur nom n’est pas indiqué on peut supposer que ce sont des malades. la baronne est Gertrude Ricardo, l’épouse du baron Maurice « Auguste » de Nexon. Elle est avec ses deux filles Thérèse née le 18 septembre 1890 et Jeanne née le 12 juillet 1895.

Nexon hopital 5bis

Sur la photo de gauche figurent de gauche à droite au 1er rang : Mme St Ange, Mme de Nexon, Mlle Bragard. Au 2eme rang: Mlle Tarrade, Mlle Bonnafy, Mlle J de Nexon, Mlle T de Nexon, Mlle Lelong.

Sur la photo de droite de gauche à droite au 1er rang : Mme St Ange, Mme de Nexon, Mlle Bragard, Mlle T de Nexon. Au 2eme rang: Mlle Tarrade, Mlle J de Nexon, Mlle Lelong, Mlle Bonnafy .

Comme dans toutes les communes de France, l’ordre de mobilisation publié au Journal officiel du 2 aout 1914 va conduire des dizaines de jeunes de Nexon à rejoindre leur unité d’affectation. Beaucoup travaillent dans les fermes. C’est la pleine période des moissons mais c’est le cœur gai qu’ils quittent leur travail et leur famille pour partir faire cette guerre, qu’ils croient rapide , car elle permettra de faire revenir l’Alsace et et la Lorraine dans le giron de la mère patrie.

La plupart va rejoindre un des régiments du 12e Corps d’armée (12e CA) dont l’État Major est à Limoges et qui est composé de régiments dont les casernes sont en Limousin, en Dordogne ou en Charente.
Le 12ème Corps d’armée (général Roques), subordonné à la 4e Armée général (Langle de Cary), a son État Major à Limoges. Il est ainsi composé au moment de la mobilisation:
– 23e division d’infanterie à Angoulême( général Masnou))
• 45e brigade à Limoges (général Petit):
o 63e Régiment d’Infanterie basé à Limoges et Saint Yrieix
o 78e Régiment d’Infanterie basé à Guéret et Limoges
• 46e brigade (Angoulême) :
o 107e Régiment d’Infanterie basé à Angoulême
o 138e Régiment d’Infanterie basé à Magnac Laval et Bellac
Éléments organiques divisionnaires
• Cavalerie :
o 21e Régiment de chasseurs à cheval (1 escadron)
• Artillerie :
o 21e Régiment d’artillerie de campagne (3 groupes 75) basé à Angoulême
• Génie:
o 6e Régiment du génie (compagnie 12/1) basé à Angers
– 24e division d’infanterie
• 47e brigade (Bergerac):
o 50e Régiment d’Infanterie basé à Périgueux
o 108e Régiment d’Infanterie basé à Bergerac
• 48e brigade (Tulle):
o 100e Régiment d’Infanterie basé à Tulle
o 126e Régiment d’Infanterie basé à Brive
Éléments organiques divisionnaires
• Cavalerie :
o 21e Régiment de chasseurs à cheval (1 escadron) basé à Limoges
• Artillerie :
o 34e Régiment d’artillerie de campagne (3 groupes 75) basé à Périgueux
• Génie :
o 6e Régiment du génie (compagnie 12/2) basé à Angers
– Éléments non endivisionnés (ENE)
o 300e Régiment d’Infanterie basé à Tulle
o 326e Régiment d’Infanterie basé à Brive
o 4 escadrons du 21e régiment de chasseurs à cheval basé à Limoges
o 52e Régiment d’artillerie de campagne basé à Angoulême
o Compagnie 12/3, 12/4, 12/16, 12/21 du 12e bataillon du génie rattaché au 6e régiment du génie d’Angers
– Éléments organiques de corps d’armée (EOCA)
• État Major du 12e corps d’armée (Limoges)
• 12e section du train des équipages (Limoges)
• 12e section de secrétaires d’état-major et de recrutement (Limoges)
• 12e section de commis et d’ouvriers militaires d’administration (Limoges)
• 12e section d’infirmiers militaires(Limoges)
• 12e légion de gendarmerie (Limoges)

Les jeunes soldats de Nexon font leur service militaire dans des régiments du 12e CA. Ils se retrouvent souvent à plusieurs de la même commune dans un même régiment. Ceci aura des conséquences dramatiques lorsque, lors d’offensives meurtrières, des compagnies entières sont décimées on a plusieurs jeunes du même village qui meurent le même jour.

Le 5 août, le régiment au complet est passé en revue par le colonel Arlabosse puis embarqué en trois trains dans la nuit du 5 au 6 août vers une destination souvent inconnue. Pour beaucoup se sera Sainte Ménéhould.

le 78e RI  à la gare de Limoges le 2 aout 1914

Le 5 aout le 63e RI quitte Limoges sous le commandement du Lieutenant colonel Paulmier pour l’Argonne, dans la région de Valmy.

