Une histoire illustrée de nexon
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M. Louis Félix BERTRAND est né le 18 mai 1824 à Saint-Ciers-sur-Bonnieure en Charente de parents cultivateurs.  Marchand de chaussures à Périgueux il épouse 11 janvier 1854 à Mansle (Charente) Marguerite « Elise » PIRET. L’année suivante il ouvre à Limoges un magasin de chaussures à Limoges, place Saint-Martial, à l’angle de la rue Pont-Hérisson, la rue du Clocher n’était pas encore percée. Il le nomme « A la Grâce de Dieu ».

On remarque sur cette carte postale que la rue Jean Jaurès n’est encore réalisée. La photo est prise de la Place saint Martial, future rue Jean Jaurès à la fin de la guerre en 1919.

L’idée d’utiliser des chromos pour faire de la publicité est venue d’Aristide Boucicaut, propriétaire des grands magasins parisiens, « Au Bon Marché ». En 1850, tous les jeudis, il donnait personnellement aux enfants venus avec leur mère, une image. Ainsi ils étaient incités à revenir au magasin le jeudi suivant pour avoir une autre image.

Il va rapidement être imité et dans toutes les grandes villes des commerçants se mirent à distribuer des images au verso desquelles se trouvait leur publicité. M. BERTRAND a utilisé cette méthode pour faire connaitre ses produits et leur prix.

Chromo « Berlin – Le palais Royal » avec au verso quelques tarifs des articles du magasin « A LA GRACE DE DIEU » F. BERTRAND toujours situé Place St Martial à Limoges

Avant d’utiliser la Presse, lue par petit nombre des clients des magasins qui cherchent à avoir une large clientèle, les commerçants vont avoir recours à d’autres supports. En particulier des pièces de monnaies « privées », les jetons de nécessité, crées pendant les périodes de crise et les jetons de transport.

Une trentaine de compagnies de tramways électriques ont émis des jetons de transport : Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg … et Limoges. La ville de Limoges a confié la concession des transports par tramway à MM. Grammont et Faye le 13 février 1897. Ils créèrent la Compagnie des Tramways Electriques de Limoges (T.E.L.). L’exploitation débuta avec cinq lignes de 12 km au total, avec une trentaine de motrices Grammont.

La compagnie a émis des jetons de transport d’une valeur de 10 centimes.  L’originalité est que sur l’autre face il y avait de la publicité, à l’époque on disait « réclame ». Pour les pièces en aluminium c’était soit l’Atelier de construction Grammont, soit la pharmacie Brunot et pour la pièce en laiton, les chaussures Bertrand.

De son mariage Louis Félix Bertrand aura cinq enfants trois garçons et deux filles. Les garçons vont tous embrasser des carrières qui les éloigneront du commerce de chaussures.

L’ainé, Pierre BERTRAND (1855 – 1902), sera magistrat et après avoir commencé sa carrière comme substitut à Tulle il la terminera comme Avocat général près la Cour d’Appel de Douai. Ulric « Joseph » Pierre BERTRAND (1870 – 1926), ingénieur des Arts et manufactures, créera une entreprise de papiers peints à Paris. Louis Marie Henri BERTRAND (1878 – 1915), Saint Cyrien est morts pour la France le 15 octobre 1915. Il était capitaine. Les trois fils ont été décorés de la Légion d’Honneur.

Angèle Marie BERTRAND, née à Périgueux le 7 avril 1860 épouse un négociant, Jean Paul ROBIN et ils s’installent à Agen. Marie Berthe BERTRAND (Elisabeth Bertrand), née le 25 septembre 1864 épouse le 31 mars 1883 à Limoges, « Antoine » Félix Frédéric GIZARDIN, né à Nexon.

Les GIZARDIN sont une vieille famille nexonnaise. Mathurin GIZARDIN (1692 – 1762) était notaire comme son fils Nicolas. Ce dernier a eu six enfants, certains sont restés à Nexon comme Gabriel (1789- 1866) cafetier place de l’église ; d’autres comme Léonard, né en 1771, s’installa à Vialotte sur la commune de Saint Hilaire les Places où il fut adjoint au maire.

La maison des GIZARDIN à Saint Hilaire les Places

Antoine est né le 5 septembre 1849 au bourg de Nexon ou son père possède une auberge.

Lorsqu’Antoine épouse Berthe BERTRAND son père est décédé et c’est sa mère qui fait part du mariage de son fils.

Celui-ci a lieu à Limoges où il est célébré par Marcelin BECHADE, adjoint au maire de Limoges.

Les témoins pour le marié sont Albert THOMAS docteur en médecine âgé de 26 ans demeurant à Nexon et Ferdinand GIZARDIN, propriétaire âgé de 40 ans demeurant aussi à Nexon. Pour la mariée son frère Pierre, substitut du procureur à Tours, âgé de 28 ans et Gustave GENEIX, agent d’assurance, âgé de 30 ans et demeurant à Limoges.

L’acte de mariage précise qu’Antoine est « sans profession » ce qui est étonnant pour un garçon de 34 ans. Son épouse à 15 ans de moins que lui et elle aussi est « sans profession ».

Antoine ne va pas rester longtemps sans avoir un métier. Il ouvre un magasin de chaussure place Saint Michel et il cherche à louer l’hôtel que possède ses parents à Nexon.

Le Courrier du Centre des 18 avril et 2 mai 1886

Le magasin qu’il ouvre va prendre comme nom « A Saint Michel ». On voit ici la ressemblance qu’il y a avec le magasin de ses beaux parents : « A la Grâce de Dieu ». Il va faire de la publicité dans la presse, en particulier dans Le Courrier du Centre, adaptant son message à la période de l’année : Noel, Chasse…

Lors de la Foire de la saint Loup, est une foire créée en l’honneur de Loup, évêque de Limoges, qui existe depuis le XIV e siècle. Elle est devenue progressivement la plus importante foire de Limoges et du Limousin. Généralement organisée le 22 mai, elle a lieu maintenant le dernier weekend de mai. L’activité des commerces est fortemnt liée au temps qu’il fait au moment de la foire.

On constate que même lorsque le temps n’est pas clément, le magasin de chaussure d’Antoine GIZARDIN réalise de bonnes affaires. c’est ce qui se passe en 1898. Le journaliste du Courrier du Centre qui fait le reportage constate que malgré le mauvais temps M. GIZARDIN est l’un des rares commerçnts à avoir fait de meilleures affaires qu’en 1897.

Le Courrier du Centre 25 mai 1898

Moins d’un an après le mariage d’Antoine et Berthe, le 10 janvier 1884 naît une petite fille que les parents appellent Agnès. Elle sera le seul enfant du couple GIZARDIN. On peut supposer qu’elle a eu l’éducation classique des jeunes filles de la bourgeoisie limousine. S’il fallait une preuve on la trouverait dans la cérémonie religieuse de son mariage avec Pierre Paul LATHELIZE, fabricant de chaussures. La cérémonie civile a lieu à la mairie de Limoges le 19 juillet 1904.

On peut remarquer la belle signature de Pierre Paul ce qui permet d’imaginer qu’il avait le même sens de l’esthétique pour dessiner ses modèles de chaussures.

La cérémonie religieuse à lieu le lendemain en l’église Saint Michel. Les deux familles faisaient partie de la bourgeoisie commerçante de Limoges et Le Courrier du Centre ainsi que le magazine Limoges illustré en rendent compte signalant les prestations de la chanteuse Louise RUBEN, du violoniste Léon FURELAUD, de l’organiste PERMANN ….

Le Courrier du Centre 21 juillet 1904
Limoges illustré 1er aout 1904

De ce mariage naitront trois enfants : Maurice LATHELIZE (1905-1981), André LATHELIZE (1908 – x) et Joseph LATHELIZE (1913-1987).

Assez rapidement Paul LATHELIZE va prendre les rênes du magasin. Le nom de BERTRAND disparait et celui de LATHELIZE lui est progressivement substitué.

Paul développe l’affaire en recourant à la publicité. Avant 1914 on pouvait lire sur un dépliant « Chaussures pour hommes cousues mains à 14,95 F pour le modèle Derby en veau suiffé ou 22 F pour le modèle Alpin en veau blanc double semelle ou à 15,95 F les bottines en chevreau glacé ». Le magasin se définissait comme « maison de premier ordre, la plus ancienne de la région ».

En 1911 les deux noms, BERTRAND et LATHELIZE figurent sur les documents. Paul LATHELIZE précise qu’il est le petit-fils du fondateur.

Après la guerre seul le nom de LATHELIZE apparaît.

Publicité pour la saison 1934

En 1943 le style des chaussures a changé. le magasin met en avant une création des chaussures HEYRAUD.

Magazine « Notre Province 1943 »

dans les années 1960 les devantures des magasins vont changer de style. La rue du clocher est une des plus commerçante de Limoges et l’enseigne « A la grâce de Dieu » est toujours la même. Elle n’a pas changé depuis plus de 100 ans.

Aujourd’hui le magasin « ELLES » a laissé la place à un fast-food mais en face c’est toujours un commerce de chaussure et si l’enseigne a changé la façade au premier étage conserve le nom d’origine …

Le titre d’un article publié dans le Populaire du 29 juillet 2019 m’a interpellé! Il disait que le nouveau premier ministre de Grande Bretagne, Boris JOHNSON avait des racines nexonnaises par sa mère dont les ancêtres étaient des DECOUILHAC nés à Mazérieux, village de la commune de Nexon. Je suis donc parti à la recherche de ces ancêtres dont on trouve effectivement des traces à Mazérieux, dans le bourg de Nexon et au moulin Barlet. Mais cette famille n’est pas restée à Nexon, et aujourd’hui on ne compte plus de descendants sur la commune, des membres sont partis à La Réunion, à Maurice, certains sont revenus en Métropole…

On trouve des COUILHAC (COULHAC) à Paulhac en Haute Garonne vers 1680, et plus tard dans l’Aveyron et le Lot, on rencontre également un Jean COUILHAC vers 1693 à Meilhac en Haute-Vienne mais c’est à Nexon, principalement dans le village de Mazérieux et au moulin de l’Etang, aujourd’hui moulin Barlet, que se trouve le berceau des COUILHAC et de COUILHAC.

Au XVIIe et au XVIIIe siècle l’écriture des noms propres n’est pas stabilisée. La plupart des villageois ne savent ni lire ni écrire et c’est le prêtre en rédigeant le certificat de baptême qui décide de l’écriture. Ainsi COUILHAC est parfois écrit COULHAC précédé de la particule « de » ou DECOUILHAC. MAZERIEUX a été rajouté pour devenir DECOUILHAC-MAZERIEUX avec François, décédé le 29 mai 1849.

1849 les COUILHAC deviennent DECOUILHAC MAZERIEUX

Coulhac est un nom formé par le mot « colius » diminutif du latin « collum, le cou » qui désigne une personne qui a un long cou, et du suffixe gaulois acum qui donne les terminaisons « ac » et sert à former des noms de domaine basés sur le nom de leur propriétaire ce qui donne ici  « le domaine de celui qui a un long cou ». Mazérieux est issu du latin maceriae qui signifie les ruines romaines et par extension le domaine où l’on trouve des ruines.

1- Les DECOULHAC vont accoler le nom de leur village, Mazérieux, à leur patronyme. 

En 1620 plusieurs habitants des villages du Brouillet (Breulhet) et de Mazerieux (Mazeyrier), paroisse de Nexon, font donation de rentes à Charles, comte des Cars, en vue d’être exemptés de bans d’armes, impositions et autres charges.

Parmi eux devait se trouver un DECOUILHAC puisqu’on trouve la naissance de Pierre de COUILHAC, né vers 1592 et décédé le 23 juillet 1672 à l’âge d’environ 80 ans. C’est à partir de l’acte d’inhumation que l’on déduit son année de naissance. Celui-ci indique « Le 23eme Juillet 1672 j’ay enseveli Piere de Coulhiac aagé de 80 ans ou environ du village de Mazerieux présente paroisse dans le tombeau de ses feux prédécesseurs en notre cimetière de Nexon présent Janton Terneau son gendre, Mathurin du Coulhiac son frère et Jehan du Coulhiac dit Rousseau dudit village »

Pierre avait trois frères, Mathurin, Tony et Jean (1603 – 1673). Il semblerait que seul Jean ait eu une descendance.

 Jean (Jehan) dit le Rousseau DECOULHAC (DECOUILHAC) demeurant à Mazérieux, né vers 1603 et décédé le 27 novembre 1673 à Nexon à l’âge d’environ 70 ans.

« Le 27 novembre 1673 a été enseveli Joseph de Coulhiat dit Le Rousseau habitant du village de Mazerieux aagé d’environ 70 ans ou environ dans le tombeau de ses feux prédécesseurs en notre grand cimetière susdit de Nexon fait par moy soussigné en présence de Patern Lymousy, François du Coulhac Guyot vicaire de Nexon. »

Marié en premières noces avec Jeanne BARRET ils ont eu trois enfants : Jean (ca 1623-1694), François (ca 1638-ca 1693) et Pierre (1680 – 1745). De son second mariage avec Léonarde GUILLOT est né Clément (1637- x).

Du premier mariage de Jean c’est dans la descendance de François DECOUILHAC que l’on va trouver ceux qui vont quitter Nexon pour l’île Bourbon devenue depuis l’île de la Réunion.

François DECOUILHAC est né vers 1638 et il est inhumé le 26 décembre 1728. De son mariage avec Peyronne BONNET, trois enfants naîtront dont seul Pierre aura une descendance nombreuse et voyageuse.

Pierre DECOUILHAC est né vers 1680. On déduit sa date de naissance du certificat d’inhumation rédigé le 8 mai 1745 dans lequel le curé ROMANET attribue environ 65 ans à Pierre de COUILHAC.

certificat d’inhumation de Pierre de COUILHAC rédigé le 8 mai 1745

Pierre a épousé le 27 septembre 1650 Martialle HEBRARD et de ce mariage au moins sept enfants sont nés. Parmi eux François (1711 – 1782) et Radegonde (1719 – 1753). Radegonde épousera un de ses cousins Jean, meunier au moulin de l’Etang, issu du second mariage de Jean dit Le Rousseau.

François DECOUILHAC, né au village de Biard, est baptisé le 2 mars 1711

« Le deuxième mars de l’an susdit a esté baptisé François de Couilhac nay au village de Biard de Pierre et de Martialle Hebrard son épouse a esté parrain François de Couilhac et marraine Anthoinette Coutance Meynard vicaire de nexon« 

A vingt-trois ans, le 31 aout 1731 il épouse, à Saint Priest Ligoure, Françoise BOUTOT.

« le trente et unième aout mil sept cent trente quatre après les fiançailles et la publication des trois bans entre François Decouilhac du village de Mazurieux et Françoise Boutot de ma paroisse sans avoir aucun empêchement ni d’opposition avec la permission de Mr le curé de Nexon, signé Romanet je les ai mariés et donné la bénédiction nuptiale en présence de Mrs Jean La Jonchères, Mathurin Gizardin, Pierre Mandavy et autres qui ont signé avec moi. signé : La Jonchères, Gizardin Mandavy signé : Faunaud vic de St Priest« 

Des cinq enfants nés de ce mariage c’est parmi la descendance du fils ainé, Martial (1737 – 1767) que nous trouverons ceux qui ont quitté le Limousin pour gagner l’ile Bourbon (ile de La Réunion) et l’Isle de France (ile Maurice).

François qui a passé sa vie à Mazérieux décède le 4 décembre 1782 et il est inhumé le lendemain dans le cimetière de Nexon.

Certificat d’inhumation de François DECOULHAC le 5 décembre 1782

Le certificat signé par le curé DESTHEVES et par Annet TARRADE, chirurgien et Jean-Baptiste DEVERNEIL, notaire royal atteste de la position sociale qu’avait François DECOULHAC dans la paroisse de Nexon. On notera qu’ici il n’y a pas de « i » dans le nom et que le curé l’a écrit DECOULHAC

Martial de COUILHAC, né au village de Mazérieux, est baptisé le 28 janvier 1737.

Le vingt et un novembre 1758 Martial de COUILHAC, laboureur, épouse Marie TARRADE, fille d’Annet TARRADE, juge à Nexon.

Le vingt un novembre mil sept cent cinquante huit après la publication des trois bans de mariage duement faite aux prones de nos messes paroissiales pendant trois dimanches consécutifs sans avoir découvert aucun empêchement n’y trouvé d’oppositionentre Martial Decouilhac laboureur, fils de François Decoulhac et de Françoise Boutte ses père et mère du village de Mazerieux paroisse de Nexon avec Marie Tarrade file de mr Anné Tarrade juge de Nexon et de Marie Sudrivaud ses père et mère du présent bourg ne s’étant découvert aucun empêchement les dites parties ayant été fiancées et reçu préalablement les sacrements de pénitence et d’eucharistie j’ay reçu leur consentement mutuel et leur ay donné la bénédiction nuptialle en présence de François Decoulhac père du contractant, de Jean Baptiste Tarrade frère de la contractante, de Pierre Sazérac praticien de François Guyot controlleur et d’Anné Sudrivaud tous parents ou alliès des dites parties qui ont tous signés avec elles sauf Martial Decoulhac contractant pour ne savoir de ce par moy enquis. Guyot vicaire à nexon

21 novembre 1758, mariage Martial Decouilhac

On peut penser que le mariage de Martial avec la fille d’un juge va changer le statut social de la famille. En effet dans l’Ancien Régime le juge et procureur d’office était effectivement une personne suffisamment riche pour acheter une charge rémunérée et transmissible à ses enfants. Ces juges n’intervenaient pas pour les affaires criminelles qui relevaient de la justice royale. Ils ne pouvaient juger que des affaires concernant les personnes de même catégorie sociale qu’eux ce qui excluait les nobles et les militaires.

Cette justice était souvent orale ce qui explique qu’elle pouvait être rendue par un juge illettré. Les procès étaient payables aussi bien en numéraires qu’en nature (blé, avoine, volaille, etc.) selon les désirs du juge. Les décisions différaient d’un juge à l’autre et dépendaient souvent du prix payé par l’un des justiciable. Ces inégalités ont été l’une des raisons de la Révolution de 1789.

Quoi qu’il en soit à partir de Martial on constate que le nom de famille évolue et devient MAZERIEUX DECOUILHAC.

Une preuve de l’évolution du statut social de la famille se trouve dans le fait qu’après son décès, le 10 mai 1767, Martial a été inhumé dans l’église de Nexon et non dans le cimetière.

10 mai 1767, inhumation de Martial Decouilhac dans l’église de Nexon

Martial est mort jeune, à peine trente ans, et il avait au moins trois enfants : François, Françoise et Marguerite.

François DECOUILHAC, né en 1760 épouse en premières noces, à Saint Hilaire Bonneval, Catherine DENANOT une jeune fille d’à peine 17 dont les parents sont aubergistes dans cette commune. Elle décède quelques mois après, le 17 juillet 1786. Il se marie ensuite le 19 juin 1787 avec Catherine DELAROCHE à Verneuil-sur-Vienne où le père est notaire royal. L’ascension sociale de la famille est nette. On le trouve dans les notables qui éliront la première assemblée communale en 1790 et le 15 ventôse an II, 5 mars 1794 il est élu capitaine de la Garde Nationale de Nexon. Il est alors appelé MAZERIEUX et no de COUILHAC. On peut se demander si ce changement de nom n’est pas lié à la Révolution et à la volonté de faire disparaitre les signes de l’ancien régime ?

Ils auront sept enfants, Pierre (1788-1790), Flavie née en 1789, Martial en 1791, Joseph ((1794-1854), Gabriel (1796-1799), Flavie (1798-1828) et Marguerite (1802-1804). Trois d’entre eux mourront à l’âge de deux ans.

François vivra jusqu’à l’âge de 89 ans ayant exercé le métier d’aubergiste à Nexon.

Acte de décès de François DECOUILHAC MAZERIEUX

L’acte porte pour la première fois le nom de DECOUILHAC MAZERIEUX. Une demande sera effectuée par ses enfants pour que ce nom figure à l’Etat-Civil. Ainsi, par jugement du tribunal d’instance de Saint-Yrieix en date du 29 juillet 1873, aux prénom et nom François de Couillat, ont été substitués les prénom et noms de François de Couilhac-Mazérieux. Cette mention figure sur l’acte de naissance de son fils Joseph.

Joseph DECOUILHAC est né le 11 pluviôse an II (30 janvier 1794).

L’acte de naissance précise que son père, le citoyen François DECOUILHAC, est capitaine de la garde nationale et qu’il demeure au village de Mazérieux.

Acte de naissance de Joseph DECOUILHAC

En 1830 Martial est adjoint au maire. Il se nomme Decoulhac-Mazérieux mais signe Mazérieux.

Adjoint au maire, Martial signe Mazérieux

2- Des DECOULHAC quittent Nexon pour la Réunion…

Joseph quitte Nexon et on le trouve médecin à l’Ile de Bourbon (la Réunion) où il épouse le 9 septembre 1822, à Sainte Suzanne, Louise Augustine MASSARD-DESMANIERES, fille d’un avocat.

Sainte Suzanne a été fondée en 1667 en même temps que Saint Denis.

Sainte Suzanne à l’Est de Saint Denis
Eglise de bel Air à Sainte Suzanne

Joseph et Louise auront sept enfants : Louis Joseph (1823-1900), Célest Elizabeth (1825-1826), Jean Baptiste (1827- x), Emile Pierre (1829-1884), François Joseph (1831-1913), Joséphine Marie (1834-1921) et Prosper Marcelin (1836-1900).

Joseph est déclaré décédé en mer le 3 mars 1840 dans un naufrage au large du Cap de Bonne Espérance à l’âge de 46 ans.

L’écriture du nom se modifie, le « i » de COUILHAC disparait et Mazérieux y est accolé.

Parmi ces enfants étudions la descendance de François Joseph et de Joséphine Marie.

François Joseph de COULHAC MAZERIEUX est né le 6 août 1831. Il épouse Marie Arianne DOUYÈRE le 21 février 1861 et ont cinq enfants : Jean Joseph Alfred (1861-1947), Joseph (1864-1926), Marie Joséphine Arianne (1866- x) Marie Joséphine Louise (1873-x) et Jean Marie. Il préside la Chambre d’Agriculture 1868-1874. Il se donne comme objectif principal de relancer l’agriculture. Il encourage les agriculteurs à utiliser plus d’engrais. Les rendements dans la production de sucre vont augmenter.

Jean Joseph Alfred, le fils ainé, est très souvent appelé Alfred MAZERIEUX. C’est sous le patronyme MAZERIEUX qu’est faite sa demande pour la Légion d’Honneur. Pourtant l’extrait de naissance porte la mention de la décision du Tribunal de Saint Denis du 10 avril 1878 de le nommer Jean Joseph Alfred De COULHAC MAZERIEUX. Mais le nom Alfred MAZERIEUX est vivace car c’est avec ce nom qu’il est connu comme maire de Saint Denis. 

Sur l’acte de naissance de Jean Joseph Mazérieux le nom de DECOUILHAC ne figure pas, le père et le fils sont des Mazérieux. Cependant cet extrait rédigé le 11 aout 1921 mentionne la décision du Tribunal d’Instance de Saint Denis du 10 avril 1878 précisant qu’il faut lire Jean Joseph de Coulhac Mazérieux.

