Une histoire illustrée de nexon
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Roland LESAFFRE n’est pas né à Nexon, il n’y a vécu que quelques mois lorsqu’il avait 13 ans mais il a toujours gardé un très fort attachement à cette commune. Quand, dans les années 1950, il a commencé à tourner des films avec les vedettes de l’époque, Jean GABIN, ARLETTY, Michèle MORGAN, Simone SIGNORET …, les nexonnais suivaient avec attention sa carrière.

Au mois d’août, quand il était dans la fermette qu’il avait acheté en 1965 au Mazaubert sur la commune de Pageas, il venait assister aux spectacles et aux expositions du Cirque. En témoigne cette lettre, illustrée d’un dessin de Béoc le représentant, qu’il adresse aux organisateurs. Il ne manque pas de leur demander, comme il le fait dans toutes ses lettres, de demander de serrer la main « à son pote René Rebière » qu’il avait connu lors de son séjour de jeunesse à Nexon.

 

Sur un dessin d’Albert ROCH dit Béoc, dessinateur belge. 

Raconter la vie de Roland LESAFFRE nécessiterait que j’y consacre des dizaines de pages. Je vais me contenter de rappeler sa jeunesse en insistant sur son passage à Nexon et les témoignages qu’il a donnés lors de ses visites aux soirées du Cirque.

I- La jeunesse de Roland LESAFFRE.

Roland LESAFFRE est né le 26 juin 1927 à Clermont-Ferrand. Son père, d’origine belge, servait dans l’armée, sa mère était blanchisseuse. Ses parents se sont désintéressés de lui de bonne heure et il fut placé en nourrice.

Il considère que son enfance n’a pas été très heureuse et n’en parle jamais. Il l’explique dans MATAF, son livre biographique : « Quand je dis : « Je ne me rappelle pas », c’est que, vraiment je ne me rappelle pas. Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. » (Page 18).

Ses souvenirs partent de sa douzième année. Il dit être allé au camp de Jeunesse à Feytiat ou il calait les roues des avions, balayait la cour… Mais il n’y a pas de Chantier de Jeunesse à Feytiat et les allemands n’y avaient pas d’avions en 1941 ! Il dit qu’étant une forte tête et très indiscipliné il a été envoyé en camp disciplinaire à Rochechouart. Or je ne trouve aucune trace de ce camp ou chantier de Jeunesse !

En réalité il est à Nexon. Son père est gardien au camp mais il ne veut pas en parler. M. FAYE, l’un des gardiens note à plusieurs occasions le nom de LESAFFRE sur les carnets qu’il tenait (Carnets montrés par sa nièce par alliance de Josette DUGOT).

Le 13 mai 1944, M. Lesaffre va à Limoges.

Pourtant il aime Nexon. Dans plusieurs des interviews qu’il a donnés il dit que c’est à Nexon qu’il a appris le sport, et on en a la preuve grâce à sa licence à l’Association Sportive Nexonnaise pour l’année 1941, il a alors 14 ans.

Il pratique l’athlétisme, en particulier la course, 100 m, 200 m et 400 m, distances ou il brillera lorsqu’il sera dans la Marine. Il a été sélectionné pour les championnats de la Haute-Vienne en minimes …

Il débute la boxe à 15 ans. Où ? Il dit que c’est à Rochechouart ou il serait allé en camps de Jeunesse disciplinaire à cause de son fort caractère. Il a continué à Brive.

D’après son autobiographie il a rejoint cette ville après avoir obtenu de bons résultats scolaires afin d’entrer dans une école industrielle des Compagnons de France. Il y pratique beaucoup le sport ce qui lui donne une certaine liberté. Un soir de 1943 on prévient les élèves que les Allemands vont venir pour les embarquer. On les invite à partir dans plusieurs directions. Avec un camarade ils marchent dans la nuit à travers bois jusqu’à ce qu’ils soient interceptés par des maquisards. Ils sont conduits au cantonnement d’Adolphe PONTHIEU, alias Dodo. Ils son acceptés mais du fait de leur jeune âge, à peine 16 ans, il est affecté au groupe « As de trèfle ». Il continue à pratiquer du sport mais surtout il découvre la vie au grand air, la vie dans les bois, la fraternité. Il participe à des actions commandos et à la Libération de Brive il reçoit son certificat de maquisard.

Il monte dans le premier train en partance. Il va vers la Côte d’Azur. Dans le compartiment un Monsieur engage la conversation. Il va à Toulon, lui parle de la Marine. Il le suit, passe une journée chez lui et se présente pour s’engager à l’Ecole des Fusiliers Marins. Il signe son engagement le 20 octobre 1944 et se retrouve à l’Ecole des Fusiliers Marins à Siroco, une île près d’Alger. Il apprend à faire la guerre, la devise de l’Ecole est « Tuer sans être tué » amis il apprend surtout à obéir. La discipline est dure, les exercices nombreux, la vie spartiate…

Il avait comme second maître, c’est-à-dire sergent, un certain MONCORGÉ. Il ne le connait que sous ce nom mais il apprend vite qu’il est acteur et connu sous le nom de Jean GABIN. A 39 ans, alors qu’il était sous contrat avec la Fox et vivait à Los Angeles avec Marlène DIETRICH, il quitte les Etats Unis et en avril 1943 s’engage dans les Forces Navales Françaises Libres…

C’est par le sport qu’il devient très proche de son chef. Il représente la Marine en boxe, gagne le 200 et le 400 mètres. Il s’entraine avec Marcel CERDAN, futur champion du monde, qui était simple matelot à la base maritime d’Alger ; il courre avec Alain MIMOUN, futur champion Olympique du Marathon…MONCORGE va avec lui à la salle de boxe, paye le casse-croûte, lui demande de porter des lettres à « sa femme » qui loge à l’hôtel. Il ne sait pas que c’est Marlène DIETRICH, il ne l’apprendra qu’en 1950 lorsqu’il assiste à une projection de L’Ange bleu.

Il embarque pour l’Indochine sur le bateau amiral, l’Emile Bertin, commandé par l’amiral Thierry d’ARGENLIEU. Il y connait les combats dans la jungle contre les Japonais et les plaisirs du sport et de l’amour pendant les permissions à Saïgon. Sa conduite lui vaudra la Croix de Guerre.

Puis c’est la Chine à bord du Suffren. Blessé, miné par le paludisme il est rapatrié à Toulon au début de l’année 1947. Après sa convalescence il est affecté à la base de Toussus le Noble ou il suit les cours pour devenir moniteur de sport. Il s’entraine à la boxe au Racing et en athlétisme au Bataillon de Joinville. Grace à Daniel GUERIN, écrivain, fils de grand bourgeois il découvre Saint Germain des Près, les nuits chaudes, les artistes, en particulier Léonor FINI mais aussi la littérature, et l’art dramatique. Ses titres de champion militaire en boxe, recordman du 200 mètres, champion militaire du 400 mètres, décoré de la médaille militaire du sport par le général de LATTRE de TASSIGNY, lui servent de passeport et lui procurent le respect de tous.

Un jour un photographe l’invite sur un plateau pour voir un tournage. Il s’agit du film de Marcel Carné, La Marie du Port, avec Jean GABIN. Sa vie bascule ? Il suit les cours de Maurice ESCANDE au théâtre Daunou mais rate l’entré au Conservatoire.

Il est démobilisé en septembre 1949. Il est engagé pour des petits rôles par Jean GREMILLON, Marcel CARNÉ … Il n’a plus besoin d’être moniteur de sport. Il peut vivre du cinéma…

Sa grande chance lui est donnée dans « L’air de Paris », où il incarne un boxeur, aux côtés de Jean GABIN et sous la direction de Marcel CARNÉ, ses deux parrains. Le film remporte de nombreuses récompenses. Roland, lui, est lauréat du prix populiste du cinéma français. Sa carrière est, dès lors, lancée.

                Jean Gabin, Roland Lesaffre

Jean Carné, Jean Gabin et Roland Lesaffre

II – Marcel LESAFFRE et le cirque à Nexon

Depuis 1965 Roland LESAFFRE possède une fermette en plein milieu des bois, au bord d’un étang au Mazaubert à Pageas.

Le Populaire, 5 aout 1971

Dès qu’Annie FRATELLINI installe son Ecole du Cirque à Nexon il en sera un fidèle spectateur. En effet il se considère comme un saltimbanque et c’est donc naturellement qu’il est devenu l’ami d’Annie et de Pierre ETAIX, ses voisins de la rue de Caulaincourt, cette rue de Montmartre ou des peintres comme MODIGLIANI, TOULOUSE-LAUTREC, RENOIR … eurent un atelier.

Le 4 aout 1991 Roland  LESAFFRE ne peut être présent à Nexon. Il adresse un télégramme à Annie FRATELLINI et Pierre ETAIX et le même jour il écrit à René REBIERE.