                                                                                               drapeau 63e RI63e RI Historique
Les deux régiments du Limousin, le 63e RI et le 78e  au sein de la 23è division d’infanterie sont dirigés vers la frontière belge afin d’empêcher la progression ennemie. Le 28 aout les combats deviennent très durs face aux mitrailleuses allemandes auxquels se joignent les tirs violents de l’artillerie. Les pertes sont très sérieuses. Il y a moins de 15 jours la plus part des jeunes soldats étaient dans les champs. Ils sont maintenant face à un ennemi qui les force à reculer.

le 78e RI à la bataille de la Marne en septembre 1914

 

Les premiers soldats tués

Le 18 aout 1914 les deux premiers jeunes de Nexon sont tués. Ils avaient le même âge et appartenaient au même régiment. Pierre FAYE né le 24/12/1893 à Saint Yrieix sous Aixe et domicilié à Nexon et Léon JOUHAUD né à Nexon le 14/11/1893 ont été tués le 18 aout à Russ dans le Bas Rhin.
Leur régiment, le 21° RI, le plus vieux régiment de France, crée en 1619, avait quitté sa garnison de Langres le 1er aout. Le 14 aout le régiment descend la vallée de la Bûche vers l’Est. Le 18 aout de violent combats ont lieu près de Rus dans le Bas Rhin, a environ 40 km à l’ouest de Strasbourg. Il y a de nombreux tués et disparus et parmi eux nos deux jeunes nexonnais.
Ces sacrifices ne sont pas vains, l’effort ennemi est momentanément brisé dans les Vosges

Pour qu’un soldat soit déclaré mort, il fallait que de l’attaque, reviennent deux témoins pour l’attester. L’officier d’état civil du régiment pouvait établir un acte de décès officiel. Faute de quoi le soldat était déclaré disparu. Comme il n’y avait pas d’acte de décès la succession ne pouvait pas être réglée ; Il fallait donc une décision d’un tribunal pour que le disparu soit déclaré officiellement comme étant mort pour la France à la date fixée par le jugement rendu par le tribunal. Ce jugement était ensuite transcrit à l’état-civil pour valoir ce que de droit. Pour Pierre Faye le jugement a été rendu le 22/02/1922 par le tribunal de St-Yrieix et transcrit le 02/03/1922 à Nexon. Pour Léon JOUHAUD le jugement a été rendu le 29/04/1920 par le tribunal de Saint-Yrieix

La famille devait attendre au minimum 3 ans à partir de la date de l’acte de disparition avant que le décès, à la date indiquée par l’acte de disparition, soit déclaré par un tribunal civil.

Le premier mort français est Jules André PEUGEOT, caporal au 44e RI. Né le 11 juin 1893 à Etupes il a été tué à l’ennemi le 2 août 1914 à Joncherey (Territoire de Belfort).

Le 1er tué de la Haute Vienne a été Jean BRUN, brigadier au 11e Dragons. Il était né le 16 novembre 1891 à Oradour-sur-Glane et il a été tué le 7 août 1914 à Altkirch.

le conseil municipal prend plusieurs décisions pour aider les soldats:

– Le 18 août 1914, le conseil municipal vote diverses allocations aux mobilisés et décide l’établissement d’une ambulance militaire dans l’immeuble de Mr de Nexon.
– Le 11 octobre 1914 le conseil vote 500 francs pour achat de vêtements chauds aux militaires.

 

Le désenchantement sera grand lorsque, les mois passants, le guerre s’enlise dans les tranchées de l’Est de la France et que plusieurs fois par mois le maire doit aller annoncer aux famille que l’un de leur fils a été tué face à l’ennemi. Ils sont 137 enfants nés à Nexon à ne pas être revenus au village. Un drame pour chaque famille mais une catastrophe pour notre pays qui a perdu près d’un tiers de ses jeunes garçons, une catastrophe pour l’économie qui a perdu ses travailleurs potentiels, une catastrophe pour le monde rural qui s’enfoncera progressivement dans la désertification.

Monument aux mort de Nexon

Monument aux mort de Nexon

Le monument aux morts avait été érigé sur la place de l’ancienne mairie et financé en partie par une souscription publique ouverte  le 9 mars 1919. Le monument a été transféré en 1950, par l’entreprise ROUSSIN, au carrefour du Souvenir Français, à proximité immédiate du cimetière et de la chapelle des Garennes.