Vétérinaire, importateur de bovins il est élu conseiller municipal de Saint Denis en 1903, conseiller général en 1910 il est maire de 1914 à 1919. Pendant son mandat la Première guerre mondiale ravage l’Europe. Elle l’oblige a organiser la mobilisation et à assurer l’approvisionnement en nourriture, principalement le riz. Il crée un orphelinat et une Compagnie de sapeurs-pompiers. L’excellent exercice de son mandat lui vaudra de recevoir la Légion d’Honneur le 6 aout 1921 des mains de Docteur Louis OZOUX, un parent de son épouse Louise OZOUX.

Alfred de Mazérieux, maire de Saint Denis , La Réunion, 1916-1919.

En 1863, François Joseph fait construire dans la propriété du Jardin du Mont Saint-François sur les hauteurs de Saint-Denis, une belle villa créole pour son fils Alfred. Ce dernier s’y installe avec son épouse, Euphrasie Ozoux et leur fils adoptif, baptisé lui aussi Alfred. La maison passe ensuite aux mains de Maurice Ozoux, cousin d’Euphrasie, qui la rachète en 1948.

C’est aujourd’hui une très belle villa dans le vaste domaine de Beaubassin situé au n° 71 chemin Alfred Mazérieux. La villa qui accueille les touristes dans les chambres d’hôtes a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 7 juin 2018.

Monique Ozoux, propriétaire du domaine de Beaubassin, interrogée dans le journal télévisé d’Antenne Réunion du 5 juillet 2018, après le classement de son domaine aux monuments historiques, raconte l’histoire du domaine dans la famille Ozoux depuis 4 générations et rappelle qu’il était autrefois la propriété d’Alfred MAZERIEUX. Ainsi à la fois par le nom du chemin et par la mémoire collective un peu de Nexon vit à la Réunion avec le nom de MAZERIEUX.

https://www.linfo.re/la-reunion/societe/monique-ozoux-nous-souhaitions-que-beaubassin-soit-inscrit-pour-le-partager-avec-tous-les-reunionnais

Domaine de Beaubassin, plaque descriptive
La Villa dans un parc luxuriant sur les hauteurs de Saint François

De nombreux DECOULHAC-MAZERIEUX ont apporté et apportent leur pierre à l’histoire de la Réunion. Emile Pierre MAZERIEUX a été notaire à Saint-Denis de 1871 à 1884 et Charles Marie de COULHAC-MAZERIEUX également notaire à Saint-Denis de 1887 à 1915.

4- A l’ile Maurice et aux Seychelles les DECOULHAC-MAZERIEUX sont présents

Dans un travail de recherche Julien Durup, étudiant en histoire, montre le rôle important de Pierre Antoine Ernest de COULHAC MAZERIEUX pendant la première guerre mondiale aux Seychelles : « The First World War : and its aftermaths in the Seychelles ».

Noël de COULHAC MAZERIEUX, amoureux de son île natale, fait une brillante carrière d’avocat en France et a participé à tous les événements tragique du XXe siècle : l’engagement dans l’armée en vue d’une guerre inévitable, le service sur la ligne Maginot inutile, la Résistance. Comme avocat il était un spécialiste reconnu du droit d’auteur et a défend les peintres Matisse, Utrillo, Picabia. Il revient à Maurice plusieurs fois, accompagné parfois de l’un de ses petits-enfants, pour y retrouver sa sœur Marie à son école de Curepipe-Road. Il prit sa retraite après 56 ans d’exercice professionnel.

Le 2 novembre 2006 le magazine lexpress.mu rendait un « Hommage à Marie de Coulhac Mazérieux »

Marie de Coulhac Mazérieux n’est plus. Son Cours Jeanne d’Arc est en deuil. Une grande Dame de l’Education mauricienne s’en est allée, en cette fin d’octobre 1981. Elle meurt à 86 ans, dans sa maison située dans les locaux de l’établissement scolaire qu’elle fonde, un demi-siècle plus tôt. Avec elle, disparaît l’un des piliers d’une génération d’enseignants pour qui l’éducation n’est pas un métier, encore moins un gagne-pain ni, pire encore, le moyen de se faire du fric non imposable, en tenant en otages élèves et parents, mais une vocation, un sacerdoce, auxquels tout le reste doit, bien sûr, être sacrifié. Des générations d’élèves ont usé leur fond de culotte sur ses bancs de classe. La cour de récréation est modeste mais pleine de souvenirs. Sa hantise de chaque instant fut de veiller à ce que l’instruction, dispensée dans les murs de son Cours Jeanne d’Arc, soit accessible aux élèves, soit accessible à chaque élève. Marie de Coulhac Mazérieux fonde son Cours Jeanne d’Arc en 1927. Pendant le demi-siècle écoulé avant sa mort, elle s’occupe maternellement de ses élèves, de chacun de ses élèves, avec une option préférentielle pour ceux présentant le plus de difficulté sur le plan caractériel et sur celui de la personnalité. Elle sait qu’elle n’en fera pas des lauréats ni des boursiers du gouvernement. Elle se contente de forger leur caractère et de leur donner ce qu’il faut pour devenir d’honnêtes citoyens, des serviteurs efficaces de la patrie, des pères et des mères de famille exemplaires. Elle est l’école de la dernière chance de la réussite et n’en est pas peu fière car il lui revient de redonner espoir et assurance à ceux qui l’ont perdus parce qu’ils ont été rejetés par ceux et celles se prétendant meilleurs pédagogues qu’elle. Cette grande Dame de l’éducation mauricienne vibre d’un amour sacré pour la grammaire française, pour la littérature française, pour la civilisation française, pour la pensée française. Elle dit et répète : L’amour de la langue française réside dans la difficulté qu’on éprouve à la maîtriser totalement. A l’ouverture, en 1927, le Cours Jeanne d’Arc ne compte que six élèves. Ils sont filles et garçons. Cette mixité est particulièrement novatrice. Ses détracteurs, déjà, l’accusent de vouloir fonder une école de « libres penseurs ». Marie de Mazérieux est française d’origine. Elle débarque à Maurice via Madagascar. Le consulat de France l’aide considérablement dans son projet de créer une école suivant le système français d’éducation dans une colonie anglaise, ayant déjà peu glorieusement fait échec à un projet rétrocessionniste, visant à ce que l’ile Maurice redevienne l’Isle de France dans la Mer des Indes. Les descendants des Surcouf et de ses compagnons corsaires préfèrent le Rule Britannia et ses livres sterling achetant leurs sucres. Tout en suivant le système éducatif français, elle donne à l’anglais la place qui lui revient, à savoir celle d’une langue étrangère pour la masse des Mauriciens. Elle est assez intelligente pour le comprendre. Elle enseigne donc intelligemment l’anglais en tant que langue étrangère, au lieu de faire comme ses pairs du système éducatif anglo-mauricien, à savoir enseigner l’inconnu par l’inconnu à des masses de perroquets mauriciens. Un quart de siècle après sa fondation, son Cours Jeanne d’Arc compte 150 élèves à une époque où les meilleurs collèges confessionnels n’en comptent que le triple, sinon le double. Surviennent les cyclones Alix et Carol, de début 1960, qui anéantissent les bâtiments existants. Marie de Mazérieux va alors sur ses 65 ans. Une autre à sa place en aurait profité pour fermer boutique et faire valoir ses droits à une paisible retraite au milieu de ses souvenirs scolaires. Qu’aurait-on pu lui reprocher si elle avait adopté cette solution de facilité ? Elle ne pense qu’à tout rebâtir à zéro. C’est alors que les marins du Jeanne d’Arc, le bâtiment emblématique de la marine française, la Royale, se mettent à son service et reconstruisent son école. Sainte Jeanne d’Arc, à Orléans, ne fut pas mieux soutenue ni épaulée. Jean Pierre Lenoir, qui lui rend un hommage mérité à l’occasion de son décès, conclut ainsi son panégyrique : Marie, nous te devons beaucoup ! Comment lui donner tort ? Le Cours Jeanne d’Arc n’est plus. Il a cédé la place au Collège Saint-Patrick. Y a-t-on pensé à célébrer le souvenir de Marie de Coulhac Mazérieux, décédée le 16 octobre 1981 ?

https://www.lexpress.mu/article/hommage-%C3%A0-marie-de-coulhac-maz%C3%A9rieux

3- De La Réunion certains reviennent en Métropole et leur descendance occupe de hautes fonctions dans la société française mais aussi ailleurs !

Joséphine Marie LE COULHAC de MAZÉRIEUX est née le 24 janvier 1834 à Bel-Air de Sainte Suzanne. Elle se marie le 12 janvier 1853 à Versailles avec Édouard Auguste CONFEX de NEUILLY (1828- 1855) dont naîtront Louis Marie CONFEX de NEUILLY (1854-1916) et Henry Marie CONFEX de NEUILLY (1856-1886). Le 27 octobre 1858 elle épouse en secondes noces, à Paris, Jules ARNOUS-RIVIÈRE (1830-1905).  De ce mariage naîtra le 14 janvier 1862 à Paris Hélène ARNOUS-RIVIÈRE.

Joséphine a eu la douleur de perdre son fils Henry Marie, décédé à Paris le 18 février 1888 dans sa trente deuxième année. Le faire part de son décès permet de retrouver une grande partie de la famille.

Faire part de décès de Henry-Marie Confex de Neuilly

L’accession de Boris JOHNSHON au poste de Premier Ministre de la Grande Bretagne le 24 juillet 2019 a fait retrouver la famille DECOULHAC par l’intermédiaire de Joséphine dont la fille Hélène ARNOUS-RIVIÈRE est la trisaïeule (arrière-arrière-grand-mère). En effet Hélène ARNOUS-RIVIÈRE a épousé à Paris le baron Hubert de PFEFFEL (1843 – 1922). Leur fille Marie Louise de PFEFFEL née à Paris le 16 août 1882 s’est mariée le 22 janvier 1906, à Versailles avec Stanley WILLIAMS (1880-1955). Leur fille Yvonne Eileen dite Irène WILLIAMS a épousé le 10 décembre 1936 Osman Ali Wilfred KEMAL alias JOHNSON (1909-1992). Leur fils, Stanley JOHNSON, sera le père de Boris JOHNSON né à New York le 19 juin 1964. L’arbre généalogique de Boris JOHNSON a été étudié par de nombreux généalogistes dès son accession à la mairie de Londres. Et lorsqu’il a été nommé premier ministre de Grande Bretagne le 23 juillet 2019 plusieurs journaux font état de ses racines françaises, soit pour mettre en avant ses racines alsaciennes par la famille Pfeffel ou ses racines limousines et plus précisément nexonnaises par les DECOUILHAC.

C’est ainsi que le Populaire titrait son article du 28 juillet 2019 :

le Populaire 28 juillet 2019

L’article s’appuie sur le travail effectué par les Amitiés généalogiques du Limousin publiées dans le numéro 100 de leur revue.

Généalogie en Limousin publiée par Les Amitiés généalogiques du Limousin

Le barreau parisien a fait raisonner dans les salles d’audience le nom DECOULHAC MAZERIEUX.

Joseph DE COULHAC-MAZÉRIEUX, Officier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre, né à l’Ile Maurice le 31 janvier 1896, décédé le 14 janvier 1957.Diplômé des Hautes Études Commerciales, – deux certificats de licence ès sciences, – avocat à la Cour d’appel de Paris (25 octobre 1921), – membre du Conseil de l’Ordre (1945-1949).

Aujourd’hui c’est Armelle DE Coulhac-Mazérieux qui est inscrite au barreau de Paris depuis 1988.

4 – La branche issue du second mariage de Jean dit le Rousseau et le moulin des Etangs (moulin Barlet)

Clément DECOUILHAC, né le 30 août 1637 au village de Mazérieux à Nexon. Marié le 15 janvier 1674 à Nexon avec Narde Garreau. Ils auront quatre enfants : Léonarde (ca 1674-1693), Aubin (marié le 12 février 1697, François (marié le 7 mars 1707), Pierre (marié le 14 février 1708) qui suit.

Avec Pierre DECOUILHAC on quitte le village de Mazérieux pour le bourg de Nexon ou il est tailleur d’habits. Il s’y marie le 14 février 1708 avec Marie Brun dont le père, Pierre BRUN est meunier au moulin de l’Etang. Jean DECOUILHAC, né en 1722 de ce mariage prendra la suite de son beau-père comme meunier au moulin de l’Etang et Léonard, son fils né en 1757 lui succèdera.

 Le quatorzième du mois et an (février 1708) après les fiançailles duement faites et la publication des trois bans de mariage entre Pierre de Couilhac tailleur d’habits fils de Clément et Narde Garreau du présent bourg et Marie Brun fille de Pierre et de Marie Guyot du Moulin de l’Etang,… et entre Léonard Sazerat fils de Me Simon Sazerat et de Catherine de Loutre et Jeanne de Combrouze fille à feu Jean et Marie Deguil,… et entre François de Combrouze et Anne Sazerat veufve de feu François de Couilhac tous du présent bourg sans avoir découvert aucun empêchement à leur mariage je les ay mariés et leur ay baillé la bénédiction nuptiale en présence de Pierre Dupuitren, de Jean Deverneuilh, d’Anthoine Joubert et Léonard Hebrard qui ne seurent signer

Du mariage de Pierre naitront Léonarde (1710 – x), deux jumelles Gabrielle et Léonarde nées en 1714 et décédées a quelques mois, Jean (1722-1801) qui suit, Léonarde (mariée en 1730) et Léonard (1715 – x) 

Le même jour (17 avril 1714) ont esté baptisée Léonarde et Gabrielle de Couilhac nées au Moulin de Lestang de Pierre et de Marie Brun son épouse, ldite léonarde a eu pour parrain Martial Sazerat et pour marraine Léonarde de Couilhac et la Gabrielle a eu pour parrein Léonard Limousin et pour marraine Gabrielle Brun Juge cure de nexon

Jean DECOUILHAC (1722 – 1801) se mariera trois fois.

Baptême à Nexon : Le 14e jour du mois de 7bre 1722 a esté baptisé Jean de Coulat fils de pierre de Coulat et de Marie Brun du village du Moulin de l’Etang a esté parain Jean Nouaud et maraine Léonarde de Coulat lesquels nont scu signer de ce enquis Dalmays vicaire

Le premier mariage a eu lieu le 5 février 1742 à Nexon, avec une de ses cousine, Radegonde DECOUILHAC (1719-1753). De ce premier mariage naitront deux filles, Léonarde (1743-1823) qui épousera Annet GUYOT en 1765, et Marcelle (1753 -x).

Après les fiançailles et la publication des bans de mariage entre Jea Decouillac fils de Pierre Decouilliac et de feue Marie Brun meusnier du moulin de Letang et Radegonde Decouilliac fille de Pierre Decouilliac et de Marcelle Hebrard du village du Mazerieux, ne s’étant découvert aucun empêchement ni opposition ce cinq février 1742 Romanet curé de nexon

Après le décès de son épouse Radegonde le 6 juillet 1753 à l’âge de 33 ans, six mois après la naissance de leur fille Marcelle, Jean DECOUILHAC épouse Marie GUYOT le 27 janvier 1754. Ils auront quatre enfants Léonard (1757-1846), Léonarde (mariée avec Pierre LIMOUSIN le 19 février 1776), Aubin (1755 – x) et Jeanne.

Le vingt deux janvier mil sept cent cinquante quatre après les fiançailles et la publication de trois bans de mariage duement faites entre Jean Decouilhac meunier veuf de feue Radegonde Decouilhac habitant du moulin de Letang avec Marie Guyot fille à Jean Guyoy dit le Petit et de Mariguerite Perier ses père et mère du village de Salas, Entre Annet du Puyranaud fils à feu Martial de Puyranaud et de Marcelle de Lombertie ses père et mère habitants du village du Puyranaud avec Catherine Maud fille à Léonard Maud meunier et Anne Redon ses père et mère du moulin de Trouly, n’ayant découvert aucun empêchement ny reçu d’opposition, Les parties s’étant confessée et reçu les sacrements de l’eucharistie après avoir fiancé j’ay dit la messe à laquelle j’ay reçu leur consentement mutuel et leur ay donné la bénédiction nuptialle en présence de François Decouilhac dit Mazerieux, d’Annet de Lombertie, d’Antoine et Léonard Maud tous parents des parties qui avec les susdittes parties ont déclaré ne savoir signer de ce par moy duement enquis Guyot vic à nexon

Le 1er septembre 1767 Jean DECOUILHAC épouse, en troisièmes noces, Séverine GARREAU. De ce mariage il ne naîtra pas d’enfant. Jean décède à Nexon le 2 novembre 1801.

Acte du mariage de Jean Decouilhac et Séverine Garreau Nexon le 1er septembre 1767

Le 1er avril 1872 Jean Baptiste DECOULHAC décède âgé de 67 ans, propriétaire au moulin Barlet, veuf de Jeanne Broussaud.

Acte de décès de Jean Baptiste Decouilhac, le 1er avril 1872

De son mariage avec Jeanne BROUSSAUD (1815-1861) le 14 juillet 1830 à Nexon, sont nés trois enfants : Léonard en 1832, Léonarde en 1835 et Marie en 1838. Léonard s’est marié à Cieux le 9 juillet 1861 avec Marie PERRET. Ils ont eux cinq enfants, quatre filles et un garçon, Jean Auguste né le 16 septembre 1869 au Moulin de l’Étang. Léonard est resté au moulin ou ses enfants sont nés. La construction de la voie de chemin de fer et celle de l’usine de pompage de l’eau dans l’étang du moulin des Étangs ont du générer des conflits puisqu’on trouve trace d’un procès en dommage et intérêts contre la Compagnie d’Orléans. « Pourvoi du Sieur Decoulhac contre un arrêté du Conseil de Préfecture de la Haute-Vienne, du 12 décembre 1877, qui a repoussé la demande en indemnité pour dommages, formée par lui contre la Compagnie d’Orléans, à raison de la prise d’eau pratiquée par cette Compagnie dans l’étang de Nexon. » Avis rendu le 22 février 1879 par la deuxième section. Conseil général des ponts et chaussées 1879

Jean Auguste a quitté Nexon et s’est marié le 18 avril 1899 à Nancy. Il n’a pas eu d’enfant. Avec lui le nom DECOUILHAC disparaît de Nexon.

Un peu d’étymologie

Mazaud, Mazeau, Mazeaud… A l’origine, il y a le verbe latin manere qui signifie demeurer, rester. Toujours en latin la demeure va devenir le nom commun « mansio » puis « mansion » en vieux-français. Ce mot se transforma en « maison » en français.  Mais dans certaines langues locales, Provençal, Occitan … la racine originelle « mans » va se fixer en « mas ».

A partir de la vont se créer des diminutif pour désigner un petit mas : Mazeau, Mazeaux, Mazeaud mais aussi Mazo, Mazou, Mazel, Mazet ou Mazoyer et Mazelier pour désigner les habitants du mas. L’une des formes les plus répandues est Mazères, lieu de plusieurs maisons, hameau…

La Mazaurie est une copie avec agglutination de l’occitan « mas âou ri » lequel est la transposition du latin mansus ad rivum, « la métairie, la ferme, le mas près du ruisseau ».

Naissance de la lignée des MAZEAUD de La Vigne

La lignée des MAZEAUD naît en 1772 avec François MAZEAUD. Il est propriétaire à Saint Yrieix. Il a épousé Catherine VERGNIAUD, fille du frère du célèbre orateur des Girondins, né à Limoges 1753. François a plusieurs enfants dont Alexandre Léonard MAZEAUD, né en 1802, décédé en 1852. Comme son père il possédait des propriétés agricoles autour de St Yrieix et vendait à Limoges le foin qu’elles produisaient.

Alexandre MAZEAUD (1802-1852)

Le premier août 1831 Alexandre Léonard MAZEAUD reçoit, de la part de Louis Philippe 1er Roi des Français, «la médaille » en faveur de ceux qui se sont distingués par leur dévouement à la cause de la liberté dans la révolution de juillet 1830.

Médaille juillet 1830

L’achat du domaine de La Vigne

En 1835, il épouse Marie Abriat LAFOREST (1806 – 1880) dont le père est aussi propriétaire à Saint Yrieix. Alexandre venait d’acheter la propriété de La Vigne située sur la commune de Nexon. Cette propriété faisait partie des biens du Sieur Charles de DAVID, baron des Étangs, maire de Nexon de 1824 à 1830.  Rencontrant de graves difficultés financières, il était poursuivi par son marchand de vin en gros, Guillaume LAUDINAT, qui a demandé la saisie des biens et leur vente à son profit. Elle eut lieu à l’audience des criées du tribunal de Saint Yrieix, le 17 septembre 1834, ouverte sur la mise à prix de 10 000 francs.

les Annales de la Haute-Vienne du 5 septembre 1834

Alexandre Léonard, aura plusieurs enfants parmi lesquels Camille (1836-1894) qui épouse Marie Le BERTHON de BONNEMIE et Henri Alexandre MAZEAUD, né à Saint Yrieix le 19 novembre 1837, décédé à Douai le 30 octobre 1899.

Cette famille avait une aisance financière qui permettait à leurs enfants de faire des études, principalement en Droit, à Bordeaux ou à Paris. A partir de cette génération, les MAZEAUD quittent définitivement l’habit de « gentleman farmer » pour celui de Juriste.

Henri MAZEAUD obtient son diplôme de Docteur en Droit à Paris le 17 août 1863. Il effectuera une brillante carrière dans la magistrature.  Magistrat sincèrement républicain, il est nommé substitut du procureur général à Limoges le 12 septembre 1870. En 1877 il est nommé avocat général à Rennes et le 11 février 1879 il est promu procureur général à Besançon. Le 5 septembre 1883 il devient premier président de la Cour d’Appel de Douai.


Henri MAZEAUD, premier président de la Cour d’Appel de Douai.

La construction de la maison de maitre.

Henri aime la propriété de La Vigne que son père a achetée. Il y vient en vacances avec sa femme, Marguerite Rosalie David qu’il a épousée le 3 février 1873. Ils logent dans une petite maison, sans grand confort, dans la cour de la ferme. Le couple, très attaché à cette campagne limousine, décide de s’y installer pour leur retraite. Pour cela il décide de faire construire une maison de maître avec parc et jardin potager, le tout doté d’un système pour disposer d’eau à volonté.

L’emplacement de la maison est choisi sur la pente qui descend plein sud avec une vue panoramique sur le vieux moulin de la Mazaurie. Les coteaux étaient sans doute jadis plantés de vignes, d’où le nom actuel, La Vigne.

Les fondations de la maison nécessitent une centaine de tombereaux de pierre qui sont livrés en juin 1888 et à la fin de l’année 1890, les principaux travaux sont terminés.

Pour mener à bien tous ces travaux, Henri MAZEAUD, qui est à Douai, a pris un maître d’œuvre, Charles LEMOYNE de St Yrieix avec lequel il échange une volumineuse correspondance. Mais Henri compte également sur la vigilance de son frère Camille, qui, résidant à Saint Yrieix, surveiller le chantier.

Henri meurt brutalement le 30 octobre 1899 et ne verra pas sa propriété complètement achevée avec les jardins, les allées… C’est son épouse, Marguerite, secondée par son fils unique Félix, qui mettra la dernière main à cet ouvrage. La Vigne ne sera donc pas habitée tout au long de l’année comme l’avaient prévu Henri et Marguerite MAZEAUD, mais deviendra une maison de vacances, utilisée chaque année par les enfants, petits-enfants, cousins…

Le Mémorial Artésien, 24 octobre 1899
Le Courrier du Centre 27 octobre 1899

Félix prend La Vigne en main.