Télégramme remis par téléphone le 4 aout 1991 à 18 h 32.

Les lettres de Roland LESAFFRE sont étonnantes. Elles comportent toutes sa photo du 10 juillet 1986, jour  ou il a reçu la Légion d’Honneur à titre militaire. La liste de ses décorations est impressionnante, il en est fier mais il sait aussi qu’il ne les a pas gagnées seul, ses camarades de combat étaient à ses côtés.

Lettre du 4 aout 1991

Le 30 aout 1992 c’est à Marc DELHIAT qu’il adresse une lettre de remerciement pour l’accueil qui lui a été réservé lors de son passage à Nexon. C’est le même papier qu’il utilise mais ici il annote la liste des décorations « Ces décorations …ce sont mes camarades morts à 20 ans qui les méritaient ».

Lettre du 30 aout 1992

Depuis 1977 Marcel CARNÉ ne tourne plus, la nouvelle vague du cinéma a pris la place mais l’amitié de Roland est indéfectible.

Marcel âgé, il a 20 ans de plus que Roland…

Le 31 octobre 1996 Marcel décède, Roland est son légataire universel.

En Juillet 1997 il est venu visiter l’exposition de sculptures et de dessins de Philippe ARNAULT « Les équilibristes » et il signe le livre d’or :

Dédicace au Livre d’Or, juillet 1997

Mais cette année-là son cœur est triste car, dans la nuit du 1er au 2 juillet 1997, son amie Annie a tiré sa révérence et s’en est allée. Il lui rendra un vibrant hommage le vendredi le vendredi 1er aout en coupant le ruban inaugural du Festival et en lisant la belle préface qu’elle avait écrite pour le livre de RAMUZ, Le Cirque.

« Pour bien parler du cirque

il faut être poète.

Parce que seuls les poètes savent

voir

ce qui échappe à la réalité.

Seuls les poètes ont raison.

Je me souhaite quelquefois d’échapper

au quotidien

pour avoir enfin le droit de rêver…

Comme les poètes.

Ce métier qu’est le cirque

– car c’est un métier –

est rude.

C’est pourtant parce qu’il est rude

qu’il en devient plus grand.

Un sacerdoce,

plus encore qu’une vocation.

Ceux qui le pratiquent

ne s’en rendent pas toujours compte.

Heureusement. C’est ce qui fait leur

humilité :

c’est dans ce rond

Perfection

que l’on gagne son paradis.

Acrobate

ou clown.

Survie.

Le clown c’est le poète en action

écrivait Henry Miller.

Si le clown vit,

travaille en poète,

le poète seul sait le décrire,

Et peut rêver autour du cirque.

Même s’il n’est pas un clown…

Le clown sauta si haut, si haut

qu’il creva le plafond de toiles

Au son du cor et du tambour,

Et, le cœur dévoré d’amour,

Alla rouler dans les étoiles,

écrivait aussi Théodore de Banville.

Voilà, le mot amour est prononcé.

N’est-ce pas d’amour dont il est

question

quand on est clown,

un vrai ?

La passion dévore.

L’amour sonne plus doux.

C’est aussi d’amour dont parle surtout

Ramuz,

quand il écrit Le Cirque.

Et puis de naissance, enfin de

renaissance ou de métamorphose.

“- Miss Anabella -… Ici on est déjà

plus grande qu’on était dans la vie

de tous les jours, comme elle voit

quand elle se regarde, et le miroir

descend du plafond au plancher.

Elle s’y dédouble tout entière, née

d’elle-même, elle existe deux fois ;…

N’est-ce pas ce même miracle que

celui

qui consiste pour le clown

à se revêtir,

à se maquiller…

Pour oublier

et n’être plus qu’un clown-mystère

sans fin.

Dédoublement ou effacement…

pour renaître plus vrai.

“ … Elle n’a plus été que musique…

s’envolant, retombant… Elle monte,

elle redescend… elle avait crevé la

toile et elle avait fui par le trou… »

Les dernières paroles de mon père :

“ Ferme la toile. »

Elle ne s’est pas fermée.

Il a pu ainsi s’envoler,

Comme je voudrais le faire le

moment venu.

Mais à chaque fois que j’entre dans

ce rond de terre

et de sciure,

N’est-ce pas ce que je fais ?

Si un jour je n’avais plus la sensation

du mystère “ sacré »

alors, oui, je m’envolerais. »

Annie Fratellini

La vie continue pour Roland. Il tourne encore des films et des téléfilms. Il gère sa société d’achat de films, il vient souvent à Pageas…


Roland LESAFFRE dans son bureau en 1981

Le 3 Février 2009 Roland LESAFFRE décède au petit matin, à Paris à l’âge de 81 ans. Il est enterré avec son ami Marcel Carné, au cimetière Saint Vincent sur la rue Caulaincourt moins connu que le cimetière de Montmartre. Ils font tombe commune pour l’amitié indestructible qui unissait Marcel et Roland soit éternelle.

La tombe de Marcel Carné et de Roland Lesaffre 

 

Nous invitons tous ceux qui voudraient le connaître un peu plus de lire son autobiographie Mataf, matelot en argot, publiée en 1991 chez Pygmalion devenue depuis 2003 un département de Flammarion.

 

Et pour ceux qui n’auront pas le temps de lire MATAF quelques photos, des interviews et sa filmographie.

 

Repères Biographiques

Né le 26 juin 1927 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Décédé à Paris le 03 février 2009.

7 mai 1956/4 avril 1962 – Marié à l’actrice japonaise Yoko Tani.

                                                                     

 

Sa jeunesse

1941/ 1943 – Nexon, Feytiat, Rochechouart, « Compagnons de France ».

1943/1944 – Maquis de Corrèze, à l’As de Trèfle sous les ordres de Hervé Vaujourd, René Jugie et Georges Guingouin, à l’âge de 16 ans.

1944/ 1949 – Cinq ans de Fusiliers Marins. Quartier Maître Fusiliers. Second Maître de Réserve.

Campagnes Militaires :

– Débarquement de France, Algérie, Indochine, Philippines, Pacifique.

– Deux ans sur le croiseur Emile Bertin au P.C. de Commandement de l’Amiral Auboyneau et Thierry d’Argenlieu.

– Un an sur le croiseur Suffren.

– Débarquement en Indochine au Cap St Jacques et Plaine des Joncs.

– Libération de Saigon contre les Japonais, 1945.

– Campagne du Tonkin aux côtés du Général Leclerc, 1946.

1945 – Ala fin de la guerre, après la bombe d’Hiroshima, reste encore un an avec le croiseur Emile Bertin à aider à rapatrier les Français de la Chine Centrale et de la Chine du Nord.

Décorations officielles

1986 – Légion d’Honneur à titre militaire n° 377 CV 86.

Remise de la Légion d’Honneur le 10 juillet 1986, de gauche à droite : Yoko Tani, Claude Autan-Lara, commandant Paul-Louis Weiller, Marcel Carné, Roland Lesaffre, le réalisateur Jean Delannoy.

1989 – Officier Ordre National du Mérite n° 2554 C 89 remise à Paris par le Président de la République François Mitterrand à L’Elysée.

Décoré par le Président Mitterrand- avril 1989

1983 – Officier Ordre des Arts et Lettres.

1986 – Croix de guerre avec citations, 1939/ 1945 + Croix de guerre des moins de 20 ans + Carte des Combattants des moins de 20 ans, n° 4443 + Diplôme Médaille du Combattant des moins de 20 ans, n° 005861.

1943 / 44 – Maquis de Corrèze et Limousin. Décorations et Diplôme des Anciens de l’Armée secrète. (Combat-A-S-Mur-Réseaux) Roland Lesaffre, n°539.

Barrettes :

– Libération, Méditerranée, Indochine, Algérie, engagé volontaire

– Extrême-Orient.

– Croix du Pacifique de Mac Arthur, décernée aux Fusiliers Marins de Leclerc.

– Médaille des blessés, « Les Eléphants ».

– Port de la Fourragère Rouge gagnée par la Section de l’Ecole des Fusiliers Marins commandée par Monsieur l’Officier des Equipages Magadur.

1946 – Champion militaire (boxe) et champion des Jeux Interalliés en 1945 (Rome).

1945/46/47 – Champion de Boxe de la Marine.

1948/49 – Finaliste des Championnats d’Europe Militaire Athlétisme au 400 m. plat.

22.9.49 – Quitte la Marine après avoir été sélectionné en 1948 pour les Jeux Olympiques de Wembley, au relais 4 x 400 m. Détenteur du record du 200 m. et 400 m. de la Marine, en athlétisme.