138 jeunes de Nexon, 54 qui y étaient nés et 84 nés dans une autre commune ont perdu la vie au cours de ces quatre années de guerre. Certains ont été tués au combat et leur corps a été rendu à leur famille mais pour d’autres le corps n’a jamais été retrouvé, enseveli sous les tonnes de terre remuées par les obus. D’autres sont morts à la suite de leurs blessures ou à cause de maladies contractées au front. Lorsque le corps n’était pas retrouvé il fallait une décision du tribunal confirmant le décès. Cela prenait plusieurs années, reculant d’autant la réalisation du deuil.

Le graveur n’a pas respecté scrupuleusement l’ordre alphabétique, plusieurs noms sont rajoutés en fin de liste et il semble bien qu’il ait réalisé des fautes: CLERMOUTEIL doit être CLERMONTEIL, FOUCHY doit être FONCHY…

Le plus jeune mort de Nexon était Marcel GUYONNAUD. Il était né le 30 aout 1898. Il avait 16 ans lors de la déclaration de guerre.

Le plus âgé  était Jean Baptiste LAMONERIE. Il était né le 04 mai 1880.

Les premiers tués tombent le même jour, le 18 aout 1914. Pierre FAYE  et Léon JOUHAUD disparaissent et pour tous les deux il a fallu une décision  du tribunal pour transcrire leur décès.

Le dernier mort est Jean Baptiste ADAM, décédé des suites de maladie le 25 décembre 1918. Un autre jeune est mort après l’armistice, Jean Baptiste GUYOT, décédé en captivité en Allemagne le 23 novembre 1918. Quant au dernier mort au combat, il s’agit de Jean CALINAUD tué à l’ennemi le 19 aout 1918.

 

Liste des tués de la guerre de 1914-1918 inscrits sur le monument aux morts

Liste des garçons nés à Nexon (54) :