Félix MAZEAUD, fils unique de Henri et Marguerite, né le 24 septembre 1875 à Limoges, est décédé à Nexon le 22 septembre 1954.

Après ses études de droit à la Faculté de Lille Félix MAZEAUD devient avocat à Amiens, puis comme son père, il va embrasser la carrière de la magistrature. Celle-ci l’emmènera d’abord en Bretagne où le 6 mars 1900 il est substitut à Lannion ; le 15 avril 1902, substitut à Rennes ; le 16 juillet 1904, procureur à Ploërmel ; le 28 novembre 1905, procureur à Pontivy ; le 30 mai 1908, procureur à Quimper. Le 12 mai 1912, il est nommé substitut du procureur général près la Cour d’appel de Lyon, puis à Amiens ou il est 1er président de la cour d’appel.

Le Temps 22 février 1932

Procureur de la République à Lyon pour finir à Paris d’abord Conseiller à la Cour de Cassation en 1936 puis président de la Chambre des requêtes de cette Cour en juin 1941.  Il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 29 juillet 1925.

Félix MAZEAUD, président de la Chambre des requêtes de la Cour de Cassation

Très éloigné de La Vigne par son métier, Félix MAZEAUD va malgré tout s’occuper très activement de cette propriété qu’il adore et apporter à cette maison du 19ème siècle le confort du 20ème naissant. Mais, surtout, il va planter beaucoup d’arbres ; des chênes, des tilleuls, des hêtres, des douglas, et beaucoup d’espèces fruitières. Il fait entretenir les châtaigneraies avec soin par les métayers. Il faisait participer ses enfants et petits-enfants à ces plantations et attribuait à chacun d’eux un arbre qui devenait sa propriété personnelle.

Avant la guerre de 1914-1918 à La Vigne

A La Vigne, Félix MAZEAUD était loin de la rigueur et de la solennité des Palais de Justice il aimait la vie et les plaisirs simples de la campagne, par exemple la pêche aux écrevisses. C’était une fête à laquelle participaient les enfants, les oncles. La préparation était déjà une cérémonie avec la mise en état des balances, la découpe des boyaux de lapin, la distribution de bâtons à chaque participant en prévision des vipères. Et puis c’était la descente vers les ruisseaux, en procession. A l’arrivée chacun avait son emplacement et deux ou trois balances à surveiller ; En une après-midi c’est une soixantaine d’écrevisses qui étaient prises aux pièges. Le lendemain, c’était un autre cérémonial, une grande serviette autour du cou, débute la lente dégustation pour laquelle chaque étape dure une éternité pour celui qui n’aime pas ces crustacés : chaque écrevisse est décortiquée, suçotée avec délectation jusqu’à la dernière miette.

Le 14 juin 1899, à Amiens, Félix MAZEAUD épousait Alice de ROUSSEN, née en 1879. Elle décédera en 1964.

Le Figaro, 22 juin 1899

Ils auront cinq enfants : Henri et Léon, les jumeaux nés en 1900, que seuls les membres de la famille pouvaient distinguer, Jean né en 1904, Pierre né en 1908 et Marguerite en 1916.

Félix Mazeaud décède à La Vigne le 22 Septembre 1954, âgé de 78 ans. Lors de la rentrée solennelle de la Cour de Cassation en Octobre 1955 un hommage lui sera rendu dont on lira le texte en annexe.

Henri MAZEAUD, l’héritier de La Vigne.

Henri MAZEAUD naît le 7 mars 1900 à Limoges. Il décède le 23 octobre 1993 à Paris, à l’âge de 93 ans. Il avait un jumeau, Léon (1900 – 1970), deux autres frères, Pierre (1907 – 1959) et Jean (1904 – ), et une sœur, Marguerite.

Bien avant sa mort, son père, Félix MAZEAUD, avait soigneusement préparé les modalités de sa succession. Dans ce partage, Henri recevait La Vigne. Il n’attend donc pas le décès de son père pour prendre en main la propriété et commencer d’importants travaux dans lesquels il englouti une grande partie de ses revenus.

Il épouse Paule MASSE (1907-1947), fille de Jean Masse et Jeanne DELACOUR, à Corbie, chef-lieu de canton dans la Somme.

Ils ont quatre enfants : Jean (Mai 1926 – Juillet 1926), Marie (1929 -1970), Jacques (1930 -), Frédéric, (1939 – ).

Henri et Léon, font leurs études de droit à Paris jusqu’au doctorat qu’Henri obtient en 1921. En 1926, reçu major au concours d’agrégation des universités, Henry est nommé à la Faculté de Droit de Lille ou il est promu Professeur en 1930. Parallèlement il occupe un poste à Varsovie de 1931 à 1939, où il se rend chaque année pendant un semestre. Il devient directeur de l’Institut Français puis Chef de la Mission Universitaire française en Pologne. En 1939 il est accueilli comme Professeur à l’Université de Paris ou il restera jusqu’à sa retraite.

Henri MAZEAUD, jeune professeur de Droit

En 1939 il est mobilisé et affecté dans l’administration militaire ou il s’ennuie. Il demande alors d’être transféré dans la brigade polonaise comme sous-lieutenant et participe brillamment à la Campagne de Norvège début 1940. Démobilisé, il retrouve sa chaire à Paris. Auprès de ses étudiants il prône la lutte contre l’occupant, puis entre dans la Résistance, devient le chef du mouvement Alliance pour la Picardie et Le Nord-Pas-de-Calais. Les actions qu’il mène lui vaudront de recevoir la médaille de la Résistance et d’être officier de la Légion d’Honneur. En 1944 il s’engage avec le grade de capitaine dans la première division blindée polonaise. La paix assurée, il retourne à Paris. En annexe on lira le témoignage de Roland DUMAS qui bénéficia de l’aide d’Henri MAZEAUD pour obtenir des faux-papiers.

Henri Mazeaud est un personnage de légende dans l’univers du droit privé à la fois par le nombre et la qualité de ses publications et la qualité de ses cours mais aussi pour son parcours non universitaire. Mais on ne peut pas parler d’un MAZEAUD sans évoquer les autres, surtout en droit privé. Léon MAZEAUD était, comme Henri, professeur à l’université de Paris. Engagé dans la résistance il est arrêté à Paris et déporté à Buchenwald. Lorsqu’il en revint, il fonda le mouvement l’Union des déportés dont il devint le président et participa à la création du Rassemblement du Peuple Français (RPF). Jean MAZEAUD, leur plus jeune frère n’était pas universitaire mais magistrat, carrière qu’il termina comme conseiller à la Cour de Cassation.

Les frères ne faisaient souvent qu’un lorsqu’ils publiaient. Leur premier ouvrage fut le « Traité théorique et pratique de la responsabilité » rédigé par Henri et Léon MAZEAUD à partir de 1931. Ils seront rejoints par André TUNC puis Jean MAZEAUD.

L’ouvrage le plus magistral est celui publié par les trois frères Henri, Léon et Jean « Les Leçons de droit civil » publié en 1955 en quatre tomes. Ces leçons constituent à la fois un manuel, grâce aux importants résumés qui précèdent chaque leçon, et un traité, grâce aux développements, notes et lectures qui les complètent. Cet ouvrage a été réédité pour la douzième fois en 2000 par Sabine MAZEAUD-LEVENEUR, petite fille de Léon et son mari, Laurent LEVENEUR.

Dans cette saga on ne peut pas oublier Pierre MAZEAUD, fils de Jean MAZEAUD, qui est né le 24 août 1929 à Lyon. Docteur en droit, juriste, il entame une carrière politique qui le mènera dans différents cabinets ministériels avant qu’il soit nommé Secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs de 1973 à 1976. Député des Hauts de seine de 1968 à 1973 puis député de la Savoie de 1988 à 1998. Membre du Conseil constitutionnel en 1998, il en est le Président de 2004 à 2007.

Alpiniste reconnu, il a dirigé la première expédition française qui a escaladé le mont Everest en 1978 et a atteint lui-même le sommet.

Comme tous les MAZEAUD il a souvent passé des vacances à La Vigne. La proximité de Limoges l’a conduit en 1965 à être candidat aux municipales à la mairie de Limoges ou il est battu par Louis Longequeue.

Pierre MAZEAUD, le jour de sa réception à l’Académie

Henri MAZEAUD est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques le 10 février 1969 dans la section Législation, droit public et jurisprudence. En annexe on lira le discours de réception prononcé par Alain BARRERE, doyen de la Faculté de droit de Paris.

Henri MAZEAUD en habit d’académicien

Comme son père et son grand-père, Henri MAZEAUD est, par son travail, très éloigné de la propriété de La Vigne. Elle ne sera occupée que pendant les vacances. Mais comme eux il va y consacrer une partie de ses revenus. Il va, petit à petit, acheter des terres et des bois pour que La Vigne présente un ensemble cohérent, sans parcelles incluses dans son périmètre. Mais s’il ne réussit pas à acquérir l’étang de la Forêt, lieu des baignades estivales de tous les vacanciers à La Vigne, en 1971 il va pouvoir enfin ajouter au patrimoine familial le moulin de la Mazaurie, convoité depuis plusieurs générations avec les terres qui l’entourent. Ce moulin appartenait à Emile PRADEAU, fils de l’ancien meunier, qui était greffier à Senlis.  Après avoir tout d’abord consentit à le louer il finit par le céder. L’achat fut réalisé avec des fonds provenant de tous les enfants d’Henri et à leurs noms.

Vue vers le moulin de La Mazaurie depuis la terrasse de La Vigne

Les bâtiments bénéficient eux aussi de nombreux travaux d’amélioration afin d’assurer aux résidents un confort conforme à l’époque et rendre la maison habitable en toutes saisons : WC, chauffage central, toitures, allées, …

La maison en 2018

Henri MAZEAUD décède le 23 octobre 1993 à Paris, à l’âge de 93 ans.

C’est Jacques MAZEAUD l’un des quatre enfants d’Henri qui reprend La Vigne en indivision avec son fils Denis. La Vigne reste une demeure de vacances. Jacques n’a pas embrassé la carrière juridique et s’est orienté vers un métier technique, celui de la reprographie. Il a réalisé pratiquement toute sa carrière chez Kodak. Il a épousé Chantal DAURIAC et ils ont eu trois enfants dont Denis, né en 1956, professeur de droit à l’université Panthéon-Assas.  

 A la retraite Jacques s’installe à Limoges. Il vient presque tous les jours à La Vigne et chaque été le domaine résonne des cris joyeux des enfants qui retrouvent les gestes de leurs ancêtres.

ANNEXES

L’arrivée de l’électricité et du téléphone à La Vigne

En 1929 une modeste ligne électrique arrive jusqu’à La Vigne, juste suffisante pour l’éclairage de la maison. Avant cette date, la lampe à pétrole était reine pour les pièces principales, secondée par les bougies. La puissance ne permet d’installer qu’une ampoule dans chaque pièce et rarement une prise.

Par la suite la puissance installée permis d’alimenter un minimum d’appareils électriques et d’améliorer l’éclairage et en 2000-2001 une installation moderne et aux normes a été réalisée.

Jusqu’en 1953, il n’y avait pas de téléphone à La Vigne. Pour téléphoner, il fallait courir à Valette, lieu le plus proche où se trouvait un appareil accessible au public, dans la maison de la famille DEZON. Le télégramme palliait souvent ce manque de communication, il était porté jusqu’à La Vigne, en vélo, par des Nexonnais de bonne volonté.

En 1954 la santé de Félix MAZEAUD déclinant sérieusement, il devenait indispensable de disposer d’un moyen de communication rapide. Son fils Henri fit de nombreuses démarches et obtint, courant 1954, un branchement sur Nexon, via Saint Hilaire les Places, avec le numéro 17. En 1965 un grand progrès a lieu avec un branchement direct sur Nexon, avec le numéro 117, pour devenir aujourd’hui le 05 55 58 11 17.

Hommage au Président Félix Mazeaud, lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation le 3 octobre1955.

« Monsieur le premier président Mazeaud a laissé à la Cour de cassation un grand souvenir.

Je n’ai eu l’honneur de le rencontrer qu’une seule fois, alors que, déjà à la retraite, il venait au Tribunal de la Seine assister à la remise de la croix de la Légion d’honneur à son fils, notre collègue Jean Mazeaud.

Il avait conservé ce regard aigu, qui avait dû, en dépit de sa bonté, intimider tant de jeunes magistrats. Je le fus pour ma part, frappé par une réserve et une discrétion qui n’excluaient cependant pas une irrésistible impression d’autorité.

Né à Limoges, en 1875, lauréat de la Faculté de Lille, monsieur Mazeaud est entré dans la magistrature en 1900 ; et nous pouvons penser que s’il a choisi d’être juge, c’est dans un libre mouvement vers une activité toute dominée par la morale.

Tout de suite, il s’est imposé par des qualités exceptionnelles : « Grand travailleur, magistrat remarquable par son savoir, son intelligence et la finesse de son esprit ». Telle est l’appréciation des chefs de Cour sur le jeune magistrat qui avait devant lui le plus bel avenir.

Après quatre ans passés en Bretagne, à Lannion, à Rennes, à Quimper enfin où il succède, comme procureur, à monsieur Le March’hadour, dont nous n’avons pas perdu le souvenir, il est nommé, en 1908, substitut du Procureur Général, à Lyon. Il a trente-trois ans.

C’est dans ce grand ressort, où déjà il a su donner toute sa mesure, que le surprend le conflit de 1914. Il part comme commissaire du Gouvernement dans un Conseil de guerre. Il exerce ses fonctions sur le Front, il y reçoit la Croix de guerre et, lorsque les chefs de la Cour de Lyon le présentent en vue de sa nomination au poste d’avocat général, ils rappellent les services qu’il a rendus dans ces juridictions militaires et les épreuves auxquelles il y a été soumis, ils ajoutent qu’elles sont un nouveau titre et non des moindres à l’avancement qu’il mérite.

Cet avancement, monsieur Mazeaud l’obtiendra bientôt : avocat général, puis chef du Parquet de la seconde ville de France, il a à connaître des affaires les plus importantes, et fait apprécier son tact et sa fermeté, aussi est-il placé, en 1927, à la tête du Parquet général d’Amiens. Pendant dix ans, monsieur Mazeaud exercera les plus hautes fonctions judiciaires de cette Cour, dont il deviendra premier président, en 1930.

Et c’est ainsi qu’une nouvelle carrière s’ouvre devant lui, celle de magistrat du Siège qu’il commence par les sommets. Il y sera vraiment lui-même, je veux dire : un grand juriste.

Sa réputation, déjà, s’est étendue au-delà des frontières ; il avait été appelé, en 1925, à, faire, en Pologne, une série de conférences sur l’institution du jury en France, qui contribuèrent au prestige de notre pays.

A Amiens, le premier président Mazeaud imprimera à la jurisprudence la marque de sa forte personnalité, notamment en ce qui concerne la protection de la famille ; mais c’est surtout en matière de responsabilité qu’il va prendre parti sur de nombreuses questions que le développement de la science et de la technique rend à la fois nouvelles et fréquentes.

Aussi ces questions deviennent-elles sa spécialité lorsqu’il vient siéger, à partir de 1956, à votre Cour.

La responsabilité civile, nous savons tous combien le nom de Mazeaud est attaché à ce domaine, si important en droit moderne. Eh bien ! messieurs, la plupart des arrêts rendus alors en cette matière, et qui vont orienter la jurisprudence, sont le résultat de ses travaux.

C’est ainsi qu’il sera appelé à occuper un des premiers postes de la magistrature française : la présidence de la chambre des requêtes lui est bientôt confiée.

Pendant cinq ans d’un labeur écrasant, il préside cette assemblée qui, déjà sous l’Ancien Régime, réglait le rythme des affaires au Conseil des parties, et dont la disparition s’est fait sentir dans l’afflux des causes civiles et commerciales toujours plus nombreuses.

C’est là qu’il rend le premier arrêt formel sur le calcul de l’indemnité d’après la valeur du dommage au jour où la décision est rendue. C’est là qu’il affirme encore une fois son attachement à un certain idéal moral et social qui a été celui de toute sa vie.

C’est que, dans toute l’acception du terme, monsieur le premier président Mazeaud a été ce que l’on appelait jadis, un grand libéral.

Un grand libéral, c’est un homme qui, dans le libre jeu de sa propre personnalité, garde un respect profond de la personne et de la dignité humaine.

Un grand libéral, monsieur le premier président Mazeaud l’a été avec sérénité, mais aussi avec courage. Aux jours sombres de l’occupation, il a refusé d’accepter ce que d’aucuns appelaient l’ordre et qui n’était que la cristallisation d’un affreux désordre.

Ses trois fils s’étaient jetés dans la résistance active, où ils ont fait partie du groupe « Alliance ». En avril 1944, Léon Mazeaud est arrêté alors qu’il transmettait par radio des renseignements sur les aérodromes ennemis. Il ne rentrera qu’en 1945, après avoir subi le martyre des camps allemands.

Cette déportation, elle avait été pour le président Mazeaud, un coup terrible, il le supporta avec le courage de l’homme fort : en mai 1944, alors que son fils venait de tomber aux mains des Allemands, il avait refusé, sous la menace du revolver, de saluer un drapeau de la milice.

Père des professeurs Henri et Léon Mazeaud, et de notre collègue, le conseiller Jean Mazeaud, il était lui-même fils de magistrat. Dans ce foyer, qui était vraiment la maison des juges, il vivait avec simplicité et noblesse. Imprégné de culture classique, il appartenait à une génération où l’on lisait encore le latin.

Aimant les livres et la musique, ses seules distractions étaient d’aller au concert ou de lire à ses enfants, le soir, les grands classiques ; il adorait Racine.

Les vacances, cependant, le ramenaient à la montagne, car l’équilibre de sa nature avait permis à cet homme de cabinet d’être aussi un sportif : ne l’a-t-on pas vu, à soixante ans, se briser une jambe en faisant du ski.

Aussi, dans la retraite, il est resté un grand serviteur. Lui qui s’était dévoué à notre vieille amicale, dont il fut président, avant la création de l’Union fédérale, il se consacra désormais à la Commission supérieure des dommages de guerre, tout en continuant à donner son concours à l’association Capitant et à rédiger pour le Sirey des notes nombreuses et remarquées.

Et puis, l’hiver dernier, à la suite d’un refroidissement, il s’est alité. Quelques jours après, il s’est éteint dans son sommeil, avec calme et sans souffrance.

Il avait gardé jusqu’au bout cette sérénité qui est la marque d’une certaine qualité d’âme. Un grand magistrat et un grand Français nous avait quittés pour toujours.

A madame Félix Mazeaud, aux professeurs Léon et Henri Mazeaud, à notre collègue Jean Mazeaud, nous adressons nos condoléances les plus émues.

Témoignage de Roland DUMAS

Roland Dumas, Le Fil et la Pelote : Mémoires – Plon -1996

La deuxième personne à laquelle je me suis adressé était le professeur Henri Mazeaud, professeur de droit civil chargé de la première année de licence a la faculté de Paris. Ils étaient deux frères jumeaux, Henri et Léon. Leur ressemblance était telle qu’on les prenait l’un pour l’autre. ]’avais entendu dire que Henri Mazeaud émaillait ses cours de propos favorables à la Résistance. Il fallait du courage pour parler de la sorte dans un amphithéâtre ouvert au public, devant un parterre d’étudiants dont les appartenances étaient diverses, au début de l’année 1944. Me prévalant de ma situation universitaire, je lui rendis visite à la fin d’un de ses cours. C’était un homme grand, mince, l’air grave. Il ne souriait jamais. Il me conseilla de ne plus mettre les pieds à la faculté de droit, imaginant que mon « affaire » de Lyon m’avait suivi et avait laissé des traces et que le premier travail de la police serait de me rechercher place du Panthéon.

Quand je lui dis que j’étais sans papiers d’identité, il m’adressa au greffier en chef de la faculté avec lequel il entretenait les meilleures relations et qui s’occupait du travail administratif, en particulier des inscriptions. Je compris par la suite qu’il était lui-même engagé dans la Résistance. Bonacorssi était connu de tous les étudiants. Il me reçut dans son bureau, ferma les portes, me donna rendez-vous pour le lendemain. Il me remit une fausse carte d’identité. J’étais désormais Robert Faure, né à Bourges. J’avais en même temps une panoplie de papiers d’inscription à la faculté sous ce nom.

Henri Mazeaud me reçut chez lui, rue Lesueur, pour me présenter à un chef de commando de la région parisienne avec lequel je repris mes activités. Interdit de séjour à la faculté de droit, je me rendis dans un établissement où je n’étais pas connu : l’Institut des études hispaniques, rue Gay-Lussac, ou j’avais, à tout hasard, pris une inscription qui n’avait pas eu de suite. Le directeur en était Marcel Bataillon. Je connaissais Marcel Bataillon, professeur d’espagnol à la Sorbonne, de réputation. Il avait fait partie du Comité des antifascistes des années trente.

Candidat pour le compte du Front populaire en Algérie, il avait reçu l’appui d’André Malraux, venu faire campagne pour lui car la réunion publique n’était pas son fort.

De ces quatre années de grande vadrouille, je gardai la « blessure singulière » qui ne se referme jamais, selon le mot du poète, mais aussi le souvenir exaltant de gens simples et généreux, de trois professeurs d’université qui, sans le savoir, s’étaient relayés pour m’aider à franchir la partie du chemin qui fut la plus difficile pour moi. Tous trois, Henri Mazeaud, Marcel Bataillon, Charles Cestre, moururent très âgés. Je me suis toujours plu à croire que la beauté de l’âme est pour quelque chose dans la longévité du corps.

Réception de Henri Mazeaud à l’Académie vendredi 23 janvier 1970

Allocution de M. le Doyen Alain Barrère

Monsieur le Président,

Messieurs les Membres de l’Institut,

Mon cher collègue,

Mesdames, Messieurs,

En accueillant parmi les siens un professeur de notre Faculté, l’Académie des Sciences Morales et Politiques a tenu à rendre hommage à son talent, à sa compétence et à la grande part qu’il a prise au développement des disciplines juridiques.

En même temps, elle permet à notre Maison de recevoir, en cette occasion, de nombreuses personnalités qui, à des titres divers, se réclament de préoccupations identiques aux siennes. Mais aussi se rassemblent ceux qui, lui ayant apporté en un moment de leur vie leur propre activité, n’ont pas cessé de lui appartenir. A tous ces amis que le Doyen de la Faculté accueille avec joie, je tiens à dire merci. Vous me permettrez aussi d’adresser à Monsieur le Président René Cassin, professeur honoraire de la Faculté, Prix Nobel de la Paix, l’expression de nos sentiments d’admiration et de respectueux attachement.

C’est sans nul doute, Monsieur et cher Collègue, dans l’atmosphère familiale qu’a pu naître et se confirmer votre vocation de juriste, puisque aussi bien les hommes de droit vous ont toujours entouré et vous entourent : votre grand-père fut un haut magistrat, votre père était Premier Président honoraire de la Cour de cassation, où l’un de vos frères siège comme Conseiller, alors que l’autre est à vos côtés dans notre Faculté.

