Une histoire illustrée de nexon
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  • Création de la Société pour le développement de L’Instruction Primaire dans la Haute-Vienne

Le 14 décembre 1865, M. Boby de La Chapelle, Préfet de la Haute-Vienne adresse à tous les maires du département « un exemplaire des statuts d’une société qui vient de se constituer à Limoges, sous le patronage de son Exc. Le Ministre de l’instruction publique, pour le développement de l’instruction primaire. »

Il ajoute « Aux termes de ces statuts, vous êtes appelé à faire partie de la commission cantonale ; je vous prie d’accepter ces fonctions…

Je vous prie d’user de toute votre influence pour provoquer de nombreuses adhésions, soit à titre de donateurs, de fondateurs ou de membres associés. Toutes les personnes notables du département doivent tenir à honneur de figurer sur nos listes ».

 

  • La mise en place de la Société dans le canton de Nexon

Les statuts de la Société ont été adoptés le 2 décembre 1865 à la Préfecture de Limoges.

Le 22 décembre le Sous-Préfet de Saint Yrieix écrivait au Maire de Nexon en insistant sur la nécessité de « provoquer les souscriptions des fondateurs ou associés ». Le Sous-Préfet précise qu’il se fera « un devoir de présider le plus souvent possible les réunions trimestrielles des commissions cantonales et joindre mes efforts personnels aux vôtres. »

 

La commission du canton de Nexon est ainsi composée : Monsieur le maire de Nexon ; MM. le baron de Nexon, conseiller général ; de Luret de Feix, conseiller d’arrondissement ; Bessoule notaire, conseiller, maire de la Meyze ; le curé doyen ; le juge de paix, Muret de Bort, propriétaire, délégué cantonal ; l’instituteur public.

  • Bilan de l’année 1865-1866

La Commission départementale se réunit le 2 janvier 1866 sous la présidence de M. le Préfet. On note la présence du baron de Nexon en sa qualité de membre du Conseil général. Le préfet se félicite du nombre d’adultes qui fréquentent l’école le soir. Parfois le nombre d’adultes au cours du soir dépasse le nombre des enfants pendant la journée. On attribue ce résultat à la difficulté pour les agriculteurs de se priver de leurs enfants pendant le jour pour les travaux de la campagne.

le Préfet propose d’établir un concours dans chaque canton entre les meilleurs élèves de chaque école de garçons, au mois de juillet ; les vainqueurs se retrouveraient pour le prix d’arrondissement puis les primés de chaque arrondissement concourraient pour le prix départemental. Pour les cours d’adulte, M. le Préfet propose de décider qu’une somme de 50 fr. sera donnée, à titre d’encouragement, à l’instituteur le plus méritant de chaque canton et ayant le plus grand nombre d’élèves ;

Il est intéressant de noter qu’un membre demande que le nombre des élèves ne soit pas considéré comme le principal titre d’un instituteur aux yeux de la Commission; il fait remarquer qu’il arrive souvent qu’un instituteur, malgré tout son zèle, ne peut réunir qu’un petit nombre d’élèves, soit que les villages de la commune soient plus rapprochés d’une autre école, soit pour toute autre raison indépendante de lui; que le mérite d’un instituteur est, avant tout, de faire de bons élèves , de s`occuper activement des enfants qui fréquentent son école, et de mériter la confiance des parents et l’estime de ceux qui l’entourent. C’est une remarque judicieuse pour nous rappeler que la politique du nombre n’est toujours la meilleure !

La commission arrête la somme de 50 francs par canton pour récompenser l’instituteur qui aura obtenu les meilleurs résultats pour les cours d’adultes et que des médailles d’argent et de bronze seront distribuées aux instituteurs dont les cours d’adulte se seront distingués par des résultats exceptionnels.

Le 9 janvier 1866, le Vicomte Marc de La Guéronnière, secrétaire général de la Société, informe le Président de la commission cantonale de ces décisions et demande que les propositions lui soient adressées dans le courant du mois de mars.

La commission communale adopte les propositions suivantes :

  • La somme de 50 francs à M. Besse, instituteur à Nexon
  • Une médaille d’argent pour M. Roche de saint Priest
  • Une médaille de bronze pour M. Fournier de Meilhac
  • Une médaille de bronze pour M. Colin de La Meyze
  • Une médaille de bronze pour M. Florentin de Nexon
  • Une médaille de bronze pour M. Laporte de Laroche.

Le tableau suivant avait été établi pour obtenir ce classement :

Nexon……………….. : 2445 habitants – M. Besse 58 adultes

– Ecole religieuse 48 adultes

Laroche………………. : 1384 habitants – 17 adultes

La Meyze ……………. : 1262 habitants  – 22 adultes

Saint Priest Ligoure : 1236 habitants – 16 adultes

Saint Hilaire …………. : 919 habitants – 9 adultes

Janailhac……………… : 916 habitants 23 adultes

Meilhac ………………… : 680 habitants – 52 adultes

Rilhac……………………….  Absent

 

 

« Le 30 août 1866, a eu lieu, à Limoges, la séance annuelle de la Société pour le développement de l’instruction primaire dans la Haute-Vienne. On y remarquait M. le vicomte de la Guéronnière, sénateur, président d’honneur ; M. le préfet de la Haute-Vienne, président ; MM. Calley de Saint-Paul et Noualhier, députés du département, vice-présidents ; M. Bonnin, inspecteur d’académie à Limoges ; plusieurs membres du Conseil général, M. Malevergne, président de chambre, etc. etc.

  1. le vicomte de la Guéronnière, après avoir rappelé qu’aux termes des statuts, le secrétaire général et le trésorier doivent présenter, dans cette séance annuelle, un rapport et un compte rendu des opérations de la société, a donné la parole à M. Guille¬ mot, secrétaire adjoint, chargé du rapport.
  2. de la Guéronnière a prononcé ensuite l’allocution suivante :

« Messieurs, je crois être votre interprète à tous en remerciant M. le secrétaire général adjoint du rapport remarquable qu’il vient de présenter, et dans lequel les idées les plus justes, les renseignements les plus intéressants sont rehaussés par toutes les délicatesses du goût littéraire le plus pur. Cette lecture laissera dans vos esprits une impression complète de satisfaction et de confiance pour l’avenir de l’institution fondée par M. le préfet de la Haute-Vienne, avec le précieux concours de M. Eugène Rendu et la haute approbation de l’éminent Ministre de l’instruction publique.

« En effet, Messieurs, une œuvre qui répond à de si vrais intérêts ; qui, dès son début, a obtenu l’adhésion des hommes les plus considérables du pays ; qui compte à sa tête les deux honorables députés du département, les représentants les plus élevés de l’administration, de la magistrature, du clergé, de l’Université, le Conseil général tout entier, une telle œuvre ne pouvait que réussir. Son but seul garantissait son succès.

« M. le rapporteur vient de vous le dire, un auguste patronage qui ne fait jamais défaut à aucun intérêt légitime est venu consacrer nos efforts. L’Empereur a voulu être l’un des fondateurs de notre société pour le développement de l’instruction du peuple, et c’est avec bonheur que j’ai transmis à M. le trésorier l’importante souscription qu’il avait daigné m’adresser.

L’Empereur, Messieurs, est avec tous ceux qui luttent contre la misère et l’ignorance, et qui travaillent au progrès moral et matériel de nos populations. C’est pourquoi il est avec nous.

« Poursuivons notre tâche : elle est noble et sainte. Il y a beaucoup à faire dans ce pays, plus que dans tout autre, et c’est avec une réelle tristesse que je constatais hier, dans une délibération du Conseil général, que le tiers des enfants de notre département ne reçoivent aucune instruction. C’est le capital de l’intelligence et de la moralité qui se trouve diminué d’un tiers !

« L’Administration, les députés, le Conseil général, tous les pouvoirs publics, tous les hommes dévoués rivaliseront pour améliorer cet état de choses. Quant à notre Société, créée pour donner l’élan du bien et pour relier tous ces généreux efforts, elle remplira sa mission, et elle peut compter sur l’appui du Gouvernement comme sur la reconnaissance du pays. »

 

Enfin, M. Petiniaud-Dubost, trésorier, a présenté le compte rendu des opérations et a constaté l’état florissant des finances de la Société.

Ses recettes se sont élevées à 7 744 fr. 40c

Et ses dépenses à …………………5 692 fr. 00c

Restent donc en caisse …………2 0552 F 40C, auxquels il convient d’ajouter 1,200 fr. environ, représentant des souscriptions dont le versement n’est pas encore effectué. »

Lors de la séance départementale du 16 avril 1867 il n’est pas référence à la commission du canton de Nexon. Lors de cette réunion la commission adopte un vœu relatif au rétablissement d’une Ecole normale dans la Haute-Vienne. Il est également décidé que le prix de 50 francs sera réduit à 40 francs en argent, plus une médaille d’environ 10 francs au motif que l’argent est dépensé tandis que la médaille reste. Nous sommes loin de la société de consommation !

  • Bilan 1866 -1867

Le 9 aout 1867 le Préfet adresse aux maires un courrier dans lequel il écrit : « Je désire que ces diverses récompenses soient remises à ceux qui les ont obtenues, le 15 aout courant, jour de la fête de l’Empereur, en présence des élèves des écoles de votre commune…Les discours prononcés devront m’être adressés et pourront être reproduits dans le journal du département… »

  • Bilan 1867-1868

La société a décidé d’organiser un concours entre les élèves des écoles de chaque canton. Chaque instituteur public fera concourir ses meilleurs élèves qu’il désignera lui-même dans la proportion d’un sur dix ;

Les compositions eurent lieu le lundi 3 aout dans la salle de l’école publique de Nexon de neuf heures à midi réunissant les élèves des communes de Nexon, Meilhac, Rilhac Lastours et Saint Hilaire Lastours. Les élèves ont été surveillés par MM. Le Curé et le Juge de Paix de Nexon.

Dans de nombreuses communes de France, jusqu’au début de la Troisième république, les écoles primaires sont dirigées par des congrégations religieuses car, surtout dans les campagnes, les communes n’ont pas les moyens de construire des écoles. Nexon n’échappe pas, en partie, à cette règle : il y avait à Nexon deux écoles dirigées par des religieux, l’une pour les filles, l’autre pour les garçons mais pour eux il y avait aussi l’école communale. L’école des filles dépendait des Sœurs de l’enfant Jésus, congrégation née au Puy au XVIIe siècle. Celle des garçons dépendait des Frères du Sacré Cœur, congrégation fondée à Lyon en 1827 par le Père André Coindre.

  • L’école de garçon et le pensionnat des Frères du Sacré Cœur, créée en 1834.

L’école de garçon, comme celle des filles, a été créée par la volonté du baron Astolphe de Nexon qui en a mis à disposition le terrain et apporté un financement. On trouve indistinctement le nom de « Frères du sacré cœur » ou « des Frères du Paradis ». Il s’agit de la même congrégation, le nom de Paradis venant de ce que le Frère Polycarpe, considéré comme le second fondateur des Frères du sacré cœur a fait acheter à sa congrégation une propriété importante à Espaly, près du Puy en Velay, au lieu-dit Paradis. Cette propriété est devenue la maison mère de la congrégation que l’on appelle parfois du nom de ce lieu-dit, symbolique pour les catholiques.

On connait le fonctionnement de l’école par la nécrologie du Frère Florentin, son directeur, publiée dans « Le Courrier du Centre » du 23 avril 1890.

« Le 17 avril dernier, on a célébré dans l’église paroissiale de Nexon les obsèques de M. Robert, en religion Frère Florentin, directeur de l’école libre et du pensionnat des Frères de Nexon.

Le vaste édifice pouvait à peine contenir les nombreuses personnes venues pour rendre hommage à cet homme de bien, aimé et respecté de tous.

Né dans la Haute-Loire, d’une nombreuse famille chrétienne, dont plusieurs membres appartenaient déjà à l’enseignement congréganiste ou au clergé, M. Robert, de l’ordre des Frères du Paradis, près-le Puy, vint à Nexon en 1834.

C’est à cette époque que M. le baron de Nexon, voulant assurer aux enfants de la commune une instruction éclairée, en même temps qu’une éducation forte et religieuse, avait fondé l’école libre congréganiste de Nexon et en avait assuré la dotation. Déjà, sous ses auspices, les sœurs de l’Enfant Jésus avaient établi leur école de filles, toujours encore florissante. Celle des garçons s’ouvrit à son tour et était confiée aux Frères de l’ordre du Paradis.

En même temps que son généreux fondateur, Mme la marquise de Livron, sa sœur assurait la charge de son entretien. Le vénérable curé Pradeau leur apportait tout d’abord le concours de son zèle et plus tard contribuait lui-même de ses libéralités au développement de l’œuvre.

Le Frère Florentin, nommé directeur de l’établissement, devait conserver les fonctions pendant plus de 33 ans. Il avait vu naitre son école, il l’a vue grandir et prospérer. Il a vu le vaste local occupé par lui devenir bientôt insuffisant. Soutenu par la générosité de ses bienfaiteurs, apportant lui-même son zèle et quelquefois son obole, il a été l’architecte, le constructeur et le directeur du magnifique établissement élevé à l’entrée du bourg, que MM. De Nexon mettent à la disposition de l’institut des Frères pour recevoir leurs élèves et leurs pensionnaires.

Comment retracer l’histoire de ces trente années consacrées par le Frère Florentin à l’instruction des enfants de Nexon ? Y a-t-il plus noble mission que celle de l’éducation quand on sait la remplir comme il l’a fait ? Former les jeunes intelligences, les éclairer par la science, faire do ces enfants des adolescents respectueux de leurs parents, des hommes aimant leur pays, et avant tout des chrétiens soumis à Dieu, voilà la lâche que le Frère Florentin devait assurer et mener à bonne fin. Ses méthodes étaient si excellentes, son instruction si solide, ses explications si nettes et si claires, qu’on saisissait à l’instant toutes ses leçons. Rapides étaient les progrès de ses élèves, et grand nombre d’entre eux, après avoir reçu de lui les bienfaits de l’instruction élémentaire, ont été surpris de la facilité avec laquelle ils ont poursuivi leurs études de l’enseignement secondaire, spécial ou supérieur, tant il est vrai que les assises solides permettent toujours d’élever un édifice de plus en plus haut.

Que dirais-je de son zèle pour ses élèves ? La note dominante de son caractère était une patience et une bonté évangéliques. C’était merveille que de voir de tout petits enfants captivés en quelques heures par cet homme à la stature athlétique, doué, par contraste, d’un caractère aimable, doux, patient et charitable.

Son humeur était toujours égale, sa gaieté inaltérable. Aussi qui- ne connaissait à Nexon cette figure ouverte et souriante, ce regard franc, rayonnant et bienveillant ?

Il avait élevé la majeure partie des hommes arrivés aujourd’hui à l’Age mûr. Il recevait à tour de rôle leurs enfants, et s’il était le maître de ceux-ci, il était resté l’ami souvent et le conseiller de ceux-là.

Aussi est-ce avec une profonde douleur qu’on apprenait tout à coup la mort du cher Frère ! Elle est venue inopinée, subite, et l’a frappé dans l’exercice de ses fonctions au moment où il reprenait mardi son cours de la veille. Terrassé par une apoplexie foudroyante, il est mort, comme un soldat, sur le champ de bataille, à son poste d’honneur.

Il n’est pas étonnant qu’un tel homme ait laissé de profonds regrets. Mais, spectacle touchant, ce n’est pas sans émotion que nous avons vu des hommes de tous les partis venir en foule à ses obsèques, déposer des couronnes et des fleurs sur sa tombe et déplorer tout haut sa fin prématurée, car elle montre encore vivace à Nexon un grand et noble sentiment : celui de la reconnaissance.

Le cher Frère Florentin était vraiment populaire, et en voyant ses funérailles, nous nous rappelions celles de notre vieux curé Pradaud, apôtre pendant cinquante ans de la paroisse, qui avait été son guide et son modèle.

Tous deux reposent aujourd’hui en paix, l’un près de l’autre, au milieu du cimetière de Nexon. Ils ont également < passé > en faisant le bien. Tous deux ont trouvé dans l’estime de leurs concitoyens une récompense qu’ils ne cherchaient point.

Mais tous deux n’ont été si grands dans leur simplicité que parce qu’ils ambitionnaient une couronne plus grande qui ne leur a pas été refusée : celle que Dieu accorde à ses bons serviteurs.

Après avoir fait l’éloge des qualités personnelles du défunt et sans les vouloir diminuer, reportons sur ses collaborateurs et sur l’ordre des Frères tout entier, une partie des éloges que nous lui avons adressés. Ses méthodes étaient celles que l’institut a partout adoptées, la direction de son établissement, celle qui émane du directeur général, et son esprit religieux celui qui anime partout ces hommes de talent et de dévouement inspirés par l’amour de Dieu.

La tradition fait la force. Dans l’ancienne monarchie, le héraut chargé d’annoncer la mort du roi, criait à la cour : « Le roi est mort, vive le roi ! » Nous sommes tentés de nous écrier : « Notre frère Florentin est mort, vivent les Frères ! » Entre les mains de l’ordre l’école libre de Nexon ne périclitera pas.