ADAM Jean Baptiste, né le 21/10/1894, caporal au 14e R.I., mort des suites de maladie le 25/12/1918 à Limoges.
AUMAITRE Léon, né le 10/09/1893, dragon au 12e R.D., tué à l’ennemi le 24/09/1914 à Bouconville dans la Meuse.
AUZEMERY Pierre, né le 28/04/1897, soldat au 135e R.I, mort des suites de blessures le 11/01/1917 à l’Hôpital complémentaire 43 de Beauvais.
AYMARD Jean, né le 21/09/1885, soldat au 207e R.I, mort des suites de ses blessures le 09/09/1914 à Saint-Ouen-Domprot dans la Marne.
BERGER Henri né le 24/10/1894, soldat au 416e R.I., tué à l’ennemi le 25/12/1916 aux Bois des caurières dans la Meuse.
BONNAFY Louis, né le 30/07/1894, soldat au 68e R.I., mort des suites de ses blessures le 10/01/1917 à Eclusier dans la Somme.
BONNAUD Martial, né le 01/04/1896, soldat au 18e R.I., tué à l’ennemi le 05/05/1917 à Craonne.
BOUBY Martial, né le 01/12/1881, soldat au 106e R.I., mort des suites de ses blessures le 13/04/1915 à Dieue-sur-Meuse.
BOYER Antoine, né le 27/07/1892, caporal au 2e R.G., tué à l’ennemi 21/02/1916 au Bois des corbeaux dans la Meuse.
BRUNERIE Louis, né le 04/03/1893, soldat au 21e R.I., tué à l’ennemi le 19/08/1914 à Hersbach dans le Bas-Rhin. Jugement rendu le 08/01/1920 par le tribunal de Saint-Yrieix. Transcrit le 18/01/1920 à Nexon.
CALINAUD Jean, né le 25/04/1887, sous-lieutenant au 5e R.T., tué à l’ennemi le 19/08/1918 à Plessis-le-Roye dans l’Oise.
CHARBONNIERAS Noël, né le 25/01/1889, soldat au 78e R.I., tué à l’ennemi le 15/09/1914 à Vitry-le-François dans la Marne.
CHATARD Henri, né le 09/08/1892, soldat au 312e R.I., tué à l’ennemi le 08/09/1916 à Mort-Homme dans la Meuse.
COULON Raymond Paul , né le 12/06/1891, soldat au 63e R.I, mort des suites de ses blessures le 27/09/1915 à Habarcq dans le Pas de Calais.
DEFAYE Jean, né le 31/3/1888, habitant Saint-Hilaire-les-Places, soldat au 63e R.I tué à l’ennemi le 31/12/1914 à Jonchery dans la Marne.
DEVAUD Jean Pierre, né le 03/07/1894, soldat au 152e R.I., tué à l’ennemi le 25/03/1915 à Hartmannswillerkopf dans le Haut Rhin.
DOUDET Jacques, né le 14/10/1893, caporal au 69e R.I., tué à l’ennemi le 06/07/1916 à Maricourt dans la Somme.
DUVERNEIX Henri, né le 06/03/1887, soldat au RICM, tué à l’ennemi le 29/04/1917 à Ailles dans l’Aisne.
DUVERNEIX Henri Pierre, né le 22/01/1893, chasseur au 5e B.C.P., tué à l’ennemi le 09/09/1914 au Col-de-Mandray dans les Vosges.
DUVERNEIX Jean Baptiste, né le 06/09/1895, soldat au 207e R.I., tué à l’ennemi le 20/12/1914 à Hurlus dans la Marne.
FAURE Léon, né le 10/09/1895, Caporal au 418e R.I., tué à l’ennemi le 19/07/1917 au Fort de Vaux.
FOUCHY Jean, né le 03/10/1884, soldat au 13e R.I, mort des suites de ses blessures le 08/04/1918 à Compiègne-Royallieu dans l’Oise.
FRUGIER Edouard, né le 24/09/1886, brigadier au 213e RAC, tué à l’ennemi le 03/06/1918 à La Ferté-Milon dans l’Aisne.
GAYOT Léon, né le 10/08/1892, chasseur au 15e B.C.P., tué à l’ennemi le 14/06/1915 à Winterhazel dans le Haut-Rhin.
GUILHAUMAUD Marc, né le 01/08/1882, soldat au 63e R.I., tué à l’ennemi le 30/05/1916 à la Cote du Poivre Louvemont dans la Meuse.
GUYONNAUD Marcel, né le 30/08/1898, soldat au 410e R.I., mort des suites de maladie le 09/10/1918 à Arcis-sur-Aube.
GUYOT Jean, né le 26/06/1888, soldat au 211e R.I., tué à l’ennemi le 24/08/1917 à Étain dans la Meuse.
GUYOT Jean Baptiste, né le 20/09/1893, soldat au 230e R.I., mort en captivité le 23/11/1918 à Trèves en Allemagne (ex Prusse).