Cette vocation s’est affirmée bien vite en vous, puisque, à 19 ans, vous obteniez à Lyon votre licence et que deux thèses remarquées vous valaient, deux ans plus tard, le grade de docteur. Votre orientation paraît, dès cette date, précisée : vous vous orientez vers la préparation de l’agrégation de droit privé. Vous faites vos premières leçons en 1924, à la Faculté de Droit de Lille qui vient de vous offrir une charge de cours. Déjà votre jeune enseignement connaît ses premiers succès ; ils ne tardent pas à mériter la consécration : elle vous est donnée par la place de premier qui vous échoit à la sortie du concours de 1926. Vous revenez ainsi agrégé à la Faculté de Lille qui a vu vos débuts de professeur.

Commence alors une carrière scientifique, épanouissement des promesses que renferment vos thèses de doctorat et qui se poursuivra, qui se poursuit encore, sans retours, ni défaillance. Il ne m’appartient pas d’en retracer les étapes et les œuvres marquantes ; ceci sera fait par une compétence plus autorisée que la mienne, mais je puis dire que l’enseignement et la recherche sont toujours demeurés en vous étroitement associés.

C’est dans cette atmosphère de travail que votre carrière se déroule. En 1930 vous êtes nommé professeur titulaire à Lille ; vous y demeurez en tout quatorze années, trop brèves assurément pour le souhait de vos collègues et de vos étudiants. Mais Paris vous appelle.

Notre Faculté vous confie en 1938 la charge du cours d’enregistrement et, dès le 1″ janvier 1939, vous occupez un poste d’agrégé.

Mais, entre-temps, votre notoriété scientifique a déjà attiré sur vous l’attention des juristes étrangers. On vous demande en Pologne et, conscient de l’importance du rayonnement intellectuel de la France à l’étranger, vous acceptez le poste de professeur qui vous est offert par l’Université de Varsovie, où vous devenez bientôt Directeur de l’Institut français, puis Chef de la Mission Universitaire française en Pologne.

Vous me permettrez d’évoquer un nom : celui du collègue qui fut alors appelé de Toulouse à Paris pour vous suppléer pendant votre séjour polonais. Je dois personnellement beaucoup trop au professeur Jean Plassard, pour ne pas profiter de l’occasion qui m’est ainsi offerte d’évoquer son nom. Mais, pour lui, comme pour vous, la guerre allait interrompre la carrière universitaire.

Vous êtes appelé par la mobilisation en septembre 1939 et versé dans l’administration militaire. Mais votre ardeur ne peut se satisfaire de ce poste et vous demandez votre affectation dans une unité combattante. On se souvient alors de votre récent séjour en Pologne, de la réussite qui a marqué vos efforts, comme vous-même sans doute voulez témoigner de votre amitié pour la nation qui vous a accueilli. Aussi êtes-vous demandé dès le mois d’octobre par la Mission militaire franco-polonaise.

Toutefois, ceci ne saurait vous suffire ; et lorsque se prépare l’expédition de Norvège, vous voulez être affecté à la Brigade polonaise qui va se diriger vers le nord de l’Europe. Vous êtes alors nommé sous-lieutenant. Puis après avoir demandé votre mutation dans l’infanterie et avoir été affecté au détachement français qui part pour la Norvège, vous participez à la campagne de Narvik, où votre bravoure est signalée par une élogieuse citation à l’ordre de la Division.

L’armistice vous ramène en France par un détour à Casablanca et vous allez pouvoir reprendre votre place à la Faculté de Paris, pour enseigner. désormais votre matière de prédilection : le droit civil.

Vous y êtes bientôt nommé professeur sans chaire, puis professeur titulaire, à la suite d’un vote du Conseil qui fait sur votre nom l’unanimité des votants, lesquels sont, à l’époque, au nombre, qui nous laisse aujourd’hui songeurs, de 22.

Mais le hasard des attributions de chaires, au gré des vacances de cette époque troublée, vous a réservé ses malices. Puis-je me permettre de relever que la fiction administrative fait alors de vous un professeur d’économie politique ? Mais tout rentre bientôt dans l’ordre, dans l’ordre du droit et de la raison, puisque vous êtes bientôt muté de la chaire d’économie et législation industrielle dans celle de droit civil que vous ne quitterez plus.

Allez-vous demeurer calmement à dispenser vos cours et à commenter les arrêts, alors que la France est encore aux prises avec les malheurs de la guerre ?

Vous n’avez pas tardé, du haut de votre chaire, à préciser à vos étudiants vos sentiments sur le devoir de continuer la lutte. Mais ce serait mal vous connaître qu’imaginer qu’il vous serait possible de rester inactif.

Vous entrez dans la résistance où vous êtes bientôt chef de secteur au réseau Alliance, ayant sous votre autorité la direction du secteur Somme-Oise-Seine-Inférieure et celle du secteur Nord-Pas-de-Calais que vous avez entièrement reconstitué à la veille de la Libération. Faut-il dire que vous procédez de votre appartement parisien à des émissions de radio clandestines, participez à la rédaction et à la diffusion de la presse de la Résistance, que vous procurez aux étudiants désireux d’échapper au service du travail obligatoire les papiers qui leur sont nécessaires ? La croix d’officier de la Légion d’honneur, une citation à l’ordre de l’armée et la rosette de la Résistance viendront consacrer l’importance de votre action, car vous vous êtes engagé au mois d’octobre 1944 à la 1re division blindée polonaise et vous avez fait les campagnes de Hollande et d’Allemagne.

La paix revenue, vous reprenez place à la Faculté ; vous continuez l’œuvre un moment interrompue pour des tâches plus immédiates et autrement exigeantes.

Votre maîtrise scientifique va s’affirmer avec une autorité reconnue, même par ceux qui ne partagent pas vos opinions ; elle sera invoquée dans les travaux de vos collègues, dans les controverses juridiques, comme dans les conseils et les congrès.

L’étranger veut bénéficier de votre savoir. Commencent alors ces nombreux périples qui vous mèneront en Belgique, en Suisse, au Canada, en Amérique Latine, en Afrique du Nord, en Afrique Noire, en Asie, en Océanie. Honorant votre compétence et consacrant votre œuvre, les titres de docteur honoris causa vous sont conférés par les Universités de Liège et de Montréal, vous êtes nommé à des grades importants dans les ordres étrangers, alors que vous étiez déjà chevalier de la Légion d’Honneur depuis 1938, officier depuis 1948 et Commandeur des Palmes Académiques en 1961.

Il ne me revient le soin ni de parler de votre œuvre scientifique, ni de votre emprise sur vos collègues. ni de la formation donnée à vos élèves. Il me reste à dire qu’une nouvelle consécration vous attendait : celle que l’Institut de France vient de vous accorder. Là encore, il m’appartient de m’effacer devant plus autorisé que moi. Mais, par contre, me revient le soin de vous dire que ce n’est pas sans fierté que la Faculté voit encore un de ses membres accueilli par l’Illustre Compagnie. Notre Maison cède-t-elle à un sentiment égoïste en pensant qu’à travers ses professeurs, c’est aussi ce qu’elle représente qui est honoré et l’importance de sa mission qui est reconnue ?

Comme nous vous félicitons de l’hommage rendu à votre science et à votre talent, nous nous félicitons nous-mêmes de l’honneur qui rejaillit sur notre Faculté !

Roland LESAFFRE n’est pas né à Nexon, il n’y a vécu que quelques mois lorsqu’il avait 13 ans mais il a toujours gardé un très fort attachement à cette commune. Quand, dans les années 1950, il a commencé à tourner des films avec les vedettes de l’époque, Jean GABIN, ARLETTY, Michèle MORGAN, Simone SIGNORET …, les nexonnais suivaient avec attention sa carrière.

Au mois d’août, quand il était dans la fermette qu’il avait acheté en 1965 au Mazaubert sur la commune de Pageas, il venait assister aux spectacles et aux expositions du Cirque. En témoigne cette lettre, illustrée d’un dessin de Béoc le représentant, qu’il adresse aux organisateurs. Il ne manque pas de leur demander, comme il le fait dans toutes ses lettres, de demander de serrer la main « à son pote René Rebière » qu’il avait connu lors de son séjour de jeunesse à Nexon.

 

Sur un dessin d’Albert ROCH dit Béoc, dessinateur belge. 

Raconter la vie de Roland LESAFFRE nécessiterait que j’y consacre des dizaines de pages. Je vais me contenter de rappeler sa jeunesse en insistant sur son passage à Nexon et les témoignages qu’il a donnés lors de ses visites aux soirées du Cirque.

I- La jeunesse de Roland LESAFFRE.

Roland LESAFFRE est né le 26 juin 1927 à Clermont-Ferrand. Son père, d’origine belge, servait dans l’armée, sa mère était blanchisseuse. Ses parents se sont désintéressés de lui de bonne heure et il fut placé en nourrice.

Il considère que son enfance n’a pas été très heureuse et n’en parle jamais. Il l’explique dans MATAF, son livre biographique : « Quand je dis : « Je ne me rappelle pas », c’est que, vraiment je ne me rappelle pas. Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. » (Page 18).

Ses souvenirs partent de sa douzième année. Il dit être allé au camp de Jeunesse à Feytiat ou il calait les roues des avions, balayait la cour… Mais il n’y a pas de Chantier de Jeunesse à Feytiat et les allemands n’y avaient pas d’avions en 1941 ! Il dit qu’étant une forte tête et très indiscipliné il a été envoyé en camp disciplinaire à Rochechouart. Or je ne trouve aucune trace de ce camp ou chantier de Jeunesse !

En réalité il est à Nexon. Son père est gardien au camp mais il ne veut pas en parler. M. FAYE, l’un des gardiens note à plusieurs occasions le nom de LESAFFRE sur les carnets qu’il tenait (Carnets montrés par sa nièce par alliance de Josette DUGOT).

Le 13 mai 1944, M. Lesaffre va à Limoges.

Pourtant il aime Nexon. Dans plusieurs des interviews qu’il a donnés il dit que c’est à Nexon qu’il a appris le sport, et on en a la preuve grâce à sa licence à l’Association Sportive Nexonnaise pour l’année 1941, il a alors 14 ans.

Il pratique l’athlétisme, en particulier la course, 100 m, 200 m et 400 m, distances ou il brillera lorsqu’il sera dans la Marine. Il a été sélectionné pour les championnats de la Haute-Vienne en minimes …

Il débute la boxe à 15 ans. Où ? Il dit que c’est à Rochechouart ou il serait allé en camps de Jeunesse disciplinaire à cause de son fort caractère. Il a continué à Brive.

D’après son autobiographie il a rejoint cette ville après avoir obtenu de bons résultats scolaires afin d’entrer dans une école industrielle des Compagnons de France. Il y pratique beaucoup le sport ce qui lui donne une certaine liberté. Un soir de 1943 on prévient les élèves que les Allemands vont venir pour les embarquer. On les invite à partir dans plusieurs directions. Avec un camarade ils marchent dans la nuit à travers bois jusqu’à ce qu’ils soient interceptés par des maquisards. Ils sont conduits au cantonnement d’Adolphe PONTHIEU, alias Dodo. Ils son acceptés mais du fait de leur jeune âge, à peine 16 ans, il est affecté au groupe « As de trèfle ». Il continue à pratiquer du sport mais surtout il découvre la vie au grand air, la vie dans les bois, la fraternité. Il participe à des actions commandos et à la Libération de Brive il reçoit son certificat de maquisard.

Il monte dans le premier train en partance. Il va vers la Côte d’Azur. Dans le compartiment un Monsieur engage la conversation. Il va à Toulon, lui parle de la Marine. Il le suit, passe une journée chez lui et se présente pour s’engager à l’Ecole des Fusiliers Marins. Il signe son engagement le 20 octobre 1944 et se retrouve à l’Ecole des Fusiliers Marins à Siroco, une île près d’Alger. Il apprend à faire la guerre, la devise de l’Ecole est « Tuer sans être tué » amis il apprend surtout à obéir. La discipline est dure, les exercices nombreux, la vie spartiate…

Il avait comme second maître, c’est-à-dire sergent, un certain MONCORGÉ. Il ne le connait que sous ce nom mais il apprend vite qu’il est acteur et connu sous le nom de Jean GABIN. A 39 ans, alors qu’il était sous contrat avec la Fox et vivait à Los Angeles avec Marlène DIETRICH, il quitte les Etats Unis et en avril 1943 s’engage dans les Forces Navales Françaises Libres…

C’est par le sport qu’il devient très proche de son chef. Il représente la Marine en boxe, gagne le 200 et le 400 mètres. Il s’entraine avec Marcel CERDAN, futur champion du monde, qui était simple matelot à la base maritime d’Alger ; il courre avec Alain MIMOUN, futur champion Olympique du Marathon…MONCORGE va avec lui à la salle de boxe, paye le casse-croûte, lui demande de porter des lettres à « sa femme » qui loge à l’hôtel. Il ne sait pas que c’est Marlène DIETRICH, il ne l’apprendra qu’en 1950 lorsqu’il assiste à une projection de L’Ange bleu.

Il embarque pour l’Indochine sur le bateau amiral, l’Emile Bertin, commandé par l’amiral Thierry d’ARGENLIEU. Il y connait les combats dans la jungle contre les Japonais et les plaisirs du sport et de l’amour pendant les permissions à Saïgon. Sa conduite lui vaudra la Croix de Guerre.

Puis c’est la Chine à bord du Suffren. Blessé, miné par le paludisme il est rapatrié à Toulon au début de l’année 1947. Après sa convalescence il est affecté à la base de Toussus le Noble ou il suit les cours pour devenir moniteur de sport. Il s’entraine à la boxe au Racing et en athlétisme au Bataillon de Joinville. Grace à Daniel GUERIN, écrivain, fils de grand bourgeois il découvre Saint Germain des Près, les nuits chaudes, les artistes, en particulier Léonor FINI mais aussi la littérature, et l’art dramatique. Ses titres de champion militaire en boxe, recordman du 200 mètres, champion militaire du 400 mètres, décoré de la médaille militaire du sport par le général de LATTRE de TASSIGNY, lui servent de passeport et lui procurent le respect de tous.

Un jour un photographe l’invite sur un plateau pour voir un tournage. Il s’agit du film de Marcel Carné, La Marie du Port, avec Jean GABIN. Sa vie bascule ? Il suit les cours de Maurice ESCANDE au théâtre Daunou mais rate l’entré au Conservatoire.

Il est démobilisé en septembre 1949. Il est engagé pour des petits rôles par Jean GREMILLON, Marcel CARNÉ … Il n’a plus besoin d’être moniteur de sport. Il peut vivre du cinéma…

Sa grande chance lui est donnée dans « L’air de Paris », où il incarne un boxeur, aux côtés de Jean GABIN et sous la direction de Marcel CARNÉ, ses deux parrains. Le film remporte de nombreuses récompenses. Roland, lui, est lauréat du prix populiste du cinéma français. Sa carrière est, dès lors, lancée.

                Jean Gabin, Roland Lesaffre

Jean Carné, Jean Gabin et Roland Lesaffre

II – Marcel LESAFFRE et le cirque à Nexon

Depuis 1965 Roland LESAFFRE possède une fermette en plein milieu des bois, au bord d’un étang au Mazaubert à Pageas.

Le Populaire, 5 aout 1971

Dès qu’Annie FRATELLINI installe son Ecole du Cirque à Nexon il en sera un fidèle spectateur. En effet il se considère comme un saltimbanque et c’est donc naturellement qu’il est devenu l’ami d’Annie et de Pierre ETAIX, ses voisins de la rue de Caulaincourt, cette rue de Montmartre ou des peintres comme MODIGLIANI, TOULOUSE-LAUTREC, RENOIR … eurent un atelier.

Le 4 aout 1991 Roland  LESAFFRE ne peut être présent à Nexon. Il adresse un télégramme à Annie FRATELLINI et Pierre ETAIX et le même jour il écrit à René REBIERE.

Télégramme remis par téléphone le 4 aout 1991 à 18 h 32.

Les lettres de Roland LESAFFRE sont étonnantes. Elles comportent toutes sa photo du 10 juillet 1986, jour  ou il a reçu la Légion d’Honneur à titre militaire. La liste de ses décorations est impressionnante, il en est fier mais il sait aussi qu’il ne les a pas gagnées seul, ses camarades de combat étaient à ses côtés.

Lettre du 4 aout 1991

Le 30 aout 1992 c’est à Marc DELHIAT qu’il adresse une lettre de remerciement pour l’accueil qui lui a été réservé lors de son passage à Nexon. C’est le même papier qu’il utilise mais ici il annote la liste des décorations « Ces décorations …ce sont mes camarades morts à 20 ans qui les méritaient ».

Lettre du 30 aout 1992

Depuis 1977 Marcel CARNÉ ne tourne plus, la nouvelle vague du cinéma a pris la place mais l’amitié de Roland est indéfectible.

Marcel âgé, il a 20 ans de plus que Roland…

Le 31 octobre 1996 Marcel décède, Roland est son légataire universel.

En Juillet 1997 il est venu visiter l’exposition de sculptures et de dessins de Philippe ARNAULT « Les équilibristes » et il signe le livre d’or :

Dédicace au Livre d’Or, juillet 1997

Mais cette année-là son cœur est triste car, dans la nuit du 1er au 2 juillet 1997, son amie Annie a tiré sa révérence et s’en est allée. Il lui rendra un vibrant hommage le vendredi le vendredi 1er aout en coupant le ruban inaugural du Festival et en lisant la belle préface qu’elle avait écrite pour le livre de RAMUZ, Le Cirque.

« Pour bien parler du cirque

il faut être poète.

Parce que seuls les poètes savent

voir

ce qui échappe à la réalité.

Seuls les poètes ont raison.

Je me souhaite quelquefois d’échapper

au quotidien

pour avoir enfin le droit de rêver…

Comme les poètes.

Ce métier qu’est le cirque

– car c’est un métier –

est rude.

C’est pourtant parce qu’il est rude

qu’il en devient plus grand.

Un sacerdoce,

plus encore qu’une vocation.

Ceux qui le pratiquent

ne s’en rendent pas toujours compte.

Heureusement. C’est ce qui fait leur

humilité :

c’est dans ce rond

Perfection

que l’on gagne son paradis.

Acrobate

ou clown.

Survie.

Le clown c’est le poète en action

écrivait Henry Miller.

Si le clown vit,

travaille en poète,

le poète seul sait le décrire,

Et peut rêver autour du cirque.

Même s’il n’est pas un clown…

Le clown sauta si haut, si haut

qu’il creva le plafond de toiles

Au son du cor et du tambour,

Et, le cœur dévoré d’amour,

Alla rouler dans les étoiles,

écrivait aussi Théodore de Banville.

Voilà, le mot amour est prononcé.

N’est-ce pas d’amour dont il est

question

quand on est clown,

un vrai ?

La passion dévore.

L’amour sonne plus doux.

C’est aussi d’amour dont parle surtout

Ramuz,

quand il écrit Le Cirque.

Et puis de naissance, enfin de

renaissance ou de métamorphose.

“- Miss Anabella -… Ici on est déjà

plus grande qu’on était dans la vie

de tous les jours, comme elle voit

quand elle se regarde, et le miroir

descend du plafond au plancher.

Elle s’y dédouble tout entière, née

d’elle-même, elle existe deux fois ;…

N’est-ce pas ce même miracle que

celui

qui consiste pour le clown

à se revêtir,

à se maquiller…

Pour oublier

et n’être plus qu’un clown-mystère

sans fin.

Dédoublement ou effacement…

pour renaître plus vrai.

“ … Elle n’a plus été que musique…

s’envolant, retombant… Elle monte,

elle redescend… elle avait crevé la

toile et elle avait fui par le trou… »

Les dernières paroles de mon père :

“ Ferme la toile. »

Elle ne s’est pas fermée.

Il a pu ainsi s’envoler,

Comme je voudrais le faire le

moment venu.

Mais à chaque fois que j’entre dans

ce rond de terre

et de sciure,

N’est-ce pas ce que je fais ?

Si un jour je n’avais plus la sensation

du mystère “ sacré »

alors, oui, je m’envolerais. »

Annie Fratellini

La vie continue pour Roland. Il tourne encore des films et des téléfilms. Il gère sa société d’achat de films, il vient souvent à Pageas…


Roland LESAFFRE dans son bureau en 1981

Le 3 Février 2009 Roland LESAFFRE décède au petit matin, à Paris à l’âge de 81 ans. Il est enterré avec son ami Marcel Carné, au cimetière Saint Vincent sur la rue Caulaincourt moins connu que le cimetière de Montmartre. Ils font tombe commune pour l’amitié indestructible qui unissait Marcel et Roland soit éternelle.

La tombe de Marcel Carné et de Roland Lesaffre 

 

Nous invitons tous ceux qui voudraient le connaître un peu plus de lire son autobiographie Mataf, matelot en argot, publiée en 1991 chez Pygmalion devenue depuis 2003 un département de Flammarion.

 

Et pour ceux qui n’auront pas le temps de lire MATAF quelques photos, des interviews et sa filmographie.

 

Repères Biographiques

Né le 26 juin 1927 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Décédé à Paris le 03 février 2009.

7 mai 1956/4 avril 1962 – Marié à l’actrice japonaise Yoko Tani.

                                                                     

 

Sa jeunesse

1941/ 1943 – Nexon, Feytiat, Rochechouart, « Compagnons de France ».

1943/1944 – Maquis de Corrèze, à l’As de Trèfle sous les ordres de Hervé Vaujourd, René Jugie et Georges Guingouin, à l’âge de 16 ans.

1944/ 1949 – Cinq ans de Fusiliers Marins. Quartier Maître Fusiliers. Second Maître de Réserve.

Campagnes Militaires :

– Débarquement de France, Algérie, Indochine, Philippines, Pacifique.

– Deux ans sur le croiseur Emile Bertin au P.C. de Commandement de l’Amiral Auboyneau et Thierry d’Argenlieu.

– Un an sur le croiseur Suffren.

– Débarquement en Indochine au Cap St Jacques et Plaine des Joncs.

– Libération de Saigon contre les Japonais, 1945.

– Campagne du Tonkin aux côtés du Général Leclerc, 1946.

1945 – Ala fin de la guerre, après la bombe d’Hiroshima, reste encore un an avec le croiseur Emile Bertin à aider à rapatrier les Français de la Chine Centrale et de la Chine du Nord.

Décorations officielles

1986 – Légion d’Honneur à titre militaire n° 377 CV 86.

Remise de la Légion d’Honneur le 10 juillet 1986, de gauche à droite : Yoko Tani, Claude Autan-Lara, commandant Paul-Louis Weiller, Marcel Carné, Roland Lesaffre, le réalisateur Jean Delannoy.

1989 – Officier Ordre National du Mérite n° 2554 C 89 remise à Paris par le Président de la République François Mitterrand à L’Elysée.

Décoré par le Président Mitterrand- avril 1989

1983 – Officier Ordre des Arts et Lettres.

1986 – Croix de guerre avec citations, 1939/ 1945 + Croix de guerre des moins de 20 ans + Carte des Combattants des moins de 20 ans, n° 4443 + Diplôme Médaille du Combattant des moins de 20 ans, n° 005861.

1943 / 44 – Maquis de Corrèze et Limousin. Décorations et Diplôme des Anciens de l’Armée secrète. (Combat-A-S-Mur-Réseaux) Roland Lesaffre, n°539.

Barrettes :

– Libération, Méditerranée, Indochine, Algérie, engagé volontaire

– Extrême-Orient.

– Croix du Pacifique de Mac Arthur, décernée aux Fusiliers Marins de Leclerc.

– Médaille des blessés, « Les Eléphants ».

– Port de la Fourragère Rouge gagnée par la Section de l’Ecole des Fusiliers Marins commandée par Monsieur l’Officier des Equipages Magadur.