L’esprit qui anime tous les Frères est le même, les mêmes bienfaiteurs sont toujours debout, ou représentés par leurs fils ; un nouveau directeur reprendra l’œuvre à peine Interrompue quelques jours, et les nombreux enfants qui fréquentent l’école, les nombreux pensionnaires qu’elle abrite, sont toujours sûrs de trouver les mêmes soins, la même sollicitude, la même instruction et les grands enseignements qu’ils ont reçus dans le passe. »  (Le Courrier du Centre, 23 avril 1890)

  • L’école n’est pas obligatoire et il y a souvent des absents…

Chaque mois le Frère Florentin adresse au Maire de Nexon la liste des élèves absents au cour du mois. Si un certain nombre d’entre eux sont absents à cause de maladies un certain nombre d’entre eux l’est pour aider leurs parents. On note ainsi qu’en octobre 1883, Emile Lelong a été retenu pendant 4 jours pour garder les brebis, que Jean Valette et baptiste Brousseau ont été occupés aux champs pendant 3 jours … Il est souvent indiqué « retenu par les parents » et on trouve même « retenu par Mr le curé ». D’un mois à l’autre ce sont souvent les mêmes qui sont retenus par les parents.

Pour le mois d’octobre 1883, 12 élèves absents totalisent 36 jours d’absence dont 19 (50%) retenus par les parents ou occupés aux champs. Jean Estier a été absent 8 jours pour maladie, Emile Lelong et Louis Trébuchère ont été retenus chacun 4 jours par leurs parents.

Pour le mois de novembre 1883, 19 élèves ont été absent cumulant 82 journées d’absence dont 19 jours retenus par les parents et 3 par Mr le curé. Louis Trébuchère a été absent pendant 10 jours pour un « mal aux yeux », Jacques Téliot a été retenu 8 jours par ses parents et Emile Lelong pendant 6 jours. Pendant 7 jours, Jean Grospas est absent à cause du mauvais temps.

Au mois de janvier 1884 10 élèves sont absents pour 69 jours, dont 24 journées ou les élèves sont retenus par les parents et 3 par le curé. Emile Lelong a été une nouvelle fois retenu pendant 9 jours et Jean Déliat pendant 15 jours.

Nous ne connaissons pas les professions des parents, sans doute des agriculteurs, mais en étant régulièrement absents ces enfants ne devaient pas avoir de très bons résultats scolaires.

  • La laïcisation des écoles

Avec la troisième république l’école va profondément se modifier. Elle deviendra obligatoire et gratuite et les enseignants seront formés et diplômés par des institutions publiques. Ces évolutions ne vont pas bouleverser l’école de garçons à la différence de ce qui va se passer pour l’école de filles. En effet il existe à Nexon une école communale de garçons, distincte de l’école religieuse alors que pour les filles il n’y avait que l’école religieuse.

Toutefois, en vertu des différentes lois votées depuis 1901, il faut que les écoles liées aux congrégations religieuses soient autorisées.

Le 22 novembre 1901, le préfet de la Haute Vienne demande au Conseil municipal un avis sur la demande formulée par la Congrégation des frères du Sacré Cœur d’ouvrir son établissement à Nexon. Le 3 décembre le préfet adresse un télégramme au maire de Nexon pour lui demander la date à laquelle il a convoqué son conseil pour délibérer sur cette demande.

La Congrégation des Frères du Sacré Cœur ayant été dissoute par un jugement du tribunal du Puy en date du 3 avril 1903, un administrateur judiciaire, Monsieur Henri Lecouturier, signe un bail avec Monsieur Thomas, maire de Nexon par lequel la commune prend l’immeuble avec ses dépendances et les meubles contre paiement d’un loyer annuel de 800 francs payable à l’administrateur. Le bail prévoit que celui-ci serait résolu si la revendication du baron de Nexon ( doté du titre de marquis dans le bail !) sur la propriété de ce bien était reconnue par un tribunal.

Bail signé le 22 janvier 1904 à Nexon et le 26 février à Paris, approuvé par le Préfet le 15 mars 1904

L’état des lieux qui a été effectué par M. Henri Couturier, architecte-expert à Limoges, les 19 et 21 janvier 1904 décrit les bâtiments :  »

L’établissement en question se compose d’un corps principal et de deux ailes formant avant corps. Il est construit en moellons ordinaires. Les angles et encadrements des ouvertures sont en pierre granitique du pays. La couverture est en tuiles mécaniques façon Montchanin.

Le Rez de chaussée comprend dans la partie centrale un couloir à l’entrée avec escalier dans le fond, un couloir longitudinal allant à l’aile droite. Une petite salle à manger et un cabinet de réception à droite du couloir d’entrée et sur façade principale. Un office et une cuisine sur la façade postérieure.

Dans la partie gauche, une classe sur la façade postérieure et un réfectoire sur la façade principale.

Au rez de chaussée, l’aile droite forme 3 classes et l’aile de gauche forme un grand préau. »

Le  plan de masse qui figure dans le document permet de comprendre la disposition des pièces :

L’établissement des Frères du Sacré Cœur de Paradis en 1904

L’état des lieux décrit un bâtiment mal entretenu :

 » Couloir d’entrée – La peinture extérieure de la porte d’entrée est complètement enlevée…Le plafond est très fumé…les peintures sont très  défraichies. Le plancher est en mauvais état.

Petite salle à manger – Le contrevent est en très mauvais état…Le plafond est fendu en plusieurs endroits et fumé…Les papiers et peintures sont très défraichis. Le parquet est en mauvais état.

Grand Réfectoire – Les contrevents sont en très mauvais état…Les enduits sont dégradés et soufflés en plusieurs parties…Le plancher est troué en plusieurs endroits. Les peintures sont très défraichies.

Aile de droite – 1ère classe sur façade…La porte à 2 battants est en mauvais état. La plinthe extérieure est complètement pourrie…La poignée est cassée. 2 ouvertures croisées sans contrevents…Il n’y a pas de plafond. Les peintures sont très défraichies. Parquet en très mauvais état, percé en plusieurs endroits…La porte de communication entre les deux classes avec petit bec de cane a six carreaux cassés. Classe du milieu – 1 ouverture croisée en très mauvais état. Il n’y a pas de contrevent. Il n’y a pas de plafond. Mêmes observations pour tout le reste… 3e classe sur cour – deux croisées sans contrevents sont en très mauvais état… Il n’y a pas de plafond. Mêmes observations pour tout le reste…

1er Etage

La partie centrale forme cinq chambres sur la façade principale. Un grand lavabo et la chapelle sur la façade postérieure. L’aile droite forme un grand dortoir. L’aile de gauche forme un grand débarras.

1ère chambre sur le devant – Chambre à donner. Une ouverture. Contrevent persienne en très mauvais état comme menuiserie…deux carreaux sont cassés. Cette croisée ne ferme pas très bien. La crémone ne fonctionne pas… Une cheminée avec devant briqueté et un trou pour le poêle. Le foyer est dégradé. Le plafond est soufflé et fendu et inondé par les gouttières de la toiture. Le papier est très défraichi et décollé en partie. La porte intérieure n’a pas de peinture. Le plancher est en assez bon état.

2e chambre à la suite – Le contrevent de l’ouverture est en très mauvais état…Le plafond est soufflé, fendu et totalement détérioré par les gouttières…

Lavabo sur façade postérieure- deux ouvertures extérieures croisées sans contrevents, à l’une la crémone ne fonctionne pas. Le plafond est en fort mauvais état et prêt à tomber…Le plancher est en mauvais état…Il existe dans le milieu de cette pièce un lavabo formant table avec revêtement en zinc et douze petits robinets en cuivre. Le tout en mauvais état…

Aile droite.

Grand dortoir – Quatre ouvertures croisées avec contrevents intérieurs…le plafond est fendu en plusieurs endroits et percé au-dessus de la porte sur couloir par les gouttières de la toiture…

Aile de gauche

Grand débarras – quatre ouvertures croisées extérieures sans contrevents sont en mauvais état comme menuiserie. Trois ouvertures sont complètement à refaire. En tout onze carreaux sont cassés…Le plafond et les enduits sont en très mauvais état et dégradés et soufflés en partie. Le plancher est troué en plusieurs endroits et gondolé…

La couverture en tuiles mécaniques est en mauvais état, des tuiles sont cassées et auraient besoin d’être remplacées.

Les murs de clôture en façade sur la route et le mur du côté du couvent, école libre sont en bon état… »

L’état des lieux précise que « Les toitures de tous les bâtiments vont être resuivies, les carreaux des ouvertures extérieures remplacés. Les menuiseries extérieures ajustées et les serrures et ferrements divers des portes extérieures réparés par les oins de Mr Rousseau Jules entrepreneur à Nexon moyennant la somme de cent cinquante-neuf francs quatre-vingt-onze centimes. Ces réparations seront payées par le bailleur »

Dernière page de l’état des lieux .

  • De l’école congréganiste à l’école libre…

Le 7 juin 1906, Jean-François Colomb fait part au maire de Nexon de son intention d’ouvrir une école privée primaire avec pensionnat dans les locaux situés aux Garennes appartenant à M. le baron de Nexon, précédemment occupés par l’école communale de garçons.

Assez régulièrement dans la presse on trouve une annonce pour le recrutement d’un instituteur. Ainsi le 15 juillet 1922 on pouvait lire dans les Petites annonces : « Institution du Sacré-Cœur à Nexon (Haute-Vienne), demande adjoint breveté, bonnes références, traitement avantageux. S’adresser au curé doyen de Nexon »

Pendant la première guerre mondiale le bâtiment a été affecté à des unités militaires stationnant à Nexon. Sur cette carte postale on voit des soldats laver du linge dans la pièce d’eau et on constate que les fenêtres n’ont pas de contrevents. Certains sont dans la cour de l’école et d’autres dans le petit près. Les soldats appartiennent au  68e régiment d’artillerie à pied (R.A.P.).  Les mécaniciens et les chauffeurs des locomotives militaires appartenaient au 68e et au 69e R.A.P. de même que les personnels chargés de construire le réseau ferré utilisé par l’artillerie au front. Les soldats de la 15e batterie ici à Nexon devaient travailler sur le matériel stocké à la gare de Nexon.

L’école affectée aux militaires. Carte postée le 19 juillet 1918

  • Une réunion des anciens élèves en 1933.

A l’initiative de Louis Mouret, ancien militaire et catholique fervent et du curé Paul Latzarus une réunion des anciens a été organisée au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés, nous permettant d’en connaitre un peu sur cette école. Le directeur en poste, M. Bachellerie était présent. Le compte rendu de cette première réunion de l’Amicale des Anciens Elèves de l’école libre de garçons de Nexon a eu lieu le 16 juillet 1933. Voici le compte rendu publié dans le numéro d’aout 1933 de l’Echo religieux de Nexon, Entre Nous.

« Le Dimanche, 16 Juillet, les anciens élèves de l’école libre de garçons de Nexon, convoqués par l’heureuse initiative de quelques-uns d’entre eux, se réunissaient pour un banquet amical.

Dès onze heures, plusieurs se trouvaient au café moderne, et, à midi, heure fixée, c’était plus de soixante, certains venus de Paris, Limoges et Périgueux, qui, après, avoir répondu à l’appel reçu, se groupaient autour des tables, gracieusement ornées en leur honneur par les soins de Me Gibeau, et se régalaient du menu préparé avec un soin non moindre.

Il serait difficile de décrire l’entrain des conversations et la gaieté du repas. Les échos de la salle résonnent encore des rires et des propos qui furent échangés.

Au dessert, naturellement, ce furent les discours : Successivement, M.M. Delaty et Mouret, au nom des anciens élèves de l’école, M. Bachellerie, directeur de l’école ; Monsieur Georges de Nexon, président du Comité de Patronage ; Mr. L’abbé Latzarus, curé-doyen de Nexon, prirent la parole évoquant le passé et montrant les possibilités de l’avenir et les raisons qui dictaient leur action et leurs espoirs.

Après quelques chansons, ce n’est qu’à quatre heures qu’on se décida â se séparer pour se retrouver encore sur les prés de la Seyne, où Mr. Raoul Delaty, ancien élève et notre fin pilote, fit le plaisir â ses camarades de venir se poser après quelques évolutions au-dessus de Nexon.

A l’issue du Banquet, on “forma une association d’anciens à laquelle sont conviés à s’inscrire les anciens qui n’ont pu assister à la réunion. Le Docteur Frugier, qui en fut nommé président, par quelques mots plein de cordialité et de sagesse remercia en précisant encore l’action des écoles libres et en assurant ses camarades de tout le dévouement dont il serait capable. On applaudit comme il convenait à cette improvisation si pleine de cœur qu’il est malheureusement impossible de reproduire in extenso.

On promit de recommencer et de se retrouver plus nombreux encore l’an prochain à une époque plus favorable pour les agriculteurs, retenus en cette saison par les travaux des champs.

Voici la constitution du Bureau :

Président d’honneur : Mr. le Curé-Doyen

Mr. Bachellerie Directeur.

Président :                          Le Docteur Frugier

Vice-Présidents :              Antonin Delaty, Mr. Papel

Trésorier :                           Eugène Lelong.

Secrétaires :                       Louis Mouret, Albert Fouillaud.

Conseillers :                       Mr. Baptiste Lelong, Jérémie Jourde, Albert Adam, Pierre Chatard, Pierre Delhoménie, Jean Sanciaud, Henri Papel, René Delaty, Marcel Morello. »

En parcourant les autres discours on trouve la liste des anciens directeurs et enseignants : MM. Florentin, Ulrich, Colomb et Bachellerie.

Les bâtiments du couvent ont été vendus à Monsieur Bitaud. Il  y a transféré son commerce de quincaillerie et l’école des filles est passée dans l’ancienne école du Sacré Coeur comme on le voit sur cette carte postale:

Les élèves sont peux nombreux. Si l’on compare le nombre des enfants inscrits au catéchisme en octobre 1932 on compte 3 garçons et 4 filles en première année, 6 garçons et 7 filles en deuxième année. Comme tous les élèves de l’école libre doivent suivre la catéchisme on peut en déduire que les effectifs de l’école sont égaux à ceux du catéchisme.

  • L’école de filles des sœurs de l’enfant Jésus.

On trouve la trace de la demande de création d’une école religieuse, sans doute pour les filles puisque l’école de garçon existe, dans une lettre du Frère Louis-Marie de l’Institution des Frères Maristes à Notre Dame de l’Hermitage de Saint Chamond. Le 17 aout 1854 il écrit à Madame de Livron, née de Nexon, à Nexon. Sa lettre est une réponse à sa demande de créer un établissement à Nexon. Voici sa réponse :

« Madame,

En réponse à votre honorée lettre du 8 de ce mois, je vous adresse le prospectus de nos conditions pour un établissement. Je vous les donne pour trois frères (le traitement est de 1.500 fr.), car nous ne pourrions pas consentir à commencer par deux seulement à une si grande distance de la Maison-Mère.

Vous verrez aussi par les dimensions des salles pour les classes et par l’énumération des pièces nécessaires au logement des frères que le local que vous avez en vue ne pourrait pas convenir.

Vu ces difficultés je suspendrai l’inscription de votre demande jusqu’à ce que vous m’ayez écrit. Dans tous les cas, il nous serait impossible, faute d’un nombre suffisant de sujets, de faire votre établissement cette année, ni même l’année prochaine ; à moins, pour 1855, qu’il ne se présente dans de bonnes conditions et que la Providence nous ménage quelques ressources plus qu’ordinaires. Nous sommes bien décidés à faire toujours tout ce qui dépendra de nous pour répondre à vos pieux désires.

Veuillez agréer, etc. …

  1. Louis-Marie.

ND Hermitage »

L’école de filles se tenait dans le bâtiment appelé « l’ancien couvent ». Le bâtiment de l’école des garçons et celui de l’école de filles se touchent. Ils sont séparés de la rue par un long mur de pierre tel qu’on le voit sur la carte postale ci dessous. Les personnes sur la rue viennent de la gare et se dirigent vers le bourg.

A droite , au premier plan l’école de filles, au fond l’école de garçon.

Je n’ai pas encore trouvé la date précise d’ouverture de l’école de filles à Nexon. La certitude c’est qu’il s’agissait d’une école congrégationiste car il n’y avait pas d’école communale pour les filles. La Troisième république va faire changer cette situation en incitant les communes à construire des écoles. La loi du 1 juin 1878 contraint la commune de devenir propriétaire de l’immeuble où s’organise une école publique et crée une Caisse pour la construction des écoles chargée « de délivrer aux communes les subventions qui leur auront été accordées » (article 7).

Le poids de l’Etat va encore s’accroitre avec la nomination de Jules Ferry à la tête du ministère de l’Instruction Publique le 4 février 1879. Les plus connues des lois qu’il a défendu au Parlement sont celles sur la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques (loi du 16 juin 1881) et celle relative à l’obligation, pour les enfants des deux sexes, de fréquenter l’école de 6 à 13 ans (loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire).

Il n’est alors pas étonnant de trouver des courriers des représentants de l’Etat pour inciter les maires à faire construire une école.

