Une histoire illustrée de nexon
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Author Archives: Jean-François

  Auberges, cafés, restaurants.

Avant 1914, il y a plus de 20 auberges/restaurants à Nexon.

richard-restaurand-1906

 

Le café de la Promenade possédait des salons, une salle de théâtre , des billards et même un salon de tir. Propriété de Jean Thomas qui était charron, forgeron, taillandier et entrepreneur de battages , ce café a été fermé à la fin des années 1920, en 1928 ou 1929, et les locaux loués à Monsieur Bitaud qui ouvre une quincaillerie. Quand Monsieur Bitaud a transféré son commerce Rue du Nord, en face de l’actuelle gendarmerie, Madame Vigneron, fille de Jean Thomas, transforme le commerce. Elle vend du matériel électrique et des postes de radio, les fameux postes de TSF. Son mari réalise l’installation électrique nécessaire car il y a encore de nombreuses familles qui n’ont pas l’électricité.

Boucherie

Suivant acte passé devant Me Garraud, notaire à Nexon, le 16 novembre 1945, M. François-Octave Lelong, boucher-charcutier, et Mme Maxence ­Ursule Berlancourt, son épouse, demeurant ensemble à Nexon, ont vendu à M. Emile Bosbaty, boucher, demeurant à la Maurie, commune de Champsac (Haute-Vienne), le fonds de commerce de boucherie-­charcuterie exploité à Nexon par M. Lelong, comprenant la clientèle et l’achalandage, et le matériel servant à son exploitation. L’entrée en jouissance a été fixée au 1er janvier 1946

 Caveaux, tombes…

Le corbillard hippomobile qui est représenté sur ce document n’est plus utilisé aujourd’hui. A Nexon celui d’Henri Desbordes a été utilisé jusqu’à la fin des années 1950. L’origine du nom corbillard est originale. Au Moyen Âge, des bateaux à fond plat faisaient la navette sur la Seine entre Paris et Corbeil pour transporter des marchandises et des matériaux de construction. Ils étaient appelés corbeillards. Lors de la grande épidémie de peste, ces bateaux servirent à évacuer les morts. Le nom resta et fut donné aux véhicules funéraires.

Le texte de la lettre est lui aussi intéressant. M. Deville présente ses excuses à M. Lachenaud, chef de bureau au ministère de la marine. Alors que ses ouvriers travaillaient sur un caveau à Saint Maurice ils ont posé des pierres sur une tombe de M. Lachenaud. En ayant été informé il a déposé une plainte. M. Deville écrit qu’il a « mis à la porte » l’ouvrier indélicat et qu’il est allé à Limoges pour présenter ses excuses de vive voix mais que M. Lachenaud était parti à Paris. L’annotation de M. Lachenaud est aussi la marque de ces relations très complexes entre un fonctionnaire du ministère de la marine et un patron de province. Il fait écrire qu’il retirera sa plainte lorsque Léonard Constant lui aura indiqué que tout était réparé.  A cette époque un patron mettait facilement un ouvrier à la porte, une personne « bien placée » comme on disait portait facilement plainte…

Chaussures

La maison Adam fabriquait principalement des galoches, sorte de chaussure dont le dessus est  en cuir et la semelle en bois. Ces chaussures grossières ne se portent plus guère, mais les jeunes garçons doivent toujours « rouler des galoches ». L’origine de cette expression n’est pas connue  et ne doit pas avoir de liens avec les chaussures!

Cycles

Droguerie vétérinaire

Louis Nouhaud, né à Nexon en 1855, devenu pharmacien, a créé avec son frère Charles Nouhaud un laboratoire fabriquant des produits vétérinaires. Ils étaient vendus dans toute la France et dans les colonies. Le laboratoire était spécialisé dans les produits pour détruire les rats et les souris.

nouhaud-1905

nouhaud-1913

Enseignes

Henri Delaty fabriquait des enseignes et vendait des pompes à eau qu’il fabriquait.