22.9.49 – La Marine Nationale décerne un Certificat de Conduite exemplaire pendant le temps que Roland Lesaffre est resté sous les drapeaux. Monsieur le Ministre de la Marine, Louis Jacquinot, à titre personnel, lui décerne une lettre en remerciant le Fusilier Marin Roland Lesaffre pour son courage et sa dignité d’homme, en lui souhaitant : « La marine vous remercie, Fusilier LESAFFRE. Bonne et longue route. »

1956 – Office National République Française. Carte du Combattant n° 648308 – N° dossier : 110984.

1968 – Croix du Combattant de l’Europe de la Confédération Européenne des Combattants. N° 1-39.

1986 – Croix de Guerre et Valeur Militaire – Association Nationale n° 4442.

1987 – (1939/ 1945) Croix Internationale des Anciens Combattants Alliés ROLAND LESAFFRE – n° 87087.

1987 – Diplôme d’Honneur et Palme de Vermeil de l’Encouragement Public n° 87259.

1987 – Diplôme d’Honneur de Porte-Drapeau par la République Française.

1988 – Médaille d’Or de l’Elite Française. N° 149/88.

1988 – Chevalier du Mérite International par le Gouvernement Australien. Réf. n°1161.

1988 – Diplôme d’Honneur – Mérite Or – Résistance des Volontaires 39-45. T.O.E. – A.F.N.

1989 – Médaille Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance. N° 5269

1990 – Diplôme Royal Vétérans du Roi Albert 1er de Belgique. N° 5097.

1990 – Diplôme et Médaille d’Or Nationale Association Franco-Britannique. N° 15609/4312.

15 Mai 1991 – Diplôme et Médaille. Ligue Nationale des Vétérans du Roi Léopold III de Belgique. N° 1559103.

1994 – Diplôme et Médaille du Roi Baudouin (Belgique).

 

Décorations et distinctions honorifiques

1948 – Médaille du Général Leclerc de Hautecloque.

1949 – Médaille du Général de Lattre de Tassigny, décernée à titre de Champion Militaire du 400 m. plat.

1950/ 1991 – Membre du Conseil d’Administration des Comédiens Combattants.

1967 – Commandeur de l’Académie Européenne des Arts.

1968 – Chevalier de l’Académie des Arts.

1968 – Commandeur du Mérite Culturel et Philanthropique de France.

1969 – Etoile et Mérite Civique pour le Prestige National et Médaille des Bénévoles.

1969 – Commandeur du Mérite Scientifique.

1974 – Médaille de la Ville de Paris.

1975 – Chancelier du Mérite Culturel et Philanthropique de France.

1975 – Chevalier Ordre des Arts et Lettres.

1975 – Membre d’Honneur de la Cinémathèque Française.

1977 – Médaille d’Or Hors Concours de l’Académie Internationale de Lutèce.

1977 – Médaille d’Or de la Ville de Nice, par Jacques Médecin.

1982 – Médaille d’Or de la Ville de St Michel-sur-Orge (Essonne).

1960/1983 – Membre de la Commission de Contrôle des Comédiens Combattants.

1983 – Coupe d’Or du Cinéma, Académie Internationale de Lutèce.

1983 – Médaille d’argent de la Ville du Perreux-sur-Marne par Monsieur Michel Giraud, Maire des Maires.

1984 – Médaille d’0r de la Ville de Romans (Drôme), décernée par Monsieur Georges Fillioud, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre.

1985 – Médaille du Mérite du Patrimoine National Cinématographique.

1986 – Diplôme d’honneur – Union Nationale des Combattants.

1987 – Diplôme – Association des Anciens Cols Bleus.

1985/1991 – Membre de l’Amicale de Neuengamme et de ses Kommandos. Présidente : Madame Renée Aubry.

1988 – Diplôme et Médaille de Vermeil de la Courtoisie Européenne.

1989 – Médaille d’Or de la Ville de Nevers, remise par Pierre Bérégovoy.

1989 – Voyage officiel au Japon – Praemium Impériale à la Cour Impériale TOKYO avec tous les Chefs d’Etats du Monde.

 

Hommages et divers

1979 – Fondateur du Musée Cinématographique de Marcel Carné à Boston, sous l’égide de Mesdames Reagan, Kennedy, Housen.

1981 – Invité par le Gouvernement américain et les Universités : Hommages BOSTON, NEW YORK, MAISON BLANCHE

1984 – Désigné comme porte-drapeau des Comédiens Combattants sous la Présidence du Président de la République François Mitterrand, pour le 40e anniversaire du débarquement allié en Normandie, en présence de la Reine d’Angleterre et de Ronald Reagan – 6 juin 1984-.

Plus toutes cérémonies officielles jusqu’en 1989.

 

Carrière Artistique

1950 – élève de Maurice Escande et Beatrice Dussane. Prépare le Conservatoire, se présente, malheureusement est recalé. Ses années de guerre comptent pour la limite d’âge ; il se représente et devient l’élève, durant un an, de Maurice ESCANDE.

1950/51 – Joue de nombreuses pièces au théâtre : Compagnie Jean Le Poulain, Compagnie Marcel Herrand et Jean Marchat. Théâtre des Mathurins. En outre : « BARABBAS » de Michel de Ghelderode, « PHILIPPE ROI » de Goudal, « LE RETOUR DE L’ENFANT PRODIGUE » de Gide, du Claudel, etc.

1950 – Au cinéma, commence sa carrière avec « JULIETTE ou LA CLEF DES SONGES » de Marcel Carné.

Plusieurs Grands Prix d’Interprétation :

1953 – VENISE + BELGIQUE + BERLIN pour « THERESE RAQUIN », de Marcel Carné.

1954 – AMERIQUE pour « L’AIR DE PARIS », de Marcel Carné.

1954 – Prix Populiste d’interprétation pour « L’AIR DE PARIS ».

1966 – JAPON pour « LA JEUNESSE AUX PIEDS NUS », de Taniguchi.

 

 

Filmographie de Roland Lesaffre

1949 – LA MARIE DU PORT, de Marcel Carné, avec Jean Gabin, Nicole Courcel, Carette, Roland Lesaffre, Blanchette Brunoy. Primé à Cannes, 1949.

1950 – L’ETRANGE MADAME X, de Jean Grémillon, avec Michèle Morgan, Henri Vidal, Maurice Escande, Roland Alexandre et Roland Lesaffre.

1950 – JULIETTE OU LA CLE DES SONGES, de Marcel Camé, avec Gérard Philipe, Suzanne Cloutier, Yves Robert, Jean-Roger Caussimon et Roland Lesaffre. Primé à Cannes, 1950.

1951 – NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSIN5, de André Cayatte, avec Raymond Pellegrin, Mouloudji, Roland Lesaffre et Balpêtré. Primé à Cannes, 1951.

1951 – CASQUE D’OR, de Jacques Becker, avec Simone Signoret, Serge Reggiani, Claude Dauphin, Roland Lesaffre, Raymond Bussières.

1952 – L’AMOUR D’UNE FEMME, de Jean Grémillon, avec Micheline Presle, Massimo Girotti, Roland Lesaffre, Julien Carette, Gaby Morlay et Marc Cassot. Primé à San Sebastian.

1952 – THERESE RAQUIN, de Marcel Carné, avec Simone Signoret, Raf Vallone, Roland Lesaffre, Jacques Duby, Sylvie, Maria-Pia Casilio. Grand Prix Venise 1953. Roland Lesaffre, Prix de Belgique + Prix interprétation 1953 (+ Meilleur film étranger Hollywood 1954). Prix interprétation Festival San Sébastien et Taormina.

1952 – PARIS EST TOUJOURS PARIS, de Luciano Emmer, avec Aldo Fabrizzi et Roland Lesaffre.

1953 – L’AIR DE PARIS, de Marcel Carné, avec Arletty, Jean Gabin, Roland Lesaffre, Marie Daêms, Folco Lulli, Maria-Pia Casilio, Jean Parédès, Simone Paris et Ave Ninchi .

1953 – QUAND TU LIRAS CETTE LETTRE, de Jean-Pierre Melville, avec Juliette Greco, Philippe Lemaire, Roland Lesaffre, Daniel Cauchy.

1954 – TO CATCH A THIEF (LA MAIN AU COLLET), d’Alfred Hitchcock, avec Grace Kelly, Cary Grant, Roland Lesaffre, Charles Vanel, Brigitte Auber et Georgette Anys. Meilleur film Hollywood 1955.

1954 – NAVIGATION MARCHANDE, documentaire de Georges Franju, avec Roland Lesaffre.

1955 – SI PARIS M’ETAIT CONTE, de Sacha Guitry, avec Michèle Morgan, Jean Marais, Roland Lesaffre, etc.