1946 – Champion militaire (boxe) et champion des Jeux Interalliés en 1945 (Rome).

1945/46/47 – Champion de Boxe de la Marine.

1948/49 – Finaliste des Championnats d’Europe Militaire Athlétisme au 400 m. plat.

22.9.49 – Quitte la Marine après avoir été sélectionné en 1948 pour les Jeux Olympiques de Wembley, au relais 4 x 400 m. Détenteur du record du 200 m. et 400 m. de la Marine, en athlétisme.

22.9.49 – La Marine Nationale décerne un Certificat de Conduite exemplaire pendant le temps que Roland Lesaffre est resté sous les drapeaux. Monsieur le Ministre de la Marine, Louis Jacquinot, à titre personnel, lui décerne une lettre en remerciant le Fusilier Marin Roland Lesaffre pour son courage et sa dignité d’homme, en lui souhaitant : « La marine vous remercie, Fusilier LESAFFRE. Bonne et longue route. »

1956 – Office National République Française. Carte du Combattant n° 648308 – N° dossier : 110984.

1968 – Croix du Combattant de l’Europe de la Confédération Européenne des Combattants. N° 1-39.

1986 – Croix de Guerre et Valeur Militaire – Association Nationale n° 4442.

1987 – (1939/ 1945) Croix Internationale des Anciens Combattants Alliés ROLAND LESAFFRE – n° 87087.

1987 – Diplôme d’Honneur et Palme de Vermeil de l’Encouragement Public n° 87259.

1987 – Diplôme d’Honneur de Porte-Drapeau par la République Française.

1988 – Médaille d’Or de l’Elite Française. N° 149/88.

1988 – Chevalier du Mérite International par le Gouvernement Australien. Réf. n°1161.

1988 – Diplôme d’Honneur – Mérite Or – Résistance des Volontaires 39-45. T.O.E. – A.F.N.

1989 – Médaille Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance. N° 5269

1990 – Diplôme Royal Vétérans du Roi Albert 1er de Belgique. N° 5097.

1990 – Diplôme et Médaille d’Or Nationale Association Franco-Britannique. N° 15609/4312.

15 Mai 1991 – Diplôme et Médaille. Ligue Nationale des Vétérans du Roi Léopold III de Belgique. N° 1559103.

1994 – Diplôme et Médaille du Roi Baudouin (Belgique).

 

Décorations et distinctions honorifiques

1948 – Médaille du Général Leclerc de Hautecloque.

1949 – Médaille du Général de Lattre de Tassigny, décernée à titre de Champion Militaire du 400 m. plat.

1950/ 1991 – Membre du Conseil d’Administration des Comédiens Combattants.

1967 – Commandeur de l’Académie Européenne des Arts.

1968 – Chevalier de l’Académie des Arts.

1968 – Commandeur du Mérite Culturel et Philanthropique de France.

1969 – Etoile et Mérite Civique pour le Prestige National et Médaille des Bénévoles.

1969 – Commandeur du Mérite Scientifique.

1974 – Médaille de la Ville de Paris.

1975 – Chancelier du Mérite Culturel et Philanthropique de France.

1975 – Chevalier Ordre des Arts et Lettres.

1975 – Membre d’Honneur de la Cinémathèque Française.

1977 – Médaille d’Or Hors Concours de l’Académie Internationale de Lutèce.

1977 – Médaille d’Or de la Ville de Nice, par Jacques Médecin.

1982 – Médaille d’Or de la Ville de St Michel-sur-Orge (Essonne).

1960/1983 – Membre de la Commission de Contrôle des Comédiens Combattants.

1983 – Coupe d’Or du Cinéma, Académie Internationale de Lutèce.

1983 – Médaille d’argent de la Ville du Perreux-sur-Marne par Monsieur Michel Giraud, Maire des Maires.

1984 – Médaille d’0r de la Ville de Romans (Drôme), décernée par Monsieur Georges Fillioud, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre.

1985 – Médaille du Mérite du Patrimoine National Cinématographique.

1986 – Diplôme d’honneur – Union Nationale des Combattants.

1987 – Diplôme – Association des Anciens Cols Bleus.

1985/1991 – Membre de l’Amicale de Neuengamme et de ses Kommandos. Présidente : Madame Renée Aubry.

1988 – Diplôme et Médaille de Vermeil de la Courtoisie Européenne.

1989 – Médaille d’Or de la Ville de Nevers, remise par Pierre Bérégovoy.

1989 – Voyage officiel au Japon – Praemium Impériale à la Cour Impériale TOKYO avec tous les Chefs d’Etats du Monde.

 

Hommages et divers

1979 – Fondateur du Musée Cinématographique de Marcel Carné à Boston, sous l’égide de Mesdames Reagan, Kennedy, Housen.

1981 – Invité par le Gouvernement américain et les Universités : Hommages BOSTON, NEW YORK, MAISON BLANCHE

1984 – Désigné comme porte-drapeau des Comédiens Combattants sous la Présidence du Président de la République François Mitterrand, pour le 40e anniversaire du débarquement allié en Normandie, en présence de la Reine d’Angleterre et de Ronald Reagan – 6 juin 1984-.

Plus toutes cérémonies officielles jusqu’en 1989.

 

Carrière Artistique

1950 – élève de Maurice Escande et Beatrice Dussane. Prépare le Conservatoire, se présente, malheureusement est recalé. Ses années de guerre comptent pour la limite d’âge ; il se représente et devient l’élève, durant un an, de Maurice ESCANDE.

1950/51 – Joue de nombreuses pièces au théâtre : Compagnie Jean Le Poulain, Compagnie Marcel Herrand et Jean Marchat. Théâtre des Mathurins. En outre : « BARABBAS » de Michel de Ghelderode, « PHILIPPE ROI » de Goudal, « LE RETOUR DE L’ENFANT PRODIGUE » de Gide, du Claudel, etc.

1950 – Au cinéma, commence sa carrière avec « JULIETTE ou LA CLEF DES SONGES » de Marcel Carné.

Plusieurs Grands Prix d’Interprétation :

1953 – VENISE + BELGIQUE + BERLIN pour « THERESE RAQUIN », de Marcel Carné.

1954 – AMERIQUE pour « L’AIR DE PARIS », de Marcel Carné.

1954 – Prix Populiste d’interprétation pour « L’AIR DE PARIS ».

1966 – JAPON pour « LA JEUNESSE AUX PIEDS NUS », de Taniguchi.

 

 

Filmographie de Roland Lesaffre

1949 – LA MARIE DU PORT, de Marcel Carné, avec Jean Gabin, Nicole Courcel, Carette, Roland Lesaffre, Blanchette Brunoy. Primé à Cannes, 1949.

1950 – L’ETRANGE MADAME X, de Jean Grémillon, avec Michèle Morgan, Henri Vidal, Maurice Escande, Roland Alexandre et Roland Lesaffre.

1950 – JULIETTE OU LA CLE DES SONGES, de Marcel Camé, avec Gérard Philipe, Suzanne Cloutier, Yves Robert, Jean-Roger Caussimon et Roland Lesaffre. Primé à Cannes, 1950.

1951 – NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSIN5, de André Cayatte, avec Raymond Pellegrin, Mouloudji, Roland Lesaffre et Balpêtré. Primé à Cannes, 1951.

1951 – CASQUE D’OR, de Jacques Becker, avec Simone Signoret, Serge Reggiani, Claude Dauphin, Roland Lesaffre, Raymond Bussières.

1952 – L’AMOUR D’UNE FEMME, de Jean Grémillon, avec Micheline Presle, Massimo Girotti, Roland Lesaffre, Julien Carette, Gaby Morlay et Marc Cassot. Primé à San Sebastian.

1952 – THERESE RAQUIN, de Marcel Carné, avec Simone Signoret, Raf Vallone, Roland Lesaffre, Jacques Duby, Sylvie, Maria-Pia Casilio. Grand Prix Venise 1953. Roland Lesaffre, Prix de Belgique + Prix interprétation 1953 (+ Meilleur film étranger Hollywood 1954). Prix interprétation Festival San Sébastien et Taormina.

1952 – PARIS EST TOUJOURS PARIS, de Luciano Emmer, avec Aldo Fabrizzi et Roland Lesaffre.

1953 – L’AIR DE PARIS, de Marcel Carné, avec Arletty, Jean Gabin, Roland Lesaffre, Marie Daêms, Folco Lulli, Maria-Pia Casilio, Jean Parédès, Simone Paris et Ave Ninchi .

1953 – QUAND TU LIRAS CETTE LETTRE, de Jean-Pierre Melville, avec Juliette Greco, Philippe Lemaire, Roland Lesaffre, Daniel Cauchy.

1954 – TO CATCH A THIEF (LA MAIN AU COLLET), d’Alfred Hitchcock, avec Grace Kelly, Cary Grant, Roland Lesaffre, Charles Vanel, Brigitte Auber et Georgette Anys. Meilleur film Hollywood 1955.

1954 – NAVIGATION MARCHANDE, documentaire de Georges Franju, avec Roland Lesaffre.

1955 – SI PARIS M’ETAIT CONTE, de Sacha Guitry, avec Michèle Morgan, Jean Marais, Roland Lesaffre, etc.

1956 – CRIME ET CI-IATIMENT, de Georges Lampin, avec Jean Gabin, Marina Vlady, Robert Hossein, Bernard Blier, Roland Lesaffre, René Havard et Albert Rémi.

1956 – SOUPÇONS, de Pierre Billon, avec Roland Lesaffre, Anne Vernon, Frank Villard, Dora Doli.

1956 – LA JEUNESSE AUX PIEDS NUS, de Taniguchi (Tokyo), avec Roland Lesaffre, Yoko Tani et Tatouya Nakadar. Meilleur film au Japon en1957.

1956 – LA LOI DES RUES, de Ralph Habib, avec Raymond Pellegrin, Sylvana Pampanini, Roland Lesaffre, Jean-Louis Trintignant, Lino Ventura.

1957 – MEFIEZ-VOUS FILLETTES, de Yves Allégret, avec Robert Hossein, Antonella Lualdi, Roland Lesaffre, Pierre Mandy, Gérard Oury et Jacqueline Porel.

1957 – FILOUS et Cie, de Tony Saytor, avec Roland Lesaffre, Sophie Desmarets, Marie Daèms, Jean Parédès.

1957 – LA BONNE TISANE, de Hervé Bromberger, avec Raymond Pellegrin, Roland Lesaffre, Madeleine Robinson, Bernard Blier, Estella Blain, Jacques Fabbri et Henri Vilbert.

1958 – LES TRICHEURS, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Pascale Petit, Jacques Charrier, Laurent Terzieff, Jean-Paul Belmondo, Andréa Parizy et Dany Saval. Grand Prix du Cinéma 1958 + Prix du meilleur film français 1958 et 5 Grands Prix Internationaux.

1958 – PARIS C’EST L’AMOUR, de Walter Kapps, avec Roland Lesaffre, Armand Mestral, Danièle Godet.

1959 – LE 7e JOUR de St MALO, de Paul Mesnier, avec Roland Lesaffre, Annie Andrea, Alan Scott, René Kolldhéhoff et Servilange.

1960 – TERRAIN VAGUE, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Danièle Gaubert, Denise Vernac, Georges Wilson et Dominique Davray.

1960 – SURPRISE-PARTIE CHEZ Mme AZAIS, film TV d’André Leroux, avec Roland Lesaffre et Dinan.

1960 – LA FETE ESPAGNOLE, de Jean-Jacques Vierne, avec Roland Lesaffre, Peter Van Eyck, Daliah Lavi et Anne-Marie Coffinet.

1961 – LES MENTEURS, d’Edmond-T. Grévllle, avec Dawn Adams, Jean Servais, Francis Blanche, Roland Lesaffre, Claude Brasseur et Anne-Marie Coffinet.

1961 – LA FILLE DES TARTARES, de Remigio Del Grosso, avec Roland Lesaffre, Yoko Tani, Akim Tamiroff, Ettore Manni. Masque d’Argent, Rome 1962.

1962 – L’ACCIDENT, d’Edmond -T. Gréville, avec Roland Lesaffre, Magali Noêl, Georges Rivière, Danick Patisson.

1962 – DU MOURON POUR LES PETITS OISEAUX, de Marcel Carné, avec Dany Saval, Paul Meurisse, Roland Lesaffre, Suzy Delair, Jean Richard, Jeanne Fusier-Gir, Suzanne Gabriello, Dany Logan et Robert Dalban.

1963 – LE BLUFFEUR, de Sergio Gobbi, avec Roland Lesaffre, Dany Carrel, Paul Guers, Félix Marten.

1963 – LES PARIAS DE LA GLOIRE, d’Henri Decoin, avec Curd Jurgens, Roland Lesaffre, Folco Lulli, Maurice Ronet et Germain Cobos.

1964 – PERIL AU PARADIS, d’Edmond-T. Gréville, avec Roland Desaffre, Armand Mestral, Dario Moreno et Sophie Hardy.

1964 – L’ETRANGE AUTO-STOPPEUSE, de Jean Darcy et Raoul André, avec Roland Lesaffre, Sophie Hardy, Georges Marchai.

1964 – LE TUEUR A GAGES, Téléfilm de Rene Lucot et Frederic Dard, avec Roland Lesaffre, Eddie Constantine, Philippe Clay.

1965 – TROIS CHAMBRES A MANHATTAN de Marcel Carné, avec Annie Girardot, Maurice Ronet, Roland Lesaffre, Otto E. Hasse, Gabriele Ferzetti, Geneviève Page et Robert de Niro. Prix Venise 1966.

1965 – LES SURVIVANTS, de Dominique Genée – Boileau-Narcejac (Films TV), avec Roland Lesaffre, Frédéric de Pasquale, Catherine Diamant.

1965 – L’OR DU DUC, de Jacques Baratier, avec Danielle Darrieux, Claude Rich, Pierre Brasseur, Roland Lesaffre, Jacques Dufilho

1965 – PAS DE PANIQUE, de Sergio Gobbi, avec Pierre Brasseur, Roland Lesaffre, Alain Barrière, Pierre Massirni.

1966 – 2 + 5 MISSIONE HYDRA, de Pietro Franciscí, avec Eleonora Ruffo, Kirk Morris, Roland Lesaffre et Anthony Freeman.

1966 – ALLO POLICE ! de Dominique Genée (Film TV), avec Roland Lesaffre, Guy Tréjean, Georgette Anys.

1967 – LES JEUNES LOUPS, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Haydie Politoff, Christian Hay, Yves Beneyton et Bernard Dhéran.

1967 – LE BAL DES VOYOUS, de Jean-Claude Dague et Jacques Robin, avec Roland Lesaffre, Jean-Claude Bercq, Michel Le Royer, Dona Michèle.

1968 – LES ENFANTS DE CAIN, de René Jolivet, avec Roland Lesaffre, Hans Meyer et Nancy Holloway.

1968 – TRAQUENARDS, de Jean-François Davy, avec Roland Lesaffre, Anna Gaël et Hans Meyer.

1968 – MAITRES CHIENS, de Christian-Jaque, avec Paule Noëlle, Pierre Rousseau et Roland Lesaffre.

1968 – CONTES DU CHAT PERCHE, d’Arien Papazian – Marcel Aymé. (TV) avec Roland Lesaffre et Françoise Arnaud.

1969 – LE BOURGEOIS GENTIL’MEC, de Raoul André, avec Francis Blanche, Jean Lefèvre, Annie Cordy, Darry-Cowl, Roland Lesaffre et Georges Géret.

1969 – LOVE LIFE IN LUXEMBOURG, de Frank Apprédéris, avec Roland Lesaffre, Véra Belmont, Pierre Schneider, Sabine Sur.

1969 – KISS, de Jean Le Vitte, avec Roland Lesaffre, Christine Fersen, Rellys.

1970 – MADAME ETES-VOUS LIBRE ? de Jean-Paul Le Chanois. (TV) avec Roland Lesaffre, Denise Fabre, Michel Coluche, Yves Vincent et Nicole Garcia.

1970 – LES COUPS POUR RIEN, de Pierre Lambert, avec Roland Lesaffre, Pierre Brice, Yanti Sommer.

1970 – LE MUR DE L’ATLANTIQUE, de Marcel Camus, avec Bourvil, Peter Mac Enery, Sophie Desmarets, Jean Poiret, Roland Lesaffre et René Kolldéhoff.

1971 – LES ASSASSINS DE L’ORDRE, de Marcel Camé, avec Jacques Brel, Catherine Rouvel, Roland Lesaffre, Charles Denner, Michel Lonsdale, Didier Haudepin et Françoise Giret.

1972 – EUGENE SUE, de Jacques Nahum. (TV) avec Roland Lesaffre, Bernard Verley, Claudine Coster.

1973 – SIX HOMMES MORTS, de Jacques Nahum, (TV), avec Roland Lesaffre, Jacques Duby, Pierre Vernier, Roger Van Hool.

1973 – LA MERVEILLEUSE VISITE, de Marcel Carné, avec Roland Lesaffre, Gilles Kohler, Mary Marquet, Deborah Berger, Tania Busselier, Jacques Debary, Lucien Barjon et Jean-Pierre Castaldi.

1974 – LE QUAI DE L’ETRANGLEUR, de Boramy Tioulong. (TV) avec Roland Lesaffre, Daniel Gélin, Jean-Paul Zehnacker et Tania Busselier.

1975 – IL FAUT VIVRE DANGEREUSEMENT, de Claude Makovski, avec Annie Girardot, Sydne-Rome, Claude Brasseur, Roland Lesaffre, Mylène Demongeot et Roger Blin.

1976 – LA BIBLE, Collaboration au Documentaire Long Métrage « LA BIBLE », avec Marcel Carné, auprès du Vatican et des Eglises de Sicile et Sardaigne, en tant que Directeur de Production.

1977 – LE CASQUE, de Robert Legrand. Film de prestige S.N.C.F. – Roland Lesaffre.

1977 – LA POUPEE de PLOUBALAY, de Daniel Martineau. (TV) avec Roland Lesaffre, Louis Lyonnel, Germaine Delbat.

1977 – LA VIE de ROLAND LESAFFRE, SPORT et CINEMA, de Jean-Daniel Christophe – FR3.

1979 – OPERATION TRAFICS (Sainte Famille), de Christian-Jaque (TV), avec Guy Marchand, France Dougnac, Roland Lesaffre, Bernard La Jarrige, Jean Martinelli, Madeleine Barbulée.

1979 – LA VIE A BELLES DENTS ou CARNE, L’HOMME à LA CAMERA, de Christian-Jaque, avec Roland Lesaffre, Arletty, Yves Montand, Jean-Louis Barrault. (Film retraçant toute la vie artistique de Marcel Carné.)

1980 – AU BOUT DU CHEMIN, Téléfilm de Daniel Martineau, avec Roland Lesaffre, Serge Moati, Claude Jade, Tania Busselier, Robert Benoist.

1980 – MON AMIE SOCIA, Téléfilm de Daniel Martineau, roman de Joseph Joffo, avec Roland Lesaffre, Valérie Pascale, Danick Patisson.

1980 – ARCH OF TRIUMPH, de Daniel Mann (Américain) (Inachevé), avec Suzanne Pleshette, Maximilian Schell, Trevor Howard, Roland Lesaffre.

1981 – ULTIMATUM, Téléfilm de Georges Farrel, avec Marcel Bozzuffi, Pierre Massimi, Roland Lesaffre, Louis Velte, Chantal Nobel.

1981 – SALUT, J’ARRIVE, de Gérard Poteau, avec Michel Galabru, Pierre Vernier, Christiane Kruger, Roland Lesaffre.

1983 – VENISE ATTENDRA, de Daniel Martineau. (TV) avec Roland Lesaffre, Raymond Pellegrin, Tania Busselier, Daniel Colas, Daniel Russo, Fernand Guiot.

1987 – BERNADETTE, de Jean Delannoy, avec Sidney Penny, Roland Lesaffre, Jean-Marc Bory, Michèle Simonnet, Bernard Dhéran, Arlette Didier.

1987 – LE JARDIN d’ALICE, de Charles Tible (Court métrage), avec Roland Lesaffre, Maka Kotto, Henri Marteau.

1988 – ETERNELLE PRISON, de Medhi Nassradine Haddaoui (Court métrage), avec Roland Lesaffre, Charlotte Very.

1988 – PAUVRE PETIT GARÇON, de Allan Wisniewski (Court métrage), avec Roland Lesaffre.

1988 – LE RETOUR d’ARSENE LUPIN, de Philippe Condroyer (TV), avec Roland Lesaffre, Jacques Boudet, François Dunoyer, Sophie Baijac.

1989 – LA PASSION de BERNADETFE, de Jean Delannoy, avec Sidney Penny, Emmanuelle Riva, Roland Lesaffre, Georges Wilson., Tania Busselier, Malka Ribowska.

1990 – L’EMPIRE DU MILIEU, de Georges Barrier (TV), avec Roland Lesaffre, François Bourcier, Laure Sabardin, Stéphane Bierry.

1990 – DAMES GALANTES, de Jean-Charles Tacchella, avec Richard Bohringer, Isabella Rossellini, Marianne Basler, Marie-Christine Barrault, Laura Betti, Robin Renucci et Roland Lesaffre.

1990 – EDOUARD ET SES FILLES, de Michel Lang (TV), avec Pierre Mondy, Sydne Rome, Laurence Badie, Sophie Carle, Vanessa Guedj, Nathalie Mazéas et Roland Lesaffre.

1990 – LA JAVA BLEUE, de François Rossini (TV), avec Jacqueline Danno, Roland Lesaffre, Philippe Dormoy.

1990 – NOCE, de Didier Decoin, Film européen de prestige du nucléaire, avec Karin Alf, Roland Lesaffre, Pierre Londiche.

1992 – MOUCHE, de Marcel Camé. Nouvelle de Guy de Maupassant. Film européen. Avec Virginie Ledoyen, Roland Lesaffre, Wadeck Stanczak, Patrick Mille, Luca Vellani, Gédéon Burkhard.

1994 – LA BORE DE DIAMANTS, de Nicolas Ribowski (TV) « Les Nouveaux Exploits d’Arsène Lupin » de Maurice Leblanc. Avec François Dunoyer, Roland Lesaffre, Paul Le Person, Michèle Laroque etc….

 

 

 

Roland Lesaffre : 15 ans de Cinéma par Georges Lange, Jeunesse Cinéma- Hors-série 1er trimestre 1963

La vie de Roland Lesaffre mériterait d’inspirer le scénario d’un film. Il a connu mille aventures dans divers pays du monde. Il a côtoyé tout ce qui compte dans le cinéma. Il a tourné dans plus de 50 productions. Aussi ses confidences sont-elles pleines d’intérêt. Notre envoyé spécial Georges Lange les a recueillies pour vous. Vous verrez, c’est du vrai cinéma… A vous de juger.

Plantons le décors

Roland LESAFFRE occupe deux appartements ; dans l’un il vit ; dans l’autre il a installé ses bureaux. Ils sont situés tous les deux au dernier étage de maisons mitoyennes de la rue Caulaincourt, sur les pentes de Montmartre. De là-haut, on découvre tout PARIS.

Dans le salon, on remarque une porte monumentale, en bois sculpté, sur laquelle est gravée une curieuse inscription : « Ni moy sen toy, ni toy sen moy ».

– Cette porte, je l’ai achetée à TAORMINA, dans un couvent de Sicile. Je n’ai pas l’explication de cette curieuse orthographe, dit Roland LESAFFRE.