Entrepreneur de bâtiment

 

Épicerie

Avant 1914, il y a 12 épiciers à Nexon, Raymond Limousin est l’un d’eux :

limousin-epicerie-1905

Exploitation forestière, Scierie…

L’entreprise a été créée en 1875 par Pierre Laspougeas (1845-1908).Son fils Paulin né en 1882 lui a succédé. A son décès sa veuve a continué l’exploitation de l’entreprise avec ses enfants, Renée (1913-1944) épouse Laplaud et Jean.

Garage – Mécanique

Monsieur Louis Aymard était mécanicien. Il a créé l’usine électrique à Nexon et ouvert des lignes de transport en car entre Nexon et Chalus par Flavignac et Les Cars. Décédé à la suite d’un accident de voiture, sa femme a continué l’activité de l’entreprise.

Le garage est situé sur la place, en face de l’église. Au dessus du garage se trouve un hôtel-restaurant

 

 

Le garage Laspéras est situé sur la place de l’église. Il succède au garage Brouillaud.

 

Le garage Valette  était situé en face de la chapelle des Garennes.

 

Horloger, bijoutier

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La bijouterie Desplanches

Henri Desplanches et son épouse vers 1900

Les employés devant la boutique. 

 

1944: René Desplanches succède à son père, Henri Desplanches

« Suivant acte reçu par Me Garraud, notaire à Nexon, Monsieur Henri-Martial Desplanches, horloger, et Madame Marie-Louise Granger, son épouse, demeurant ensemble à Nexon, ont fait donation à Monsieur René-Jean Desplanches, leur fils, horloger, demeurant à Nexon, du fonds de commerce d ‘horlogerie-bijouterie, exploité Nexon par Monsieur et Madame Desplanches, comprenant le nom commercial, la clientèle et l’achalandage, le matériel servant à son exploitation et les marchandises existant en magasin. L’entrée en jouissance a été fixée au 19 novembre 1944 »

Hotel

Le  23 août 1884, le Courrier du Centre publiait cette petite annonce :  » A LOUER , le Grand Café de la Patrie, Nexon (Haute-Vienne) ; immense matériel. Ce vaste établissement, le mieux situé de la ville, se compose de nombreux Appartements et peut servir pour un hôtel. — S’adresser à M. Boutaud-Lacombe, notaire à Nexon. »

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Monsieur Leymarie est à la fois le propriétaire de l’Hotel du Nord et un entrepreneur de transport et de travaux en ciment. En 1900 c’est Madame Lauzeille qui était la patronne de l’Hôtel du Nord.

Outre l’Hotel, la famille Gourinchas  tenait un commerce d’épicerie au nom du « Planteur de Caïffa ».

«Le Planteur de Caïffa», était une société parisienne importatrice de café. Elle en assurait la torréfaction et la distribution dans toute la France. Elle ouvrit de nombreuses succursales dans toute la France, principalement en zone rurale. A coté du café on y vendait également  des sardines en boîte, des pâtes, des chocolats, de l’huile et du vinaigre, du sucre, du savon ou des épices… En 1935, François Gourinchas a obtenu la médaille du travail pour 30 années de services dans cette entreprise.

Maréchal ferrant

Le maréchal avait l’exclusivité du soins des chevaux jusqu’à la création des écoles vétérinaires en 1825.

Suivant acte reçu par Me Garraud, notaire à Nexon, le 31 octobre 1945, M. Etienne dit André Sanciaud, maréchal ­ferrant, et Mme Marie Elène Lelong, son épouse, demeurant ensemble à Nexon, ont fait donation à M Jean ­Eugène Sanciaud, leur fils, maréchal ferrant, demeurant également à Nexon, d’un fonds de commerce de maréchalerie, exploité à Nexon par M. André Sanciaud, comprenant la clientèle et l’achalandage et le matériel en dépendant. L’entrée eu jouissance 1er novembre 1945.