1956 – CRIME ET CI-IATIMENT, de Georges Lampin, avec Jean Gabin, Marina Vlady, Robert Hossein, Bernard Blier, Roland Lesaffre, René Havard et Albert Rémi.

1956 – SOUPÇONS, de Pierre Billon, avec Roland Lesaffre, Anne Vernon, Frank Villard, Dora Doli.

1956 – LA JEUNESSE AUX PIEDS NUS, de Taniguchi (Tokyo), avec Roland Lesaffre, Yoko Tani et Tatouya Nakadar. Meilleur film au Japon en1957.

1956 – LA LOI DES RUES, de Ralph Habib, avec Raymond Pellegrin, Sylvana Pampanini, Roland Lesaffre, Jean-Louis Trintignant, Lino Ventura.

1957 – MEFIEZ-VOUS FILLETTES, de Yves Allégret, avec Robert Hossein, Antonella Lualdi, Roland Lesaffre, Pierre Mandy, Gérard Oury et Jacqueline Porel.

1957 – FILOUS et Cie, de Tony Saytor, avec Roland Lesaffre, Sophie Desmarets, Marie Daèms, Jean Parédès.

1957 – LA BONNE TISANE, de Hervé Bromberger, avec Raymond Pellegrin, Roland Lesaffre, Madeleine Robinson, Bernard Blier, Estella Blain, Jacques Fabbri et Henri Vilbert.

1958 – LES TRICHEURS, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Pascale Petit, Jacques Charrier, Laurent Terzieff, Jean-Paul Belmondo, Andréa Parizy et Dany Saval. Grand Prix du Cinéma 1958 + Prix du meilleur film français 1958 et 5 Grands Prix Internationaux.

1958 – PARIS C’EST L’AMOUR, de Walter Kapps, avec Roland Lesaffre, Armand Mestral, Danièle Godet.

1959 – LE 7e JOUR de St MALO, de Paul Mesnier, avec Roland Lesaffre, Annie Andrea, Alan Scott, René Kolldhéhoff et Servilange.

1960 – TERRAIN VAGUE, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Danièle Gaubert, Denise Vernac, Georges Wilson et Dominique Davray.

1960 – SURPRISE-PARTIE CHEZ Mme AZAIS, film TV d’André Leroux, avec Roland Lesaffre et Dinan.

1960 – LA FETE ESPAGNOLE, de Jean-Jacques Vierne, avec Roland Lesaffre, Peter Van Eyck, Daliah Lavi et Anne-Marie Coffinet.

1961 – LES MENTEURS, d’Edmond-T. Grévllle, avec Dawn Adams, Jean Servais, Francis Blanche, Roland Lesaffre, Claude Brasseur et Anne-Marie Coffinet.

1961 – LA FILLE DES TARTARES, de Remigio Del Grosso, avec Roland Lesaffre, Yoko Tani, Akim Tamiroff, Ettore Manni. Masque d’Argent, Rome 1962.

1962 – L’ACCIDENT, d’Edmond -T. Gréville, avec Roland Lesaffre, Magali Noêl, Georges Rivière, Danick Patisson.

1962 – DU MOURON POUR LES PETITS OISEAUX, de Marcel Carné, avec Dany Saval, Paul Meurisse, Roland Lesaffre, Suzy Delair, Jean Richard, Jeanne Fusier-Gir, Suzanne Gabriello, Dany Logan et Robert Dalban.

1963 – LE BLUFFEUR, de Sergio Gobbi, avec Roland Lesaffre, Dany Carrel, Paul Guers, Félix Marten.

1963 – LES PARIAS DE LA GLOIRE, d’Henri Decoin, avec Curd Jurgens, Roland Lesaffre, Folco Lulli, Maurice Ronet et Germain Cobos.

1964 – PERIL AU PARADIS, d’Edmond-T. Gréville, avec Roland Desaffre, Armand Mestral, Dario Moreno et Sophie Hardy.

1964 – L’ETRANGE AUTO-STOPPEUSE, de Jean Darcy et Raoul André, avec Roland Lesaffre, Sophie Hardy, Georges Marchai.

1964 – LE TUEUR A GAGES, Téléfilm de Rene Lucot et Frederic Dard, avec Roland Lesaffre, Eddie Constantine, Philippe Clay.

1965 – TROIS CHAMBRES A MANHATTAN de Marcel Carné, avec Annie Girardot, Maurice Ronet, Roland Lesaffre, Otto E. Hasse, Gabriele Ferzetti, Geneviève Page et Robert de Niro. Prix Venise 1966.

1965 – LES SURVIVANTS, de Dominique Genée – Boileau-Narcejac (Films TV), avec Roland Lesaffre, Frédéric de Pasquale, Catherine Diamant.

1965 – L’OR DU DUC, de Jacques Baratier, avec Danielle Darrieux, Claude Rich, Pierre Brasseur, Roland Lesaffre, Jacques Dufilho

1965 – PAS DE PANIQUE, de Sergio Gobbi, avec Pierre Brasseur, Roland Lesaffre, Alain Barrière, Pierre Massirni.

1966 – 2 + 5 MISSIONE HYDRA, de Pietro Franciscí, avec Eleonora Ruffo, Kirk Morris, Roland Lesaffre et Anthony Freeman.

1966 – ALLO POLICE ! de Dominique Genée (Film TV), avec Roland Lesaffre, Guy Tréjean, Georgette Anys.

1967 – LES JEUNES LOUPS, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Haydie Politoff, Christian Hay, Yves Beneyton et Bernard Dhéran.

1967 – LE BAL DES VOYOUS, de Jean-Claude Dague et Jacques Robin, avec Roland Lesaffre, Jean-Claude Bercq, Michel Le Royer, Dona Michèle.

1968 – LES ENFANTS DE CAIN, de René Jolivet, avec Roland Lesaffre, Hans Meyer et Nancy Holloway.

1968 – TRAQUENARDS, de Jean-François Davy, avec Roland Lesaffre, Anna Gaël et Hans Meyer.

1968 – MAITRES CHIENS, de Christian-Jaque, avec Paule Noëlle, Pierre Rousseau et Roland Lesaffre.

1968 – CONTES DU CHAT PERCHE, d’Arien Papazian – Marcel Aymé. (TV) avec Roland Lesaffre et Françoise Arnaud.

1969 – LE BOURGEOIS GENTIL’MEC, de Raoul André, avec Francis Blanche, Jean Lefèvre, Annie Cordy, Darry-Cowl, Roland Lesaffre et Georges Géret.

1969 – LOVE LIFE IN LUXEMBOURG, de Frank Apprédéris, avec Roland Lesaffre, Véra Belmont, Pierre Schneider, Sabine Sur.

1969 – KISS, de Jean Le Vitte, avec Roland Lesaffre, Christine Fersen, Rellys.

1970 – MADAME ETES-VOUS LIBRE ? de Jean-Paul Le Chanois. (TV) avec Roland Lesaffre, Denise Fabre, Michel Coluche, Yves Vincent et Nicole Garcia.

1970 – LES COUPS POUR RIEN, de Pierre Lambert, avec Roland Lesaffre, Pierre Brice, Yanti Sommer.

1970 – LE MUR DE L’ATLANTIQUE, de Marcel Camus, avec Bourvil, Peter Mac Enery, Sophie Desmarets, Jean Poiret, Roland Lesaffre et René Kolldéhoff.

1971 – LES ASSASSINS DE L’ORDRE, de Marcel Camé, avec Jacques Brel, Catherine Rouvel, Roland Lesaffre, Charles Denner, Michel Lonsdale, Didier Haudepin et Françoise Giret.

1972 – EUGENE SUE, de Jacques Nahum. (TV) avec Roland Lesaffre, Bernard Verley, Claudine Coster.

1973 – SIX HOMMES MORTS, de Jacques Nahum, (TV), avec Roland Lesaffre, Jacques Duby, Pierre Vernier, Roger Van Hool.

1973 – LA MERVEILLEUSE VISITE, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Gilles Kohler, Mary Marquet, Deborah Berger, Tania Busselier, Jacques Debary, Lucien Barjon et Jean-Pierre Castaldi.

1974 – LE QUAI DE L’ETRANGLEUR, de Boramy Tioulong. (TV) avec Roland Lesaffre, Daniel Gélin, Jean-Paul Zehnacker et Tania Busselier.

1975 – IL FAUT VIVRE DANGEREUSEMENT, de Claude Makovski, avec Annie Girardot, Sydne-Rome, Claude Brasseur, Roland Lesaffre, Mylène Demongeot et Roger Blin.

1976 – LA BIBLE, Collaboration au Documentaire Long Métrage « LA BIBLE », avec Marcel Carné, auprès du Vatican et des Eglises de Sicile et Sardaigne, en tant que Directeur de Production.