Une imposante bibliothèque munie de portes massives dépassant soixante kilos chacune, monte jusqu’au plafond.

– Elle a été construite par Eugène FASQUELLE, l’éditeur de ZOLA, pour y ranger les œuvres du célèbre romancier.

Bien d’autres objets sollicitent l’attention : une torche du Palais des Doges de VENISE, des tableaux modernes, un piano, un aquarium immense contenant les poissons les plus rares, une très grande volière où chantent des oiseaux extraordinaires… des poupées et une quantité incroyable de menus objets ravissants.

– J’ai rapporté beaucoup de souvenirs du JAPON et de tous les autres pays où j’ai eu l’occasion d’aller.

Les bureaux se trouvent dans la maison voisine. Il faut descendre dans la rue et reprendre l’ascenseur pour s’y rendre. Pourquoi des bureaux ? Parce que Roland LESAFFRE n’est pas uniquement comédien ; il vend également des films dans tous les pays du monde.

 

 

 

LESAFFRE mesure 1 rn 75, et pèse 68 kg. Il a les cheveux châtain foncé et les yeux marron clair. Ses signes particuliers sont très nombreux mais on peut se contenter de citer un tatouage représentant une tête de mort, sur une jambe. Il n’est pas possible d’en savoir davantage…

Moi, je voulais apprendre un métier et l’on me faisait faire surtout du jardinage. J’avais horreur de cela. Alors, un jour, pour me venger, j’ai planté des poireaux à l’envers. J’ai fait plusieurs camps, dont ceux de Feytiat et Brive la Gaillarde. A Feytiat, je me suis révolté parce qu’on me faisait caler les roues des avions Allemands (c’était un camp d’aviation.) Considéré comme un insurgé, j’ai été envoyé dans un camp disciplinaire où il y avait beaucoup de gars comme moi, abandonnés dans la vie ou dont la famille avait été déportée en Allemagne. Ensuite, j’ai été envoyé à Brive la Gaillarde. Nous commencions à huit heures du matin, nous apprenions le dessin industriel, la forge, la menuiserie. J’ai travaillé avec enthousiasme pendant un an et demi et j’allais passer mon C.A.P. (j’avais choisi la menuiserie) lorsque les Allemands sont arrivés. Je suis parti dans le maquis.

-Comment viviez-vous ?

– Oh, à la dure. Nous avions un sac de couchage et une couverture. Réveillés à six heures nous allions casser la glace à la rivière pour nous laver. Ensuite, il y avait la montée des couleurs. Le drapeau français était hissé en haut d’un mat et l’un de nous criait : « A moi, compagnons ! » Et nous répondions : « FRANCE » ! Au moment de la soupe, il y avait une chanson qui disait : « Si la soupe a du bon, le travail aussi. Merci ». Aussitôt après ce « merci » chacun enfournait sa soupe.

– Quel genre de blagues faisiez-vous avec vos camarades ?

– Nous allions surtout dévaliser les vergers et nous rentrions les vêtements bourrés de pommes.

– Et le sport ?

– Nous faisions du Cross. Dans les Minimes, j’avais été sélectionné pour les championnats de la Haute-Vienne et j’étais arrivé troisième. Puis, ce furent les championnats inter-régionaux et enfin ma sélection pour le National. J’avais demandé et obtenu une permission pour aller à Paris, mais l’argent du voyage me manquait ! Arrivé à la gare, j’ai acheté seulement un ticket de quai et montai dans le train. Dans le compartiment j’ai expliqué ma situation à mes voisin et me suis caché sous la banquette quand le contrôleur est passé. A la gare de Lyon, j’ai pris mes jambes à mon cou et je suis passé dans la cohue. Le lendemain, j’étais au départ du National. Je suis arrivé dans les premiers et mon nom a été imprimé dans les journaux !

– Comment êtes-vous revenu au Camp ?

– En voyageant de la même façon. Comme je n’avais pas les moyens de coucher à l’hôtel, j’avais passé la nuit dans un square. Quand on connut les circonstances de mon voyage, on me punit en m’envoyant ramasser les blés dans une ferme. Mais à mon retour de la ferme, on me donna un poste à mon goût, celui d’aide-moniteur d’éducation physique.

– Par la suite, vous deviez vous distinguer dans divers sports… Voulez-vous citer quelques-uns de vos titres ?

– J ‘ai été finaliste d’Europe de boxe, champion et recordman de la marine des 100 et 400 m plats. Je suis allé aux Jeux Olympiques pour les 400 m plats, j’ai été classé 5ème dans les militaires en 1948, aux Jeux du Monde, toujours sur les 400 m plats… Mais c’est surtout la boxe, qui m’a apporté les plus grandes joies et qui a eu une importance décisive sur ma carrière.

Je prends le maquis

Roland LESAFFRE n’avait que treize ans lorsqu’il connut, après les camps de jeunesse, le dramatique épisode du maquis.

– Les Allemands étaient venus au camp, un matin de bonne heure, pour nous chercher mais nous étions déjà partis ! Lorsque nous avons rejoint les combattants maquisards, en raison de mon âge, on m’a affecté au ravitaillement en munitions, c’est-â-dire que je portais les munitions destinées aux fusils-mitrailleurs.

– Vous avez dû connaitre des heures… mouvementées ?

– Oui. Je me rappelle notamment ma première mission : il s’agissait d’attaquer un convoi allemand d’une quinzaine de camions. La guerre me faisait jusqu’alors un peu l’effet d’une série d’aventures comparables à celles que je lisais dans les journaux illustrés. Bref, voilà que ça pétarade dans tous les coins et que je vois des gars tomber. Les Allemands cherchaient à se protéger en sautant dans les fossés. Soudain le garçon pour lequel je portais des munitions ouvrit la bouche et se mit à crier. Puis, il ne cria plus. Il était mort. A un autre moment, je vis un Allemand debout comme moi. Il me mit en joue et à l’instant où il allait tirer, il tomba, mort. Je me suis sauvé mais dans une mauvaise direction et je me suis trouvé nez à nez avec un Allemand qui, me voyant soudain, me montra son brassard de la Croix Rouge en bredouillant des mots qui, dans sa langue, devaient signifier « Non, non pas moi ! Il faut que je soigne les blessés ». Or je n’avais aucune arme et je n’étais qu’un gamin de treize ans. Je me suis agenouillé à côté de lui et il m’a pris dans ses bras pour me protéger. Quand ce fut terminé, il a été fait prisonnier par mes compagnons et, avant de partir, il m’a embrassé. Je ne l’ai jamais revu.

Le jeune Roland LESAFFRE avait quinze ans quand il réussit à rejoindre, en Algérie, les forces du Général LECLERC. Il voulut s’engager mais on commença par lui faire passer des examens…

– Il y eut des épreuves de dissertations, de géographie, d’algèbre… et l’on refoulait sur les fusiliers-marins ceux qui avaient les notes les plus basses, tandis que les autres devenaient matelots d’équipage. Ces examens se déroulèrent dans des conditions que je n’oublierai jamais ! On m’avait placé à côté d’un grand garçon très maigre qui avait ses deux bachots et préparait une licence. Comme ma page restait blanche et que je regardais machinalement ce que mon voisin faisait, il me passa sa copie. C’était la dissertation ; mais il me passa aussi les problèmes et tout le reste. Au moment de l’oral, je me débrouillai tant bien que mal et j’obtins la moyenne ! Et j’entendis appeler « LESAFFRE, Instruction 6, Ecole des Pilotes ». Après trois mois dans cette école, on s’est aperçu que j’étais assez cancre et l’on n’a pas insisté. On m’a dirigé sur l’Ecole des Fusiliers-Marins, à Siroco où régnait une discipline de fer. C’est là qu’il m’arriva de faire une fameuse connaissance.

Je rencontre Gabin

Le quartier-maître de la chambrée où était le jeune LESAFFRE s’appelait MONCORGE. Et ce MONCORGE n’était autre que Jean GABIN.

– D’abord, explique LESAFFRE., je ne savais pas qui était ce MONCORGE. Alors les copains m’ont dit : « GABIN, voyons ! Pépé-le-Moko ».

– Était-il sévère ?

– Oui, mais pas méchant. Un jour, comme je ne marchais pas au pas, il me l’a fait remarquer : « Et le pas, alors ? ». Je me suis insurgé, bêtement : « Ah ! ce qu’il peut être embêtant, le Pépé ! ». « Qu’est-ce que vous dites ? Je vais vous mettre sur le rapport, moi. Vous aurez de mes nouvelles ! ». Mais les mois ont passé et GABIN ne mit jamais sa menace à exécution.

L’entraînement continuait avec des marches de nuit, des parachutages, etc… C’était exténuant. Je ne pesais plus que quarante kilos. Puis, un jour, on s’est aperçu que j’étais doué pour la boxe. Toute les compagnies avaient leurs championnats de boxe, de natation, de course. Je me suis engagé dans diverses épreuves et j’ai gagné une course, le saut en hauteur, le décathlon, un match de boxe.

– Etiez-vous, de ce fait, exempt de corvées ?

– Oui. Pour moi, plus de marches épuisantes de nuit, plus d’exercices de tir… Et, à la salle de boxe j’ai retrouvé…

– GABIN !

– Parfaitement. Mais quelqu’un d’autre aussi : Marcel CERDAN, le fameux bombardier marocain, l’homme qui devait devenir un très grand champion et finir de façon si dramatique… Et plus tard, nous devions être réunis, GABIN et moi, grâce à la boxe, dans le film « L’AIR de PARIS ».

– Citez-nous des anecdotes concernant GABIN et CERDAN.

– Le vrai GABIN, pour moi, c’était le monsieur qui était debout à six heures et qui, en short et chandail, courait et sautait pendant des heures, qui mangeait avec les hommes de troupe, qui s’entraînait chaque jour à la salle de boxe.

– Quel écart d’âge aviez-vous ?

– J ‘avais dix-sept ans et il devait en avoir dans les quarante… Quel chic bonhomme ! Quand je n’avais pas le sou, à la cantine, il me payait un casse-croûte. Pourtant, il avait un caractère bougon, renfrogné et voulait se faire respecter. Par exemple, si on se baignait dans un endroit interdit, il arrivait furieux et criait « Espèces de vauriens, je vous mets sur la peau de bouc ! ». La peau de bouc, c’était le rapport. Mais les jours passaient et l’on ne voyait rien venir. Quant à CERDAN, qui était matelot d’équipage, il s’entrainait souvent dans une salle d’Alger où j’allais aussi. Un jour, on me dit de boxer contre un Américain appartenant à l’équipage d’un bateau arrivé la veille. Le gars fort de son avantage au poids, me sonne, me balance dans les cordes et m’ouvre l’arcade sourcilière. CERDAN avait assisté au combat. « Tu es fatigué ? » me demanda-t-il. « Oui, dis-je, j’ai l’arcade et la lèvre fendue et je combats après-demain ». « Ne t’inquiète pas, reprit-il, je vais lui régler son compte ». Il prend mon adversaire et pan ! en l’air. Un deuxième arrive… pan ! en l’air. Et un troisième arrive et fonce sur CERDAN en tenant sa garde. Or, CERDAN était un gars très gentil ; si vous vouliez boxer, il boxait mais si vous vouliez jouer au tueur sur un ring, il ne l’admettait pas. Alors, il a frappé et allongé l’américain qui est resté plusieurs minutes inconscient.

Ensuite, pendant six mois, le matelot LESAFFRE suivit les cours de moniteur d’éducation physique. GABIN était rentré en FRANCE, CERDAN était parti pour les championnats d’Europe. La France était libérée.

– Alors, je participai à la libération d’Alger, aux opérations des Hauts-Plateaux, de Sétif, Kerrata, Bougie. Il me restait encore cinq ans à passer dans la marine. Je voulais voyager, embarquer… voir du pays. On formait un détachement de volontaires pour terminer la guerre d’Indochine et du Pacifique. Alors je me suis présenté…

La Grande aventure

C’était au début de 1945 ; Roland LESAFFRE avait dix-huit ans. Embarqué sur L’Emile Bertin, comme fusilier marin et moniteur d’éducation physique, il passa quartier-maitre.

– Nous commençâmes par débarquer à Saïgon, puis nous nous enfonçâmes dans la jungle… Et cela a duré sept mois. Nous étions six-cents au débarquement de la baie d’Along, en 1944, et, le soir-même, il y eut près de six-cents morts. Le même drame s’est reproduit un an plus tard à la baie de Tourane.

– Quelle est l’action la plus héroïque à laquelle vous avez participé ?

– Je préfère ne pas répondre à cette question… Pour moi, il n’y eut rien de tellement héroïque… Foncer pour enlever un piton de mitrailleuse, ce n’est pas de l’héroïsme, c’est de la folie… Une fois, oui, j’ai fait un combat de boxe héroïque parce que l’honneur de la Marine Française était en jeu. On m’appelait KID CHAMPION. J’étais opposé à un Anglais pour les championnats du Pacifique. Grand tralala avec drapeaux, Marseillaise et les Hymnes anglais et américain. Et tout-à-coup quelque chose s’est déclenché en moi, je me suis senti Français l Et quand le combat fut commencé, mes supporters criaient : « Vas-y, FRANCE… vas-y KID ! ». J’ai fini par gagner par abandon et je me suis retrouvé recevant l’accolade des amiraux et de tous les gradés. Oui, ce jour-là, j’ai fait quelque chose d’héroïque pour la FRANCE.

Si l’on demande à Roland LESAFFRE de citer quelques-unes des dix-sept décorations qui constellèrent sa poitrine, il hausse les épaules et admet qu’il en est une qu’il porte discrètement sur ses vestons : La Médaille de Moniteur de Joinville. Mais il a encore : les décorations de la Méditerranée, du Cambodge, de l’Afrique du Nord, la fourragère rouge des survivants du commando Emile-Bertin etc… Il a reçu la première à dix-sept ans !

Roland LESAFFRE finit par rentrer en France, en passant par la Chine et la Russie, rapatrié par le Suffren tandis que l’Emile Bertin continuait son tour du monde.

L’inespéré arrive

– Un jour, j’appris qu’ESCANDE allait faire passer des auditions pour Marcel CARNE qui préparait un film : JULIETTE ou la CLEF des SONGES. J’ai dit à ESCANDE : « CARNE, je le connais, j’ai travaillé avec lui et mon ami GABIN ». Il m’a regardé en souriant puis m’a dit : « Alors, tu as peut-être ta chance… Viens aux auditions ». Le lendemain, j’étais sur place de bonne heure, CARNE était dans la salle, entouré de quelques personnes. Il assistait aux auditions sans mot dire. Quand une vingtaine d’élèves furent passés sur la scène, j’insistai pour auditionner. J’ai donné une tirade de « Mithridate ». Ce fut une catastrophe. Tout le monde jacassait, on ne me prêtait pas la moindre attention. Puis, quand ESCANDE m’eut dit poliment : « Merci, mon petit, c’est très bien » je lui demandai : « Je voudrais passer autre chose ». Pris au dépourvu, il me regarda en soupirant : « Ce n’est pas très long ? ». « Non, non ». Et je récitai un poème de Camille François : Mon Chien. Je le terminai avec des larmes dans les yeux et descendis de la scène. Alors, l’inespéré arriva : Marcel CARNE m’a appelé et m’a tendu une carte de visite en me disant : « Passez au bureau de la production de Sacha GORDINE, pour des essais ».

Deux semaines passèrent… Les essais eurent lieu et, à cette occasion Roland LESAFFRE faisait la connaissance d’une toute jeune fille qui dansait alors dans un ballet de Léonor FINI ; elle avait un minois de chat sauvage et s’appelait Leslie CARON. Sur le plateau, il y avait un personnage qu’on ne connaissait pas non plus, qui assistait aux essais. C’était Gene KELLY.

Quand il vit les bouts de film de la danseuse, il la demanda à CARNE pour en faire la vedette de son film « Un américain à PARIS ».

– Mais, vos essais ?

– J’attendis en vain des nouvelles de la production. Alors, au bout d’un mois, n’y tenant plus, je téléphonai à Marcel CARNE. Il me répondit alors que je ne jouerais pas le rôle principal du film qui serait tenu par Gérard PHILIPPE, mais un rôle de légionnaire. Ce fut mon premier rôle marquant au cinéma.

1950… Roland LESAFFRE a vingt-trois ans. Il est devenu un acteur. Pendant toute sa carrière il tournera avec les plus grands metteurs en scène : CAYATTE, BECKER, CARNE, HITCHCOCK etc. … et avec les artistes les plus en vue.

Comment je travaille mes rôles

Dans « L’ETRANGE MADAME X », Roland LESAFFRE joua le rôle d’un barman. Il était entouré de Michèle MORGAN, Henri VIDAL et Roland ALEXANDRE. Le metteur en scène GREMILLON voulait faire vrai et, comme une scène du film se déroulait dans un petit café restaurant du Faubourg saint Antoine…

– Pour bien entrer dans la peau de mon personnage, j’ai pensé que je devais effectuer un stage de garçon de café. En effet, je ne voulais pas risquer d’être critiqué parce que je n’aurais pas su porter un plateau ou verser un apéritif. J’allai chez MANIERE, rue Caulaincourt, tout à côté de mon domicile et expliquai au patron de quoi il s’agissait. Comme je n’étais pas encore connu comme acteur, je ne risquai pas d’être découvert ! Or, il arriva une aventure amusante en ce sens que le chef des garçons du bar fut jaloux de moi. Pour hériter de mes pourboires, il m’envoyait toujours à la cuisine ou à la cave. Le dernier jour, j’ai offert le champagne à tout le monde et le garçon en question a donc appris pour quelle raison j’étais là. Il n’a rien dit mais il m’a adressé une lettre merveilleuse pour s’excuser de son attitude et me remercier de la leçon que je lui avais donnée.

– Avez-vous fait d’autres stages pour la préparation de certains rôles ?

– Oui, dès l’année suivante, en 1951. Aux côtés de Raymond PELLEGRIN et MOULOUDJI, je tournai, sous la direction d’André CAYATTE dans NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS, qui devait obtenir le Grand Prix à Venise. Mon rôle était celui du coiffeur de la prison. Donc, il fallait que je sache tenir ciseaux, peigne et tondeuse… Je travaillai pendant trois semaines dans une école de coiffure. Je mangeais à la cantine avec les autres et le soir j’étais de corvée pour balayer.

CASQUE D’OR de Jacques BECKER a permis également à Roland LESAFFRE de faire une apparition marquante, en compagnie d’artistes exceptionnels : Simone SIGNORET, Serge REGGIANI, Claude DAUPHIN.

– Puis, ce fut l’année 1952 et je tournai L’AMOUR d’une FEMME de GREMILLON, avec Massimo SERATO, Micheline PRESLES, Gaby MORLAY et CARETTE, Marc CASSOT… J ‘étais un gardien de phare, ancien marin. Pendant trois mois, nous avons vécu à OUESSANT, mais je suis parti avant les autres car j’étais attendu pour un autre film qui devait faire parler de lui et de moi : Thérèse Raquin. GREMILLON est venu m’accompagner sous la pluie battante, jusqu’à l’un des bateaux qui n’avaient pu accoster de la journée entière à cause de la tempête.

Et il m’a dit : « Tu vas tourner avec CARNE… Pars confiant. Je te souhaite d’être meilleur encore qu’avec moi ».

 

Après avoir refusé quatre films, Roland LESAFFRE signa un contrat pour LA MAIN AU COLLET d’HITCHCOCK, avec Grace KELLY, Cary GRANT, Charles VANEL, Brigitte AUBER…

– HITCHCOCK me téléphona lui-même et me demanda de venir le voir. Nous avons parlé… Je lui ai fait remarquer que mon anglais était très défectueux et il m’a dit : « C’est sans importance. Je vous ai vu à l’écran, vous avez du talent ». J ‘ai signé un contrat magnifique, se montant à plusieurs millions. Alors, j’ai peut-être perdu un peu la tête. J’ai invité quantité de gens à dîner, j’ai habillé des copains, je croyais que je tenais la fortune et qu’elle était inépuisable. Mais il faut bien comprendre que c’était pour moi une revanche contre toute la vie que j’avais eue jusqu’alors, surtout pendant ma jeunesse… J’ai été jalousé, je me suis découvert des ennemis… N’en parlons plus, puisque tout cela c’est du passé.

– Alors, parlez-nous de l’Amérique et d’HITCHCOCK.

– J’ai dépensé beaucoup d’argent à HOLLYWOOD car je voulais tout connaître… De ce fait, je ne dormais guère, j’allais au Dancing, à la boxe, et je me couchais à des heures impossibles. De ce fait, j’arrivais en retard au Studio. Alors, un jour, HITCHCOCK m’interpella : « Hé ! la Butte Montmartre, quand on dit huit heures-et-demi, ce n’est pas neuf heures ! Comment dit-on en Français ? ». Je lui répondis « L’heure c’est l’heure. Avant l’heure c’est pas l’heure et après l’heure, c’est plus l’heure non plus ! ». Le lendemain je trouvais dans ma loge un grand écriteau portant cette phrase. HITCHCOCK l’y avait fait placer bien en évidence.

1958 avait vu l’avènement de la nouvelle vague. Les anciens, acteurs et metteurs en scène ne travaillaient plus… Comme tant d’autres, Roland LESAFFRE dut tenir tête à cette marée. Quelques rôles se succédèrent dans : PARIS, c’est l’AMOUR, Le SEPTIEME JOUR de SAINT MALO. Puis, brusquement, sans transition, en 1959, ce fut pour lui un des sommets de sa carrière avec l’un de ses meilleurs rôles, celui de BIG CHIEF de TERRAIN VAGUE (Marcel CARNE).

….

Fin de l’article

 

L’AIR DE PARIS 1954

https://moncinemaamoi.blog/2016/06/05/lair-de-paris-marcel-carne-1954/

 

A l’automne 1953, le nouveau film de Marcel Carné, Thérèse Raquin, reçoit un excellent accueil. C’est donc avec confiance que le réalisateur se lance avec le scénariste Jacques Viot dans un nouveau projet : l’histoire d’un entraîneur de boxe qui jette son dévolu sur un jeune ouvrier pour en faire son poulain. Carné est à l’époque un passionné de boxe et, comme il l’expliquera dans son autobiographie, l’arrière-plan social d’une telle intrigue lui plaît également: « Ce qui m’intéressait – en plus de l’atmosphère particulière du milieu – c’était d’évoquer l’existence courageuse des jeunes amateurs qui, ayant à peine achevé le travail souvent pénible de la journée, se précipitent dans une salle d’entraînement pour « mettre les gants » et combattre de tout leur cœur, dans le seul espoir de monter un jour sur le ring… ». Malheureusement, les producteurs de l’époque voient les choses d’un autre œil, estimant que les films sur la boxe n’intéressent pas le public. Après moult refus, Carné finit tout de même par signer avec Robert Dorfmann, heureux producteur de Jeux interdits et de Touchez pas au grisbi, qui se trouve être lui aussi un grand amateur de boxe.

L’histoire

Propriétaires à Paris dans le quartier de Grenelle d’une salle d’entraînement de boxe, le couple Victor (Jean Gabin) et Blanche (Arletty), n’envisagent pas le même avenir : Lui veut continuer à organiser des combats, Elle rêve d’une retraite au soleil sur la Côte d’Azur. Victor croit en l’avenir d’André Ménard (Roland Lesaffre) qu’il a recueilli chez eux, il l’encourage et le forme ; mais « paumé », le jeune homme délaisse vite l’entraînement par amour pour Corinne (Marie Daëms), joli et volage mannequin qui, selon Victor, le détourne de son destin de champion ; Victor finira par le ramener sur le chemin du sport.