Ainsi le 24 février 1882 le sous-préfet de Saint Yrieix écrit au maire de Nexon pour lui demander de construire une école communale de filles. En effet l’école de filles est logée dans le bâtiment d’une congrégation religieuse. Celle-ci a accepté de s’installer à Nexon à la condition que des membres de cet ordre soient nommées institutrices communales. Le sous-préfet insiste sur la nécessité pour la commune d’être propriétaire de son école car la congrégation pourrait du jour au lendemain priver la commune d’école publique en lui retirant l’usage de ses locaux. La commune ne pourrait sans doute pas trouver rapidement un autre bâtiment. Mais la construction par la commune est nécessaire pour un autre motif, il faut « que l’autorité préfectorale et l’autorité universitaire aient sur le personnel et l’enseignement l’action et le pouvoir que la loi leur a attribuées. »

Le 27 août 1882, le sous-préfet refuse la création d’un poste pour une seconde institutrice pour l’école de filles en arguant d’une superficie insuffisante pour deux classes et surtout parce que « la création d’un poste d’adjointe, serait donner … une sanction officielle à une situation évidemment défectueuse ». Le sous-préfet termine en rappelant « une nouvelle fois de plus, la nécessité de construire une école de filles ».

Le 25 septembre 1883, l’Inspecteur d’académie de la Haute-Vienne écrit au préfet du département pour lui demander d’inviter la commune de Nexon à construire une école de garçons et ensuite d’affecter le bâtiment occupé actuellement par les garçons à l’école de filles. Dans son courrier l’Inspecteur d’académie rappelle que la commune de Nexon compte 526 enfants d’âge scolaire, 269 garçons et 257 filles, et qu’elle ne possède qu’une maison d’école pour les garçons.

On trouve dans le cimetière de nexon un vieille tombe où sont enterrées deux religieuses : Sœur Elidie décédée le 1er novembre 1857 et Sœur des Anges décédée le 11 octobre 1865 âgée de 32 ans.

 – la marche vers la laïcisation de l’enseignement

 

La loi Goblet du 30 octobre 1886 prolonge la loi de 1882 et confie à un personnel exclusivement laïque l’enseignement dans les écoles publiques. Les religieux et religieuses des congrégations enseignantes ne peuvent plus exercer dans les écoles communales.

A Nexon, il faut donc que la commune crée une école de fille pour se mettre en conformité avec ces lois.

Je n’ai pas trouvé d’injonction de l’Etat dans ce sens avant un courrier du Préfet de la Haute-Vienne Edgar Monteil en date du 15 octobre 1901, annonçant au maire que conformément aux différentes lois citées précédemment, « l’école de fille va être laïcisée. » Le maire est prié « de rechercher immédiatement un immeuble que la commune prendra en location pour l’installation de la nouvelle école ». La commune devra également acquérir le mobilier scolaire si elle ne le possède pas déjà.

Le maire ayant demandé un délai jusqu’à la construction d’un groupe scolaire, le préfet lui écrit le 6 novembre 1901 en le mettant en demeure de louer un local sous 3 jours. Si la municipalité ne répond pas positivement à cette injonction le préfet agira d’office.

La réponse du maire est tout aussi ferme. Il écrit le 10 novembre « le conseil municipal n’admet pas que du jour au lendemain vous l’obligiez à laïciser l’école sans savoir si on pourra trouver un local… »

La presse catholique nationale s’empare de l’affaire et le journal La Croix du 17 novembre 1901 écrit : « M. Monteil, l’homme aux fiches, le célèbre préfet de la Haute-Vienne, avait ordonné au Conseil municipal de Nexon de trouver, dans les quarante-huit heures, un local pour les institutrices laïques qu’il allait envoyer pour remplacer les religieuses, très populaires et depuis longtemps dévouées à la jeunesse du pays

Après un moment de faiblesse, le maire et les conseillers se sont ressaisis, nous dit la Croix de Limoges. Ils ont répondu qu’ils ne se mêleront de rien et que le préfet peut venir lui-même, s’il le veut, chercher et louer la maison qui lui plaira. Si le préfet envoie son institutrice, elle est exposée à coucher dehors. »

Le préfet Monteil avait déjà été critiqué dans le même journal le 10 mars 1901 : « LES BOUFFONNERIES D’UN PREFET – La Croix de Limoges avait fait de larges emprunts aux œuvres littéraires de son préfet, M. Edgar Monteil, afin de prouver que la plume qui signe en ce moment des arrêtés aussi extravagants que sectaires était exercé jadis à des œuvres tout aussi recommandables et qui faisaient pressentir le préfet actuel.

Ces citations étaient-elles désagréables à M. Edgar Monteil ou a-t-il été poussé par la pénurie de son budget ? On ne sait. Mais il vient de demander à la Société des gens de lettres de poursuivre la Croix de Limoges en payement des emprunts faits à sa littérature.

C’est une bouffonnerie de plus à l’actif de M. Edgar. »

Finalement le 30 novembre un bail est signé pour la location d’une partie de la maison de Madame Estier, route de la gare, en vue de l’installation de l’Ecole publique laïque de filles. Il est approuvé par le préfet le 3 décembre.

Mais cette location sera de courte durée puisque dans sa séance du 2 février, le conseil municipal décide de résilier le bail à compter du 1er mars 1902 et de louer l’immeuble Combellas. Madame Estier demande donc à la commune de lui payer 246,25 francs, prix de la location d’une partie de sa maison pour un trimestre et des frais afférents.

  • Les conséquences de la loi de 1901.

La Congrégation des Demoiselles de l’Institution dite de l’Enfant Jésus demande officiellement au sous-préfet de Saint Yrieix l’agrément pour son établissement de Nexon. Le 6 janvier 1902, le sous-préfet demande un avis rapide du Conseil municipal…

Comme cela c’est passé pour les garçons la Congrégation n’assure plus la direction de l’école… les écoles vont être créées par des particuliers. La Cour de cassation, dans son arrêt du 17 janvier 1902,  déclare que l’instituteur qui veut ouvrir une école libre n’a d’autre formalité à remplir que celle de la déclaration. Le maire va ainsi recevoir plusieurs lettres l’informant de l’intention de leur auteur d’ouvrir une école. Et conformément à la jurisprudence des tribunaux la seule déclaration suffisant, les écoles ouvrent…

Le 9 juin 1903, Laure Massy informe le maire de Nexon de son intention d’ouvrir une école primaire et une école enfantine dans l’établissement précédemment occupé par les religieuses de l’Institution de l’Enfant Jésus et dirigé par Madame Marie Prunière.

Le 4 août elle déclare qu’elle va ouvrir un pensionnat de jeunes filles dans l’école de Jeunes filles qu’elle dirige.

Le 27 août, Félicie Migaud informe le maire qu’elle ouvre une école primaire avec pensionnat et une école enfantine dans l’établissement dirigé par mademoiselle Massy.

  • Au cours de la guerre de 1914-1918,  Monsieur de Nexon fait installer 20 lits à l’école destinés aux militaires blessés. Un hôpital teporaire est créé. Un autre hôpital, bénévole celui-ci sera crée par madame de Nexon au château de La Garde.

 

Recto et verso de la carte postale écrite le 8 janvier 1916

Depuis la création de l’école communale pour les filles les effectifs sont faibles, moins de vingt élèves en général.

Années 1931-1932

L’école fermera définitivement en 1953. le bâtiment sera vendu et transformé en logements.

Bibliographie : Pour comprendre comment entre 1902 et 1910 on a assisté à la fin des écoles congréganistes et à la naissance de l’école libre sous diverses formes avant que s’opère une unification des différentes structures en une école catholique sous direction diocésaine on pourra lire la thèse de doctorat d’André LANFREY , publiée sous le titre « Sécularisation, séparation et guerre scolaire. Les catholiques français et l’école (1901-
1914). Paris, Le Cerf, 2003.

 

Monsieur J. PICAT, Principal du Collège, a proposé à la Municipalité, d’insérer dans le bulletin n° 107 du 4ème trimestre 1979 et dans les suivants, un historique de l’établissement qu’il dirige depuis 1963. Je reproduis cet article qui retrace trente ans d’évolution. Je me revois à l’école primaire, au début des années 1950 avec des maîtres ou maîtresse que je n’ai pas oublié, M. Grafeuille, M. Barjou, Mlle Boissière devenue Mme Roussin. L’école était dirigée par M. Jalicon. Nous allions à l’école à pied. Nous parcourrions presque 3 kilomètres. Nous rejoignions un groupe garçons et de filles partis de La Bouenne, à plus de 5 kilomètres de l’école. Le nombre des élèves augmentait à chaque maison devant laquelle la joyeuse troupe avançait. Nous marchions sur la route, mais il y avait moins de voitures qu’aujourd’hui. Nous prenions le chemin qui conduisait aux Rochilles avec le passage difficile de la carrière… Il n’y a jamais eu d’accident. La cour, avec les garçons d’un côté et les filles de l’autre, les deux préaux, la cantine, les salles de classe avec les encriers en porcelaines. En les remplissant d’encre quelques gouttes tombaient sur la table ; certaines s’échappaient d’une plume trop largement garnie. Aussi à la fin de chaque trimestre, le dernier jour de classe nous venions avec une feuille de papier de verre et nous frottions les tables pour leur ôter les souillures que nous avions faites… Et un grand nombre d’entre nous partons en pension au moment d’entrer en sixième. Ce fut mon parcours avec deux de mes frères. Les plus jeunes, deux frères et deux sœurs, ont connu l’évolution décrite par M. Picat et sont restés au Collège avant de rejoindre, pour la plupart le lycée en seconde.

Voici le texte de M. PICAT :

« Le Collège de NEXON est un établissement scolaire qui a maintenant un tiers de siècle d’existence. Depuis sa création, il a plusieurs fois changé d’identité, il s’est agrandi et à l’heure actuelle, par le nombre des personnes qui y travaillent : élèves, professeurs, agents, administrateurs, il est l’une des plus importantes ”entreprises » de NEXON.

Son passé et son présent valent d’être contés. Bien des Nexonnais l’ont fréquenté, évidemment ; dans cet article et les suivants certains trouveront des souvenirs de leur jeunesse, les autres trouveront des renseignements utiles sur le fonctionnement de l’établissement et du système éducatif dont l’aspect a été modifié par les différentes réformes de l’enseignement : celles de 1947 – de 1959 et enfin de 1975.

 

I – HISTORIQUE DU COLLEGE

Avant 1947, les enfants qui avaient achevé leur scolarité dans les écoles communales de NEXON ou celles des autres localités du canton n’avaient pas d’autres ressources pour continuer leurs études que de rejoindre un lycée, celui de St-YRIEIX, appelé Collège à l’époque, ou ceux de LIMOGES. Il était pratiquement obligatoire qu’ils y soient internes car les moyens de communication étaient moins faciles qu’aujourd’hui, de plus les bourses accordées par l’état étaient bien plus rares (il fallait passer un concours pour en obtenir une) et par suite, les charges financières, laissées entièrement aux familles, limitaient le nombre de ceux qui faisaient des études secondaires.

La démocratisation de l’enseignement réalisée après la seconde guerre mondiale amena le gouvernement à multiplier le nombre des cours complémentaires et c’est ainsi qu’un établissement de ce genre naquit à NEXON à la rentrée scolaire de 1947.

Ces cours complémentaires, comme leur nom l’indique d’ailleurs, n’étaient pas des établissements secondaires, ils étaient seulement constitués de classes créées dans une école primaire pour y accueillir, après un examen sévère, les meilleurs élèves. Les programmes d’étude dans ces classes étaient assez voisins de ceux des collèges et lycées. Un enfant entrant au cours complémentaire pouvait donc après quatre ans de scolarité atteindre un niveau sanctionné par le Brevet et ensuite il entrait dans la vie active ou bien il allait préparer le Baccalauréat dans un collège ou un lycée, mais là encore la sélection était sévère.

Néanmoins la création de ces cours complémentaires permettait aux familles de garder leurs enfants quatre ans de plus et de parfaire leur instruction sans grands frais.

C’est donc en Octobre 1947 que fut créé à l’école de garçons de NEXON, dirigée par Monsieur Georges JALICON, un cours complémentaire de deux classes : une classe de 6ème et une classe de 5ème, il n’avait cette année-là que 32 élèves ! Les enfants y venaient de NEXON, bien sûr, mais aussi des autres communes à pied ou en bicyclette car les transports scolaires ne seront créés que bien plus tard (1964). Certains l’ont fréquenté qui venaient de Champsiaux tous les jours par tous les temps ! La vie était encore rude à l’époque : les classes étaient chauffées par des poêles à bois et certains matins d’hiver l’encre était gelée dans les encriers – car on écrivait encore à la plume -. A midi, avec les jeunes des écoles primaires et maternelle les élèves prenaient å la cantine un repas bien simple dont la soupe constituait invariablement le plat d’entrée. Cantine exigüe où soupe, purée, viande étaient préparées dans de grandes-braisières, chauffées au bois et Dieu sait combien les cantonniers de l’époque ont dû casser de stères de bois pour alimenter tous ces feux !

L’enseignement, dans ces classes de cours complémentaires, était donné par des instituteurs sélectionnés par l’Inspecteur d’Académie. Des stages de perfectionnement furent créés pour eux : ainsi ceux qui enseignaient les sciences allaient tous les jeudis matin suivre des cours de 8 h à midi à l’Ecole de Médecine de LIMOGES (Limoges n’avait pas encore de facultés !). Les maîtres assuraient 29 heures de cours par semaine (21 h aujourd’hui !). Leur nombre réduit empêchait une spécialisation pourtant nécessaire et entrainait pour chacun d’eux un énorme travail de préparation de leurs cours. Deux professeurs seulement, eh bien, l’un enseignait les matières littéraires, l’autre les matières scientifiques et… l’anglais !

En 1948 création d’une classe de 4ème et nomination d’un 3ème maître, en 1949 création d’une classe de 3ème et nomination d’un 4ème professeur. On commençait à sortir de l’époque héroïque mais tout n’était pas rose loin s’en faut. Le professeur de Sciences utilisait des verres à moutarde en guise d’éprouvette, dans les logements des maîtres il n’y avait ni eau courante ni WC ni chauffage central. Il n’y avait bien sûr pas de surveillants et par conséquent à tour de rôle il fallait surveiller les récréations et l’interclasse de midi. L’école et son cours complémentaire était sous la tutelle d’un « Inspecteur primaire » pas mieux loti que ses administrés et par temps de neige il n’était pas rare de le voir arriver car NEXON desservi par le train lui était accessible : il montait de la gare à pied et repartait de même. Epoque héroïque oui car, sans téléphone, évidemment, les liaisons rapides avec la hiérarchie étaient impossibles au point qu’un jour le directeur et sa femme ayant été appelés d’urgence au chevet de leur fils dans une clinique de LIMOGES, le 3ème maître étant, lui, à l’hôpital à la suite d’un accident le 4ème maître se retrouva tout seul avec les quatre classes sur le dos pour accueillir l’Inspecteur, qui, par une coïncidence malheureuse, arriva sur ces entrefaits : surveiller deux classes mises en étude dans des salles voisines, faire cours à la fois aux deux autres et être inspecté dans ces conditions il fallait le faire et ce fut fait. Ne croyez pas que les maîtres et les élèves conservent un mauvais souvenir de cette époque difficile, loin de là ! Les périodes dures sont génératrices d’enthousiasme : les enfants qui affrontaient les intempéries pour venir étaient plus heureux de se réchauffer autour d’un poêle à bois que ceux de l’époque actuelle arrivant dans des locaux uniformément maintenus à 20 °, ils mangeaient leur soupe avec plus de satisfaction que leurs cadets qui aujourd’hui rechignent parfois devant le poulet rôti ou les fruits frais que nous leur servons. Ils étaient toujours très polis et très respectueux du matériel…

Avec quelques améliorations : installation du chauffage central en 1955 et l’installation de l’eau courante dans les logements, la situation évolua ainsi lentement jusqu’en 1957.

A cette époque le fondateur du cours complémentaire, G. JALICON quitta NEXON pour LIMOGES et fut remplacé par Monsieur DUPUY. La réforme de l’Enseignement de 1959 arriva qui, liée à la démographie des années d’après-guerre, amena un afflux d’élèves : 100 en 1957, 112 en 1958, 129 en 1959, 145 en 1960, 149 en 1961 les locaux devenaient trop petits et des classes furent alors construites sous les préaux de l’époque : 4 classes dont 3 d’enseignement général et une de sciences en même temps la chaufferie au charbon était convertie au fuel. On se modernisait mais c’était aux dépens d’autres postes puisqu’il fallut attendre 7 ans pour avoir de nouveaux préaux ! Dans, l’éducation nationale les progrès sont toujours très lents une réforme ne s’applique pas du jour au lendemain, il arrive même qu’une réforme intervienne avant que l’application de la précédente ne soit achevée et c’est dans les années 60 que la situation devint presque dramatique. En effet, les seuls locaux existants étaient ceux qui avaient été construits en 1913 pour les écoles communales de l’époque et les effectifs ne cessaient de croître : 159 élèves en 1962, 174 en 1963, 206 en 1966, 296 en 1967, 320 en 1968. Monsieur DUPUY ayant quitté NEXON en 1962 son successeur dut résoudre le problème des classes surchargées (47 élèves dans la classe de 6ème en 1962) et à partir de cette date les créations de postes d’enseignement et de classes se firent régulièrement : 1962 : 5 classes – 6 professeurs ; 1963 : 6 classes – 8 maîtres ; 1964 : 7 classes, 9 maîtres ; 1965 : 8 classes, 11 maîtres ; 1968 : 12 classes – 19 maîtres. Bien entendu la question des locaux se posait avec acuité sans pour cela être facile à résoudre car la municipalité disait « je veux bien agrandir mais si l’on crée des classes, aurez-vous les professeurs nécessaires ? » et l’administration rétorquait « Je veux bien nommer des maîtres mais aurez-vous les locaux nécessaires ? » et le Directeur faisait preuve de témérité en disant  « Oui, Monsieur l’Inspecteur j’aurai les locaux », « Oui, Monsieur Le Maire, j’aurai des professeurs » alors que ni la construction des uns ni la nomination des autres n’étaient de son ressort !