JOUHAUD Jean Baptiste, né le 06/11/1889, soldat au 43e R.I., disparu au combat le 05/04/1915 à Hennemont dans la Meuse.
JOUHAUD Léon, né le 14/11/1893, soldat au 21e R.I., disparu le 18/08/1914 à Russ dans le Bas-Rhin. Jugement rendu le 29/04/1920 par le tribunal de Saint-Yrieix. Nécropole nationale Grendelbruch.
LABORIE Léonard, né le 21/09/1890, soldat au 78e R.I, tué à l’ennemi le 14/05/1915 à Flirey dans la Meurthe et Moselle.
LAMONERIE Jean, né le 04/05/1880, soldat au 330e R.I., tué à l’ennemi le 29/08/1918 dans l’Aisne.
LAMONERIE Louis, né le 31/03/1883, soldat au 151e R.I., tué à l’ennemi le 28/01/1915 à La Harazée dans la Marne.
LANTERNAT Jean Baptiste, né le 21/06/1894, caporal au 31e R.I., mort des suites de ses blessures le 02/03/1915 à Clermont-en-Argonnes dans la Meuse.
LATOUILLE Jean, né le 29/11/1886, caporal au 233e R.I., tué à l’ennemi le 20/10/1917 dans la Forêt-d’Houthulst (Belgique).
LATOUILLE Léon Jean, né le 27/03/1891, caporal au 63e R.I, mort des suites de maladie contractée en service le 19/10/1918 à Montmirail (Marne).
LEYMARIE Martial, né le 05/12/1886, soldat au 211e R.I., tué à l’ennemi le 14/10/1914 au Bois de Vaux-les-Palameix dans la Meuse.
MASSALOUX François, né le 15/12/1888, soldat au 100e R.I., tué à l’ennemi le 13/09/1915 à La Harazée dans la Marne.
MATHIEU François, né le 06/05/1897, soldat au 201e R.I., tué à l’ennemi le 25/03/1918 à Marest-Dampcourt dans l’Oise.
MAZEAU Antoine Lucien, né le 12/12/1890, soldat au 50e R.I., mort des suites de ses blessures le 28/09/1915 à Aubigny-en-Artois dans le Pas de Calais.
MEYNIER Charles, né le 14/02/1895, soldat au 81e R.I., tué à l’ennemi le 08/08/1916 à Thiaumont dans la Meuse.
MOREAU Mathieu Henri, né le 02/03/1894, soldat au 32e R.I., tué à l’ennemi le 30/04/1915 à Pilkem en Belgique.
NOUHAUD Léonard, né le 10/09/1883, soldat au 7e R.I., tué à l’ennemi le 30/05/1915 à Saint-Nicolas dans le Pas de Calais.
PATAUD Jean, né le 21/05/1889, soldat au 1er RMZ, tué à l’ennemi le 20/05/1917 au Mont-Cornillet dans la Marne.
PATAUD Jean, né le 12/09/1882, soldat au 107e R.I., tué à l’ennemi le 23/01/1916 à Ecurie dans le Pas de Calais.
PENOT Léonard, né le 23/03/1881, soldat au 106e R.I. (venu du 107e), tué à l’ennemi le 27/09/1915 à Souain dans la Marne.
PIQUET Antoine, né le 01/10/1893, caporal au 63e R.I., mort des suites de ses blessures le 25/09/1915 à Habarcq dans le Pas-de-Calais.
PIQUET Antoine, né le 13/04/1885, soldat au 151e R.I., tué à l’ennemi le 15/03/1916 à la Côte-du-Poivre Louvemont dans la Meuse.
PIQUET Martial, né le 01/02/1891, soldat au 138e R.I., mort des suites de ses blessures le 05/10/1914 à Albi.
RAYMONDIE Léonard, né le 15/11/1893, soldat au 138e R.I., tué à l’ennemi le 04/09/1914 à la Ferme-Navarin dans la Marne.
REREYROL Léonard Jean Baptiste, né le 15/11/1892, caporal au 32e R.I., tué à l’ennemi le 16/06/1915 à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais.
ROCHE Jean, né le 26/04/1892, caporal au 138e R.I., mort pour la France le 31/08/1914 à Terron-sur-Aisne dans les Ardennes, inhumé dans la Nécropole nationale Sedan-Torcy.
ROUX François, né le 16/06/1893, maréchal des logis au 34e RAC, mort des suites de ses blessures le 29/06/1918 à Vicenza en Italie.
THOMAS Albert, sous-lieutenant au 4e RAC, tué à l’ennemi le 01/09/1914 à Anould dans les Vosges.