1977 – LE CASQUE, de Robert Legrand. Film de prestige S.N.C.F. – Roland Lesaffre.

1977 – LA POUPEE de PLOUBALAY, de Daniel Martineau. (TV) avec Roland Lesaffre, Louis Lyonnel, Germaine Delbat.

1977 – LA VIE de ROLAND LESAFFRE, SPORT et CINEMA, de Jean-Daniel Christophe – FR3.

1979 – OPERATION TRAFICS (Sainte Famille), de Christian-Jaque (TV), avec Guy Marchand, France Dougnac, Roland Lesaffre, Bernard La Jarrige, Jean Martinelli, Madeleine Barbulée.

1979 – LA VIE A BELLES DENTS ou CARNE, L’HOMME à LA CAMERA, de Christian-Jaque, avec Roland Lesaffre, Arletty, Yves Montand, Jean-Louis Barrault. (Film retraçant toute la vie artistique de Marcel Carné.)

1980 – AU BOUT DU CHEMIN, Téléfilm de Daniel Martineau, avec Roland Lesaffre, Serge Moati, Claude Jade, Tania Busselier, Robert Benoist.

1980 – MON AMIE SOCIA, Téléfilm de Daniel Martineau, roman de Joseph Joffo, avec Roland Lesaffre, Valérie Pascale, Danick Patisson.

1980 – ARCH OF TRIUMPH, de Daniel Mann (Américain) (Inachevé), avec Suzanne Pleshette, Maximilian Schell, Trevor Howard, Roland Lesaffre.

1981 – ULTIMATUM, Téléfilm de Georges Farrel, avec Marcel Bozzuffi, Pierre Massimi, Roland Lesaffre, Louis Velte, Chantal Nobel.

1981 – SALUT, J’ARRIVE, de Gérard Poteau, avec Michel Galabru, Pierre Vernier, Christiane Kruger, Roland Lesaffre.

1983 – VENISE ATTENDRA, de Daniel Martineau. (TV) avec Roland Lesaffre, Raymond Pellegrin, Tania Busselier, Daniel Colas, Daniel Russo, Fernand Guiot.

1987 – BERNADETTE, de Jean Delannoy, avec Sidney Penny, Roland Lesaffre, Jean-Marc Bory, Michèle Simonnet, Bernard Dhéran, Arlette Didier.

1987 – LE JARDIN d’ALICE, de Charles Tible (Court métrage), avec Roland Lesaffre, Maka Kotto, Henri Marteau.

1988 – ETERNELLE PRISON, de Medhi Nassradine Haddaoui (Court métrage), avec Roland Lesaffre, Charlotte Very.

1988 – PAUVRE PETIT GARÇON, de Allan Wisniewski (Court métrage), avec Roland Lesaffre.

1988 – LE RETOUR d’ARSENE LUPIN, de Philippe Condroyer (TV), avec Roland Lesaffre, Jacques Boudet, François Dunoyer, Sophie Baijac.

1989 – LA PASSION de BERNADETFE, de Jean Delannoy, avec Sidney Penny, Emmanuelle Riva, Roland Lesaffre, Georges Wilson., Tania Busselier, Malka Ribowska.

1990 – L’EMPIRE DU MILIEU, de Georges Barrier (TV), avec Roland Lesaffre, François Bourcier, Laure Sabardin, Stéphane Bierry.

1990 – DAMES GALANTES, de Jean-Charles Tacchella, avec Richard Bohringer, Isabella Rossellini, Marianne Basler, Marie-Christine Barrault, Laura Betti, Robin Renucci et Roland Lesaffre.

1990 – EDOUARD ET SES FILLES, de Michel Lang (TV), avec Pierre Mondy, Sydne Rome, Laurence Badie, Sophie Carle, Vanessa Guedj, Nathalie Mazéas et Roland Lesaffre.

1990 – LA JAVA BLEUE, de François Rossini (TV), avec Jacqueline Danno, Roland Lesaffre, Philippe Dormoy.

1990 – NOCE, de Didier Decoin, Film européen de prestige du nucléaire, avec Karin Alf, Roland Lesaffre, Pierre Londiche.

1992 – MOUCHE, de Marcel Camé. Nouvelle de Guy de Maupassant. Film européen. Avec Virginie Ledoyen, Roland Lesaffre, Wadeck Stanczak, Patrick Mille, Luca Vellani, Gédéon Burkhard.

1994 – LA BORE DE DIAMANTS, de Nicolas Ribowski (TV) « Les Nouveaux Exploits d’Arsène Lupin » de Maurice Leblanc. Avec François Dunoyer, Roland Lesaffre, Paul Le Person, Michèle Laroque etc….

 

 

 

Roland Lesaffre : 15 ans de Cinéma par Georges Lange, Jeunesse Cinéma- Hors-série 1er trimestre 1963

La vie de Roland Lesaffre mériterait d’inspirer le scénario d’un film. Il a connu mille aventures dans divers pays du monde. Il a côtoyé tout ce qui compte dans le cinéma. Il a tourné dans plus de 50 productions. Aussi ses confidences sont-elles pleines d’intérêt. Notre envoyé spécial Georges Lange les a recueillies pour vous. Vous verrez, c’est du vrai cinéma… A vous de juger.

Plantons le décors

Roland LESAFFRE occupe deux appartements ; dans l’un il vit ; dans l’autre il a installé ses bureaux. Ils sont situés tous les deux au dernier étage de maisons mitoyennes de la rue Caulaincourt, sur les pentes de Montmartre. De là-haut, on découvre tout PARIS.

Dans le salon, on remarque une porte monumentale, en bois sculpté, sur laquelle est gravée une curieuse inscription : « Ni moy sen toy, ni toy sen moy ».

– Cette porte, je l’ai achetée à TAORMINA, dans un couvent de Sicile. Je n’ai pas l’explication de cette curieuse orthographe, dit Roland LESAFFRE.

Une imposante bibliothèque munie de portes massives dépassant soixante kilos chacune, monte jusqu’au plafond.

– Elle a été construite par Eugène FASQUELLE, l’éditeur de ZOLA, pour y ranger les œuvres du célèbre romancier.

Bien d’autres objets sollicitent l’attention : une torche du Palais des Doges de VENISE, des tableaux modernes, un piano, un aquarium immense contenant les poissons les plus rares, une très grande volière où chantent des oiseaux extraordinaires… des poupées et une quantité incroyable de menus objets ravissants.

– J’ai rapporté beaucoup de souvenirs du JAPON et de tous les autres pays où j’ai eu l’occasion d’aller.

Les bureaux se trouvent dans la maison voisine. Il faut descendre dans la rue et reprendre l’ascenseur pour s’y rendre. Pourquoi des bureaux ? Parce que Roland LESAFFRE n’est pas uniquement comédien ; il vend également des films dans tous les pays du monde.

 

 

 

LESAFFRE mesure 1 rn 75, et pèse 68 kg. Il a les cheveux châtain foncé et les yeux marron clair. Ses signes particuliers sont très nombreux mais on peut se contenter de citer un tatouage représentant une tête de mort, sur une jambe. Il n’est pas possible d’en savoir davantage…

Moi, je voulais apprendre un métier et l’on me faisait faire surtout du jardinage. J’avais horreur de cela. Alors, un jour, pour me venger, j’ai planté des poireaux à l’envers. J’ai fait plusieurs camps, dont ceux de Feytiat et Brive la Gaillarde. A Feytiat, je me suis révolté parce qu’on me faisait caler les roues des avions Allemands (c’était un camp d’aviation.) Considéré comme un insurgé, j’ai été envoyé dans un camp disciplinaire où il y avait beaucoup de gars comme moi, abandonnés dans la vie ou dont la famille avait été déportée en Allemagne. Ensuite, j’ai été envoyé à Brive la Gaillarde. Nous commencions à huit heures du matin, nous apprenions le dessin industriel, la forge, la menuiserie. J’ai travaillé avec enthousiasme pendant un an et demi et j’allais passer mon C.A.P. (j’avais choisi la menuiserie) lorsque les Allemands sont arrivés. Je suis parti dans le maquis.

-Comment viviez-vous ?

– Oh, à la dure. Nous avions un sac de couchage et une couverture. Réveillés à six heures nous allions casser la glace à la rivière pour nous laver. Ensuite, il y avait la montée des couleurs. Le drapeau français était hissé en haut d’un mat et l’un de nous criait : « A moi, compagnons ! » Et nous répondions : « FRANCE » ! Au moment de la soupe, il y avait une chanson qui disait : « Si la soupe a du bon, le travail aussi. Merci ». Aussitôt après ce « merci » chacun enfournait sa soupe.

– Quel genre de blagues faisiez-vous avec vos camarades ?

– Nous allions surtout dévaliser les vergers et nous rentrions les vêtements bourrés de pommes.