Néanmoins, grâce à ces pieux mensonges on implanta, puisque le bâtiment de 1913 n’était pas dilatable, un bâtiment préfabriqué (3 classes) acheté par la commune en 1963 (il existe encore) puis en 1969, 70 et 71 trois bâtiments préfabriqués appartenant à l’état car à cette dernière date on arrivait à 333 élèves et 14 classes.

Au cours de cette période d’agrandissement, en 1965, un bâtiment en dur avait été construit qui nous donnait deux préaux, un bloc sanitaire, une cuisine et deux réfectoires et libérait trois petites salles immédiatement converties en salles de classes. Il n’en restait pas moins que si les classes étaient beaucoup moins chargées (On avait alors en 1971, 4 classes de 6ème, 4 classes de 5ème, 3 classes de 4ème et 3 classes de 3ème) le taux d’occupation des locaux atteignaient tout de même 90 % c’est-à-dire que chaque salle était pratiquement occupée à toutes les heures de la semaine et il faudra attendre patiemment l’année 1975 pour voir la construction d’un groupe scolaire primaire et maternelle ce qui libérera 9 salles au Collège et nous mettra à l’aise tout en permettant de se débarrasser de trois bâtiments préfabriqués aussi inesthétiques qu’inconfortables.

Je viens de dire Collège oui car, en 1960, les cours complémentaires sont devenus « Collège d’enseignement général” (C.E.G.) pendant que les Collèges urbains sont devenus “collège d’enseignement secondaire” (C.E.S.), la mesure est surtout d’ordre pédagogique, désormais tous les collèges (C.E.S. ou C.E.G.) ont les mêmes programmes d’études, on peut donc faire sa scolarité aussi bien dans les uns que dans les autres : c’est un nouvel avantage pour les enfants des populations rurales.

Puis en 1968, le C. E. G. de NEXON a été municipalisé, c’est à dire que le cordon ombilical qui le liait à l’école de garçons a été coupé, il est maintenant autonome, c’est vraiment un établissement secondaire avec sa direction propre et son budget propre -budget qui reste néanmoins alimenté et géré par la Municipalité de NEXON.

Et enfin, nous en arrivons à l’histoire contemporaine en 1976 (loi HABY) le C.E.G. de NEXON comme tous les CEG ou CES de France devient purement et simplement un “collège“ il n’y a plus, désormais, aucune différence administrative ou pédagogique entre tous les établissements portant ce nom.

En 1978, le Collège de NEXON sera nationalisé, ce qui veut dire que financièrement il établira lui-même son budget, le gérera lui-même, ce budget étant alimenté par l’état et les communes qui y envoient leurs enfants.

Cette nationalisation amènera de nouveaux personnels d’intendance, de bureau et de service tous fonctionnaires ou agents de l’Etat. Elle améliorera les ressources de l’établissement et son fonctionnement et ouvrira une ère nouvelle au cours de laquelle il faudra moderniser et embellir les bâtiments car tout comme un bureau des P.T.T., une gare, une gendarmerie, ou une mairie, un collège devrait être fonctionnel, confortable et coquet. Déjà au moment où sont écrites ces lignes une tranche importante de travaux va s’ouvrir par la réfection totale de l’installation de chauffage du bâtiment 1913, d’autres devront suivre.

A la fin de cette longue histoire, tout en étant satisfait bien sûr des progrès accomplis peut-on regretter que l’évo1ution soit si lente et qu’au bout de 30 ans il reste autant de travail à faire au Collège, peut-être est-ce normal car alors nous n’aurions plus de soucis…

 

II – LE COLLEGE ACTUEL

Il accueille selon les années presque 300 élèves répartis en un nombre de divisions qui varie lui aussi en fonction de l’effectif réel, la norme actuelle est de 24-25 élèves par classe. Aussi cette année (1979-80) nous avons deux classes de 6ème, 4 classes de 5ème, 4 classes de 4ème et 2 classes de 3ème et pour accueillir ces enfants il faut du personnel administratif, du personnel enseignant, du personnel d’intendance, du personnel de bureau, du personnel de service.

  1. LE PERSONNEL

1°) Personnel de direction, d’administration et d’intendance – 4 personnes

– L’établissement est dirigé par un Principal qui est responsable de tout ce qui se passe ou se fait dans sa maison.

– Un conseiller d’Education est plus spécialement chargé de ce qui se tient à la « Vie Scolaire ».

– Un secrétaire d’intendance s’occupe de la gestion financière

– Une employée de bureau est chargée du courrier

– Un professeur désigné par le Recteur prend la place du Principal en cas d’absence de celui-ci mais ce professeur n’étant pas déchargé de cours ne peut, en temps ordinaire, participer de près aux travaux de direction.

2°) Personnel enseignant – actuellement 17 personnes dont 15 professeurs d’enseignement Général de Collège (PEGC), 1 certifié, 1 adjoint d’enseignement.

3°) Personnel de surveillance : 2 surveillants d’externat chacun à mi-temps.

4°) Personnel de service : 1 cuisinier qualifié, un ouvrier d’entretien, 1 agent spécialiste, 2 agents non spécialisés, 1 agent municipal.

Si l’on compte l’Agent comptable qui, lui, n’est pas en poste à NEXON, on arrive ainsi à 30 personnes.

Par arrêté préfectoral du 6 février 1980, le Collège est autorisé à porter le nom de « Collège Arsène BONNEAUD »

Pourquoi ?

Simplement parce que depuis fort longtemps, il est d’usage d’honorer la mémoire de personnalités en donnant leur nom à un établissement scolaire. Il faut, bien sûr que « cette personnalité présente des mérites d’un caractère exceptionnel dignes d’un témoignage officiel ». Les exemples ne manquent pas dans notre région et ailleurs de lycées et de collèges portant le nom d’un savant, d’un écrivain, d’un artiste…

Qui fut Arsène BONNEAUD ?

C’était le fils d’un charpentier de village. A force d’études courageuses il devint professeur au lycée gay Lussac et à l’Ecole de Médecine de Limoges. Agrégé de physique il était aussi pharmacien, docteur en médecine, chimiste de la ville de Limoges, Ingénier des poudres.

En 1942 il entra en Résistance en disant : « Ce que je suis-je le dois à la république, il est normal de payer ses dettes. » Arrêté par la Gestapo en 1943, il mourut au camp de Buchenwald en mars 1944.

C’était un limousin, ses mérites furent bien exceptionnels, il était donc normal qu’il fût l’objet d’un hommage officiel.

B- LES LOCAUX

Le Collège dispose de trois corps de bâtiments.

  1. a) Bâtiment Ouest construit en 1913, remanié en 1958 il contient :

– dans son aile Nord : 2 salles d’enseignement général, 3 salles de langues, 2 salles de sciences, 1 salle de travail manuel.

– dans sa partie centrale : 4 logements de fonction et 3 classes d’enseignement général, 1 salle d’enseignement ménager, la salle des professeurs.

– dans son aile Sud : 4 salles d’enseignement général, 1 salle de permanence et 3 bureaux pour la direction, l’intendance et le secrétariat.

  1. b) Bâtiment Est, est constitué par les préaux, le bloc sanitaire, la cuisine, 2 réfectoires l’un de 250 places, l’autre de 150 et 5 logements dont la municipalité s’est réservée l’usage.
  2. c) Un bâtiment préfabriqué de 3 classes d’enseignement général.

Au total donc, 19 salles de classe dont 7 spécialisées, 1 salle de permanence, 1 salle des professeurs et 3 bureaux auxquels s’ajoutent depuis la rentrée 1979, 1 atelier pour le travail du bois et des métaux.

Nous sommes donc à l’aise mais il manque encore, et c’est un lourd handicap, un gymnase et un cabinet médical.

C- L’ENSEIGNEMENT

Il est exactement le même que celui dispensé dans n’importe quel autre collège de France (mêmes programmes, mêmes horaires). C’est celui du Français, des Mathématiques, des langues (Anglais, Espagnol), des Sciences physiques et naturelles, des Sciences humaines (Histoire – Géographie, Economie), de la musique, du dessin, de l’Education manuelle et technique et de l’Education physique. Tous les professeurs sont maintenant des spécialistes enseignant une matière ou deux au plus. Cette spécialisation a été réalisée essentiellement pendant les années 1960 et toutes les disciplines sont couvertes par les valences de maîtres sauf pour l’atelier bois – métaux où il serait souhaitable d’avoir un professeur de l’enseignement technique. Nos élèves n’ont donc pas, en général, de difficultés pour entrer, à l’issue de la classe de 3ème, dans les lycées où ils entament des études les menant aux baccalauréats ou aux brevets d’études professionnelles. .

D – LA MARCHE DE L’ETABLISSEMENT

1°) Les différents conseils :

  1. a) Le Conseil d’établissement : c’est si l’on peut dire, le parlement de la maison.

Composé du chef d’établissement qui le préside, de 5 représentants du corps enseignant, 5 représentants de l’administration et des services, de 5 représentants des parents d’élèves, de 5 personnalités locales et de 2 représentants des élèves il a à connaître de tout ce qui touche au Collège et trois fois par an au moins le Principal doit le réunir pour rendre compte de sa gestion et prendre ses avis.

  1. b) Le Conseil de discipline, émanation du Conseil d’établissement comprend 10 membres et sanctionne les fautes très graves par l’exclusion définitive de l’élève. Sans doute les enfants de la région sont-ils sages puisque ce conseil ne s’est réuni qu’une fois en vingt ans ! les peines moins graves sont prononcées par le chef d’établissement.
  2. c) Les conseils de classe, un par division, réunissent au moins une fois par trimestre les professeurs de la classe, deux représentants des parents d’élèves et deux élèves pour traiter de l’évolution des études, apprécier les résultats et à la fin de chaque année émettre un avis d’orientation concernant chaque enfant.

2°) La gestion de l’établissement :

  1. a) La gestion administrative et pédagogique : c’est le Principal qui en est responsable devant les autorités hiérarchiques : Inspecteur d’Académie et Recteur. C’est lui, qui chaque année prévoit la structure de l’établissement et l’organisation des services pour l’année suivante, il établit l’emploi du temps des classes. Il est chargé de veiller à l’application des lois, décrets, arrêtés et circulaires ministériels ou rectoraux relatifs à l’éducation. Il préside tous les conseils, est responsable de la sécurité des biens et des personnes, il représente le Collège auprès des autorités locales et le cas échéant en justice.
  2. b) Gestion financière, elle est caractérisée essentiellement par la séparation des pouvoirs : le Principal est ordonnateur des dépenses et recettes mais seul le comptable est habilité à payer les dépenses et à recouvrer les recettes. Aucun acte financier ne peut être réglé par une seule de ces deux personnes. Aucune d’elles ne peut remplacer l’autre. Le budget annuel est préparé par le Chef d’établissement et le gestionnaire puis soumis au Conseil d’établissement qui l’approuve où le rejette. Finalement après vote par le Conseil d’établissement, le budget est soumis au Recteur et devient exécutoire après approbation.

3°) La vie scolaire :

Au Collège de NEXON, jusqu’en 1979-80, les élèves ont 27 à 28 heures de cours par semaine autant que les élèves des écoles primaires, ceci a permis depuis toujours de faire coïncider les horaires des différents établissements scolaires et facilité l’org1nisation des transports scolaires. A l’heure actuelle, il existe 7 circuits de ramassage des élèves, 4 organisés par la Mairie de NEXON, et 3 autres organisés respectivement par les Mairies de Janailhac, Jourgnac et St-Hilaire Les Places et quel que soit son lieu d’habitation aucun élève ne passe plus d’une heure par jour dans le car.

L’an prochain (1980-81) l’horaire des élèves de 3ème et 4ème sera porté à 30 h 1/2 par semaine et il faudra alors modifier ces transports.

Les cours commencent à 9 heures, récréation d’un quart d’heure dans la matinée et s’achèvent è midi. Reprise des cours à 13 h 30 jusqu’à 16 h 30 avec récréation d’un quart d’heure. Le déjeuner a lieu à midi et alors 230 collégiens se mettent à table. Depuis 1978 la cantine est gérée par le Collège mais une convention passée entre le Principal et le Maire de NEXON permet d’y accueillir aussi 120 écoliers. Le Collège a fait un effort important depuis 1978 pour améliorer les repas : nomination d’un cuisinier de métier, équipement de la cuisine : chambre froide, armoire chauffante, carrelage intégral de cette cuisine, création d’un local spécial pour la plonge, d’un magasin pour les vivres, renouvellement des assiettes et couverts, achat d’assiettes à dessert. Les menus par leur contenu et leur présentation ne laissent rien à désirer et tout ce domaine de la demi-pension est surveillé et contrôlé périodiquement par le médecin scolaire et un docteur vétérinaire.

Mis à part le temps des cours et celui des repas, il reste très peu de temps libre aux collégiens de NEXON, c’est pour cela que foyers et clubs n’ont pas été mis en place ; mais les volontaires peuvent revenir au Collège le mercredi après-midi pour y pratiquer du sport au sein des équipes de l’établissement qui participent tous les ans aux championnats départementaux et académiques.

4°) L’équipement en matériel d’enseignement :

Dans ce domaine, un effort important a été fait depuis la municipalisation du Collège (1968). Bien sûr on peut être certain qu’il manquera toujours quelque chose mais jamais tout n’a été possible tout de suite.

Pour ne citer que quelques chiffres, dans le domaine de l’audio-visuel le Collège dispose à l’heure actuelle de :

– un rétroprojecteur ;

– seize électrophones ;

– cinq magnétophones à bande ;

– un téléviseur ;

– un appareil photo ;

– sept microscopes types PCB ;

– deux loupes monoculaires ;

– un opascope ;

– un projecteur cinéma 16 mm ;

– un projecteur cinéma 8 mm ;

– quatre magnétophones à cassettes ;

– deux postes de radio à modulation de fréquence ;

– quatre loupes binoculaires ;

– deux photocopieurs,

et de 1970 à 1976, plus de 10 millions d’anciens francs ont été consacrés à l’achat de matériel d’enseignement.

EN CONCLUSION :

Après une enfance et une adolescence difficiles de 1947 à 1968, le Collège de NEXON a atteint une taille normale et une très bonne santé.

 

III – LE COLLEGE DANS LE FUTUR :

Il est toujours difficile de faire de la prospective, soyons donc prudent !

Il est certain qu’en fonction de la démographie, les effectifs varieront chaque année mais s’ils ont suivi une courbe ascendante de 1947 (32 élèves) à 1972 (334 élèves) puis un fléchissement de 1972 à 1979 (270 élèves) dès l’année prochaine ces effectifs vont remonter et ceci jusqu’en 1983 au moins. Il est donc essentiel de lui maintenir une capacité d’accueil de 300 élèves au minimum sinon il arriverait un moment peut-être où faute de place les enfants de certaines communes voisines seraient dirigés vers SAINT-YRIEIX ou LIMOGES. Peu à peu, le Collège s’étiolerait puis fermerait ses portes. On retomberait dans la situation d’avant-guerre et quelques années après les familles, ayant vu les inconvénients d’envoyer leurs enfants dès l’âge de 11 ans en pension, redemanderaient la création d’un collège à NEXON. Mais comme “tout homme bien portant est un malade qui s’ignore », il est indispensable d’entretenir le Collège et de lui donner les équipements qui manquent encore.

A court terme, il faut créer un gymnase et refaire la toiture du bâtiment Ouest, à court terme aussi, il faut remplacer le bâtiment préfabriqué par une construction en dur englobant un cabinet médical et, refaire les peintures intérieures du bâtiment Ouest. Le matériel de cuisine devra être complété (sauteuse, fours électriques).

A moyen terme, il sera nécessaire de refaire les plafonds et poser des revêtements de sol dans ce même bâtiment. Bien sûr, cette vieille construction de 1913 est solide mais les exigences de la vie ne sont plus, à l’heure actuelle, ce qu’elles étaient au début du siècle. Cela fait beaucoup de travail et représente beaucoup d’argent, mais, il ne faut pas que l’œuvre de rénovation de modernisation d’embellissement qui a entrepris dans les bâtiments publics depuis quelques années passe à côté des établissements d’enseignement.

Souhaitons donc au Collège de NEXON, puisque c’est notre Collège, une très longue vie.

 

Bulletin Municipal d’Information n° 107 -4eme trimestre 1979 ; n°108- 1er trimestre 1980 ; n°110 – 3eme trimestre 1980 ; n° 111 – Décembre 1980.