 

Menuiserie, Ébénisterie

 


          

 

Peintre

 

 

Quincaillerie

 

Serruriers, charrons-forgerons

M. Pierre Peyrat exerce le métier de charron-forgeron. Il cède son atelier à messieurs Combrouse et Thomas. Outre l’atelier, les magasins de réserve, un grenier…, la cession comportait six chambres et une cuisine pour le café de la Promenade dont nous avons parlé plus haut. Pendant la Première Guerre mondiale, en 1917-1918, ces chambres ont servis à loger des soldats américains stationnés à Nexon.

Sur la facture on remarque que Pierre Peyrat est titulaire du Mérite agricole. Il a obtenu cette décoration lors de la promotion du 15 août 1896. Le Journal officiel donne pour chaque personne l’exposé sommaire des services qui ont motivé cette décoration.  Pour Pierre Peyrat on lit  » constructeur d’instruments agricoles à Nexon (Haute-Vienne) : nombreux premiers prix : 25 ans de pratique agricole. » (Le Courrier du Centre 19 août 1896) Parmi les prix on peut citer  le 1er prix, médaille d’argent pour  les instruments agricoles au Comice agricole de Nexon en septembre 1878, le 1er prix et 15 fr  au concours du 22 septembre 1878,  également à celui du 21 septembre 1880, avec une somme de 10 francs.

Dans le courrier du centre du 21 juillet 1905 on lit, à l’annonce d’un concours de moissonneuses à Saint Priest Ligoure, « dimanche prochain 23 juillet, la maison Valhut, représentée par M. Peyrat, de Nexon, mettra en marche dans des champs à proximité de Saint-Priest-Ligoure, sa faucheuse Mac-Cormick, avec son appareil à moissonner, une moissonneuse simple et même une lieuse de la même marque ». La maison Valhut était alors une des principales entreprise française à commercialiser les machines agricoles importées des Etats-Unis.

Le 23 novembre 1899, dans le courrier du Centre les frères Peyrat informent MM. les propriétaires que par suite du décès de leur oncle, M. Jouhaud, ils ont pris la direction de l’atelier pour la fabrication des Pompes en bois que leur oncle avait créé à Nexon en 1849.

Puis Jean Thomas exploite seul l’atelier de forge, charronnage, serrurerie et taillanderie.

thomas

 

Il y avait également Monsieur Perrier comme charron à Nexon. J’ai trouvé cette annonce dans le Courrier du centre du 12 juin 1899 : « Le jeune Pierre Perrier, demeurant avec son père, charron à Nexon, a trouvé dans son colombier un pigeon voyageur portant sur l’aile gauche un cachet avec la mention: < Société colombophile, la Colombe de Belleville, Paris, 30, > puis sur l’aile droite, la mention  < Angoulême > et une autre mention un peu effacée que nous n’avons pu lire; enfin à l’une des pattes ce volatile a une bague en métal portant les n° 88 et 48. Le sus dit Perrier, tient ce pigeon à la disposition de la personne qui le lui réclamera. »


Teinturerie

Le magasin d’Henri Malardeau dans les années 1930. A coté de l’activité de teinturerie, M. Malardeau, mon grand père, et son épouse Marguerite vendent de la laine.  

Généralités

juillet 30th, 2014 | Posted by Jean-François in Connaissance de Nexon | Connaissance Géographique - (0 Comments)

NEXON tire son nom de l’ancien nom latin Annexonium signifiant « adjonction », qui rappelle ici l’appartenance et le rattachement de cette terre, puis plus tard de sa cure, au Domaine de Lastours. Il devint Anexonium puis Nexonium et en dialecte roman Anneysso.

La commune de Nexon, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Limoges, a une superficie de 40.8 km2. Son territoire est traversé par la rivière l’Aixette.

situation_nexon

 

Le blason est « D’azur à trois tours d’argent maçonnées de sable, accompagnées de six fleurs de lis d’or, 3, 2 et 1»

blason_bleu


1814 – 1914 – 2014…

juillet 30th, 2014 | Posted by Jean-François in Empire | Histoire | XX siècle | XXI siècle - (0 Comments)

1814 c’est la chute de l’Empire et la fin des guerres napoléoniennes ;

Après la désastreuse campagne de Russie de 1812, Napoléon du faire face à une nouvelle coalition regroupant l’Angleterre, la Russie, la Prusse et la Suède. Ayant refusé les propositions de paix de l’Autriche celle-ci rejoignit la coalition et Napoléon se retrouva avec toute l’Europe contre lui. Il perd la bataille de Leipzig (octobre 1813) et bat en retraite laissant  60 000 soldats sur le champ de bataille.