Nés dans une autre commune (84) :

ANDRILLOUX François, né le 14/03/1897 à Meilhac (87), soldat au 328e R.I., tué à l’ennemi le 30/07/1917 au Bois-d’Avocourt (Meuse).
AUVERT Pierre, né le – 05/02/1891 à Meilhac (87), soldat – 138e R.I., mort des suites de ses blessures 11/09/1914 au Le Meix-Thiercelin (Marne).
AYMARD Jean Baptiste, pas d’information.
BARRIERE Jean, né le 01/03/1898 à La Meyze (87), soldat au 7e RIC, Tué à l’ennemi le 11/08/1918 dans la Marne.
BARRY Pierre, né le 20/09/1880 à Ladignac-le-Long (87), Soldat – 47e R.I. Mort des suites de blessures le 12/10/1916 dans l’Ambulance 1/51 (Somme).
BARUCHE Léonard, pas d’information.
BECHADE Léonard, pas d’information.
BERGER Féréol, pas d’information.
BEYRAND François, né le 24/12/1888 à Flavignac (87), soldat au 307e R.I., mort des suites de ses blessures le 01/11/1918 à Saint-Quentin-le-Petit dans les Ardennes.
BONNET Thomas, né le 18/09/1877 à Saint Jean Ligoure (87), soldat au 338e R.I., Tué à l’ennemi le 30/10/1916 à Ablaincourt dans la Somme.
BOURDEAU Pierre, né le 25/08/1889 à Saint Jean Ligoure (87), soldat au 108e R.I., mort des suites de ses blessures le 17/10/1915 à Dinant en Belgique.
BREUIL Jean, né le 16/11/1881 à Saint-Hilaire-les-Places (87), soldat au 100e R.I., mort des suites de blessures le 28/06/1915 à Montauville (Meurthe-et-Moselle) inhumé dans la Nécropole nationale Le Pétant (Meurthe-et-Moselle).
BUISSON François, né le 25/03/1875 à Flavignac (87), soldat au 89e R.I.T., tué à l’ennemi le 20/08/1917 aux Carrières-d’haudremont (Meuse).
CELERIER Jacques, né le 31/12/1891 Janailhac (87), dragon au 11e R.D., tué à l’ennemi le 28/05/1915 à Thuisy dans la Marne.
CHEPPE Jean, né le 04/02/1889 à Rilhac Lastour (87), soldat au 21e RAC – Mort des suites de maladie le 11/12/1916 à Marcelcave-les-Buttes dans la Somme.
CLERMOUTEIL Léonard, pas d’information.
COMBROUZE Guillaume, né le 27/06/1895 à Janailhac (87), soldat au 13e R.I., tué à l’ennemi le 04/05/1916 aux Monthairons dans la Meuse.
COUVIDOU François, né le 11/08/1891 au Vigen (87), soldat au 8e R.I., disparu à l’ennemi le 09/03/1915 aux Éparges dans la Meuse.
COUVIDOU François, né le 01/09/1876 au Vigen (87), soldat au 21e RAC , Mort des suites de maladie contractée en service le 03/08/1918 à Vérone (Italie).
CROZE Ernest Antoine, pas d’information.
DEFAYE Jean, né le 31/03/1888 à Saint Hilaire les Places (87), soldat au 63e R.I., tué à l’ennemi le 31/12/1914 à Jonchery dans la Marne.
DENARDOU François, pas d’information.
DESCHAMP Jean, né le 15/10/1890 à Janailhac (87), soldat au 50e R.I., tué à l’ennemi le 12/03/1916 à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais.
DESCHAMP Mathieu, né le 03/06/1897 à Janailhac (87), chasseur au 70e B.C.A., tué à l’ennemi le16/08/1918 à Villers-les-Royes dans la Somme.
DESMAISON Pierre, né le 01/10/1891 à Janailhac (87), chasseur au 1er B.C.P., mort des suites de ses blessures 19/11/1914 à Amiens dans la Somme.
DESPLANTIER Jean, pas d’information.
DESROCHES Henri, né le 18/04/1896 à Saint Priest Ligoure (87), soldat au 112e R.I., tué à l’ennemi le 10/06/1918 à Chevincourt dans l’Oise.
DESROCHES Jean, né le 11/12/1893 à Saint Maurice les Brousses (87), soldat au 21e R.I., tué à l’ennemi le 16/03/1915 à Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais.
DIANAUD Jean, né le 18/12/1897 à Janailhac (87), soldat au 12e R.I., tué à l’ennemi le 16/03/1917 à Bezonvaux dans la Meuse.
DOUDET François, pas d’information.
DUDOGNON François, pas d’information.
DUPUYDENUS Pierre Joseph, né le 18/03/1879 à Burgnac (87), soldat au 144e R.I., tué à l’ennemi le 26/03/1918 à Lagny dans l’Oise.
DUROUX Léon Pierre, né le 18/08/1897 à Saint Jean Ligoure (87), caporal au 418e R.I., mort des suites de ses blessures le 19/07/1918 à Verberie dans l’Oise.
DUVERNAIH Pierre, né le 03/07/1892 à Couzeix (87), chasseur au 15e B.C.P., tué à l’ennemi le 08/07/1915 à Sondernach dans le Haut-Rhin.
DUVERNEIX Léonard, né le 27/05/1889 à La Meyze (87), soldat au 59e R.I., mort des suites de ses blessures le 06/06/1918 à Apremont dans la Meuse.
FAUCHER Jean, né le 19/01/1874 à La Meyze (87), soldat au- 89e R.I.T., tué à l’ennemi le 26/04/1917 à Sillery dans la Marne.