       I – Historique du certificat d’études primaires

C’est le 20 août 1866 que sous l’impulsion de Victor Duruy, une circulaire recommande aux recteurs d’inviter les inspecteurs d’académie à organiser un certificat d’études primaires. Victor Duruy, était très préoccupé par le nombre d’analphabètes. Il rendit obligatoire la création d’une école de filles pour toute commune de plus de cinq cents habitants mais il ne réussit pas à convaincre Napoléon III de rendre l’instruction primaire obligatoire et d’imposer le certificat d’études primaire.

D’après cette circulaire, l’examen devait être fait par l’instituteur en présence et avec le concours du maire et du curé. L’absence de contrôle strict pour la délivrance de ce certificat n’a pas favorisé son développement. Seules quelques communes le délivrent. Aussi les inspecteurs d’académie cherchent à uniformiser les règles d’obtention de ce certificat.

Ce n’est qu’en 1882 qu’il est réglementé au niveau national par la Loi Jules Ferry du 28 mars 1882. Cette loi rend l’instruction primaire obligatoire de 6 à 13 ans. Son article 6 précise :

« Il est institué un certificat d’études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l’âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d’études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. »

Des commissions cantonales nommées par les recteurs, se réunissent chaque année, soit au chef-lieu de canton, soit dans une commune centrale désignée à cet effet. L’inspecteur primaire du ressort est président de droit de ces commissions. Une circulaire ministérielle du 2 mai 1892 recommande de ne réunir les commissions d’examen du certificat d’études que vers le 15 juin au plus tôt, et même, s’il est possible, à une date plus éloignée. Pour l’examen des jeunes filles, des dames font nécessairement partie de la commission. (Arrêté du 18 janvier 1887, art. 254.)

Ce certificat sanctionnait un cycle de formation de sept ans : une année de cours primaire (CP), deux années de cours élémentaire (CE1 et CE 2), deux années de cours moyen (CM1 et CM2) et deux années de Classe de fin d’études primaires. Ce cycle n’était suivi que par les élèves qui n’étaient pas entrés dans l’enseignement secondaire, ce qui était le cas de la majorité des élèves dans les communes rurales du Limousin.

En 1936, la loi Jean Zay prolonge l’instruction obligatoire jusqu’à 14 ans.

La réforme de 1959 du ministre de l’Éducation nationale, Jean Berthoin, prolonge l’instruction obligatoire jusqu’à 16 ans. Les classes de fin d’études primaires disparaissent peu à peu, avec l’allongement de la scolarité obligatoire, puis la mise en place du collège unique en 1975.

En 1972, le certificat d’études primaires ne s’adresse plus qu’aux adultes.

Le 28 août 1989, par le décret n° 89-607, le certificat d’études primaires est supprimé. Le « certif » est mort!

II – Les épreuves

Les épreuves écrites ont lieu à huis-clos, sous la surveillance des membres de la commission. Elles comprennent quatre épreuves :

1° Une dictée d’orthographe de quinze lignes au plus ; le point final de chaque phrase est indiqué. La dictée peut servir d’épreuve d’écriture courante.

Elle est suivie de questions (cinq au maximum) relatives à l’intelligence du texte (explication du sens d’un mot, d’une expression ou d’une phrase ; analyse d’un mot ou de plusieurs mots, etc). ;

2° Deux questions d’arithmétique portant sur les applications du calcul et du système métrique, avec solution raisonnée ;

3° Une rédaction d’un genre simple portant, suivant un choix à faire par l’inspecteur d’académie, sur l’un des trois ordres de sujets ci-dessous :

  1. a) L’instruction morale ou civique ;
  2. b) L’histoire et la géographie ;
  3. c) Notions élémentaires des sciences avec leurs applications ;

4° Pour les garçons, suivant les écoles déterminées dans chaque département par l’inspecteur d’académie, soit un exercice très simple de dessin linéaire ou d’ornement tiré du programme du cours moyen, soit une ou plusieurs questions choisies dans le programme d’agriculture du cours moyen.

Pour les jeunes filles, un travail de couture usuelle, sous la surveillance d’une dame désignée à cet effet.

Les épreuves orales sont publiques. Elles comprennent :

  • Une lecture expliquée, accompagnée de la récitation d’un morceau choisi sur une liste présentée par le candidat ;
  • Des questions d’histoire et de géographie.

La durée de l’ensemble de ces épreuves ne doit pas excéder un quart d’heure pour chaque candidat. (Arrêté du 18 janvier 1887, art 258.)

III – Les résultats au certificat

Conçu par Jules Ferry pour sanctionner la fin des études primaires, le certificat d’étude devait être acquis par la grande majorité des élèves arrêtant leurs études. En fait ce n’est pas ce qui c’est passé. Le certificat d’études primaires s’est vite révélé comme un examen e un examen sélectif réservé à une élite. La raison essentielle était la fameuse dictée et son barème selon lequel cinq fautes entrainaient un zéro. Ajoutons à cela que les instituteurs ne présentaient que les élèves capables de réussir. Le taux de réussite au certificat était considéré comme une preuve de leurs propres compétences bien que ceci ne soit pas pris en compte dans les promotions.

Jusqu’en 1900, la proportion d’élèves sortant de l’école primaire avec le certificat d’études est d’environ 25 à 30 %. Cette proportion monte jusqu’à 35 % vers 1920 et atteint 50 % à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Par contre le taux de reçus parmi les présentés est élevé. De l’ordre de 66 % au début des années 1880 il monte à 80 % une dizaine d’années plus tard et à près de 90 % à partir du XXe siècle.

Après la Seconde Guerre mondiale, un accès plus important au collège réduit le nombre des candidats et modifie le profil de ceux qui s’y présentent.

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Les certificats d’étude de mes parents

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Le certificat d’étude de ma petite sœur, un beau diplôme comparé a celui de nos parents…

IV – Les résultats du certificat d’études primaire à Nexon au XIXe siècle

– Août 1866, le certificat n’est pas encore né mais, en Haute-Vienne comme dans d’autres départements, la Société pour le développement de l’instruction primaire dans la Haute-Vienne favorise le développement des concours cantonaux. Ces prix sont ouverts aux élèves âgés de moins de 13 ans.

Pour le Canton de Nexon le prix est décerné à Henri Peylet, élève de l’école libre de Nexon ; l’accessit à Guillaume Doudet, élève de l’école publique de Meilhac.

Le jeune Henri Peylet était sans doute un brillant élève puisqu’il remporte le Prix d’arrondissement de Saint-Yrieix. (Le Courrier du Centre 19 aout 1866)

 

-En août 1867, le Courrier du Centre publie un article qui décrit l’importance que le Préfet accorde à cet examen :

« Séance du 12 août 1867 sous la présidence de M. le Préfet.

La séance est ouverte à neuf heures- et demie. L’objet de la réunion est la lecture du rapport concernant les prix à décerner aux instituteurs et institutrices du département, tant pour les classes du jour que pour les cours d’adultes.

M. le président donne la parole à M. Blanchard, conseiller de préfecture, chargé du rapport en l’absence de M. Marc de La Guéronnière, secrétaire général, et en remplacement de M. Guillemot, secrétaire adjoint, empêché.

M. Blanchard s’exprime en ces termes :

Messieurs,

Pour la seconde fois, nous sommes appelés à distribuer des encouragements et des récompenses à nos instituteurs. C’est une tâche qui nous est doublement agréable, car au plaisir de faire des heureux vient se joindre celui de constater l’importance des services déjà rendus par notre société, services réels, qui peuvent faire pressentir dès à présent que le but que nous poursuivons sera atteint, sans trop tarder, dans le département de la Hante Vienne.

Vous connaissez, Messieurs, l’organisation de nos commissions cantonales. Il me semble donc inutile de vous rappeler comment elles fonctionnent.

Par une circulaire en date du 15 juillet dernier, M. le préfet invitait les présidents à faire diligence dans leurs travaux de classement, et à nous faire parvenir, avant le 1er août, leurs propositions pour les prix à décerner, conformément à votre délibération du 16 avril 1867.

La plupart des commissions ont répondu à cet appel, et c’est le résultat de toutes ces délibérations cantonales que j’ai mission de vous faire connaître aujourd’hui.

Je le ferai aussi sommairement que possible, dans l’espoir que le temps que j’ai dû consacrer à l’examen de ces demandes nombreuses et fortement motivées, pourra servir à épargner un peu du vôtre.

Pour le canton de Nexon, je transcris textuellement le second rapport de la commission : A l’unanimité, le premier prix, pour l’école du jour, est accordé à M. Robert Florentin, directeur de l’école libre des frères du Sacré Cœur à Nexon, et le premier prix pour l’école du soir (adultes), à M. Fournier, instituteur public à Meilhac.

Le second prix, pour l’école du jour, est décerné à M. Laporte, instituteur à La Roche l’Abeille, et le second prix, pour la classe d’adultes, à M. Roche, instituteur à Saint- Priest-Ligoure. Il reste, en outre, bien établi pour tous les membres de la commission, que M. Besse, instituteur à Nexon, se trouve, en raison de ses insignes académiques, hors concours pour la bonne tenue de son école. »

Le Courrier du Centre, 24 août 1867

 

– En 1872 ce sont encore les concours d’arrondissements et les concours cantonaux.

Pour l’Arrondissement de Saint Yrieix :  – 1er prix, Henri Chasseuil de l’école communale laïque de Saint-Germain ; 2°, Louis Chabrier de l’école communale laïque de Saint- Yrieix. — 1er accessit, Victor Monin de l’école communale laïque de Nexon ; 2e, Pierre Crouzillaud, de l’école communale laïque de Glanges.

Pour le Canton de Nexon : — 1er Prix, Armel Boulot, de l’école laïque de Nexon ; 2e, Victor Monin, de l’école laïque de Nexon. – Le Courrier du Centre, 17 décembre 1872

 

En 1878, 13 élèves sont inscrits, 12 sont présents et 9 sont reçus, soit 69, 2 % des inscrits et 75% des présents.

Voici les résultats publiés dans le Courrier du Centre :

« On nous écrit de Nexon, le 12 août : « L’examen pour le certificat d’études primaires a eu lieu à Nexon, le 11 août courant, dans une des salles de l’école communale. Sur 13 élèves inscrits, 12 ont répondu à l’appel de leur nom et 2 ont échoué pour l’orthographe.

« Voici par ordre de mérite les 10 qui out obtenu le certificat d’études primaires : 1er Léon Samie, 2° Léon Frugier, 3° Eugène Pradeau, 4° Louis Cubertafon, 5° Pierre Thabard, de l’école laïque de Nexon ; 6° Eugène Villoutreix, de l’école de Rilhac-Lastours ; 7° Jean Doumez, 8° Léon Ducraut, de l’école de Nexon : 9° Martial Démoulin, de l’école de Saint-Priest Ligoure ; 10° François Caysac, de l’école de Meilhac. »  Le Courrier du Centre 15 août 1878

 

On nous écrit de Nexon, le 30 août 1879.

L’examen pour le certificat d’études primaires eu lieu à Nexon, dans une des salles de l’école communale, jeudi dernier, 28 du courant, sous la présidence de M. l’inspecteur primaire de Saint-Yrieix.

La commission était composée de MM. Boué, inspecteur primaire ; Bonnet, maire de Nexon et délégué cantonal ; Chaule, ancien commandant, officier de la Légion d’honneur, délégué cantonal ; Nouhaud, pharmacien, délégué cantonal, Pouret et Fournier, instituteurs,

Voici, par ordre de mérite, les noms des jeunes élèves jugés dignes du certificat d’études : 1er Victor Jacquet, de l’école de Nexon ; 2e Henri Boucheron, de l’école de La Meyze ; 3e Fernand Pouchat, de l’école de Coussac Bonneval ; 4e Pierre Charreix, 5e Thomas Lasconjarias, de l’école de Nexon ; 6e Clovis Latouille, de l’école de La Meyze; 7e Mathieu Baliani, 8° Michel Boucheron, de l’école de Rilhac-Lastours ; 9e Jean Faucher, de l’école de Nexon ; 10° Jean Chirol, de l’école de Meilhac.

Le Courrier du Centre – 1 août 1879

 

– En 1880 les effectifs ont doublé, 24 élèves sont présents et 20 sont reçus soit un taux de réussite de 83,3%. Sur ces 20 reçus on compte 15 garçons et seulement 5 filles.

« Certificats d’Etudes – Nexon, le 18 mai 1880. Les examens du certificat d’études primaires ont eu lieu aujourd’hui à Nexon devant une commission composée de : MM. Boué, inspecteur primaire ; Bonnet, maire de Nexon et délégué cantonal ; Laporte, Chaule et Nouhaud, délégués cantonaux.

Sur 24 candidats qui ont subi l’examen, 20 ont été jugés dignes du certificat d’études primaires.

Ce sont par ordre de mérite :

Garçons : MM. Henri Versavaud, de l’école communale de Nexon ; Alexandre Pradeau, id.; Jean Combellas, id.; Remy Cistet, id.; Pierre Peynègre, de l’école de Meilhac ; Jean-Baptiste Jouhaud, de l’école communale de Nexon ; Pierre Jouhaud, de l’école de Meilhac ; François Audevard, de l’école de La Roche- l’Abeille ; Martial Crouzillard, de l’école de La Meyze ; Jean Beylier, de l’école de Saint-Priest-Ligoure; Antoine Taraud, de l’école communale de Nexon ; François Nardot, de l’école des Chapelles; Léonard Boucheron, de l’école de La Meyze ; Louis Bonnet, id.; Martial Bragard, de l’école de Saint-Priest-Ligoure.

Filles : Mlles Adrienne Frugier, de l’école de Nexon ; Marthe Boutaud-Lacombe, id. ; Marguerite Mazeau, id. ; Elisa Zabilon-d’Her, de l’école de Saint-Priest-Ligoure, et Marie Deschamps de l’école de Nexon. » –  Le Courrier du Centre, 22 mai 1880

 

1881 – On nous écrit de Nexon, le 2 juin : Les examens pour la délivrance du certificat d’études primaires du canton de Nexon, ont eu lieu au chef-lieu, le 30 mai dernier.

La commission chargée de juger l’aptitude des candidats était composée de MM. Meslet, inspecteur primaire, président, Bureau, instituteur public à Flavignac et Mme Bureau, institutrice de la même commune, de MM. les délégués cantonaux, Bonnet, membre du conseil général, maire de Nexon, Chaule, ancien commandant, Laporte, ancien capitaine, membre du conseil d’arrondissement et Nouhaud, pharmacien.

Voici par ordre de mérite les noms des élèves qui ont obtenu le certificat d’études :

Jean Barataud, 82 points, élève de l’école communale de Nexon ; 2. Alphonse Dossard, 73, id. ; 3.  Charles Gorce, 63, id ; 4. Georges Debernard, 61, id. ; 5. Louis Jouhaud, 60, de Saint Priest-Ligoure ; 6. François Desbordes, 59 1/2, de l’école communale de Nexon ; 7. Pierre Périnaud, 58, id. ; 8. Henri Barnagaud, 58, de Janailhac; 9. Guillaume Lascaud, 53, id. ; 10. Pierre Vedrenne, 50. id. ; 11. Mlle Céline Frugier, 45 1/2, de l’école de La Meyze ; 12. Mlle Françoise Guilhot, 45 1/2, id. ; 13 Clément Brugerie, 43, de l’école de Nexon; 14 Mlle Anne Minot, 41 1/2, de l’école de La Meyze ; 15. Mlle Marie Deymont, 40, de Saint-Priest- Ligoure.

Le Courrier du Centre 4 juin 1881

 

– Nous sommes en juin 1884, la loi de Jules Ferry est entrée en application. Les chiffres exposent puisque 71 candidats se présentent au certificat mais seulement 42 seront reçu, soit un taux de réussite de 59, 2%. Par contre si les filles sont moins nombreuses à se présenter que les garçons leur taux de réussite est nettement plus élevé : 70,3% contre 52,3%. Alors que 16 jeunes filles ont plus de 50 points seulement 8 garçons atteignent ce total et la jeune fille première totalise 75 points contre 64 pour le premier garçon. Ce constat va perdurer jusqu’à la fin du XIXe siècle.

« Examen du certificat d’études primaire. NEXON – Les dix et onze juin, a siégé à Nexon la commission nommée par M. le recteur pour examiner les Candidats au certificat d’études primaires élémentaires de ce canton. Elle se composait de MM. Bénéteau, inspecteur primaire, président ; Bonnet, maire de Nexon, conseiller général, délégué cantonal, vice-président : Nouhaud et Frugier, délégués cantonaux ; Pailler, instituteur à Chalus ; Mme Gorce, institutrice à Bussière-Galand ; M. Gorce, instituteur à Bussière-Galant. M. Gorce a été choisi pour remplir les fonctions de secrétaire.