Retrouvailles

Pour Carné, il est évident que le rôle de Le Garrec, l’entraîneur, revient à Jean Gabin, avec qui il a déjà tourné trois films. De son côté, Gabin se déclare rapidement partant – et le restera, même après avoir découvert la nouvelle version du scénario écrite par Carné et Jacques Sigurd, qui a entre-temps remplacé Jacques Viot. Le tandem a en effet développé considérablement le rôle du jeune boxeur, le dotant notamment d’une histoire d’amour, ce qui relègue quasiment le rôle de Gabin au second plan. Bien qu’il n’apprécie qu’à moitié ces modifications, l’acteur respecte sa parole. Il sera donc à l’écran l’entraîneur de Roland Lesaffre, ancien compagnon d’armes (ils se sont croisés à Alger pendant la guerre) qui vient grâce à Gabin – de jouer dans deux films de Carné. Le réalisateur a en fait eu des doutes sur les capacités de Lesaffre à tenir un rôle aussi important, mais le jeune homme est un ancien champion de boxe, ce qui le rendra crédible pour les scènes de combat… Fidèle, Carné engage pour le rôle de Blanche Le Garrec son amie Arletty, réunissant ainsi, quinze ans après, le couple du Jour se lève. Quant au personnage de Corinne, il le destine à Agnès Delahaie, qui n’est autre que « Madame Robert Dorfmann », Mais, découvrant qu’une récente dispute a opposé la jeune femme à l’épouse du coproducteur italien engagé dans le film, Carné doit faire appel in extremis, à la veille du tournage, à Marie Daëms…

Si Arletty se réjouit de partager l’affiche avec Gabin, elle est beaucoup moins emballée par le film : « Trop conventionnel, dit-elle. Pas assez équivoque. On ne voyait pas qu’il avait un look pour Lesaffre. Carné n’a pas voulu. Il aurait dû le faire jouer en plus « pédoque » [homosexuel].» Évidemment, aidé de son dialoguiste Jacques Sigurd (Dédée d’Anvers d’Yves Allégret), Carné a écrit tout spécialement le rôle du jeune champion pour son « protégé » Roland Lesaffre, auquel il réserve, les meilleures scènes.

– Dis donc, c’est plus mon histoire, c’est celle de Lesaffre, maugrée Gabin après lecture du scénario dialogué.

– Mais comme tu dis, à ton âge tu ne veux plus jouer les godants [amoureux], rétorque Carné.

Au terme de quelques-uns de ces échanges verbaux, dans un réel souci d’apaisement mais surtout parce qu’il connaît parfaitement « son » Gabin, Carné lui offre de discuter d’éventuels changements de texte en sa faveur :

– Non, non… J’ai signé, je jouerai ce qui est écrit, répond-il, l’air buté.

Sur le plateau, il n’adresse pratiquement plus la parole à Lesaffre ; celui-ci se révèle être, selon des témoins, « un sacré cabochard » : il estime être la vedette du film, ce que confirme le réalisateur. « Carné me disait que j’en faisais trop et que je lui « cachais » sa vedette ! » révèle Gabin. Quant à la presse toujours en perpétuel conflit avec le monstre sacré, elle désigne ouvertement Lesaffre comme son remplaçant : « Il y a dans le personnage de Lesaffre quelque chose de Gabin jeune, du Gabin de Gueule d’amour et de Pépé le Moko. Lesaffre me fait songer à la réplique musicale de Gabin en plusieurs octaves plus aiguës … », écrit le critique André Bazin.

 

Sur le ring

L’atmosphère des salles de boxe a-t-elle déteint sur l’équipe du film ? Toujours est-il que des tiraillements se produiront tout au long du tournage. D’une part entre CARNE et GABIN, ce dernier reprochant au réalisateur – non sans raison – de continuer à privilégier par sa mise en scène le personnage de LESAFFRE. Les relations entre l’acteur et son ancien « copain de régiment » s’en trouvent du même coup refroidies, d’autant que LESAFFRE ne joue pas exactement la carte de l’humilité. À en croire CARNE, après le succès inattendu de sa prestation dans THERESE RAQUIN et sa brève collaboration avec HITCHCOCK pour TO CATCH A THIEF (LA MAIN AU COLLET), la tête du comédien a quelque peu « enflé », et il regimbe souvent aux indications de son metteur en scène. Des frictions qui viennent s’ajouter à la complexité des scènes de matches, tournées avec de vrais professionnels : LESAFFRE affronte ainsi Séraphin FERRER, champion d’Europe de l’époque. Un combat dont il se tire honorablement, mais qui le laisse épuisé pour le reste du tournage. Malgré ces multiples difficultés, CARNE sera au final satisfait par le film. En partie sans doute parce que l’histoire de Le Garrec et du jeune André dépeint au fond sa propre relation avec Roland LESAFFRE, aspirant comédien qu’il a pris sous son aile, et qui fera grâce à lui une honnête carrière.

 

Fin

 

Roland Lesaffre – la fidélité dans le talent par Joe van COTTOM, Ciné Revue 1981.

http://www.marcel-carne.com/la-bande-a-carne/roland-lesaffre/1981-roland-lesaffre-la-fidelite-dans-le-talent-cine-revue/

 

www.youtube.com/watch?v=p88wbyG-Ssg

 

A Nexon on ne connait pas ou peu Joseph ROIG. Pourtant il est né à Nexon et ce fut un as de l’aviation en 1914-1918 et un pionnier de l’aérospatiale. Il est vrai qu’il n’y a vécu que sa petite enfance. En effet son père qui était gendarme à cheval a passé moins de dix ans Nexon. Il est arrivé dans la commune en 1882 et sa première fille, Thérèse, y est née le 11 avril 1883 ; une autre fille, Berthe, est née le 11 avril 1887 et Joseph est venu au monde le 27 juillet 1889.

De 1902 à 1907, il est enfant de troupe à l’Ecole Militaire Préparatoire de l’Artillerie et du Génie, à Billom, dans la banlieue de Clermont – Ferrand. Cette école, créée en 1886 a fermé ses portes en 1963.

Le 29 juillet 1907, il s’engage pour cinq ans dans l’Artillerie. Il est affecté au 36ème régiment d’artillerie de campagne (RAC) puis au 19ème RAC. Il entre le 1er octobre 1911 à l’Ecole militaire de l’Artillerie à Versailles. Le 1er octobre 1912 il est nommé sous-lieutenant au 13ème Régiment d’Artillerie à Nîmes.

Le 24 septembre 1912 à Billom, Puy-de-Dôme, il épouse Marcelle MOSNIER (1890-1964). Une fille, Madeleine Marie naîtra en 1914. Après le décès de son épouse il se remarie le 21 décembre 1965, à Tours, avec Anny FLORENTIN.

Un as de l’aviation en 1914-1918.

Le 25 septembre 1914 il passe à l’aéronautique militaire comme observateur. Après sa formation il est affecté à l’escadrille C 13 ou il restera jusqu’au 19 mars 1916.

Le travail de l’observateur est essentiel pour guider le tir des batteries françaises. Une fois le tir commencé, Joseph ROIG tapote sur son manipulateur pour aider les artilleurs à régler leur tir : deux traits, deux points, deux traits deux points…, « réglé en direction ». Quelques instants plus tard, un obus tombe sur la batterie allemande. Joseph ROIG continue. Un trait, un point, un trait, un point… « réglé en portée ». Au sol, les canons se mettent à tirer en même temps. (voir en annexe l’article de Patrice HERREYRE dans le Populaire du Centre 24 avril 2016)

ROIG, à gauche, en compagnie d’un pilote de l’escadrille C13 

En février 1915 il est décoré de la Croix de Guerre avec une citation à l’ordre de l’armée et le 7 juillet 1915 il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Il a 26 ans.

 

« A pris part, depuis la fin du mois de septembre, à de nombreuses reconnaissances exécutées sous le feu de plus en plus violent des batteries ennemies. S’est fait remarquer par la sûreté des renseignements recueillis, ainsi que par sa grande habilité à diriger les réglages de tir. »

Citation à l’ordre de l’armée au Lieutenant Joseph ROIG, observateur de l’escadrille C 13

Le 19 mars 1916 il obtient son Brevet de pilote militaire avec le numéro 3033. Il devient alors Pilote de l’escadrille C 13 ou il restera jusqu’au 1er octobre 1916. Au cours de cette période il obtient une nouvelle citation à l’ordre de l’armée :

« Officier d’élite et observateur de premier ordre, continue à se distinguer par le succès avec lequel il s’acquitte de toutes ses missions, déployant sans relâche ses qualités d’audace et d’habileté. Le 2 février 1916, a exécuté avec un plein rendement un vol d’une durée de quatre heures quarante minutes, le 23 juin, attaqué par deux avions de chasse ennemis, les a contraints à la retraite afin de poursuivre l’exécution des réglages dont il était chargé. Coutumier des faits, montre en toutes circonstances un sentiment du devoir et un esprit de dévouement au-dessus de tout éloge. »ROIG, à gauche, en compagnie d’un pilote de l’escadrille C13 en octobre 1916

Il est promu Commandant de l’escadrille C 224 du 1er octobre 1916 au 19 septembre 1917. Il est nommé Capitaine à titre temporaire, le 16 février 1917. Il part à l’Ecole militaire de Fontainebleau du 19 septembre 1917 au 13 mars 1918 et à son retour il est nommé Commandant de l’escadrille SALMSON 58. Cette escadrille est équipée de Salmson 2A2, appareils dont Pierre-Georges LATECOERE avait obtenu un contrat de fabrication en sous-traitance.

Cet avion était un biplan biplace monomoteur construit en bois entoilé. Sa propulsion était assurée par un moteur en étoile Salmson de 230 chevaux. Il disposait d’une mitrailleuse synchronisée Vickers de calibre 7.7mm et de deux mitrailleuses Lewis de même calibre installées en position arrière sur affût annulaire mobile. Deux appareils photos installés à l’arrière du fuselage étaient déclenchés par le copilote. Construit à plus de 3200 exemplaires le Salmson 2A2 est incontestablement un des grands succès aéronautiques français de la Première Guerre mondiale.

Un Salmson

 Il est détaché au 37ème régiment d’aviation, en date du 25 mars 1919

Il cesse son congé sans solde, le 25 mai 1925 pour être réaffecté au 37ème régiment d’aviation. Il est nommé lieutenant-colonel, le 2 septembre 1939.

En 1919, il devient chef de la 1ère Section du personnel du 4e Bureau de la Direction Aéronautique du Ministère de la Guerre. C’est là qu’un jour d’été 1919 il fait une rencontre déterminante. « Nous sommes à la fin de l’été 1919, racontera-t-il dans ses souvenirs, dans le bureau que j’occupais au ministère de la Guerre. Le planton introduisit un visiteur : Pierre-Georges LATECOERE. » Le fondateur des lignes aériennes qui portent son nom demande un petit service à l’officier, celui de différer de quelques jours la prise de fonction dans l’armée de l’air de MORAGLIA, alors chef d’aéroplace à Malaga, en attendant l’arrivée de son successeur, un certain Didier DAURAT.

En 1926, il revient à l’armée de l’Air où il commande successivement les bases de Fez, Alger-Maison-Blanche, Istres et Casablanca avant d’être mis en congé du personnel navigant en 1940.

Un pionnier de l’Aéropostale.

La 1ère guerre mondiale à peine finie, les journaux français s’interrogent : “Que vont devenir nos pilotes ?” Certains vont trouver un métier inattendu : facteur livrant par voie aérienne le courrier de France vers son récent protectorat : le Maroc.

Pierre-Georges LATECOERE, industriel reconverti dans la construction d’avions, a ce projet fou. Pour prouver qu’il ne rêve pas il effectue, le 8 mars 1919, un vol Toulouse-Rabat. A l’atterrissage, sur la piste, l’attend le résident général, le Maréchal LYAUTEY. LATECOERE a un cadeau pour lui : un exemplaire du journal Le Temps, daté de la veille. C’est un exploit à une époque où une lettre, postée à Paris, met une dizaine de jours pour arriver à Casablanca. Pour parachever sa démonstration il a amené un bouquet de violettes cueilli à Toulouse qu’il offre à Madame la Maréchale. Convaincu, LYAUTEY lui accorde une subvention de 1 million de francs et une exclusivité du transport du courrier vers la France.

En juillet 1919, LATECOERE engage le pilote Didier DAURAT. Il signe un contrat d’exploitation de la ligne Toulouse-Rabat.

En septembre 1919, sept mois à peine après le vol inaugural de Latécoère, les postiers de l’air acheminent de façon régulière le courrier entre la France et Casablanca. Mais leur employeur voit déjà plus loin. Latécoère veut relier Paris à Dakar, et au-delà, délivrer le courrier jusqu’en Amérique du Sud. Ses avions doivent pour cela traverser le Maroc.

Deux ans plus tard, Latécoère se souviendra de cette première rencontre et proposera, par l’intermédiaire de Beppo de MASSIMI, à Joseph ROIG de rejoindre son équipe au Maroc. Mis en disponibilité de l’armée il se lance dans l’aventure.

  • La ligne Casablanca-Dakar.

Ainsi en janvier 1921, Joseph ROIG est chef de service des Lignes Aériennes Latécoère Maroc.

Grâce à son action auprès du Maréchal LYAUTEY et des services de la Résidence Générale au Maroc, et à ses relations avec le gouverneur de la Mauritanie, il donne une impulsion décisive aux Lignes Aériennes Latécoère.

L’idée de LATECOERE, un peu folle, est de transporter par avion le courrier de Paris en Amérique du sud. La première étape est de créer une ligne jusqu’à Dakar, en passant par des terrains qui deviendront célèbres : Cap Juby, Villa Cisneros, Port Etienne… C’est Joseph ROIG qui se charge de défricher le terrain et crée de toutes pièces les infrastructures qu’utiliseront plus tard SAINT-EXUPERY ou MERMOZ.

Pour cela Joseph ROIG va effectuer le reconnaissance du tronçon Casablanca-Dakar en faisant du cabotage sur une goélette « La Frasquita ».

Une partie du parcours traverse le Rio de Oro et le désert mauritanien sous contrôle espagnol. C’est un tronçon de 1.500 kilomètres à haut risque, du fait des difficultés à contrôler efficacement cette immense étendue de désert qui, des frontières du sud marocain aux frontières de l’Afrique Occidentale Française, est en réalité contrôlée par des tribus Maures. Il installe les futurs aérodromes de Cap Juby, Villa Cisneros, et Port-Etienne, avec mise en place du ravitaillement en essence et huile.

Du 3 mai au 5 mai 1923, chef de mission du premier courrier postal aérien Casablanca-Dakar, Jean ROIG effectue la liaison avec trois Breguet 14 avec les pilotes Louis DELRIEU, Robert CUEILLE et Victor HAMM, les mécaniciens LEFROIT et BONNORT et un passager M. G. LOUIS de la  » Vigie Marocaine « .

 

Le départ des trois Breguet 

Au retour du raid Casa-Dakar-Casa, J. ROIG, chef de mission, prend sa fille dans les bras.

La ligne Casablanca-Dakar est inaugurée officiellement le 1er juin 1925 par les pilotes Georges DROUIN et Emile LECRIVAIN. Un an et demi plus tard, elle faisait ses premières victimes. Deux pilotes meurent abattus par des membres de tribus du Rio de Oro, tandis qu’un troisième est fait prisonnier. Blessé par balles, criblé de coups de couteaux, le pilote-otage “préfère mettre fin à ses souffrances en buvant d’un trait la teinture d’iode et l’acide phénique qu’il portait en deux flacons sur lui. Ses ravisseurs le crurent mort et l’abandonnèrent dans le désert. Récupéré par une mission de sauvetage, il s’éteignit dix jours plus tard dans un hôpital de Casablanca, l’intestin perforé par les substances chimiques qu’il avait absorbé”, raconte Joseph KESSEL dans “Vent de Sable”.

 

  • La ligne Natal – Buenos Aires – Rio de Janeiro

En 1924 Pierre-Georges LATECOERE envoie le capitaine Joseph ROIG puis le prince Charles MURAT assisté de Marcel PORTRAIT, tous deux administrateurs de la CGEA (ex lignes Aériennes Latécoère), en Amérique du Sud, par bateau, avec des Breguet XIV. Il n’est pas encore question de traverser l’Atlantique en avion. Une fois arrivés au port les avions sont débarqués et les vols de reconnaissance sont accomplis en se posant sur les plages, d’abord au sud vers Montevideo et Buenos Aires puis au nord vers Recife, avec des fortunes diverses.

Si le courrier entre Dakar et Natal, ville la plus à l’Est du Brésil, est transporté par bateau l’idée de LATECOERE est de reconnaître la liaison aérienne qui doit permettre l’acheminement du courrier vers Rio, Buenos Aires ou Montevideo. Encore une fois, c’est Joseph ROIG qui se charge de cette opération périlleuse, en janvier 1925.

Joseph ROIG en 1925

Pour préparer la liaison Rio de Janeiro-Buenos Aires il est aidé par le héros national argentin Vicente ALMANDOS ALMONACID, as de l’aviation en France pendant la guerre. En effet ALMANDOS ALMONACID s’était engagé dans la Légion étrangère en 1914 et, pilote remarquable, il a obtenu la médaille militaire, la croix de guerre et la Légion d’honneur. Le contact entre deux as de l’aviation ne pouvait qu’être fraternel et leur collaboration a facilité les contacts de Joseph ROIG pour l’élaboration de la ligne aérienne Natal – Buenos Aires puis la ligne Rio – Buenos Aire. Sa notoriété en Argentine lui permettra de faire recevoir son ami ROIG par le Président ALVEAR.

Le 14 janvier 1925, chef de mission du premier courrier aérien Rio de Janeiro-Buenos Aires, il effectue la liaison avec trois Breguet XIV et avec les pilotes Paul VACHET, Victor HAMM, Etienne LAFAY et les mécaniciens CHEVALIER, ESTIVAL et GAUTHIER.

14 janvier 1925 – Reconnaissance de l’itinéraire Rio – Buenos Aires

Mars 1925 Brésil

Le parcours n’était pas sans risque ! ROIG était à bord du Breguet piloté par VACHET lorsqu’il s’est retourné au décollage de Bahia.

 

Au cours de son passage aux lignes aériennes Latécoère, Jean ROIG a joué un rôle déterminant dans la création de la liaison aérienne française entre la France et l’Amérique du Sud, et a servi avec un dévouement total M. P.G. Latécoère qui lui avait fait entièrement confiance. La mission rentre en France en juillet 1926 laissant à Rio Paul VACHET et ses avions. Les autorisations vont arriver l’année suivante et le courrier partira de Paris pour Buenos Aires avec une traversée en bateau jusqu’à ce que MERMOZ réussisse la traversée de l’Atlantique de l’Atlantique entre Dakar et Natal les 12 et 13 mai 1930.

Rentré en France, Joseph ROIG réintègre l’armée de l’Air où il commande successivement les bases de Fez, Alger-Maison-Blanche, Istres et Casablanca.

Nommé lieutenant-colonel, le 2 septembre 1939 il est mis en congé du personnel navigant en 1940.

Mort en 1984, il est enterré à Corbère (Pyrénées-Orientales)

La suite sans Joseph ROIG

Le 11 avril 1927, la propriété de la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques passe pour 93% de Pierre Georges LATECOERE à Marcel BOUILLOUX-LAFONT. Elle prendra le 20 septembre suivant la nouvelle raison sociale de Compagnie Générale Aéropostale

Octobre 1927 : SAINT-EXUPERY devient chef d’aéroplace à Cap Juby

Novembre 1927 : Inauguration de la ligne Natal – Rio – Buenos Aires par PIVOT et VACHET sur Laté 25.

1er Mars 1928 : Premier service postal France – Amérique du Sud (la traversée se faisant par aviso)

12-13 mai 1930 : Première traversée commerciale de l’Atlantique sud entre Saint-Louis du Sénégal et Natal par MERMOZ, DABRY et GIMIE sur Latécoère 28.3 (Comte-de-La-Vaulx).

13 – 20 juin 1930 : Henri GUILLAUMET, pris dans une tempête de neige dans la Cordillère des Andes, fait un atterrissage forcé à la Laguna Diamante et capote. Indemne, il marche en direction de l’Argentine pendant 5 jours et 4 nuits et est recueilli par une villageoise.

31 mai 1933 : La Société Centrale pour l’Exploitation des Lignes Aériennes (SCELA) qui regroupe Air Orient, la CIDNA, Farman et Air Union, rachète l’Aéropostale.

7 octobre 1933 : la SCELA devient Air France

On oublie aujourd’hui à quel point la mise en place des lignes aériennes dans le monde mettait en jeu des intérêts nationaux, de plus, dans le contexte de l’immédiat après-guerre. La deuxième mission ROIG fut décidée entre Pierre-Georges Latécoère et le sous-secrétaire d’Etat à l’aviation civile, LAURENT-EYNAC, sur la base du rapport rédigé en octobre 1924 par Joseph ROIG, qui recommandait de procéder à une deuxième mission, cette fois de façon opérationnelle, avec des avions.

Le prince MURAT, de la famille impériale de Napoléon, est sollicité au Maroc, où il est président de l’Aéro-club du Maroc ; son nom et son titre seront précieux pour transformer les contacts pris par ROIG en autorisations officielles. C’est donc, au-delà de son entreprise, le prestige de la France à l’étranger que vont représenter les émissaires de la société Latécoère lors de la deuxième mission de reconnaissance, fin novembre 1924.

 

http://postale.free.fr/aeropostale/roig/good/Roig_Joseph-Pour_que_passe_le_courrier.html#yacht

http://www.latecoere.com/web/latecoere.php?lang=fr&art=36

Quelques articles du FIGARO relatant le développement de l’Aéropostale.

Le Figaro, 22 janvier 1924. La liaison aérienne France-Maroc

L’administration de la compagnie Latécoère, qui exploite les lignes aériennes reliant le Maroc à la France et à l’Algérie, vient de publier quelques chiffres relatifs à qui vient de s’écouler.

Rappelons d’abord les étapes de sa remarquable progression ;

L’ouverture de la ligne eut lieu le 1er septembre 1919, avec deux courriers par semaine jusqu’à Rabat. Au 14 juillet 1920 on passait à deux courriers par semaine jusqu’à Casablanca. Au 1er janvier 1921 : trois courriers par semaine. 1er avril 1921 quatre courriers par semaine. 1er août 1922 courrier quotidien. 1er octobre 1922 ouverture de la ligne Casa-Fez-Oran. 1er janvier 1923 ouverture de l’escale de Tanger. 1er mai 1923 ouverture de la ligne Casa-Dakar par le raid de la mission Roig.

Voici maintenant les résultats de l’exploitation en 1923.

2 910 619 lettres transportées en 1923, représentant un poids de 62 835 kilos. Il convient de noter que dans ce total la part du courrier expédié par le Maroc en France qui représente 1 410 052 lettres, est supérieur à celui expédié par la France au Maroc, qui est de 1 294 219 lettres.

Passagers transportés 1 279, aucun accident de personne. Kilomètres parcourus par les courriers réguliers 1 511 240 kilomètres. Raid Casa-Dakar (mission Roig par trois avions) 16,590 kilomètres. Le nombre de lettres transportées en décembre 1923 dépasse les 300 000 (319 477 lettres).