Dès janvier 1814 s’engage la campagne de France au cours de laquelle Napoléon tente d’empêcher l’invasion de la France. Malgré plusieurs victoires et après l’entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, napoléon abdique le 6 avril 1814  et part en exil à l’ile d’Elbe.

C’est la fin de 23 années de guerres qui ont mobilisé près de 2,8 millions de Français dans l’armée de terre et 150 000 sur mer.

Le Limousin a donné les généraux Jourdain, Brune, Souham et le futur Maréchal Bugeaud – présent comme caporal à Austerlitz.  De nombreux jeunes garçons de Nexon ont parcourus l’Europe, soit avec les armées révolutionnaires soit avec les armées napoléoniennes.

1914 début de la première guerre mondiale

Cent ans plus tard débute ce qui sera le premier conflit mondial. Au cours de celui-ci la France aura mobilisé 7,8 millions d’hommes et perdu 1,4 de ses soldats. De nombreux jeunes de Nexon ont participé à ce conflit et 137, en moyenne 3 par mois, y ont perdu la vie.

2014…

La France vit la plus longue période de paix de toute son histoire. Le dernier jeune nexonnais mort au champ d’honneur a été tué en Algérie et depuis la loi du 28 octobre 1997 le  service militaire est suspendu.

Nexon en 1814

Combien de jeunes ont été participés aux campagnes napoléoniennes. Le comptage n’est pas fait mais on sait combien étaient encore vivants en 1857. En effet, le 15 avril 1821, pendant son exil de Sainte-Hélène, Napoléon dicte son testament. Une partie concerne les soldats qui  avaient combattu à ses coté a qui il lègue la moitié de son patrimoine privé, qu’il estime alors à 200 millions de francs. Mais ces biens ont été confisqués au bénéfice du trésor Royal en vertu du traité de Fontainebleau, du 11 avril 1814, qui avait décidé que les biens que l’empereur possédait encore, au moment de son abdication, revenaient à la Couronne.

Lorsque son neveu Napoléon III est devenu Empereur il a décidé d’honorer la parole de son oncle. Le 12 août 1857, un décret signé à Saint-Cloud, institue la médaille de Sainte-Hélène, destinée  à « rappeler à tous ceux qui avaient servi dans nos armées, la dernière pensée de leur chef. »

Les archives ayant disparu dans l’incendie du palais de la Légion d’Honneur durant la Commune, on estime à environ 400 000 titulaires, en France et à l’étranger,  le nombre de titulaires de cette médaille. Cette estimation résulte du travail de centaines de bénévoles qui ont dépouillé les archives. Le travail a été totalement réalisé pour la Haute Vienne. Il est disponible sur le site http://www.stehelene.org .

Les médaillés ont tous plus de 60 ans. Ils ont survécus à la violence des combats, à la fatigue des longues marches, aux blessures… .  La première distribution a eu lieu le 15 août 1857. Le premier médaillé est Jérôme Bonaparte, le plus jeune frère de Napoléon, âgé de 75 ans. Le célèbre  capitaine Coignet est parmi les récipiendaires.

A Nexon 9 anciens recevront la médaille :