71 aspirants, 44 garçons et 27 filles, ont pris part aux diverses épreuves ; 23 garçons et 19 filles ont été jugés dignes de l’obtention du certificat. Ce sont, par rang de mérite :

Garçons. — 1er Auguste-Ernest Escure, 64 points ½, de l’école laïque de Nexon ; 2. Georges Martial, 58 p. 1|2, même école : 3. Aubin Lavaud, 55 p. 1|2, même école ; 4. François Brunerie, 55 p., même école ; 5. Joseph Brissaud. 52 p., pensionnat des Frères ; 6. Jean Roche, 51 p., école de Meilhac ; 7. Jules Faure, 51 p. pensionnat des Frères ; 8. Jean Gand, 50 p. 1|2, école de La Meyze ; 9. Gabriel de Sauniers, 49 p. 1I2, pensionnat des Frères ; 10. Jean Latouille, 48 p. 1|2, école laïque de Nexon ; 11. Louis Gorce, 48 p. 1I2, école de Rilhac-Lastours : 12. Adrien Vergonjeanne, 48 p. 1|2, école de Rilhac-Lastours ; 13. Emile Bonnet, 47 p. 1|2, pensionnat des Frères; 14. Etienne Desproges, 47 p., id. ; 16. Jean Laroudie, 46 p. 1|2, école de Rilhac-Lastours : 17. Jean Beaudout. 46 p. 1|2, école de La Meyze, 18. Jean Pradeau, 44 p. 1|2, pensionnat des Frères de Nexon ; 19. Charles Parot, 43 p., id. ; 20. Henri Lereclus, 12 p. 1|2, id. ; 21. Jean Barret, 42 p. 1I2, école laïque de Nexon : 22. Louis Nover. 40 p 1|2, pensionnat des Frères ; 23. Léonard Delomenie, 40 p., id.

Filles. — 1° Ida Morterol, 75 points, pensionnat des Sœurs de Nexon ; 2. Catherine Dupuy, 60 p., école de Rilhac-Lastours ; 3. Mélanie Bragard, 59 p. 1|2, école de Saint-Priest-Ligoure ; 4.  Jeanne Louise Cubertafond. 59 p. 1[2, école de Saint-Hilaire-Lastours ; 5. Céline-Hélène Lamonthézie, 59 p. 1|2, école de La Meyze ; 6. Catherine Gibeau, 58 p., école de Saint-Priest-Ligoure : 7. Marie Villoutreix, 56 p., école de Nexon : 8. Marguerite Decoulhac, 56 p., pensionnat des Sœurs de Nexon ; 9. Marguerite Sazerat, 55 p., école de Nexon ; 10. Marthe Lelong, 55 p., pensionnat des Sœurs de Nexon ; 11. Anna Pailler. 51 p. 1|2, id. : 12. Marthe Frugier, 54 p. 1|2, école de Saint-Priest-Ligoure ; 13. Elisa Combrouze, 54 p. 1|2, école de Saint-Hilaire-Lastours ; 11. Anna Roche, 52 p., école de Nexon ; 15. Marie Labregère, 5t p. 1|2, pensionnat des Sœurs de Nexon ; 16. Elise Sargent, 50 p. 1|2, id. ; 17. Anna Truchassout. 48 p. 1|2, école de Nexon ; 18 Automne Monk, 48 p. 1|2, pensionnat des Sœurs de Nexon : 19. Amélie Mazelléras, 48 p. 1|2, école de Rilhac-Lastours.

NOTA. — Il convient d’ajouter que les pointa obtenus pour la couture ont été totalisés avec la somme des pointa obtenus pour les autres éprouves.

Le Secrétaire, GORCE. » Le Courrier du Centre, 17 juin 1884

« M. Vaugelade, instituteur à Saint-Priest-Ligoure, nous signale, dans le compte-rendu des examens du certificat d’études primaires qui ont eu lieu à Nexon le 9 juin, l’omission du jeune Gibeau (François), élève de l’école de Saint Priest-Ligoure, qui a obtenu 18 points. » – Le Courrier du Centre, 19 juin 1884

 

– L’année suivante le nombre des candidats chute vertigineusement : de 71 on tombe à 36 avec un taux de réussite inférieur à la moyenne puisqu’il n’est que de 47,2%.  5 filles sur 6 sont reçues soit 83,3% de réussite contre 40% pour les garçons.

« NEXON. — Certificat d’études primaires. Sur 36 candidats, 30 garçons, 6 filles, il y en a eu 17 de reçus, 12 garçons et 5 filles. Voici les noms :

Filles. — Julie Cibot, 75 p., de l’école de Meilhac ; Pétronille Mazabraud, 53 p. 1/2, de l’école de Saint Priest-Ligoure ; Anna Bossenie, 52 p., de l’école de La Meyze ; Anna Laplaud. 51 p., de l’école de Saint Priest-Ligoure ; Jeanne Pailler, 48 p., de l’école de Saint-Hilaire-Lastours.

Garçons. — Marius Lenfumé, 58 p. 1/2, de l’école de Nexon : Martial Nouailhas, 57 p., de l’école de Burgnac ; Léon Fournier. 51 p., de l’école de Lavignac ; Léonard Hautier, 52 p. ½, de l’école de La Meyze ; Henri Couteau, 50 p. 1, 2. de l’école de Nexon : Jean Sage, 49 p. 1/2, de l’école de Saint Priest-Ligoure ; François Roussette, 49 p., de l’école de Nexon ; Prosper Laplaud, 47 p. 1/2, même école : Léonard Pradaux, 47 p., de l’école de Saint-Priest Ligoure ; Louis Frugier, 46 p. 1/2, même école ; Denis Rabier, 45 p. de l’école de Nexon ; Jean Laspougeas, 43 p., de l’école de La Roche-l’Abeille.

Le Courrier du Centre, 27 juin 1885

 

–  Pour l’année 1886 la presse n’a pas publié les résultats pour les garçons. 23 filles se sont présentées et 17 ont été admises soit 73,9%.

« Le 2 juin 1886, s’est réunie, à Nexon, la commission chargée d’examiner les aspirantes au certificat d’études primaires.

Membres de cette commission présents : MM. Château, Inspecteur primaire à Saint-Yrieix, président ; Bonnet, conseiller général, délégué cantonal, vice-président ; Frugier, délégué cantonal ; Nouhaud, délégué cantonal. Mmes Moreau, Bourbon, Delhoume, institutrices, et enfin M. Tricaud, Instituteur, secrétaire.

Vingt-trois aspirantes, appartenant aux diverses écoles du canton, s’étaient fait inscrire, vingt-trois se sont présentées. L’épreuve d’orthographe en a éliminé sept. Les dix sept autres ont été admises aux épreuves orales et ont été définitivement reçues.

Ce sont, par ordre de mérite :

Mlles Marie Couvidou, 64 points, école de Nexon. — Marie Aymard, 60 points, école de Nexon : — Hélène Pissanchi, 55 points 1/2, école de Nexon. — Marie Laspougeas, 55 points, école de Saint-Priest-Ligoure. — Ex aequo, Noémie Valérie, 55 points, école de Saint-Priest-Ligoure. — Marguerite Guitard, 54 points, école de Saint-Priest-Ligoure. — Marie Chirol, 53 points 1/2, école de Meilhac – Marguerite Bauer, 53 points 3/7, école de Saint-Priest-Ligoure. — Alice-Caroline Benoit, 52 points 1/4, école de Nexon. Ex aequo : Mlles Louise-Joséphine Pagnon, 51 points 1/2, école de La Roche-l’Abeille. — Marie Sénigout 51 points 1/2, école de Nexon. — Catherine Bonnet, 50 points, école de Rilhac-Lastours. — Catherine-Emilienne Lasconjarias. 49 points 1/2, école de La Meyze. — Marte Roque, 48 points 1/2, école de Nexon. — Marie Sazerat, 44 points, école de Saint-Hilaire Lastours. — Madeleine Amélie Chirol, 47 points, école de la Grimaudie, commune de Saint-Hilaire-Lastours. — Andrive-Anne Barnagaud, 46 points1/2, école de Janailhac.

Le secrétaire, TRICAUD.

Le Courrier du Centre, 10 juin 1886

 

1888

Garçons. Inscrits : 38 ; définitivement admis : 31.

Voici leurs noms par ordre d’inscription et par école :

Ecole laïque de Nexon — Léonard Aymard, 66 points ; Henri Barnagaud, 48 1/2 ; Bernard Bégot, 45 1|2 ; Henri Desplanches, 53 1/2 ; Maurice Le Creurer et Léonard Sazerat, 50 1/2 ; François Richard, 41 et Joseph Verneuil, 52. — Ecole de La Meyze. — François Crouzillard, 60 1/2 ; Antoine Ragot, 50 et Mathurin Grospas, 47 1/2. — Ecole de Janailhac. — Pierre Goudard, 54 1|2. — Ecole de Saint-Hilaire Lastours. — Léonard Loup, 60 1/2. — Ecole de Saint-Priest-Ligoure. — Léon Texier, 58 1/2 ; Joseph Barbe, 49 et Jean-Baptiste Peyrat, 46 1/2. — Ecole du hameau des Chapelles. — Jean Charbonniéras, 50 ; Jean Faure, 47 ; François Nicolas, 56. — Ecole de Rilhac-Lastours. — Léonard Dupuy et Léonard Perrier, 54. — Ecole libre congréganiste de Nexon. — Martial Peyrat, 44 ; René Pelletier, 48 ; Antoine Barreau, 53 ; Antoine Laleu, 47 ; Louis Villoutreix, 44 1/2 — Ecole de Meilhac. — Joseph Cayssac, 54 1/2 ; Pierre Mariaud, 48 1/2 ; Guillaume Chatenet, 47. — Ecole mixte de Lafarge. — Léonard Desmont, 49 et Jean Montintin, 51 1/2.

Filles. — Inscrites 22 — Définitivement admises, 13.

Ecole publique congréganiste de Nexon. — Françoise Rattier, 47 points ; Catherine Laborie, 59 ; Catherine Célérier, 58. — Ecole de La Meyze. — Marie-Eugénie Doudet, 57 points 1I2 ; Marie-Louise Guillot. 60. — Ecole de Rilhac-Lastours. — Catherine Vergnolle, 57 1|2. — Ecole mixte de Lafarge. — Marie Grospas. 54 1/2. —Ecole de Saint-Priest-Ligoure. — Louise Artige, 63 1/2 ; Marguerite Gibeaud, 61. — Ecole de Meilhac. — Marie-Louise Tabutaud, 71 1/2. — Ecole libre congréganiste de Nexon. — Mathilde Laleu. 61 ; Mélanie Bardet, 58 1I2 et Léonie Laurent, 71 points.

Le secrétaire de la commission d’examen. DECONCHAT

Le Courrier du Centre, 3 juillet 1888

 

1889 – La commission chargée d’examiner les candidats au certificat d’études primaires s’est réunie à Nexon le vendredi 21 juin courant, dans une des salles de l’école publique de garçons.

Elle se composait de MM Chaminade, inspecteur primaire, président ; Bonnet et Thomas, délégués cantonaux ; Bourbon, instituteur à Séreillac ; Desvilles, instituteur à Saint-Yrieix ; Combellas, instituteur à Quinsac ; Leblanc, instituteur au Martoulet (ce dernier secrétaire) ; Mmes Bourbon, institutrice à Séreilhac et Leblanc, institutrice au Martoulet.

59 aspirants s’étaient fait inscrire ; 52 se sont présentés ; 25 out été définitivement admis.

Ce sont par école et par ordre alphabétique :

Ecole publique de Nexon. — François Barret, Pierre Desbordes, Alphonse Fromentin, Ernest Jolibois, Léon-François Brégère, Marcellin Dauriat, Albert Deville. Jean Frugier, Léonard Monnerie.

Ecole congréganiste de Nexon. — Gaston Cavalié, Martial Dannaud, Baptiste Desbordes, Jean Pateaud, Martial Pradeau, Denis Perrier.

Ecole de Saint-Priest-Ligoure. — Jean Chabrol, Jean Breuil, Martial Berland, Jean Châtenet.

Ecale de La Meyze. — Elie Guillot.

Ecole de Leyssard. — Pierre Gauthier.

Ecole de La Roche l’Abeille. — François Pradeau.

Ecole de Janailhac. — Léonard Lamargot.

Ecole des Chapelles. — Germain Château.

Ecole de Meilhac. — Jean Peyrichou.

Le Courrier du centre 29 juin 1889

 

–  Pour l’année 1891 le Courrier du centre donne les résultats des garçons. Sur 55 inscrits, 48 se présentent et 39 sont admis soit 81,2 % des présents. La présentation de la liste des reçus par école communale montre que pour Nexon, 8 garçons viennent de l’école publique et 6 de l’école privée.

« Certificat d’études primaires – CANTON DE NEXON – La commission chargée de l’examen des candidats au certificat d’études s’est réunie le 15 juin courant.

Etaient présents : MM. Chaminade, inspecteur primaire, président ; Thomas et Fournier, délégués cantonaux ; Bourbon, Grimodie, Mérand et Desvilles, Instituteurs, ce dernier secrétaire.

55 aspirants s’étaient fait inscrire ; 48 se sont présentés, 40 out été admis à l’oral et 39 admis définitivement. Ce sont, par ordre d’inscription :

Pierre Bataille, Henri Bonnet, Léon Guyot, Camille Rebeyrolle, Léon Sazerat, Joseph Sazerat, François Laurent et Alphonse Fromentin (ces deux derniers ayant obtenu la mention d’agriculture), de l’école publique de Nexon.

Martin Villoutreix, Louis Chauvier, Jean Audoinet, Martial Gorce, Martin Favard, de l’école de Rilhac Lastours.

Jean Aubert, de l’école de La Roche l’Abeille.

Martial Gibaud, de l’école de Fressinet.

Pierre Doudet, Léonard Gibeaud, Jean Doudet, Emile Lasconjarias, Martial Jouhaud, de l’école de La Meyze.

Jean Peyrat, Léon Peyrat. Aubin Texier, Jean Baptiste Vedrenne, de l’école de Saint-Priest-Ligoure.

Jean Desmont et Evariste Tallet, de l’école de Lafarge.

Clément Mourguet et François Jouhaud, de l’école de Meilhac.

Martial Fleurât, Jean Gizardin el François Salvaudon, de l’école de Rilhac-Lastours.

François Bellingard, de l’école de Deshaies.

Jean Laplaud, de l’école de Saint-Jean-Ligoure.

Léonard Rabetaud, Léonard Valéry, de l’école de Jourgnac.

Jules Constant, Félix Bonnet, Léon Desbordes, Pani Peynichoux, Pierre Desmaison et Gaston Carrière (mention de dessin), de l’école privée de Nexon. »

Le Courrier du Centre 23 juin 1891

 

1893

Garçons. — Inscrits : 56 ; présentés : 52 ; reçus : 36.

Ecole de garçons de Janailhac. — Thouraud, Jouhaud, Deyliat, Bergemine et Granier.

Ecole de garçons de Meilhac. – Fournier.

Ecole de garçons de la Meyze. — Papel, Roux, Dubois, Jouhaud.

Ecole communale de Nexon. — Léon Laspougeas, Tarrade, Combrouze, Jean Laspougeas, Desproges.

Ecole congréganiste de Nexon. — Barrac, Croisant, Guyonnaud, Marquet, Redain, Roche.

Ecole de garçons de Rilhac. — Gayot, Dussoubs.

Ecole de garçons de Lastours. — Defaye.

Ecole de garçons de la Roche l’Abeille. — Barry, Marcou, Ventaud.

Ecole de garçons de Saint Priest-Ligoure. — Valéry, Eugène Berland.

Ecole mixte de Freyssinet (Saint-Priest-Ligoure). Nouhaud.

Ecole de garçons de Jourgnac. — Adam, Vigier, Nouhaud, Marquet, Brousseau, Frugier.

Le Courrier du Centre 31 juillet 1893

 

En 1893, 27 filles sur 31 présentes sont reçues soit une réussite de 87,1%.

« CANTON DE NEXON – Aspirantes -Inscrites, 32 ; présentes, 31 ; reçues, 27.

Ecole de Janailhac. — Barette, Valéry.

Ecole de Meilhac. — Delomenie, Landoize

Ecole de La Meyze. — Monneron, Lasconjarias, Nicaud.

Ecole de Nexon. — Barret, Brégère, Marie Cellérier, Jeanne Cellérier, Desbordes, Granger, Laleu, Dapuy, Dieuaide.

Ecole de Rilhac. — Laroudie.

Ecole de Lastours. — Delage, Guilhot.

Ecole de La Roche-l’Abeille. — Laporte, Bonnafy.

Ecole de Saint Hilaire Lastours. – Bragard, Barriere, Couteaud

Ecole de Saint-Priest-Ligoure. – Pradeaud, Dufroid

Ecole de Freyssinet. — Escure. »

Le Courrier du Centre, 8 août 1893

 

1897

M. Fournier, instituteur honoraire à Nexon, officier de l’instruction publique, a la très louable habitude, depuis 1838, de décerner des prix aux élèves qui obtiennent le certificat d’études primaires dans sa délégation cantonale. Le 31 juillet dernier il s’est rendu à Lastours et a fait lui même la remise de quatre beaux volumes, bien choisis, aux quatre élèves reçus.

Dans une improvisation toute de circonstance, dictée par le cœur et l’expérience, M. Fournier a fait ressortir, en termes fort bien mis à la portée de son auditoire, les bienfaits de l’instruction qui doit marcher de pair avec un bonne éducation.