– Et le sport ?

– Nous faisions du Cross. Dans les Minimes, j’avais été sélectionné pour les championnats de la Haute-Vienne et j’étais arrivé troisième. Puis, ce furent les championnats inter-régionaux et enfin ma sélection pour le National. J’avais demandé et obtenu une permission pour aller à Paris, mais l’argent du voyage me manquait ! Arrivé à la gare, j’ai acheté seulement un ticket de quai et montai dans le train. Dans le compartiment j’ai expliqué ma situation à mes voisin et me suis caché sous la banquette quand le contrôleur est passé. A la gare de Lyon, j’ai pris mes jambes à mon cou et je suis passé dans la cohue. Le lendemain, j’étais au départ du National. Je suis arrivé dans les premiers et mon nom a été imprimé dans les journaux !

– Comment êtes-vous revenu au Camp ?

– En voyageant de la même façon. Comme je n’avais pas les moyens de coucher à l’hôtel, j’avais passé la nuit dans un square. Quand on connut les circonstances de mon voyage, on me punit en m’envoyant ramasser les blés dans une ferme. Mais à mon retour de la ferme, on me donna un poste à mon goût, celui d’aide-moniteur d’éducation physique.

– Par la suite, vous deviez vous distinguer dans divers sports… Voulez-vous citer quelques-uns de vos titres ?

– J ‘ai été finaliste d’Europe de boxe, champion et recordman de la marine des 100 et 400 m plats. Je suis allé aux Jeux Olympiques pour les 400 m plats, j’ai été classé 5ème dans les militaires en 1948, aux Jeux du Monde, toujours sur les 400 m plats… Mais c’est surtout la boxe, qui m’a apporté les plus grandes joies et qui a eu une importance décisive sur ma carrière.

Je prends le maquis

Roland LESAFFRE n’avait que treize ans lorsqu’il connut, après les camps de jeunesse, le dramatique épisode du maquis.

– Les Allemands étaient venus au camp, un matin de bonne heure, pour nous chercher mais nous étions déjà partis ! Lorsque nous avons rejoint les combattants maquisards, en raison de mon âge, on m’a affecté au ravitaillement en munitions, c’est-â-dire que je portais les munitions destinées aux fusils-mitrailleurs.

– Vous avez dû connaitre des heures… mouvementées ?

– Oui. Je me rappelle notamment ma première mission : il s’agissait d’attaquer un convoi allemand d’une quinzaine de camions. La guerre me faisait jusqu’alors un peu l’effet d’une série d’aventures comparables à celles que je lisais dans les journaux illustrés. Bref, voilà que ça pétarade dans tous les coins et que je vois des gars tomber. Les Allemands cherchaient à se protéger en sautant dans les fossés. Soudain le garçon pour lequel je portais des munitions ouvrit la bouche et se mit à crier. Puis, il ne cria plus. Il était mort. A un autre moment, je vis un Allemand debout comme moi. Il me mit en joue et à l’instant où il allait tirer, il tomba, mort. Je me suis sauvé mais dans une mauvaise direction et je me suis trouvé nez à nez avec un Allemand qui, me voyant soudain, me montra son brassard de la Croix Rouge en bredouillant des mots qui, dans sa langue, devaient signifier « Non, non pas moi ! Il faut que je soigne les blessés ». Or je n’avais aucune arme et je n’étais qu’un gamin de treize ans. Je me suis agenouillé à côté de lui et il m’a pris dans ses bras pour me protéger. Quand ce fut terminé, il a été fait prisonnier par mes compagnons et, avant de partir, il m’a embrassé. Je ne l’ai jamais revu.

Le jeune Roland LESAFFRE avait quinze ans quand il réussit à rejoindre, en Algérie, les forces du Général LECLERC. Il voulut s’engager mais on commença par lui faire passer des examens…

– Il y eut des épreuves de dissertations, de géographie, d’algèbre… et l’on refoulait sur les fusiliers-marins ceux qui avaient les notes les plus basses, tandis que les autres devenaient matelots d’équipage. Ces examens se déroulèrent dans des conditions que je n’oublierai jamais ! On m’avait placé à côté d’un grand garçon très maigre qui avait ses deux bachots et préparait une licence. Comme ma page restait blanche et que je regardais machinalement ce que mon voisin faisait, il me passa sa copie. C’était la dissertation ; mais il me passa aussi les problèmes et tout le reste. Au moment de l’oral, je me débrouillai tant bien que mal et j’obtins la moyenne ! Et j’entendis appeler « LESAFFRE, Instruction 6, Ecole des Pilotes ». Après trois mois dans cette école, on s’est aperçu que j’étais assez cancre et l’on n’a pas insisté. On m’a dirigé sur l’Ecole des Fusiliers-Marins, à Siroco où régnait une discipline de fer. C’est là qu’il m’arriva de faire une fameuse connaissance.

Je rencontre Gabin

Le quartier-maître de la chambrée où était le jeune LESAFFRE s’appelait MONCORGE. Et ce MONCORGE n’était autre que Jean GABIN.

– D’abord, explique LESAFFRE., je ne savais pas qui était ce MONCORGE. Alors les copains m’ont dit : « GABIN, voyons ! Pépé-le-Moko ».

– Était-il sévère ?

– Oui, mais pas méchant. Un jour, comme je ne marchais pas au pas, il me l’a fait remarquer : « Et le pas, alors ? ». Je me suis insurgé, bêtement : « Ah ! ce qu’il peut être embêtant, le Pépé ! ». « Qu’est-ce que vous dites ? Je vais vous mettre sur le rapport, moi. Vous aurez de mes nouvelles ! ». Mais les mois ont passé et GABIN ne mit jamais sa menace à exécution.

L’entraînement continuait avec des marches de nuit, des parachutages, etc… C’était exténuant. Je ne pesais plus que quarante kilos. Puis, un jour, on s’est aperçu que j’étais doué pour la boxe. Toute les compagnies avaient leurs championnats de boxe, de natation, de course. Je me suis engagé dans diverses épreuves et j’ai gagné une course, le saut en hauteur, le décathlon, un match de boxe.

– Etiez-vous, de ce fait, exempt de corvées ?

– Oui. Pour moi, plus de marches épuisantes de nuit, plus d’exercices de tir… Et, à la salle de boxe j’ai retrouvé…

– GABIN !

– Parfaitement. Mais quelqu’un d’autre aussi : Marcel CERDAN, le fameux bombardier marocain, l’homme qui devait devenir un très grand champion et finir de façon si dramatique… Et plus tard, nous devions être réunis, GABIN et moi, grâce à la boxe, dans le film « L’AIR de PARIS ».

– Citez-nous des anecdotes concernant GABIN et CERDAN.

– Le vrai GABIN, pour moi, c’était le monsieur qui était debout à six heures et qui, en short et chandail, courait et sautait pendant des heures, qui mangeait avec les hommes de troupe, qui s’entraînait chaque jour à la salle de boxe.

– Quel écart d’âge aviez-vous ?

– J ‘avais dix-sept ans et il devait en avoir dans les quarante… Quel chic bonhomme ! Quand je n’avais pas le sou, à la cantine, il me payait un casse-croûte. Pourtant, il avait un caractère bougon, renfrogné et voulait se faire respecter. Par exemple, si on se baignait dans un endroit interdit, il arrivait furieux et criait « Espèces de vauriens, je vous mets sur la peau de bouc ! ». La peau de bouc, c’était le rapport. Mais les jours passaient et l’on ne voyait rien venir. Quant à CERDAN, qui était matelot d’équipage, il s’entrainait souvent dans une salle d’Alger où j’allais aussi. Un jour, on me dit de boxer contre un Américain appartenant à l’équipage d’un bateau arrivé la veille. Le gars fort de son avantage au poids, me sonne, me balance dans les cordes et m’ouvre l’arcade sourcilière. CERDAN avait assisté au combat. « Tu es fatigué ? » me demanda-t-il. « Oui, dis-je, j’ai l’arcade et la lèvre fendue et je combats après-demain ». « Ne t’inquiète pas, reprit-il, je vais lui régler son compte ». Il prend mon adversaire et pan ! en l’air. Un deuxième arrive… pan ! en l’air. Et un troisième arrive et fonce sur CERDAN en tenant sa garde. Or, CERDAN était un gars très gentil ; si vous vouliez boxer, il boxait mais si vous vouliez jouer au tueur sur un ring, il ne l’admettait pas. Alors, il a frappé et allongé l’américain qui est resté plusieurs minutes inconscient.

Ensuite, pendant six mois, le matelot LESAFFRE suivit les cours de moniteur d’éducation physique. GABIN était rentré en FRANCE, CERDAN était parti pour les championnats d’Europe. La France était libérée.