  • BREIX Louis, soldat au 2° régiment de chasseurs à cheval
  • BROUHAUD  J. Baptiste-Armand, brigadier au 7° régiment de Chasseurs,  Médaillé le 06/01/1858
  • BROUHAUD  Léonard, journalier,  Médaillé le 22/04/1858
  • CHEVALIER  Antoine-Blaise-Léonard, soldat au 2° régiment de tirailleurs de la Jeune garde et au  6°Voltigeurs à cheval, Médaillé le 06/01/1858
  • DENIS  Antoine, soldat au 2° régiment de Voltigeurs de la Garde,  Médaillé le 06/01/1858
  • DESPLANCHES  Martial, né à Nexon en 1788, Cultivateur résident à JOURGNAC, vétérans du 56° puis 5° régiment de ligne et du  3° régiment de la Jeune Garde comme chasseurs à pied. Mobilisé de 1805 à Waterloo il est resté au milieu des morts de Waterloo avec le nez coupé en deux. Médaillé le 15/11/1858.
  • GUYOT  François-Louis, soldat aux Lanciers de la garde,  Médaillé le 06/01/1858
  • LELONG  Annet, soldat au  4° régiment de ligne,  Médaillé le 06/01/1858
  • MEMERY  Jean, soldat au 16° régiment léger,  Médaillé le 06/01/1858.

Que note-t-on dans les délibérations du Conseil municipal ?[1]

Depuis la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) le maire n’est pas le représentant des citoyens qui l’élisent mais il est un fonctionnaire public, soumis à l’autorité du sous-préfet et du préfet. Il est nommé pour cinq ans et révocable par le chef de l’État dans les communes de plus de 5 000 habitants et par le préfet dans les autres communes. François Louis GUYOT, élu maire en 1794 le restera pendant près de trente ans. Son long exercice ne sera interrompu que pendant une courte période de moins de 3 ans pendant laquelle sera nommé  Jean MAZELLE.

Dans les communes de moins de 2 500 habitants, comme Nexon, le Conseil est formé de dix membres nommés par le préfet pour trois ans. A partir de 1802 ils sont élus pour dix ans par les assemblées de canton sur la liste des cent citoyens les plus imposés du canton. Ils peuvent être révoqués par le préfet ou le chef de l’État.

Au fur et à mesure des guerres napoléoniennes les coalisés reprennent l’avantage et au début de l’année 1814 la Campagne de France va voir les armées de Napoléon reculer et malgré quelques manœuvres de retardement il ne peut empêcher les alliés de prendre Paris le 31 mars. Réunis au Congrès de Vienne les coalisés hésitent sur le successeur à donner à Napoléon. Malgré son impopularité ils finissent par choisir Louis XVIII, frère de Louis XVI. Le 5 avril il monte sur le trône, débarque à Calais le 24 avril et entre dans Paris le 5 mai.

 1. Le conseil se félicite de la chute de  Napoléon.

Le 18 avril 1814 le Conseil se félicite des heureux événements qui sont arrivés à Paris depuis le 28 mars dernier et ont donné une adhésion pleine et entière aux actes du Sénat, du Corps législatif et du  gouvernement provisoire en répétant plusieurs fois : VIVE LA PAIX, VIVE LOUIS XVIII.

 2. Le conseil délibère sur les troupes espagnoles.

Le 9 juillet 1814 le Conseil délibère sur la nourriture et la subsistance des troupes espagnoles stationnées à Nexon et dans la commune. Pourquoi ces troupes ?

En 1808  Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, a été installé sur le trône d’Espagne. Le peuple de Madrid s’étant soulevé il subit une terrible répression (2 et 3 mai 1808) .A la suite de ces évènements, de nombreux prisonniers espagnols vont être déportés en France. Pour éviter tout retour en Espagne après une éventuelle évasion ils sont envoyés vers le nord.  Leur route passe souvent par la Haute Vienne. Ainsi du 29 décembre au 31 janvier 1809, 1480 d’entre eux arrivent à Limoges[2]. On est en plein hiver, le voyage s’est déroulé dans des conditions très pénibles. Ils sont logés dans les salles de l’ancien séminaire. Pour la plupart, ce n’est qu’une étape mais certains, trop faibles pour reprendre la route, vont rester à Limoges. En moins de deux mois, plus de trente limougeauds meurent frappés de ce qu’on appelait la peste espagnole contractée auprès des prisonniers espagnols qu’elles avaient soignés. Parmi les Espagnols il y eut aussi de nombreux décès. Une panique s’est alors répandue à Limoges et dans tous les environs.