Au nom des parents et des élèves de la commune de Rilhac-Lastours, nous remercions M. Fournier de sa générosité en partant de l’intérêt qu’il porte à la cause de l’instruction populaire. UN GROUPE DE PÈRES DE FAMILLE.

Le Courrier du Centre, 4 août 1897

 

 

La Fédération Patrimoine-Environnement (http://patrimoine –environnement.fr) organise depuis 2005 un concours national, agréé par l’éducation nationale, dans le but de faire découvrir aux élèves le patrimoine de proximité tout en les initiant aux nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) et au métier de journaliste.
En 2015, 1 512 élèves ont réalisé un petit journal sur le patrimoine de leur commune en lien avec le thème « Le Moyen Âge toujours présent » ; Parmi les 74 petits journaux reçus, celui réalisé par les élèves de la classe de 5ème B du collège Arsène Bonneaud de Nexon.
Sur l’initiative de leur professeur de français, Madame Duhard, et de leur professeur d’histoire-géographie, Monsieur Duranteau, les 26 élèves de la classe ont effectué des recherches aux Archives départementales de la Haute-Vienne, sur Internet, au CDI du collège. Ils ont créé un journal « Nex’presse » rapportant les évènements de Nexon à l’époque de Richard Cœur de Lion.On le trouve sur le site de la Fédération, http://patrimoine-environnement.fr/wp-content/uploads/2015/06/87-Coll%C3%A8ge-Ars%C3%A8ne-Bonneaud-5%C3%A8me.pdf   , et je le mets en ligne.nex presse 1nex presse 2nex presse 3nex presse 1

Leur journal a obtenu le deuxième prix. Félicitations aux élèves et à leurs professeurs.

 

 

 

 

 

 

Photos de classe

août 4th, 2015 | Posted by admin in L'école - (1 Comments)

Cette rubrique est d’abord alimentée par mes propres photos ou celles de mes frères et sœurs. Elle demande a être enrichie par ceux qui voudront bien m’envoyer leurs photos.  ( Je les renvoient bien entendu!). Le Collège m’a également fait passer des photos que je mettrai en ligne progressivement. Seules les personnes qui sont sur les photos peuvent indiquer leur nom. Ce serait un grand plaisir de retrouver tous ceux avec qui j’étais en classe.

CP 1953 54 JF

En CP

CP Nexon M. GrafeuilleMa classe de CE1 avec M. Grafeuille

CE Nexon M. BarjouMa classe de CE2 avec M. Barjou

Mon parcours scolaire et universitaire a été marqué par la rencontre avec des enseignants qui étaient de véritables » maîtres ». Ce fut le cas des  instituteurs et de l’institutrice que j’ai eu au primaire à Nexon. Guy Barjou occupe une place particulière, non seulement par j’ai eu l’occasion de le retrouver, lui à la retraite et moi toujours en activité, mais aussi parce que le jeune élève, un peu timide que j’étais a beaucoup appris, aussi bien en matière de savoir que de savoir être de ce jeune « maître d’école ». Il revenait juste d’accomplir son service militaire et prenait la suite de Michel Bouchareissas qui partait effectuer ses 18 mois d’armée. Albert Grafeuille me laisse le souvenir d’un maître sévère, faisant beaucoup travailler les élèves. C’est un bon footballeur mais nous ne le savions pas car les cours d’éducation physique n’étaient pas faits par les instituteurs mais par Monsieur Duguet. Il n’était pas enseignant et travaillait dans l’administration fiscale à Limoges. Nous allions au stade, en rang, pour les cours. J’ai retrouvé par la suite Raymond Duguet à la Ligue du centre Ouest de football et au district de football de la Haute Vienne qu’il a présidé.

Mes frères et sœurs à l’école

Ecole maternelle 1953 Daniel Michel

Michel et Daniel à l’école maternelle  1952-53

maternelle 1953 Daniel Michel

1953-54

Ecole 1955 Michel Daniel

1954-55

ecole primaire Alain

Alain à la maternelle 1954-55

cours elementaire 1957 Alain professeur M Thoumieux

Alain dans la classe de M. Thoumieux

1956 Alain

1956-57

Maternelle ou CP filles 1957 marie Andrée

Ma sœur Marie Andrée à la maternelle

 chorale Anne Marie 1960Chorale Anne marie 1 960 61la chorale de l’école de filles en 1960 avec une de mes sœurs

Chorale Nexon Chalus 1962-63 Pierre Leplant Concours UFOLEAChorale Nexon – Chalus avec M. Leplant

Photos anciennes et récentes…

1931

1935

Primaire 1935

Une classe de primaire en 1935. Tous les élèves sont chaussés de galoches et ils portent presque tous une blouse noire. Photo aimablement communiquée par la fille de Georges Maraillat, au 2ème rang avec l’écharpe.

 1941

Novembre 1941

1945-1946

1970

 

5 B 1970 - Copie5ème B 1970

L’école à Nexon

août 3rd, 2015 | Posted by admin in L'école - (0 Comments)

L’école avant la Révolution

Dans les campagnes c’est le curé qui tient et dirige l’école. Dans les statuts synodaux de Philippe de Montmorency, évêque de Limoges, datés de 1519, on relève l’article suivant « Chaque curé aura avec lui un clerc de science médiocre, qui chantera au chœur et tiendra école où il enseignera l’alphabet et les dix commandements de Dieu »
Mais, malgré les prescriptions réitérées de l’autorité ecclésiastique, malgré les termes pressants des statuts synodaux publiés en 1619 par l’évêque de Limoges, Raymond de la Marthonie rappelant aux prêtres qu’une de leur principale fonction était l’instruction des enfants il n’a pas existé beaucoup d’écoles curiales dans les villages.

Le Limousin avait ni école ni université célèbre. Les étudiants avaient des places réservées à Toulouse, au collège de Saint-Martial, créé en 1359 par Innocent VI pour recevoir et nourrir vingt pauvres étudiants dix en droit canon et dix en droit civil dont six de Limoges et dix de Toulouse, et le collège de Sainte-Catherine, fondé par le cardinal Pierre de Monteruc, en 1379, augmenté par les libéralités de son neveu Hugon, évêque d’Agde, et qui pouvait recevoir deux prêtres et dix étudiants en droit canon ou en droit civil. A Paris le collège de Grandmont (Mignon), et celui de Saint-Michel, fondé en 1318 par un prélat de la famille de Chanac, enrichi par un autre et dont l’administration était réservée à des Limousins, enfin le collège de la Marche avec des places gratuites pour les étudiants de cette province.

Les bourgeois appréciaient l’instruction et savaient quel avenir elle ouvrait à leurs enfants. Aussi les voit-on manifester en mainte occasion leur désir que ceux-ci soient mis à l’école et fassent des études

Dans ses mémoires Charles Joseph Verneilh-Puiraseau raconte son éducation. Son père, procureur fiscal, lui a donné ses premières leçons de lecture puis, compte tenu de la situation de son père et du fait que ses ancêtres avaient été co-seigneur de Nexon il lui a été permis de partager l’instruction primaire des enfants de M. de gay de Nexon qui avait engagé un instituteur chez lui. Vers 8 ou 9 ans il fut envoyé à Saint-Yrieix chez un frère de son père, un médecin sans enfants. Il alla à l’école chez un maitre qui faisait l’école chez lui. Avec lui il y avait un autre élève qui était pensionnaire chez le maitre d’école. Celui-ci utilisait facilement le fouet et la férule. Après cette période d’école solitaire, il va chez l’instituteur en titre de Saint-Yrieix. La ils sont 60 élèves. Le maitre qui avait été nommé par le Chapitre de la Collégiale. Le latin, base essentielle de l’enseignement, comme toutes les leçons étaient apprises par cœur. Chaque élève, a tours de rôle, récitait sa leçon devant le maitre, assis dans un fauteuil et tenant un martinet à la main. A la moindre faute de mémoire l’élève recevait un coup de martinet sur la partie des jambes non protégée par le pantalon court.

Dans son ouvrage, « L’instruction primaire en Limousin sous l’ancien régime » publié en 1888, Louis Guibert a examiné les signatures des actes de mariage dans le Limousin. Il constate qu’en 1700 et 1701 il n’y a aucune signature dans le canton de Nexon, une douzaine de cantons dont Bellac, Limoges et Saint Junien dépassent 10%.
En 1789 1790 la proportion est d’à peine 10% dans des cantons comme à Chalus et Saint-Yrieix.
En 1883, sur le désir exprimé par la Société Archéologique et encouragé par M. F. Buisson, inspecteur général de l’université, M. L. Galliard, inspecteur d’académie à Limoges voulut bien adresser à tous les instituteurs du département une circulaire pour prescrire le dépouillement, à des dates fixées d’un commun accord, et à un intervalle moyen de vingt-cinq années, des registres de toutes les anciennes paroisses de la Haute Vienne.

Signatures hommes en %        Signatures femmes en %
1650            5,7                                                       3,8%
1675            7,02                                                     4,1
1700           8,7                                                        5,7
1725         10,02                                                      5,8
1750           8,2                                                         5,4
1800        10,3                                                         7,6
1825        16,8                                                        10,8
1850        26,5                                                        15,4

Pourcentage d’actes de mariage signés en Haute-Vienne

On constate qu’en 2 siècles il y a quatre fois plus d’actes de mariage signés; mais ce progrès montre malgré tout un important illettrisme dans la population de l’académie de Limoges puisque les trois quarts des mariés ne sont pas capables de signer leur acte de mariage. Il est temps que l’école devienne obligatoire et gratuite, ce qui est le corolaire du caractère obligatoire.

L’école à partir du XIXe siècle
Le XIXe siècle oscille donc entre Empire, Monarchie et République. Il est donc partagé entre des tendances diverses émanant de ces changements de gouvernement, que l’on retrouve dans l’évolution de l’école, en particulier l’éducation des filles. Bien que la République soit devenue le régime stable de notre pays, l’éducation va subir au XXe siècle de nombreuses évolutions.

La Monarchie de Juillet (1830-1848)

En 1830, c’est la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe est « roi des français ». La loi du 28 juin 1833 ou loi GUIZOT, va constituer une étape importante dans l’histoire de l’instruction primaire en obligeant les communes de plus de 500 habitants d’entretenir une école primaire de garçons et de payer le maître. Tout individu âgé de dix-huit ans peut exercer librement la profession d’instituteur primaire, à condition d’obtenir un brevet de capacité, délivré à l’issue d’un examen, et de présenter un certificat de moralité.

La réalité cependant était d’une autre nature, les instituteurs mal payés occupaient bien souvent un autre métier. L’enseignement payant fermait la porte à beaucoup d’enfants. En 1848, près de 3 000 000 enfants sont scolarisés dans le primaire.
Qu’elle soit privée ou publique, l’instruction primaire élémentaire comprend nécessairement « l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures » (article 1er). Cependant, une timide notion de laïcité est introduite à l’article 2 : la participation à l’instruction religieuse est laissée à la responsabilité du père de famille.
La IIe république (1848-1852)

La loi FALLOUX du 15 mars 1850 complète la loi GUIZOT en rendant obligatoire également la création d’une école de filles dans toute commune de plus de 800 habitants.
Cette loi place l’Université sous contrôle du clergé et autorise l’ouverture d’établissements privés en dehors du contrôle de cette institution. Elle permit l’essor de l’enseignement catholique en parallèle de l’enseignement public en spécifiant que tous les établissements dits libres pouvaient recevoir des communes, des départements ou de l’État des aides financières ou matérielles.
Le terme « école libre » apparaît en opposition à l’école publique.
Les instituteurs sont choisis par la commune sur une liste d’aptitude dressée par le conseil académique. Ils sont logés et rémunérés par la commune (600F par an). L’école est payante, mais ceux qui ne peuvent pas la payer bénéficient de bourses.

Le second Empire (1852-1870)

Victor DURUY est soucieux de développer l’enseignement du peuple et prend à cet égard de nombreuses mesures. Il propose en 1865 de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit, mais ne peut obtenir la réalisation de ce projet. Dans la lignée des lois GUIZOT et FALLOUX, son œuvre principale, la loi du 10 avril 1867 oblige les communes de plus de 500 habitants à créer une école de filles. Il encourage la gratuité de l’éducation en incitant les communes pauvres à l’instaurer en bénéficiant pour cela de garanties de subventions de l’État. À l’octroi de bourses s’ajoute bientôt la création de Caisses des écoles destinée à aider les élèves issus de familles nécessiteuses.

La IIIe république (4 septembre 1870 – 1940)

Jules FERRY fait voter la loi du 16 juin 1881 qui rend l’enseignement primaire public et gratuit. Ceci permis, ensuite, de rendre l’instruction primaire (6-13 ans) obligatoire par la loi du 22 mars 1882. A l’issue de la scolarité l’élève passe le certificat d’études. Cette loi impose également un enseignement laïque dans les établissements publics.

La loi obligea les communes et les départements, avec l’aide de l’État, à créer des collèges pour filles. Jusqu’alors les filles ne pouvaient poursuivre un enseignement secondaire que dans des institutions religieuses.
Ces réformes furent accompagnées par un réel effort financier puisque le budget de l’Éducation a été multiplié par six entre 1880 et 1914.
Il faut dire que l’objectif de Jules ferry était ambitieux. Il s’agissait d’introduire les idées républicaines dans les régions de France les plus isolées. Les instituteurs, les « hussards noirs » doivent prouver que la République est le seul système capable de permettre le Progrès. Une conséquence de cette scolarisation massive a été la diminution de l’usage des langues régionales. En outre le développement de l’éducation avait pour but de donner une instruction aux jeunes français au moins équivalent à celle qu’avaient les allemands. En effets certains considéraient qu’une des raisons de la défaite contre la Prusse venait du fait que les soldats allemands étant jugés mieux instruits que les Français. L’idée de revanche était donc sous-jacente aux réformes Ferry.
Le régime de Vichy (1940-1945).

Le gouvernement ferma les Écoles Normales et mis en place de nouveaux programmes pour les cours complémentaires en introduisant la physique et chimie dès la 6ème.

La IVe République (1944-1958)

Les Écoles normales sont rouvertes et le Brevet élémentaire, délivré par l’enseignement primaire, est remplacé par le Brevet d’études du premier cycle de l’enseignement secondaire (BEPC).
L’école primaire est encore la seule voie possible d’accès à l’éducation pour la majorité des enfants « du peuple » mais on assiste à un affaiblissement de l’idéologie républicaine et les « leçons de morale » disparaissaient de bien des classes. L’obligation de scolarité est portée à 16 ans, l’enseignement est réparti en 4 cycles :
Le cycle élémentaire 6-11 ans.
Le cycle d’observation 11-13 ans.
Le premier cycle 13-15 ans.
Le second cycle 15-18 ans.

La Ve République (1958 -…)

Le décret BERTHOIN du 6 janvier 1959 rendit obligatoire la scolarité jusqu’à 16 ans, au lieu de 14. Ce même décret créait le collège d’enseignement général (ou CEG) collèges qui distribuaient un enseignement court à coté des Collèges d’enseignement secondaire (CES) dont les élèves poursuivaient en général leurs études dans le second cycle long.

La loi HABY du 11 juillet 1975 crée un « collège unique » sur la base des CEG et des CES.
La structure actuelle est la continuation de celle mise en place en 1975:
– École maternelle jusqu’à 6ans.
– L’école primaire en 5 ans.
– Tous les élèves entrent au collège pour une formation secondaire générale sans distinction.

L’instituteur ou l’institutrice dans un village
L’école à Nexon a suivi le schéma décrit précédemment. Il est marqué par le fait que Nexon est une commune rurale ce qui rend les enseignants plus visibles de l’ensemble de la population.

Nous n’avons trouvé de récits d’instituteur ou d’institutrice racontant sa vie à Nexon mais elle ne devait pas être sensiblement différente de celle décrite par ailleurs. Pour connaître ce qu’était la vie d’une institutrice on peut se référer au roman de Léon FRAPIE, «L’Institutrice de Province» publié en 1897. Quelques années plus tard, en 1904, il poursuit dans la même veine avec son roman « La maternelle ». Il reçoit le prix Goncourt, le deuxième dans l’histoire de ce prix. Léon FRAPIE était un modeste fonctionnaire à la préfecture de la Seine. Il raconte que c’est par le mariage qu’il est venu à l’écriture, inspiré par l’expérience de sa femme, Léonie MOUILLEFERT, épousée en 1888. Elle était institutrice affectée au service d’une école installée dans un quartier populaire. La presse couvre de lauriers le nouveau prix Goncourt pour son réalisme et sa fibre sociale. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec lui, certaines institutrices vont dans son sens, d’autres mettent en évidence la fierté qu’elles ont d’exercer ce métier. On peut aussi relire des romans qui mettent en scène l’école et sur la période 1860-1914 on citer Le Petit Chose d’Alphonse DAUDET (1868), Sans famille d’Hector MALOT (1878), L’Enfant de Jules VALLES (1881), Poil de carotte de Jules RENARD (1894), Claudine à l’école de COLETTE (1900) ou Le Grand Meaulnes d’Alain FOURNIER en 1913. Pour une analyse universitaire une référence est la volumineuse étude de Jacques et Mona OZOUF, La République des instituteurs, Hautes Études, Gallimard, Le Seuil, Paris, 1992.