– Alors, je participai à la libération d’Alger, aux opérations des Hauts-Plateaux, de Sétif, Kerrata, Bougie. Il me restait encore cinq ans à passer dans la marine. Je voulais voyager, embarquer… voir du pays. On formait un détachement de volontaires pour terminer la guerre d’Indochine et du Pacifique. Alors je me suis présenté…

La Grande aventure

C’était au début de 1945 ; Roland LESAFFRE avait dix-huit ans. Embarqué sur L’Emile Bertin, comme fusilier marin et moniteur d’éducation physique, il passa quartier-maitre.

– Nous commençâmes par débarquer à Saïgon, puis nous nous enfonçâmes dans la jungle… Et cela a duré sept mois. Nous étions six-cents au débarquement de la baie d’Along, en 1944, et, le soir-même, il y eut près de six-cents morts. Le même drame s’est reproduit un an plus tard à la baie de Tourane.

– Quelle est l’action la plus héroïque à laquelle vous avez participé ?

– Je préfère ne pas répondre à cette question… Pour moi, il n’y eut rien de tellement héroïque… Foncer pour enlever un piton de mitrailleuse, ce n’est pas de l’héroïsme, c’est de la folie… Une fois, oui, j’ai fait un combat de boxe héroïque parce que l’honneur de la Marine Française était en jeu. On m’appelait KID CHAMPION. J’étais opposé à un Anglais pour les championnats du Pacifique. Grand tralala avec drapeaux, Marseillaise et les Hymnes anglais et américain. Et tout-à-coup quelque chose s’est déclenché en moi, je me suis senti Français l Et quand le combat fut commencé, mes supporters criaient : « Vas-y, FRANCE… vas-y KID ! ». J’ai fini par gagner par abandon et je me suis retrouvé recevant l’accolade des amiraux et de tous les gradés. Oui, ce jour-là, j’ai fait quelque chose d’héroïque pour la FRANCE.

Si l’on demande à Roland LESAFFRE de citer quelques-unes des dix-sept décorations qui constellèrent sa poitrine, il hausse les épaules et admet qu’il en est une qu’il porte discrètement sur ses vestons : La Médaille de Moniteur de Joinville. Mais il a encore : les décorations de la Méditerranée, du Cambodge, de l’Afrique du Nord, la fourragère rouge des survivants du commando Emile-Bertin etc… Il a reçu la première à dix-sept ans !

Roland LESAFFRE finit par rentrer en France, en passant par la Chine et la Russie, rapatrié par le Suffren tandis que l’Emile Bertin continuait son tour du monde.

L’inespéré arrive

– Un jour, j’appris qu’ESCANDE allait faire passer des auditions pour Marcel CARNE qui préparait un film : JULIETTE ou la CLEF des SONGES. J’ai dit à ESCANDE : « CARNE, je le connais, j’ai travaillé avec lui et mon ami GABIN ». Il m’a regardé en souriant puis m’a dit : « Alors, tu as peut-être ta chance… Viens aux auditions ». Le lendemain, j’étais sur place de bonne heure, CARNE était dans la salle, entouré de quelques personnes. Il assistait aux auditions sans mot dire. Quand une vingtaine d’élèves furent passés sur la scène, j’insistai pour auditionner. J’ai donné une tirade de « Mithridate ». Ce fut une catastrophe. Tout le monde jacassait, on ne me prêtait pas la moindre attention. Puis, quand ESCANDE m’eut dit poliment : « Merci, mon petit, c’est très bien » je lui demandai : « Je voudrais passer autre chose ». Pris au dépourvu, il me regarda en soupirant : « Ce n’est pas très long ? ». « Non, non ». Et je récitai un poème de Camille François : Mon Chien. Je le terminai avec des larmes dans les yeux et descendis de la scène. Alors, l’inespéré arriva : Marcel CARNE m’a appelé et m’a tendu une carte de visite en me disant : « Passez au bureau de la production de Sacha GORDINE, pour des essais ».

Deux semaines passèrent… Les essais eurent lieu et, à cette occasion Roland LESAFFRE faisait la connaissance d’une toute jeune fille qui dansait alors dans un ballet de Léonor FINI ; elle avait un minois de chat sauvage et s’appelait Leslie CARON. Sur le plateau, il y avait un personnage qu’on ne connaissait pas non plus, qui assistait aux essais. C’était Gene KELLY.

Quand il vit les bouts de film de la danseuse, il la demanda à CARNE pour en faire la vedette de son film « Un américain à PARIS ».

– Mais, vos essais ?

– J’attendis en vain des nouvelles de la production. Alors, au bout d’un mois, n’y tenant plus, je téléphonai à Marcel CARNE. Il me répondit alors que je ne jouerais pas le rôle principal du film qui serait tenu par Gérard PHILIPPE, mais un rôle de légionnaire. Ce fut mon premier rôle marquant au cinéma.

1950… Roland LESAFFRE a vingt-trois ans. Il est devenu un acteur. Pendant toute sa carrière il tournera avec les plus grands metteurs en scène : CAYATTE, BECKER, CARNE, HITCHCOCK etc. … et avec les artistes les plus en vue.

Comment je travaille mes rôles

Dans « L’ETRANGE MADAME X », Roland LESAFFRE joua le rôle d’un barman. Il était entouré de Michèle MORGAN, Henri VIDAL et Roland ALEXANDRE. Le metteur en scène GREMILLON voulait faire vrai et, comme une scène du film se déroulait dans un petit café restaurant du Faubourg saint Antoine…

– Pour bien entrer dans la peau de mon personnage, j’ai pensé que je devais effectuer un stage de garçon de café. En effet, je ne voulais pas risquer d’être critiqué parce que je n’aurais pas su porter un plateau ou verser un apéritif. J’allai chez MANIERE, rue Caulaincourt, tout à côté de mon domicile et expliquai au patron de quoi il s’agissait. Comme je n’étais pas encore connu comme acteur, je ne risquai pas d’être découvert ! Or, il arriva une aventure amusante en ce sens que le chef des garçons du bar fut jaloux de moi. Pour hériter de mes pourboires, il m’envoyait toujours à la cuisine ou à la cave. Le dernier jour, j’ai offert le champagne à tout le monde et le garçon en question a donc appris pour quelle raison j’étais là. Il n’a rien dit mais il m’a adressé une lettre merveilleuse pour s’excuser de son attitude et me remercier de la leçon que je lui avais donnée.

– Avez-vous fait d’autres stages pour la préparation de certains rôles ?

– Oui, dès l’année suivante, en 1951. Aux côtés de Raymond PELLEGRIN et MOULOUDJI, je tournai, sous la direction d’André CAYATTE dans NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS, qui devait obtenir le Grand Prix à Venise. Mon rôle était celui du coiffeur de la prison. Donc, il fallait que je sache tenir ciseaux, peigne et tondeuse… Je travaillai pendant trois semaines dans une école de coiffure. Je mangeais à la cantine avec les autres et le soir j’étais de corvée pour balayer.

CASQUE D’OR de Jacques BECKER a permis également à Roland LESAFFRE de faire une apparition marquante, en compagnie d’artistes exceptionnels : Simone SIGNORET, Serge REGGIANI, Claude DAUPHIN.

– Puis, ce fut l’année 1952 et je tournai L’AMOUR d’une FEMME de GREMILLON, avec Massimo SERATO, Micheline PRESLES, Gaby MORLAY et CARETTE, Marc CASSOT… J ‘étais un gardien de phare, ancien marin. Pendant trois mois, nous avons vécu à OUESSANT, mais je suis parti avant les autres car j’étais attendu pour un autre film qui devait faire parler de lui et de moi : Thérèse Raquin. GREMILLON est venu m’accompagner sous la pluie battante, jusqu’à l’un des bateaux qui n’avaient pu accoster de la journée entière à cause de la tempête.

Et il m’a dit : « Tu vas tourner avec CARNE… Pars confiant. Je te souhaite d’être meilleur encore qu’avec moi ».

 

Après avoir refusé quatre films, Roland LESAFFRE signa un contrat pour LA MAIN AU COLLET d’HITCHCOCK, avec Grace KELLY, Cary GRANT, Charles VANEL, Brigitte AUBER…

– HITCHCOCK me téléphona lui-même et me demanda de venir le voir. Nous avons parlé… Je lui ai fait remarquer que mon anglais était très défectueux et il m’a dit : « C’est sans importance. Je vous ai vu à l’écran, vous avez du talent ». J ‘ai signé un contrat magnifique, se montant à plusieurs millions. Alors, j’ai peut-être perdu un peu la tête. J’ai invité quantité de gens à dîner, j’ai habillé des copains, je croyais que je tenais la fortune et qu’elle était inépuisable. Mais il faut bien comprendre que c’était pour moi une revanche contre toute la vie que j’avais eue jusqu’alors, surtout pendant ma jeunesse… J’ai été jalousé, je me suis découvert des ennemis… N’en parlons plus, puisque tout cela c’est du passé.