FAYE Pierre, né le 24/12/1893 à Saint Yrieix sous Aixe, domicilié à Nexon, soldat au 21e R.I.décès le 18/08/1914 à Russ dans le Bas Rhin fixé par jugement rendu le 22/02/1922 par le tribunal de Saint-Yrieix – Transcrit le 02/03/1922 à Nexon.
GAYOT Léonard, né le 30/04/1884 à Saint Germain les Belles (87), soldat au 50e R.I., mort des suites de ses blessures le 17/10/1915 à Abbeville (Somme).
GIBAUD Martial, pas d’information.
GUYOT Jean Baptiste, pas d’information.
GUYOT Laurent, pas d’information.
HUSSE Joseph Auguste, pas d’information.
LACORRE Pierre, pas d’information.
LACOTTE Jean François, pas d’information.
LAGORCE François, né le 21/04/1883 à Janailhac (87), caporal au 2e Génie, tué à l’ennemi le 30/06/1916 à Souville dans la Meuse.
LALANDE Jean Marie, pas d’information.
LARCHER Jean, né le 03/05/1893 à Saint Hilaire les Places (87), soldat au 417e R.I., mort des suites de ses blessures le 05/03/1916 à Berny-Rivière dans l’Aisne.
LARUE Pierre, né le 04/12/1895 à Saint Priest Ligoure (87), soldat au 33e R.I., disparu le 19/04/1917 à Craonnelle (Aisne).
LASCAUX Jean, né le 27/12/1887 à Saint Jean Ligoure (87), soldat au 418e R.I., tué à l’ennemi le 02/03/1916 à Douaumont (Meuse).
LATOUILLE Pierre né le 08/03/1898 au Vigen (87), Soldat au 107e R.I., mort des suites de maladie contractée en service le 09/03/1918 à Hôpital temporaire n°10 à Compiègne (Oise).
LAVEYSSIERE François, pas d’information.
LEVEQUE Pierre, né le 09/03/1873 à Chaillac (87), gendarme à pied à la 12e L.G., mort des suites de blessures le 29/12/1915 à l’hôpital complémentaire de Bussang (Vosges).
MARCHAT Jean Pierre, pas d’information.
MATHIEU Jean, pas d’information.
MAUD Jean, pas d’information.
MAUD Simon, pas d’information.
MERGNAC Germain, né le 04/10/1880 à Lubersac (19), soldat au 250e R.I., tué à l’ennemi le 05/10/1914 à Andéchy dans la Somme.
MICHELET André Léonard , né le 30/11/1882 à Janailhac (87), soldat à la 12e S.I.M., mort des suites de maladie contractée en service le 08/02/1915 à Châlons-sur-Marne.
MOURGUET Clément, pas d’information.
MOUROUVEIX Pierre, né le 13/05/1880 à Aixe sur Vienne (87), soldat au 7e R.I. – Disparu le 27/09/1914 à Wargemoulin dans la Marne.
NOUAILHAS François, né le 01/07/1894 à Meilhac (87), soldat au 42e R.I., tué à l’ennemi
NOUAILHAS Pierre, né le 01/07/1894 à Meilhac (87), soldat au 22e R.I., tué à l’ennemi le 23/10/1917 à Allemant (Aisne).
PATAUD François Henri, pas d’information.
PERRIER Jean, pas d’information.
RAFIER Michel, né le 02/11/1883 à Rilhac-Lastours (87), soldat au 11e R.I., disparu le 15/03/1915 à Sedan, jugement du Tribunal de Saint Yrieix la Perche le 31/08/1921.
RAGOT Félix, pas d’information.
ROBERT Louis, pas d’information.
ROCHE Jean Baptiste, pas d’information.
ROLLET Jean, pas d’information.
ROUX Martial, né le 25/10/1886 à Meilhac (87), soldat au 209e R.I., tué à l’ennemi le 09/04/1916 dans les Bois-d’Avocourt (Meuse).
SAZERAT Jean, né le 05/11/1882 à Meilhac (87), soldat au 14e R.I., tué à l’ennemi le 14/09/1914 à Ippécourt dans la Meuse.
SYLVAIN Jean, né le 16/05/1894 à Saint Hilaire les Places (87), caporal au 63e R.I., tué à l’ennemi à Roclincourt dans le Pas-de-Calais.
TABARAUD Léon Pierre, né le 16/04/1882 à Feytiat (87), sergent au 126e R.I., tué à l’ennemi le 26/04/1915 au Bois-Haut dans la Meuse.
TALLANDIER Léon, pas d’information.
TARRADE Jean, pas d’information.
TARRASSE Léonard, pas d’information.
TEILLOT Martial, pas d’information.
THOURAUD Léon Michel, pas d’information.
TOMBELAINE Gustave, né le 02/11/1872 à Limoges (87), soldat au 64e R.I.T., Disparu le 15/12/1916 au Fort de Douaumont (Meuse), jugement le 08/01/1919 par le tribunal de Saint-Yrieix la Perche.
TRUCHASSOUT Pierre, né le 29/12/1883 à Saint Sand (24), soldat au 11e R.I., disparu au combat le 17/09/1914 à Minaucourt dans la Marne.
VALETTE Rémy, pas d’information.
VAUGELADE Robert, né le 24/03/1897 à Rilhac (87), soldat au 30e R.I., tué à l’ennemi le 30/09/1917 à Allemant (Aisne).
VERGNENEGRE François, né le 31/08/1889 à Saint Hilaire les Places (87), soldat au 63e R.I., tué à l’ennemi le 21/12/1914 à Jonchery-sur-Suippe dans la Marne.
VILLOUTREIX Jean, pas d’information.