Les instituteurs et les institutrices mènent une vie austère. Les salaires sont bas, les débuts de carrière sont difficiles. Les premiers mois, le salaire est trop faible pour les dépenses de la vie courante, comme payer la pension à l’auberge. Ils sont alors obligés de trouver des revenus supplémentaires. Les compléments habituels sont le secrétariat en mairie, les cours aux adultes ou encore le travail chez un notaire, comme le recopiage des actes de ventes. D’une manière générale, 1 instituteur sur 2 a d’autres revenus que son salaire mais seulement 1 femme sur 5, cela peut être expliqué par l’isolement plus important que subissent les institutrices.

La loi du 19 juillet 1889 a fait des instituteurs des fonctionnaires d’État. Leur rémunération est de 700 F auxquels s’ajoute un supplément de traitement dont le montant varie versé par la commune. Les paysans considèrent que c’est un bon salaire et « qu’il pleuve, ou qu’il vente il est payé ». Instituteurs et paysans ne se comprennent pas toujours : quand l’un travaille dur dans les champs l’autre est en vacances ! Pour eux seul le certificat compte et pourtant ils font porter des œufs, des légumes, des fruits… à l’instituteur. Il est le lettré du village mais pour autant il ne peut pas être considéré comme un bourgeois. Il se sent inférieur et ne les fréquente pas beaucoup. L’instituteur est souvent seul mais c’est encore plus vrai pour les institutrices. Elles ne peuvent envisager un mariage avec un jeune paysan ni un fils de bourgeois, elles restent donc célibataires, ce qui fait dire à certains auteurs que c’est un « métier à vieille fille ».

C’est pour éviter cette solitude que l’administration, en particulier l’École normale, recommande les mariages entre instituteurs. On trouve des conseils à ce propos dans les livres de morale à l’École normale : quand elles quittent l’école, les institutrices doivent par exemple, « rester célibataire au moins 3 ans pour reconnaître les bienfaits de l’État et faire son service le mieux possible sans charges d’intérieur pour le ménage ou rechercher si possible le compagnon avec lequel, on pourra lire le même livre ».

L’accueil que la population réserve à l’instituteur est déterminant. Il accentue ou atténue son isolement dans le village. Les instituteurs classent donc les cantons ou les communes en fonction de cet accueil.

Les instituteurs se heurtent à l’absentéisme très fréquent des élèves. Les motifs d’absence sont nombreux. Il y a les premières communions, les confirmations, les lendemains de fête et surtout les travaux agricoles, principalement les récoltes. Il ne faut pas oublier les maladies et les épidémies qui sont fréquentes a ces époques ou personne n’est vacciné et ou les antibiotiques n’ont pas encore été découverts.

Malgré cet absentéisme ils font face à des classes nombreuses. Ils ont souvent plus de 100 élèves, répartis en plusieurs niveaux. Il faut dire qu’à cette époque la discipline était stricte. Les coups de règles sur les doigts, les tirages de cheveux, les mises au piquet et les bonnets d’ânes faisaient partis de la panoplie largement utilisée. Pourtant un règlement de 1882 interdisait les châtiments corporels et permettait seulement les mauvais points, la réprimande, la privation de récréation ou la retenue après la classe.

bonnet d'ane

Quelques dates pour l’école à Nexon

Le 15 mai 1818 le conseil décide de nommer un deuxième instituteur en la personne de M. RISPAL, ancien avoué à St-YRIEIX.

Dans les dépenses de la commune pour l’année 1827 on note que 100 Francs ont été alloués comme indemnité aux deux instituteurs.

Le 4 Mai 1829, le conseil municipal autorise la dame BESSE née TARRADE à exercer les fonctions d’institutrice primaire du 2° degré dans la commune de Nexon.

L’acte de naissance de l’école primaire publique est signé par la loi Guizot du 28 juin 1833. Celle-ci, dans son article 8, précisa la notion d’école publique « celles qu’entretiennent en tout ou partie, les communes, les départements ou l’État ».

Le 6 septembre 1833, le Conseil, faute de ressources, refuse la création à Nexon d’une école d’enseignement supérieur.
Il décide que la rétribution mensuelle revenant à l’instituteur sera payée par les élèves à raison de 2 francs pour les commençants et de 3 francs pour ceux qui recevront les premiers principes d’écriture et de calcul.
M. Pierre-Philippe BESSE, instituteur, recevra un logement et une indemnité de 100 francs de la commune.

A coté de l’école publique il existe une communauté des « Sœurs de l’enfant Jésus » qui accueille des élèves. Outre Nexon, il y a des établissements à Blond, Chalus, Jourgnac, La Meyze, Saint-Hilaire-Lastours,

En 1836, la demoiselle Léonarde BEAUDOU de Solignac est nommée institutrice à Nexon.

Le 14 mars 1840, le Conseil désigne Jean LIMOUSIN, docteur-médecin, et TARADE, huissier, comme membre du Comité local de surveillance de l’école.

Le 22 mars 1847, le Conseil municipal adresse des félicitations à l’instituteur BESSE pour ses bonnes méthodes d’enseignement.
Le 6 Février 1851, 19 enfants sont admis gratuitement à l’Ecole de Nexon, les parents étant incapables de payer. Le traitement de l’Instituteur est fixé ainsi :
1. 1, 50 franc pour ceux qui apprennent à lire seulement
2. 2 francs pour ceux qui lisent et qui commencent à écrire
3. 3 francs pour ceux qui sont plus avancés,

Le 8 Novembre 1858 Mr VIGNERAS est nommé instituteur.

Le 7 mai 1862 il est décidé d’aménager une deuxième classe dans les bâtiments de l’Hôtel de Ville et de faire réparer celles existantes qui sont très vétustes. 1000 francs sont votés à cet effet.

place mairie animme

L’ancienne école est au fond, à droite

Le 30 octobre 1863, Louis NADAUD est nommé instituteur.

Le 6 décembre 1867, Jean BEYRAND est nommé instituteur.

Le 24 février 1869, le Conseil décide l’installation d’un bureau télégraphique à Nexon qui sera installé dans une partie de l’Ecole Libre. Le Directeur en sera le Frère REVERSAT, homme instruit, bon, honnête et aimé et si ce dernier est malade le frère FLORENTIN le suppléera.

Le 27 février 1869, Anne Marie Rosalie LIABEUF, sœur ÉMILIENNE est nommée institutrice à l’Ecole communale de Nexon.

Le 23 novembre 1869, Louis REBEYROLLE est nommé instituteur.

Le 18 novembre 1870, la Commission décide que l’instituteur appelé à remplacer Mr. BESSE soit un laïque, repoussant de toute son énergie tout instituteur congréganiste et demande que FOURNIER remplisse ce poste.

Le 6 avril 1871, le conseil fait droit à la demande de Mr FOURNIER instituteur communal de prendre des élèves pensionnaires.

Le 15 Janvier 1872, François GOUET est nommé instituteur adjoint.

Le 3 juillet 1872, Alexandre MANGAUD est nommé instituteur adjoint.

En Mai 1873, l’école de filles compte 100 élèves, une deuxième institutrice est demandée d’urgence.

Le 5 janvier 1874 Madame JOUTE Joséphine est nommée institutrice à l’école communale de filles.
Le 21 Octobre 1874, Mr CHATEAU Joseph est nommé instituteur adjoint.

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Le 16 Mai 1880, Monsieur l’Inspecteur a été frappé par l’insuffisance d’instituteurs pour l’école de Nexon qui compte 192 élèves.

Le 25 septembre 1881, le Conseil décide l’agrandissement des classes d’école, le déplacement des lieux d’aisances, la création d’une cour de recréation et l’achat de mobilier scolaire. M. FOURNIER est toujours instituteur. Il a un adjoint. L’institutrice communale est encore une religieuse, Sœur Odilon.

Le 17 décembre 1882, le conseil désigne une commission pour choisir un emplacement pour construire l’école.

Le 14 Mai 1883, Mr Antoine JOUHAUD fait rapport au conseil que la commission a désigné le jardin de M. SUIDURAUD pour l’édification de l’école et que le propriétaire est prêt à le céder pour la somme de 25,000 F. Le conseil refuse cette proposition,

Le 12 juin 1885, le conseil décide la création d’une école au hameau d’Aixette, (projet qui n’a jamais été réalisé). M. FOURNIER est toujours instituteur mais il a deux adjoints.

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Le 15 février 1903, le conseil demande l’affectation du presbytère aux classes scolaires.

1905, M. CHAMBON est directeur. MM. LAMAUD et SICOT sont adjoints. Pour les filles Mme CHAMBON est directrice et Mme SICOT adjointe.

1908, M. BUREAU est directeur. Il a deux adjoints. Mme BUREAU est directrice avec une adjointe.

Les enseignants de 1906 à 1921

1906

Directeur : M. Sicot

Instituteurs : M. Lamaud

Institutrices : Mme Chambon et Mme Sicot

1907

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud et Baronet

Institutrices : Mme Baronet et Mme Bureau

 

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1908

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud et Baronet

Directrice Mme Bureau, à la suite de la création d’un poste supplémentaire d’institutrice

Institutrices : Mme Baronet et Melle Jarraud (emploi nouveau)

1909

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud, Baronet et Aymard

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet et Melle Jarraud

1914

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Thouraud, Baronet et Aymard

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lominé

1915

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Baronet et Aymard

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lominé

1916

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Baronet, Melle Lominé

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lherbet

1919

Directeur : M. Bureau

Instituteurs : MM. Baronet et Aymard, Mme Freneix

Directrice Mme Bureau

Institutrices : Mme Baronet, Melle Brousse et Melle Lherbet

1921

Directeur : M. Royer

Instituteurs : Mlles. Dublondet, Chaleyer et Faure

Directrice Mme Royer

Institutrices : Mlles Quinque, Brousse et Lapouyade

1936

Directeur : M. Couégnas

M. Couégnas est au centre avec a gauche son épouse. La deuxième en partant de la droite est madame Pauzet qui a été ensuite directrice de l’école des filles.

1939 : Monsieur Couégnas est directeur

L’équipe enseignante photographiée le 27 octobre 1939. Monsieur Couégnas est au milieu, au second rang.

Le nombre des enfants augmente régulièrement et  la vieille école qui se situait dans l’actuel centre Agora, ne comptait que quatre classes, deux au rez-de-chaussée, deux à l’étage. Elle avait une capacité d’accueil de 120 élèves, et ne pouvait pas en accueillir davantage. Les besoins en nouvelles classes primaires étaient cruciaux. Dès lors, on comprend la décision en 1912 du conseil municipal de Nexon de construire un nouveau groupe scolaire.
Le programme de l’opération comprend huit classes classes, 4 de garçons et de 4 classes de filles. 4 logements étaient prévus pour les instituteurs. En annexe il y avait une classe maternelle avec un logement pour la directrice et un pour la femme de service. En sous sol deux préaux, deux cours et deux salles pour la justice de paix. La capacité d’accueil est doublée et passe de 120 à 240 élèves. La construction débute en 1913. Le bâtiment est réceptionné par le maître de l’ouvrage le 23 Septembre 1914, et est investi dans l’année.

 

ecole 1

La cour de l’école est coupée en deux parties distinctes par un mur en pierres , fille d’un coté, garçon de l’autre. Les W.C. sont adossés au mur. Les préaux occupent une grande partie du rez-de-chaussée, sous les classes, et la cantine se situe sous les appartements des instituteurs, dans la zone centrale du bâtiment. L’hiver le confort des élèves est assuré par des poêles à bois et charbon.

ecole 2

En 1945, une cantine est installée dans les locaux de la justice de paix.

En 1946, il y a création du Cours complémentaire, ce qui entraîne une augmentation du nombre des élèves. La municipalité fait construire trois classes, sans aucune subvention.

En 1948 ouverture d’une 2ème et 3ème classe, équivalent des 6ème et 5ème d’aujourd’hui. En effet, l’immédiat après guerre constitue la période de forte croissance initiale du second degré, ce qui deviendra le collège à part entière.

En 1949, tous les niveaux du second degré sont ouverts à Nexon avec les classes allant de la 6ème à la 3ème actuelle. L’établissement compte également des classes « couture » adaptées.

L’école privée qui se trouvait dans l’ancien couvent de la rue Gambetta, subventionnée jusqu’en 1944, fermera définitivement ses portes en 1953.

ancien couventNexon ecole libreL’école privée dans l’ancien couvent

Le chauffage central au charbon est installé dans les années 1950 puis c’est une chaudière au fuel.

Le cours complémentaire se développe régulièrement et en 1958 la municipalité demande la création d’une quatrième classe et le 4 mars 1958 elle dépose un projet d’agrandissement du groupe scolaire. Pour cela elle achète le terrain nécessaire, terrain Papel.

Le 22 novembre 1958, le conseil approuve le projet de construction de trois classes plus une salle de sciences dans les préaux. Ce projet est classé en 39ème position par le Conseil général pour l’obtention des subventions. Une première tranche de travaux est financée grâce à un emprunt de 11 millions de francs. Cette première tranche a fait disparaître les anciens préaux. Les élèves sont de plus en plus nombreux et il est difficile de les accueillir.

Pendant les années 1960 et 1961 le maire et son conseil interviennent aussi bien auprès de l’État que du Conseil général pour faire reconnaître l’urgence d’agrandir le groupe scolaire. Malgré ces interventions le dossier n’est pas classé comme prioritaire. Pourtant il y avait pour l’année scolaire 1960-1961: 145 élèves au Collège, 116 à l’école de garçons, 122 à l’école de filles et 72 à l’école maternelle.

A la rentrée de septembre 1961 le Collège d’enseignement général (C.E.G.) est dirigé par M. DUPUY. Mademoiselle BOTTON, professeur de français, histoire et géographie est remplacée par M. BOULAUD.  Madame BARRET est professeur d’anglais, M. PICAT professeur de sciences et mathématiques, M. THOURAUD professeur de sciences et français. M. GEANDILLOU est nommé comme professeur de lettres au CEG et pour la classe de fin d’études.

A l’école de filles Madame PAUZET est directrice . Mesdames RAYMOND, ROUSSIN et ROUSSIN sont institutrices.

A l’école de garçon M. DUPUY est directeur. Mesdames THOUMIEUX et DUPUY sont institutrice et M. THOUMIEUX instituteur.

Pour accueillir les nouveaux élèves le conseil décide le 2 mai 1963, de faire construire 3 classes préfabriquées dans le jardin de la gendarmerie.

Le conseil du 15 juin 1963 adopte le principe d’un emprunt de 150 000 francs auprès de la caisse des dépôts pour financer l’agrandissement et il décide l’achat de deux classes préfabriquées. Le 26 août une adjudication de 670 000 francs est lancée.

Jusqu’en 1965, la cour de l’école est coupée en deux parties par un mur en pierre, les filles d’un coté, les garçons de l’autre. Les toilettes, non chauffées, sont adossés au mur. Le mur et les toilettes sont démolis par Gaston BETHOULE à la demande de la municipalité. Le mur est remplacé par une grille et des toilettes neuves au confort moderne sont créées entre les nouveaux préaux. La mixité qui était fréquente depuis les années 1930, notamment à cause des nombreuses classes uniques des petits villages de France. Elle se généralise dans les années 1960, sauf en éducation physique, activité pour laquelle il faut attendre les années 1980…

En août 1999 le chauffage central passe au gaz de ville puisque qu’à cette date, Nexon se trouve approvisionné par cette nouvelle énergie.

college nexon

Il n’y a ni mur, ni grillage  mais une seule grande cour

Le collège a pris le nom de « Collège Arsène-BONNEAUD». Né à Oradour Saint-Genest le 3 août 1884, Arsène BONNEAUD est d’abord professeur de physique en lycée puis à l’Ecole de médecine. Après la guerre il passe les diplômes de pharmacien puis de médecin tout en continuant à enseigner à l’école de médecine. A partir de 1942 il entre dans la résistance, il s’investit dans la distribution des journaux clandestins, la dissimulation des armes et explosifs, les contacts avec les agents de liaisons. Arrêté par la Gestapo le 29 mars 1943, il est emprisonné à Limoges, puis à Romainville, mis au secret, son calvaire s’achèvera en mars 1944 au camp de Buchenwald.

100 du collège affiche

2012-2013
L’école maternelle est composée de 4 classes soit 104 élèves.
Les enseignantes sont : Mme GAUDY, directrice, Mme CANCÉ, Mme TEULÉ et Mme PRADEAU
L’école élémentaire est composée de 7 classes soit 159 élèves.
Les enseignants sont : Mme LAMONNERIE, Directrice, Mme CHAUVIER, Mme BAYLET, Mme DAVID, Mme TRARIEUX, Mme DARDILHAC et M. DELIGNAT-LAVAUD.
Le collège est composé de 12 classes soit 300 élèves.
Ils sont répartis en 3 classes de 6ème (69 élèves), 3 classes de 5ème (75 élèves), 3 classes de 4ème (72 élèves) et 3 classes de 3ème (84 élèves).

2013-2014

A la rentrée de septembre 2013, l’école élémentaire a accueilli 175 élèves répartis en sept classes. 96 étaient dans les quatre classes de l’école maternelle. Le collège comptait 270 élèves.

En février 2014 le rectorat annonce la fermeture de deux classe au collège ce qui entraîne un mouvement de grève…

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