– Alors, parlez-nous de l’Amérique et d’HITCHCOCK.

– J’ai dépensé beaucoup d’argent à HOLLYWOOD car je voulais tout connaître… De ce fait, je ne dormais guère, j’allais au Dancing, à la boxe, et je me couchais à des heures impossibles. De ce fait, j’arrivais en retard au Studio. Alors, un jour, HITCHCOCK m’interpella : « Hé ! la Butte Montmartre, quand on dit huit heures-et-demi, ce n’est pas neuf heures ! Comment dit-on en Français ? ». Je lui répondis « L’heure c’est l’heure. Avant l’heure c’est pas l’heure et après l’heure, c’est plus l’heure non plus ! ». Le lendemain je trouvais dans ma loge un grand écriteau portant cette phrase. HITCHCOCK l’y avait fait placer bien en évidence.

1958 avait vu l’avènement de la nouvelle vague. Les anciens, acteurs et metteurs en scène ne travaillaient plus… Comme tant d’autres, Roland LESAFFRE dut tenir tête à cette marée. Quelques rôles se succédèrent dans : PARIS, c’est l’AMOUR, Le SEPTIEME JOUR de SAINT MALO. Puis, brusquement, sans transition, en 1959, ce fut pour lui un des sommets de sa carrière avec l’un de ses meilleurs rôles, celui de BIG CHIEF de TERRAIN VAGUE (Marcel CARNE).

….

Fin de l’article

 

L’AIR DE PARIS 1954

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A l’automne 1953, le nouveau film de Marcel Carné, Thérèse Raquin, reçoit un excellent accueil. C’est donc avec confiance que le réalisateur se lance avec le scénariste Jacques Viot dans un nouveau projet : l’histoire d’un entraîneur de boxe qui jette son dévolu sur un jeune ouvrier pour en faire son poulain. Carné est à l’époque un passionné de boxe et, comme il l’expliquera dans son autobiographie, l’arrière-plan social d’une telle intrigue lui plaît également: « Ce qui m’intéressait – en plus de l’atmosphère particulière du milieu – c’était d’évoquer l’existence courageuse des jeunes amateurs qui, ayant à peine achevé le travail souvent pénible de la journée, se précipitent dans une salle d’entraînement pour « mettre les gants » et combattre de tout leur cœur, dans le seul espoir de monter un jour sur le ring… ». Malheureusement, les producteurs de l’époque voient les choses d’un autre œil, estimant que les films sur la boxe n’intéressent pas le public. Après moult refus, Carné finit tout de même par signer avec Robert Dorfmann, heureux producteur de Jeux interdits et de Touchez pas au grisbi, qui se trouve être lui aussi un grand amateur de boxe.

L’histoire

Propriétaires à Paris dans le quartier de Grenelle d’une salle d’entraînement de boxe, le couple Victor (Jean Gabin) et Blanche (Arletty), n’envisagent pas le même avenir : Lui veut continuer à organiser des combats, Elle rêve d’une retraite au soleil sur la Côte d’Azur. Victor croit en l’avenir d’André Ménard (Roland Lesaffre) qu’il a recueilli chez eux, il l’encourage et le forme ; mais « paumé », le jeune homme délaisse vite l’entraînement par amour pour Corinne (Marie Daëms), joli et volage mannequin qui, selon Victor, le détourne de son destin de champion ; Victor finira par le ramener sur le chemin du sport.

Retrouvailles

Pour Carné, il est évident que le rôle de Le Garrec, l’entraîneur, revient à Jean Gabin, avec qui il a déjà tourné trois films. De son côté, Gabin se déclare rapidement partant – et le restera, même après avoir découvert la nouvelle version du scénario écrite par Carné et Jacques Sigurd, qui a entre-temps remplacé Jacques Viot. Le tandem a en effet développé considérablement le rôle du jeune boxeur, le dotant notamment d’une histoire d’amour, ce qui relègue quasiment le rôle de Gabin au second plan. Bien qu’il n’apprécie qu’à moitié ces modifications, l’acteur respecte sa parole. Il sera donc à l’écran l’entraîneur de Roland Lesaffre, ancien compagnon d’armes (ils se sont croisés à Alger pendant la guerre) qui vient grâce à Gabin – de jouer dans deux films de Carné. Le réalisateur a en fait eu des doutes sur les capacités de Lesaffre à tenir un rôle aussi important, mais le jeune homme est un ancien champion de boxe, ce qui le rendra crédible pour les scènes de combat… Fidèle, Carné engage pour le rôle de Blanche Le Garrec son amie Arletty, réunissant ainsi, quinze ans après, le couple du Jour se lève. Quant au personnage de Corinne, il le destine à Agnès Delahaie, qui n’est autre que « Madame Robert Dorfmann », Mais, découvrant qu’une récente dispute a opposé la jeune femme à l’épouse du coproducteur italien engagé dans le film, Carné doit faire appel in extremis, à la veille du tournage, à Marie Daëms…

Si Arletty se réjouit de partager l’affiche avec Gabin, elle est beaucoup moins emballée par le film : « Trop conventionnel, dit-elle. Pas assez équivoque. On ne voyait pas qu’il avait un look pour Lesaffre. Carné n’a pas voulu. Il aurait dû le faire jouer en plus « pédoque » [homosexuel].» Évidemment, aidé de son dialoguiste Jacques Sigurd (Dédée d’Anvers d’Yves Allégret), Carné a écrit tout spécialement le rôle du jeune champion pour son « protégé » Roland Lesaffre, auquel il réserve, les meilleures scènes.

– Dis donc, c’est plus mon histoire, c’est celle de Lesaffre, maugrée Gabin après lecture du scénario dialogué.

– Mais comme tu dis, à ton âge tu ne veux plus jouer les godants [amoureux], rétorque Carné.

Au terme de quelques-uns de ces échanges verbaux, dans un réel souci d’apaisement mais surtout parce qu’il connaît parfaitement « son » Gabin, Carné lui offre de discuter d’éventuels changements de texte en sa faveur :

– Non, non… J’ai signé, je jouerai ce qui est écrit, répond-il, l’air buté.

Sur le plateau, il n’adresse pratiquement plus la parole à Lesaffre ; celui-ci se révèle être, selon des témoins, « un sacré cabochard » : il estime être la vedette du film, ce que confirme le réalisateur. « Carné me disait que j’en faisais trop et que je lui « cachais » sa vedette ! » révèle Gabin. Quant à la presse toujours en perpétuel conflit avec le monstre sacré, elle désigne ouvertement Lesaffre comme son remplaçant : « Il y a dans le personnage de Lesaffre quelque chose de Gabin jeune, du Gabin de Gueule d’amour et de Pépé le Moko. Lesaffre me fait songer à la réplique musicale de Gabin en plusieurs octaves plus aiguës … », écrit le critique André Bazin.

 

Sur le ring

L’atmosphère des salles de boxe a-t-elle déteint sur l’équipe du film ? Toujours est-il que des tiraillements se produiront tout au long du tournage. D’une part entre CARNE et GABIN, ce dernier reprochant au réalisateur – non sans raison – de continuer à privilégier par sa mise en scène le personnage de LESAFFRE. Les relations entre l’acteur et son ancien « copain de régiment » s’en trouvent du même coup refroidies, d’autant que LESAFFRE ne joue pas exactement la carte de l’humilité. À en croire CARNE, après le succès inattendu de sa prestation dans THERESE RAQUIN et sa brève collaboration avec HITCHCOCK pour TO CATCH A THIEF (LA MAIN AU COLLET), la tête du comédien a quelque peu « enflé », et il regimbe souvent aux indications de son metteur en scène. Des frictions qui viennent s’ajouter à la complexité des scènes de matches, tournées avec de vrais professionnels : LESAFFRE affronte ainsi Séraphin FERRER, champion d’Europe de l’époque. Un combat dont il se tire honorablement, mais qui le laisse épuisé pour le reste du tournage. Malgré ces multiples difficultés, CARNE sera au final satisfait par le film. En partie sans doute parce que l’histoire de Le Garrec et du jeune André dépeint au fond sa propre relation avec Roland LESAFFRE, aspirant comédien qu’il a pris sous son aile, et qui fera grâce à lui une honnête carrière.

 

Fin

 

Roland Lesaffre – la fidélité dans le talent par Joe van COTTOM, Ciné Revue 1981.

http://www.marcel-carne.com/la-bande-a-carne/roland-lesaffre/1981-roland-lesaffre-la-fidelite-dans-le-talent-cine-revue/

 

www.youtube.com/watch?v=p88wbyG-Ssg