En janvier 1810 le maire de Chalus envoie un appel de détresse au préfet de la Haute Vienne : «3 800 espagnols doivent faire étape chez moi. Même en les installant en plein champ je n’aurai pas assez de bois pour les chauffer  tous … ils sont dans un état déplorable de fatigue, de misère et d’épuisement». Il est demande au préfet de faire préparer à l’avance soupe et viande que le chef de détachement acquittera avec les 25 sous par homme et par jour qui lui ont été attribués.

En janvier 1811 un convoi de 1600 espagnols est annoncé. Ils sont 8000 en février 1812. Au total 65000 espagnols ont été déportés en France lors des guerres de l’Empire[3]. Certains sont restés en France. A Limoges on cite le cas de Salby GUYCHER qui exerçait le métier de chapelier; Il épousa Jeanne Gibus, une des sœurs du perruquier Pierre Gibus cousins des frères Gibus, nés à Limoges qui inventèrent  en 1834 le chapeau-claque, un chapeau haut-de-forme pliant.

Il n’est donc pas étonnant que des troupes espagnoles soient passées à Nexon, ce qui explique la délibération du 9 juillet qui, malgré l’amnistie accordée à ces troupes par le roi d’Espagne, autorise le Maire, assisté du Percepteur, à dresser une liste des plus riches propriétaires et de placer chez chacun d’eux un de ces militaires, de leur assurer les fournitures ordinaires et cuisinées en pareil cas et de les garder jusqu’à leur départ. Chaque militaire sera tenu de mener une vie régulière et de se conformer aux usages locaux, de ne commettre ni vol ni malversation. Ils devront se coucher à 8 heures du soir et se rendre utiles à leur hôte et répondre à la revue qui aura lieu chaque dimanche à 10 heures sur la Place publique.

Le Maire signalera au Ministre de la Guerre la malheureuse position de la commune et réclamera le départ de ces troupes ou obtenir des vivres.

3. Le conseil délibère sur le nouveau cimetière

Depuis octobre 1807 la commune demande l’autorisation de créer un nouveau cimetière, l’actuel étant situé au milieu du bourg entraine de la gène pour les constructions nouvelles et des risques sanitaires.

Après plusieurs années d’atermoiement, une enquête de commodo et incommodo fut ouverte en 1812. Elle fut réalisée par Antoine DELIGNAT-LAVAUD, Maire de Saint Hilaire Lastours. Le rapport établi à cet effet relate, entre autres choses, que les maisons environnantes devenaient parfois inhabitables en été, à cause des mauvaises odeurs.

La 8 novembre 1814 le conseil dresse le devis estimatif et descriptif de la clôture du nouveau cimetière qui coûtera 1 222 francs. La vente des noyers de l’ancien cimetière n’ayant produit qu’une somme de 480 francs le conseil demande à l’Empereur de prendre en charge la différence, la commune étant déjà trop imposée. L’ancien cimetière n’ayant produit qu’une somme de 480 francs, le Conseil demande à l’Empereur de prendre en charge la différence, la commune étant déjà trop imposée.

Mais le manque de ressources et la chute de l’Empire firent encore reculer la construction du nouveau cimetière. La translation de l’ancien vers le nouveau ne devint effective qu’à la fin de 1817.

La commune de Nexon n’eut rien à débourser comme prix du terrain. L’emplacement du cimetière fut échangé par Gabriel Tarade, arpenteur du bourg, contre une parcelle de l’ancien. Celui-ci fut immédiatement transformé en place publique ou champ de foire, destination qu’il a conservée jusqu’ aux années 1970.


[1] D’après les archives et documents officiels consultés et publiés dans le Bulletin municipal n°3 de la Ville de Nexon. La suite fut publiée dans les numéros suivants, d’une manière variable, jusqu’en 1968

[2] A. Lecler : « La maladie des Espagnols à Limoges en 1809 », Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, LV, 1905, pages 217-240

[3]  Jean-René Aymes «  La déportation sous le 1er Empire – Les Espagnols en France – 1808-1814 » Publications de la Sorbonne, Paris, 1983, p.170