Ajoutons que ces chiffres postent à 3 747 000 kilomètres le parcours effectués par les avions Latécoère depuis la fondation de la ligne, ce qui représente un peu plus de 93 fois le tour du monde. On voit les progrès réalisés, tant pour la périodicité des voyages et leur rendement commercial que pour l’amélioration de la sécurité. J. F.

Le Figaro, 19 février 1925. Les prouesses de l’aviation française. Le raid des trois avions de Rio-de-Janeiro à Buenos-Aires

Le grand événement français, ce fut l’atterrissement le 14 janvier, 17h20, à l’aérodrome militaire argentin du «Palomar», des avions de la Compagnie Latécoère, qui viennent de réaliser avec une exactitude presque mathématique et une incomparable maestria, le difficile programme de route que le capitaine Roig, organisateur du voyage, leur avait tracé.

Une distance de 2.350 kilomètres, à travers des terrains de composition géologique très diverse, sous des climats différents et des conditions météorologiques variables sépare Rio-de-Janeiro de Buenos-Aires. Nos excellents appareils Breguet dirigés par nos habiles pilotes Vachet, Lafay et Hamm, l’ont franchie avec une régularité et une aisance vraiment impressionnantes, en six étapes et en deux jours, comme le commandant de l’expédition l’avait prévu et fixé. Seul, l’avion dirigé par le pilote Hamm est resté momentanément en panne, avant l’étape de Montevideo, non par suite d’accident, mais parce qu’on n’a pu remplacer sur-le-champ une roue de l’avion en mauvais état sans le concours de laquelle il n’a pu prendre son vol en même temps que ses camarades. La roue réparée, il arrivera le lendemain à Palomar.

Les aviateurs sont partis hier, à 4 heures du matin, de Rio-de-Janeiro ; ils sont arrivés à 8h5 à San-Pablo, après avoir lutté constamment contre vent debout ; repartis à 10h15, ils arrivèrent à Florianópolis à 12h.40, avec une vitesse de 130 kilomètres à l’heure. Ils ne poussèrent pas plus loin ce jour-là. Ce matin, ils reprennent leur vol, de Florianópolis, à 4 heures, par un fort brouillard qui, s’épaississant, les oblige à s’arrêter un moment ce qui ne les empêche pas d’atteindre Porto-Alegre à 6h30, et Pelotas à 9h30, où Hamm doit rester. Décollant à 11h, Vachet et Lafay descendent à 15h30, à Montevideo puis, une heure plus tard, ils côtoient le Rio de la Plata jusqu’en face de la Colonia, pour piquer vers le Palomar où ils atterrissent à 17h20.

L’impression produite par ce vol magnifique est considérable, non seulement aux yeux des hommes de métier, mais aux yeux du public qu’il réconcilie avec l’idée que l’aviation peut devenir un moyen pratique de translation, en cessant d’être une folle aventure. On retrouve cette impression réconfortante qu’avait déjà répandue la célèbre mission française, commandée par le colonel Précardin, qui, pendant six mois suivis, exécuta, chaque jour, à Buenos-Aires des vols de ̃ toutes sortes, avec des passagers amateurs sans que le moindre incident soit venu interrompre leur enseignement de l’air, ni diminuer l’absolue confiance qu’ils étaient arrivé à inspirer.

Le Figaro 6 Mars 1925. Le raid des aviateurs de la mission Latécoère.

Buenos-Aires est, une fois encore, remplie de la France, de son esprit et de sa cause. Elle vient d’accueillir les aviateurs de la mission Latécoère qui couvrit en deux jours de vol la distance qui sépare la capitale du Brésil de la capitale argentine en inaugurant le courrier aérien entre les deux pays.

Le capitaine Roig, chef de la mission, a expliqué avec précision la portée de l’entreprise destinée à nous relier à l’Europe et à l’Amérique du Nord par des communications qui s’effectueraient normalement en un peu plus d’une semaine. La ligne pourrait s’appeler Toulouse-Buenos-Aires avec escales à Perpignan, Barcelone, Alicante, Malaga, Tanger, Casablanca, Mogador, Agadir, Cabo July, Villa Cisneros, Port Etienne, Saint-Louis, Dakar, Natal, Recife, Bahia, Rio, Santos et Montevideo, et son extension se calcule suivant le capitaine Roig à douze mille, quatre cents, kilomètres.

Buenos-Aires. Il a reçu une correspondance envoyée la veille de Rio-de-Janeiro alors que les vapeurs la conduisent régulièrement en cinq jours. Les pilotes de la mission française ont été l’objet de manifestations enthousiastes de la part de leurs compatriotes résidant parmi nous, du peuple et de nos autorités. Le président de Alvear les a reçus à la maison du gouvernement.

 

Le Figaro 27 mars 1925. Les prouesses des aviateurs français.

Mais nous oublions volontiers ces petites misères momentanées pour nous réjouir des bonnes nouvelles qui nous arrivent.

̃L’Argentine est profondément impressionnée, par les prouesses répétées de nos aviateurs français, tant sur le continent américain que sur celui de l’Afrique. A peine l’enthousiasme soulevé par le vol du capitaine Roig de Rio de Janeiro à Buenos-Aires en deux jours, s’est-il calmé, que le câble nous apprend la magnifique randonnée du capitaine Lemaître et de son compagnon Arrachart, de Paris à Dakar, à peine interrompu à Cisneros par un incident, sans gravité et sans conséquence. Ces raids surprenants ont d’autant plus d’attrait qu’aucune réclame tapageuse ne vient par avance en enfler l’importance pour en atténuer ensuite l’échec. On les apprend presque en même temps qu’ils se réalisent, et l’heure de l’émotion se confond avec celle des applaudissements.  Jamais on n’avait vu réaliser des choses aussi extraordinaires avec autant de simplicité et de modestie. Nos grands aviateurs sont les excellents artisans du bon renom de la France et de sa gloire, ils sont aussi les bons artisans de la conquête de l’air, en démontrant que l’avion entre des mains habiles et mené d’un cœur résolu, devient rapidement un coursier docile.

Il y a cent ans, Français et Allemands s’affrontaient dans une lutte à mort pour Verdun

Le Populaire, 24 avril 2016

Juillet 1916. La bataille fait rage sur la rive droite de la Meuse. Sur la rive gauche, après les terribles combats de mai et juin pour le Mort-Homme et la Cote 304, le front s’est stabilisé. Mais le secteur n’est pas calme pour autant. À l’escadrille C13, qui est chargée du secteur, les vols succèdent aux vols.

Le grondement sourd qui vient du nord-est ne laisse guère de doute. Une nouvelle offensive allemande est en préparation sur la rive droite de la Meuse. Sur le terrain d’aviation de Brocourt-en-Argonne, les hommes de l’escadrille C13 ne s’en soucient guère. Ils volent au profit des unités du XV e corps, qui tient la ligne entre Avocourt et la Cote 304. Ce secteur, le plus occidental du front de Verdun sur la rive gauche de la Meuse, a été l’objet de terribles combats au mois de mai et juin. Mais, en ce 10 juillet, les Allemands ont décidé de faire porter leurs efforts sur la rive droite.

La zone d’Avocourt n’est pas pour autant calme. Les duels d’artillerie sont quotidiens. Les pilotes et les observateurs de la C13 volent tous les jours pour effectuer du réglage d’artillerie, leur mission principale.

En milieu d’après-midi, Robert de Louvencourt et Joseph Roig s’approchent de leur Caudron G4. Pendant que les mécaniciens préparent les moteurs et vérifient l’armement de bord, les deux lieutenants enfilent leur épaisse combinaison fourrée par-dessus leur uniforme.

Robert de Louvencourt, malgré ses trente-six ans, est un jeune pilote. Il n’est à la C13 que depuis le mois de février. En revanche, Joseph Roig, né à Nexon le 29 juillet 1889, est un observateur expérimenté, entré dans l’aéronautique militaire en septembre 1914. C’est aussi un soldat courageux qui vient d’obtenir sa troisième citation à l’ordre de l’Armée pour sa conduite lors d’une mission qui a failli mal tourner.

L’avion d’observation est hautement vulnérable

Les deux premières missions de la journée sont rentrées. Un autre équipage est parti en reconnaissance depuis une vingtaine de minutes. Robert de Louvencourt et Joseph Roig sont le quatrième équipage de la C13 à prendre l’air. Ils vont tenter de repérer des batteries d’artillerie allemandes dans le secteur de la Cote 304.

Le frêle bimoteur décolle à 17 h 10 et met cap au nord. Après une petite dizaine de kilomètres de vol, l’appareil est au-dessus des premières lignes allemandes. Joseph Roig se penche vers son appareil TSF et tape le signal convenu, trois longs traits qui signifient « je peux observer » (*). Quelques kilomètres en arrière, deux batteries de 120 mm long se préparent à ouvrir le feu.

L’équipage français repère rapidement deux positions de tir allemandes. Des fumées de départs de coups sont nettement visibles sur l’une d’elles. Immédiatement, Joseph Roig demande le tir des batteries françaises.

Technique rodée

La technique est rodée. Quelques obus sont envoyés isolément. Dans l’avion, l’observateur note les impacts et transmet aux batteries, grâce à sa TSF, les corrections à effectuer.

L’avion de Joseph Roig et de Robert de Louvencourt tourne en vue de sa cible. Les obus se rapprochent. Les artilleurs travaillent rapidement. En quelques minutes, ils trouvent le bon azimut. Joseph Roig tapote sur son manipulateur. Deux traits, deux points, deux traits deux points…, « réglé en direction ». Quelques instants plus tard, un obus tombe sur la batterie allemande. Joseph Roig continue. Un trait, un point, un trait, un point… « réglé en portée ». Au sol, les douze tubes de 120 mm se mettent à tirer en même temps. En l’air, Roig et Louvencourt peuvent passer à un autre objectif.

Dans ces moments, l’avion d’observation est hautement vulnérable. Il est évidemment la cible des tirs venus du sol. Il peut aussi être la proie d’un avion de chasse profitant de la moindre attention de l’observateur occupé à régler un tir.

Le Caudron G4 de la C13 n’a pas cette malchance. L’aviation allemande est elle aussi concentrée sur l’offensive qui se déclenche sur la rive droite de la Meuse. Du coup, le ciel de la rive gauche est moins dangereux pour les avions français.

Roig et Louvencourt continuent à survoler la ligne de front. Ils repèrent rapidement une autre batterie allemande qui entre en action. Le manège recommence. Trait long, trait long, … « Je peux observer ». Deux traits, deux points, deux traits, deux points, … « Réglé en direction ». Un trait, un point, un trait, un point, … « Réglé en portée ».

Voilà plus d’une heure et demie que les deux hommes sont en l’air. Le carburant s’épuise. Il est temps de rentrer au bercail.

Le Caudron G4 se pose sur la piste de Brocourt à 19 h 10. Avant de se reposer, Joseph Roig et Robert de Louvencourt vont faire le compte rendu de leur mission. Outre les deux réglages de tir qu’ils ont effectué, ils ont découvert deux autres batteries allemandes. Elles sont notées sur la carte. Elles seront « traitées » lors d’un vol ultérieur.

(*) Les appareils d’observation et de réglage d’artillerie étaient équipés de postes TSF, pour émettre seulement. Ils communiquaient avec les batteries d’artillerie dont ils réglaient le tir, selon un code dérivé de l’alphabet morse.

Patrice Herreyre

 

 

 

La fête des mères

novembre 23rd, 2017 | Posted by admin in Connaissance de Nexon | famille | XX siècle - (0 Comments)

Contrairement à une idée reçue la Fête des mères n’a pas été créée sous Vichy mais elle est née en en 1908 aux Etats-Unis.

A cette époque Anna Jarvis organise une fête dans son église de Grafton en Virginie occidentale pour célébrer la mémoire de sa mère, morte trois ans plus tôt, et fêter toutes les autres mères. Elle était la 10ème de treize frère et sœurs, dont 7 morts avant sa naissance. Sa mère a consacré sa vie à aider les autres mères et leurs enfants face aux diverses maladies comme la rougeole, la diphtérie ou la fièvre typhoïde qui faisaient des ravages parmi les enfants… Après sa fête, elle milite pour qu’une “journée des mères” soit organisée au plan national. Malgré les ricanements de certains hommes politique son idée fait son chemin. Elle est reprise dans de nombreux Etats américains et s’exporte au Canada, au Japon et en Europe.

En 1914, le Congrès américain décide de faire du second dimanche de mai le “jour de la mère”, Mother’s Day et le président Woodrow Wilson en fait une journée nationale.

Avec l’arrivée des troupes américaines en France à partir de 1917, la « journée des mères » va être célébrée dans plusieurs villes françaises. C’est à Lyon, le 16 juin 1918, que naît la première grande fête des mères organisée par “La Plus Grande Famille” d’Auguste Isaac, association qui honorait les pères de familles de cinq enfants et plus. Il s’agissait d’organiser une « journée des familles nombreuses” comme il s’en faisait dans les milieux natalistes pour s’opposer à l’attitude malthusienne de ceux qui craignaient que la France ne puisse pas nourrir une trop grande population. Mais l’un des organisateurs, le Colonel de Lacroix-Laval propose de s’inspirer des Américains et de la baptiser “journée des Mères”.

 

Après la guerre il devint évident qu’il fallait repeupler la France. Les familles sont invitées à avoir des enfants et « Les mères de familles nombreuses »”sont honorée avec l’attribution de « médaille d’honneur de la famille française » créée par décret du 26 mai 1920. La première « Journée nationale des mères de famille nombreuse  » a lieu le 19 décembre 1920 au Tocadero à Paris devant 7000 personnes. A l’occasion de cette fête seront éditées des cartes postales illustrées par Henri de Nolhac (1884-1948).

Les deux cartes postales dessinées par Henri de Nolhac

Par la suite, chaque année, on remet aux mères de familles nombreuses la Médailles de la Famille française mais cette manifestation n’a jamais eu grand succès jusqu’en 1941.

En 1941, le régime de Vichy dans la logique de sa politique familiale donne à la fête des Mères une dimension particulière en associant l’école aux mouvements familiaux catholiques à son organisation. La mère est représentée comme le pilier de la famille. Elles doivent s’y consacrer totalement et pour cela le travail des femmes mariées est interdit, le divorce est impossible avant 3 ans, puis uniquement pour sévices graves et répétés. Des messes sont célébrées, des spectacles sont organisés, des médailles sont distribuées. Lors de la journée de 1942, chaque enfant reçoit 100 grammes de confiture, 75 grammes de pain et 50 grammes de chocolat.

L’affiche de 1941 est de Alain Saint-Ogan (1895-1974) le créateur de Zig et Puce en 1925:

Les affiches suivantes sont de Pierre Grach (1898-1987), qui signa aussi Phili:

 

Après-guerre, en 1946 avec la nouvelle constitution française, les droits de l’homme seront reconnus comme étant aussi ceux des femmes et le décret n° 47-2109 du 22 octobre 1947 réforme le régime de la médaille de la famille française. Puis la loi du 24 mai 1950 dispose que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d’une journée consacrée à la célébration de la « Fête des mères » », organisée par le ministre chargé de la Santé avec le concours de l’UNAF (article 1). Elle en fixe la date au dernier dimanche de mai (sauf si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, auquel cas elle est repoussée au premier dimanche de juin) (article 2), et prévoit l’inscription des crédits nécessaires sur le budget du ministère (article 3). Ces dispositions ont été intégrées au Code de l’action sociale et des familles lors de sa création en 1956, et l’organisation de la fête a été assignée au ministre chargé de la Famille à partir de 2004.

Le décret du 28 octobre 1982 ( n° 82-938 ) a modifié les conditions d’obtention de cette distinction, puis celui du 16 janvier 1962 (n° 62-47), enfin, le décret n° 2013-438 du 28 mai 2013 a changé le nom de cette décoration en « Médaille de la Famille » et ajoute à la liste des récipiendaires des personnes ne répondant pas aux conditions générales mais qui ont rendu des services exceptionnels dans le domaine de la famille. Il tire les conséquences de la disparition de la Commission supérieure de la médaille de la famille et prévoit qu’un seul modèle de médaille sera dorénavant attribué ( et non plus trois en fonction de la taille de la famille ).

La fête des mères à Nexon

Je n’ai pas trouvé de traces de manifestations pour fêter les mères avant 1942. Le 31 mai 1942 l’église était décorée en « Honneur aux mères ».

 

En 1962, le décret du 16 janvier précise :

Art. 1er. — La médaille de la famille française est une distinction honorifique accordée, dans les familles françaises, aux mères qui élèvent ou ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leur mérite et de leur témoigner la reconnaissance de la nation.
Ne peuvent obtenir cette distinction que les mères de famille de nationalité française dont le mari et tous les enfants sont Français et qui, par leurs soins éclairés, leur activité laborieuse, leur dévouement et leur exemple, ont fait un constant effort pour élever leurs enfants dans les meilleures conditions matérielles et morales, et leur inspirer le sentiment de l’honneur, l’amour du travail, l’attachement au foyer et le souci de leurs devoirs sociaux et patriotiques. La médaille de la famille française ne peut être accordée si la conduite du mari ou celle des enfants donne lieu à des réserves.

Art. 2. — La médaille de la famille française comporte trois modèles.
Aux mères de famille qui réunissent les conditions prévues à l’article 1er du présent décret sont attribuées :
La médaille de bronze lorsqu’elles ont, ou ont eu, cinq, six ou sept enfants légitimes simultanément vivants ;
La médaille d’argent lorsque le nombre des enfants est de huit ou de neuf ;
La médaille d’or lorsque ce nombre est de dix, ou plus.

 

Les trois médailles, bronze, argent et or , modèle 2017

A Nexon la famille SEREZAC reçoit du maire, L.J. Pradeau, la médaille d’or pour ses 10 enfants et la famille DELBURG la médaille de bronze pour ses 5 enfants.

En 1954 ma mère a reçu la médaille de bronze pour les six enfants qu’elle avait alors.

C’était le Premier modèle, utilisé depuis le 26 mai 1920. L’étoiles à huit branches en bronze entoure une partie centrale ronde avec la  gravure d’une mère portant son enfant par Léon Deschamps. entourée de l’inscription  FAMILLE  FRANÇAISE. Sur le revers, l’inscription  LA  PATRIE  RECONNAISSANTE  surmonte un emplacement destiné à la gravure du nom du titulaire, est entourée par la légende  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE  et  MINISTÈRE  DE  LA  SANTE  PUBLIQUE.

1965

Le dimanche 30 mai avait lieu à la mairie la remise de la médaille de la famille française à Mesdames COUDERT et BESSE. Après une brève allocution du nouveau maire, René REBIERE qui insista sur le mérite des mères de famille et les félicita. Un vin d’honneur clôturait cette manifestation à laquelle assistaient plusieurs conseillers municipaux, le lieutenant LASPERAS, chef du Corps des Sapeurs Pompiers, Mme PAUZET, MM. DEBORD et NYS des associations familiales, Mme SANCIAUD, sage -femme, Mlle DEBORD, assistante sociale.

Les récipiendaires et leur famille avec le Maire et les personnalités 

1973

La fête des mères a été célébrée avec éclat cette année à Nexon. Le 27 mai à 11 heures à la Mairie, le maire, accompagné d’une délégation du Conseil municipal et plusieurs personnalités locales remettait la médaille de bronze de la famille française à Sept mères de famille, Madame MARCHIVE Clémence, 7 enfants, Madame FAUCHER Jeanne 6 enfants, Madame CHAMINADE Jacqueline 5 enfants, Madame DEBORD Suzanne 5 enfants, Madame DURAND Denise 5 enfants, Madame FAUCHER Marguerite 5 enfants, Madame FAURE Suzanne 5 enfants.Après avoir mis l’accent sur le mérite des mères de famille et rappelé l’importance capitale du rôle de la mère de famille dans l’éducation des enfants, le Maire remettait des diplômes, offrait au nom de la Municipalité une médaille et un bouquet de roses à chacune des mères de famille à l’honneur. Les pères et enfants étaient bien sur de la fête et un vin d’honneur avec pâtisserie et jus de fruit pour les enfants complétait cette petite mais bien sympathique fête familiale.

1985

Le 2 juin 1985 au cours d’une cérémonie organisée à la mairie, le maire célébrait le mérite des mamans et et remettait à Madame MORTEROL la médaille d’argent des Familles et la médaille de bronze à Mesdames MAZEAU et VILLENEUVE. Après quoi un vin d’honneur était servi à la nombreuse assistance.

1986

Le 25 mai 1986 les mères de familles nombreuses étaient honorées au cours d’une manifestation à la mairie au cours de laquelle le maire a remis la Médaille d’argent des Familles à Mesdames BUISSON et NYS et la médaille de bronze à Mesdames ASTIER, GARRAUD et GUILMAN. Un vin d’honneur était offert à la nombreuse assistance.

Le diplôme et la médaille de ma mère

Cette fois ci la médaille est celle du deuxième modèle. Elle est ronde en bronze argenté avec sur l’avers un groupe familial entouré, sur le bas, de branches de laurier et, sur le haut, par l’inscription  FAMILLE  FRANÇAISE. Sur le revers la légende  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE  surmonte un emplacement destiné à la gravure du nom du titulaire.

1987

Pour la fête des mères le maire a remis la médaille d’or des familles à Madame DESVALOIS et la médaille de bronze à Madame LAGUENY. Un vin d’honneur était offert aux participants.

1988

Le 29 mai, à la mairie, au cours d’une manifestation en l’honneur des mamans, Madame R. MEYRAUD a reçu la médaille d’argent des familles et Madame O. ROGER la médaille de bronze.

1989

A l’occasion de la fête des mères deux médailles d’or des familles ont été remises, l’une à Madame Andrée MASNEUF qui a élevé 11 enfants et l’autre à Madame Anne Marie LASCAUX qui a élevé 8 enfants. Madame Marie BRUN a reçu la médaille d’argent  et Madame Jeanine MAURILLEGANT la médaille de bronze.

1990

La salle des fêtes était comble à l’occasion de la remise de médailles de la famille Française à trois mères de la commune par René REBIERE, Maire et Conseiller général. Les trois récipiendaires étaient Madame Marie BOBEAU qui a élevé 8 enfants recevait la médaille d’or, Madame Marguerite PENOT qui a élevé 7 enfants a reçu la médaille d’argent et Madame Michelle GOURGOUSSE qui a élevé 4 enfants a reçu la médaille de bronze.

1991

Le 26 mai 1991 René REBIERE, Maire et Conseiller général a remis la médaille de bronze de la Famille Française à 4 mères de familles : MM. Marie Augustine GRANET, 5 enfants, Marie Thérèse JAVERLIAT, 5 enfants, Marie Raymonde PUYMIRAT, 5 enfants et Claudie FAYE, 4 enfants.

1999

A l’occasion de la Fête des Mères, Liliane JAMIN, Maire , a remis la médaille de bronze à trois mamans qui ont élevé chacune quatre enfants : Mesdames Marie Thérèse LABETOULE, Marie Jeanne JOUHAUD et Andrée FAURE.

2000

Le 28 mai 2000, à l’occasion de la Fête des Mères, madame Jeannine SYLVESTRE qui a élevé 5 enfants a reçu des mains de Liliane JAMIN, Maire, la médaille d’argent de la Famille Française et madame Amélie BUSSIERE, la médaille de bronze pour avoir élevé 4 enfants.