Au cimetière de Nexon on peut encore voire quelques tombes avec de belles plaques de porcelaine au nom de soldats morts lors de la première guerre mondiale. Les nom de François BEYRAND et de Jean LATOUILLE sont inscrits sur le monument aux morts, les autres non. Bien qu’enterrés dans le cimetière de Nexon ils ne résidaient pas dans cette commune au moment de leur incorporation.

François Beyrand , mort le 1er novembre 1918, à 29 ans

François Beyrand , mort le 1er novembre 1918, à 29 ans.

Jean Massaloux, mort à 31 ans d'une maladie contractée au front.

Jean Massaloux, mort à 31 ans d’une maladie contractée au front.

Jean Valery, soldat au 142e RI, mort le 6 aout 1916 à 22 ans

Jean Valéry, soldat au 142e RI, mort le 6 aout 1916 à 22 ans.

Léon Duverneix, décédé à 27 ans des suites de la guerre

Léon Duverneix, décédé à 27 ans des suites de la guerre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L’appel aux femmes françaises

Beaucoup d’hommes étant partis à la guerre les femmes vont petit à petit prendre leur place, d’abord dans les puis plus tard dans les entreprises. En pleine période de moisson, René Viviani (1863/1925), président du Conseil depuis le 13 juin 1914 , dans un discours du 6 aout 1914 repris et placardé par voie d’affiche dans toutes les communes il exhorte les femmes à remplacer les hommes dans les champs. Il joue sur le parallèle avec ceux qui sont sur le champ de bataille et sur la fibre patriotique des femmes françaises.

« Aux Femmes françaises

La guerre a été déchaînée par l’Allemagne malgré les efforts de la France, de la Russie et de l’Angleterre pour maintenir la paix. A l’appel de la Patrie, vos frères, vos fils et vos maris se sont levés et demain ils auront relevé le défi. Le départ pour l’armée de tous ceux qui peuvent porter des armes laisse les travaux des champs interrompus. La moisson est inachevée, le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la Nation tout entière groupée derrière lui je fais appel à vos vaillances, à celles des enfants que leur âge seul et non leur courage dérobe au combat.
Je vous demande de maintenir l’activité des campagnes, de terminer les récoltes de l’année et de préparer celle de l’année prochaine.
Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. Ce n’est pas pour vous, c’est pour Elle que je m’adresse à votre cœur.
Il faut sauvegarder votre subsistance, l’approvisionnement des populations urbaines et surtout l’approvisionnement de ceux qui défendent à la frontière, avec l’indépendance du pays, la Civilisation et le Droit.
Debout donc femmes françaises, jeunes filles et fils de la Patrie !
Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille.
Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés !
Il n’y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l’action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde.
Vive la République! Vive la France !
Pour le Gouvernement de la République : le Président du Conseil des Ministres

René VIVIANI »

Viviani-Femmes-Francaises

René Viviani est né en Algérie et devint avocat. Militant socialiste il fut élu député de la Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1910, de la Creuse de 1910 à 1922 puis sénateur de la Creuse en 1922. Il est cofondateur du journal L’Humanité avec Jean Jaurès. Il a été ministre du Travail (1906-1910), ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts (1913-1914) et ministre de la justice de 1915 à 1917. Un ouvrage lui a été consacré par Jean-Marc Valentin, « René Viviani, 1863-1925. Un orateur, du silence à l’oubli » Rencontre des Historiens du Limousin, Presses universitaires de Limoges, 2013.

Louis Nouhaud, député de la Haute Vienne

Louis Nouhaud est né le 20 février 1855 à Nexon et décédé à l’âge de 67 ans, le 17 octobre 1922 à Nexon.

Louis Nouhaud (

Louis Nouhaud (1855-1922)

Pharmacien à Nexon il devient conseiller général du canton puis le 8 mai 1910, au second tour il est élu député dans la circonscription de Saint-Yrieix. Il remplace alors Boutard qui avait retiré sa candidature après le premier tour.

Défenseur des idées républicaines il préconise l’élection des sénateurs au suffrage universel, la réduction de l’armée et de la marine, la diminution des droits de succession et l’établissement des retraites ouvrières.

Il fut réélu en 1914, également au second tour, face à Marcel Roux. Il se fit le partisan du scrutin d’arrondissement.

Lors de son premier mandat, il déposa plusieurs propositions de loi. L’une portait sur la création d’une distinction « l’Emulation agricole », une autre sur l’ouverture d’un crédit extraordinaire pour venir en aide aux cultivateurs du plateau central dont les troupeaux de moutons avaient été décimés par la cachexie aqueuse, ou pour la régularisation de la situation des membres de l’enseignement supérieur et secondaire publics ayant séjourné dans des établissements d’enseignement à l’étranger. Lors de son deuxième mandat, il déposa de nouvelles propositions pour la rééducation professionnelle agricole des blessés et mutilés de la guerre, pour l’institution d’une allocation spéciale en faveur des mobilisés sans foyer, sans famille et sans ressources le jour de leur libération à la cessation des hostilités, pour apporter plus de méthode dans l’attribution des permissions agricoles de façon à les rendre plus fécondes dans le résultat.

Aux élections du 16 novembre 1919, faites au scrutin de liste, alors qu’il menait la liste d’union républicaine il obtint 45, 3% des voix et fut battu par la liste socialiste.